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Full text of "Inventaires de Jean duc de Berry (1401-1416) publiés et annotés par Jules Guiffrey"

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INVENTAIRES 

DE JEAN 

DUG DE BERRY 




INVENTAIRES 

DE JEAN 

DUG DE BERRY 

(1401-1416) 

PUBLIES ET ANNOTES 

PAR 

JULES GUIFFREY 

Membre du Comite des tr'avaux historiques et archeologiqiies 
au Ministere de I'lnstriiction publique 



TOME PREMIER 






PARIS 

ERNEST LEROUX, EDITEUR 

28, RUE BONAPARTE, 28 
1894 






fcgrapWe Braun 



-Heiio6,Imp.lem%rciet 



JEANNE DUCHESSE DE BEE.RY 

Dessin de Holbein au musee de Bale 

d'apres lafi^ure a§^enouillee dutombeau de Bourses 



t 



INTRODUCTION 



Le troisieme fils du roi Jean II, d'abord comte dc 
Poitiers, puis due de Berry, a laisse dans I'histoire la 
reputation d'un collectionneur emerite, digne d'etre 
compte parmi les amateurs les plus delicats et les plus 
passionnes de tous les temps et de tous les pays. 

Cette opinion se trouve pleinement justifiee par I'exa- 
men des documents qui suivent et dont le texte integral 
parait ici pour la premiere fois. 

Rien ne fait mieux connaitre les gouts, les mceurs, 
les moindres details de la vie intime de nos ancetres 
que ces inventaires dont il est superflu de vanter I'in- 
teret. Or, parmi les nombreux documents de cette na- 
ture conserves dans les depots scientifiques, il n'en 
existe peut-etre pas qui egale en importance la liste des 
tresors amasses par le due Jean de Berry. 

Nous possedons trois inventaires de cette collection ^.es inventaires. 
princiere, tous trois de date differente, oifrant tous trois 
d'importantes variantes. Le texte de chacune de ces 
redactions merite done d'etre connu dans ses moindres 
details; c'est le but que nous nous sommes propose, en 
■ cherchant a eviter toute repetition inutile. L'ctendue des 
descriptions ainsi que les notes nombreuses et precises, 
ajoutees en marge des articles, nous renseignent a mer- 
veille, non seulement sur la qualite, mais aussi sur la 
formation et la dispersion de ces tresors incomparables. 

Observons toutefois que les trois inventaires du due 
de Berry, dates dc 1401, 141 3 et 1416, repondaient a 



• II INTRODUCTION 

des neccssites differentcs; aussi leur redaction a-t-elle 
garde la trace des preoccupations auxquelles ont obei 
leurs auteurs. 
Lini'ciit.Tirc Seul, Ic i^remicr de ces documents, conserve au Cabi- 
net des manuscrits de la Bibliotheque nationale (i), 
ofl're tous les caracteres d'un inventaire proprement dit. 
Precede du mandement adressc, en novembre i4oi,aux 
conseillers et secretaires du Due, pour leur ordonner de 
proceder a la description de ses tresors, ce catalogue a 
pour redacteur Guillaume de Ruill}^ garde des joyaux, 
qui le commenca au chateau de Dourdan, le 2 decem- 
bre 1401. Selon la methode generalement adoptee pour 
les textes de cette nature, le garde des jo3'aux se rend 
successivement dans les dilTerentes residences de son 
maitrc et decrit, Tun apres I'autre, les objets precieux 
qu'il rencontre, en suivant I'ordre du classement mate- 
riel. Sans doute, par la force meme des choses, il debute 
par les articles les plus precieux ou les plus remarqua- 
bles; mais il sc preoccupe assezpeu d'introduire dans sa 
liste une methode suivie. Du chateau de Dourdan, ou I'in- 
ventaire est commence, Guillaume de Ruilly se trans- 
pose, le 16 decembre, a Paris, pour continuer les ope- 
rations. Le due de Berry ne possedait pas moins de dix 
ou douze residences a la ville et a la campagne, commc 
on le verra ci-apres; ses joyaux se trouvaient disse- 
mines un peu partout dans ses nombreux chateaux. La 
description se poursuit done par la liste des pierres pre- 
cieuses ou des pieces d'orfevrerie garnissant I'hotel de 
Nesle. Les commissaires adjoints au garde des joyaux 
s'occupent assidument de ce travail en decembre et Jan- 
vier. A I'article 359 finit la premiere partie des collec- 
tions conservee a Dourdan et a Paris. Avec le n° 36o, 



(i) N" 1 1496 du fonds franfais. Voycz la description matcricllc dc cc 
manuscrit ci-apres, t. II, p. i. 



INTRODUCTION HI 

nous passons au chateau de Mehun-sur-Yevre, une dcs 
residences preferees du prince. Les commissaires y con- 
tinuent leur travail le i5 mai 1402, et se trouvent en 
presence d'une partie des plus belles pieces du tresor. 

Guillaume de Ruilly etait a cette epoque sur le point 
de remettre les fonctions de garde des joyaux a Robinet 
d'Etampes qui resta investi de cette mission de con- 
fiance jusqu'aux derniers jours de la vie du prince, et 
c'etait pour obtenir la decharge des graves responsabilites 
lui incombant du fait de sa charge qu'il avait du proce- 
der a cet inventaire detaille. 

De Mehun-sur-Yevre la commission se rend a Bour- 
ges. La, I'enumeration des richesses deposees dans la 
grosse tour est poursuivie sans interruption le 29 mai 
1402 et les jours suivants. Ce chapitre va du n'' 65o au 
n° 933. Apres une breve mention de quelques articles 
dont la place exacte n'est pas specifiee, commence (i), a 
la date du 17 aout 1402, la description des manuscrits 
conserves en la librairie du Due, au chateau de Mehun. 
Puis, vient une serie d'objets remis naguere a Guillaume 
de Ruilly par Jean d'Etampes, le pere de Robinet, et 
delivres a divers particuliers par le depositaire, sur Tor- 
dre ecrit du prince (2). Naturellement, cette derniere 
categorie de joyaux ne reparaitra pas dans les inventaires 
suivants. Le volume se termine par la nomenclature des 
draps d'or et de sole, des ornements de chapelle, linge, 
chapes, etc., confies, en fevrier 1403, a la garde de 
Guillaume Fauvete, bien que le titre du chapitre desi- 
gne, comme depositaire de ces articles, Robinet d'Etam- 
pes. Le parement d'autel, brode de nombreuses figures, 
dont la minutieuse description figure dans I'article der- 
nier {n° 1 3 17), merite une attention particuliere. Nous 



(i) N" 959 ct suivants. 
(2)N- 1081-1187. 



IV INTRODUCTION 

connaissons peu d'ornements de ce genre aussi magni- 
fiques. Gelui-ci, donne par le Due a I'eglise de Ghartres 
et signalc dans tous les inventaires du tresor de cette 
eglise, ne fut detruit qu'en 1793, commc M. de Mel}^ I'a 
constate dans une etude recentc sur ce chef-d'oeuvre 
de I'art de la broderie (i). 

Une notable partie des plus beaux joyaux enumeres 
dans le manuscrit de la Bibliotheque Nationale avait 
cesse d'appartenir au due Jean lorsque fut redige le 
compte de Robinet d'Etampes qui constitue le deuxieme 
inventaire en date des collections ducales. 
SahiTe'-cfiJpeiie ^^^^^ <^^ ^^ dcdicacc de la Sainte-Chapelle construitc dans 
de Bourg^es. j^, p^j^jg ^^q Bourgcs, Ic prince dota sa nouvelle fondation 
d'un choix de ses plus beaux joyaux. G'est ainsi que beau- 
coup d'articles, portes sur I'inventaire de 1401, ne repa- 
raissent pas sur les catalogues d'une date plus recente. 
Ges dons sont d'ailleurs soigneusement consignes sur 
le manuscrit de la Bibliotheque. II subsiste encore 
d'autres temoignages authentiques des largesses faites 
a la Sainte-Ghapelle de Bourges. G'est d'abord un petit 
cahier sur papier, recemment entre a la Bibliotheque 
Nationale (2), renfermant une liste de 348 articles, joyaux 
d'or et d'argent, manuscrits religieux et ornements de 
chapelle, donnes au sanctuiare lors de sa dedicace ou dans 
le cours des annees suivantes. La plupart des objets 
inscrits sur cette liste sont mentionnes dans I'inventaire 
de 1401 ; mais, a cote de ceux-la, s'en trouvent d'autres 
figurant ici pour la premiere fois. Gomme ces articles, 
par suite de la donation, cessent des lors d'appartenir aux 
collections ducales, on ne les rencontre necessairement 
dans aucun des inventaires ulterieurs. Les livres ou 
joyaux auxquels cette remarque s'applique et qui for- 



(1) Voy. tome II, p. 1G6, note. 

(2) Voy. tonic II, p. 167-1SG. 



lit' 1 41 3. 



INTRODUCTION V 

ment ainsi en quelque sorte le complement de I'inven- 
taire de 1401, sont au nombre de quatre-vingt-dix. 

Dans un travail deja ancien (i), M. Hiver de Beauvoir 
avait consigne le resultat de ses recherches sur les libe- 
ralitcs faites a la Sainte-Chapelle. Ce memoire a fourni 
quelques additions a la liste precedente (2). Encore con- 
vient-il de n'accepter qu'avec prudence les renseigne- 
ments provenant de cette origine, car M. Hiver de 
Beauvoir neglige souvent d'indiquer ses sources d'in- 
formation. Quoi qu'il en soit, les additions a I'inven- 
taire de 140 1, tirees de la publication de M. de Beau- 
voir, viennent s'intercaler chronologiquement entre le 
manuscrit de la Bibliotheque Nationale et le comptc 
de Robinet d'Etampes. 

Ce compte (3), veritable inventaire dcs tresors appar- imcntairc 
tenant au due de Berry dans les dernicres annees de 
sa vie, a ete adoptc comme point de depart de la pre- 
sente publication. Publie integralement ici avec toutes 
les notes et commentaires qui I'accompagnent, il remplit 
notre premier volume tout entier. Peut-etre eut-il paru 
plus rationnel au premier abord de commencer par la 
publication de I'inventaire de 1401, d'en donner le texte 
complet et de rattacher a ce document les additions 
posterieures. II n'a pas dependu de nous qu'il en fut 
ainsi. Lorsque, peu de temps apres la mort de Germain 
Demay, il fut question de livrer a I'imprimeur le manu- 
scrit des inventaires, la copie etait cntieremcnt terminec 
et paraissait definitivement arretee. Ce ne fut que par la 
suite que les lacunes et les imperfections de la preparation 
premiere serevelerent successivement. Sansponctuation, 
sans notes, le manuscrit dut etre revu d'un bout a I'autre 

(i) Memoires dc la Societc histovique du depavtcment dii Cher, 
tome I" ( 1 856-1 860). 

(2) Tome II, Appendice, p. 3o5-3i6. 

(3) Arch. Nat. KK 258. 



INTRODUCTION 



et complete. Quand le succcsseur dc Dema}', qui avait 
cru sc charger d'unc simple correction d'epreuves, 
s'apercut da travail enorme qui lui incombait, il etait 
trop tard pour reculer. Peut-etre eut-il hesite a accepter 
unc tache fort ingrate, s'il en eCit connu des Tabord 
toute la difficulte. II ne fallait pas songer a modifier le 
plan de la publication; les choses etaient trop avancees 
pour qu'on put revenir en arriere. II ne manquerait pas, 
au surplus, d'excellentes raisons pour justifier les prefe- 
rences de notre predecesseur et le choix du registre des 
Archives comme inventaire type. D'abord, c'est le seul 
qui ait recu, du commencement a la fin, un classement 
rationnel.Nous venons de constater que les descriptions 
de 1 40 1 etaient enregistrees quelque peu au hasard. Puis, 
presque tous les objets inscrits sur le registre de Robinet 
d'Etampes sont restes en la possession du Due jusqu'au 
jour de sa mort. Enfin, ce texte est enrichi de commen- 
taires et de notes d'un intc'ret considerable. L'ordre de 
publication adopte par notre devancier pent done se 
justifier par des arguments tres serieux. Dans tous 
les cas, nous ne nous sommes pas cru le droit de le 
changer. 

Le compte de Robinet d'Etampes ou inventaire de 
141 3 se trouve done designe dans les renvois par la 
lettre A (i), tandis que le n" 1 1496 du fonds francais 
porte partout la lettre B et celui de la Bibliotheque 
Sainte-Genevieve est represented par les initiales S G 
dans les notes du texte courant comme a la table de la 
fin du second volume. 

Le petit registre en papier contenant la liste des dons 
faits a la Sainte-Chapelle de Bourges en 1405 et dans 

(i) M. Dclislc, partantdu tcxtc Ic plus ancien,a donnc la lettre A, dans 
son Cabinet des Manitscrits, au volume dc la Bibliotheque Nationalc, la 
lettre B au registre des Archives. La lettre C designe le manuscrit dc 
Sainle-Gcnevieve, etc. 



INTRODUCTION VII 

Ic cours des annees suivantes (i), figure, dans nos notes 
comme a la table, sous la rubrique D. 

Quand on examine en detail le compte de Robinet 
d'Etampes, on est frappe de Tordre et du classement des 
articles, denotant un esprit de methode fort remarqua- 
ble. Le gardien des collections a inventorie les tresors 
confies a ses soins a la fois suivant leur nature et sui- 
vant leur provenance ; cela ne laisse pas que d'aug- 
menter singulierement I'interet de cette nomenclature. 

Tout d'abord, deux grandes divisions chronologiques : Divisions 

^ dc I'inventaire 

la premiere partie, du n° i au n" 1099, renferme les dc 1413. 
joyaux ou livres remis a Robinet d'Etampes avant le 
3 I Janvier 141 3 (nouv. St.); les acquisitions faites depuis 
ce jour-la jusqu'au 16 juin 1416, date de la mort du 
prince, forment la seconde partie, du n° 1 1 00 au n° 1 25 1 . 

Chacune des deux series comporte un certain nombre 
de chapitres : Joyaux pour chapelle. — Joyaux pour le 
corps de Monseigneur le Due. — Pierreries des joyaux 
et vaisselle depeces. — Vaisselle d'or ct d'argent. — 
Livres. — Draps de sole, linge. 

Des tapisseries et des broderies il n'est point ici ques- 
tion ; Robinet d'Etampes n'en avait pas la garde. 

La deuxieme partie du compte reproduit les memes 
rubriques que la premiere. Ghaque chapitre se subdivise 
lui-meme en un certain nombre de paragraphes. Ainsi les 
jo3'aux pour chapelle comprennent les sous-titres sui- 
vants : Croix d'or et d'argent. — Tableaux, reliquaires et 
petits jo3-aux. — Images d'or et d'argent. — Calices, 
portepaix, corporaliers, boites et burettes. — Chande- 
liers, bcnitiers, encensoirs. — Autels portatifs. — Autres 
joyaux pour chapelle. — Reliques saintes. 

Citons un autre exemple de ce classement metho- 
dique : le chapitre des joyaux et vaisselle depeces est 

(i) Nouvcllcs acquisitions, fonds fran^ais, n° i363. 



INTRODUCTION 



reparti en huit subdivisions : i" Rubis. 2" Rubis balais. 
3° Saphirs. 4" Emeraudes. 5'^ Diamants. 6'^ Perles. 
7° Sceaux ct signets. 8° Anncaux et pierres de nulle ou 
petite valeur. 

Seuls, les livres se presentent dans iin desordre evi- 
dent. Sans doute, le garde les a inscrits comme il les 
trouvait ranges siir les ra3'on'S ou dans les coffres. 

Mais Robinet d'Etampes ne s'en est pas tcnu la. Dans 
chaque subdivision, il distingue soigneusement la pro- 
venance et etablit trois classes : ancienne collection — 
dons — achats. Ainsi, les croix d'or et d'argent formantla 
premiere categoric des jo3'aux pour chapelle sont repar- 
ties en croix d'or et d'argent des inventaires, c'est-a-dire 
possedees park prince avant 141 3, croix d'or et d'argent 
achetees par Monseigneur, croix d'or et d'argent donnees 
a Monseigneur. Le garde des joyaiix ne neglige pas une 
occasion de noter tout ce qu'il sait des circonstances 
de I'acquisition, ct aussi le nom du donateur commc la 
date de la donation. 

On saisit maintenant tout le prix de pareilles indica- 
tions, lorsqu'elles viennent s'ajouter a des descriptions 
fort completes par elles-memes. Quanta lafidelite de ces 
descriptions, un exemple suffira pour montrer le scru- 
pule et la conscience du redacteur. II existe encore cer- 
taines reproductions des medailles d'or de Constantin et 
d'Heraclius, inscrites sous les n°^ 199 et 200 de Tln- 
ventaire. Or, sur les exemplaires conserves au Cabinet 
des Medailles, les legendes latines ou grecques repon- 
dent exactement au texte de Robinet d'Etampes, de sortc 
qu'il ne subsiste aucun doute sur I'identite des unes et 
des autres. 

Ces ingenieuses divisions recommandent tout parti- 
culierement Tinventaire des Archives nationales et justi- 
fieraient, s'il en etait besoin, le choix de ce manuscrit 
comme point de depart de la publication. 



INTRODUCTION IX 

Jusqu'a la fin de son travail, Robinct d'Etampcs a suivi 
fidelement la classification adoptee des le debut; dans 
Tenumeration des articles acquis entre le 3i Janvier 1413 
etle 16 juin 1416, il n'a plus a se preoccuper des anciens 
inventaires ; mais il distingue avec soin les objets ache- 
tes des dons faits au due de Berry. 

Nous n'insisterons pas davantage sur I'utilite de ces 
precieuses mentions. Elles nous edifient sur les relations 
et les alliances du prince, sur sa generosite, sur les habi- 
tudes du temps. Sans doute, des sommes immenses 
furent englouties pour des acquisitions de pierres pre- 
cieuses, de matieres d'or et d'argent artistement travail- 
lees. Mais c'etait une obligation, imposee par un rang 
illustre, que d'offrir periodiquement aux etrennes, a 
Tissue des grandes receptions, ou a I'occasion des cere- 
monies oflicielles, de somptueux presents. Tous les 
comptcs de Tepoque, ceux de Charles V et de Char- 
les VI, comme ceux des dues de Bourgogne et du due 
de Berry, temoignent de I'importance de ces cadeaux, 
dont les seigneurs ayant le souci de leur dignitc et de 
leur reputation n'auraient pas ose se dispenser. Le nouvel 
an surtout etait le pretexte de liberalites periodiques : sur 
trois cent cinquante objets de nature diverse, offerts au 
due de Berry par des person nages de toute condition, 
cent soixante-dix-sept joyaux et vingt-quatre manuscrits 
entrerent dans le tresor de Bourges a I'oecasion des 
etrennes, dans I'espaee d'une quinzaine d'annees, dei4oi 
a 141 6. On connaissait le gout du prince pour les objets 
d'art et les euriosites de toute nature, et chacuns'empres- 
sait de gagner ses bonnes graces en flattant sa passion. 
La politique ou les simples convenances imposaient au 
due de Berry le devoir de ne pas se montrer moins gene- 
reux. Aussi,les notes marginales ajoutees au compte de 
Robinet d'Etampes, notes destinees dans le principe a 
scrvir de deeharge au garde des joyaux, constatent-cUes 



INTRODUCTION 



la sortie dc deux cent trente-un articles distribues, de 1401 
a 1416, au roi Charles VI, aux personnes de la famille 
royale, aux familiers et aux officiers de la maison ducale, 
ou encore a des princes etrangers. Ces memes notes, qui 
racontent en quelque sorte I'histoire abregee de ces 
fameuses collections, temoignent qu'aux deux cent trente- 
un articles offerts en present, il faut en joindre treize 
autres perdus ou voles, deux restitues aux chapitres de 
Chartres et de Saint-Denis qui en reclamerent la pro- 
priete apres la mort du prince, et une soixantaine envi- 
ron qui furent alienes immediatement apres le 16 juin 
141(3, au prix de 6933 livres tournois, pour subvenir aux 
depenses urgentes de la succession. Encore n'avons-nous 
pas compris dans ces chiffres les objets legues aux deux 
fiUes du Due ou a elles attribues en acquit de leur dot. 
Les details dans lesquels on vient d'entrer prouveut 
suffisamment, croyons-nous, qu'il existe peu d'inven- 
taires aussi riches en renseignements de toutes sortes 
que le compte de Robinet d'Etampes, et etablissent du 
meme coup la necessite d'en faire connaitre le texte 
complet. 
invcntaire Arrivous maiutcnant au dernier inventaire, conserve 

dc 1416. . 

aujourd'hui a la bibliotheque Sainte-Genevieve. 

Ce volume renferme le compte de Jean Lebourne, 
secretaire et controleur de la depense de Thotel du due 
de Berry, charge, apres la mort de son maitre, de veiller 
au reglement des dettes, a I'execution du testament et 
aux depenses funeraires. Le compte se divise done en 
deux parties distinctes : Recettes, Depenses. Bien que 
la seconde contienne d'instructifs renseignements sur 
la maison du due de Berry, sur le partage de ses tresors, 
renseignements dont nous avons pris bonne note, nous 
devions nous attachcr specialement a la premiere, c'est- 
a-dire a I'enumeration des objets precieux constituant la 
fortune liquide du prince au moment de son deces. 



INTRODUCTION XI 

Tout tn rcstant inferieur aux manuscrits dcs Archives 
etdela Bibliotheque nationale sous le rapport de la correc- 
tion etdc la calligraphic, celui de Sainte-Genevieve, plus 
souvent consulte que les precedents par les historiens, 
vient utilement les completer. II debute par la transcrip- 
tion du testament et des codicilles du defunt et par la 
copied'un certain nombre de pieces garantissant la regu- 
larite des operations. En suite, commence la liste des 
objets recueillis dans les differentes residences du Due 
et transferes a Paris. Par suite de sa destination spe- 
ciale, cet inventaire renferme un element qui manque 
aux autres. Chaque article est accompagne d'une esti- 
mation de sa valeur venale. Comme on connait pour 
un certain nombre de joyaux precieux le prix d'acquisi- 
tion, on pent constater souvent un ecart considerable 
entre ce chiffre et I'estimation de Jean Lebourne. Or, 
ce dernier parait s'etre tenu a des evaluations assez 
exactes, et la vente ulterieure de plusieurs articles prouve 
qu'il s'est rarement trompe. Notons toutefois que la 
situation de la France en 141 6 etait particulierement 
defavorable pour la liquidation d'une succession pareille. 
Assurc'ment, des objets de grand prix, acquis depuis 
plusieurs annees, avaient perdu facilement la moitie de 
leur valeur marchande, ou meme davantage. 

Comme nous I'avons fait pour Timpression de I'inven- 
taire B, nous avons remplace, dans Tinventaire de 
Sainte-Genevieve, les articles deja decrits dans le regis- 
tre des Archives par des renvois aux numeros de ce 
registre. L'inventaire de 141 6 fournit toutefois environ 
quatre cent quarante articles entierement nouveaux, 
consistant surtout en tapisseries, linge, vetements, pier- 
res precieuses, reliques et autres objets de faible valeur. 
Le nombre des joyaux de prix non mentionnes sur les 
listes anterieures est fort restreint. La serie de beaucoup 
la plus remarquable est celle des tapisseries. Comme les 



INTRODUCTION 



tentures historiees etaient confiees aux soins d'lm servi- 
tcLir autre que le garde des joyaux, elles ne pouvaient se 
rencontrer avec les precedentes enumerations de pier- 
res precieuses et d'orfevrerie. L'inventaire de Sainte- 
Genevieve est done le seul ou soient decrites les tapisse- 
ries, les chambres d'etoffe et aussi les robes du prince. 
Pour le meme motif, le linge ne parait que sur le compte 
de Jean Lebourne. Les autres articles n'ont qu'un faible 
interet. A la suite de chacun d'eux, on a soigneusement 
conserve le chiffre de Testimation, deja porte en note 
de l'inventaire A. Cette repetition a paru necessairc pour 
permettre d'etablir la valeur exacte de la collection du- 
cale au moment de sa dispersion. 

On ne pouvait songer a reproduire intc'gralemcnt la 
seconde partie du registre, consacree a la dcpense, 
au compte des obseques et funerailles, aux liberalites 
distribuees, suivant I'usage, entre les oificiers de la mai- 
son du defunt, et a la delivrance des legs inscrits dans le 
testament. Toutefois, ces longs developpements ont ete 
sommairement resumes. Tous les passages concernant 
I'attribution de quelque objet de la succession sont con- 
serves. La repartition des biens mobiliers entre la du- 
chesse de Bourbonnais et la comtesse d'Armagnac avait 
ete soigneusement consignee par Lebourne dans la rela- 
tion des operations. La liste des objets revendiques par 
les deux princesses occupe de longues pages, ou cha- 
que article vise se trouve reproduit en enticr; ce qui 
nous a permis d'inscrire, a la suite des articles de 
l'inventaire, le nom de la pcrsonne a laquelle il etait 
attribue. On trouvera enfin, a la page 294 et suivantes, 
la liste complete des numeros de tous les objets remis 
aux Hlles, a la veuve du Due, a ses differents legataircs ou 
a d'autres personnages qui userent d'artifices plus ou 
moins ingenieux pour se procurer la part convoitee de 
cette opulente succession. 



INTRODUCTION XIII 

Quant aux pieces d'orfevrerie, aux joyaux de prix 
qui n'avaient pas ete revendiques par les heritiers ou 
n'avaient pas recu une attribution speciale, on serait 
tente de croire qu'ils servirent a desinteresser les crean- 
ciers. II n'en fut rien. D'un compte original, portant la 
date de 141 7, il resulte que le roi de France ou ses reprc- 
sentants s'emparerent de presque toutes les matieres 
precieuses provenant de I'oncle de Charles VI, pour les 
convertir en bonnes especes d'or et d'argent et les 
employer au payement des hommes d'armes qu'on enro- 
lait alors contre les Anglais (i). 

Les divers inventaires reunis dans la presente publi- 
cation apportent done chacun leur contingent utile a 
la liste des tresors amasses par le plus fameux collection- 
neur du moyen age. 

A la suite des inventaires, nous avons reuni quelques 
documents tires de sources differentes et fournissant un 
complement d'informations a I'objet de la presente etude. 
C'est d'abord une liste de manuscrits non inventories et 
dont les patientes recherches de M. Leopold Delisle ont 
permis de determiner la provenance. Viennent ensuite 
divers extraits et fragments de comptes relatifs a des 
acquisitions de joyaux ou de manuscrits. Le volume se 
termine par un certain nombre de passages du manu- 
scrit de 141 7 dont nous parlions plus haut, passages 
relatifs a certains joyaux legues au roi de France ou res- 
titues aux heritiers de Jean de Montaigu. 

Apres un depouillement minutieux de la plupart des 
comptes du due de Berry, il nous eiit ete facile de multi- 
plier ces extraits. La crainte d'allonger outre mesure la 
presente publication nous a conduit a restreindre les 
citations. Cependant, les inventaires et les comptes se 



(i) Voyez le ins. fr. 6747 a la Bibliothequc Nationale et la lin de notre 
2" volume, p. 33(j-'i44. 



XIV INTRODUCTION 



complctent mutuellement. Bicn des points obscurs de- 
vront au rapprochement de ces sources diverses une 
lumiere inattendue. Nous allons essayer de montrer, a 
I'aide d'articles tires de la comptabilite que nous avons 
depouillee en vue de ce travail, la precieuse contribution 
que fournirait a I'histoire des moeurs, du costume, des 
industries somptuaires, et meme au recit des faits poli- 
tiques ou militaires, I'etude attentive des registres oii 
les tresoriers des grands personnages inscrivaient, mois 
par mois, leurs recettes et leurs depenses. 
\iufdc^Dcrrr" L'exauicn des comptes encore existants du due de 
Berry fournit une preuve categorique de I'exactitude de 
ce qu'on vient d'avancer. 

A part un certain nombre de fragments epars dans 
divers recueils du Cabinet des manuscrits, les details 
rapportes ici proviennent de huit registres conserves aux 
Archives nationales; en voici la liste chronologique : 

iSyo-iSyS : Comptes d'Etienne Valee, maitre de la 
chambre aux deniers (KK 2 5 i) ; 

■ I 374-1 378 : Comptes de Nicolas Mangin, maitre de la 
chambre aux deniers (KK 262) ; 

Novembre i 397-fevrier 1399 : Comptes de Philippon 
de Veauce et de Jean de Ruilly, successivement maitres 
de la chambre aux deniers (KK 253); 

Mars I 399-septembre 1401 : Comptes de Jean Her- 
mant, maitre de la chambre aux deniers (KK 254); 

141 3-1 41 4 : Compte de la tresorerie du due de Berry 
tenu par Mace Heron, tresorier general du Due (KK 
25o); 

I 382-1 387 : Comptes des batiments du due de Berry, 
tenus par Jean de Saingnon, payeur des a^uvres et 
salaires des journees (KK 255-257). 

En dehors de ces volumes bien connus et souvent 
consultes, on rencontre des debris de nos comptes un 
peu partout; chaque jour en fait decouvrir de nouveaux. 



INTRODUCTION XV 

Sans sortir dc notrc grand depot central, certain feuillet 
detache vient d'etre signale dans la reliure d'un inven- 
taire des joyaux du metier des orfevres parisiens. Les 
mentions qu'il contient sont, il est vrai, d'un faible 
interet (i). D'autres feuillets detaches ont ete recueillis 
a la Bibliotheque Nationale; ils presentent sur les acqui- 
sitions de joyaux des indications precises, reproduites 
dans notre Appendice. Les quittances enfin donnent sur 
les achats faits par le prince ou pour lui des details utiles 
anoter; telle est celle ou il est fait mention d'un por- 
tepaix d'or dont ne parlent pas les Inventaires (2). 
Des recherches nouvelles augmenteraient sans doute 
cette serie; mais on comprendra que nous n'ayons pu 
etendre bien loin nos investigations dans ce sens et que 
nous nous soyons borne a recueillir le resultat de trou- 
vailles deja signalees. 

Enfin, si, depuis leur incendie, les Archives de Bour- 
ges ne peuvent promettre une abondante recolte aux 
chercheurs, d'autres depots provinciaux serviront peu a 
peu a combler les lacunes des collections parisiennes. 
Tout recemment, la publication du registre de Barthe- Re^istre 
lemi de Noces (j), serviteur du due de Berr}^ registre dc noccs. 
conserve dans les Archives municipales de Clermont-Fer- 
rand, vient d'apporter de nouvelles lumieres sur une 
periode bien anterieure a la redaction des Inventaires. 
Ce registre nous apprend qu'en i SyS, le tapissier Colin 
ou Nicolas Bataille, Tauteur de la precieuse tenture de 
I'Apocalypse d'Angers, se trouvait en relations assidues 

(i) Archives Nationalcs T * 1490 6. Ces feuillets d'un compte de 1414 
ne mentionnent que des payements faits a des chevauchcurs. L'invcn- 
laire des orfevres portant la date de 1427, la destruction du registre de 
depenses du Due remontait done au premier quart du xv" siecle. 

(2) Donne en 1394 par le due d'Orlcans a son oncle. (Voy. tome II, 
p. 328.) 

(3) Bibliothdque de VEcole des Chartes, 1891, tome LII, p. 220-258 et 
517-572. La publication de cc texte est due a M. E. Teilhard de Chardin. 



XVI INTRODUCTION 

avcc Icduc Jean. Le nom de Bataille ne s'ctait pas jus- 
qu'ici rencontre dans les documents emanant dela chan- 
cellerie ducale. 

Des artistes ct des marchands, Sandre le brodeur, 
Hennequin, Torfevre du Roi, Simon de Dammartin (i), 
changeur a Paris, Denis Raponde, marchand de Luc- 
ques, dont les noms se retrouvent ailleurs, d'autres en- 
core, paraissent a divers titres dans le registre de Bar- 
thelemi de Noces. II contient encore des listes de joyaux 
et de pieces d'orfevrerie mis en gage chez une juive, et 
chez un marchand florentin, nomme Bernart Chinon, 
pour le comptc du due Jean. Dans une enumeration de 
vaisselle vendue par Simon de Dammartin, figure un 
hanap d'or surmonte du cygne, si souvent reproduit, 
comme motif de decoration, sur les joyaux et les ma- 
nuscrits du prince. 

En somme, cette compilation rcnferme nombre de 
mentions curieuses dont il n'est pas question dans les 
autres textes de la meme epoque. 
Esquisse Avant d'entreprendre I'examen detaille des matieres 

reunies dans les inventaires que nous venons de decrire, 
il importe de rappeler sommairement les principaux 
faits de la carriere du prince qui nous occupe. Cette 
esquisse biographique n'est pas superfine pour I'intelli- 
gence des details qui viendront par la suite. 

Le due de Berry naquit au chateau de Vincennes le 
3o novembre 1 840, et mourut a Paris, en I'hotel de Nesle, 
le 1 5 juin 141 6, apres avoir connu, pendant cette longue 
existence de soixante-seize ans et demi , toutes les 
vicissitudes de la fortune. En effet, il passa sa premiere 
jeunesse avec les combattants de Grecy, et il eut le 
malheur de prolonger assez sa vie pour que les echos 

(i) Peut-etre le tils du Jean de Dammartin, orfevre du due de Berry, 
tuc vers i364 par Jamin Beguin ct ses compagnons, comme on le verra 
plus loin. 



biographique. 



INTRODUCTION XVII 

funcbrcs du desastre d'Azincourt vinsscnt desoler ses 
derniers jours. 

Quand il naquit, la cour de France prcsentait I'aspect 
le plus brillant. La galanterie etait a I'ordre du jour. 
Veuf de Jeanne de Bourgogne, Philippe VI epousait, 
en 1 349, Blanche, fille de Philippe, comte d'Evreux, et 
de Jeanne de Navarre, princesse agee de dix-sept ans a 
peine, et une des plus belles femmes de son temps, assu- 
rent les chroniqueurs. Jeanne d'Evreux ne mourut qu'en 
1398, et on salt par des temoignages formels que les 
relations les plus affectueuses ne cesserent de regner 
entre le due de Berry et sa grand'mere jusqu'a la der- 
niere heure (i). 

Le roi Jean atteignait a peine sa trente-unieme annee 
quand ilmonta sur le trone, et deja Bonne de Luxem- 
bourg, sa femme, qu'il avait epouseedans sa premiere jeu- 
nesse, lui avait donnequatre fils et cinq filles. L'aine de 
tous, qui fut le grand roi Charles V, etait ne a Vincennes 
le 21 Janvier i337, alors que son pere n'avait pas encore 
atteint I'age de dix-huit ans. Les naissances se succe- 
dent ensuite a des intervalles rapproches : Louis, plus 
tard ducd'Anjou, vient au monde a Vincennes le 23 juil- 
let 1339; Jean est, comme on I'a vu, du 3o novem- 
bre 1340; le futur due de Bourgogne, Philippe, nait a 
Pontoise le i5 Janvier 1342. Lapauvre Bonne de Luxem- 
bourg succombait en 1349, d'epuisement sans doute ; 
elle etait remplacee, la meme annee, par Jeanne, fille du 
comte de Boulogne et de Marguerite d'Evreux. Ces cir- 
con stances ne sont pas etrangeres, comme on serait 
peut-etre tente de le croire, au sujet qui nous occupe. II 
resulte, en effet, de ces rapprochements que les premieres 



(i) Le 12 mai iSgS, le due de Berry fait payer une certaine somme a 
Perrinet Le Picart, chevaucheur, pour aller de Paris a Neautie porter des 
lettres a la reine Blanche. (xVrch. Nat. KK 253, fol. 62;. Cette princesse 
mourut le 5 octobre 1 398. 

b 



XVIII INTROnrCTION 

annees du due de Berry, ces annees dont les impres- 
sions si vives exercent une influence inelTacable sur les 
gouts de toute la vie, s'ecoulerent dans une cour elegante, 
amie du luxe, toute occupec de fetes et de galanterie, 
et dirigee dans cette voie par des princesses dans tout 
I'eclat de la jeunessc et de la beaute. 

Nous voyons encore dans I'entourage du souverain 
Jeanne d'Evreux, la veuve de Charles IV, fille d'un de 
ces comtes d'Evreux dont la puissante maison eut a ce 
moment le privilege de fournir trois reines a la France. 
Marguerite, fille du roi Philippe V, mariee au comte de 
Flandre et mere de Louis le Male, contribuait aussi, 
avec la fille de Charles IV, epouse de Philippe d'Orleans 
et quine mourut qu'en i362, a I'ornement de cette cour, 
la plus policee et la plus brillante de I'Europe. Enfin, les 
cinq filles du roi Jean melaient les graces feminines aux 
jeux turbulents des jeunes princes. Dans un semblable 
milieu, il n'est pas etonnant que le futur due de Berry 
ait contracte de bonne heure des gouts d'elegance raffi- 
nee. La branche des Valois, on Ta remarquc souvent, a 
toujours manifeste une passion singuliere pour les 
productions de I'intelligence et de I'art. Pas un prince 
de cette dynastie n'echappe a cette loi generale. Le 
roi Jean lui-meme, bien qu'il ait merite par les fai- 
blesses et les desastres de ses dernieres annees les 
justes severites de I'histoire, parait avoir porte au plus 
haut degre I'amour de I'art et du luxe. Sa predilec- 
tion pour tons les souvenirs et toutes les pratiques 
de Tancienne chevalerie est bien connue. Ne posse- 
dons-nous pas de lui un portrait contemporain, d'une 
intensite de vie extraordinaire, pour temoigner, sinon 
de la beaute plastique de ses traits, du moins de 
son gout prononce pour la peinture? J'ai essaye jadis 
de demontrer que, si le sort des armes lui avait ete 
contraire, il avait su faire preuve dans sa jcunesse d'un 



INTRODUCTION XIX 



reel talent de diplomate (i). Comment un homme vul- 
gaire eut-il pu donner le jour a quatre fils aussi remar- 
quablcs, aussi bien doues que le roi Charles V, le due 
d'Anjou, le due dc Berry et le due de Bourgogne ? Un 
jeune erudit nous promet une etude detaillee sur le due 
de Berry (2). En attendant le resultat de ses reeherehes, 
nous pouvons affirmer que les vingt premieres annees du 
jeune prinee s'eeoulerent dans le milieu le plus propre a 
developper les inelinations d'un esprit naturellement 
ouvert a toutes les manifestations de I'art. 

Sur I'enfanee et la ieunesse du frere eadet de Char- Jeunesse 
les V, les doeuments precis font defaut. II assistait a la due dc Berry. 
bataille de Poitiers sous la eonduite de son frere aine, 
et laeha pied avee ses compagnons des le debut de I'ae- 
tion. Mais pourquoi eonfier a des jeunes gens sans expe- 
rience une aussi lourde responsabilite? On oppose quel- 
quefois I'attitude timide de Charles et de Jean (3) a la 
bravoure intrepide de leur frere Philippe. Pure ques- 
tion de temperament peut-etre. Le fils aine du roi Jean 
n'etait pas ne pour les longues ehevauchees et les grands 
coups d'epee; or, le caractere de son frere presentait avec 
le sien de frappantes analogies, Meme penchant pour les 
joies calmes de I'interieur; meme passion pour les beaux 
livres, pour les riches orfevreries, pour les joyaux de 
grand prix; meme aptitude aux negoeiations epineuses. 
A d'autres le eommandement des armees, les surprises 
nocturnes, les marches forcees. Telle est la meilleure 

(i) Voyez notrc Histoire de la Reunion du Dauphine a la France, Paris, 
1868, in-8°. 

(2) M. G. Lcdos a presentc en 1888, a I'Ecole des Chartes, une these 
sur la jeunesse du due de Berry. Ce travail est encore inedit ; nous n'en 
connaissons done que I'esprit general. 

(3) Gepcndant le Pere Anselmc dit de notre prince : « II se trouva a la 
bataille de Poitiers ou il se comporta gcncreusement » (tome I, p. 106). 
Mais la banalite de cet cloge le rend suspect. II aurait besoin d'etre con- 
tirme par des textes contcmporains. 



XX INTRODUCTION 

excuse de la conduite des jcunes princes dans la rencontre 
funeste de Poitiers. 

Ce desastre eut une inliuence directe sur les destinees 
du frere cadet de Charles V. II portait jusque-la le titre 
de comte de Poitiers et de Macon. Le comte de Poitiers 
devait former son apanage ; mais le traite de Bretign}^ 
ayant fait passer cettc province sous la domination an- 
glaise, il fallut bien chercher une compensation pour le 
prince depossede. Des i359, avant meme la conclusion 
du traite, le roi I'avait investi de la lieutenance du Lan- 
guedoc. Par suite de cette mission, il se trouva en rela- 
tions avec la haute noblesse du Midi, et, le 24 juin iSdo, 
il epousait, a Carcassonne, Jeanne, fille de Jean P'" d'Ar- 
magnac (i) et de Beatrix de Clermont, alliance qui 
devait avoir une portee considerable sur la politique 
du prince pendant tout le reste de sa vie. La meme annee, 
en echange du comte de Poitiers abandonne aux Anglais, 
il recevait en apanage le duche de Berry et le comte 
d'Auvergne. C'est sous le titre de due de Berry qu'il 
sera designe desormais dans les actes de sa vie publique 
et qu'il est connu dans Thistoire (2). 

A ce moment s'arrete la premiere periode de sa car- 
riere. Quoiqu'age de vingt ans a peine, le due de Berry, 
allie par son mariage a une des plus grandes families du 
midi, disposant a son gre des vastes ressources d'une 
des plus riches provinces de France, est un personnagc 
considerable dans le royaume. Nous allons le voir, apres 
le couronnement de son frere, prendre dans le conseil 
et aussi dans les combats une part active au relevement 
du pays. 

(i) Le contrat de mariage est conserve aux Archives Nationales 
J. 186 B, n" 82, 83. Le comte d'Armagnacdonnait, ou du moins promet- 
taita sa fille une dot de cent niille florins d'or. 

(2) Voyez le resume des lettres-patentes portant cession du Berr)- dans 
Raynal, Histoire du Berry, t. Ill, p. 377. 



INTRODUCTION XXI 

Tout d'abord, il dut partir pour I'exil. En rcndant la Dcxicmc 
liberte au roi Jean, le traitc de Bretign}' avait specifie '"'""";v!f ''^'"'^ 
que deux de ses fils seraient remis comme otages aux ' "" '"■'" 
Anglais, jusqu'a I'entiere execution des conventions. La 
captivite semble n'avoir pas ete bien dure au jeune prince. 
A peine rendu en Angleterre depuis quelques mois, un 
sauf-conduit d'Edouard III I'autorise a repasser le de- 
troit. II part le 6 mai i36i, sous condition de se consti- 
tuer a nouveau prisonnier avant le i5 aout. On le 
retrouve en France au mois d'avril de I'annee suivante. 
Un arrangement du mois de novembre i362 avait permis 
aux otages de rentrer dans leur pays. 

Toutefois, en avril 1364, notre prince etait de nouveau 
prisonnier, car son frere lui envo3'ait un message en 
Angleterre (i). II habitait done encore Londres quand 
son pere, apres avoir regagne sa prison par un scrupule, 
excessif peut-etre, de loyaute chevaleresque, venait a 
mourir dans cette ville, le 8 avril. En cette circonstance, 
le jeune frere de Charles V etait tout designe comme 
rintermediaire naturel entre le nouveau roi de France 
et les Anglais. 

Le 21 septembre, le due Jean n'est pas encore de 
retour en France, car a ce moment, le Roi lui alloue la 
somme de cinq cents francs d'or par mois « pour qu'il 
puisse honorablement avoir et soustenir son estat oudit 
ostage » en Angleterre (2). 

Enfin, en Janvier i365, nous le trouvons installe a 
la cour de Charles V. II recoit de son frere, al'occasion 
des etrennes, quatre coursiers avec quatre selles d'unc 
valeur de 600 francs d'or (3). A partir de ce moment les 
dons royaux vont chaque jour se multiplier. Une rente 
de mille francs d'or par mois est assignee au prince 

(() L. Delisle, Mandcments de Charles V, n" 2 19 avril 1364. 
{2) Ibid., irSS. 
(3) Ibid., n° i63. 



INTRODUCTION 



« pour son cstat mieux soustenir (i) », sans compter les 
dons particuliers que le Due obtient frequemnient de la 
generosite de Charles. Un jour, c'est une rente via- 
gere de 4000 livres sur le comte et la ville de Macon 
(4 fevrier 1367); peu apres, s'y joint I'abandon des aides 
du comte de Clermont (i3 fevrier), enfin la cession pour 
une annee des aides des dioceses de Bourges, Clermont, 
Saint-Flour et Macon. Un peu plus tard, quand le Due 
prendra une part active aux operations militaires contre 
les Anglais, son frere ne lui menagera pas les subsides. Le 
14 octobre 1369, Charles ordonne de lui compter 2000 
livres tournois par mois « pour soustenir les frais de la 
guerre (2) ». Le 25 aout 1372, le Due recoit d'un seul 
coup 12000 francs d'or en dedommagement des frais 
supportes par lui pour la prise de Saint-Severe, de 
Chauvigni, de Poitiers et autres lieux (3). Nouvelle 
indemnite de 8000 livres tournois, payee le 6 avril i373, 
pour les depenses du siege de La Souterraine (4). 

Ces largesses ineessantes pourraient surprendre si 
Ton ne savait que le regne de Charles V fut pour la 
France une periode de reparation et une ere de pros- 
perite. Quand on suppute les tresors amasses par le Roi 
et par ses freres en pleine guerre contre les Anglais, 
au lendemain des lourds sacrifices exiges par la rancon 
du roi Jean, on a peine a expliquer une pareille pros- 
perity dans d'aussi tristes eirconstanees. Jamais, dans 
tout le cours du moyen age, le pouvoir de I'argent ne 
tomba aussi bas que dans la sceonde moitie du qua- 
torzieme siecle. Cette remarque souvent faite et re- 
cemment confirmee par les observations d un eco- 



(1) L. DeVis,\e, Mandements de Charles V, n" 174. 

(2) Ibid., n° 5g2. 

(3) Ibid., n° gi I. 

(4) Ibid., n°96o. 



INTRODUCTION 



nomiste distingue (i), prouve que la fortune de la 
France n'avait pas ete profondement entamee par les 
defaites dc Crecy et de Poitiers. Son prestige militaire 



(i) La fortune mobilidre dans Vhistoire : I, Le pouvoir de I'argent par 
M. le vicomte d'Avencl. {Revue des Deux Mondes, i5 avril 1892, p. 834 
ct 839.) Voici comment I'auteur parle du pouvoir de I'argent a I'epo- 
que qui nous occupe : « Quatre fois et demie plus fort que de nos jours 
dans le premier quart du xiii" siecle, il diminue graduellement a quatre 
jusqu'a Philippe le Bel, puis a trois et demi sous les dcrniers Capetiens 
et en iSSi-iSyS a trois fois seulement ce qu'il est aujourd'hui... Un 
memoire de iSyS s'occupe de I'abaisssement de la valeur de I'argent et 
de I'elevation du prix des denrees. » Aussi plus loin I'historien pose-t-il 
cette question : a L'histoire aurait-elle exagcre ? Ferait-elle dater a tort 
du milieu du xiv siecle I'ere desastreuse qui ne devait commencer 
qu'avec le xv° siecle ? » Peut-etre un facteur dont il n'est pas assez tenu 
comptc dans cette etude a-t-il exerce une influence immediate sur ccs 
rapides alternatives de prosperite et de ruine. La circulation monetairc 
etant infiniment plus restreinlea cette epoque que de nos jours, lorsqu'un 
cvenement imprevu, un dcsastre comme Crecy ou Poitiers creait ino- 
pinement de grands besoins d'argent monnaye pour la solde des gens 
d'armes ou la ran^on du Roi, la penurie du tresor royal devait absorber 
subitement tous les capitaux disponibles, ceux du moins qui ne se 
cachaient pas. De la, disette momentanee ; mais la prosperite publique 
ne se trouvait pas par la profondement atteinte. II suffisait de quelques 
annees d'un regne reparateur comme celui de Charles V pour regagner 
tout ce qui avait etc perdu et au dela. Les somptueux tresors d'orfevrerie 
et les joyaux de toutes sortes amasses par le Roi et ses freres dans une 
assez courte periode fournissent le meilleur temoignage de cet accroisse- 
ment prodigieux de la richesse publique. C'est un fait etabli et que sem- 
ble meconnaitre M. d'Avenel quand il ecrit (p. 840): « Un fait singulier, 
mais appuye de nombrcux temoignages, c'est que la quantite d'argent et 
d'or consacree aux bijoux^ aux meubles, aux usages domestiques, par con- 
sequent retiree de la circulation monetaire, est beaucoup plus grande au 
xV siecle, ou I'argent est cher, qu'au xiv° ou I'argent est bon marche. 
Les particuliers et les princes du xiv" siecle avaient bien moins d'ar- 
gentcrie que ceux du xv". » II nous parait y avoir la une errcur mate- 
rielle. Comment un auteur si bien informe a-t-il pu ignorer que, pour 
un exemple fourni par la fin du xv° siecle, celui de Charles le Teme- 
raire, on en citerait dix, vingt autres du xiv", detruisant absolumcnt I'as- 
sertion contenue dans ce passage. D'ailleurs, la vaisselle d'argent de 
Jean Sans Peur, non plus que celle dc son pere n'etaicnt mcsquines, 
comme le croit M. d'Avenel. II pourrait s'cn convaincrc en lisr.nt les 
inventaires de ces princes. 



XXIV INTRODUCTION 

scul futatteint; mais les sources dc sa prospcritc n'ctai cnt 
pas taries, et on peut affirmer que, sans les troubles et 
les malheurs du regne de Charles VI, la sage adminis- 
tration de Charles V eut panse toutes les blessures de la 
guerre et ramene partout I'abondance. 

Si ce prince, au milieu dcs guerres incessantes qu'il 
eut a soutenir, put amasser le magnifique tresor dont 
nous possedons I'inventaire detaille, si ses trois freres, 
les dues d'Anjou, de Berry et de Bourgogne, parvinrent 
a former en quelques annees les immenses collections 
de joyaux dont la description nous frappe dY'tonnement, 
ce fait n'offre-t-il pas la preuve la plus peremptoire de 
I'extreme richesse du pays et de ses ressources infinies? 
II serait difficile en effet de citer dans I'histoire un autre 
exemple de quatre freres reunissant en meme temps, 
dans le meme royaume, des tresors comme ceux dont 
nous possedons les inventaires. Et celui du due de Berry, 
on ne doit pas I'oublier, n'occupait pas le premier rang ; 
a peine soutient-il lacomparaison avec les richesses du 
due de Bourgogne. 

Toutefois, pendant toute la duree du regne de Char- 
les V, les gouts de son frere pour les merveilles de I'or- 
fevrerie ou de I'enluminure ne semblent pas s'etre encore 
donne libre carriere. II prend une part directe, souvent 
active, a la lutte contre I'etranger. On possede une partie 
des comptes du due de Berry pour toute la periode 
qui s'etend de iSyo a 1878; or, dans ces registres, les 
depenses somptuaires, les achats de bijoux ou de joyaux 
tiennent relativement peu de place, tandis que de nom- 
breux passages attestent I'interet du prince pour les ope- 
rations militaires, son desir de seconder les efforts des 
vaillants capitaines places a la tete des troupes royales. 
Roicmiutaire Slgualous uotaiiiment les frequents messages expedies 
duc/c"Bcnj. a Du Guesclin, a Olivier de Clisson, au marechal de 
Sancerre, au sire de Tancarville et aux autres generaux 



INTROnUCTION XXV 

francais, pour Ics tcnir au courant des fails dc guerre 
survenus dans le Berry ou dans les provinces voisines. 
De 1 375 a 1378, nous trouvons la mention de quinzc a 
vingt lettres adressees au connetable et portees par des 
gens a la solde du Due. Quelques-uns, mais c'est I'excep- 
tion, font le chemin a pied (i). La plupart du temps le 
compte est muet sur I'objet du message ; parfois cepen- 
dant, il olTre des details precieux a recueillir pour I'his- 
toire militaire. Ainsi, un messager, Symonnet ou Simon 
Champion, part pour Paris, au debut de I'annee i375, 
annoncer au connetable la nouvelle de la perte de Mon- 
treuil-Bonnin (2),prispar les Anglais le 9 Janvier 1375 (3). 
Les ennemis ne jouirent pas longtemps de leur succes, 
car on lit quelques pages plus loin, sous la date du 
16 fevrier : « A Gabriel, sergent d'armes du Roi, pour 
don fait a luy pour les bons nouvelles qu'il luy apporta 
a Paris, comme le connestable avoit pris d'assault Mon- 
stereul Bonnin sur les ennemis (4). » Sans doute, bien 
des faits indiques dans ces roles de messagers sont deja 
connus. Mais on trouvera la des elements authentiques 
pour confirmer ou preciser maint detail important. 

Veut-on d'autres temoignages de la sollicitude du 
prince pour tons ceux qui tenaient la campagne contre 
les envahisseurs? Voici un article assez significatif a la 
date du 16 juin 1373 : « A Rynant, escuier de Monsei- 
gneur le connestable de France, lequel s'estoit echape 
des Anglais, de Gencay, ou il estoit prisonnier, pour don, 
60 sous tournois (5). » Inutile d'insister; les exemples 
cites attestent assez la part active du due de Berry 



(i) Voyez notammcnt I'article conccrnant Bescu : i\rch. Nat. KK 262, 
fol. 2 5 v. 

(2) Pres Lusignan, dans le Poitou. 

(3) Arch. Nat. KK 252, fol. 6g. 

(4) Ibid., fol. 82. 

(5) Arch. Nat. KK 25 1, fol. 122 v". 



XXVI INTRODUCTION 

aiix operations militaires et ses relations constantcs 
avec le heros de la guerre dont nul n'admirait plus que 
lui, on en trouve la preuve dans les inventaires, la 
vaillance et les services. D'ailleurs, les mandemcnts de 
Charles V sont d'accord, on I'a vu, avec les extraits qui 
precedent pour montrer les efforts tentes par notre prince 
pour faire rentrer les bonnes villes du roj^aume sous 
I'autorite de leur souverain legitime 

Le chapitre des messagers fournit encore de pre- 
cieuses indications sur les rapports du prince avec sa 
nombreuse famille commeavec les souverains etrangers. 
Constamment des chevaucheurs s'en vont porter les 
lettres du due de Bcny au Roi, a la Reine, au due d'An- 
jou, au due de Bourgogne. Un jour, c'est le 25 aout 
1872 (i), I'infatigable Simon Champion part de Poitiers 
charge de lettres pour le roi de France « contenant que 
le captal et plusieurs autres cappitaines anglois ont este 
dcsconffit (2) )). Dans le courant du meme mois, un 
huissier de salle du Due est charge d'annoncer a Paris 
que la ville de Poitiers vient de se rendre en son obeis- 
sance le S aout. 

Ce n'est pas seulement avec les personnages francais 
que notre prince entretient des relations assidues. Ses 
emissaires vont tantot trouver les cardinaux residant a 
Avignon, — on sait que le due de Berry se plaisait a 
intervenir dans les questions religieuses ; — tantot, ils se 
rendent aupres du comte de Savoie ou du due de Milan. 
Un chevaucheur nomme Mondon Morel recoit, le4avril 
1400, la mission d'aller en Lombardie porter des lettres 
a I'empereur de Constantinople ; pour ce long voyage 
on ne lui octroye que la modique somme de 28 livres 

(i) Arch. Nat. Registre KK 25i, fol. 90 v°. 

(2) Ibid., fol. 89 v°. On trouve exactemcnt a la memc date, dans les 
mandemcnts de Charles V, mention d'un don de 12,000 livres pour 
indemniser le Due des frais de la campagne. 



INTRODUCTION XXVII 

2 SOUS 6 denicrs (i). La mcmc annee, d'autrcs cavaliers 
sont cxpedies au Mont Saint-Michel, charges de mes- 
sages pour Ic roi et la reine de Sicile, pour le prince 
de Tarente (2). Peu de mois a peine avant sa mort, la 
veuve de Philippe VI, Blanche d'Evreux, recevait dans 
sa retraite de Neauphle les lettres du Due confiees aux 
soins de Perrinet le Picart (3). 

Tous les evenements d'un ordre plus intime, nais- 
sances, mariages, deces, donnent lieu a des correspon- 
dances de meme nature. Les messagers sont aussi char- 
ges de transmettre les ordres relatifs a I'administratiou 
des provinces; on les envoye a la recherche des provi- 
sions de bouche ; ils menent d'un chateau a I'autre, 
lors des frequents deplacements de leur maitre, les har" 
des et les meubles. Toujours par voies et par chemins, 
ils constituent a cette epoque un des rouagcs essentiels de 
I'administration publique et des relations sociales. C'cst 
une des grosses, mais des plus indispensables depenses 
de tout seigneur d'un rang eleve. Le chapitre qui leur 
est consacre tient toujours une large place dans les 
comptes du due de Berry ; on pent y suivre aussi la 
modification de ses gouts et de ses preoccupations aux 
ditferentes epoques de sa vie. 

Les articles des comptes relatifs a des acquisitions de 
pierres et de joyaux precieux pendant la periode qui 
s'etend de i36o a i38o (4), sont a peu pres insignifiants 
si on les compare a la masse considerable de tresors 
dc toute nature enumeres dans les inventaires d'une 
date ulterieure. 

Nous avons dit plus haut que le manage du prince 

(i) Arch. Nat. Reg. KK 254, fol. 69. 

(2) Ibid. 3 avril 1400. 

(3) 12 mai i3g8. — Arch. Nat. KK 253 fol. 62. 

(4) Voyez tome II, p. 319-327. Nous avons reproduit dans cet appen- 
dice tous les passages relatifs a des achats d'objets precieux, 



XXVIII INTRODUCTION 

Premier uvcc Jeaniic d'Amiagnac avait etc celebre Ic 24 juin 

mariagc du due ^ r t^ • ■ • /- 1 i 

de Berry. iJbo. Dc ccttc UHion naquircnt trois fils ct deux 

Sescn/ants. 

nlles : 

I ° Charles, comte de Montpensier, mort en 1882 (i), 
laissant une veuve, Marie, dame de Sully et de Craon ; 

2° Jean, devenu comte de Montpensier apres le deces 
de son frere aine. II mourut en iSqy (2), sans laisser 
d'heritier, bien qu'il eut epouse successivement sa cou- 
sine Catherine, fiUe de Charles V (f i388), puis Anne, 
fiUe de Jean de Bourbon, comte de la Marche et de Ven- 
dome; cette dernierc fut mariee en secondes noces a 
Louis le Barbu, due de Baviere; 

3° Louis, decede aussi avant son pere; 

4° Bonne de Berry, mariee, apres de longues nego- 
ciations, a Amedee VII, comte de Savoie. Le mariage 
fut Toccasion d'unc fete donnee a Paris le 20 Jan- 
vier 1877 (3). Apres la mort d'Amedee VII, survenue le 
i^'' novembre iSqi, Bonne de Berry contracta une se- 
conde union qui resserra les liens unissant deja sa 
famille a la maison d'Armagnac. En decembre iSgS, 
elle epousa Bernard VII, comte d'Armagnac, qui devint 
connetable de France. Elle mourut dans un age avance, 
au chateau de Carlat en Auvergne, le 3o decembre 1435 ; 

5° Marie, deuxieme fille du due de Berry et de Jeanne 
d'Armagnac, survc'cut a son pere comme sa soeur Bonne. 
Elle contracta successivement trois mariages : unie le 
20 mars i386, a Louis de Chatillon, comte de Dunois, 
mort en 1391, elle perdait, le i5 juin 1397, son deuxieme 



(i) Dans le comptc dc I'anncc iSyS (KK 252, fol.GJ^). parait la nourricc 
du comte de Montpensier. Elle se nommait Catherine. La nourricc du 
due dc Berry etait, d'apres le meme compte (fol. 104 V), dame Gille 
de Caumont. 

(2) Ses obseques furcnt celebrces en I'hotcl de la Grange, Ic lynovem- 
bre 1397 (KK 2 55, fol, 18). 

(3) Arch. Nat. KK 202, fol. 144. 



INTROnUCTION XXIX 

mari, Philippe d'Artois, comte d'Eu, connetablc de 
France, quelle avait epouse le 27 Janvier 1892, et con- 
volait en troisiemes noces, le 24 juin 1400, avec Jean P% 
due de Bourbon, qui la preceda dans la tombe. Marie 
de Berry mourut a Lyon peu de temps avant sa stcur 
la comtesse d'Armagnac, en juin 1434. 

II etait necessaire de preciser les dates et les circon- 
stances essentielles de la vie de ces deux princesses, 
parce que,ayant survecu a leurs freres,elles recueillirent 
seules, en 1416, I'heritage paternel. 

Le due Jean perdait sa premiere femme le 1 5 mars 1 388. second 'i^^^rjage 
Soit par raison d'interet, soit pour se conformer aux lois 
de TEglise, les princes du moyen age semblent avoir 
eu un grand eloignement pour le veuvage. lis avaicnt 
besoin d'une compagne pour tenir leur maison, com- 
mander aux serviteurs pendant leurs frequentes absen- 
ces, elever les enfants. 

Un moment, notre prince avait songe a une alliance 
avec la famille royale d'Angleterre et jete les yeux sur 
une princessede la maison de Lancastre. Les pourparlers 
n'aboutirent pas; le due de Berry qui approchait de la 
cinquantainc fut sans doute trouve trop age, et la jeune 
princesse alia chercher un mari en Espagne. Decu dans 
ses visees, notre prince se resignait a prendre femme en 
France. Ses noces avec Jeanne, fille de Jean VI, comte 
d'Auvergne et de Boulogne, et d'Eleonore de Cominges, 
furent celebrees a Riom le 5 juin iSSg. Cette union resta 
sterile. Se conformant a I'exemple donne par son mari, 
Jeanne de Boulogne s'empressait de se remarier aussitot 
apres la mort du due de Berry. Les historiens fixent la 
celebration de son mariage avec Georges, seigneur de la 
Tremoille, au 19 novembre 141 6. 

On connait maintenant par le detail la famille directe 
du due de Berry; il ne sera pas supertlu de passer rapi- 
dement en revue celle des differents princes avec les- 



INTRODUCTION 



quels il cntretint des relations suivics Jusqu'aux dcrnieres 
annees desa vie. 
Lafamiiic Dc I'union de Charles V avec Jeanne de Bourbon 

dc Charles V , . , , . 01 ,., . . 

,-tdeses freres. qu il avait epousce en )uiilet ii49, ^loi's qu il atteignait a 
peine sa douzieme annee, naquirent neuf cnfants : trois 
fils ct six filles. II ne lui restait, au moment de sa mort, 
que le jeune prince qui prit la couronne sous le nom de 
Charles VI, Louis, due d'Orleans, et Catherine, promise, 
des I'age de neuf ans, a Jean de Montpensier, et morte, 
comme on vient de le dire, en i388. Sa naissance avait 
coiite la vie a Jeanne de Bourbon, decedee a Paris le 
6 fevrier i 377. 

Le frere puine de Charles V, Louis d'Anjou, Taventu- 
reux competiteur au trone de Naples, avait laisse de son 
mariage avec Marie de Chatillon, dite de Blois, deux 
fils : Louis II d'Anjou ne en 1377, mort en 141 7, et 
Charles decede des 1404. 

Les relations du due Jean avec son frere le due de 
Bourgogne paraissent s'etre toujours maintenues sur un 
pied d'affectueuse intimite; cela ressort de tous les do- 
cuments authentiques. Le due de Berry fut le parrain 
de son neveu, le comte de Nevers, surnomme plus tard 
Jean sans Peur (i). Philippe le Hardi avait epouse la 
riche heritiere des provinces de Flandre et d'Artois. II 
en eut quatre fils et quatre filles. L'aine de ces fils, Jean, 
naquit le 28 mai 1371. Louis, qui vient ensuite, mourut 
en bas age. Le troisieme, Antoine, fut le fondateur de 
la maison de Brabant. Enfin le dernier, Philippe, prit le 
titre de comte de Nevers lorsque son frere aine Jean eut 
succede a son pere ; de lui sortit la dynastie des comtes 
de Nevers. 



(i) Don de loo livres tournois, fait le 5 juin iSyi « aux demoiselles et 
femmes de chambre du filz de Monseigneur de Bourgoigne, lequel Mon- 
seigneur (le due de Berry) tint sur tons. » (Arch. Nat., KK25i, fol. 69.) 



INTRODUCTION 



La fille ainee de Philippe Ic Hardi , Marguerite, 
epousait, en i385, Guillaume de Baviere, quatrieme 
du nom, comte de Hainaut, de Hollandc et de Ze- 
lande. Marie, soeur cadette de Marguerite, fut unie, 
en 1 40 1, a Amedee VIII, comte de Savoie, petit-fils 
du due de Berry. Catherine, la troisieme fille du due 
de Bourgogne, recut pour epoux, en i SgS, Leopold III, 
due d'Autriche. Quant a Bonne, la derniere, elle mourut 
jeune. 

Ges mariages expliquent le rapide developpement de 
la maison de Bourgogne; ils font comprendre en meme 
temps les relations intimes des princes francais avec 
presque toutes les families souveraines de I'Europe. De 
la, ces echanges frequents de presents entre le due de 
Berry et les chefs des dynasties regnantes de I'Espagne, 
de I'Allemagne, de I'ltalie. 

Pendant toute la vie du roi Charles V, le due 
de Berry ne joua qu'un role eftacee; il se contenta 
de rester Tauxiliaire modeste de la politique royale. 
Plus que ses freres Louis et Philippe, il s'occupa des 
operations militaires comme des negociations politi- 
ques. C'est sans doute dans cette intimite constante 
avec la famille royale, dans la contemplation assidue 
des trcsors reunis a la tour du Louvre et dans les autres 
chateaux de la couronne, que sa passion des beaux 
manuscrits, des opulentes vaisselles d'or et d argent, 
des joyauxde prix se developpa lentement pour se donner 
libre carriere quand les circonstances lui en fournirent 
I'occasion. 

L'inventaire de Charles V a conserve, en partie du 
moins, la mention des dons faits au Roi par ses freres. 
Le due de Berry, comme le due d'Anjou y parait a di- 
verses reprises en qualite de donateur. Mais c'est surtout 
dans les extraits publics par M. Petit a la suite des Iti- 
neraires des dues de Bourgogne qu'on trouvera de nom- 



XXXII INTRODUCTION 

breux excmples des presents faits a roccasion du i^' Jan- 
vier ou des fetes de famille (i). 

II est parfois malaise de retrouver dans un inventaire 
les cadeaux ainsi recus. D'une part, les descriptions 
sont souvent trop courtes, trop sommaires pour per- 
mettre d'identifier un objet comme un anneau, un rubis, 
une perle. D'un autre cote, de nombreux temoignages 
etablissent que les princes de la fin du xv' siecle se plai- 
saient a modifier sans cesse, au gre de leur caprice, la 
forme des joyaux les plus precieux. Quantite de figures 
d'or ou d'argent, offertes au due de Berry par son frere 
de Bourgogne, ne paraisscnt pas sur les inventaires. 
Et cependant ces dons datent du commencement du 
xv' siecle; quelques annees ont suffi pour en degouter 
le possesseur et le present recu a ete presque aussitot 
fondu, vendu ou engage. Mais la principale cause de ces 
pertes si regrettables fut encore la necessite de battre 
monnaie pour parer a des besoins pressants. Les vais- 
selles d'or et d'argent, entassees sur les dressoirs ou dans 
les coffres des demeures seigneuriales, constituaient 
alors une sorte d'epargne ou de reserve a laquelle on 
avait recoursdans les circonstances critiques. Apres le de- 
sastre d'Azincourt, le roi Charles VI, reduit a se pro- 
curer des ressources immediates, envoyait a la Monnaie 
non seulement les orfevreries de son pere et les bijoux 
de sa femme, mais aussi les vases precieux de son onclc 
le due de Berry, qui appartenaient de droit aux nom- 
breux creanciers de ce prince. 
Troisicme Lcs eveuemeuts politiques qui suivirent la mort de 
Charles V sortent du cadre de cette etude; nous nous 



periode de la vi 

du 

due de Berry 



(i)Nous inserons,parmiles additions de notre tome II, la liste complete 
des dons offerts par le due de Bourgogne a son frere Jean, de 1387 a 
1403, a I'occasion des etrennes ou de diverses solennitcs. Peu de ces 
dons princiers parmi lesquels on remarque de nombreuscs figures d'or 
assez faciles a reconnaitre, figurent dans I'lnventairc de 1402. 



INTRODUCTION XXXIII 



varretcrons pen dc temps. Rcmarquons seulement que 
Ic clue de Berry, completement efface auparavant par 
la haute personnalite de son frere, jouera un role de plus 
en plus actif dans les intrigues qui vont se nouer autour 
du trone. II est, par ses alliances, par la force meme des 
choses. Tame du parti hostile aux Bourguignons; il de- 
vient le conseil des chefs Armagnacs sur lesquels sa royale 
origine lui donne un incontestable ascendant. Jusqu'ala 
mort de Philippe le Hardi, la bonne intelligence se main- 
tient, en apparence du moins, entre les deux freres ; mais 
quand le violent Jean sans Peur deviendra possesseur 
des vastes etats de son pere, il faudra bien que la riva- 
lite des deux adversaires eclate. Nous n'avons pas 
a entrer dans le detail de ces querelles si funestes a la 
France ; si nous en parlous, c'est seulement pour consta- 
ter que toutes sortes de liens rattachaient le due de Berry 
au parti des Armagnacs, dont il resta jusqu'a sa mort le 
chef inconteste, dont il partagea la fortune quand les 
Bourguignons, maitres de Paris, mirent au pillage son 
chateau de Bicetre, et quand le due de Bourgogne vint, 
a la tete des troupes royales, assieger la eapitale du Berry. 
Apres avoir eu I'espoir dejouer un role preponderant 
dans I'administration du royaume, le due de Berry dut 
bientot s'effacer devant les pretentions de son frere de 
Bourgogne. Les impitoyables exactions de ses creatures 
dans le Languedoe, la hauteur et I'avidite de ses otfi- 
ciers avaient rendu son nom impopulaire dans tout le 
royaume. Aussi cherche-t-il a se menager des alliances. 
II signe avec la reine Ysabeau et le due d'Orleans un 
traite secret par lequel les trois contractants s'engagent 
reciproquement, par serment sur I'Evangile, a se main- 
tenir au pouvoir. L'acte est du i^' decembre 1406 (i). 

(i) Arch. Nat., K 55, n" 36. Get actc est expose au Musec des Archives, 
vitrinc 36. II a ete public par Douet d'Arcq, dans son Clioix de pieces 
inedites siiv le rd£;ne de Charles VI. 



XXXIV INTRODUCTION 

II ne poLivait etre dirige que centre le nouveau due de 
Bourgogne Celui-ci sentit le coup; il }' riposta quel- 
ques annecs plus tard par I'assassinat dc la rue Bar- 
bette. II ne semble pas que Jean sans Peur ait jamais 
forme aucun projet meurtrier contre son oncle le due de 
Beny; du moins Ics chroniques ne mentionnent aucune 
tentative de cette nature. Mais, a voir les precautions 
dont il s'entourait, la quantite de contre-poisons qu'il 
avait amasses, ne parait-il pas evident que notre prince 
ne se crut jamais completement en surete et que les 
liens du sang constituaient une faible garantie contre la 
violence des passions? 
La En 1406, le due de Berry se trouvait a I'aposee de la 

Sainte-Chapcllc t ' J r » 

de Bourges. fortune et de la prosperile. Son age et son rang lui 
assuraient une situation sans rivale a la cour de France. 
II venait de terminer, d'inaugurer et de doter somptueu- 
sement cette Sainte-Ghapelle de Bourges, elevee sur le 
modele de la Sainte-Chapclle de Paris, qui devait trans- 
mettre aux generations futures le souvenir de sa magni- 
ficence et de sa piete. La consecration du sanctuaire avait 
etc I'occasion de ceremonies fastueuses. Aux fetes reli- 
gieuses avaient succedc des tournois et des festins pro- 
longes pendant plusieurs jours. Jamais la ville de Bour- 
ges ne vit pareilles splendeurs. Heureux le prince s'il 
n'eut pas survecu de longues annees a cette brillante apo- 
theose ! II n'eut pas connu les amertumes d'une vieillesse 
impuissante et humiliee. II n'eut pas assiste a la mort 
lamentable de son neveu prefere le due d'Orleans. Les 
horreurs de la guerre civile eussent ete epargnees a ses 
etats, et il n'eut pas eu cette supreme douleur de voir, 
avant de quitter ce monde, le sanglant desastre d'Azin- 
court engloutir la fortune de la France. Ne valait-il pas 
mieux pour un prince pacifique, passionne pour toutes 
les recherches du luxe, pour les delicatcsses de Tart 
le plus raffine, disparaitrc avant d'avoir ete le tcmoin 



INTRODUCTION XXXV 

impuissant de ccs lamentables catastrophes? II liii fallut 
subir ses dcstinees jusqu'au bout ; et c'est merveillc 
c^u'aprcs tant de traverses, il possedat encore, aux der- 
niers jours de son existence, une si merveilleuse quantite 
de jo3^aux de grand prix, de tapisseries, de livres pre- 
cicux, d'objets curieux de toute nature. 

Certes, la vie du due Jean de Berry peut etre citee par 
I'historien philosophe comme un des exemples les plus 
rares des vicissitudes du sort et des retoursde la fortune. 
Ce n'est pas a ce point de vue que nous avons a I'etudier 
ici ; ce qui nous interesse en lui, ce qui nous occupe 
avant tout, c'est le grand collectionneur, c'est le t\'pe 
acheve de I'amateur fanatique, ne reculant devant aucune 
depense, devant aucune folie, pour satisfaire une passion 
jamais assouvie. Voilii le cote le plus saillant de la figure 
du prince que nous etudions; c'est par la qu'il se dis- 
tingue de tous ses contemporains; c'est sous cet aspect 
que nous chercherons a le faire connaitre par I'analyse de 
ses inventaires. 

Au debut du xv'^ siecle, le due de Berry sc trouve 
possesseur de collections considerables, moins nom- 
breuses sans doute que celles du roi Charles V, mais 
choisies peut-etre avec plus de tact et de gout. C'est 
alors qu'il fait dresser le premier inventaire des tresors 
qui ne cesseront de s'accroitre jusqu'au dernier jour de 
sa vie. Ces tresors consistent surtout en joyaux de cha- 
pelle, en images, croix, calices et ornements d'or; tout 
cela va bientot devenir la propriete de la Sainte-Chapelle 
de Bourges dont la consecration aura lieu le 1 5 avril 1405. 

La Sainte-Chapelle de Bourges ne garda pas longtemps 
les presents offerts par son fondateur. Lors du siege de 
sa capitale, le due de Berry ne se fit aucun scrupule de 
reprendre les matieres precieuses donnees par lui au 
sanctuaire, sauf a le dedommager plus tard si les cir- 
constances le permettaient. Ainsi, nombre de joyaux du 



XXXVI INTRODUCTION 

plus grand prixdisparurent dans cette lamentable guerre 
civile. Les plus belles pieces de la collection du Due 
avaient done disparu dans le naufrage de sa fortune, 
plusieurs annees avant sa mort. 

Parmi les objets de toute nature qui constituent I'en- 
semble dcs inventaires, les jo3'aux pour chapcUe, ainsi 
qu'on I'a vu, occupent la premiere place, et comme nom- 
bre et comme richesse. Puis viennent les vaisselles 
et orfevreries a I'usage personnel du prince. Les pierres 
precieuses divisees en plusieurs categories, suivant leur 
nature, remplissent tout un chapitre. Enfin commence 
I'c'numeration de ces incomparables manuscrits, le prin- 
cipal honneur des collections de Bourges. Mais, avant 
de passer en revue ces differentes series, avant d'insister 
sur les ressources que les descriptions de I'inventaire 
peuvent offrir aux etudes archeologiques, il convient 
de dire quelques mots de Torigine des merveilles rcunies 
par notre prince. 
Originc L'inventaire de 141 3 assi^ne trois provenances dis- 

ctes collections _ . 

dejoyaitx tiuctes aux jovaux et aux livres confies a Robinet 

et de livres. _ ' -' 

d'Etampes ; sur cette distinction repose toute I'econo- 
mie du compte. La premiere division , reservee aux 
articles figurant deja sur les precedents inventaires, ren- 
ferme par consequent tous les objets portes au ma- 
nuscrit de 1401. Les objets decrits en 1401 qui ne 
reparaissent pas en 141 3, avaient ete, dans I'intervalle 
de ces deux dates, soit donnes a la Sainte-Chapelle 
de Bourges ou a divers personnages, soit detruits ou 
perdus. Parmi les joyaux ou autres articles disparus 
entre 1401 et 141 3, une trentaine environ proviennent 
de dons anterieurs au quinzieme siecle. Sur la liste 
de donateurs, le roi de France figure pour quatre arti- 
cles (i); le due d'Orleans, pour un seul (2); le due 

(i) Art. 5o, 129, i3i, iio3. 
(2) Art. 47. 



INTRODUCTION XXXVIl ' 

dc Bourgognc, pour six(i); la duchesse de Berry, pour uonsanteneurs 
deux (2) ; I'eveque de Poitiers, chancelier du Due, egale- "^ ^'*°°' 
ment pour deux (3), ainsi que le pape Clement VII (4). 
Raymond de Turenne a offert trois morceaux d'une 
etotfe cnrichie de broderie (5). Enfin la reine de France, 
le connetable Olivier de Clisson, le grand maitrede Rho- 
des, I'empereurde Constantinople, levicomtede Thenars, 
Guillaume Bie, Casin de Serenviller, Baude de Guy, la 
femme de Raymond de Turenne, sont cites chacun une 
fois en qualite de donateurs (6). Cette e'numeration 
ne comprend, il ne faut pas I'oublier, que les person- 
nages dont les presents n'existent plus en nature lors de 
la redaction de 141 3. 

Le registre de Robinet d'Etampes ne signale que les Don,dci4oi 
dons posterieurs a 1401. Le rapprochement des men- '^ ''^"'' 
tions eparses dans ce manuscrit nous apprend que, pen- 
dant une periode de quinze annees a peine (decembre 
1401-16 juin 1416, date de la mort du due de Berry,) 
cent trente-six personnages firent present a notre prince 
de trois cent cinquante joyaux, pierres precieuses, ma- 
nuscrits et objets divers. II faut encore Joindre a ce 
total huit articles provenant de dons, mais sans noms 
d'auteurs, 

C'est d'abord la famille du Due, sa femme, ses filles, Dons 
gendres, freres, neveux et cousins. ''JJIdhc!'"^ 

Le nom de la duchesse de Berry revient cinq fois sur 
cette liste de liberalitcs (7), le plus souvent a I'occasion 
des ctrennes. 



(1) Art. 46, 124, 127, 128, 188, 1081. 
{2) Art. 180, 194. 

(3) Art. 956,- 1062. 

(4) Art. 222, 949. 

(5) Art. i3o2, i3o3, i3o4. 

(6) II sera facile, avec la table, de sc reporter aux articles ou ces 
personnages sont nommes. 

(7) Art. 12, 354, 358, 396, 696, de I'lnventaire dc 141 3, tome I. 



XXXVIII INTRODUCTION 



La duchesse de Bourbon reparait six fois (i)comme 
donatrice, la comtesse d'Armagnac quatre fois (2), et 
tOLijours, a une ou deux exceptions pres, a propos du 
nouvel an. Leurs maris, le due de Bourbon et le comte 
d'Armagnac, ne se montrent pas moins empresses a flat- 
ter les gouts de leur beau-pere. C'est encore a I'epoque 
des etrennes que le premier offre les huit joyaux (3) men- 
tionncs avec son nom dans I'inventaire, ou le comte 
d'Armagnac figure quatre fois (4). N'oublions pas Char- 
les d'Artois, comte d'Eu, fils de Philippe d'Artois, con- 
netable de France, le deuxieme mari de Jeanne de 
Beny. Le due de Berry parait avoir temoigne a ce petit- 
fils une affection particuliere, justifiee par les qualites 
remarquables de ce prince. II lui laissa par testament 
une somme de 20,000 livres pour le paj^ement de sa 
rancon, apres qu'il eut ete fait prisonnier a Azincourt ; ce 
qui n'empecha pas le comte d'Eu de passer plus de vingt 
annees en captivite (5). D'autre part, le comte d'Artois 
ne laisse jamais passer la date du i*^'"" Janvier sans prou- 
ver a son aieul sa deference et son affection. Plusieurs 
articles temoignent de ses sentiments (6). 
. ^P°"f ,'r Parmi les nombreux presents, — nous n'en comntons 

de Charles 17. ^ ' ^ 

pas moins dc quinze consistant en picrres precieuses ou 



(i) Art. io3, 33o, 807, 1 126, 1 134, 12 1 3. 

(2) Art. 321, 417, 664, 671. 

(3) Art. 68, 324, 389, 395, 606, 689, 1 169. 1209. 

(4) Art. 72, 687, 691, 223. 

(5) Le P. Anselme (tome I, p. 390) cxpliquc ainsi la cause dc ccttc 
longue detention : « Le roy d'Angleterre Henry V avait une telle opinion 
« de sa valeuret de son courage qu'en mourant au chateau de Vincennes, 
« en 1422, il ordonna que ce prince ne fut dclivrc jusqu'a ce que le 
« jcune Henry, son tils, \'I= du nom, eut I'age necessaire pour gouverner 
« sesEtatsjde sorle qu'il y demeura vingt-trois ans et ne fut mis en 
« liberie qu'en 1438, en echange du comte de Somerset, prisonnier du 
due de Bourbon. » Le comte d'Eu etait ne vers 1394. 

(6) Art, 35 1, 602, 611, 693, 1 161, 1 189. 



INTRODUCTION XXXIX 

en manuscrits (i), — que le Due recut de son neveu, le 
roi Charles VI, il en est un qui merite une mention 
speciale. C'est le rubis balai pay6 dix-huit mille ecus 
d'or et mentionne sous le n'' 36(). La somme etait consi- 
derable, meme pour le tresor royal. Aussi Robinet 
d'Etampes prend-il soin de noter qu'elle representait 
les etrennes des trois annees i-|02, 1408 el 1404. Encore 
le Roi ne paya-t-il pas tout le prixde cette pierre exception- 
nelle, une des plus belles, sans contredit, de la collection. 
Charles VI donna quatorze mille livres; le surplus fut 
acquitte par le due de Berry. Le detail n'est-il pas pi- 
quant? La note inscrite en marge de I'article nous fait 
savoir que ce rubis merveilleux, enchasse dans une croix 
ornee de pierres du plus grand prix, fit retour au roi de 
France en vertu du don fait par le due de Berry peu de 
jours avant sa mort. 

Parmi les donateurs les plus genereux, les deux dues ^^^^ ^^^,^ ^^^^^ 
de Bourgogne tiennent naturellement le premier rang. ^-^ ^onrgogne. 
Les extraits des comptes de Dijon, publics par M. Petit, 
viennent utilement, a ce sujet, completer les inven- 
taires. Les comptes de Philippe le Hardi, reproduits 
dans les Additions de notre deuxieme volume, enume- 
rent, annee par annee, la nature et souvent la valeur des 
presents oficrts au due de Berry a I'occasion du i"' Jan- 
vier, de 1887 ^ 1403. La publication que prepare M. Ber- 
nard Prost sur les comptes des dues de Bourgogne nous 
apportera de nouvelles lumieres sur ce point. Deja, 
grace a M. Petit, nous pouvons constater avec quelle rapi- 
dite les joyaux precieux sortaient des collections ou ils 
venaient d'entrer. Certaines images d'or offertes au due 
de Berry en iSgS ou meme les annees suivantes ne font 
deja plus partie de son tresor lors de la redaction de I'in- 
ventaire de 1401. 

(i) Art. 366, 3S4, 392, 439, 454, 476, 607, 608, gio, 904, 941, 946, 1 188 
1241, 1247. 



INTRODUCTION 



L'inventairc de 1413 complete les indications fournies 
par les textes publies dc M. Petit. Des picrres de grand 
prix, rubis et saphirs, ont ete donnees au due de Berr}^ 
par son frere de Bourgogne. Notre prince, qui semble 
avoir eu la manie de baptiser de noms caracteristiques 
non seulement les animaux preferes de sa menagerie, 
mais encore les objets inanimes d'une haute valeur, 
prend plaisir a designer deux rubis exceptionnels qu'il 
tenait de son frere, I'un par le sobriquet de Bonhomme [i), 
I'autre sous le nom de Coeiir de France (2). Puis, ce sont 
des saphirs (3), notamment \q. grand saphir dc Bourgo- 
gne. Signalons enfin un manuscrit enrichi de belles en- 
luminures (4). Parmi les cinq presents oflerts par Jean 
sans Peur a son oncle (5), il }' a lieu de remarquer la petite 
croix d'or ornee d'un fermaillet, representant un rabot (6), 
cet attribut fameux du terrible due, dont les comptes de 
Bourgogne nous ont conserve une bicn curieuse descrip- 
tion (7). Faut-il admettre, avec un ecrivain contemporain, 
que le rabot etait d'invention rccente en 1400, et expli- 
quer par la le choix singulier de Jean sans Peur? Nous 
laissons aux archeologues le soin de decider la question. 

Le frere cadet de Jean sans Peur, devenu due de 
Nevers apres la mort de Philippe le Hardi, et le comte 
de Charolais, fils aine du due Jean, figurent aussi sur 
la liste des donateurs (8). Ce sont generalement des 
anneaux d'or enrichis de pierres precieuses qui font les 
frais de ces cadeaux. 



(i) Art. 340. 

(2) Art. 35o. 

(3) Art. 369, 377. 

(4) Art. 933. 

(5) Art. 10, 391, 83 I, ioo5, i i4<S. 

(6) Art. 10. 

(7) Voy. notrc tome I, p. i3, note 3. 

(8) Pour Ic comtc dc Nevers, voycz les art. 3N8, 393 et 457; pour Ic 
comte de Charolais, le n° 356; pour la comtcssc de Charolais, Ic n" 461, 



INTRODUCTION XL! 

Les allies du due de Berr}^ dans sa luttc contrc Dons d-Y!<c7beau 
la maison de Boursosne, i ai nomme la reine Ysabeau ct du 

o '-J ' ^ clue d'Orlcans. 

dc Bavierc et Ic due d'Orleans, ne pouvaient man- 
quer de compter parmi les personnages empresses a 
flatter les gouts de Tillustre amateur. Aussi le nom 
de la reine revient-il huit ou neuf fois dans Tlnven- 
taire (i), tandis que celui du due d'Orleans reparait 
dans quatre articles (2). Les presents d'Ysabeau de 
Baviere sont generalement, le detail vaut la peine d'etre 
note, assez modestes ; ils consistent en gobelets, en 
vases de eristal ou de jaspe. A peine le due de Berry 
les a-t-il en sa possession, qu'il les enriehit de belles 
montures d'or, emaillees a ses armes (3). Parmi les 
eadeaux du due d'Orleans, on remarque un Breviaire 
manuscrit dont I'histoire ne laisse pas que d'etre pi- 
quante. Donne par le due de Berry a son neveu, ce livre 
se retrouve dans la succession de la duchesse d'Orleans 
lors de sa mort, et le due de Berry s'empresse sans ver- 
gogne de le reclamer et de se le faire rendre. 
Nous sommes loin d'avoir epuise la liste des parents Dons dc divers 

. ^. parents et allies 

du due Jean qui figurcnt dans 1 Inventaire. Signalons 
encore le roi et la reine de Sicile, heritiers des pretentions 
du due d'Anjou. Quelques-uns de leurs presents (4) 
offrent un interet exeeptionnel : d'abord les deux dia- 
mants tallies en forme d'E et de V, ces deux initiales 
mysterieuses traces sur nombre de volumes manuscrits 
de la librairie ducale et dont on n'est pas encore parvenu 
a determiner le sens; puis les Heures manuscrites sur 
lesquelles le roi Jean avait appris a lire, veritable relique 
de famille que le due de Berry s'empressait d'orner de 
riches fermoirs en or. 



(i) Art. 36 1 ct 455, 462, 8og, 810,811,812, 8i3, 823. 

(2) Art. 3 14, 352, 947, 965. 

(3) Voy. les art. 809 a 8i3. 

(4) Art, 164, 3S7, 442, 443, (376, 686, 968. 



INTRODLXTION 



La nombreuse famillc du due dc Berry compte bien 
d'autres donatcurs : d'abord, sa bru,cette Anne de Bour- 
bon qui epousa successivement Jean de Berry, comte de 
Montpensier, puis Louis III, due de Baviere, frere de 
la reinc de France. La comtesse de Montpensier est citee 
a trois reprises (i). Son second mari, lui aussi, ne cesse 
d'entretenir avec le due de Berry jusqu'au dernier jour, 
les plus cordiales relations (2). 

Puis, c'est le fils du due de Bourbon, le comte de Cler- 
mont, qui cherche a gagner les bonnes graces de son 
grand-pere en lui offrant un rcliquaire et un diamant de 
prix (3). 

Les fils de Charles le Mauvais ne sont pas les der- 
niers a faire leur cour a leur oncle de Berry. Parmi les 
presents de Charles le Noble, fils aine et sueeesseur 
du roi de Navarre (4), on remarque une corne d'uni- 
corne ou de narval, objet fort recherche au moyen age, 
moins encore a cause de sa rarete qu'en raison de la 
vertu attribute a cette matiere de reveler la presence 
ou de neutraliser les effets du poison. Pierre de Na- 
varre, frere de Charles le Noble, ne se montre qu'une 
fois sur la liste des donateurs (5); mais sa femme, Ca- 
therine d'Alencon , remariee en secondes noces avec 
Louis de Baviere, veuf lui-meme de la belle-fille du due 
de Berry, ne cesse d'entourer son oncle par alliance de 
soins et de prevenances. Deux manuscrits et deux joyaux 
d'or en fournissent la preuve (6). 

Dans les dernieres annees de sa longue earriere, 



(i) Art. 316,674, 827. 

(2) Les articles de I'lnvcntaire provcnant du due dc Baviere sont 
inscrits sous les n'^ 459, 1208 ct 12 38. 

(3) Art. 1 125, 1 196. 

(4) Art. 100, 162, 309,413, 469, 470, 598, 399,68?. 

(5) Art. 390. 

(6) Art. 998, 999, 1 108, 1109. 



INTRODUCTION 



le due Jean, considcrc commc Ic patriarche dc la 
famillc, est accablc d'attentions de toutes sortes par ses 
nombrcux petits-cnfants et petits-neveux. Signalons rapi- 
dcment Ics presents offerts, le plus souvent a la date du 
i" Janvier, par le due et la duchesse de Guienne (i), fils 
et bru du roi Charles VI, et par le comte de Ponthieu (2), 
frere du precedent, par les deux fils du due Louis d'Or- 
leans, Charles d'Orleans (3), et le comte de Vertus (4), 
par la comtesse de Nevers (5), fille du comte d'Eu et 
arriere petite-fiUe du due de Berry, enfin par le comte 
d'Alencon (6), le comte et la comtesse de la Marche (7). 
Non content d'avoir fait hommagc a son grand-oncle 
de pierres renommees, telles que Riibis de Guienne (8) et 
le Balaf de la Chasteigne (9), le due de Guienne lui 
leguait en mourant quelques-uns de ses joyaux les plus 
precieux, deux tableaux d'or de travail italien ou orien- 
tal (10), deux magnifiques perles, la grosse Perle de 
Berry et la grosse Perle de Ncwarre (11) et un manu- 
scrit riehement enlumine (12). Ces deux perles furent 
evaluces, dans I'inventaire apres deces, la premiere qua- 
tre mille livres et I'autre deux mille. Or, on I'a deja 
constate, ces estimations devaient etre bien infericures 
a la valeurreelle des jo3'aux. 

Les grands offieiers du royaume, les membres du oonsdes^n-ands 
clerge, les chefs de 1 armee, les personnages remplissant du royaume. 
de hautes fonetions administratives ou judiciaires se 
disputaient a Tenvi les bonnes graces de I'oncle du 
Roi. Nul mo3'en n'etait plus sur pour parvenir a 



(i) Art. 453 , 456, 972, 973, 1006, (7) La comtesse olTrit les a"' 78 

1 1 52, 1 1 63, 1 182. et683 ; le comte le n^ 1 190. 

(2) Art. I 1 36. (8) Art. 11 52. 

(3) Art. ii5i. (9) Art. 1 1 63. 

(4) Art 1 149. (10) Art. I io5, 1 106. 

(5) Art. 1 135, 1 183. (i i) Art. 1200, 1201. 

(6) Art. -3, 102. (12) Art. i2 5o. 



XLIV INTRODUCTION 

cc but que dc flatter ses gouts bien connus. On le 
savait et on agissait en consequence. Aussi rencontre-t- 
on, parmi ceux qui contribuerent a augmenter les tresors 
de Bourges,tous les hauts dignitaires de I'Eglise, les sei- 
gneurs les plus marquants, les conseillers et les ministres 
du souverain. 

A cote du connetable d'Albret (i), du connetable de 
Saint-Pol (2), on rencontre leur predecesseur, le vaillant 
Louis de Sancerre (3). Nul doute que le present de ce der- 
nier ne fut particulierement sensible au coeur du due de 
Berry, En effet, c'est un diamant venant de sa mere- 
Voici maintenant des souvenirs du marechal Bouci- 
caut (4), le brave defenseur de Constantinople contre 
les Turcs, et de son compagnon d'aventures, le sieur 
de Chasteaumorant (5). Ces intrepides champions de 
la croix n'ont guere rapporte que la misere de leurs 
expeditions lointaines ; aussi leurs offrandes sont-elles 
des plus modestes. Elles consistent en fruits de TOrient, 
en antidotes contre le vcnin, en reliques trouvees 
a Constantinople avec inscriptions en caracteres grecs. 
Olivier de Clisson, on ne I'a pas oublie, paraissait 
sur le premier inventaire du Due. Notons encore I'ami- 
ral dc France, Jacques de Chatillon (6), ainsi que plu- 
sieurs pcrsonnages qui se succederent dans une des pre- 
mieres charges de la cour, celle de grand maitre de Thotel 
du Roi : en premier lieu, 1 'infortune Jean de Montaigu, 
seigneur de Marcoussis, vidame dc Laonnois, envoye au 
supplice en 1409 (7). En vain avait-il cherche a gagner 
par de riches presents la protection du due de Berry. 
Pierres de grande valeur, manuscrits precieux, tout cc 
qui pouvait rentrer dans les gouts d'un fervent connais- 

(i) Art. 448, 668. (3) Art. 9, loi, i33, iIh, i35. 

(2) Art. 74, 8o3. (6) Art. 71. 

(3) Art. 436. (7) Art. 353, 383, 478, 785, 818, 

(4) Art. 594. 948, 966,972, 975. 



INTRODUCTION XLV 



seur lui avait etc olTert. La dame de Montaigu s'etait 
associee aux largesses de son mari (i); ce qui n'eni- 
pecha pas Ic Due de faire son choix dans les tresors 
de I'infortune grand maitre apres son execution et de 
s'emparer avidement de I'objet de ses convoitises. II 
ordonna, toutcfois, par son testament, de rendre a la 
famille ces biens mal acquis (2). On verra comment les 
ministres de Charles VI eurent egard acette recomman- 
dation. Les successeurs de Jean de Montaigu dans la 
charge de grand maitre de Thotel, Guichart Dauphin, 
sieur de Jalligny (3), et monseigneur de Vend6me(4), ne 
se montrerent pas moins empresses a flatter la passion 
de I'oncle du Roi. 

On lit encore sur cette longue liste de donateurs 
les noms de Beraud , dauphin d'Auvergne (5), de 
Lhermitte de la Faye (6), chambellan du Roi et se- 
nechal de Beaucaire, de Philippe de Corbie (7), maitre 
d'hotel, fils du venerable Arnaud de Corbie, premier 
president du Parlement et chancelier de France, de 
Pierre de I'Esclat (8), maitre des requetes de I'hotel, de 
Gontier Col (9), notaireet conseiller du Roi, de Fruitier, 
dit Salmon (10), secretaire du Roi,de Robert Mauger(i i), 
nomme premier president du Parlement de Paris en 
1418, d'Olivier de Mauny (12), capitaine de Saint-Malo, 
puis bailli de Caen, du prevot de Paris, messire Guil- 
laume de Tignonville (i3) et de Raoul d'Auqueton- 
ville (14), ce felon chevalier normand qui trempa ses 
mains dans le sang du due d'Orleans. A tous ces noms 



(0 Art. 75, 670. (8) Art. ii33. 

(2) Voy. tome II, p. 3o2. (9) Art. 986. 

(3) Art. 394, 612, 1207. (10) Art. 964. 

(4) Art. 120, 322,684, 1 1 17, 1 119. (11) Art. 1242. 

(5) Art. 672, 682,825, 1246. (12) Art. 816. 

(6) Art. 693, 694. (i3) Art. 993, 996. 

(7) Art. 688, 974. (14) Art. 854. 



XLVI 



INTRODUCTION 



Donaleiirs 
clransrers. 



Donateurs 

ecclesiastiques. 



il faut encore ajouter ceux du sire de Thouars (i), du 
seigneur de la Croisette (2), de lacomtcsse de Mortain (3) 
et de la dame de Saint-Just (4). 

Les relations du due de Berry s'etendaient aux pays 
etrangers; aussi ne doit-on pas s'etonner de trouver 
parmi les personnages qui entretenaient avec lui des re- 
lations cordiales la reine d'Angleterre (5), fille de 
Charles le Mauvais et par consequent niece de Jean, 
le due d'York (6), Charlotte de Bourbon, reine de Chy- 
prc (7), la duchesse de Gueldre (8), le comte de Tri- 
poli (9), frereduroi deChypre,et jusqu'a desAllemands 
designes en termes tres vagues, comme une dame 
d'Allemagne (10), un chevalier d'Allemagne (11). Une 
habitante de la ville de Cologne, Catherine de Lizen- 
beke ou de Liskerke, avait envoye au Due, avant 1401, 
une serie de reliques qu'il s'empressa de dc'poser a la 
Sainte-Chapelle de Bourges (12). 

Les princes de I'Eglise contribuerent, plus que tons 
autres, a augmenter les collections de Bourges. Plusieurs 
articles de nos inventaires portent les armes du pape 
Clement VII avec qui le Due n'avait cesse d'entretenir 
des rapports amicaux. Les divers presents envoyes en 
Berry par le pape Jean XXII (i3), montrent que les 
bonnes relations du prince avec le Saint-Siege ne 
cesserent qu'avec sa vie. Les prelats francais s'em- 
pressent de suivre Texemple du chef de I'Eglise. Parmi 
ceux dont le nom revient le plus souvent sur I'lnven- 
taire, signalons deux des officiers de Tcntourage imme- 



(i) Art. 3o6. 

(2) Art. 317. 

(3) Art. 80. 

(4) Art. 600, 609. 

(5) Art. ii85. 

(6) Art. 1 1 28. 

(7) Art. 76, I i3i, 1 137. 



(8) Art. 1 181. 

(9) Art. I 1 55. 
(lo)Art. i36. 

(11) Art. 822. 

(12) Inv. B. art. 317. 

(1 3) Art. 447, 83o, 11 39. 



INTRODUCTION XLVII 

diat du prince : d'abord, son ancien tresorier general, 
Martin Gouge deCharpaignes, eveque de Chartres, puis 
de Clermont, ensuite Guillaume Boisratier, archeveque 
de Bourges, un des conseillers les plus ecoutes du Due 
dans les dernieres annees de sa vie. Ces deux prelats ne 
laissent pas echapper une occasion de lui temoigner leur 
attachement. Soit au i" Janvier, soit en d'autres circons- 
tances, Martin Gouge n'offre pas moins de dix-sept 
joyaux ou manuscrits (i). Au nombre de ces objets, on 
remarque une aiguiere d'or avec une inscription rap- 
pelant qu'elle avait appartenu au roi saint Louis ; peut- 
etre, I'eveque avait-il enleve cette precieuse relique du 
tresor de son eglise, sachant qu'elle serait particuliere- 
ment agreable a son protecteur. En effet, c'est peu de 
temps apres sa nomination au siege de Chartres que 
Martin Gouge enrichissait de cette venerable aiguiere les 
collections ducales. Le i" Janvier 141 6, Martin Gouge 
s'associe avec Guillaume Boisratier pour faire present 
c^ son maitre d'une paix d'or (2). Le nom de I'arche- 
veque de Bourges figure encore a six reprises parmi 
ceux des donateurs (3). 

Si ces deux prelats se montrent parmi les plus em- 
presses a se rappeler en toute circonstance au souvenir 
de leur maitre, les autres dignitaires ecclesiastiques sui- 
vent a I'envi leur exemple. C'est Jean et Gerard de 
Montaigu, les freres de I'infortune grand maitre de 
I'hotel du Roi ; le premier etait archeveque de Sens (4), 
le second fut eveque de Poitiers, puis de Paris (5) ; Pierre 
de Savois}', eveque de Beauvais ((5) ; Simond de Cramand, 

(i) Art. 193, 3ii, (366,677, "^06, 808, 814, 8i5, S32, 936, 937,969, 
993, iiio, 1121, 1122, 1124. 

(2) Art. 1 122. 

(3) Art. 938, 944, 967, 1 120, 1 170, 12 19. 

(4) Art. 992. 

(5) Art. 443, 667. 

(6) Art. 673. 



INTRODUCTION 



patriarchc d'Alexandrie, archevcquc dc Reims (i); Pierre 
Neveu, eveque de Lavaur, puis d'Alby, qui scrvit d'in- 
termediaire a diverses reprises entre le pape et le due 
Jean (2); le cardinal d'Armagnac,archeveque d'Auch (3); 
Gerard du Puy, eveque de Saint-Flour (4) ; Michel 
Leboeuf, eveque de Lodeve (5); Leger d'Eyragues, 
eveque de Gap (6); Hugues de Magnac, eveque de 
Limoges (7) ; enfin Louis, cardinal de Bar, eveque de 
Chalons (8). 

Bien d'autres personnages appartenant au mondc reli- 
gieux viennent grossir la foule des courtisans du pou- 
voir. Nous trouvons ca et la les noms de Philibert de 
Naillac, grand maitre de Rhodes (9), du cardinal de 
Pise(io), de Raymond de Lescure, grand prieurde Tou- 
louse (i i), de I'abbe de Saint-Guillaume (i2),de Jacques 
Legrand, religieux Augustin (i3), fameux predicateur, 
tout devoue au parti d'Armagnac ; d'Asselyn Roine, 
tresorier de Saint-Hilaire de Poitiers, confesseur du 
Due (14); de I'abbe de Deols (i5) et de I'abbe de Bru- 
ges (16). 

Les chapitres des eglises ne se montraient pas moins 
empresses a condescendre aux caprices du prince dont 
ils avaient besoin de se menager la protection. Ainsi, les 
chanoines de Teglise de Chartres offrent un tableau d'or 
avec un fragment du bois de la vraie croix(i7); cette 
relique fit retour au chapitre apres la mort du due de 
Berry. Les memes font encore don d'un gros diamant, 

(i) Art. 678. (10) Art. 12 lo. 

(2) Art. 811, 812, 11G2. (II) Art. 819, 820, 821, 842. 

(3) Art. 67, 669. (12) Art. 95. 

(4) Art. 950, 976. (i3) Art. 991. 

(5) Art. 1 129. (14) Art. 680. 

(6) Art. 1240. (i5) Art. 824. 

(7) Art. 94. (16) Art. 935. 

(8) Art. 1248. (17) Art. 69. 

(9) Art. 1 3, 334, 692. 



INTRODUCTION XLIX 

dit \q Diamant de Char/res (i), qui ne rcsta pas long- 
temps dans le tresor de Bourges. 

II est au moins douteux que les gardiens naturels du 
tresor de la Saintc-Chapelle de Paris eussent donne dc 
leur plein gre les reliques du sang du Christ et du lait 
de Notre Dame, que le Ducenferma dansunmagnifique 
tabernacle. L'inventaire contient a leur sujet ce precieux 
aveu : « prins en la Sainte-Chapelle du Palais a Paris (2) ». 
D'ou il est permis de conclure que nul moyen ne repu- 
gnait a I'ardent amateur quand ses convoitises rencon- 
traient quelque obstacle. 

Le chapitre de Bourges fit moins de difficultes II ne 
s'agissait, il est vrai, que d'un vase d'agathe (3). 

Robinet d'Etampes porte sur son registre tout ce qui 
se rencontre dans les coffres de son maitre, sans s'in- 
quieter outre mesure de la provenance et du veritable 
proprietaire. C'est ainsi qu'il inscrit parmi les livres de 
la librairie un manuscrit des Chroniques de France (4) 
prete par I'abbaye de Saint-Denis et que le due Jean 
avait demande pour le faire copier. Les religieux recla- 
merent leur bien en 1416 et se le firent restituer. 

II nous reste a parler d'une derniere classe de dona- oomoferts 

par les officiers 

teurs particulierement mteresses a se menager les bonnes du Due. 
dispositions du prince. Nous voulons parler des officiers 
de samaison, de ses serviteurs et des marchands en rela- 
tions d'affaires avec lui. Ce ne sont pas les articles les 
moins curieux de Tinventaire, et cela se concoit. Nous 
penetrons avec ces familiersde la petite cour de Bourges 
dans la vie intime du due Jean. Voici, par exemple, un 
« livre contrefait d'une piece de bois paincte en sem- 
blance d'un livre, ou il n'a nuls feuillets ne rien escript » 
offert par Pol de Limbourg et ses deux frcres (5). Ce 

(i) Art. 441. (4) Art. 1249. 

(2) Art. 1 1 1 1. (5) Art. 994. 

(3) Art. 663. 



INTRODUCTION 



present facetieux montre qu'on aimait a rire dans Ten- 
tourage du prince, et que lui-meme comprenait et goutait 
au besoin la plaisanterie. C'etait une espieglerie toleree 
chez des favoris, et, plus que tout autre, Pol de Lim- 
bourg pouvait fairc accepter de pareilles faceties. Son 
talent comme miniaturistc, sa reputation universelle- 
ment reconnue lui donnaientaupres d'un grand seigneur 
passionne pour les arts certaines libertes que nul autre 
ne se fut permises. Aussi, parait-il probable que la farce 
du « livre contrefait d'une piece de bois », amusa fort 
le bon due de Berr}'. 

Si Pol de Limbourg est reellement, comme I'admet 
M. Delisle avec toute vraisemblance, I'auteur des grandes 
miniatures decorant le calendrier du superbe livre 
d'Heures de Chantilly, il merite une place parmi les 
plus grands artistes du mo3^en age ; ces peintures exqui- 
ses peuvent en effet soutenir la comparaison avec les 
chefs-d'ceuvre les plus vantes d'Andre Beauneveu et de 
Jean Fouquet. 

Le present du livre figure est de I'annee 1410. Or, 
un nouveau venu ne se serait guere laisse aller a une 
pareille licence. Pol de Limbourg serait done reste une 
dizaine d'annees au moins au service de son Mecene. 
11 travailla probablement pour lui jusqu'a ses derniers 
moments ; car, le i'^'" Janvier 141 5, il faisait hommage a 
son protecteur d'une petite saliere d'agate, garnie d'or 
et de pierres (i). 

De Pol de Limbourg rapprochons le peintre Jean 
Grancher, dit Jean d'Orleans; celui-ci etait occupe vers 
la meme epoque par le due de Berry (2). Ce sont les seuls 
noms d'artistes cites dans I'lnventaire; les comptes et 
autres documents authentiques ont garde le souvenir de 



(i) Art. 12 I r. 

(2) Art. 328. 



INTRODL'CTION LI 

plusieurs autrcs pcintres du Due dont on parlcra plus 
loin. 

Les medccins ne pouvaicnt manqucr d'cxercer un 
certain empire sur un hommc age. Simon Allegret, le 
ph3-sicien ordinaire du Due, ne neglige aueune oeeasion 
de lui faire sa eour, et n'oublie pas surtout de se rap- 
peler a son souvenir lors du i'^'" Janvier (i). II ne sortait 
pas d'ailleurs de ses attributions quand il presentait, aux 
etrennes de 141 3, un livre de medecine traitant de la 
vertu des herbes et des betes (2). 

II eonvient de eiter eneore les presents d'Arnoul 
Belin (3), tresorier de la Sainte-Chapelle de Bourges, 
de Maee Heron (4), tresorier general du Due, de Jean 
Gouge (5), autre tresorier, mort avant 141 3, de Jean de 
la Barre (6), receveur general de toutes les finances en 
Languedoe et Guienne, dont le nom revient cinq fois dans 
le compte, — sa femme y figure aussi (7), — du garde 
des joyaux, Robinet d'Etampes (8) et de sa femme (9), de 
Jeanl'Archeveque (10), seigneur de Parthenay, senechal 
du Poitou, de Pierre Culon (11), receveur des aides en 
Berry, du chambellan Guillaume de Lodde (12), de Thi- 
baut Portier (i3), du sire d'Allegre (14), de Christophe 
de la Mer(i5), conseiller, puis tresorier general, de Guil- 
laume de Ruilly (16), controleur de la depense, des 
conseillers Guillaume de Champeaux (17) et Nicolas 
Viaut (18), de Thevenin de Montigny, valet de cham- 



(i) Art. 41S, ioo3, 1 167, 1243. (10) Art. 596, 597. 

(2) Art. ioo3. (11) Art. 11 72. 

(3) Art. 307, 333, 1244, 1245. (12) Art. 3i3, 679, 829, 833, 

(4) Art. 149,695, 1 1 38, 1 193. ii5o, 1212. 

(5) Art. 675. (1 3) Art. 386, 662, 804. 

(6) Art. 449,458, 940, 1 153, 1220. (14) Art. 3io, 1 127. 

(7) Art. 319. (i5) Art. 3i5, 648, 826. 
(S) Art. 3i2, 335, 451, 460, 997, (16) Art. 681. 

ii3o, 1 184, 1 195. (17) Art. 1 168. 

(9) Art. 332. (18) Art. 665. 



INTRODUCTION 



bre (i), enfin des secretaires Pierre de Gynes (2), Michel 
Le Beuf, Erart Moriset, Jean de Cande, Regnier dc 
Boulegny ct Oudart de la Barre (3). Toute la maison 
officielle, dont nous possedons I'etat complet a la date 
de 1 41 6 dans le manuscrit de Sainte-Genevieve, figure 
sur cette liste, sans compter un certain nombre d'indi- 
vidus dont les fonctions ne sont pas specifiees, lis se 
nomment Geoffroy Robin (4), Jamet de Nesson (5), 
Gauchier de Passac (6), Jean Dompne (7), Guillaume 
Lurin (8), Geoffroy de Damart (9), Jacques Couran (10), 
Guy de la Roche (11), Jehannin Henon (12), Bureau 
de Dammartin (i3), Pannier (14), Poulain (i5), Raymond 
Christofle (16). 

L'examen de certains articles de cette longue liste, si 
nous avions le loisir de I'entreprendre, donnerait lieu a 
des remarques piquantes. Ainsi, les secretaires du Due 
qui se reunissent au moment des etrennes pour offrir 
coUectivemcnt un present de plus grande valeur, restent 
dans la sphere de leurs attributions quand ils font hom- 
mage d'un encrier d'argent (i7),ou encore d'une table k 
jeu (18). 
Dons offcrts par Daus fenumeration qui precede figuraient les femmes 
lesjemmes. ^^ j^^^ ^^ ^^ g.^j,j.^ ^^ ^^ Robiuet d'Etauipes. A celles- 

la il faut joindre un certain nombre d'autres noms, 
telles que les femmes de Francois de Neisly (19), de 



( I ; Art. 1 1 54, 1 1 87, II 94. ( I o) Art. 9 1 1 , 942 . 

(2) Art. 1 1 18. (11) Art. 1191. 

(3) Art. 79, 3i8, 323, 329, 33i. (12) Art. 192. 
939, 1140. (1 3) Art. 834. 

(4^ Art. 8o5, 951. (14) Art. 610. 

(5) Art. 1 1 59. (i5) Art. 6o5. 

(6) Art. 326. (16) Art. 320. 414. 

(7) Art. 385. (i7)Art. 323, 1140. 

(8) Art. 444, 446. (18) Art. 33 1. 

(9) Art. 595. (19) Art- "8(3. 



INTRODUCTION LIII 



David de Brimeu (i), de Pierre le Biernois (2), et de 
Regnier de BouUegny (3), le secretaire du prince. 

On doit une mention particuliere a une personne j/ji'/^'^^^^'l^i 
illustre dans les lettres, dont les relations avec Ic due ^••■^ «"]^';;^f ^ "« 
de Berry sont attestees par les articles de nos inven- 
taires. Sur sept manuscrits presentes par Christine de 
Pisan (4)^ quatre ou cinq contenaient diverses oeuvres 
d'elle. On salt que la femme poete dedia la plupart 
de ses ouvrages soit au due de Berry soit au due de 
Bourgogne. C'etait une maniere indirecte de solliciter 
la protection et les liberalites de ces princes riches et 
magnifiques. 

II ne reste plus guere a signaler que les marchands ^^^^ „STcL«is. 
genois, venitiens ou florentins qui, en offrant a leur 
noble client quelques objets curieux, savaient bien que 
leurs depenses constituaient un excellent placement. Ces 
marchands se nomment Janus de Grimault (5), Constan- 
tin de Nicolas (6), Loys Gradenigo, de Venise (7), Baude 
de Guy (8), Nicolas Pigace (9). Tons font partie des 
notables commercants installes a Paris; leurs noms se 
retrouvent frequemment dans les documents de I'epo- 
que. Quelquefois, ils jouent le simple role d'interme- 
diaires. C'est ainsi que Constantin de Nicolas apporte 
a Bourges le corps d'un Innocent dans un petit coffret 
de la part du doge de Venise (10), et qu'on voit Andre 
Raponde remettre, en juin iqiijUn anneau d'or orne 
d'un petit rubis, oftert par la ville d'Avignon (11). Toute- 
fois, si ces marchands paraissent de temps en temps 

(i) Art. i25i. C'est le dernier ar- (5) Art. 70. 

ticlede I'lnventaire. Le manuscrit (6) Art. 327, 1192. 

inscrit sous ce numero fut ofFcrt le (7) Art. 357. 

I" Janvier 1416. (8) Art. 41 5, 437, 450, 392. 

(2) Art. 247. (9) Art. 438. 

(3) Art. 601. (10) Art. i38. 

(4) Art. 932, 943, 949, 952,977' ('0 Art. 355. 
1004, 1239. 



LIV INTRODUCTION 



parnii les donatcurs, leurs noms revicnncnt bien plus 
souvent dans le chapitre des achats. 

Quel que fut le soin de Robinet d'Etampes a se rensei- 
gner et a tenir bonne note de la provenance des objets 
confies a sa garde, il en est un certain nombre sur 
lesquels il n'a pu recueillir que des indications vagues 
ou incompletes. L'ignorance du garde des jo^vaux s'expli- 
que du reste par la valeur insignifiante de ces presents, 
oflferts sans doute par quelque officier subalterne. D'ail- 
leurs, le nombre de ces dons anon3'mes est assez res- 
treint, puisqu'on n'en compte que sept en tout (i). 

Les trois cent cinquante-six objets de toute nature 
que de nombreux donateurs avaient fait entrer dans 
les collections du due de Berry en I'espace d'une 
quinzaine d'annees ont leur contre-partie dans les pre- 
sents que le prince etait oblige d'offrir aux person- 
nes de sa famille et de son entourage. Les etats successifs 
du tresor de Bourges, si differents les uns des autres, 
donnent une idee de la rapidite avec laquelle se for- 
maient et se dispersaient alors les collections les plus pre- 
cieuses. Nul document n'est plus significatif a cet egard 
que le compte de Robinet d'Etampes, car nous ne con- 
naissons aucun inventaire contenant des indications 
aussi minutieuses sur I'origine de chaque article et sur 
son sort ulterieur apres la mort du proprietaire. Ces 
additions ajoutent done aux descriptions detaillees de 
chaque jo3'au et de chaque manuscrit un prix inestima- 
ble. Combien il est regrettable que nous ne soyons pas 
renseignes d'une facon aussi precise sur les collections 
du roi Charles V ! 

L'inventaire de 1401 est, a ce point de vue, bien 
inferieur au compte de 141 3. C'est a peine s'il nous 
apprend I'origine d'une trentaine d'articles provenant 



(i) Art. 194, 32 5, 336, 416, 440, Sgi, Go3. 



INTRODUCTION 



de hauls personnages ou de familiers du Due, dont on a 
dejii presente ci-dcssus une enumeration complete (i). 



(i) Voy. plus haut, pages xxxvi ct xxxvii. 

Pour en finir avec cettc question, nous avons dress6 une liste par 
annee de tous les articles de I'lnventaire de 141 3 provenant de dons, en 
ayant soin de distinguer par une asterisque ceux qui ne furent pas 
offerts b. I'occasion des etrcnnes. 

1401 : Un seul article : 436. Les autres dons de 1401 tiguraient dcja 
sur le premier inventaire. 

1402 : Dix-huit articles, dont sept aux ctrenncs (67, *Joi, *i33, 
*i34, *i35, 3o6, 307, 366 (i), 384, *385, *437, 591, *592, *595, *662, 
*663. *675, 8o3) et deux manuscrits (911, *9i2). 

1403 : Sept articles, dont cinq aux ctrennes (68, 120, *i92, 386, 
*438, 664, 8o5) et six manuscrits (*932, *933, *934, *935, *936, *937). 

1404 : Quatorze articles^ dont quatre aux etrennes (g5, *3o8, *3og 
*3io, *3ii, *35o, *4i3, *476, *593, *594, 665, 666, *667, 674) ct six 
manuscrits (938, 939, *940, *94i, *942, *952). 

1405 : Seize articles, dont huit aux etrennes (79, *ioo, *i62,3i2, 3i3, 
3 1 5, *439, *596, *597, *598, *599, 668, 669, *67o, 690, 804) et deux 
manuscrits (943, *944). 

1406 : Seize articles, dont treizc aux etrennes (*69;, 94, 164, 3i6j 317, 
3 18, 319, *320, 387, 414, 600, 607, 671, 672, 673, *677), et deux manu- 
scrits (gbo, gbi). 

1407 : Douze articles, dont neuf aux etrennes (32i, 322, 323, 601, 
676, 678, 679, 687, 816, *8i9, *82o, *82i), et quatre manuscrits (*965, 
*966, *967, *968). 

1408: Tente-un articles dont dix-huit aux ctrennes (70, *yi, 102, 324, 
*328, 388, 389, 390, 415, 416, 442, *469, 602, 6o3, 604, *6o5, 680, 681, 
682, 683, *8o7, 808, *8o9, *8io, *8ii, *8i2, *8i3, *8i4, *8i5, *823, 
842), et deux manuscrits (969, 970). 

1409: Douze articles, dont sept aux ctrennes (12, *i9i, *i93, 329, 
391, 392, 444, 470,606, *684, *685, *688;, et trois manuscrits (*9734 

1410 : Vingt-un articles, dont dix-scpt aux etrennes (i3, 72, 73, 74, 
75, 76, 187, 194, 33o, 33i, *334, 35i, 393, 394, 446, *447,6io, 686, 689, 
*692, *83o), et quatre manuscrits (976, 977, *99i, *992). 

141 1 : Treize articles, dont douze aux etrennes (78, 149, 332, 333, 
354, 355, 417, 448, 449, 45o, 45i, *452, 829), ct deux manuscrits (993, 
994)- 

141 2 : Six articles, dont cinq aux ctrennes (335, 358, 395, 418, *453, 
693), et cinq manuscrits (*995, *996, *998, *999, *ioo6). 

(i) Ce balai qui couta 18000 ecus d'or devait compter pour les etrennes de trois 
anne'es (1402-140^). 



1402 a 1416. 



LVI INTRODUCTION 

Achats En poursuivant I'examen des origines dc la collec- 

dc tion, on remarque que, pendant la periode de quinze 

annees s'etendant de 1402 a 1416, le total des acquisi- 
tions s'eleve a cent dix-neuf articles ; soit, en tout, environ 
quatre cent quatre-vingts objets de toute nature venant 
remplacer les jo3^aux ou manuscrits du premier inven- 
taire, livres a la Sainte-Chapelle de Bourgcs ou sortis 
du tresor pour divers motifs. Le surplus avait etc inscrit 
deja sur I'inventaire de 1402. 

Ainsi, plus d'un tiers des articles enumeres dans le 
compte de Robinet d'Etampes fut acquis en moins 
d'une quinzaine d'annees. Pendant ce temps, un nombre 
a peu pres egal de joyaux ou de manuscrits etait sorti du 
tresor. Tous ces changements sont soigneusement rele- 
ves par les gardiens responsables de ces richesses. II ne 
faut pas oublier que quantite d'objets d'une reelle 
valeur ne furentpasconsignessurles inventairesque nous 
possedons, ainsi que le prouve la liste des presents 

141 3 : Vingt-six articles, dont vingt-un aux etrennes (80, io3, 356, 
357, 454, 455, 456, 457, 458, 459, 460, 461, 61 1, 612, 694,695, 696, 83i, 
832, 833, 834, *ii28, *ii48, *ii8i, *i209, *i2i9), et quatre manuscrits 
(ioo3, 1004, ioo5, *i24i). 

1414 : Vingt-un articles, dont seize aux etrennes (1108, 11 17, 11 18, 
1125, 1126, 1127, *ii29, 1149, ii5o, *ii52, 1161, 1167, *ii70, 1182, 
ii83, 1184, *ii85, *ii88, 1207, 1223, 1224), et quatre manuscrits (1 238, 

1239, 1240, *I242). 

141 5 : Trente articles, dont vingt-cinq aux etrennes (i 109, 11 10, 11 19, 
1 120, 1 121, I i3o, 1 1 33, ii34, ii35, *ii3g, 1 140, i i5i, 1 153, 1 162, 1 163, 
1 168, 1 169, *i 171, 1 172, *ii86, *ii87, 1 189, 1 190, 1 191, 1 192, * 1 193, 
1208, 1 2 10, 121 1, 12 1 2), et deux manuscrits (1243, 1244). 

1416 : Dix articles, dont neuf aux etrennes (i 122, ii3i, ii36, 1137, 
ii38, *ii55, 1 194, 1 195, i2i3, 1220), et quatre manuscrits (1245, 
*i246, *i247, i25i). 

Soit, en tout, trois cent sept cadeaux d'ctrcnncs, tant joyaux que ma- 
nuscrits. Le nombre des livres offerts au due dc Berry s'eleve au chif- 
fre dc cinquante-trois. Le total de cettc listc chronologique ne corres- 
pond pas cxactement a celui des dons re^us par le due dc Berry; ccla 
vient de ce qu'un certain nombre d'objets prescntes a des dates indeter- 
minees n'y figurcnt pas. 



INTRODUCTION LVII 

offerts par Ic due dc Bourgogne lors du nouvcl an. On ne 
connaitra done jamais exactemcnt la quantite et la nature 
de routes les richesses possedees par le due de Berry 
pendant le eours de sa longue existenee. II est egale- 
ment impossible de dresser un etat eomplet de ee tresor 
soumis a des modifieations quasi quotidiennes. C'est 
un eote de la question qu'il importe de ne jamais perdre 
de vue. 

Independamment des dons et des aehats, le due de 
Berry renouvelait ineessamment ses joyaux par des 
eommandes a ses orfevres attitrcs. Comme la realisa- 
tion de pareils eaprieesetait fort onereuse, on employait 
a la fabrieation des nouveaux ehefs-d'oeuvre la matiere 
des objets tombes en defaveur. Robinet d'Etampes a 
consacre plusieurs artieles (i), dans le ehapitre des 
pierres preeieuses, al'enumeration des rubis,des saphirs, 
des diamants, ete., provenant d'images et de tableaux 
d'art, de portepaix et autres objets detruits sur les ordres 
de son maitre. 

Apres avoir note avee tant de sollicitude la provenanee 
des tresors eonfies a ses soins, le serupuleux Robinet 
. d'Etampes n'avait garde d'omettre la mention de ee 
qui sortait de ses mains pour un motif queleonque. II 
inserivait en marge de son registre, avee une ponetualite 
rigoureuse, les dates et les eireonstanees de ees aliena- 
tions ; e'etait pour lui le seul moyen d'eviter de gra- 
ves responsabilites. Ces notes marginales, reproduites iei 
en petit texte a la suite de ehaque artiele, nous font eon- 
naitre tous les objets de la eolleetion donnes ou engages 
par le due de Berry depuis 1402, date de la remise des 
joyaux a Robinet d'Etampes, jusqu'en 1416. 

II resulte de ees annotations que deux eent trente-un Dons fans 
articles, portes sur I'lnventaire de 141 3, furent ofterts a due dc Berry. 



(i) Inv. A, art. 359, 36i, SGy, 397, 46: 



INTRODLXTION 



diffcrcnts personnages du vivant du due de Berry. Sin- 
ce nombre, trois seulement sont attribues a des servi- 
teurs du prince dont le nom n'est pas mentionne (i). 
Le garde des joyaux avoue en outre la perte de douze 
numeros (2), en relatant soigneusement les circon- 
stances de nature a couvrir sa responsabilite. Au sur- 
plus, les articles ainsi disparus sont generalement de 
minime valeur. Robinet d'Etampes declare aussi qu'un 
objetavait ete vole (3). C'cst un des deux encriers d'ar- 
gent offerts par les secretaires. II avait ete derobe au 
■chateau de Nesle, dans le bureau meme du prince. Rap- 
pelons encore que deux des articles inscrits sur I'inven- 
taire, le reliquaire contenant un morceau du bois de la 
vraic croix et le manuscrit des Chroniques de France, 
n'appartenaient pas au due de Berry. lis avaient ete pre- 
tes par les chapitres de Chartres et de Saint-Denis qui 
les reclamerent des que I'occasion s'offrit de les recou- 
vrer. Les 12b i numeros de I'inventaire A se trouvent 
ainsi reduits, par suite de dons, de pertes, de vols ou de 
restitutions, a un millier d'articles, auxquels il convient 
d'ajouter les tapisseries, le linge, les ornements d'eglise, 
les vetements, toutes choses dont Robinet d'Etampes 
n'avait pas a s'inquieter. 

Sans entrer dans I'examen minutieux des libera- 
lites qui diminuerent, comme on vient de le dire, le 
tresor de Bourges, nous allons dresser une nomenclature 
succincte des personnages qui recurent ces dons, en 
insistant sur les particularites dignes d'attention. Ainsi, 
des quinze articles (4) abandonnes en tout ou en partie 



(i) Art. 444, 496, (33 1. 

(2) Art. 64, 704, 797, 833, 844, 847, 848, 849, 1027, iu5o, 10.-) i, 
1221. 

(3) Art. 323. 

(4) Art. 162, 339, 359, 36o, 363, 364, 366, 371, 392,429, 449, 4()7, 

776, 1 160, 1 163. 



INTRODUCTION 



au roi Charles VI, le plus grand nombre (i) est relatif Dons au 

V , « J 1 ^ I ■ r roi Charles VI. 

a des gemmes ou a des perlcs ornant la magninquc 
croix offerte au Roi par le Ducpeu de jours avant sa mort. 
II est frequemment question de cette croix, nomniee 
pulchevrima crux, dans le compte de Robinet d'Etampes; 
mais on y chercherait vainement une description quel- 
que peu detaillee de ce joyau exceptionnel. Heureuse- 
ment, un manuscrit, deja mentionne plus haut, nous a 
conserve I'enumeration (2) des emaux et des nombreuses 
pierres qui le decoraient ; dans le nombre se retrouve 
le gros balai paye a Janus de Grimault, en 1408 (3), 
seize mille ecus d'or. D'apres ce manuscrit, I'execution 
de la croix aurait ete confiee a Herman Rainsse, un des 
plus habiles orfevres parisiens, et il semble bien resul- 
ter de la description que les pierres livrees au joaillier 
pour sa decoration n'etaient pas encore mises en 
oeuvre lors de la mort du due de Berry. Si nous con- 
naissons ces particularites, c'est seulement par suite de 
cette circonstance que la croix fut detruite quelques 
semaines a peine apres la mort de celui qui I'avait com- 
mandee. C'est, en effet, dans la liste des objets d'or et d'ar- 
gent envoyes a la Monnaie pour solder les troupes fran- 
caises que cette mention precieuse a ete conservee. 
Elle nous apprend que la croix, entouree de petits anges 
en relief, emailles de couleur bleue, pesait pres de cin- 
quante marcs, sc/it a peu pres douze kilogrammes d'or. 
On comprend que le due de Berry ait voulut rehausser 
cette piece unique avec les plus belles pierres de son 
tresor. 

II n'y a rien a dire de deux diamants pointus (4) 

(i) Douze articles sur quinze. Les trois autrcs sont les 11°'' 429,. 449, 

776. 

(2) Voyez tome II, p. 340. 

(3) Art. 162. 

(4) Art. 4i'9, 449. 



LX INTRODUCTION 

offcrts a Charles VI ; mais il convient de signaler ce 
hanap d'or d'ancienne facon (i) dont I'etrange deco- 
ration a paru au garde des joyaux meriter une des- 
cription minutieuse. On rencontre rarement dans les 
inventaires du temps une piece aussi singuliere. Quels 
sont ces personnages que le texte nomme Marcus Emi- 
lius, Sempronius Gallus, Celius Servilius, Publius Clau- 
dius, Lucius Cantulius, Lucius Simius? Sous leur desi- 
nence latine, ces noms etranges ne designeraient-ils 
pas de fameux magiciens, reputes pour leurs connaissan- 
ces dans les sciences occultes? Les inscriptions inintel- 
ligibles, peut-etre de dessein premedite, reproduites 
dans le texte de I'lnventaire, semblent se rapporter a des 
pratiques mysterieuses, a une destination cabalistique. 
En vain avons-nous cherche I'explication de ces enigmes, 
en vain avons-nous consulte les personnes versees dans 
I'etude de I'antiquite; nous n'attendons plus que du 
hasard ou de quelque rencontre fortuite la solution du 
probleme. 
Dons aux Si Ic Roi recevait les pieces capitales du tresor de 
^'e?ftr{7g"'rs!' Bourges, uue large part etait faite a tons les princes de 
la maison de France, ainsi qua plusieurs souverains 
etrangers. 

Le nom du due de Guienne, fils aine de Charles VI, 
mort en 141 5, revient jusqu'a douze fois (2) dans ces 
annotations de Robinet d'Etampes; celui de sa soeur, 
Marie de France, religieuse a Poissy, reparait dans deux 
articles (3). Le due de Berry avait donne a sa petite niece 
le superbe manuscrit en deux volumes connu sous le 



(i) Art. 776. 

(2) Art. 56, 162, 342, 43i, 441, 452, 469, 696, 785, 832, 1809, 1112. 
Ces dons comprenncnt surtout des pierrcries de grande valeur, cuinir.e 
le Diamant de Chartres de I'article 441. Un autre diamant (n° 452), 
donne par le due de Guienne en 1410, lui est restituc deux ans apres. 

(3) Art. 80, 963. 



INTRODUCTION 



titre d^Heures de Belleville (i), une des merveilles de la 
calligraphic au xiv<^ siecle, qui avait passe par la librairie 
de Charles V avant de venir en la possession de son frere. 
On en trouvera plus loin la des-cription. 

Parmi les personnages de marque inscrits sur la 
liste des donataires, figurent, au premier rang, TEm- 
pereur (2), le pape (3), — il s'agit probablement de 
Jean XXIII, — le roi (4) et la reine (5) d'Espagne, le roi 
d'Angleterre (6), le roi des Romains (7), le roi de 
Sicile (8), le roi de Chypre (9). 

La plupart de ces princes recoivent des reliques, des 
pierres fines, des anneaux d'or avec diamants, tons objets 
oil I'art de I'orfevre ne joue qu'un role accessoire. Les 
diamants, les rubis, les saphirs, les perles constituent la 
monnaie courante de ces echanges officiels entre souve- 
rains et grands personnages. 

La famille du Due ne pouvait manquer d'avoir une 
part importante dans ces liberalites. Les notes du 
garde des joyaux mentionnent en eftet un certain nombre 
de cadeaux offerts a la duchesse de Berry (10), au due de 
Bourgogne (i i), a la duchesse de Bourbon (12) et a sa 
fille (i 3), au comte (14) et a la comtesse (i 5) d'Armagnac, a 
Bernard d'Armagnac (16), leur fils, au comte d'Eu (17), 

(i) Art. 963. (7) Art. 354, ' i23. 

(2) Art. 1 166; le don est de peu (8) Art. 777. 

d'importance : un simple saphir. (9) Art. 11 36, i2o3. 

(3; Art. 344, 396, 434, 439, 695, (10) Art. 1009, 1022, 1024, 102G, 

814. La date d'une partie de ces io3o, io32, io38. 
dons n'est pas mentionnee, mais (11) Art. 340,972. 

ceux dent Tindication est accom- (12) Art. 357, 471,831,966, i F04, 

pagnee d'une date furent offerts 11 10. 
apres I'avenement de Jean XXIII, (i3)Art. 11 33. 

qui, comme on I'a vu ci-dessus, (14) Art. 594, 1193. 

avait envoye plusieurs fois des (i5) Art. i25i. 

presents a notrc prince. (i6)Art. 938, 1216. 

(4) Art. 1006. (17) Art. 359, 1044, ii3o, 1145, 

(5) Art. 17, 139. 1 i5o. 

(6) Art. 401, 598. 



INTRODUCTION 



au comte de la Marche (i), au comte de Mortain (2), au 
connetable d'Albret (3). 

Le due d'York (4), le due de Clarence (5), avec la 
duchesse de Gueldre (6), le marechal du roi de Hon- 
grie (7), Louis Dupre, ecuyer du pape (8), sont cites 
aussi sur la liste des munificences ducales ; puis les 
grands dignitaires de I'Eglise, les archeveques de Bour- 
ges (9), de Tours (10), de Reims (11), les eveques de 
Chartres(i2),de Paris (i3),deSarlat (14), de Lodeve (i5), 
de Coutances (16), de Carcassonne (17), de Domno (18); 
le cardinal de Bar (19), I'abbe de Bruges (20). 
DonsauxegHses La solHcitudc du Duc pour la Sainte-Chapelle de 
Bourges ne se dementit pas jusqu'aux derniers mo- 
ments de sa vie. Douze articles (21) sont ajoutes a 
ceux qui constituaient, avant 141 3, le tresor de ce 
sanctuaire. Car, on ne I'a pas oublie, il n'est pas ques- 
tion ici de joyaux sortis des collections ducales 
anterieurement a 141 2. Ainsi, les deux cent quarante- 
cinq articles dont Robinet d'Etampes constate Tabsence, 
furent alienes dans un espace de trois ou quatre annees. 
Cette remarque s'applique specialement aux dons faits 
a la Sainte-Chapelle. lis appartiennent tous aux annees 
1414, 141 5 et 141(3. Le dernier preceda la mort du 



(i) Art. 797. cles 410, 447, 453, 469, 997, 1002, 

(2) Art. 307. 1 153, 1 162, 1 176, 1 179, 1 186. 

(3) Art. 4i3. (i3) Art. j23o, 232. 

(4) Art. 62, 3o5, 424, 799. (14) ^^I't- 490- 

(5) Art. 149, 442. (i5) Art. 1166. 

(6) Art. 1 142. (iG) Ibidem. 

(7) Art. 1 1 57. (17) Art. 1168. 

(8) Art. 454. (18) Art. 584. 

(9) Art. 23o, 232, 359, 384, 391, (19) Art. 486, 6o5. 
398, 592, 992, 1246. f2o) Art. 578. 

(10) Art. 1 170. (21) Art. 3, 55, io3, i32, 227, 
(i i) Art. 1 165. 1003,1106,1117,1119,1217,1244, 
(12) Martin Gouge. — Voy.lcsarti- 1245. 



INTRODUCTION 



Due de vingt jours a peine; il est du 2(3 mai 1416 (i). 
Certains joyaux meme ne furent livres au sanctuaire de 
Bourges que par les executeurs testamentaires, confor- 
mement aux intentions du dcfunt. Mentionnons, en 
passant, le manuscrit donne au tresorier de la Sainte- 
Chapelle, Arnoul Belin (2). 

Les chroniqueurs contemporains exaltent a I'envi la 
generosite du prince pour les eglises, et pourtant I'in- 
ventaire de Robinet d'Etampes ne signale parmi les 
donatairesque Notre-Dame de Paris (3).Cette apparente 
contradiction pent s'expliquer. Les joyaux offerts aux 
tresors religieux furent acquis pour cette destination 
speciale; ils ne sauraient done figurer sur les inventaires. 
C'est par exception que nous y rencontrons la designa- 
tion des reliques donnees a I'eglise de Paris, et aussi de 
cette magnifique table de broderie de I'inventaire de 
1 40 1 (4), conservee jusqu'a la Revolution de 1789 dans 
le tresor de Notre-Dame de Chartres. 

Par contre, nous ne trouvons nulle trace, ni dans 
les comptes ni dans les inventaires, du fameux reli- 
quaire du chef de saint Philippe, non plus .que du 
grand reliquaire d'orappele le tableau de saint Sebastien 
ni de la medaille de saint Michel, en or emaillc, donnes 
tous trois par notre prince au tresor de Notre-Dame de 
Paris, et longuement decrits par un auteur du siecle 
dernier (5). Ces precieux joyaux ont duetrc specialement 
executes pour le tresor qui les a precieusement garde's 
durant plusieurs siecles. 

Nous avons nomme les hauts dignitaires de I'Eglise 
qui eurent part aux liberalites de Jean de Berry; il 
faut signaler maintenant une serie de noms plus mo- 

(i) Art. 1 106. {5) Yoy. Description des ciiriosi- 

(2) Art. 999. te^ de I'eglise de Paris. Paris, C- 

(3) Art. 20, 36i. P. Gueffier, 1763, in-8, p. 267, 

(4) Inv. B. n" i3i7. 292, 293. 



LXIV INTRODUCTION 



dcstes, appartenant pour la plupart a I'cntourage du 

prince et figurant sur les listes des officiers de sa maison. 

Dons du Due Est-il besoio d'aiouter que Timportance et le nombre 

a ses officiers et ; i i 

serviteurs. ^^g ^cs prcscnts iTiarqucnt le degre de faveur du ser- 
viteur recompense ? Ainsi, Thevenin de Montigny et 
Guillaume Lurin, valets de chambre, paraissent posse- 
der des titres exceptionnels aux bonnes graces de leur 
maitre. Le premier n'est pas cite moins de dix fois (i) 
et le second moins de six fois (2) dans les annotations 
de Robinet d'Etampes. 

Le nom du barbier Gervais Merlin, (3) revient a cinq 
reprises. Ces multiples cadeaux prouvent le cas que 
Ton faisait des talents de ce serviteur modeste. Et ce ne 
sont pas des objets insignifi^ants qu'il tient de la muni- 
ficence de son maitre, mais des anneaux d'or avec dia- 
mants et saphirs. II figure parmi les mieux traites entre 
tous les familiers de la maison. Le chapelain Jacques 
Carite n'est nomme lui-meme sur cette liste de libera- 
lites que cinq fois {4), tout comme le barbier Gervais 
Merlin. 

Viennent ensuite les chambellans Guillaume de 
Lodde (5) et Jean Barre (6), cites dans trois articles comme 
le garde des joyaux lui-meme (7). Les valets de chambre 
ne sont pas moins bien recompenses. L'un d'eux, Jean de 
Riom (8), recoit seul, pour sa part, un rubis, un anneau 
d'or avec un saphir et deux autres anneaux avec dia- 
mants. II balance presque la faveur de Thevenin de Mon- 
tigny et de Guillaume Lurin. Les autres valets de cham- 



(i) Art. 189, 355, 42G, 1 142, (4) Art. 428, 437, 445, 1149, 

M44, 1 146, 1 1 57, 1 1 78, 1 180, 1 190. 

1 191. (5) Art. 187, 352, 448. 

(2) Art. 189, 404, 440, 475, 936, (6) Art. 473, 1206, 1208. 

1 107. (7) Art. 1 107, 1 157, 1 189. 

(3) Art. 379, 390, 460, 1169, (8) Art. 346, 393,425, 1 183. 
1 195. 



INTRODUCTION 



brc, Martin Rainc (ii, Pol de Linibourg (2), ont Icur 
part dans ces largesses. 

Voici maintcnant Ics secretaires tout a Theurc si 
empressc's a flatter les gouts dc leur maitre et a se 
se reunir pour celebrer le T' Janvier : Mace Sarre- 
bourse (3), Michel Le Bceuf ou Bceuf (4), la femmc de 
Regnier de Boullegny (5). Les autres officiers de la 
maison ducale ont leur tour : le tresorier general, Mace 
ou Mathieu Heron (6) avec sa femme (7) ; le controleur 
de I'hotel, Jean Lebourne (8); I'echanson, Thomas de 
Rancon (9);Ie pannetier, Heliot de la Fleute(io); le som- 
melicr d'echansonnerie, Pierre Lestringal (i i) ; I'ecuyer, 
Guillaume de la Have (i 2);Guillaume de Champeaux(i 3), 
conseiller du prince; un autre chambellan, le sire de 
Groslee(i4); Jean d'Etampes (i5), fils de Robinet; le 
receveur des finances de Languedoc, Jean de la Barre (i(5) 
qui revient plusieurs fois sur la liste des donateurs. II 
n'est pas jusqu'a I'epicier du Due, Jean Dupre (17), qui 
n'ait part a ces distributions. Puis, c'est un conseiller a 
la Chambre des comptes, charge de veiller a Texecution 
du testament, Nicolas Despres (18); le veterinaire du 
Due, nomme Milet (19); I'habile calligraphe, Jean Fla- 
mel (20), qui a inscrit son nom sur tant de precieux vo- 
lumes de la librairie de Bourges. Voici encore d'autres 



(i) Art. 388, ii5i. (i3)Art. 4?:. 

(2) Art. 421, 457. (14) Art. 1018. II partagc cc pre- 

(-V ^^'"t- 2, 2j:>. sent avec le seigneur dc Lopiat, 

(4) Art. G12. un des representants des heriticrs 

(5) Art. 461. pour Fexecution du testament. 

(6) Art. 358, 11 57. (i5) Art. 1240. 

(7) Art. 356. (16) Art. 1004. 

(8) Art. 35 r. (,7) Art. 208, 11 74. 

(9) Art. 1 167. (18) Art. 25 1, 749. 

(10) Art. 1 192. (19) Art. 438. 

(11) Art. 797. (20) Art. 446. 

(12) Art. 1 2 14. 



LXVI INTRODUCTION 

pcrsonnages en relation avec le prince a divers titres : 
la fcmmc dc Thevenin de Bon Puits (i), echevin 
de Paris ; les j^revots des marchands, Jean Jouvenel 
des Ursins (2) et Pierre des Essarts (3); la femme 
de Charles Culdoe (4), autre prevot des marchands; 
Jean de Nielles (5), chancelier du due de Guienne. 
Ceux-ci entin, dont les noms se retrouveraient au 
besoin sur les comptcs de depenses ou sur les etats de 
la maison du Due : le frere Hennequinet (6), Jean 
Pigrez (7), la lille de Raoul de Presles (8), le chevalier 
Olivier de Mauny (9), capitaine de Saint-Malo, maitre 
Milon le Cavelier (10), le sire de Gaucourt(i i), Jacques 
de Lilliers (12), Alvaro Quaralle (i3), la femme de Pierre 
Perron (14), enfin trois autres individus dont Robinet 
d'Etampes a neglige de mentionner les noms. 
Dons A une categoric speciale appartiennent les orfevres et 

el marchands ordinaires du Due, dont il veut rc'compen- 

\7ix marchands. 

ser les services. C'est Bureau de Dammartin (i5) et sa 
femme (16), Herman Rainsse (i7),Baude de Guy (18) et 
sa femme (19), JeanTarenne (2o).Tous sont en relations 
d'affaires avec Topulent amateur; tous prennent part a 
ses generosites. 

Nous n'aurions garde d'omettre « ce hochet de bro- 
dure, pour ebattre petis enfants » enrichi de perles et dc 
quatre ecussons « donne a Bourges, si comme on dit, 
a un petit enfant (21) ». II est regrettable que Robinet 

(i) Art. 52 1. (12) Art. 460. 

(2) Art. io83. (1 3) Art. 833. 

(3) Art. 1000. ■ (14) Art. 455. 

(4) Art. 456. (i5)Art. 1157,1199. 

(5) Art. 294. (iG) Art. 406. 

(6) Art. II 85. (17) Art. 206, 11 57. 

(7) Art. 414. (18) Art. 164. 

(8) Art. 458. (19) Art. i 182. 

(9) Art. I 194. (20) Art. i()63. 
(in) An. 12117. (21) Art. 23i. 
(11) An. 1218. 



INTRODUCTION LXVII 

d'Etampcs n'ait pas note le nom du bamhin qui sut sans 
doute charmer le prince par sa gentillesse. G'etait pro- 
babiementrenfantd'unhommedu peuple dont le souve- 
nir ne meritaitpas Thonneur d'une mention. Et Robi- 
net se borne a constater avec un certain dedain que ce 
jouet (c estoit tres viel et rompu ». 

La plupart de ces dons etaient de faible valeur, nous 
I'avons deja remarque. Le due de Berry, comme tous 
les fervents amateurs, se separait a regret du plus mo- 
deste objet de ses collections; aussi consentait-il diffi- 
cilement a laisser sortir de ses cotfres un joyau vraiment 
rare. Les rubis, les diamants, les anneaux d'or se 
remplacent facilement. C'est done la collection de pier- 
res, une des plus riches d'ailleurs de I'epoque, qui sera 
mise a contribution quand il s'agira de recompenser un 
service, de repondre a une gracieusete. 

Comme on I'a vu, le Due avait des relations suivies ^^/,^^ 
avec les marchands francais ou etrangers qui affluaient "-'J'^y^"^- 
alors a Paris, siege de la cour la plus fastueuse et la plus 
magnifique de I'Europe. Les details fournis par le manu- 
scrit des Archives rendent ces acquisitions des plus inte- 
ressantes a etudier. En effet, ces articles contiennent la 
mention de nombreux orfevres ou marchands, etrangers 
pour la plupart, fixes a Paris au debut du xv-^ siecle. 
Quelques-uns d'entre eux etaient deja celebrcs ; on . 
connaissait, par d'autres temoignages contemporains, 
leur haute situation dans le monde commercial de I'epo- 
que. II ne sera pas sans interet de rappeler ici les noms 
de ces fournisseurs attitres des princes de France, car 
ces noms reparaissent frequemment sur les comptes 
royaux et sur ceux des grands seigneurs de la cour. 

Le souvenir du premier en date de ces orfevres a ete or/cvresdu 
conserve par une circonstance assez singuliere. II se jamin Bcguin. 
trouva mele a une bagarre ou I'un des adversaires recut 
une blessure mortelle. La victime se nommait Jean 



LXVIII INTRODUCTION 



de Dammartin ct cxercait tres probablemcnt le metier 
d'orfevre. II n'y a pas de temerite a supposer qu'il etait 
parent du Bureau et du Symonnet de Dammartin cites 
a plusieurs reprises dans les comptes du due de Berry. 
L'affaire, ayant cte suivie de mort d'homme, pouvait 
entrainer des consequences facheuses pour les vain- 
queurs; aussi, cliacun d'eux s'empressa-t-il de fairc agir 
des influences puissantes. Par I'intervention du due de 
Berry, Jamin Beguin, son orfevre, obtint, en mars 1364 
(anc. St.), une lettre de remission (i) ou toute I'aventure 
est longuement racontec, mais dont le principal interet 
est, a nos yeux, de donner le nom du plus ancien orfevre 
de notre prince. Apres lui, les textes font defaut pendant 
un long intervalle de temps. 
Jean chenu. \\ faut aiTiver aux dernieres annces du xiv'^ siecle 

orfevre. 

pour rencontrer un orfevre en relations regulieres avec 
la cour de Bourges. Get habile homme se nommait Jean 
Chenu. Suivant un usage assez frequent alors, on le 
designe constamment par le diminutif familier de 
Jehannin. 

On a deja vu qu'il eut une part serieuse dans les libe- 
ralites du Due. Avant 1402, nous le trouvons a son ser- 
vice, car le premier de nos inventaires le cite a diverses 
reprises. Signalons notamment la description d'un taber- 
nacle d'argent servant de reliquaire, de la facon de 
Jean Chenu (2); cette piece faisait partie des joyaux 
attribues a la Sainte-Chapelle de Bourges. Dans le 
comptc de Robinet d'Etampes, notre orfevre est cite 
plusieurs fois. Tantot, il est simplement charge de 
donner son avis sur la valeur d'objets precieux acquis 
parle prince (3); tantot, il est employe a des ouvrages de 



(i) Arch. Nat.,JJ cjG, n"422. 

(2) Tonic II, Inv. P), art. 710. 

(3) Tome 1, Inv. A, art. 785, 786. 



INTRODUCTION LXIX 



son metier : c'est un pied d'argent dore, decore de 
diverses figures pour la Croix aiix cmeraudes (i); c'est 
un relic]uaire d'or, richement travaille et estimc 2,000 
francs lors de I'ouverture de la succession (2) ; c'est 
encore une saliere d'agathe aux armes ducales, fabri- 
quee avec un joj^au donne par I'cglise de Bourges (3). 
Jean avait recu ce present en 1402; quelques annees 
s'etaient a peine ecoulees qu'il le faisait convertir en 
saliere par son orfevre ordinaire. 

Au titre d'orfevre Tun des emules de Jean Chenu joint victor wienx, 
celui de valet de chambre (4). On le nomme Victor Wie- 
ric ou Wierix ; celui-ci, a coup sur, est un etranger, un 
homme du Nord. II n'est d'ailleurs question de lui qu'une 
seule fois. 

On en sait davantage sur Herman Rince, Rainsse ou Herman 
Rinssel. Get habile artisan etait fort employe par la reine o?-/evre. 
Isabeau comme par le due de Berry. A ce dernier il livre 
un fermaillet d'or enrichi de pierreries (5), un pied d'ar- 
gent dore pour une croix d'or (6), un collier d'or seme 
d'ours emailles (7), sans parler des pierres precieuses et 
aussi des joyaux qui lui sont achetes a diverses epo- 
ques (8). Aussi, le titre d'orfevre du Due est-il souvent 
joint a son nom (9) qui revient a deux ou trois reprises 
dans le compte de I'execution testamentaire (10). 

Les orfevres, on vient de le montrer par plusieurs 
exemples, ne se contentaient pas de mettre en oeuvre les 
matieres precieuses. Leurs attributions comprenaient 
aussi bien la vente des pierres fines et des pedes que les 
travaux de fonte, de ciselure ou d'emaillerie. Aussi cst-il 



(0 Art. II. (y) Art. ii23. 

(2) Art. 66. (8) Art. 410, 421, i2o5. 

(3) Art. 663. (g) Art. ii.Sy. 

(4) Art. 773. (10) Inv. S G, art. 1077, i3i4 et 

(5) Art. 162. injlne. 

(6) Art. 1 1 01. 



LXX INTRODUCTION 

souvcnt malaise dc distingucr Ics orfevres proprcment 
dits dcs simples marchands dans la longue liste dcs 
fournisseurs attitres du Due. Nous en avons compte 
plusde soixantedans le seul registre de Robinet d'Etam- 
pes. Beaucoup d'entre eux sont deja connus par d'autres 
textes contemporains et figurent parmi les membres les 
mieux poses de la bourgeoisie parisienne au debut du 
xv^ siecle. D'autres paraissent ici pour la premiere fois. 
Ceux-ci appartiennent aux nationalites les plus diverses, 
bien que, pour la plupart, ils eussent a Paris leur resi- 
dence habituelle. 
orfevrc L'un d'cux, Willeouin Bonnin, est dit orfevre de Bour- 

dc Bonrgcs, ' ^ 

ges. C'est un artisan fort habile, a en juger d'apres les 
descriptions du beau hanap d'or rehausse d'emaux dont 
I'execution fut confiee a son talent. II recut pour son 
travail la somme elevee de 760 francs (1). 

orfcvrc.t Lcs orfcvrcs ou marchands Parisiens sont nombreux. 

Parisiens. La plupart de ceux que nous avons rencontres sont deja 
connus par le livre de Le Roux de Lincy et Tisserand 
sur Paris et ses historiens. Enumerons rapidement Albert 
du Moulin (2), Michaut de Lalier, Julien Simon, Bureau 
et Symonnet de Dammartin, Jean Tarenne, Jehannin 
d'Orleans, Baude de Guy, Second Falet, Sendre Bliot, 
Jean Sac, Nicolas Pigasse, Jean Pannier, Jean de 
Nimegue, Aubertin Boullefeves, Guillemin Sanguin, 
Andre Raponde, Macaye, Jean de Calvalnay, Renne- 
quin de Harlem, Jean Rataillac, Charles de Vivant, 
Barthelemy de Francois, Ponon Le Large, Gauvain 
Trente, Francois de Nerly, Octoblanc, Jean Boisel, Bar- 
thelemy Rust, Michel de Bolduc, le grand Allebret, Per- 
rin de Ladehors, Georges Principe, Jean Broquiers, 
Francequin Palingre, JeanChambon, Kirigo des Vignes, 



(i) Art. 785. 

(2) Sur tous CCS noms voir la tabic alphabctiquc a la tin du tome II. 



INTRODUCTION LXXI 



Julian Symon, Guillaume Crochet, Audcbcrt Catin, 
Denisot Le Brethon. Les uns sont qualifies orfevres, 
les autres changeurs, d'autres prennent modestement le 
titrc de marchands. Nous n'affirmerions pas que tous ces 
commercants, dont plusieurs portent des noms d'aspect 
exotique, fussent Parisiens. La liste qui precede com- 
prend tous les individus dont la nationalite n'cst pas 
formellement specifiee. Aussi, n'y avait-il pas lieu d'in- 
tercalcr dans cette enumeration Jean le Franquis, 
marchand de Poitiers, et Bernard Vidal, marchand de 
Limoges, nommes Tun et I'autre dans I'inventaire de 
1402. 

Les etrangers appartiennent presque tous a I'ltalie. Marcimnds 
Les uns viennent de Genes, comme Janus de Grimault, 
Thomas Sophie, dit Rollant, Barthelemy Sac, Pierre 
Fatinant et Cosme Picamel nomme dans I'inventaire de 
1402; d'autres accusent une origine florentine; ceux-Ia 
s'appellent Antoine Manchin (Mancini?), Michel de Paxi 
(Pasti?), Constantinde Nicolas, Andre Succre, dit Mas- 
say, Forest de Corbechy. Loys Gradenigo a le siege de 
son commerce a Venise. Un certain Agapt se dit Alle- 
mand. Nous sommes moins exactement renseignes sur le 
lieu d'origine d'autres etrangers, tels que Nicolas Spinole 
(Spinola?), Nicolas Cosmy, marchand de draps d'or et 
de sole. 

Signalons a part deux tailleurs de pierreries : Tun, dit crayeurs ai 
le petit Hermant, deja signale par M. de Laborde (i); p"-"''^^- 
I'autre appele Cerveil, dont le nom, cro3^ons-nous, parait 
ici pour la premiere fois. Quant a Scapessonal, charge 
par Baude de Guy de graver un saphir (2), il devra prendre 
place desormais parmi les rares graveurs en pierres fines 
du moyen age dont le nom est venu jusqu'a nous. 



[i) Glossaire des Emaiix, p. 25o. 
[2) Art. 1099. 



LXXII INTRODUCTION 



Lcsycintres On s'ctonncra pcut-ctrc de nc rcncontrcr, a cote dc 
due dc Berry, cc luxc dc rcnscignemcnts sur les orfcvres, les lapidaires 
et les marchands, que quatre ou cinq noms de peintres 
ou d'autres artistes. Cette anomalie s'explique cepen- 
dant. Tandis (\ue les marchands de joyaux exercent un 
commerce lucratif, les enlumineurs, les imagiers sent 
gens de condition plus humble et de moindre fortune; 
aussi n'echappent-ils a I'oubli que lorsqu'ils s'elevent 
au-dessus de la foule de leurs rivaux. Les peintres et 
les sculpteurs signales dans les inventaires du due de 
Berry doivent par la meme etre regardes, en toute 
confiance, comme des artistes eminents. II y a done lieu 
de s'arreter quelques instants a leurs oeuvres; d'autant 
plus que certains de leurs travaux pour le due de Berry, 
sont parvenus jusqu'a nous. 
jacqucmin Jacqueiiiiu Bonuebroque OU Bonnebroche, le seul bro- 
^"'brodcur!'^ '-^cur citc daus les inventaires, merite-t-il une place 
parmi ces artistes marquants ? La reponsc n'est pas 
douteuse. En effet, la broderieest, a cette c'poque, un art 
veritable, et comme Jacquemin reste au service du Due, 
au moins depuis 1402 jusqu'a la mort de son maitre, 
comme il recoit dc lui des preuves non equivoques de sa 
bienveillance (i), comme ses ouvrages sont prises par 
les experts de la succession au prix tres eleve de 45o li- 
vres pour deux tableaux de broderie, il est permis de le 
considerer comme un des artistes les plus habiles de sa 
specialite. Les inventaires lui attribuent la broderie de 
plusieurs tetes de Veronique (2). C'est tout ce qu'on 
salt de lui. 
Andre Nous souimes mieux renseignes sur la vie et les ceuvres 

sciiipteiir a Andre Beauneveu. rroissart porte sur lui un jugement 

et pcintrc. , , . . . ^ . 

des plus entliousiastes et le met tout a lait au premier 



(i) Invent. B, art. 56g. 

(2) Invent. A, art. 44, i65, et Invent. B, art. 208. 



INTRODUCTION LXXIII 

rang des imagiers dc son temps. Deja cite maintes fois,le 
passage de Thistorien doit trouvcr place ici, car il constate 
les rapports de notre prince avec le grand artiste. 
« Encores, dit Froissart (i), se tenoit le due a Meun sur 
« Yevre, et s'y tint plus de trois sepmaines, et devisoit 
« au maistre dc ses ceuvres de taille et de peinture, 
« maistre Andrieu Beauneveu, a faire nouvelles 3'mages 
« et peintures ; car en telles choses avoit-il grandement 
« sa fantasia de tousjours faire ouvrer de taille et de pein- 
« ture; et il estoit bien adressie, car dessus ce maistre 
« Andrieu dont je paroUe, n'avoit pour lors meiileur ne 
« le pareil en nulles terres, ne dequi tant de bons ouvra- 
« ges feust demeure en France ou en Haynnau, dont il 
« estoit de nacion, et ou royaume d'Angleterre. » 

Deux points essentials ressortent de ce textc : Andre 
Beauneveu, a la fois sculpteur et peintre, etait considere 
comme le premier artiste de son temps. Puis, il etait 
en relations constantes avec le due de Berry qui Tavait 
nomme maitre de ses o^uvres et se plaisait a s'entretenir 
avec lui et a lui commander statues et tableaux. Depuis 
les decouvertes d'Alexandre Pinchart (2) etde M. Leopold 
Delisle (3), M. I'abbe Dehaisnes a resume, en ajoutant 
a sa biographic des details nouveaux, tout ce qu'on 
savait jusqu'ici de cet artiste eminent (4). 

Sans entrer dans des developpements trop longs pour 
trouver place ici, rappelons que Beauneveu, originaire 



(i) Chruniqiies, liv. IV, ch. 14; cf. Dclislc, Cabinet des manuscrits, t. I, 
p. 63. 

(2) Archives des sciences, arts et lettres (tome II, p. 415) contcnant 
des ducumcnts sur Ic tombeau, commande a Beauneveu par le comte de 
Flandre Louis de Male, pour I'eglise de Notre-Dame de Courtrai. 

(3) Sur la tombc de Charles V {Cabinet des manuscrits, tome I, 
p. 62, note). Cf. Catalogue raisonne die Miisee de sculpture comparee 
du Trocadero, gr. in-S", Imp. Nat. 1892, p. 37. 

(4) Histoire de I'art dans la Flandre, fArtois, le Hainaut, tome I, 
P- 242-257. 



LXXIV INTRODUCTION 

dc Valenciennes, est cite, dcs i364, parmi les sculpteurs 
travaillant aux tombeaux de Saint-Denis (i). II etait 
mort avant 1413, puisque Robinet d'Etampes I'appelle 
(( feu maistre Andre Beaunepveu (2) ». II lui attribue 
Texecution d'une serie de miniatures placees en tete 
d'un des plus beaux manuscrits de Bourges. Nous 
ne connaissons guere, pour notre part, de peinture pou- 
vant e.tre comparee, pour I'elevation du style et la deli- 
catesse du dessin, a ces figures alternees de Prophetes 
et d'Apotres qui occupent les premiers feuillets de ce 
Psautier (3). On possede done un temoignage authen- 
tique du talent magistral de I'enlumineur. De plus, le ca- 
ractere trcs particulier de cette peinture, Texecution des 
tetes presque traitees en camaieu dans un ton legere- 
mcnt ambre, la simplicite voulue des draperies et des 
fonds, trahissent la main du sculpteur. Beauneveu a 
marque ses oeuvres de I'empreinte d'un style tres per- 
sonnel. Aussi MM. Delisle et Tabbe Dehaisnes ont-ils pu, 
avec toute certitude, attribuer a Beauneveu les deux 
grandes miniatures representant la Vierge et le due de 
Berr3'intercalees dans un magnifique livre d'Heures (4), 
conserve aujourd'hui a Bruxelles, apres avoir fait par- 
tie de la bibliotheque des dues de Bourgogne. Bien 
que Tarticle ou il est question de ce volume (5) 
en attribue I'enluminure au seul Jaquemart de Odin 
ou de Hesdin, on constate une telle difference entre 
le caractere des autres miniatures et celui des peintures 
de la Vierge et du due de Berry, on remarque en 



(i) Delisle, Mandements dc Charles V ct Cabinet des nuDiiiscrits 
(t. I, p. 62, note 8). Voycz aussi Revue univevsellc des Arts, article de 
M. le baron de la Fons Melicoq, toine XI, p. 5o. 

(2) Art. 906. 

(3) N° i3ogi du foods frani;ais a la Bibliotheque Nationale. 

(4) N" 1 1060 des manuscrits de Bruxelles. 

(5) Inv, B, art. io5o. 



INTRODUCTION LXXV 

meme temps unc telle analogic de ton et de dessin entre 
ces figures et les Prophetes ou Apotres du Psautier signale 
plus haut, que nous n'hesitons pas a nous ranger a I'avis 
de MM. Delisle et Dehaisnes et a faire honneur de ce 
chef-d'ceuvre au talent de Beauneveu. C'est aussi I'opinion 
d'un artiste delicat qui a pu examiner les deux manus- 
crits a peu de jours d'intervalle. Ainsi, Ton possede, dans 
le manuscrit de Bruxelles, une admirable representation 
du zele protecteur des arts au moyen age. Cette image, 
oeuvre du plus grand peintre de I'epoque, peut etre pla- 
cee sur le meme rang que le fameux portrait de Charles V 
du manuscrit de La Haye. Beauneveu nous semblc un 
digne precurseur de Jean Fouquet; ses peintures sou- 
tiendraient sans desavantage la comparaison avec celles 
de I'illustre Tourangeau. 

Nos inventaires signalent une autre production de 
Beauneveu(i). On ignore malheureusement le sort de cc 
volume. Peut-etre avait-il tente quelque amateur peu 
scrupuleux; car, d'apres une note, il c'tait perdu avant 
I'entree en fonctions de Robinet d'Etampes. 

On vient de constater que Jaquemart de Hesdin avait, jacqucmart 
dans certains cas, collabore avec Beauneveu. Cette seule '\xintrc!' 
circonstance suffirait pour donner une idee fort avan- 
tageuse de son talent, meme si nous n'avions pas 
le manuscrit de Bruxelles pour nous edifier sur son 
merite . Un autre ouvrage de Thabile enlumineur 
occupe une place d'honneur parmi les plus beaux livres 
a miniatures de la Bibliotheque Nationale (2). Les con- 
temporains le tenaient en grande estime, car, de tous 
les manuscrits de la librairie de Bourges, c'est celui que 
les experts priserent au plus haut prix en lui assignant 
une valeurde 4,000 livres. II est vrai que les « histoires » 



(i) Inv. B, art. 944. 

(2) Invent, A, art. 961 — fonds lat. no 919 



LXXVI INTRODUCTION 

de ce volume sont de plusieurs mains, I'lnvcntaire le dit 
expressement;mais Jaquemartest seul nomme,ses auxi- 
liaires sont dcdaigneusement designes par ces mots : 
« et autres ouvriers de Monseigneur ». II ne serait pas 
impossible, a I'aide des Hcures de Bruxelles, de deter- 
miner la part personnelle de Jaquemart dans le manu- 
scrit de Paris. Nous n'avons pas le loisir d'entreprendre 
ici cette etude. Et cependant, de ce travail sortiraient 
peut-etre plusieurs decouvertes curieuses. Quand on 
aura fixe les traits distinctifs du talent de Jaquemart, 
on arrivera sans doute a reconnaitre sa part dans d'au- 
tres travaux executes en collaboration. II a du beau- 
coup produire puisqu'il entra au service du Due des 
1 384 (1). En 1400, le messager Etienne Turpin lui 
apportait a Bourges une lettre de son maitre alors 
residant a Paris (2). Jaquemart vivait encore en iqiS. 
C'est done un contemporain d'Andre Beauneveu, seule- 
ment un peu plus jeune, car il mourut quelques annees 
apres lui. Peut-etre avait-il recu ses conseils et ses 
lecons. Toujours est-il que Jaquemart travailla con- 
stamment pour le Due de 1384 a 1413. 
Jean d-oricans, Le peiutre Jehannin d'Orleans qui ornait de ses 

pcintrc. ,, , . 

images une pomme de muse pour 1 ollrir au due de 
Berr}^ en decembre 1408 (3), est-il le meme que le Jean 
Grancher ou Granchier, dit d'Orleans, dont M. Louis 
Jarry a decouvert le veritable nom et esquisse la biogra- 
phic (4)? C'est possible. II avait encore peint pour le 

(i) Delislc, Cabinet des manuscrits, t. I, p. 62, note 3. 11 s'agit d'unc 
somme dc 3o livres tournois comptcc a Jaquemart « pour soy vestir 
en river, commc pour lui dctTraier d'aucuns dcspcns que lay ct sa 
femmc firent en la ville de Bourges, avant qu'il preist aucuns gaiges ou 
salaire de Monseigneur ». 

(2) Arch. Nat., KK 253, fol. 78 v°. 

(3) Invent. A, art. 328. 

(4) L. Jarry, Jean Granchei- de Trainon, dit Jean d'Orliians, pcinlre 
des rois dc France ct du due de Berry. Orleans, 1886, in-8, iG pagas. 



INTRODUCTION 



Meccnc de Bourgcs unc image en camaieu de la ^'ie^ge 
tenant son enfant. Get ouvragc scrait de decembre 
i4oq. Toutefois cet artiste a une inferiorite marquee sur 
plusieurs de ses contemporains : aucune de ses ceuvres 
ne nous est connue. M. Raynal assure qu'il survecut 
a son protecteur, car il fut charge de decorer de pein- 
tures et d'ecussons la chapelle funeraire du due de 
Berry, d'abord a Paris, puis a Bourges (i). Un manuscrit 
appartenant actuellement a M. le baron Adolphe de 
Rothschild, renferme une representation, d'ailleurs assez 
mesquine, de ces funerailles. Nous aurions quelque 
peine a donner cette peinture a Jean d'Orleans. II nous 
semble egalement bien difficile d'admettre que le Jean 
d'Orleans employe aux pompes funeral res du Due soit 
le meme que celui a qui fut fait, le 6 aout iSGg, un 
paiement de loo francs par le due de Berr}^ « en deduc- 
tion d'une somme plus forte due pour certains tableaux 
a images achetes par le prince pour mettre en sa cha- 
pelle (2). )) Comment le peintre de 1869 pourrait-il avoir 
preside aux decorations du service de son maitre en 141 6, 
quarante-sept ans plus tard ? L'ecart est vraiment bien 
grand et fait concevoir des doutes serieux sur Tidentite 
des noms cites a des dates si eloignees. D'ailleurs, I'his- 
toire des peintres qui ont porte le nom de Jean et de 
Gerard d'Orleans est loin d'etre definitivement elucidee. 

Pol de Limbourg et ses freres jouissent d'une faveur PnijcUmhour 

1 • V , 1 IT-. 1 /: J 1 ■ et ses freres. 

particuliere a la cour de Bourges vers la nn de la vie pehures. 
du prince. En est-il besoin d'autres preuves que les 
nombreux presents faits par le Due a I'artiste (3), ou 
meme le facetieux cadeau dont nous avons deja parle, 
et que, seule, pouvait autoriscr une longue intimite? 

(i) Raynal, Histoirc du Berry, tnnic II, p. 5o6, 

(2) Bib. Nat. fr. 23902. Nous devons a M. A. Thomas I'indication de 
ce passage, ignore jusqu'ici. 

(3) Art. 349, 415, 421, 457. 



LXXVIII INTRODUCTION 

Un compte de 141 3 (i) mcntionne dcs gages pa3'es a 
Pol de Limbourg comme valet de chambre « pour 
soy vestir, ordonner et estrc plus honnestement en son 
service... » Tirer de cet article la conclusion que Pol 
de Limbourg etait depuis peu de temps au service du 
Due serait peut-etre aller trop loin, car son nom figure 
deja sur I'inventaire de 1402 (2). Par une singularite 
inexplicable, Robinet d'Etampes, qui park plusieurs 
fois de lui, ne signale, dans I'enumeration de la librairie, 
aucune reuvre authentique de ce peintre. Mais, si les 
premiers feuillets du beau manuscrit de Chantilly, 
comme I'a etabli M. Delisle avec un grand luxe de preu- 
ves, sont bien ceux du volume inacheve, inscrit dans le 
compte des executeurs testamentaires sous le n" 1 1G4, les 
auteurs de ces miniatures, c'est-a-dire Pol de Limbourg 
et ses freres, meritent d'etre places tout a fait a la tete des 
artistes de leur temps, a cote d'Andre Beauneveu, dont 
lis se montrent les dignes continuateurs. 

Dans tons les cas, Pol de Limbourg et ses freres (3) 
arriverent a Bourges alors qu'Andre Beauneveu etait 
sur son declin et touchait a la fin de sa carriere. lis le 
remplacerent sans le faire oublicr, car les premiers 
feuillets du manuscrit de Chantilly, sur lesquels on re- 
connait la vue de divers chateaux royaux, doivent etre 
comptes parmi les chefs-d'oeuvre de I'art de la minia- 
ture parvenue a son complet epanouissemcnt. 

La plupart des artistes cites dans les pages prece- 
dentes etaient originaires des Flandres ou des provinces 
voisines. Cette riche et laborieuse region etait alors la 
grande pourvoyeuse de toutes les cours de I'Europe. Sur 
ce point, les indications fournies par les inventaires du 



(i) Arch. Nat., KK 25o, fol. 25 v^. 

(2) Pour un don insignitiant, il cstvrai.Voy. Inv. R, art. 12: 

(3) Ces freres sc nommaient Herman et Jannequin. 



INTRODUCTION LXXIX 

due de Berry sent d'accord avec les assertions dc 
M. I'abbe Dehaisnes. D'ecole bourguignonne, il n'}' en 
avait pas encore, s'il en a jamais existc line bien distincie 
de Tecole flamande, ce qui n'est pas etabli. Au debut 
du xv' siecle, I'art du Nord, concentre surtout dans les 
Flandres, I'Artois et les provinces cnvironnantes, rayonne 
sur les pays voisins. Le due de Berry a bien autour de 
lui quelques peintres d'origine francaise ; mais il ne parait 
pas avoir grande confiance en leur habilete, car il ne les 
charge guere que de travaux peu importants, comme 
ceux que Jean d'Orleans fut charge d'executer. 

L'un des erudits les plus competents sur I'histoire Jean 

'- *■ dc Camhray. 

des artistes francais du moyen age (i) n'a releve qu'un ima^ier. 
seul nom d'artiste sur les etats de la maison du due 
de Berry; e'est celui de Jean de Cambray, encore un 
homme du Nord, imagier du Due en 1401-1402. Les 
comptes et les inventaires permettent d'augnienter sin- 
gulierement, sinon de completer, cette liste. 

S'il est malaise, faute de preuves authentiques, de rat- 
tacher Jean Coste, le peintre attitre du roi Jean et de 
Charles V (2), a la cour de Bourges, voici quelques men- 
tions formelles, extraites des comptes aneiens : 

/v • V r • -r^ • Etienne 

En 1 369 (19 aout), parait pour la premiere tois htienne Lanneuer. 
Lannelier, avee le titre de peintre du due de Berry (3); il 
s'agit simplement ici d'un paiement de gages s'elevant a 
12 francs. Un peu plus tard, le 19 mars 1372, le meme 
artiste prend le titre de peintre et valet de chambre du 
prince; cette fois I'article est plus interessant et plus 
explieite. II porte mention d'un payement de 5o livres 

(i) Archives historiqiies. artistiqiies et litte'raires, 1889-90, in-8", t. I, 
p. 425-437. 

{2) Archives de Vart francais, tome II, p. 33 1-342 et Archives histo- 
riqites, etc. tome II, p. 37-40. 

(3) G'est encore a M. A. Thomas que nous devons la communication 
de cet article tire du mcme manuscrit que ['article concernant Jean d'Or- 
leans en 1369, reproduit plus haut. 



I^XXX INTRODUCTION 

tournois « a cause dcs painctures ct ouvrages dc son 
mestier qu'il a faiz et fera ou pais de Berry (i) ». 
jccin ic Noh: Lc 8 octobre 1372, Jean le Noir, enlumineur, est 
gratifie de huit aunes et demi de drap, valant lo livres 
1 2 sous dcniers, pour se vetir, et en outre de pannes 
pour fourrer sa robe, d'une valeur de 3o sous tour- 
nois (2). 

Le meme artiste touche lo livres tournois, en Janvier 

1375 (n. St.), comme etant encore au service du Due (3). 

Richard Puis.c'cst Richart le peintre et son fils, dont les noms 

lc pcintre , ,-, ^ 

ct son jiis. reviennent frequemment dans les comptes de i373 et 
des annees suivantes. Voici quelques-uns de ces articles : 
1 373 : 4 livres 5 deniers tournois pour ecussons et autres 
choses pour Tobseque de Madame de Vertuz (4), — 1 385, 
autre payement pour journees employees a peindre les 
carreaux aux amies et devises de Monseigneur, a raison 
de 5 sous 6 deniers par jour (5). Le fils n'est pa3^e que 
2 sous 6 deniers. 
Autres pcintrcs En 1 374, parait un autre artiste, designe simple- 
''" ^"^' ment sous I'appellation vague de Pierre le peintre (6). 

En octobre iSjb, un payement de 60 sous tournois 
est fait a Guillemin Deschamps, peintre de Monseigneur, 
« pour poindre la teste du cerf qui est emptee en la che- 
minee de la chambre a parer de Monseigneur, a Mehun ». 

Autre somme de 60 sous tournois a lui baillee a 
Issoudun, pour ouvrages non specifies (7). " 

En 1 40 1, Bose, peintre du Due, recoit 22 sous 6 deniers 
des mains de Guillaume de Ruilly (8). 

(i) Arch. Nat., KK 25i, fol. 77. 

(2) Ibid., fol. 98 v° et 99. 

(3) Arch. Nat., KK 252, fol. 82. 

(4) Arch. Nat., KK 2 5i, fol. i33. 

(5) Arch. Nat., KK 256-257, fol. 44 ct 4G. 

(6) Arch. Nat., KK 252, fol. 20 v". 

(7) Arch. Nat,, KK 252, fol. GG, v". 

(8) Arch. Nat., KK 25^, fol. i38, v". 



INTRODUCTION 



En 1413-14, pa\'ement de i3 livres 10 sous a Jean de 
Hanons, peintre, « pour une livre de fin azur que mon- 
dii seigneur a fait prendre pour luy (i) «. 

Jehan .Nare, peintre, demeurant a Paris « pour avoir 
point aux amies de mondit seigneur et d'autres sei- 
gneurs de son hostel, liuict cierges de cire vierge blan- 
che pour le jourde la feste de la Chandeleur 141 3 (1414 
n. St.) )),obtient 9 livres tournois (2). 

Enfin, le peintre de Bourges Mile Le Cavelier figure 
dans le preambule de I'execution testamentaire (3). II 
etait vraisemblablement un des habitues de la maison 
ducale. 

Mais I'artiste dont lenomrevient constammentdurant hUchcict sau- 

, J . , ' 1 1 • man, peintre. 

les dernieres annees de la vie du due de Berry est ce 
Michelet Saumon, dont M. Raynal avait deja signale 
I'existence. On le voit obtenir, dans le cours de quelques 
mois,en 1414, des dons importants s'elevant a 460 livres, 
a 220 livres, a 337 livres 10 sous (4). 

Notons en passant que I'ecrivain Jean Flamel n'est Jean Fiamei. 
pas moins bien traite; de grosses gratifications lui sont 
allouees. 

Pour terminer, mentionnons un article plus precis 
concernant Michelet Saumon : « A Thierry Theroude, 
orbateur, pour quatre papiers de fin or battus, delivres 
a Michelet Saumon, peintre de mond. Seigneur, le 
14 fevrier 141 5 (5): i3 livres. » M. Ra3'nal cite plu- 
sieurs autres ouvrages du meme peintre, dont il a 
sans doute recueilli I'indication dans les Archives de 
Bourges. 

Bien que cette digression sur les artistes de lacour 



ccrivain. 



(i) Arch. Nat., KK 25o, fol. 76 v°. 

(2) Ibid., fol. 78 v°. 

(3) Voy. tome II, p. 293. 

(4) Arch. Nat., KK 25o, fol. 99 v", loi v", 109 v' 
(3) Ibid., fol. 73 V". 



INTRODUCTION 



ducale soit longue deja, on nous permettra de la com- 
pleter en enumerant brievement les maitrcs de I'ceuvre, 
on dirait architectes aujourd'hui, et les iniagiers ou 
sculpteurs qui prirent une part active aux grands tra- 
vaux executes sur les ordres du due de Beny. 
Chateaux du Avaut de di'esser cette liste, il nous parait indispcn- 

duc de Beny. , 

sable de presenter un etat sommaire des nombreux cha- 
teaux ou logis que le Due possedait, soit a Paris et aux 
environs, soit dans le Berry et dans d'autres provinces, 
chateaux que ses macons et imagiers avaient la charge 
d'entretenir ou de decorer. 

Les chateaux de Bourges et de Mehun sur Yevre (i) 
sont trop connus pour qu'il soit besoin de nous y arreter. 

Quand il sejournait a Paris, le prince habitait ordi- 
nairement I'hotel de Nesle, dont Charles VI lui avait 
confere la pleine propriete, le 25 octobre i38o (2), et 
dont il avait, en i386, augmente les dependances par 
I'acquisition de tuileries situees le long de la Seine, 
pres le Pre aux Clercs (3). 

Par le meme acte, le Roi octroyait a son oncle, sa 
vie durant, la jouissance de la maison royale du Val la 
Royne, ou Vaux la Reine, situee sur la commune de 
Combs la Ville (4), et dont I'existence remontait au 
moins a 1260. Comme on ne trouve pas trace, par la 
suite, de ce domaine dans les comptes du Due, il serait 
possible qu'il Teut vendu ou echange contre le chateau 
de Vincestre, ancien nom de Bicetre.C'est a Bicetre que 
notre prince avait reuni les precieuses collections qui 
furcnt entierement aneanties en 141 1, dans I'incendie 



(i) Le due de Berry avait donne, en 1414, son chateau de Mehun sur 
Yevre au due de Guyenne, ills de Charles VI ; mais ce prince inourut 
I'annee suivante (Raynal, tome II, p. 496). 

(2) Arch. Nat., J i85, n° 5o. 

(3) Arch. Nat., J 186, n" 57, i3 Janvier i385 (anc. st.) 

(4) Entre Lieusaint et Melun, dcpartement de Scine-et-Marne. 



INTRODUCTION LXXXIII 

allumc par les Parisiens au debut de la luttc entre Ics 
Armagnacs et les Bourguignons (i). 

Un acte du mois de juillet i386 relate la vente d'un 
hotel a Saint-Marcel-lez-Paris, consentie au due de Beny 
par Miles de Dormans, eveque de Paris. Ainsi s'aug- 
mentait chaque jour, par dons et achats, cette immense 
fortune territoriale (2). 

Dans les environs de lacapitale, le Due possedait les 
chateaux de Dourdan et d'Etampes. Ces demeures sei- 
gneuriales, se trouvant sur le chemin du Berry, servaient 
sans doute d'etapes lors des frequents voyages entre 
Bourges et Paris. Elles avaient appartenu au comte 
d'Etampes, acquis par le Due, lors de la mort de Louis 
d'Anjou, en echange de la principaute de Tarente. 

En Auvergne, le prince residait frequemment au cha- 
teau de Nonette, qui passait pour un des plus forts de 
la province ; cette demeure feodale fut demolie sous 
Louis XIIL Certains indices donneraient a supposer que 
le chateau de Lusignan en Poitou, plusieurs fois pris 
et reprisdans les luttes contre les Anglais, faisait ega- 
lement partie du domaine du due Jean. 

Les comptes des batiments, dont nous ne nous posse- 
dons qu'un fragment pour la periode comprise entre 
1 382 et 1 387, mentionnent des travaux executes au cha- 
teau de Poitiers. Le Due en avait done garde la pro- 



(i) Un registre de cens dus au chapitre de Paris a cause du chateau de 
Bicetre renferme a la premiere page une curieuse vue a vol d'oiseau 
des tours de ce chateau. Mais ce dessin, datant de 1474, ne donnerait 
par consequent I'etat du chateau qu'apres I'incendie et la restauration 
(Arch. Nat., S 543). 

(2) Arch. Nat., J 187, n" 14. — Cf. J i85, no 41 et J 186, n" 70, 71, 72 
constatant d'autres acquisitions de biens au meme endroit, en 1387 et 
i388. Le 16 mai 1402, Pierre d'Orgemont, eveque de Paris, vendait au 
Due I'hotel des Tournelles, sis a Paris pres le chateau et la bastide 
Saint-Antoine (Delisle, Les Collections de Bastard d'Estang. i885 
in-8). 



LXXXIV INTRODUCTION 

prictc quand il cchangca Ic comte dc Poitou contre Ic 
duche de Berty. 

Un article de ces comptes nous apprend encore que 
Jean possedait une demeure dans la ville dc Rouen; 
mais nous avons vainement cherche quelque indication 
precise sur cette residence. 

Enfin, dansun des registres dont on vient de parlcr, 
so trouve I'article suivant : « A Monseigneur, le 17 
« novembre 1897, 4'-^'^^ ^^^ faire, en son hostel a la 
« Grange, I'obseque de feu Monseigneur de Montpen- 
« sier, pour offrir, xx sous tournois » (i). 

De ce passage, il semble resulter que le due de Berry 
possedait une demeure en un lieu dit La Grange; mais 
ce nom etant fort commun, il est difficile, en I'absence 
de document explicite, de determiner I'emplacement de 
ce chateau (2). 

Voici environ une douzaine de residences differentes, 
tant a la ville qu'a la campagne. II est probable qu'avec 
ses gouts changeants, le due de Berry n'habita que fort 
peu certaines de ces demeures. II se plaisait surtout 
a Mehun-sur-Yevre, a Bourges, a Nonette, a Bicetre, 
a Dourdan, en son hotel de Nesle. II n'etait pas inutile 
de signaler ces multiples habitations, dont nous n'avons 
pas le loisir d'etudier a fond I'histoire, car certaines 
d'entre elles sont probablement representees sur les 
premieres pages du manuscrit de Chantilly. Ces mer- 
veilleuses miniatures figurent, on le salt, douze chateaux 
importants. Tous n'appartenaient pas au due de Berry, 
puisque sur deux d'entre elles on reconnait le Louvre et 
le chateau de Vincennes. II ne reste pas moins fort pro- 

(i) Arch. Nat., KK 253, fol. ii ct i8. 

(2) Pcut-iitrc La Grange Bleiieau dans la Brie, pres Courpalais. II y 
avail aussi un cliatcau dc La Grange aux environs dc Dourdan ct un 
autre pres dc Ncautle. <m mourut, coninic on Ta vu, la grand'inure de 
notrc prince. 



INTRODUCTION 



bable que le prince prit plaisir a voir peindre dans ce 
volume plusieurs de ses habitations preferees ; peut-etre 
arrivera-t-on, au prix de patientes recherches, a identifier 
les chateaux dessines sur les premiers feuillets du livre 
d'Heures de Chantiliy(i). 

Le premier architecte emplo3^e par le due de Berry, 
dont on rencontre le nom dans les documents, serait, Archuectes 
d'apresM. G. Ledos, Gui de Dammartm, nomme general voeuvre. 
maitre des ceuvres du Due vers iSGy. II aurait eu pour 
successeur Jean de Terna}'. Quant a determiner la part 
de chacun d'eux dans les grands travaux de Poitiers ou 
de Bourges, c'est une tache a peu pres impossible a 
mener a bien. 

Jean Guerart, maitre des oeuvres de maconnerie, fut 
a la fois un architecte distingue et un serviteur de con- 
fiance ayant I'oreille de son maitre. Sans cesse occupe 
par le prince de 1384 a 1414, non seulement il donne les 
plans des constructions projetees, mais il prend part a 
des negociations delicates. En 141 4, il part pour I'An- 
gleterre avec Tarcheveque de Bourges, chancelier de 
Berry (2). Comme on le trouve employe a Bourges pen- 
dant une trentaine d'annees, M. Raynal (3) lui attribue 
les plans de la Sainte-Chapelle qu'il aurait edifiee avec 
le concours de Guillaume deMarcill}^, maitre des osuvres 
de charpenterie. 

C'est a peu pres le seul artiste berrichon, avec le pein- 
tre Michelet Saumon, dont le baron de Girardot ait 



(i) Dans cctte occurrence, le due de Berry se trouve en quclque sortc 
le precurseur de Louis XIV qui fit peindre, comme on sait, douzc resi- 
dences royales pour servir de modeles aux tapissiers des Gobelins, et sc 
plut il envoyer cette suite famcuse en Europe ct dans les regions loin- 
taines afin de repandre partout I'idce de sa puissance et de sa gran- 
deur. 

(2) Arch. Nat., KK 25o, fol. 27. 

(3) Tome II, p. 442. 



LXXXVI INTRODUCTION 

relcve le nom, pour le commencement du xiv' siecle, 
dans sa monographic des artistes de Bourges. 

Les comptes citent deux maitres des oeuvres de 
charpenterie anterieurs a Guillaume de Marcilly : Colin 
de Villars qui travaillait en 1870 aux reparations de 
rhotel habite par I'archeveque de Bourges (i), et Jean 
Mace, occupe, en iSyS, avec une equipe de charpentiers, 
a la bastide de Lusignan (2). 

Un verrier, mentionne dans les textes sous le nom de 
Pierre le Verrier, est employe en 1870 « a appareiller les 
verrieres de I'hotel dudit archevesque « (3). 
imagicrs. Les documcnts nous ont revele un certain nombre 

d'imagiers inconnus jusqu'ici. Le i5 octobre 1370, le due 
de Berry va voir « certains ymagesd'alabastre » executees 
par Jacques le Macon ; il fait payer, a cette occasion, une 
gratification de 40 sous pour le vin des valets (4). 

La meme annee, Jean Bertaut, macon, recoit 20 li- 
vres pour le prix de « quatre grans pierres de Chailli 
« que mondit Seigneur a fait achater de luy pour fere 
« ymages pour la chapclle que mondit Seigneur afondee 
« en la grant eglise de Bourges ». Puis, c'est une somme 
de 20 sous, remise au meme « pour la facon d'un chaffaut 
« qu'il a fait pour asseoir une ymage de Nostre Dame 
« en la meme chapellc (5) ». 

En 1 37 1, Jacques Collet, « ymager de Monseigneur », 
touche 20 livres tournois a valoir sur ses gages (6). 

Un compte de i383 contient ce curieux article : « A 
« Regnaudin de Bossut, ouvrer de ymaginerie, sur son 
« marche de tailler en boys une dozenne de testes de 



(i) Arch. Nat., KK 25 1, fol. 3 5. 

(2) Ibid.^ fo'l. 102 v°. 

(3) Ibid., fol. 35. 
(4)7^/^., fol. 28 v. 

(5) Ibid.., fol. 34 v". 

(6) Ibid., fol. 22 vo. 



INTRODUCTION 



(( cerfs a tout Ic coul et pestrine hors du mur oil elles 
« seront, assavoir chascune teste pour le prix de 6 li- 
ce vres (i). )) Une note ajoutee en marge constate que 
Regnaudin n'a3'ant termine que trois tetes, n'eut que 
iX livres, suivant les conventions du marclie. Gette de- 
coration se retrouve dc tout temps dans les chateaux 
^itues a proximite de chasses giboyeuses, comme Fon- 
taineblcau et Versailles. N'est-elle pas encore en honneur 
aujourd'hui chez les riches proprietaires passionnes 
pour les exploits cynegetiques ? 

En fevrier 1 386, 2 1 livres sont allouees a « Arnol Athe- 
non, ymager », pour avoir decorc « de testes d'anges le 
(( grand batel que Monseigneur avoit ordonne estre fait 
(c pour son esbat aupres de son chastel de Poictiers » 
et avoir modele « une grant teste de cerf pour la lence 
« dud. bastel (2) ». 

Enfin, au mois d'aout 1400, Timagier Dammartin, 
rccoit du due de Berry un message, apporte de Paris a 
Aubigny par le chevaucheur Petit Barre (3). Nous igno- 
ron naturellement I'objet de cette lettre. Peut-etre cet 
imager est-il le meme individu que Dreux de Dammartin, 
nomme dans un autre article du meme compte, a cote 
du peintre Jaquemart de Hodin (4). 

Le tombeau du due de Berry et de Jeanne de Bou- 
logne, sa seconde femme, erige par les soins du roi Char- 
les VII et aujourd'hui conserve dans la chapelle souter- 
raine de la cathedrale de Bourges, etait I'ceuvre d'un 
fort habile imagier; mais cette tombe ne fut mise en 
place dans la Sainte-Chapelle que longtemps apres la 
mort du prince. Le musee de Bourges a garde huit des 



(i) Arch. Nat., KK 256-257, fol. Sy v". Cf. I'article de Guillaume Des- 
champs charge de peindre une tete de cerf en iSjg (p. lxxx ci-dessus), 

(2) Ibid., fol. 38 yo. 

(3) Arch. Nat., KK 2 53, fol. 80 V. 

(4) Ibid., fol. 78 vo. 



Joy 



LXXXVIII INTRODUCTION 

quarante statues de pleurcurs qui entouraicnt Ic monu- 
ment a Torigine ct qui rappellent les iigures des torn- 
beaux de Dijon. 

En poursuivant nos recherches nous aurions sans 
doute plus d'un nom nouveau a joindre a ceux qui vien- 
nent d'etre cites ; mais ce serait donner trop de develop- 
pement a une digression queique peu etrangere aux 
inventaires, objet essentiel de notre travail. 

Dans une recente etude sur les rapports du due de 
Berry avec I'ltalie et Tart italien (i), relations dont nos 
propres investigations ont fourni plus d'un temoignage 
curieux, I'auteur, s'appuyant sur une lettre de Pierre le 
Fruitier, dit Salmon, sorte de factotum du due de Berry, 
plusieursfois nomme dans nos inventaires, arrive a cette 
conclusion que le prince avait fait venir de la peninsule, 
sur les conseils de son correspondant, un « intarsiatore « 
fameuxde Sienne, nomme Domenico di Niccolo. La let- 
tre de Pierre le Fruitier est datee de Janvier 1408; or, 
precisement a cette epoque, on perd la trace de Dome- 
nico en Italie. Le grand polyptique du Louvre, decore 
de bas-reliefs en os et venant de I'abbaye de Poissy, ne 
pourrait-il pas lui etre attribue? Les preuves manquent; 
mais, dans tous les cas, le gout prononce du grand 
amateur pour les productions de I'art transalpin rend 
rh3^pothese de M. de Champeaux assez plausible. 

■at,x du due Apres avoir nasse en revue les nombreuses personna- 

dc Berry. ^ ^ 

'1) A. de Champeaux, Les relations du due de Berry avec I'art ita- 
lien, dans la Gazette des Beaux-Arts, annee 1888, tome XXXVllI, 
p. 409-415. Dans Ic mcime article, i'auteur cite un portrait du due de 
Berry en miniature , inserc dans le livre ou Salmon raconte son 
voyage en Italie, manuscrit conserve a la Bibliotheque Nationalc. Sur 
cette miniature le Due, debout, a cote de Charles VI, dans une salle 
de I'hotel de Saint-Pol, refoit la relation du voyage de Salmon. — 
Voyez aussi, sur le livre de la Cite de Dieu, reclame apres la mort du 
Due par Pierre le F'ruicticr et a lui rcstitue, notre tome II, page 3o2. 



INTRODUCTION 



litcs citces a des titrcs divers dans Ic registre de Robinet 
d'Etampes, donateurs, donataires, orfevres, marchands, 
peintres, nous allons nous occuper maintenant des 
joyaux et autres objets enumeres dans notre texte. II est 
indispensable, pour plus de clarte, de diviser ces articles, 
suivant leur nature, en un certain nombrede categories. 
Nous examinerons done successivement les pierres pre- 
cieuses, les joyaux de chapelle, les joyaux de corps, les 
curiosites diverses, les tapisseries et broderies, le linge et 
les vetements ; on terminera par les manuscrits. 

Le marquis de Laborde qui a tire un si grand parti 
de I'inventaire du due de Berry pour son Glossairc 
des Emaiix, a fait deux remarques essentielles : au 
moyen age, la pierre la plus estimee est le rubis; il est 
prise bien au-dessus du diamant. En second lieu, le due 
de Berry a possede la plus riche collection de rubis qui 
existat de son temps, la plus belle peut-etre qui ait jamais 
ete reunie. 

Autrefois comme aujourd'hui, les pierres exception- 
nelles recevaient une denomination earacteristique, tirce 
de leur forme, de leur origine, de leur possesseur, ou 
de quelque particularite notable. L'inventaire de 141 3 
offre de nombreux exemples de cette coutume. 

Le due de Berry n'a pas moins de quatorze rubis et Rubis a bauns. 
six balais juges dignes par leur grosseur, leur eclat, 
leurs qualites exceptionnelles , de reeevoir un nom. 
Sous le terme de rubis balai etaient comprises, comme 
on salt, les pierres d'un rouge un peu moins vif que 
les rubis proprement dits ou rubis d'Alexandrie. C'est 
done une vingtaine de rubis baptises d'un titre, tandis 
que la collection ducale ne renferme que cinq autres pier- 
res, soit deux diamants, deux saphirs et une emeraude, 
et en outre deux perles, designees par un sobriquet spe- 
cial. Ces pierreries, d"une importance et d'une valeur 
singulieres, ont souvent change de proprietaire depuis 



INTRODUCTION 



le due dc BeriT ; mais serait-il trop temcraire de suppo- 
serque leurmerheparticulier a preserve certaines d'entre 
elles de la destruction ? Une pierre d'un prix aussi eleve 
n'est jamais detruite que par accident; elle se perd rare- 
ment. On garde avec un soin jaloux un bijou qui vaut 
une fortune. Sans doute, les descriptions de I'inventaire 
sont en general trop succinctes pour permettre d'iden- 
tifier avec entiere certitude ces gemmes mervei Ileu- 
ses. Toutefois, ne serait-il pas possible a un lapidaire 
exerce, connaissant bien les pierres renommees existant 
dans les grandes collections de TEurope, d'y retrouver 
et de reconnaitre quelques-uns des plus beaux jo3^aux du 
tresor de Bourges ? 

La plupart de ces pierres magnifiques provenaient 
d'achats. Fort au courant des gouts du prince francais, 
les marchands s'empressaient de lui presenter ce qu'ils 
pouvaient decouvrir de plus rare . Presque tons les 
rubis venaient d'Orient, d'ou le nom de rubis d'Alexan- 
drie qu'on leur voit souvent attribue. Ce commerce etait 
surtout entre les mains des Italiens ou des Juifs. C'est 
un Venitien, Louis Gradenigo, qui vend a notre prince 
le rubis de lafossette et le rubis dit le grain d'orge (i), 
moyennant le prix de 3,ooo ecus d'or chacun. Du meme 
marchand le due de Bourgogne Jean Sans Peur tenait 
la magnitique pierre qu'il donnait a son oncle au mois 
de juillet 141 3 (2) et que le due de Berr}' avait baptisee 
du nom significatif de roi des rubis, avant de le rendre, 
en 14 1 6, au marchand venitien, probablement pour 
eteindre quelque dette criarde. L'examen attentif des 
comptes des dues de Bourgogne fera peut-etre con- 
naitre un jour la valeur de ce rubis exeeptionncl. 

Un autre marchand italien, le Florentin Andre 



(i) Invent. A, art. 348 et 849. 
(2) Art. 1 148. 



INTRODUCTION XCI 



Sucre, dit Massa}-, vend, en juin 1409, pour la somme 
enorme de 7,3oo ecus d'or, le r^iibis dc la nite (i). II 
est vrai que deux autres pierres etaient comprises dans 
le marche;mais elles comptaient pour bien peu. 

Le riibis de la montagne est paye 5, 000 ecus d'or a 
Jean Sac, en 1406 (2) ; le rubis de Berrj, vendu par Baude 
de Guy (3) en 1408, coute 1,200 ecus. 

En comparantces chiffres eleves aux prix d'estimation 
fixes par les executeurs testamentaires, on constate une 
depreciation considerable en fort peu de temps. Ainsi, le 
rubis de la montagne, paye 5, 000 ecus en 1406, n'est plus 
cote, onze ans plus tard, que i,5oo livres, soit environ 
le dixieme de son prix d'achat. Le rubis de la fossette 
tombe de 3, 000 ecus a 400 livres; le rubis de la nue de 
7,3oo ecus a 1,1 25 livres. Parfois, cependant, revalua- 
tion se rapproche davantage du chiffre d'acquisition. 
Le rubis de Berry , acquis pour 1,200 ecus en 1408 (4), 
est encore estime 1,687 livres 10 sous en 141 6 ; c'est 
la une exception due sans doute a des circonstances 
particulieres. La regie generale est une diminution 
enorme, depassant parfois les neufdixiemes. Comment, 
en presence de pareilles variations, poser des regies 
meme approximatives pour ramener les anciens prix au 
pouvoir actuel de I'argent? 

La passion de notre prince etant universellement con- 
nue, chacun s'empressait a I'envi de la satisfaire. Le due 
d'Orleans offre a son oncle le rubis de la poule (5), qui 
devient bientot I'objet d'un singulier trafic. Donnee, 
sans doute en payement, a Guillaume de Lodde, cette 
pierre fut rachetee de ses heritiers par le due de 



(i) Invent. A, art. 347. 

(2) Art. 343. 

(3) Art. 345. 

(4) Art. 345. 

(5) Art. 352. 



XCII INTRODUCTION 

Berry (i) qui nc s'en etait probablement defait qu'a son 
corps defendant. II la paya cette fois 700 francs. Or, elle 
figure dans son inventaire apres deces pour la somme 
de 1,125 livres tournois. Le due de Berry n'a certes 
jamais realise une autre operation aussi brillante. 

Philippe le Hardi en mourant avait legue a son frere 
un rubis dit le canir de France, estime 800 livres en 
1416 (2). 

Le due de Guienne, fils de Charles VI, se montre 
aussi fort empresse a se mettre dans les bonnes graces 
de son grand-oncle. II lui fait don, en 141 4, du riibis de 
Guienne (3), prise 2,260 livres par les executeurs testa- 
mentaires . C'est encore de son neveu que le due de 
Berry recoit, le i"" Janvier 141 5, le balai de la chdtai- 
i^'ue (4) qu'il fait entrer dans la decoration de la fameuse 
croix destinee au Roi de France, a laquelle il eonsacrait 
ses plus beaux joyaux, et dont la monture n'etait pas 
achevee au moment de sa mort. 

Le rubis teigneux el le rubis de roirille (5) avixiem servi 
I'un et I'autre a enrichir un reliquaire abandonne a Guil- 
laume de Lodde pour eteindre une dette. 

Deux autres pierres, le rubis de la caille (6) et le rubis 
de Glocester (7) n'appartenaient deja plus au tresor de 
Bourges quand Robinet d'Etampes en devint le gardien. 
Avant 1413, le premier avait ete offert au roi de France 
et le second avait passe entre les mains de Guillaume 
de Lodde. 

Bien que d'une couleur moins vive que le rubis pro- 



(i) Invent. A, art. 1 147. 

(2) Art. 35o. 

(3) Art. 1 1 52. 

(4) Art. 1 1 63. 

(5) Art. 187. 

(6) Invent. B, art. 126. 

(7) Ibid., Art. i3o. 



INTRODUCTION XCIII 

prement dit, et par consequent moins estime par les con- 
naisseurs, le rubis balai atteignait cependant parfois une 
valeur enorme. En faut-il d'autre preuve que le prix 
du fiTos balay de V2nise, paye 18,000 francs, en Jan- 
vier 1408, a la duchesse d'Orleans (i). Le due de Berry 
le consacra, comnie le balai de la chdtaigne, a I'or- 
nement de sa belle croix donnee au roi de France. II 
fit le meme usage du balai d' Orange (2), achete, en 
1408, 2,000 ecus d'or, de deux anciens serviteurs 
du Roi. 

Rarement, I'lnventaire donne le poids de ces pierres 
exceptionnelles; c'est fort regrettable a coup siir, car ce 
serait un des signes distinctifs les plus propres a les 
faire reconnaitre. Notons avec soin I'exception faite pour 
le balai du pape et le balai de la crete de coq (3). Le pre- 
mier, rond, perce et « glaceux » par endroits, pesait 240 
carats; le second, long et perce dans le sens de la lon- 
gueur, etait du poids de 170 carats. 

Quand nous aurons rappele le J'libis de Boiirgogne, 
legue au roi de France et incidemment cite dans une 
note de Robinet d'Etampes (4), et le balai de David, mis 
en gage, apres 141 3, pour une somme de pres de 
8,000 livres, et prise par les executeurs testamentaires 
5,5oo livres (5), nous aurons passe en revue tons les 
rubis remarquables de la collection. 

Peu de chose a dire des autres pierres. Des deux sa- Sapiurs. 
phirs juges dignes de recevoir un nom distinctif, le pre- 

(i) Invent. A, art. 363. 

(2) Art. 364. 

(3) Art. 359. 

(4) Art. 429. 

(5) Nous possedons un autre tcmoignage de la haute valeur du 
balai de David. Un acte de procedure, redige en 141 3 pour obtenir que 
la garde de ce joyau fiit contiee a Bureau de Dammartin, tresorier de 
France, constate que le Parlement portait a 7,000 ecus d'or d'cstimation 
du balai de David (Arch. Nat., KK 25o, fol. 77 v"). 



XCIV INTRODUCTION 

mier, le saphir de Melun (i), est employe a la decoration 
de la belle croix executee pour le Roi ; I'autre, baptise le 
grant saphir de Bourgogne (2), en raison de sa prove- 
nance sans doute, presente cette particularite remarqua- 
blc qu'il portait une tete d'homme gravee en creux. Etait- 
ce une intaille antique? Les experts charges de revalua- 
tion des biens I'estimerent i,5oo francs. 
Emeraudcs. Le duc de Berry semble avoir fait peu de cas des 
emeraudes. La bonne emeraude, la seule qui porte un 
nom determine, est prisee, en 1416, i5 livres (3). Les 
autres pierres de meme nature n'ont guere plus de prix. 
Diamants. Le diamant dit diamant de saint Louis devait offrir a 
un prince de la maison de France une valeur inappre- 
ciable, s'il avait reellement appartenu au fils de Blan- 
che de Castille (4). En 1408, le duc de Berry le paya 
3oo ecus d'or aux individus qui lui vendirent le balai 
d'Orange. Huit ans plus tard, lors de la mort de son 
possesseur, le diamant de saint Louis est encore prise 
337 livres 10 sous. 

Le diamant de Chartres (5), offert par le chapitre de 
cette eglise auduc de Berry, passa peu apres en la pos- 
session du duc de Guienne, auquel il fallait bien olfrir 
quelque joyau en retour des nombreux presents que 
notre prince ne cessait de recevoir de lui. C'est encore 
le duc de Guienne qui leguait par son testament a son 
pcries. grand-oncle deux des plus belles perles du tresor de 
Bourges : la grosse perk de Berry, evaluee, en 141 6, 
4,000 livres tournois (6), et la grosse perle de Na- 
varre (7), cotee 2,000 livres a la meme date. 

(i) Invent. A, art. Syi. 

(2) Art. 377. 

(3) Art. 41 1. 

(4) Art. 427. 

(5) Art. 441. 

(6) Art. 1200. 

(7) Art. 1 201. 



INTRODUCTION XCV 

On pourrait relcver ca et la bien d'autres particula- 
rites curieuses et signaler nombre de pierres d'une grande 
valeur, telles que Ic diamant de 5,ooo ecus et les trois 
perles de 2,000 ecus (i), qui furent affectees a la rancon 
du comte d'Eu ; mais les details qui precedent suffisent 
pour donner un apercu de la composition de cette col- 
lection unique. 
Arrivons maintenant aux joyaux proprement dits. 
Avant 1404, c'est-a-dire avant la donation de ses plus ^/^j]'^:!'^^^^ 
precieux tresors a la Sainte-Chapelle de Bourges, le Due 
possedait un ensemble d'images, de croix, de calices, de 
tableaux d'autel, de reliquaires, de portepaix et d'autres 
ornements religieux, la pluparten or, d'une magnificence 
inouTe. A quelques-unes de ces pieces d'orfevrerie reli- 
gieuses avait ete attribuee une designation significative, 
comme celles de croix aux emeraiides, petite croix aux 
emeraudes, croix des emaux de petite, ct^oix de Blois (2), 
ces dernieres donnees a la Sainte-Chapelle. Une croix 
appelee la croix de Bourgogne (3) n'existait deja plus 
en I4i3; ses debris figurent en divers chapitres du 
compte de Robinet d'Etampes. Une autre croix, dite le 
V02U de Lucques[X), passa de bonne heure entre les mains 
de Guillaume de Lodde. 

Toute cette riche orfevrerie d'eglise, inscrite sur les 
premieres pages de I'inventaire de 1404, ne tarda pas a 
etre remplacee par d'autres pieces presque aussi remar- 
quables. Si les croix et les figures d'or paraissent moins 
nombreuses dans le compte dc Robinet d'Etampes que 
dans le precedent inventaire, on y trouve par centre des 
morceaux d'un interet capital. Tel est ce grand joyau 



(i) Invent. S G, art. 773 ct i335. 

(2) Invent. B, art. 8, 23, 27, 49. 

(3) Invent. B, art. 25 et Invent. A, art. 35g. 

(4) Invent. B, art. 28. 



XCVI INTRODUCTION 

d'or(i), de troispieds et demi de haut, decore des figures 
de la Trinitc, de TAnnonciation, de saint Georges et de 
saint Michel, de deux anges et aussi des images du due et 
de la duchesse de Berry; le tout garni de soixante-quatre 
balais, quarante-sept saphirs, deux rubis, deux diamants 
et deux cent vingt-six perles. L'or de ce joyau magnifi- 
que pese 129 marcs 7 onces. Sa valeur meme devait cau- 
ser sa perte. D'abord mis en gage chez Bureau de Dam- 
martin, marchand parisien, comme garantie d'un pret de 
18,023 livres, iq sous, 9 deniers, le grand joyau d'or sor- 
tait du tresor, vers la fin de I'annee 141 5, probablement 
pour aller a la fonte. C'etait, d'ailleurs, le sort reserve 
a toute cette splendide orfevrerie d'eglise ; elle cons- 
tituait reellement une sorte d'epargne ou de reserve 
pour les cas de supreme nc'cessite, et les princes du 
sang, aussi bien que les rois de France, ne se firent pas 
faute d'y puiser quand le besoin les y contraignit, Les 
notes de nos inventaires, et aussi le compte de Char- 
les VI deja cite, etablissent que, moins d'un an apres 
lamortdu due de Berry, bien peu de chose subsistait 
des immenses tresors amasses par notre prince, si on 
en excepte les ornements donnes a la Sainte-Chapelle de 
Bourges ou a diverses eglises. 

Sur les dons faits a la Sainte-Chapelle nous n'avons 
pas a insister, le texte des inventaires cotes ici A et D 
contenant a ce sujet les details les plus complets; mais 
nous dirons quelques mots des joyaux qui entrerent 
dans les tresors des chapitres de Paris et de Chartres. 
Dons offerts a II est assez singulicr que, parmi les obiets offerts a 

Vcglisede Paris. ^ ^ . . , 

I'eglise de Paris, d'apres nos documents (2), ne figure 
nulle part cette precieuse relique du chef de saint Phi- 
lippe que le due de Berr}^ avait enfermee dans un rcli- 



(i) Invent. A, art. 14. 
(2) Art. 20, 36o. 



INTRODUCTION XCVII 

quaire d'or enrichi dcpierres prccicuses, pour le donncr 
a I'eglise de Notre-Dame en 1400. Charles IX fit fondre 
ce Joyau pendant les guerres de religion, et, quelques 
annees plus tard, en i58o, le chapitre remplacait parun 
nouveau chef en or le magnifique reliquaire venant du 
due de Berry (i). 

La meme eglise a conserve Jusqu'a la fin du xvnf siecle 
un grand reliquaire d'or, appele le tableau de saint Sebas- 
tien, donne par notre prince en 141 3 (2). Ce tableau ren- 
fermait les ossements d'un grand nombre de saints 
enumeres par les historiens du tresor. C'est, selon toute 
probabilite, le reliquaire auquel il est fait allusion dans 
une note (3) et que le due Jean reprit a la Sainte-Chapelle 
de Bourges pour I'offrir a I'eglise de Paris. 

Le reliquaire d'oravec une dent de lait de laVierge(4), 
que Robinet d'Etampes declare avoir ete concede a la 
meme eglise, n'est pas mentionne sur les inventaires du 
tresor de Notre-Dame de Paris; mais le livre de Gueffier 
signale une medaille de saint Michel, d'or emaille, pro- 
venant d'un don de 1406. 

Le magnifique reliquaire d'or du chef de saint Phi- 
lippe nous fournit encore la preuve formelle que les 
divers inventaires sont loin de comprendre tous les 
joyaux ayant appartenu au Due ou executes sur ses or- 
dres. Cette nomenclature demeurera toujours forcement 
incomplete. En ce qui concerne du moins le superbe 
chef de saint Philippe, les textes et les descriptions 
abondent. M. Francois Delaborde (5) a raconte recem- 



(i) C. p. Gueffier, Description des ciiriosites de I'eglise de Paris, 1763, 
in-S", p. 267. 

(2) Ibid.,' p. 292. 

(3) Invent. A, art, 36 1. 

(4) Ibid., art. 20. 

(5) Le procds du chefde saint Denis, daw?, les Me'moires de la Socie'te 
de I'histoire de Paris et de Vile de France, tome XI, 1884, p. 297-409. 
II a ete fait un tirage a part de ce Memoire. 

g 



XCVIII INTRODUCTION 

ment, avec un grand luxe de details piquants, I'liistoire 
de ce joyau rare, offert au chapitre de Notre-Dame, au 
debut de I'annee 1406, en echange d'une parcelle du 
crane de saint Denis, relique dont les Religieux de Saint- 
Denis niaient energiquenient I'authenticite. Cette contes- 
tation aboutit meme a un proces dont les ctranges peri- 
peties ont ete resumees par I'auteur du memoire cite 
plus haut. Nous n'en parlons ici qu'en raison du role 
joue dans cette affaire par le due de Berr}^ Aussi bien, 
fut-il contraint de se rendre ii I'evidence des preuves pro- 
duites par les Religieux, et de renoncer a la satisfaction 
de posseder un fragment des restes de I'apotre venere 
des Gaules. La negligence avec laquelle une si fameuse 
relique est abandonnee dans une saliere de cristal (i) 
laisse assez entendre que le due de Berry avait perdu 
toute confiance en son authenticite. 

L'eglise de Chartres, moins scrupuleuse que les Reli- 
gieux de Saint-Denis qui, eux, n'avaient consenti, sous 
aucune condition, a se dessaisir de la moindre parcelle 
des ossements de leur glorieux patron, fit abandon d'un 
tableau d'or (2) contenant un morceau de la vraie croix, 
conserve depuis un temps immemorial dans son tre- 
sor. Sans doute, les chanoines ne s'etaient rendus 
qu'a la derniere extremite; car, peu de temps avant sa 
mort, le Due, pris sans doute de remords, ordonna de 
restituer I'insigne relique a l'eglise de Chartres, ce qui 
ne souffrit aucune difficulte. 

C'est un scrupule de meme nature qui fit rentrer I'ab- 
baye de Saint-Denis en possession du manuscrit des 
Chroniques de France (3), prete au due de Berry pour en 
prendre copie et reste dans sa librairie jusqu'au jourde 



(i) Invent. A, art. i32. 

(2) Art. 69. 

(3) Art. 1249. 



INTRODUCTION 



sa mort. II semblerait meme, d'apres la note qui relate 
cette particularite, que le confesseur du prince dut inter- 
venirpour obtenir cette restitution. 

Dans I'inventaire du tresor de Chartres, M. de Mely Dons oferts 
signale (i), comme provenant des liberalites du due ' c/iartres. 
Jean, une Vierge d'ambre gris. Peut-etre ce don serait- 
il d'une date anterieure a 1401, car cette figure ne 
parait sur aucun inventaire. Le tableau d'or pose sur 
huit ours, detail qui vaut bien un certificat d'origine 
authentique, et contenant du bois de la vraie croix avec 
d'autres reliques, donne a I'eglise de Chartres en 1406 (2), 
n'est pas mentionne non plus sur le premier de nos 
inventaires. Au surplus, les nombreuses liberalites (3) 
du frere de Charles V au sanctuaire venere de Chartres 
sont officiellement constatees dans la lettre de remerci- 
ment ecrite par le Chapitre, le 8 aout 1406, probablement 
a la suite de la reception du reliquaire porte sur des ours. 
L'inventaire du tresor de Chartres nous fait ainsi con- 
naitre de precieux Jox^aux qui n'ont jamais figure sur 
la liste des tresors du prince. 

Jusqu'au dernier moment de sa vie, notre fervent col- 
lectionneur ne cessa d'augmenter le nombre des joyaux 
amasses dans le tresor de Bourges (4). A vrai dire. 



(i) Page 12. 

(2) Page 53 de l'inventaire publie par M. de Mely. Les reliques jointes 
au morceau de la croix consistaient en parcelles de la sainte couronne, 
de la sainte pierre, des raclures du saint clou, des morceaux du saint 
linceul, de la robe de pourpre, de la serviette dont Notre-Seigneur se 
ceignit pour iaver les pieds des Apotres, de la ceinture de la Vierge, des 
langes sacrees. Une longue inscription, citee par I'auteur du Tresor de 
Chartres, rappelait tons ces details. 

(3) D'apres M. de Mely (p. i5), le Due aurait offert a cette eglise le reli- 
quaire contenant des cheveux de la Vierge, a lui donne par le pape 
Clement VII, lors de son voyage a Avignon. La statue d'or avec un 
manteau bleu, qui portait le nom de Vierge bleue, viendrait aussi de 
notre prince. 

f4) Voy. Invent. A, p. 288, art. 1 100 et suivants. 



C INTRODUCTION 

beaucoup d'objets acquis en 1413 et les annecs suivan- 
tes proviennent de dons ou de legs. D'autres sent retires 
des mains des marchands auxquels ils avaient ete confies 
en garantie de sommes pretees. 

A cette categorie appartient la croix aiix cristaux, 
estimee 8,000 fr. et vendue 10,000 fr. en 1416(1). Quant 
au joy an dii niont de Calvaire {2), mis en gage chez Guil- 
laume de Lodde, a la croix au rubis [?>), deposee chez 
Jean Tarenne, a la croix au camahieu (4), confiee a 
Bureau de Dammartin, il ne semble pas que le due de 
Berry ait trouve le moyen de les retirer des mains des 
preteurs avant sa mort. 

Signalons encore deux articles consacres a des oeuvres 
d'art exceptionnelles : la cro/x au serpent (5) et la croix 
de Balthasar (6). Encore cette derniere n'existe-t-elle plus 
lors de I'entree en charge de Robinet d'Etampes ; les 
joyaux en avaient ete retires, et c'est par la mention de 
sa destruction que son souvenir et son nom ont ete con- 
serves. 

On ne saurait trop insister sur ce point qu'il est a peu 
pres impossible de suivre dans leurs incessantes meta- 
morphoses les pieces capitales de la collection de Bour- 
ges. Le caprice du Due se plaisait a des remaniments 
perpetuels, et, sous ce rapport, les articles (7) contenant 
I'enumeration des pierres provenant de joyaux detruits 
ne sont pas les moins curieux ni les moins instructifs. 
Parmi les objets a la transformaiion desquels nos textes 
nous font pour ainsi dire assister, figurent des sta- 



(i) Inv. A, art. 1070, io85 et iioo. 

(2) Art. 1074. 

(3) Art. 1084. 

(4) Art. 359 et 1086. 

(5) Art. 7. 

(6) Art. 66. 

(7) Voy. surtout les articles 36 1, 367, 419 et 462 de I'lnventaire A. 



INTRODUCTION CI 



tuettes en or de Dieu le perc, de Notre-Dame, de saint 
Jean-Baptiste, de saint Paul, de saint Pierre, de saint 
Denis, de saint Thomas, de saint Charlemagne, de saint 
Louis, un bapteme du Christ, et quantite d'autres pieces 
de grand prix, dont plusieurs sont des cadeaux offerts au 
due de Berry par son frere de Bourgogne ou par son 
neveu d'Orleans. 

Au nombre des raretes qui excitaient au plus haut saintcs reUques 
point les convoitises de notre prince, il faut mettre en 
premiere ligne les reliques des martjTs et des saints. Rien 
ne lui coutait, comme on vient de le montrer par I'his- 
toire de I'os du crane de saint Denis, pour se procurer 
quelque parcelle d'une relique insigne. 

Les chevaliers qui avaient accompagne Boucicaut dans 
I'expedition de Constantinople, en particulier le sire de 
Chateaumorant, s'etaient empresses de satisfaire a ce 
caprice de collectionneur en rapportant de leur voyage 
quantite de pieux souvenirs a I'intention du prince dont 
la faveur etait fort recherchee. Les inventaires ne men- 
tionnent pas moins d'une quinzaine de croix, reli- 
quairesou autres joyaux (i)contenant des parcelles de la 
vraie croix. L'un de ces fragments, le plus considerable 
sans doute, venait de I'Empereur de Constantinople, avec 
qui notre prince etait en relations assidues. Un autre 
avait ete apporte en France par le sire de Chateaumo- 
rant. 

La liste des autres reliques presente de bien singulieres 
particularites. 

Ainsi, dans la a^oix des emaux de pelite (2), a cote 
d'une parcelle de la vraie croix, sont enfermes divers 
fragments de la robe de Jesus-Christ, des courroies qui 
servirent a I'attacher, de I'eponge, et un des clous de 

(i) Invent. B, art. 5, 8, 12, 25, 49, 182, 214, 2i5, Sgy, 1081 ct Invent. 
A, art. 8, 9, 10, iioo, iioi, iiii. 
(2) Invent. A, art. 49 



INTRODUCTION 



la Passion. Ailleurs, c'est une des pierrcs que Ic Christ 
cliangea en pain dans le desert (i); une piece du man- 
teau d'Elie (2); le chef d'une des onze milleVierges (3); 
les jambes d'un des Innocents mis a mort par Herode (4). 
D'autres articles citent certaines reliques de moindre 
valeur, mais aussi etranges (5). Quelques-uns de ces 
objets ne laissent pas que de poser des problemes diffi- 
ciles a resoudre. Ainsi avons-nous vainement cherche 
a nous renseigner sur la legende a laquelle fait allusion 
cette relique « du fust de la porte de Teglise que saint 
Pierre fist bastir a Rome par I'Ennemi (6) ». 

Le due de Berr}^ n'etait pas plus credule que ses con- 
temporains;mais il partageait le gout de son temps pour 
le surnaturel et le merveilleux.Peut-etre, et certains indi- 
ces sembleraient Tindiquer, n'etait-il qu'a moitie dupe de 
toutes ces designations pretentieuses. II dissimulaitpour- 
tant ses sentiments intimes et paraissait admettre sans 
difliculte I'authenticite de ces tresors suspects, recom- 
mandes surtout par leur origine exotique. 

Qu'est-il advenu de toute cette orfevrerie d'eglise, de 
ces innombrables reliques? Beaucoup ont disparu, soit 
pendant la guerre contre les Anglais, soit au milieu des 
convulsions qui bouleverserent la France dans la seconde 
moitie du seizieme siecle. Le due de Berry lui-meme ne 
se fit pas scrupule, dans les cas de pressante necessite, de 
porter la main sur les objets voues aux usages sacres ; 
C'est ainsi que, lors du siege de Bourges, les vases pre- 
cieux et autres ornements de la Sainte-Chapelle furent 
engages ou fondus. On a vu ce qu'il etait advenu au 



(i) Invent. A, art. 54. 

(2) Art. 274. 

(3) Art. .11 6, 317, 438. 

(4) Art. 3ig, 32o. 

(5) Voy. Invent. A, art. 643, 910, 911, 912, 913 et Invent. B, n° 60. 

(6) Invent. A, art. 910. 



INTRODUCTION CIII 

xvi^ siecle du chef d'or de saint Philippe appartenant a 
Notre-Dame de Paris. Nul doute que le sort de ce precieux 
joyau n'ait ete partage a la meme epoque par les tresors 
de beaucoup d'autres eglises. II existe encore un nombre 
suffisant de proces-verbaux de destructions operees soit 
par les Huguenots, soit par les catholiques, pour en con- 
clure que bien peu de sanctuaires, parmi les plus veneres, 
furent alors epargnes. 

Le musee de Bourges possede une coupe de marbre 
jaune, veine de rouge, en forme de coquille a douze cotes, 
qu'une vieille tradition pretend avoir figure, avec le Sacro 
Catino, aux noces de Cana (i). Meme si on n'ajoute 
qu'une mediocre confiance a cette legende, le vase en 
question offrirait encore un interet exceptionnel, comme 
etant une des dernieres epaves du riche tresor de la 
Sainte-Chapelle. II aurait ete oifert par le Due avec une 
epine de la Sainte Couronne, actuellement conservee 
chez les dames de Saint-Laurent, a Bourges. 

De tous les ornements d'eglise provenant de notre 
prince et encore existants, I'un des plus importants 
est, sans contredit, le grand retable d'autel decore de 
vingt-quatre scenes de la vie du Christ, dix-huit sujets 
de la legende de saint Jean-Baptiste et autant de tableaux 
tires de celle de saint Jean I'Evangeliste. Ce retable en 
OS sculpte, expose dans les galeries du Louvre, fut offert 
a I'abbaye de Poissy par le due de Berry, dont la figure 
agenouillee, accompagnee de celle de sa femme, appa- 
rait dans un coin du tableau avec I'ecu de France 
engrele de gueules. Comment se fait-il que ce monument 
precieux de I'art du xiv' siecle ne soit mentionne dans 
aucun de nos Inventaires? II appartiendrait done a 
cette serie d'objets commandes pour les abbayes ou les 
eglises et qui valurent au prince une reputation de pieuse 



(i) Interme'diaire du 25 septembrc 1888, p. SyS. 



CIV INTRODUCTION 

liberalite, celebree dans les Chroniques contcmporai- 
nes (i); mais, il faut bien le reconnaitre,les joyaux du 
due de Berry qui ont echappe a la destruction sontd'une 
extreme rarete. Leur valeur intrinseque causa leur perte. 
Seuls, les manuscrits histories, ont survecu pour por- 
ter temoignage des gouts raffines de leur ancien posses- 
seur. 
Joyaux de corps. La liste des jo3^aux d*un usage profane, dits joyaux pour 
le corps de Monseigneur le Due (2), abonde en details 
curieux sur le costume du temps . Chapeaux ornes 
de pedes ou de pierres precieuses, ceintures garnies 
d'or, couronnes et colliers d'or, toutes ces parures don- 
nent une idee saisissante du luxe inoui de la cour de 
France peu d'annees avant le desastre d'Azincourt. Les- 
fermails ou fermaillets d'or, rehausses de pierres pre- 
cieuses, sont de la plus grande richesse. L'art de Torfe- 
vre se donne libre carriere sur cette piece capitale de la 
parure, Le due de Berry possedait un fermaillet deeore 
des plus beaux joyaux de sa collection (3), notamment 
de ce balai paye 16,000 ecus a Janus de Grimault, 
de deux diamants achetes 6,000 ecus, de deux autres 
diamants valant 2,800 livres, enfin d'un cinquieme dia- 
mant du prix de 7,800 ecus; soit plus de 3o,ooo ecus 
employes a la decoration d'un seul bijou (4) ! II nous 
semble bien que certains artistes, charges de peindre le 
portrait du Due, ont voulu le representer avee ee fermail. 
Inutile d'insister sur les anneaux d'or enrichis de 
rubis, de saphirs, de diamants, d'emeraudes et de perles. 



(i) Bellaguet, Clironique du Religieux dc Saint-Denis, iomc VI, p. 29. 
— Voy. aussi La Thaumassicre, Histoirc du Berry. 

(2) Invent. A, art. 140 et suivants. 

(3) Ibid., art. 162. 

(4) Ce fermaillet est mentionnc a la fin de I'lnventaire S G,sous le 
n° 1 335. II ctait alors engage chez le changeur parisien Renaud Pis- 
d'Oue. 



INTRODUCTION CV 

lis sontnombreux dans les inventaires, et cela se concoit 
aisement. Ces anneaux sont comme la monnaie courante 
des cadeaux entre grands seigneurs. Ici, la valeur de la 
pierre constitue a peu pres tout le prix du bijou, et, 
grace aux estimations du dernier inventaire, on a des 
renseignements precis sur chacun de ces objets. 

Certains details meriteraient une attention particu- 
liere. Tel est ce camahieu en un annel d'or « fait a la 
semblance du visage de Monseigneur (i). » C'est evi- 
demment un portrait du Due grave sur pierre; mais ce 
camahieu doit-il etre pris pour un camee au sens mo- 
derne du mot, comme Ta suppose M. de Laborde, ou ce 
terme ne designe-t-il pas plutot une intaille ? La meme 
incertitude se produit au sujet d'un article analogue, 
mentionnant « un annel d'or ouqucl est le visage de 
Monseigneur le Due contrefait d'une pierre de cama- 
hieu (2) )). Notre prince aimait a voir sa figure, si peu 
plaisante qu'elle fut, reproduite sous tons les aspects, 
dans toutes les matieres. C'est une faiblesse qu'on 
retrouve chez beaucoup d'amateurs eminents. La table 
qui termine cette publication contient la liste de ces por- 
traits soit en peinture, soit en gravure, representant le 
Due seul ou accompagne de sa femme. 

Les inventaires ne contiennent sur les vetements per- vetemcnts et 
sonnels et le linge de maison que des indications sommai- '"^'^' 
res. Seul, le compte de Texecution testamentaire consa- 
cre un chapitre special a cette nature d'objets(3). Encore 
ne parle-t-il que des robes et houppelandes doublees de 
fourrure et ofFrant une certaine valeur. Robinet d'Etam- 
pes, garde des joyaux, n'avait pas a s'en occuper ; aussi 
n'est-il jamais question dans son registre ni de vete- 



(i) Invent. A, art. 606. 

(2) Art. 611. 

(3) Tome II, Invent. SG., art, 666 et suivants. 



CVI INTRODUCTION 



ments, ni de linge, non plus que de tapisseries ou de 
broderies. 

Dans I'invcntaire de 1402, on trouve quantite de 
details precis sur des draps d'or et de soie (i) et sur d'au- 
tres ornements de chapelle richement decores, tels 
que chapes, tuniques, dalmatiques, frontiers, dossiers, 
tables d'autel, etc., etc. La description de ces articles, 
donnes presque tous au tresor de la Sainte-Chapelle, 
abonde en termes techniques dont le sens precis nous 
echappe souvent. Quelle difference y a-t-il entre le drap 
d'or soudanis, le drap de Damas, le drap d'or de Luc- 
ques? Qu'est-ce qu'une broderie d'ouvrage de Florence? 
Broderies. Comment distinguer celle-ci de la broderie de la facon 
d'Angleterre ? Tout a la fin de I'inventaire de 1402 se lit 
une enumeration de broderies des plus remarquables. 
Beaucoup de ces ouvrages representent des saints et des 
saintes, veritables peintures a I'aiguille, dont le chef- 
d'oeuvre etait incontestablement cette table d'autel d'ou- 
vrage de Florence, en plusieurs pieces, decrite sous le 
n° i3i7 et dernier du registre. On a vu que ce parement 
d'autel, d'un si merveilleux travail, resta jusqu'a la Revo- 
lution dans le tresor de Chartres. A la fin du xvui*^ siecle, 
il tombait en lambeaux. II n'en subsisteplus rien aujour- 
d'hui; seuls, les dessins imparfaits de Montfaucon peu- 
vent donner une vague idee de son ornementation (2). 
Tapis et tapis- Quaut aux tapis ou tapisseries proprement dites, on 
doit en chercher la liste dans Tinventaire de 141 6 (3). Les 
tentures etant confiees aux soins d'un gardien special, 
il n'en est jamais question dans le registre de Robinet 
d'Etampes. A considerer I'ensemble des tapisseries a 
personnages du due de Berry, on serait presque surpris 

(i) Invent. B, art, 1188. 

(2) Voyez I'article dc M. dc Mcly cite dans la note de la page 1G6 du 
tome II. 

(3) Invent. SG, art. 1-142 et 53i-556. 



series. 



INTRODUCTION CVII 

qu'un prince aussi magnifique ne possedat pas de series 
plus importantes et plus riches. 

Nous ne nous arreterons pas aux chambres de sole 
et de drap d'or, bien qu'elles soient nombreuses et que 
certaines meritent attention, comme cette chambre aux 
cygnes (i) et cette chambre aux enfants (2) decrites avec 
force details, et attributes, lors du partage de la succes- 
sion, aux deux fiUes du Due. 

D'autres pieces presentent diverses particularites 
dignes de remarque, citons la chambre aux palii (3), 
portant une inscription allemande, et encore le dossiel de 
drap de laine, orne de betes, oiseaux et fleurettes, d'ou- 
vrage de Grece, envoye a notre prince par I'Empereur 
de Constantinople (4). 

Les tapis velus abondent; leur ornementation ordi- 
naire consiste en armoiries, quelquefois sommairement 
decrites. Les tentures de cuir constituent egalement un 
mode de decoration fort usite (5). Le Due en possede un 
beau choix ; plusieurs d'entre elles sont armoriees des 
ecussons de Castille et d'Aragon. II s'agit done de cuirs 
provenant d'Espagne, connus de longue date sous le 
nom de cuirs de Cordoue. 

Si Ton rapproche la liste des tapisseries a personnages 
du due de Berry de I'enumeration des tentures apparte- 
nant a ses freres, on retrouve ici les memes sujets que 
dans les inventaires de Charles V, de Philippe le Hardi 
et de Louis d'Anjou. 

Voici d'abord la serie des scenes tirees de Thistoire reli- 
gieuse : le Trepassement de Notre Dame (6), le Cou- 



(i) Invent. SG, art. 27-43. 

(2) Art. 44-58. 

(3) Art. 781. 

(4) Art. 791. 

(5) Art. 125-142. 

(6) Art. I. 



CVIII INTRODUCTION 

ronnement de Notre Dame (i), V Apocalypse {2) dont le 
sujet rappelle la magnifique tenture d'Angers, comman- 
dee par le due Louis d'Anjou au tapissierparisien Nico- 
las Bataille; puis deux pieces sur la Trinite{3), un tapis 
de la Madeleine (4), une Vie de saint Andre [5], une 
Histoire de saint Jean (6), deux tapis du Credo (7). 

Une autre categorie renferme les allegories ou mora- 
lites. A cette classe appartiennent les trois tapis de 
Fama (8)ou de Bonne Renommee, concus sans doute dans 
I'esprit des tapisseries de Nancy, un tapis des Sept j'ices{q), 
c'est-a-dire des sept peches capitaux, une histoire d'Es- 
perance et de Confusion {10), allegorie obscure dans le 
gout de Tepoque, enfin certains tapis du Pelerinage [i i ), 
dont le titre n'indique qu'insuffisamment le sujet et dont 
leducde Berry possedaitau moins deux exemplaires(i2). 

Les scenes tirees des legendes de Charlemagne et de 
Girart de Vienne (i3) de Begue de Belin (14), le frere de 
Garin le Lorrain, font partie de la meme serie que les 
sujets legendaires des Neuf Preux ( 1 5). Le tapis de Gode- 
froy de Bouillon (i(5) sert de transition entre la fiction et 
les scenes historiques. Avec les trois tentures du roi Ri- 
chart (17), — il s'agit sans doute de Richard Coeur de 
Lion, — nous voici dans le domaine de I'histoire. 

II ne semble pas, d'apres les inventaires, que notre 
prince, bien que grand admirateur de Bertrand Du 
Guesclin, ait possede, comme Charles VI, un tapis cele- 
brant le heros de la lutte contre les Anglais. 



(i) Invent. SG, art. i8. .(lo) Art. 548. 

(2) Art. 6. (11) Art. i5, 774. 

(3) Art. 19. (12) Voy. notre tome II, p. 208, 

(4) Art. 23. note 2. 

(5) Art. 553. (i3) Art. 24. 

(6) Art. 55o. (14) Art. 23. 

(7) Art. i3, 14. (i5)Art. 17. 

(8) Art. 2, 3, 4. (16) Art. 22. 

(9) Art. 5. (17) Art. 20, 21. 



INTRODUCTION 



Si nous ignorons a quelle aventure, a quelle legende 
fait allusion le tapis dit de Robert le Fuzelier (i); les 
sujets du tapis de Vechiqiiier (2) et du tapis de la chasse 
a ['usage de Rome{3) s'expliquent assez clairement par le 
titre. Quant au tapis du Roman de la Rose {4), il n'apprcnd 
rien de nouveau surla vogue immense du poeme. Certes, 
une des tentures qui nous interesseraient le plus aujour- 
d'hui serait une de ces six pieces de VHistoire du grand 
Khan (5), inspirees evidemment par les recits merveil- 
leux de Marco Polo. Le due de Berry, qui avait recueilli 
plusieurs exemplaires manuscrits des recits du voya- 
geur, prenait plaisir a en faire reproduire les scenes sur 
les tentures de ses chateaux. Est-il besoin d'ajouter qu'il 
ne reste plus rien de ces ceuvres curieuses ? II y a plus : 
jamais, au cours de nos recherches sur la tapisserie, nous 
n'avons rencontre de piece avec I'ecu de France engrele de 
gueules, ni avec la devise le temps piendra, devise et armoi- 
ries si souvent reproduites par la navette ou le pinceau 
sur les tentures et les manuscrits du due de Berry. 

Presque toutes les tapisseries enumerees dans I'inven- 
taire sont dites de I'ouvrage d'Arras ; faut-il prendre ce 
terme a la lettre et admettre que tous les articles por- 
tant cette mention provenaient des ateliers de I'Artois? 
Ce serait peut-etre preter a cette denomination un sens 
bien etroit. Nous savons pertinemment que le due de 
Berry fit travailler le fameux ouvrier parisien Nicolas 
Bataille(6).Il fut done en relations avec d'autres tapissiers 



(i) Invent. SG, art. 549. 

(2) Art. 16. 

(3) Art. 55 1. 

(4) Art. 26. 

(5) Art. 7-12. 

(6) La mention de Nicolas Bataille se trouve dans le regislre de Barthe- 
lemi de Noces (1374-1377), recemment publie par M. E. Teilhard de 
Chardin dans la BibliotMque de I'Ecole des Chartes (1891, p. 5 18). 



ex INTRODUCTION 

que ceux d'Arras. II scmblerait que le termc « ouvrages 
d'Arras » applique le plus souvent a des pieces rehaus- 
sees d'or, d'argent et de sole, etait employe particulie- 
rement pour les tapisseries de haute lisse. L'expression 
meme de haute lisse n'apparait que par exception et 
dans de tres rares articles, dans la description de la 
chambre mix enfants, par exemple. Quand il s'agit de ces 
questions techniques, on fait bien de proceder avec la 
plus extreme circonspection et de n'attacher qu'une 
importance secondaire aux locutions adoptees par des 
scribes qui ignoraient parfois la valeur des mots dont 
ils se servaient. 

Les dimensions de chaque piece sont le plus sou- 
vent rapportees avec precision. Or, I'etendue de beau- 
coup de ces tapisseries depasse sensiblement les mesures 
usitees dans les siecles suivants. Les panneaux de 
II aunes de longueur sur 4 aunes 1/4 sont communs; 
cela fait environ 1 3 metres de cours sur 5 metres de hau- 
teur ou 65 metres carres. Les plus grandes tapisseries 
de Bruxelles ou des Gobelins n'atteignent jamais de 
pareilles proportions. Elles rendaient les tentures du 
moyen age extremement lourdes et peu maniables. 
Aussi a-t-on releve ce detail typique que le due de 
Bourgogne avaitdu faire couperen trois pieces un grand 
sujet representant la bataille de Roosebeke, en raison 
des inconvenients de sa taille demesuree. 

Chez le due de Berry on rencontre des tapis de 17, 18, 
19, et meme 21 et 3o aunes de longueur, sur 5 aunes de 
hauteur et davantage ; soit plus de 100 ou i3o metres 
superficiels (i). On dut renoncer de bonne heure a de 
pareilles exagerations qui expliquent, dans une certaine 
mesure, la rapidite avec laquelle ces vieilles tapisseries 
se deterioraient. 

(i) Ct". les tapis des Sept vices et de V Apocalypse, de Bcgiie de Belin 
et de Ciiarlemagne. 



INTRODUCTION CXI 



L'inventaire fournit encore un appoint d'une reelle 
valeur pour I'histoire de la tapisserie en donnant sou- 
vent I'estimation des tentures. Cette evaluation varie de 
lo a 20 livres I'aune carree pour les pieces les plus 
riches et les plus soignees; elle n'est plus que de 4 a 5 li- 
vres pour les tissus plus communs, comportant toutefois 
un peu d'or; puis, elle tombe a 2 livres pour les tapis de 
laine pure. Ces chiffres sont conformes a ceuxqui ont ete 
releves ailleurs, notamment aux prix payes pour I'Apoca- 
lypse du due d'Aniou et divers autres travaux de Nicolas 
Bataille. Au surplus, toutes les tapisseries du due de 
Berry echurent a ses fiUes ; elles firent partie du lot qui 
leur fut attribue. Ce serait done dans les vieux manoirs 
du Bourbonnais ou du Midi qu'il y aurait encore chance 
de decouvrir un fragment des tentures du due de Berry, 
s'il en existe encore par miracle. 

La piece cotee le plus haut, soit 20 livres tournois 
I'aune, et en tout 1,710 livres tournois, est le tapis des 
Sept vices « fait a grans ymages batus a or ». Ne serait-ce 
pas la tapisserie portee sous le n*" 8679 dans l'inventaire 
de Charles V avec la designation de « Tappr^ des sept 
pechei mortels » ? En rapprochant les documents de la 
tin du xiv'^ siecle et du commencement du xv% on arrive- 
rait peut-etre a suivre chez leurs differents proprietaires 
les tentures les plus fameuses. 

II ne faut pas negliger certaines mentions fort importan- 
tes au point de vue de I'histoire des industries parisien- 
nes. Si la plupart des suites de grand prix sont dites 
« de I'ouvrage d'Arras », quelques-unes cependant par 
exception sont formellement accompagnees de la mention 
« de I'ouvrage de Paris ». II est vrai que les sept ou huit 
articles dont nous voulons parler sont traites avec une 
dedaigneuse indifference. Tous, vieux et uses, dechires 
et rompus, sont declares sans valeur. Cependant, quatre 
de ces tapisseries representaient des batailles; les autres 



CXII INTRODUCTION 

avaient pour ornement un semis de fleurs. Dans tous les 
cas, on trouvera dans nos documents plusieurs mentions 
a joindre aux specimens deja signales de I'art textile dans 
le cours du xiv' siecle. 

11 est temps de passer a un autre chapitre de I'inven- 
taire, et d'accorder I'attention qu'elles meritcnt aux 
curiosites de toute espece que le due de Berry rechercha 
passionnement jusqu'a son dernier jour. II s'agit des 
menus objets d'usage quotidien, des pieces de coUection- 
neur ou des singularites naturelles qui se rencontrent 
dans de nombreux articles de nos registres. 
MedaiUes. Nous avous eu I'occasion de montrer, a propos des 
medailles d'Auguste,de Tibere, de Constantin et d'Hera- 
clius(i), tout le'parti qu'ily aurait atirer, pour la solution 
de certains problemes archeologiques longtemps contro- 
versesjdes indications ponctuelles de Robinetd'Etampes 
et de ses coUegues. Leurs inventaires prouvent que la 
date de ces medailles, a propos de laquelle se sont exer- 
cees la verve et I'erudition de nombreux savants et de 
Du Cange en particulier, doit etre fixee desormais aux 
environs de I'an 1400. Tout n'est pas dit d'ailleurs sur la 
question, et il reste a determiner le pays d'origine de 
ces petits monuments; car aucune preuve serieuse, 
definitive, n'a ete fournie par les erudits qui se sont 
meles recemment a ce debat. 

Les medailles de Constantin et d'Heraclius, si minu- 
tieusement decrites ici, furent connues de tous les anti- 
quaires du xvi'' siecle. Aucun d'eux ne parle des medall- 
ions d'Octave et de Tibere. II y a done lieu de craindre 
qu'aucun exemplaire de ces deux dernieres pieces 
n'existe plus depuis longtemps, puisque personne n'en 
a signale un seul depuis la mort du due de Berry. 
Moins facile a identifier serait ce denier d'or « ouquel 

(i) Invent. xV, art. 197-202. 



INTRODUCTION 



est contrefait au vif Ic visaige de Julius Cesar, pcndu a 
une chaine. » II s'agit bien probablement d'une contre- 
facon de piece antique, executeeau moyen age. Gette fois, 
la description est trop vague pour qu'il soit aise de 
reconnaitre le bijou ayantfait partie dutresorde Bourges. 

Nous rappellerons en passant, et sans insister, les 
conclusions que nous a fournies Tarticle, de prime abord 
sans interet, relatif a I'empreinte en plomb d'une me- 
daille de Carrare (i). Get exemple demontre comment les 
indications, en apparence les plus vagues et les plus insi- 
gnifiantes, viennent parfois donner une confirmation 
imprevue a des theories ingenieuses, mais depourvues 
d'arguments peremptoires, c'est-a-dire de preuves au- 
thentiques. II y a done un interet capital a publier sans 
aucun retranchement et a etudier dans leurs moindres 
details des inventaires aussi soigneusement rediges et 
aussi scrupuleusement annotes que les notres. Bien peu 
de textes, en effet, nous sont parvenus avec un pareil luxe 
de descriptions et de commentaires. 

Gombien de problemes obscurs y sont poses, dont on Vases byx 
ne trouvera pas de longtemps I'explication ! Ainsi, ces 
deux hanaps d'or, dits d'ancienne facon (2), histories de 
figures accompagnees de mysterieuses legendes latines 
d'une forme si barbare, nous ont longtemps intrigue. 
En vain avons-nous cherche avec perseverance, avons- 
nous demande partout le mot de I'enigme. Nousn'atten- 
dons plus maintenant que du hasard la reponse au point 
d'interrogation pose par ces inscriptions etranges. 

Les relations assidues des princes francais avec les 
derniers empereurs de Byzance avaient fait affluer en 
Occident quantite d'objets de fabrication orientale. G'est 



an- 
tin's. 



(i) Voy. Revue de numismatique de 1891 : les Medailles des Can-are, 
seigneurs de Padoue, execiitees vers i3go, lo pages in-S" et une planche. 
(2) Invent. A, art. 776, 777. 



CXIV INTRODUCTION 

ce qui explique la presence dans rorfevrerie ducale de ces 
nombreux vases d'argent a inscriptions grecques. Plus 
de trente articles prouvent par leurs legendes grecques 
leur origine exotique ; parmi eux se rencontrent les objets 
les plus varies, notamment des tableaux d'or avec une 
image de Notre-Dame (i) ou de saint Jean-Baptiste rap- 
pelant les types consacres des Vierges byzantines et des 
saints veneres en Orient. Le vieux tableau d'or du chapi- 
tre de Chartres (2),renfermant du bois de la vraie croix, 
n'etait probablement pas autre chose qu'une de ces ima- 
ges si communes dans le Levant. Parfois, le due de Berry 
a fait ajouter ses amies sur ces ouvrages etrangers (3). 

A cote des images religieuses paraissent des joyaux en 
matiere precieuse, a usage profane, tels qu'un hanap de 
jaspe, garni d'or et de pierres (4), un camahieu blanc en- 
chasse en argent (5) et autres objets de moindre valeur(6). 

Enfin, beaucoup de ces importations consistent en bas- 
sinsou en vases d'argent, parfois histories de figures enig- 
matiques, comme celles d' « un homme nu sur un 
cheval volant, et un lion soubz ledit cheval (7). » Quel- 
quefois le metal a ete rehausse d'emaux ; c'est le cas 
de ce drageoir d'argent dore, « ache de lettres grecques, 
et ou milieu esmaille d'un homme d'armes et d'un 
homme sauvaige (8) ». 

Ces citations suflQsent pour demontrer que les rap- 
ports de I'Orient avec I'Occident avaient introduit en 
France quantite d'objets de style byzantin. D'ailleurs 



(i) Invent. A, art. 54, 55, 58. — Inv. S. G, art. 1061. 

(2) Invent.'A, art. 69. 

(3) Invent. B, art. 683. 

(4) Ibid., art. 936 

(5) Invent. A, art. 167. 

(6) Voir la table au mot : Inscriptions en lettres grecques. 

(7) Invent. B, art. 857. 

(8) Ibid., n<'862. 



INTRODUCTION CXV 

les comptes prouvent que le due dc Berry se montra 
toujours fort secourable aux voyageurs arrivant de 
ces regions lointaines (i). II se procurait ainsi des rela- 
tions veridiques sur ces pays mysterieux et des interpre- 
tes capables d'expliquer les textes graves sur les mc- 
dailles et Torfevrerie orientales de ses collections. Nous 
avons constate naguere que la legende grecque inscrite 
sur la medaille d'Heraclius avait ete assez iidelement 
traduite en francais sur I'inventaire de 1402 ou Robinet 
d'Etampes n'avait eu qu'a en copier la description. 

D'ailleurs, le due de Berry se plut toute sa vie en la 
societe des lettres et des savants; il aimait a s'entourer 
d'hommes doctes et de poetes. Lui-meme, les historiens 
contemporains le constatent, avait des droits serieux 
a la reputation d'orateur habile et de versificateur, sinon 
de poete. 

Parmi les autres objets singuliers de I'inventaire, les Portraits du 
portraits ou le Due est represente, tantot scul, tantot 
accompagne de Jeanne de Boulogne, sa femme, meritent 
une attention partieuliere. Qu'il se fit illusion sur ses 
avantages physiques, c'est une hypothese difficile a con- 
cevoir, bien que pareil travers se comprenne chez un 
prince puissant, entoure de flatteurs. Mais on admettra 
plutot qu'il etait possede d'une manie frequente chez les 



(i) Une grosse partie de la depense du due de Berry est consacree a 
des aumones. Voici quelques articles relatifs aux secours donnes a des 
Grecs et a d'autres voyageurs venus de pays lointains : Le lo juillet iSgg, 
je due de Berry fait remettre 67 sous 6 deniers tournois, « a ung povre 
evesque de Gresse » (Arch. Nat. KK 264, fol. 19). — Le 23 mars 1401, 
un Grec refoit 4 livres tournois « pour Dieu et en aumosne » {Ibid. 
fol. 108 yo). — En I Syr, don de 20 sous tournois « a ung pouvre homme 
et une pouvre feme, lesquelz venoient de pelerinage du Saint-Sepulcre, 
si comme ilz disoient » (KK25i, fol. 70). —Puis c'est un don de 40 sous 
a deux pauvres gentilshommes arrivant de Hongrie (26 juillet iSgg: 
KK 254, fol. 19); de 60 sous a deux pauvres voyageurs et une femme 
nouvellement baptises, venant d'AUemagne (16 octobre 1870 : KK 25 1, 
fol. 28). 



CXVI INTRODUCTION 

plus illustres amateurs; quoi qu'il en soit, le due Jean 
prenait plaisir a voir ses traits reproduits de toute facon, 
sous toutes les formes. Aussi,ses portraits sont-ils nom- 
breux, et il en subsiste plusieurs d'un interet capital. Je 
ne parle pas de ces effigies sigillaires ou I'artiste dispose 
de ressources insuffisantes pour donner la ressemblance 
a la tete du personnage. Tout au plus, ces representa- 
tions permettent-elles de conjecturer que le Due modifia 
souvent sa coiffure, tantot laissant croitre cheveux 
et barbe, tantot se montrant completement tondu et 
glabre. Signalons sans nous y arreter les figures age- 
nouillees des vitraux de Bourges et du grand tableau 
d'ivoire du Louvre. II serait malaise de degager de ces 
representations quelque peu conventionnelles le tj-pe du 
personnage. Le portrait le plus vivant, et sans doute le 
plus exact qui nous soit parvenu, est, sans contredit, la 
belle miniature du manuscrit de Bruxelles, oeuvre d'un 
grand artiste, qui ne serait autre, au dire de tous les con- 
naisseurs, que le peintre sculpteur Andre Beauneveu. 
Cette peinture rend avec une puissance etonnante cette 
tete ronde de paysan madre, au nez camard, aux pom- 
mettes saillantes et aux petits yeux petillants de malice et 
de finesse. C'est bien I'homme que nous voyons reparaitre 
avec une intensite de vie extraordinaire dans le magistral 
dessin du musee de Bale, dans lequel Hans Holbein a 
reproduit la figure agenouillee, placee a Bourges sur le 
tombeau du Due. Jeanne de Boulogne, dont les traits 
ont ete egalement conserves par le crayon du grand por- 
traitiste, ne semble guere plus seduisante que son mari. 
Les inventaires mentionnent un certain nombre d'au- 
tres figurations du Due et de sa femme. Tantot, nos 
deux personnages apparaissent au bas d'un joyau sous 
forme de donateurs agenouillc's (i); c'etait la certaine- 

(i) Invent. A, art. 14. — Invent. B, 38o, iiSg. 



INTRODUCTION CXVII 

ment dcs portraits approximatifs commc ressemblance, 
reconnaissables seulement aux insignes et aux armoiries. 
Tantot, le prince parait seul, a mi corps, comme dans le 
joyau d'or achete du peintre Michelet Saumon(i). Une 
autre fois, un caprice bizarre lui fait mettre son image 
sur unc patene, a genoux devant Dieu le pere (2). Mais 
ces effigies ne devaient rappeler que tres vaguement 
les traits du due de Berry, aussi bien que les represen- 
tations en broderie mentionnees dans divers articles (3). 
La matiere et aussi les dimensions se pretaient peu a 
une exactitude scrupuleuse. 

Le graveur charge de « contrefaire au vif le visage de 
Monseigneur sur un signet d'or (4) », dut apporter plus 
de scrupule a se rapprocher de la nature. Deux autres figu- 
res « a la semblance du visaige de Monseigneur » avaient 
ete taillees sur « une pierre de cama3'-eu « ; c'etait un 
cadeau de deux de ses parents (5). Sans nul doute le gra- 
veur sur pierres s'etait inquiete de la ressemblance. Mais 
nous savons de reste par les sceaux a quel point ces por- 
traits donnent une idee insuffisante de I'original. C'est 
done a la peinture, a la peinture seule, qu'il faut se 
reporter pour avoir I'image fidele du due de Berry et 
aussi celle de Jeanne de Boulogne. 

Le prince se fit peindrc parfois sur des tableaux d'au- 
tel en compagnie de son pere (6) ou de sa femme (7), et 
il dut exiger alors une exactitude scrupuleuse; mais 
ces effigies ont le plus grave des defauts, comme toutes 
les images eonfiees au metal ou a la pierre : elles ont dis- 



(i) Invent. SG, art. 234. 

(2) Invent. B, art. 42. 

(3) Ibid., art. i3oi, I'ioS, etc. 

(4) Invent. A, art. 472. 

(5) Art. 606, 611. 

(6) Art. 35. 

(7) Invent. B, art. 934. 



CXVIII INTRODUCTION 

paru depuis longtemps, tandis que le manuscrit de 
Bruxelles, avec Ic chef-d'oeuvre de Holbein, nous ont 
conserve un type inoubliable, auquel on peut comparer 
les nombreux portraits du prince epars dans les orne- 
ments des livres de priere executes par ses ordres (i). 

Curieux, le due de Berry I'etait au plus haut degre, et 
dans I'acception la plus large. Aussi, la variete des ob- 
jets de toute nature amasses dans le cours de sa longue 
carriere semble-t-elle defier toute classification. Les gar- 
diens de ses tresors ont renonce a mettre un ordre me- 
thodique dans I'enumeration de ces mille articles varies 
qui prouvent les gouts les plus eclectiques. Nous allons 
tenter cependant de grouper, d'apres leur matiere ou 
suivant leur destination, certains objets heteroclites epars 
dans les inventaires. 
Reiiqucs de Vo'ic'i d'abord les reliques de famille : un anneau d'or 

fajtiille. , , . 

contenant « une teste d araent en la semblance du roi 
Jean (2) ». Nous avons cite tout a I'heure un tableau d'autel 
ou le roi Jean etait represente en compagnie de son fils. 
Nous le retrouvons sur une autre peinture, avec le roi 
Charles V, Edouard d'Angleterre et I'Empereur (3). Un 
grand hanap d'or emaille aux armes de France, provenant 
du roi Jean, avait aussi ete recueilli par son fils (4) qui ne 
parait pas d'ailleurs I'avoir plus respecte que nombre 
d'autres souvenirs de famille. Signalons encore le pre- 
cieux livre d'Heures sur lequel, d'apres I'inventaire, le roi 
Jean aurait appris a lire; c'etait un don du roi de Sicile 
a son oncle (5). La noble figure de saint Louis ne cessa 

(i) Voyez notamment le Psautier portant le n° 919 du fonds latin, les 
Heures inscrites sous le no 18014 du fonds fran?ais, et le n° 23279 '^^ 
meme fonds, contenant les portraits du Due et de Charles VI (fol. 53). 

(2) Invent. A, art. 485. 

(3) Invent. SG, art. 1077. 

(4) Invent. B, art. 114. 

(5) Invent. A, art. 968. 



INTRODUCTION CXIX 

d'etre en veneration singuliere durant tout le moyen 
age aupres des princes de la maison de France. Notre 
fervent collectionneur ne manqua pas de rechercher avec 
passion tout ce qui se rapportait a cet illustre aieul. 
Voici une image du saint roi en emaux de pelite sur un 
tableau d'or (i); une autre image « qui a le visage d'un 
balai (2) » ; enfin, une image d'or (3), ou le pieux monar- 
que apparait, comme dans la precedente effigie, tenant 
en I'une de ses mains un cedre, attribut avec lequel il 
etait souvent represente. 

Le due de Berry possedait deux souvenirs de son 
ancetre plus precieux encore : le diamant de saint 
Louis (4), ainsi appele sans doute en raison de sa pro- 
venance, et une aiguiere d'or, toute unie, sur le pied de 
laquelle une inscription gravee rappelait qu'elle avait 
appartenu au fils de Blanche de Castille (5). Ce vase 
etait un present de I'eveque de Chartres. 

De ces reliques de famille il faut rapprocher la nef 
d'or portant les figures des douze pairs de France avec 
une image de saint Louis, dont la vie etait retracee en 
haute taille sur les bordages du vaisseau (6). Rien ne 
saurait donner une meilleure idee du culte du due 
de Berry pour son aieul que ce riche jo3^au dont, par 
malheur, la provenance n'est pas relatee. Pour quelles 
raisons fut-il condamne a la destruction ? On I'ignore ; 
mais, avant 141 3, les pierres en avaient ete arrachees, 
le metal etait fondu, et la belle nef d'or de saint Louis 
avait cesse d'exister. 

Plusieurs pieces de I'orfevrerie de Bourges se recom- 



(i) Invent. A, art. 71. 

(2) Invent. B, art. Syy. 

(3) Ibid., art. i i6o. 

(4) Invent. A, art. 427. 

(5) Ibid., art. 832. 

(6) Invent. B, art. 784. 



INTRODUCTION 



Bcrtrand dii mandaicnt par les souvenirs historiqucs qu'elles rappe- 

Giiescltn, '■ ± i ± i 

'" ^Prcifses ''^^ laient. Sur Tun des bassins dores ct godronnes de sa vais- 
selle, le Due avait fait rcpresenter Bertrand du Guesclin 
comme pendant a Hector le Troj^en (i), temoignage tou- 
chant de la popularite du heros de la guerre contre les 
Anglais. Sur d'autres vases, nous voyons les neuf Preu- 
ses (2), ces heroines fabuleuses qu'un esprit ingenieux de 
la fin du xiv^ siecle, peut-etre le due de Berry lui-meme, 
avait assignees comme compagnes naturelles aux Preux 
legendaires. Nous trouvons cette double suite de heros 
et de heroines reunie sur des emaux d'or (3) emailles de 
rouge clair, estimes 1800 livres. Un detail a noter : cette 
fois encore les Preuses ont pour pendant dix Preux, 
c'est-a-dire les neuf personnages aticiens avec un guer- 
rier plus moderne qui ne saurait etre que Bertrand 
du Guesclin. On a vu plus haut que la serie des Preux 
decorait une des tentures du due de Berry, et on 
pourrait a juste titre s'etonner de ne pas rencontrer sur 
les inventaires le corollaire oblige des Preux, e'est-a-dire 
les Preuses, car une tenture en trois pieces de ces he- 
roines, mentionnee sur un inventaire de Charles VI, 
est accompagnee d'une mention constatant que ces pan- 
neaux portaient les armes du due de Berry. 

On a deja parle des deux etranges hanaps d'or, dits 
d'aneienne facon, rehausses de si singulieres figures de 
personnages romains, avec legendes plus extraordinaires 
encore (4). Ne scmble-t-il pas que ces noms, ces orne- 
ments, ces mots obseurs se referent a quelque oeuvre 
mysterieuse, a quelque invocation magique?Que signifie 
aussi cette figure de Constantin, assise sur un eheval 
volant aupres d'un lion endormi, avec inscription en ca- 

(i) Invent. A, art. 702. 

(2) Ibid., art. 540. 

(3) Invent. SG, art. ii83. 

(4) Invent. A, art. 776, 777. 



INTRODUCTION 



ractcres grecs (i)? Faut-il chercher I'explication de cette 
scene bizarre dans quelque vieille legende byzantine? 

Ainsi,nos inventaires posent a chaque ligne des points 
d'interrogation, aiixquels il est bien souvent difficile de 
repondre d'une maniere satisfaisante. Combien de fois 
a-t-on essaye deja de determiner la nature de ces emaux ^"'f/?'^/^ 
de pelite dont la mention revient si frequemment ? Un 
seul article en cite trois cent cinquante-deux deposes 
dans une boite (2). lis se demontaient done facilement 
ou se fabriquaient d'avance avant d'etre employes. Un 
autre passage parle d'emaux de pelite a jour (3), indi- 
cation bonne a retenir. 

L'explication des mots niellure, marqueture, pcinture 
d'ancienne facon, ne presente pas de difficulte serieuse. 
II en est autrement des termes camahieu et porcelaine. 
Si Ton etudie attentivement en Ics rapprochant les nom- camahieu. 
breux passages ou il est question d'images de camahieu, 
on acquiert la conviction que ce mot designe, ainsi que 
I'a demontre Leon de Laborde, des pierres gravees, in- 
tallies ou camees. 

Quant au mot porcelaine, signifie-t-il exclusivement porceiame. 
au moyen age la nacre de perle, comme le veut I'auteur 
du Glossaire des Emaux, et ne s'appliquerait-il pas 
parfois a des pieces de ceramique orientale ? Si des 
images religieuses ou des tableaux de porcelaine (4) 
peuvent fort bien n'etre que de la nacre sculptee ou 
gravee, il parait plus difficile d'accepter I'opinion du 
savant auteur du Glossaire dans les cas ou il est ques- 
tion des pots en pourcelaine, avec anse d'argent (5), 



fi) Invent. D, art. 23o. 

(2) Invent. B, art. 622. — Voy. aussi Invent. A, art. 263 et 5oi . 

(3) Ibid., art. gSS. 

(4) Invent. A, art. 33, 46. 

(5) Ibid., art. 730, 73 1. 



CXXII INTRODrCTION 

ou bien dc plats et d'ecuelles de pourcelaine (i). Sans 
doute,M. de Laborde a repondu par avance a notre objec- 
tion; mais son raisonnement n'est pas, semble-t-il, abso- 
lument convaincant. 
curiosites SuF la signification du mot madre ou sur celui de corne 

diverses. . • ^ -k-, ■ \- > 

d'unicorne, point d incertitude. Nous avons indique en 
note les opinions generalement admises aujourd'hui sur 
la nature de ces substances. 

Les matieres les plus diverses furent mises en ceuvre 
par les artisans de I'epoque qui nous occupe. L'ambre, 
I'ivoire, le jais reparaissent frequemment, ce qui n'a rien 
de surprenant. Mais voici des objets plus singuliers : c'est 
un grand tableau religieux en pierre de touche (2), une 
tete taillee dans une pierre appelee ycle (3), mot dont le 
sens reste a determiner; enfin cent raretes differentes qui 
montrent la curiosite du due de Berr^^s'etendant atoutes 
les branches des connaissances de son temps. Son cabinet 
d'histoire naturelle, si on pent employer ici une pareille 
expression, reunit des noixd'Inde servant de burettes (4), 
des patenotres en coquilles de mer (5), des pieces nom- 
mees paviot, de couleur verte et devenant vermeil quand 
on les regarde en transparence (6), des pierres de cristal et 
de jaspe (7), des ceils de chat (8), des pierres d'aimant (9), 
enfin une pierre qui a la vertu de preserver de la soif(io), 
et nombre d'autres curiosites de meme ordre (11). 



1 ) Invent. A., art. 217, 249. 

2) Art. 74. 

3) Art. 576. 

4) Art. 1 01. 

5) Art. 182. 

6) Art. 184 et Invent. B, art. 21 5. 

7) Art. 288, 

8) Art. 491, 5o4, 6o5. 

9) Art. 499. 

10) Art. 497. 

11) Art. 546, 547, 548, 553, 554, 56i. — invent. SG, art. 763. 



INTRODUCTION 



Le regne animal a ete mis, lui aussi, a contribution; Aninmux sin- 
il a fourni les objets les plus varies. On rencontre pele- 
mele des oeufs d'autruche (i), une machoire de ser- 
pent (2), des defenses de sanglier (3), un herisson de 
mer (4), un aiguillon de pore-epic (5), un os d'oiseau 
conserve a cause de sa legerete (6), une coquille de lima- 
con, un poisson appele gornaut (7), une macheliere de 
geant (8), c'est-a-dire probablement une molaire d'ele- 
phant, enfin une dent de baleine (9), une peau d'ours 
blanc (10). Pour completer ce petit musee de toutes les 
productions naturelles, voici des echantillons de mineral 
d'or et d'argent et des grains d'or (i i). 

A la fin du xiv^ siecle, le gout de la numismatiquc Mcdaiiics 
commencait a se repandre. (Jn peut citer des collections 
de monnaies antiques formees par des personnages 
illustres; parmi les adeptes de la science nouvelle, le 
nom de Petrarquc brille au premier rang. Le due 
de Berry ne pouvait manquer, avec son esprit toujours 
en eveil, de porter un vif interet a ces revelations sur 
I'antiquite. Aussi, a cote des medailles d'Auguste, de 
Tibere, de Constantin et d'Heraclius, dont nous avons 
longuement parle plus haut, a cote de la medaille 
de Padoue deja signalee, voyons-nous paraitre certaines 
monnaies que leur description trop succincte ne permet 
pas de reconnaitre. A cette categorie appartiennent « le 



(i) Invent. A, art. 227. 

(2) Art. 266, 562. 

(3) Art. 558, SSg. 

(4) Art. 617. 

(5) Art. 55g. 

(6) Art. 570. 

(7) Art. i2o5. 

(8) Art. 571. 

(9) Invent. SG, art. i265. 

(10) Ibid., art. 1 199. 

(11) Invent. A, art. 549-552, et Invent. B, art. 295. 



CXXIV INTRODUCTION 

grant denier d'or, bien pesant, de Julius Cesar (i) » et 
aussi les nombreuses monnaies d'or et d'argent enume- 
rees sommairement en divers articles (2), sans que le 
garde des jo3^aux prenne la peine de specifier s'il s'agit de 
pieces antiques ou modernes. Le seul point qui resulte 
formellement des articles de I'inventaire, c'est que les 
pieces reunies par le due de Berry etaient bien des mon- 
naies et constituent ainsi une des premieres collec- 
tions de numismatique qui aient ete formees par un 
amateur. 

II est impossible, on le concoit, de passer en revue 
toutes les curiosites de cet incomparable musee. Ce- 
pendant, nous ne pouvons resister au desir de signaler 
encore quelques articles d'une singularite exception- 
nelle. Si la chemise de Notre-Dame de Chartres (3) 
rappelle une insigne relique dont il est souvent question 
dans les ecrivains hagiographiques, si « le calice ou Nos- 
tre Seigneur beut a la Gene (4) », estime 24 livres seu- 
lement a la mort de son possesseur, avait ete mentionne 
dejapar divers auteurs, I'anneau « dont Joseph espousa 
Nostre-Dame (5) » parait une relique plus originale et 
moins connue. Le due de Berry, sans discuter la tra- 
dition ou les legendes, semble n'avoir en ces reliques 
extraordinaires qu'une confiance limitee. Apres la men- 
tion de I'alliance de la Vierge, Robinet d'Etampes 
s'empresse d'ajouter cette phrase pleine de sous-en- 
tendus « si comme disoit la dame de Saint-Just qui 
donna ledit annel a mondit Seigneur aux etrennes (de 



(i) Invent. A, art. igS. 

(2) Art. 2o3, 204, et Invent. B, art. 122, 218, 1107-1110. La prove- 
nance d'une seule de ces pieces est indiquee; c'est une monnaie de 
Castille. 

(3) Invent. A, art. 226. 

(4) Art. i3o. 

(5) Art. 600, 



INTRODUCTION CXXV 

1406) )). La galanterie interdisait peut-etre au due de 
Berry d'elever un doutc sur les affirmations de la gra- 
cieusc donatrice? 

Parmi les singularites de cette collection heteroclite, 
on voit figurer plusieurs de ces chefs-d'ceuvre de tra- 
vail microscopique pour lesquels les amateurs de toutes 
les epoques ont montre une passion qui ne fait pas 
toujours I'eloge de leur gout. A ce genre de curiosites 
appartiennent « I'Evangile de saint Jehan, ecrit de menue 
lettre en parchemin, de la grandeur d'un blanc » (i), et 
aussi les « deux pommes de voire, en Tune desquelles a 
au dedens un crucifix, et en I'autre un homme et une 
femme jouans aux eschecs (2). » 

N'oublions pas les horloges ou cadrans horaires (3), 
la Vierge noire en jais, tenant un enfant Jesus d'ivoire 
blanc (4), singulier caprice d'artiste cherchant les 
oppositions brutales, a moins que ce contraste de 
couleurs ne se rattache a quelque legende oubliee; 
puis ce sont des diamants tallies en forme de E et 
de V (5), ces deux initiales mysterieuses, multipliees 
a I'infini dans les decorations des manuscrits de notre 
prince et dont une explication plausible reste encore a 
fournir. 

Le collier de levrier (6) portant la devise yl J7ia pie, rap- Les ^j^"'jj^'^, 
pelle la passion bien connue du Due pour les chiens de 
toute espece et de toute taille. Les chiens courants du 
Berry etaient celebres ; il y a longtemps que M. Raynal 
a constate leur vieille reputation (7). On les voit souvent 



(i) Invent. A, art. 208. 

(2) Art. 564. 

(3) Art. 3o3 et Invent. SG, art. 45o. 

(4) Invent. B, art. 364 

(5) Invent. A, art. 442, 458. 

(6) Invent. B, art. 283. 

(7) Histoire du Berry, t. II, p. 427. 



CXXVI INTRODUCTION 

apparaitre dans les comptes (i) a cote de levriers (2), 
d'epagneuls(3), de matins (4) et d'animaux de petite race, 
comme celui qui est cite dans I'article suivant : « A 
Fauconnier,page de Monsg"" de Revel, lequel avoittrouve 
un des petits chiens de Monseigneur, appele Lion, 
45 sous tournois (5) ». Dans la menagerie intime du 
due de Berry, et on sait si elle etait nombreuse, la race 
canine occupe une place d'honneur. Aussi, ses represen- 
tants sont-ils baptises de noms qui denotent des person- 
nages jouissant d'une grande consideration. On vient de 
faire connaissance avec Lion; un de ses compagnons 
s'appelle Ghapelain ((3). A une epoque anterieure,un chien 
envoye par I'Empereur repondait au nom de Prince (7). 
On n'a garde d'epargner les soins a ces favoris; ils 
coutent cher en achats d'onguents et d'emplatres, quand 
ils tombent malades ou deviennent rogneux (8). Sont-ils 
mordus par un autre chien soupconne d'etre enrage, on 
ne rccule pas devant la depense d'un voyage a la mer (9), 
a laquelle on attribuc une vertu souveraine pour la 



(i) « II fevrier iSyS : a Perrin Charruel, vallet des chiens de Monsei- 
gneur pour mener de Paris a Bourges deux allans (chiens courants) de 
Monseigneur, 40 sous t. » (Arch. nat. KK 25 1, fol. 100) — Puis ce sont 
des gratifications a divers valets qui amenent des chiens courants de la 
part du sire de Parthenay, du comte d'Armagnac, du due de Bour- 
gogne, en i3yb et les annees suivantes (Arch. nat. KK 232, fol. 63 v°, 
84 v° et 1 34 v°). 

(2) « A Cot, valet de Cornuaille, qui a presente a Monseigneur des 
levriers, ars et fleches » (Arch. nat. KK 253, fol. 16, annee iSgy) — Voy. 
aussi KK 252, fol. 28 et 67 v", et KK 254, fol. 28. 

(3) « A la femme Jehan Paris, d'Etampes, pour avoir apporte les espai- 
gneux du comte d'Estampes, qu'elle gardoit, 4 livres 10 s. » — 29 mai 
1400 (Arch. nat. KK 254, fol. gb v). 

(4) Arch. nat. KK. 252, fol. 106 v° (1376) et i35 v". 

(5) ig novembre 1398 — Arch. nat. KK 254, fol. 57 v". 

(6) Arch. nat. KK, 253, fol. 49. 

(7) Arch. nat. KK 252, fol. 167. 

(8) Arch. nat. KK254, fol. 5i et i36v°. 

(9) Ibid., fol. 3i. 



INTRODUCTION CXXVII 

guerison dc la rage. S'ils sont perdus ou voles, celui qui 
les retrouve et les ramene a leur maitre est assure 
d'une bonne recompense (i). 

Les inventaires ne mentionnent qu'un tres petit nom- ^rmes. 
bre d'armes, ce qui ne laisse pas que de surprendre un 
peu. Qu'est-ce que I'epee appelee epee de saint Geor- 
ges (2)? Par quelle particularite notable avait-elle meri- 
tee son entree dans le tresor de Bourges ainsi que son 
nom? Voici encore une vieille epee a fourreau d'argent 
emaille de personnages et de betes (3). Du moins sommes- 
nous mieux edifies sur les vertus de ce couteau, appele 
le coutel Donogo qui possedait, si on en croit notre 
texte, la propriete de trancher le fer (4). 

Les deux sacs de cuir contenant de I'azur (5) rap- ^i""''- 
pellent que la couleur bleue, nommee outremer et tiree 
du lapis-lazuli reduit en poudre, etait, jusqu'a une date 
recente, une matiere des plus rares et des plus coia- 
teuses. Le Due en avait fait provision pour les besoins 
des peintres attaches a sa personne ; il la distribuait avec 
parcimonie a ses miniaturistes et enlumineurs. Get arti- 
cle est d'autant plus digne de remarque qu'il n'est ques- 
tion nulle part de feuilles d'or battu. G'est que I'azur 
importe d'Orient etant fort rare; on ne s'en procurait 
pas a volonte, meme en le payant cher, tandis que 
Tor en feuilles, s'il etait d'un prix eleve, se trouvait du 
moins chez tous les batteurs d'or. 

II resterait encore bien des objets curieux a signaler, 
comme cette « poire d'or » pour donner a boire aux 
malades (6); le diamant provenant de Bonne de Luxem- 



(i) Arch. nat. KK 252, tbl. 167. 

(2) Invent. B, art. 1089. 

(3) Invent. SG, art. 1040. 

(4) Invent. A, art. 206. 

(5) Invent. B, art. 210. 

(6) Ibid., art. 1 156. 



CXXVIII INTRODUCTION 

bourg, la mere du due de Berry (i); les plats decores de 
peinture (2) et les vingt-deux tasses emaillees au fond 
chacune d'une lettre de I'alphabet (3) ; mais on n'en 
finirait pas si on devait relever toutes les singularites 
qui sollicitent I'attention. 

Toutefois, nous ne saurions passer sous silence cer- 
taines categories d'objets qui font penetrer dans la vie 
intime du temps ou qui servaient a Tusage particulier 
du prince. II s'agit de ses sceaux et signets, des jeux de 
differentes sortes, des ustensiles de table ou des acces- 
soires de toilette, des parfums, des antidotes employes 
pour prevenir ou pour combattre I'effet du poison, enfin 
de ces legendes et de ces animaux symboliques qui sont 
comme une marque de propriete apposee sur le mobi- 
lier usuel et les manuscrits du due de Berr3^ 
Signets Les signets ou cachets sont groupes dans un meme 

et cachets. / , 

chapitre par Robinet d Etampes (4). 1 ous sont en or et 
en pierres precieuses. Nous ne parlous point des sceaux 
pfficiels; ceux-ci sont bien connus, et notre texte n'en 
dit mot. II ne fait mention que des signets secrets, gar- 
des dans le tresor particulier, tandis que le grand sceau 
etait entre les mains du chancelier. Encore est-il dou- 
teux que les cachets decrits ici, meme celui sur lequel 
on voit le portrait du due de Berry, aient jamais ete 
employes a sceller des actes prives ou des lettres missi- 
ves. Ces signets ont toute I'apparence d'une collection 
d'objets rares, plutot que d'une serie d'instruments 
usuels. Plusieurs des pierres, montees en anneaux, sont 
gravees d'un ours 
L'ours II y aurait une curieuse etude a faire sur le symbole 

et le cygne. , ,, , t-. i i 

de 1 ours et du cygne. Partout on les retrouve : sur les 

(1) Invent. A, art. 436. 

(2) Art. 1020. 

(3) Invent. B, art. 112. 

(4) Invent. A, art. 471 k 479. 



INTRODUCTION CXXIX 

huit Oil dix sceaux ou contre-sceaux de la collection dcs 
Archives nationales, sur quantite de joyaux, de pieces 
d'orfevrerie et de pierres gravees, sur les marges des 
manuscrits de Bourges. Tantot, ils servent de supports a 
Tecu de France engrele de gueules; tantot, il se dressent 
casques d'un heaume, tenant un etendart, un collier au 
cou ; tantot, ils se jouent dans les attitudes les plus natu- 
relles et les plus comiques autour de I'ecu de leur maitre. 
Quelquefois T'ours est blanc; mais, le plus ordinaire- 
ment, quand il decore des jo3^aux, il est emaille de noir; 
parfois, il porte un rubis sur I'epaule ( i ). Des 1 879, il pa- 
rait sur les sceaux de Berry, quoique sa presence ne soit 
signalee dans les comptes que beaucoup plus tard. Le 
plus sou vent, I'ours est seul ; quand le cygne se montre, 
il est presque toujours escorte de son compere a quatre 
pattes. Cependant le cygne figure quelquefois seul sur les 
sceaux ou sur les pieces d'orfevrerie. Ne serait-ce pas 
dans ce cas Tembleme de laduchesse? Sur une nef riche- 
ment decoree est represente un cygne portant au col un 
ecu en lozange(2); c'etait, on le sait, la forme heraldique 
de I'ecusson feminin. Ailleurs, le cygne tient une ban- 
derole historiee a la legende ducale : le terns veiira. 

Certains esprits ingenieux, trop ingenieux peut-etre, 
ont propose une explication un peu compliquee : ours et 
cygne formeraient ensemble un rebus dissimulant, en le 
laissant deviner, le nom d'une femme aimee, nommee 
Oursine. Cette conjecture ne repose sur aucune base se- 
rieuse. Autant chercher une allusion au fief de Lour- 
cine dont le nom s'est perpetue jusqu'a nous dans la 
banlieue de Paris. Au surplus, sans preter au due Jean 
des scrupules de conscience excessifs, il semble avoir 
mene une vie plus reguliere que beaucoup de ses con- 



(i) Invent. B, art. 124, 180. 
(2) Ibid., art. 56. 



CXXX INTRODICTION 

temporains. L'union regna de tout temps dans son me- 
nage. S'il aimait a s'entourcr de joueurs de farces et de 
gobelets, on nc saurait en inferer que son gout pour le 
plaisir ait jamais depasse les limites permises. 

D'autre part, il ne faut pas oublier que saint Ursin 
est le patron du Berry. Peut-on rappeler enfin que le mot 
Bchr signifie ours dans plusieurs langues? Ainsi, pour de 
multiples motifs, et peut-etre tout simplement par suite 
d'une predilection. innee, le souvenir et I'image de Tours 
s'imposaient au due de Berr}^ Quelle que fut la raison 
de ses preferences, graveurs et peintres ont su tirer, dans 
mainte circonstance, un parti charmant de I'animal de 
son choix. 

Cette passion se trouve confirmee par de nom- 
breux articles des comptes. Le due entretenait dans ses 
chateaux toute une collection d'animaux rares a cote des 
chiens de chasse ou autres dont nous avons parle plus 
haut. G'etait encore un gout qu'il partageait avec son 
frere, le roi Charles V. Celui-ci n'avait-il pas heberge dans 
le voisinage de I'hotel Saint-Paul quantite de betes rares, 
venues de pays lointains, et jusqu'a des lions. Nous 
ignorons si le due de Berry a jamais possede des echan- 
tillons de cette race; mais toutes les especes d'oiseaux 
figurent dans sa menagerie domestique. A cote des cygnes 
occupant naturellement une place d'honneur, il nourrit 
des faucons, des etourneaux, un chardonneret, des cail- 
les de mer, des paons, des tourterelles, des rossignols, 
des perdreaux, independamment de I'autruche et du 
dromadaire ( i ) qui exigent les soins d'un gardien special. 
Au milieu de ces botes exotiques. Tours reste leprefere. 
Non content d'en nourrir plusieurs aupres de lui, j'allais 
dire a sa cour, le due de Berry se fait accompagner par 
ses ftivoris dans ses frequents deplacements. Leur com- 

(ly Arch. Nat., KK 254, ful. ii5 v", I'iS v°, 139. etc., etc. 



INTRODUCTION CXXXI 

pagnie lui devient un besoin ; leurs ebats sont sa meil- 
leure recreation. Au surplus, ne soyons pas trop surpris 
de ce caprice; quiconque a pu assister auxgracieux ebats 
des jeunes oursins de Berne comprendra le gout singu- 
lier d'un prince jovial, ami du rire et de la gaiete. Le Due 
change-t-il de residence, vient-il a quitter le chateau de 
Mehun pour le palais de Bourges, ses compagnons de 
predilection le suivent enfermes dans une charrette, 
sous la conduite de leur gardien, Colin de Bleron, 
ou de quelque autre serviteur de confiance (i). Si 
bien eleve que soit ce personnage admis dans la 
familiarite d'un prince, son naturel reparait par instants, 
et les voisins se ressentent quelquefois de ses instincts 
brutaux. Ainsi Lorin I'archer recoit 45 sous tournois en 
1898, pour se faire guerir de la blessure qu'il a recue 
de I'ours de Monseigneur (2). 

Nous n'insisterons pas davantage sur la place consi- 
derable que I'ours occupe a la cour de Bourges. Notre 
table donne la liste complete des joyaux agrementes 
de I'animal symbolique. Malheureusement, toutes ces 
fantaisies charmantes, dont la description ne saurait 
donner qu'une idee bien vague, n'existent plus; seuls 
aujourd'hui, quelques sceaux, certaines pages des manu- 
scrits que nous possedons et les vitraux de Bourges 
montrent les ressources infinies que les dessinateurs et 
les orfevres comme les verriers avaient su tirer des 
graces massives du favori. 

L'examen des comptes fournit sur le caractere intime jeux. 
du due dc Berry des indications caracteristiques. Beau- 
coup d'articles nous le montrent constamment en fete et 
en rejouissances, fort adonne au jeu et aux distractions de 



(i) Arch. Nat., KK 253, fol. 53 v", 76, 84, et 254; fol. ii5 v", i38 v". 
(2) Ibid., fol. 53 vo. 



CXXXII INTRODUCTION 

toute nature. Ses livres dc depenscs portent de frequen- 
tes mentions dc sommes avancees par les serviteurs 
pour le reglement des dettes de jeu, depenses qui d'ail- 
leurs, empressons-nous de le dire, ne font aucun tort aux 
aumones, toujours nombreuses et fort larges. Les inven- 
taires gardent, eux aussi, le souvenir d'un gout tres vif 
pour tous les divertissements alors en faveur. Les meu- 
bles destines aux plaisirs du prince sont, comme il 
convient, d'une extreme recherche. Les echecs, les jeux 
de dames et de trictrac semblent avoir ete fort repandus 
a la fin du xiv' siecle. Le tablier ne va guere sans Techi- 
quier, avec pieces assorties. II y en a d'argent dore et 
de cristal (i), de bois de cipres orne marqueterie ou 
d'ivoire, avec echecs en ivoire et en bois noir (2); d'au- 
tres sont en jaspe et en cristal (3), d'autres encore en 
noix muguetes (4). Au jeu de tables ou tablier est sou- 
vent joint un marelier, probablement une sorte de tric- 
trac (5). Les inventaires mentionnent un anneau d'or 
orne d'un camayeu ou etaient representees deux femmes 
jouant aux tables (6). Les tables repondent done bien, 
comme on le voit, a ce que nous appelons aujourd'hui 
le jeu de dames. 

Les secretaires veulent-ils faire leur cour en oftVant 

au i''' Janvier un objet agreable a leur maitre? C'est a 

un tablier d'argent dore, garni de pieces de nacre, qu'ils 

songent tout d'abord (7). 

Usteiisiies Les ustensiles employes aux repas donneraient lieu a 

cVc- table. , , , . 

plus d une remarque piquane. Si Ton s'en rapporte aux 



(i) Invent. A, art. 296. 

{2) Ibid., an. 3oi, 326 1018. 

(3) Ibid., art. 336. 

(4) Invent. B, art. 63o, 63 1. 

(5) Ibid., art. 63 1 et Invent. C, art. 1298. 

(6) Ibid., art. 555. 

(7) Invent. A, art. 33 1. 



INTRODUCTION CXXXIII 



temoignages contemporains, aux manuscrits notamment, 
le luxe dans les festins etait pousse a un tres haut degre 
sous le regne de Charles VI. Les chercheurs qui ont 
feuillete les comptes anciens le savent de reste. Nos 
inventaires parlent de vases a faire rafraichir le vin (i), 
d'entonnoir d'or (2), de broches de cristal montees en or 
ou en argent pour manger les fraises (3). Les person- 
nages qui avaient porte la recherche du luxe a un tel 
point n'ignoraient certes pas I'usage de la fourchette. 
Et, de fait, si les fourchettes se montrent plus rarement 
que les cuillers, elles tigurent en suffisante quantite 
pour prouver que leur emploi etait alors d'un usage 
fort repandu, au moins dans la maison des princes et 
des grands seigneurs. Parfois, c'est un convert en or, 
reunissant fourchette, cuiller et cure-dent (4). D'autres 
necessaires de table sont plus complets encore, car ils 
comprennent en outre un couteau et un poincon avec 
un cure-oreille (5). Passe encore pour le cure-dent; 
mais la presence de I'autre ustensile dans un necessaire 
de table ne laisse pas que de sembler etrange. Ces instru- 
ments servant a manger sont fabriques avec les matieres 
les plus diverses : il y a des fourchettes d'or, d'autres 
en argent a manche de cristal (6), d'autres en picrre ser- 
pentine garnie d'or (7), d'autres enfin en or et en cris- 
tal (8). Bien plus nombreuses d'ailleurs sont les cuillers 
enumerees ici, qu'elles soient d'or, de cristal, de pierre 



(i) « Un reffroidouer a vin, de cuivre a oeuvre de Damas. » Invent. A, 
art. 225. 

(2) Invent. A, art. 240. 

(3) Ibid., art. 627, 628, et 629. 

(4) Art. 646. 

(5) Art. 656. 

(6) Art. 657. 

(7) Art. 65o- 

(8) Art. 69U. 



INTRODUCTION 



serpentine ou de cornaline (i). Est-il besoin d'ajouter 
que, seuls, les objets dc table en matieres precieuses 
sent confies au garde du tresor? Les cuillers comme les 
foLirchettes en metal commun n'ont aucune raison de 
tigurer ici. Notons cependant la mention d'une cuiller 
de corne; encore Tetui est-il garni d'argent (2). 

Les couteaux offrent de grandes varietes. On vient 
d'en citer plusieurs renfermes dans un necessaire avec 
le couvert. Parfois, une gaine ne contient qu'un jeu 
de couteaux de differentes grandeurs (3). Que veut 
dire le terme de couteau tournant a vis (4) ? A-t-on 
voulu parler d'une lame se repliant dans le manche 
de mahiere a se mettre dans la poche ? Le coutel dit 
« de Castille (5) » fait souvenir de la vieille reputation 
des epees espagnoles et des lames de Tolede. Cette gibe- 
ciere avec ceinturede cuirblanc, a laquelle pendent « trois 
couteaux a manches d'os appele rouart, qui tost la 
soif(6))), a tout I'air d'un attirail de chasseur; le manche 
qui a la vertu d'apaiser lasoif est bien de nature a nous 
confirmer dans cette conjecture, 
Saiicrcs. Nous uc uous arrcterons pas aux salieres si nombreu- 

ses et si elegamment ornees dont la description remplit 
des pages entieres. La saliere, on I'a deja fait remarquer, 
n'est pas seulement un recipient pour le sel et le poivre; 
elle renferme encore les epices de toute sorte dont on 
faisait alors grand usage; aussi atteint-elle des propor- 
tions exceptionnelles, comme lanef, ce qui lui permet de 
recevoir une decoration aussi riche que compliquee. 
La saliere du pavilion (7) pent etre citee comme un 

(i) Invent. A, art. 621, 645, 660, 661, 691, 1209. 

(2) Ibid., art. 488. 

(3) Art. 211, 212. 

(4) Art. 222. 

(5) Art. 1054. 

(6) Invent. B, art. 3i5. 

(7) Invent. A, art. 649. 



INTRODUCTION CXXXV 

des specimens les plus caracteristiques de ces ceuvres 
d'art oLi le talent de I'orfevre se donnait libre carriere. 
Quand la saliere atteint un pareil developpement, elle 
constitue seule un veritable surtout de table. 

Deux articles etranges meritent d'etre signales parmi 
les objets de table : d'abord ces cornes de cerf-volant, 
garnies d'argent dore (i), dent I'usage ne s'expliquerait • 
guere si elles n'etaient destinees a servir de cure-dent. 
C'est encore un indice du gout prononce du Due pour 
toutes les curiosites naturelles. Enfin, la poire d'or pour 
donner a boire aux malades (2) prouve que I'imagination 
des orfevres s'etendait aux moindres details de la vie 
intime. 

II serait sans interet de passer en revue la serie des Piats, bassins^ 

'- hanaps, etc. 

plats, des bassins, des vases, des tasses, des flacons, des 
barillets, des hanaps, des aiguieres d'argent ou de cristal, 
et des tranchouers ou plateaux servant a decouper les 
viandes. L'orfevrerie de table du due de Berry est en rap- 
port avec toutes les autres somptuosites de la maison. II 
ya la des pieces du plus haut interet et d'une valeur 
immense. 

Dans les inventaires figurent differents objets de bu- ^i^l^^i^^^^ 
reau destines sans doute a I'usage particulier du prince. 
Ces articles suggerent quelques observations. A plu- 
sieurs reprises (3), il est question d'une petite boite d'ar- 
gent dore pour mettre vernis. On salt par un de ces arti- 
cles que cette boite dependait d'un comptoir ou d'un 
bureau; mais ce detail ne nous fixe guere sur I'emploi du 
vernis. Un autre passage (4) se montre plus explicite : 
il nous apprend qu'on passait ce vernis sur I'ecriture soit 
pour la fixer, soit pour la rendre brillante. Les ecri- 

(i) Invent. A, art Dog. 

(2) Invent. B, art. 1 1 56. 

(3) Invent. A, art. 209, 286. 

(4) Ibid., art. 274. 



de bureau. 



CXXXVI INTRODUCTION 



toires avec garniture complete de plumes, dc ganivets, 
de ciseaux, reparaissent maintes fois (i). Ces ecritoires, 
richement decorees et ornees souvent de pierres fines et 
d'emaux, disent assez le luxe introduit dans les moin- 
dres details du mobilier personnel. Parfois des balances, 
des poids, et meme le fusil pour faire jaillir I'etincelle qui 
allume le feu, font partie de la garniture de bureau (2). 
Ailleurs, il n'est question que d'un simple encrier en 
argent, sans plume, sans ganivet ; tels sont les grands 
encriers ronds pour comptoir dont les secretaires de 
Monseigneur lui font present aux etrennes de 1407 et de 
141 5 (3). L'un des plus riches parmi ces petits meubles, 
est, sans contredit, I'ecritoire agrementee d'ours et de 
cygnes, des armes du Due en email, et aussi des myste- 
rieuses initiales E V (4), 

N'oublions pas les quatre compas d'argent blanc et 
d'argent vere renfermes dans un etui de cuir noir (5). 
Tous ces menus objets d'un usage courant passent 
constamment de main en main. Le due de Berry en 
avait recu plusieurs de ses secretaires; il en distribuait 
a toute occasion dans son entourage. 
Objets Si nous arrivons maintenant aux articles de toilette, 

'3 toilette, . . ^ J 'i' T 

miroirs. les observations piquantes ne teront pas deiaut. l^es 
miroirs sont nombreux : miroirs de toute nature et de 
toute dimension, miroirs d'acier (6), miroirs d'argent 
dore (7), miroirs a une ou a deux lunettes (8),c'est-a-dire 
probablement formes de deux disques se repliant l'un 



(i) Invent. A, art. 275, 282, 286, 298, 1140. 

(2) Art. 285. 

(3) Art. 323, 1 140. 

(4) Invent. B, art. 1077. 

(5) Invent. A, art. 248. 

(6) Art. 2 10- 

(7) Art. 221, 3 1 3. 

(8) Art. 244, 245, 283, 3i3. 



INTRODUCTION CXXXVII 

sur raiitrc; petits miroirs de poche ct grands miroirs a 
pied, decores de figures emaiUees de personnages reli- 
gieux (i) ou de heros mythologiques tels que Pj^rame et 
Thisbe (2). Le texte ne dit pas si le corps meme du 
miroir est forme d'une plaque de metal ; mais cela ne 
semble pas faire de doute, Quand il est question de 
miroirs d'argent ou d'or, on veut parler evidemment de 
la monture ; seule, elle donne du prix a I'objet. Le miroir 
d'acier dans une bourse de sole, estime 40 sous tournois, 
est, selon toute vraisemblance, compose d'une simple 
plaque d'acier poli servant de miroir de poche. 

Dans leur mobilier personnel, nos ancetres possedaient chaujfaxttcs. 
de petites chaufferettes a mains, affectant la forme de 
pommes ou de rouleaux (3), qu'on remplissait d'eau 
chaude ou de charbons ardents. Notre inventaire en 
signale plusieurs. Le musee de Cluny possede encore 
deux chauffe-mains presentant I'aspect de boules percees 
de trous, datant du xiv-' ou du xv-' siecle. Mais, de tous 
les meubles d'usage intime, le plus singulier, sans con- 
tredit est le « petit orinal de voirre garni et pendant a 
no chaiennes d'or (4) )>. Quel etrange bijou ! 

Parmi les accessoires de toilette peuvent prendre place par/ums. 
les nombreux parfums cites dans les textes. Ce gout 
des odeurs venait a coup sur de I'Orient ou il s'est con- 
serve. Le plus repandu de ces parfums recevait souvent 
i'aspect d'un oiseau, d'oii le nom d' « oisellez de Gh3'pre ». 
Les recipients destines a contenir ces substances a fumi- 
gations affectaient les formes les plus diverses. Les oise- 
lets de Chypre etaient enfermes dans des cages (5), places 



(i) Invent. A, art. 283. 

(2) Invent. B, art. bi-j et 5i8. — Voir aussi Invent. SG, art. 7G8. 

(3) Invent. A, art. 207, 25o. 

(4) Art. 265. 

(5) Art. 289,304. — Invent. B, art. 52, 290, 3o5, 1148, 11 57. 



CXXXVIII INTRODUCTION 



dans des chandeliers ou des encensoirs (i), loges dans 
des ours, des moutons, des fleurs de lis (2). Si le parfum 
designe sous le nom d'oiselet de Ch3^pre etait plus usite 
que tout autre a la cour de Bourges, on ne negligeait 
aucun des produits naturels propres a embaumer I'air 
des appartements. Plus une odeur est forte, penetrante, 
plus elle a de vogue. Ainsi, le muse partage la faveur des 
oiselets de Chj'pre ; on le met dans des pommes d'or 
enrichies de pierres precieuses (3). L'ambre (4) est aussi 
d\in usage assez frequent dans les fumigations; on le 
melange souvent avec le muse. 

Parmi les parfums en honneur chez le due de Berr}', 
citons encore la lavande (5), le baume (6), la civette (7). 
II est aussi question de pierres pour faire fumigations (8), 
dont la nature n'est pas specifiee. Bien, entendu, toutes 
ces substances ne sont qu'incidemment mentionnees 
dans les inventaires, et seulement a cause des boites et 
des recipients precieux ou on les faisait bruler. « Les poi- 
lettes )) ou palettes d'argent blanc a mettre feu pour faire 
fumigations renseignent encore sur un des precedes en 
usage pour parfumer les appartements (9). 
coiurc-foisons. Nous u'avons encore dit que peu de mots d'une na- 
ture d'objets tenant une place considerable dans les 
preoccupations des grands seigneurs du moyen age. On 
recherchait alors avec empressement toutes les matieres 
animales ou minerales auxquelles etait attribuee la vertu 



(i) Invent. A, art. 104, 114, iicS. 

(2) Art. 3 16, 33o, et Invent. B, art. 523. 

(3) Invent. A, art. 21 3, 255-262, 307, 3 18, etc., etc. 

(4) Art. 254, 334. 

(5) Art. 214. 

(6) Art. 23o, 232. 

(7) Art. 299, et Invent. B, art. 173. 

(8) Invent. A, art. 273. 

(9) Art. 3o2, et Invent. SG, art. 586. 



INTRODUCTION CXXXIX 



soit de reveler la presence du poison soit de conjurer ses 

etfeta. 

Sans doute, les tentatives criniinelles etaient bien fre- 
quentes alors puisqu'on prenait un tel souci de se procurer 
des antidotes energiques. C'est la un trait de moeurs des 
plus caracteristiques. Nombre de ces pierres contre venin, 
de ces langues de serpent, de ces crapaudines, sont join- 
tes aux salieres, ce qui semblerait indiquer que le poison 
etait introduit le plus souvent dans les epices ou dans 
le sel. Si Ton admet cette hypothese, elle conduit a 
supposer que Tarsenic etait alors un des poisons les plus 
rcpandus. II se melange plus facilenient qu'aucun autre 
avec le sel marin. Aussi trouve-t-on peu de salieres sans 
leur garniture de langues de serpent. 

Le due de Berr}^ apres avoir ete en butte, comme 
son frere Charles, a plusieurs tentatives d'empoison- 
nement, ne crut jamais prendre assez de precautions 
contre ce peril. II recherche de tons cotes les pier- 
res contre venin (i), les pierres de chapon (2), la pierre 
.nommee bezoard (3). Toutefois, c'est la matiere dite 
langue de serpent (4) et la corne d'unicorne ou de 
licorne(6), formee de la defense du narval, qui servent 
le plus souvent aux epreuves. Le due Jean ne possedait 
pas moins de quatre defenses de narval, dont I'une lui 
avait ete envoyee par le pape Jean XXII, ce qui don- 
nerait a entendre que I'Eglise partageait sur ce point les 
prejuges de la foule. Au moment de sa mort, notre 
prince a grand soin de repartir entre ses filles ces precieux 
antidotes et de laisser a chacune d'elles une corne d'uni- 
corne. 



(i) Invent. A, art. 279,496, 5ii, 619.— Invent. B, art. 169. 

(2) Invent. A ,art. 582. 

(3) Art. 594. — Invent. B, art. i65, 181^ 1097. 

(4; Invent. A, art. 614, 533, 534,535, 625, 641, 643, 644, 655, etc. 
(5) Art. 309, 63o, 11 38, 11 39. 



CXL INTRODUCTION 

Lcs inanuscrits. Arretons-noLis pour terminer a la scrie la plus merveil- 
leuse des collections de Bourges ; il s'agit, bien entendu, 
des manuscrits. Si la plupart des joyaux de grand prix, 
dont on lit ici les fastueuses descriptions, furent condam- 
nes par leur nature meme et par leur valeur intrinseque a 
une prompte destruction, si nous ne possedons pour 
ainsi dire aucune des merveilles d'orfevrerie qui faisaient 
la gloire des tresors du due de Berr}^, par contre, les 
principaux manuscrits a peintures ont ete sauves en 
raison de leurexceptionnelle beaute, en sorte qu'on pent 
les suivre dans les differentes mains auxquelles ils 
ont appartenu a travers les siecles. D'ailleurs, le Due a 
marque d'une empreinte personnelle et ineffacable les 
ouvrages qui ont passe par ses mains, de sorte qu'il est 
difficile de ne pas les reconnaitre. 

Ces incomparables manuscrits ont sollicite Tattention 
de quantite d'erudits et des bibliophiles les plus emi- 
nents. De nombreux travaux ont ete consacres a leur 
description depuis LeLaboureur (i) et Barrois(2) jusqu'a 
MM. Paulin Paris (3), de Bastard (4), Leon Lacabane (5), 
Douet d'Arcq (6) et Hiver de Beauvoir (7). Inutile de 
revenir sur ces recherches deja anciennes depuis que la 
magistrale etude d'ensemble, publiee par M. Leopold 
Delisle, les a toutes resumees et completees. Pourquoi 
recommencer ce qui a ete fait d'une facon definitive? 

Le nombre des livres du due de Berry monterait, 
d'apres les recherches de M. Delisle, a trois cents volumes 

(i) Histoire de Charles VI, Introduction, p. yb. 
(2) Bibliotheque protypographiqiie, p. 89 a 100; n"" 5o5 a 604. 
{3) Bulletin du Bibliopliile, 2° serie, p. 601-614. — Les manuscrits 
francais. 

(4) Bulletin du Comite, annee 1857, t. IV, p. 42c). 

(5) Bibliotlieque de I'Ecole des Cliartes, i^c scric, t. II. p, 71. 

(6) Revue arche'ologique, t. VII, p. 145-168 ct 224-233. 

(7) La librairie de Jean due de Berry au chateau de Mehun-sur-Ycvre 
(1416). Paris, Aubry, i860, pet. in-8°. 



INTRODUCTION CXLI 



environ. C'est la somme totale des articles fournis par 
quatre inventaires de dates ditYerentes, dont chacun nien- 
tionne des ouvrages non cites dans les autres. Comme 
les joyaux, les manuscrits etaient un objet continuel d'e- 
changes et de presents entre princes et grands seigneurs, 
Le due de Berry en a recu et donne jusqu'a son dernier 
jour. II est done a peu pres impossible de fixer d'une 
maniere definitive le chitfre deses manuscrits. M. Delisle 
en a bien decouvert qui, tout en portant la signature et 
les emblemes de notre prince, ne figurent sur aucun 
de ses inventaires. 

La librairie de Bourges etait certainementmoins riche, 
au moins sous le rapport du nombre, que celle du Lou- 
vre (i). Mais, si on tient compte surtout de la qualite des 
manuscrits, de la beaute des miniatures, de larichesse 
des reliures, dont malheureusement il ne reste rien au- 
jourd'hui, la collection du due de Berry I'emporte a coup 
sur sur toutes ses rivales. Cette superiorite n'a jamais 
ete contestee par personne, et ce fut de tout temps un 
titre d'honneur pour un livre d'avoir appartenu a celui 
qu'on pourrait nommer le prince des bibliophiles 
francais. 

Comme il est naturel, la serie la plus nombreuse est Nature 

des manuscril 

celle des livres religieux. EUe se compose de quatorze 
Bibles, seize Psautiers, dix-huit Breviaires, quinze livres 
d'Heures, six Missels, trois Oraisons, trois livres des 
Epitres ou des Evangiles, huit Vies de saints ou de salu- 
tes, quatre Homelies et Dialogues de saint Gregoire, 
enfin trente autres traites et ouvrages de piete. 

La philosophic et la politique sont representees par 
quinze ouvrages ; le droit par trois. Les compilations 
historiques semblent avoir ete une des lectures favorites 



(i) Les douze cents volumes enumeres par M. Delisle comprennent 
d'ailleurs les collections de Charles VI et de Charles VII. 



CXLII INTRODUCTION 



du prince ; il ne possedc pas moins de quarante-un 
volumes de chroniques, dont il faut rapprocher trentc- 
huit remans de chevalerie. L'histoire, au moyen age, 
a bien souvent, on le salt, les allures du roman. On 
compte vingt-quatre manuscrits de sciences et arts, en y 
comprenant les mappemondes et un traite des sept pla- 
netes, ou livre de magie; enfin, un ouvrage sur les jeux. 
La litterature, elle aussi, est largement representee 
dans cettebibliotheque encyclopedique qui offre comme 
un abrege de toutes les connaissances humaines. On 
vient de constater que la librairie de Bourges ne contenait 
pas moins de trente-huit romans de chevalerie. Nous y 
trouvons en outre six ouvrages de Christine de Pisan, 
sept exemplaires de la Cite de Dieu, quatre de Boece, un 
Bestiaire, deux volumes de Boccace, et, parmi les auteurs 
anciens, cinq volumes d'Ovide, un de Virgile, deux de 
Terence, quatre de Tite-Live, trois de Valere-Maxime, 
deux de Lucain, les livres de Pline, de Seneque, de 
Suetone,de Vegece, de Frontin, de Machaut, sans comp- 
ter cinq ou six autres ecrivains plus obscurs et diverscs 
compilations reunissant les matieres les plus diverses. 
Le due de Berry s'attachait, on le voit, a posseder 
des ouvrages tres varies, a se procurer tous les auteurs 
en reputation. Avions-nous tort de dire que sa librairie 
presentait comme une encyclopedie resumee des con- 
naissances de son temps. 

Au surplus, la classification qui precede serait sujette 
a examen eta revision; nous ne I'avons etablie que pour 
donner une idee de I'extreme diversite des matieres 
qu'embrassait la librairie du prince. 
Prorcancc Si I'on veut connaitre les origines de cette belle 
bibliotheque, les difterents inventaires tourniront sui 
quantite d'articles de precieuses indications. Soi- 
xante -dix-huit ouvrages proviennent de dons ou 
d'echanges, trcnte-deux d'achats; trois furent executes 



INTRODUCTION CXLIII 

sur les ordres du prince (i). A cette derniere classe 
appartiennent les plus beaux livresd'Heures decrits dans 
nos textcs, en particulier les grandes Heures de Berry 
qu'onpeut encore admirer au Cabinet des manuscrits (2) 
et qui ne furent pas prisees moins de 4,000 livres par 
les executeurs testamentaires ; ce fut le chiffre le plus 
eleve de Texpertise des manuscrits. 

Nous venons de parler d'echanges; cette categorie se 
reduitaux Heures que le due de Berry recut de Robinet 
d'Etampes centre un autre livre identique (3). Mais on 
salt par plus d'un exemple que, des que le Due rencontrait 
I'occasion de rentrer en possession d'un ouvrage donne 
par lui, il ne la laissait guere echapper. C'est ainsi qu'il 
s'empresse de reprendre, apres I'assassinat du due d'Or- 
leans, un livre des Sept Arts,une Bible et un Breviaire (4) 
dont il avait fait present a son neveu peu d'annees aupa- 
ravant. 

On a vu que le due Jean avait trouve le moyen 
de s'approprier une partie des biens de Jean de Mon- 
taigu, apres le supplice de ce personnage. Dans cet heri- 
tage confisque il y avait un Miroir historial (5) de Vin- 
cent de Beauvais, en trois volumes, que le due Jean avait 
offert lui-meme a I'infortune grand-maitre de I'hotel quel- 
ques annees auparavant. II s'en empara sans scrupule. 
Peu de temps apres, le Due faisait don du meme exem- 
plaire a son neveu le due de Bourgogne. On voit avec 
quelle rapidite les livres, comme les joyaux les plus 
precieux, passaient de main en main. Cependant le due 
de Berry ne parait s'etre jamais defait des livres 
d'Heures executes sur ses ordres. 



(i) Invent. A, art. gSS, 960, 961. 

(2) Fonds lat., 919. 

(3) Invent. A, art. 997. 

(4) Art. 957, 958,971. 

(5) Art. 972. 



INTRODUCTION 



Dans les listcs de la librairie de Bourges figurent plu- 
sieurs manuscrits presentes par les auteurs. Chris- 
tine de Pisan rechercha les bonnes graces de notre 
prince en lui faisant hommage, de 1408 a 141 4, de 
la plupart de ses oeuvres (i), auxquelles elle joignit un 
livre de Psaumes, traduitet comniente par elle (2). Pour 
reconnaitre ce beau cadeau, le due de Berry achetait 
a la femme poete son livre de ballades, lais et virelais, 
connu sous le titre de Dictiez, et le lui payait 200 ecus. 
II est a presumer que sa generosite ne s'en tint pas la 
et que Christine de Pisan recut d'autres effets de la libe- 
ralite de son Mecene. 

On connaissait partout la passion du Due pour les 
volumes richement histories. Et non seulement le Roi, 
le due de Bourgogne, les grands personnages ; mais 
encore les officiers de la cour de Bourges, et jusqu'aux 
secretaires du Due saisissent toutes les occasions d'en- 
riehir sa librairie. Quelquefois meme, comme on I'a vu, 
ils se permettent d'innocentes plaisanteries (3) autori- 
sees par la bonhomie du prince, la simplicite de ses 
manieres, et montrant bien sur quel pied d'intimite il 
permettait a ses familiers de vivre avee lui. 
Prix Les achats du due de Berry aux personnes de son 

des manuscrits. _ _ . 

entourage ou aux libraires contiennent de precieux ren- 
seignements sur le prix des manuscrits au debut du xv'= 
siecle. Si le Due, entraine parses gouts, se laissait aller 
a payer ses acquisitions fort cher, nous avons, pour 
fairc contre-poids a cette exageration et retablir une 
moyenne, Testimation des executeurs testamentaires. 
Entre les deux chiifres se trouve la valeur a peu pres 
exacte des manuscrits. 

(i) Invent. A, art. 9^2, 943, 949, 932, 1239. 

(2) Art. 977. 

(3) Art, 994 : « Un livre contrefait d'unc piece de bois peinte en sem- 
blance d'un livre... ». 



INTRODUCTION CXLV 

Ainsi, la Chroniqiie de Burgues, vendue au Due en 
1402 (i) par Hennequin de V^irela}', demeurant rue Neu- 
ve-Nostre-Dame, au prix de 200 ecus d"or, est esti- 
mee, en 1416, 100 livres tournois ; en prenant la moitie 
de I'ecart, on arrive a i5o ou 160 livres. Quelquefois, les 
livres sont cedes au prince par celui meme qui les a 
transcrits.C'est ainsi qu'il achete de Jean le Moustardier, 
ecrivain de forme, en fevrier 1404, le livre appele Cy 
nous dit. 

Parmi les fournisseurs du prince, il en est un dont Marchands 

1 . J. , IT- -1 libraircs. 

le nom revient irequemment dans les inventaires, c est 
le libraire parisien Regnauld du Montet. En 1404, ce 
marchand vend un gros rccueil de divers traites anciens et 
modernes, entre lesquels figure leF/a/zcif/erdeTaillevent, 
pour la somme de 200 ecus d'or (2) ; I'annee suivante, 
c'est un Lancelot du Lac, du prixde 3oo ecus (3); en 141 o, 
il cede un livre de VInformation dcs rois et des prin- 
ces (4), prise (5 livres 5 sous seulement six ans plus tard. 
Dans le cours des annees suivantes, Regnauld du Mon- 
tet fait de nombreuses affaires avec son riche client. C'est 
une Vie des Peres (5), evaluee 12 ecus; un livre des 
Merveilles du Monde, 100 ecus ; un Missel, 100 ecus ; un 
livre d'Heures, 3o ecus (G;. Durant les dernieres annees 
de la vie du prince, son libraire ordinaire fait encore en- 
trer dans sa collection six ou sept manuscrits a des prix 
minimcs (7). 

Les autres libraires en relations avec le due de 
Berry se nomment Colin Beaucousin (8), Baude de 

(i) Invent. A, art. yiS. 

(2) Art. 919; estime yS livres tournois en 141G. 

(3) Art. 920; prise i25 livres tournois en 141G. 

(4) Art. 989. 

(5) Art. 990. 

(6) Art. 1000, Tooi, 1002. 

(7) Art. 1228, 1229, 1234, 1235, 1236, 1237. 

(8) Art. 921. 



CXLVI INTRODUCTION 

Guy (i), Bureau de Dammartin (2), Jean Colin (3). 
Quelques-uns de ceux-ci faisaient en meme temps le 
commerce des joyaux et des livres. Jean Flamel, I'ecri- 
vain qui a laisse de si belles inscriptions sur les manuscrits 
de son maitre, lui cede pour 3o francs le roman des Qiiatre 
fils Aymon (4). Jean de la Cloche, tresorier de France,, 
consent a se dessaisir des Decades de Tite-Live (5), sur 
la sollicitation de I'insatiable bibliophile. Le prix de 
vente n'est pas porte a I'inventaire. II devait atteindre 
un chiffre assez haut, a en juger par I'estimation des exe- 
cuteurs testamentaires, qui s'eleve a SyS livres tournois. 
Dispersion H cu fut de la Hbraide de Jean comme de son tresor. 

de la librairie tt i 

du Due. Une bonne partie des livres se trouva dispersee, du 
vivant meme de leur possesseur, par suite de diverses 
liberalites. Le chapitre de la Sainte-Chapelle de Bourges 
obtint la plus grosse part de la collection. Sur quatre- 
vingt-dix-sept manuscrits alienes avant la mort du prince, 
la Sainte-Chapelle n'en avait pas recu moins de cin- 
quante, dont un certain nombre n'est connu que par 
I'etat des dons ofFerts au chapitre de Bourges. 

Un volume porte sur le premier inventaire avait ete 
perdu avant 141 3 (6), d'apres une note du garde des 
joyaux. On a signale ci-dessus plusieurs ouvrages qui ne 
sortirent de la librairie de Bourges que pour y rentrer 
quelque temps apres, par suite de la mort du due d'Or- 
leans (7). 

Parmi les personnages qui se partagerent les epaves 
de la bibliotheque ducale figurent des gens de tout rang 



(i) Invent. A, art. 922 et suivants. 

(2) Art. 929. 

(3) Art. 962. 

(4) Art. 954. 

(5) Art. i23o. 

(6) Invent. B, art. 944. 

(7) Ibid., art. 957, 958, 972. 



INTRODUCTION CXLVII 

et de toute condition. La femme et le fils de Robinet 
d'Etampes(i), Guillaume Lurin (2), Pierre des Essarts, 
prevot de Paris (3), Jean de la Barre (4), paraissent sur 
cette li"§te h cote de Marie de France, religieuse a Poissy 
et niece du Due, a qui echut le fameux Breviaire de Belle- 
ville (5),du due de Bourgogne Jean sans Peur (6), de I'ar- 
cheveque de Bourges (7), des eveques de Clermont (8) et 
deChartres (9), du roi deCastille (10). On a ditplus haut 
comment le manuscrit des Chroniques de France (11), 
avait ete rendu aux Religieux de Saint-Denis apres la 
mort du detenteur. 

Les filles du due de Berry avaient recu de son vi- 
vant quelques livres de sa riche librairie (12); elles 
se partagerent, apres sa mort, les plus beaux volumes 
de la succession. Ces manuscrits furent compris dans 
le lot attribue a chacune d'elles en payement de leur 
dot. La duchesse de Bourbonnais obtint pour sa part 
quarante-un manuscrits; la comtesse d'Armagnac en 
garda cinq (i3). Certains parents du prince se firent 
une part dans ses riches depouilles : le due de Tou- 
raine fit demander un Breviaire dont on negligea de lui 



(i) Invent. A, art. 85 1, 1240. 

(2) Art. g36. 

(3) Art. 1000. 

(4) Art. 1004. 

(5) Art. 963. 

(6) Art. 972. 

(7) Art. 992, 1246. 

(8) Art. 997. 

(9) Art. ioo2» 

(10) Art. 1006. 
(i i) Art. 1249. 

(12) Au due ou a la duchesse de Bourbon Particle 963 de I'inventaire B ; 
a la duchesse d'Armagnac le n" 975 du mSme inventaire. 

(i3) Les numeros de ces articles sont enumeres a la page2 94 de 
notre tome II. 



CXLVIII INTRODUCTION 

reclamer le piix (i); la reine de Sicilc pa}^^ 3oo livres 
tournois un livre d'Heures estime 700 livres (2). Le garde 
de la librairic du Roi revendiqua une Bible francaise, 
indument gardee par le due de Berry (3). Les commis- 
saires charges de regler la succession du due de Guienne 
qui parait avoir laisse des aifaires aussi embarrassees 
que son grand-oncle, se firent restituer un Terence et un 
Breviaire que le due de Berry s'etait appropries dans 
les dernieres annees de sa vie (4). C'est encore a titre de 
restitution que le secretaire du Roi, Pierre le Fruictier, 
dit Salmon, reclame et obtient un volume de la Cite de 
Dieii, qu'il declare avoir simplement prete au defunt qui 
I'avait garde. Enfin, un livre d'Heures fut abandonne a 
Jean Gaucher, ancien clerc des joyaux, en recompense 
de ses services. C'est tout pres de cent cinquante articles 
dont nous suivons les destinees apres la mort de leur 
proprietaire. Le surplus, c'est-a-dire la moitie a peine de 
lincomparablc collection, fut vendu pour pa3Tr les 
dettes (5). 
Langue Si uous examinous a un point de vue different la col- 

des mamiscrits- ... , , i - i 

lection qui nous occupe, nous releverons la presence de 
cent trente-trois manuscrits francais et soixante-dix-sept 
ouvrages en latin. Trois seulement sont rediges en une 
langue etrangere : ce sont les deux livres de Magique (6) 
« escrips en espagnol », et le livre ancien « escript en 
grec «, dont le titre n'est pas indique, parce que pro- 
bablement le scribe n'entendait pas le grec (7). Pour 

(i) Tome II, p. 298. 

(2) Ibid., p. 299. 

(3) Ibid., p. 3oo. 

(4) Tome III, p. 3oi. 

(5) M. Delisle a constate qu'unc Bible avait etc acqiiisc par Galcas 
Pinel, un Breviaire par I'evi^que de Paris, ct le Priscicn par Jean Coin- 
gnet. [Cab. des man., t. I, p. 63.) 

(6) Invent. A, art. 909. 

(7) Invent. SG, art. 324. 



INTRODUCTION CXLIX 

bon nombre de manuscrits, la description ne specific 
pas la langue dans laquelle ils sent ecrits. Parfois, il est 
facile de suppleer a ce silence. Commc de juste, la plu- 
part des livres d'eglise sent en latin, tandis que beaucoup 
d'auteurs anciens ne sent representes chez le due de 
Berry que par des traductions francaises. 

Cent vingt-un des ouvrages mentionnes aux inventaires 
etaient enrichis de miniatures ; il y en avait peut-etre un 
plus grand nombre ; mais les descriptions trop sommaires 
nous laissent parfois dans le doute. Quelques-uns de ces 
volumes histories sont ornes de peintures dites d'ouvrage 
romain ou d'ouvrage lombard (i). Ces deux termes sont- 
ils synonymesPNous le pensons. On designait probable- 
ment ainsi des miniatures dans le gout italien ; ces en- 
luminures se distinguent aisement par leur style des 
peintures francaises ou flamandes. 

La minutieuse description des manuscrits fournit Ecriun-c 

^ . , des manuscrits. 

encore bien d'autres details curieux. Si on considere 
la forme des caracteres, les manuscrits peuvent se clas- 
ser en deux grandes categories bien distinctes : livres 
ecrits de lettre de court ou de lettre courante ; livres 
en lettre de forme. Pour les premiers, au nombre de 
cinquante-cinq, I'ecrivain s'est servi de I'ecriture cou- 
rante ou cursive, usitee pour les chartes ou les regis- 
tres de comptes ; tandis que la lettre de forme, on 
dirait aujourd'hui la lettre moulee,est reservee aux livres 
soigneusement calligraphies. Soixante-dix manuscrits 
sont dits en lettre de forme; ce sont pour la plupart des 
volumes enrichis d'histoires ou de miniatures. Dans cete 
categorie rentrent sept articles ecrits, suivant I'lnven- 
taire, de grosse ou de trcs grosse lettre de forme (2). Ce 



(i) Invent. A, an. 958,963; Invent. B, art. qS?, 1002, iu53; Invent. D, 
art. 175^ 176. 
(2) Invent. A, art. 874,892, 931, 974, i238, 1245, 1249. 



CL INTRODUCTION 

ne sont pas tous, commeon le supposerait, des Psautiers 
ou des livres d'eglise. A cette classe appartiennent notam- 
ment les Chroniques de France de I'abbaye de Saint- 
Denis. 

D'autres manuscrits sontdits de lettre boulonnaise ou 
de Bologne, de lettre ronde, de lettre gasconne, de lettre 
francaise et de lettre lombarde. 

Pour Tecriture boulonnaise ou de Bologne, pas de 
difficulte. II s'agit tres probablement de ce qu'on appelle 
encore I'ecriture italique. Le terme de lettre lombarde (i) 
avait sans doute une signification analogue. L'expression 
lettre ronde (2) s'explique assez d'elle-meme. Quant a la 
lettre francaise (3) et a la lettre gasconne (4), nous serions 
plus embarrasse depreciser le sens de ces termes; mais, 
comme on possede encore la Bible en lettre francaise, on 
pent aisement la comparer aux autres volumes en lettre 
de forme et determiner les differences essentielles qui 
les distinguent. 

Notons encore que le texte prend soin d'indiquer 
parfois si le manuscrit est ecrit sur papier ou sur par- 
chemin. 
Reiiurcs. Eufiu, la rcliurc de ces volumes a ete I'objet d'un soin 

luxueux dont on ne pent se faire une idee que par la 
lecture attentive des inventaires, car aucun des livres 
du due de Berry actuellement connus n'a garde son an- 
cienne parure de sole, avec ses fermoirs d'or ou d'argent 
dore, rehausses d'emaux, de pierres fines et de pedes. 
On ne compte pas moins de vingt-quatre ou vingt-cinq 
livres ^d'Heures, ou autres ouvrages enrichis de fer- 
moirs d'or,^rehausses de figures en relief, de scenes reli- 
gieuses, ou encore de petits ours et de cignes servant de 

(i) Invent. D, art. 172. 
(2) Invent. A, art. 926, 927, 991. 
[3yibid., art. 854: Ms fr. ibg. 
(4) Ibid., art. 902. 



INTRODUCTION CLI 

supports aux armes du prince (i). Certains d'entre eux 
sont munis de pipes servant a porter les signets; ces 
pipes sont presque toujours de metal precieux, non moins 
soigneusement ouvragees que les fermoirs (2),et garnies 
de pedes, de balais ou de diverses pierres. Independam- 
ment des armoiries du due de Berry qui reparaissent 
souvent, d'autres armes entrent dans la decoration exte- 
rieure de ces fermoirs; parfois, ces ecussons exactement 
decrits, ou divers ornements, tels que les fleurs de bour- 
rache qu'on retrouve si souvent mentionnees dans les 
inventaires du temps, aideront a mettre sur la trace du 
proprietaire primitif. 

Sur trois cents manuscrits environ composant jadis 
la librairie de Bourges, M. Delisle, apres de longues 
investigations, en a retrouve soixante-dix-neuf. Nous Manuscrits 
possedons ainsi au moins le quart de la bibliotheque, ^"^'""'^ ^^'^'^"^^ 
tandis qu'on a recueilli a peine la vingtieme partic des 
livres composant, sous Charles V et sous Charles VI, la 
collection du Louvre. II est vrai que les manuscrits du 
due de Berry justifient amplement la solliciiude avec 
laquelle ils n'ont cesse d'etre traites. C'est ce que nous 
essayerons de demontrer par un examen rapide et me- 
thodique des livres conserves soit a la Bibliotheque 
Nationale de Paris, soit dans diverses collections parti- 
culieres qui nous ont ete gracieusement ouvertes. 

La Bibliotheque Nationale possede cinquante-quatre 
volumes et deux debris de manuscrits portes sur nos 
inventaires ; tous sont conformes aux descriptions, ou 
gardent encore la signature du Due. Sur ce nombre, 
dix-sept appartiennent au fonds latin; le reste, sauf un, 
est conserve dans le fonds francais. Six volumes (formant 
cinq ouvrages) de la librairie de Bourges se trouvent 



(i) Invent. A, art. 85 1, gSo. 

(2) Art. 851,916,931,941,966,969,997,999, 1246. 



CLII INTRODUCTION 

aujourd'hui au British Museum ; deux, chez lord Ash- 
burham; un, chez sir Thomas Phihps; trois, a Chantilly ; 
quatre, a la Bibliotheque ro3^ale de Bruxelles; trois (en 
six volumes), a Bourges; un a la bibliotheque de Berlin; 
un, a la bibliotheque de La Haye; deux, a I'Universite 
deTurin; un, a la bibliotheque de la memeville; un,ause- 
minaire de Soissons; un, chez M. Adolphe de Rothschild 
et un, chez M. Edmond de Rothschild. La plupart por- 
tent sur la derniere page la marque du proprietaire, 
consistant en une inscription ainsi rcdigee : « ce lipre est 
ail due de Berry Jehan ». II y a tout lieu de supposer que 
cette ecriture a ete tracee de la main meme du Due* 
M. Delisle en a donne lefac-simile dans I'album joint au 
Cabinet des manuscrits. II a egalement fait reproduire une 
de ces superbes inscriptions calligraphiees par Jean Fla- 
mel, dont certaines occupent une page enti^re. Ainsi, 
on lit sur le premier feuillet du manuscrit de Marco 
Polo (i) ce long commentaire, doublement curieux : « Ce 
« livre est des merveilles du monde, c'est assavoir de la 
« Terre-Sainte, etc., lequel livre Jehan due de Bourgon- 
« gne donna a son oncle Jehan, filzde Roy de France, etc.; 
« et contient ledit livre six livres, c'est assavoir : Marc 
« Pol ; frereOdric, de I'ordre des freres Meneurs ; le livre 
« fait a la requeste du cardinal Taleran de Pierreport, I'es- 
« tat du grand Kaan ; le livre de messire Guillaume Man- 
« deville; le livre de frere Jehan Hayton, de I'ordre des 
« Premonstres; le livre de frere Bieul,de I'ordre des Fre- 
« res Prcscheurs; et sont en cedit livre deux cent soi- 
« xante-six histoires. — Flamel. » A la fin du volume se 
trouvait jadis la note autographe du due de Berry sous 
sa forme ordinaire ; elle a etc grattee, particularite que 
nous avons rencontree plusieurs fois. 

Si ces precicux specimens de Tart francais n'avaient 

(i) Fonds fr. 2810. 



INTRODUCTION 



subi que cet outrage, nous devrions encore nous estimer 

trop hcureux. Mais il }' a lieu de deplorer la mutilation Mutnat 

.. ' , . . dcs Jitanui 

barbare de certains livres a miniatures comptant parmi 
les plus magnifiques. II y a longtemps deja (i) que 
M. Delisle signalait I'enlevement des grandes miniatures 
des riches Heiires (2) du due de Berry, executees, d'apres 
rinventaire de 141 3, par le peintre attitre du prince, 
Jaquemart de Hesdin. Cette perte nous prive d'un des 
chefs-d'oeuvre de I'art au debut du xv° siecle et nous en- 
leve en meme temps un element precieux de comparaison 
aveclespeinturesauthentiques d'Andre Beauneveu et de 
Pol de Limbourg. L'examen minutieux des autres vo- 
lumes de la Bibliotheque Nationale nous a permis de 
constater bien d'autres actes de vandalisme. Encore s'il 
ne s'agissait que de livres ordinaires, comme le gros Pon- 
tifical in-folio (3), dont cependant toutes les grandes mi- 
niatures manquent (4), ou des trois enormes in-folios 
sans miniatures contenant le Repertoire moral de Pierre 
le Bercheur (5), il n'y aurait que demi mal ; mais quand 
des mains sacrileges se sont attaquees a des oeuvres 
exquises comme les ravissants petits sujets du Breviaire 
de Belleville (6), nous ne saurions trop condamner de pa- 
reils mefaits. Comme on I'a dit plus haut, il ne reste rien 
a I'heure actuelle des somptueuses parures que le Due 
avait fait donner a ses livres de predilection. Sauf le 
Breviaire de Belleville, habille de velours, la plupart des 
anciens manuscrits de la librairie de Bourges portent 

(i) En i86<S. Voy. Cabinet des manuscrits, t. I, p. 63. 

(2) N" 919 du fonds latin. 

(3) Fonds lat. 8886. 

(4) Les feuillets 3, 9, 41, 56, 60, 61 ct 62 ont disparu; il ne rcsle que 
le talon du parchemin. Les feuillets 232, 241, 437 ont ete decoupes et 
enleves en partie (note de 1884 jointe au volume). 

(5) Ms. lat., 8861-8863. 

f6)Ms. lat., 10483 et 10484. Le volume contcnait quarantc-scpt minia- 
tures; il n'en reste que trente-huit. 



ton 
user its. 



CLIV INTRODUCTION 

maintenant la reliure iiniforme de maroquin aux amies 
et aux chiffres du Roi, imposee a tous les livres de la 
Bibliotheque royale, sous Louis XIV ou sous Louis XV. 
Quelques-uns ont recu une couverture plus recente, 
mais non plus elegante. Peu importe d'ailleurs, puisque 
nous ne posssedons plus rien aujourd'hui des magni- 
ficences du xiv'^ et du xv^ siecles. 

Une etude attentive des volumes du seul due de 
Berry donnerait I'idee la plus favorable du developpe- 
ment de I'art francais vers le milieu du xiv^ siecle. C'etait 
evidemment dans le but de mettre en evidence cette verite 
que le comte Auguste de Bastard avait commence, en 
1834, la publication des premieres livraisons du grand 
ouvrage, si tot interrompu, sur la Ubrairie de Jean 
Lcs miniatures, de Fvaiice, diic de Berrj'. Si les moycns de reproduction 
avaient ete plus parfaits, les planches qui devaient 
accompagner cet ouvrage eussent montre a quel degre 
de finesse et d'expression atteignaient, des cette epo- 
que, la plume ou le pinceau de nos dessinateurs et de 
nos miniaturistes. Je doute qu'on ait jamais pousse plus 
loin I'imitation de la nature que I'a fait I'auteur des 
oiseaux ou des papillons jetes a profusion sur les marges 
des grandes Heures? La meme habilete de main se re- 
trouve dans des ornements identiques ajoutes sans doute 
apres coup en marge de divers autres volumes. A coup 
sur, parmi les peintres attitres de la cour de Bourges, cha- 
cun avait sa specialite. Tandis que les figures et les 
grandes scenes etaient reservees au plus habile maitre, au 
premier peintre du Due, si Ton pent se servir de cette 
expression toute moderne, des specialistes encadraient 
les pages de guirlandes de fieurs; d'autres seconsacraient 
exclusivement aux oiseaux, aux insectes et aux papillons ; 
d'autres enfin etaient charges de tracer et d'enluminer 
les scenes minuscules jugees peu dignes du pinceau des 
Beauneveu et des Jaquemart de Hesdin. Quant au des- 



INTRODUCTION CLV 

sin des ornements decoupes rappelant la feuille de chi- 
coree, quant a Tenluminure des lettrines dorees ou 
rehaussees de couleurs vives, tout cela etait une besogne 
inferieure, abandonnee aux apprentis ou a de veritables 
manoeuvres. 

N'y avait-il pas parmi les peintres attaches a la per- 
sonne du Due, un artiste specialement charge du soin 
de representerdans les attitudes les plus varices les deux 
favoris du prince, I'ours et le cygne symboliques? On 
serait tente de I'admettre a voir la quantitc de ces ani- 
maux introduits dans la composition des miniatures. 
Sous ce rapport, les grandes Heures nous oftrent encore 
d'incomparables fantaisies. Vo3^ez notamment I'enfant nu 
monte sur un ours musele brandissant une lance (i) et 
vingt autres caprices ou I'imagination la plus fantaisiste 
se donne libre carriere. Ordinairement, Tours se detache 
sur un fond d'or damasse, tandis que le cygne vogue sur 
un lac d'argent, avec ciel d'azur. Gomme le graveur 
des sceaux, le peintre des manuscrits a mieux saisi I'atti- 
tude et le geste de maitre Martin que la souplesse ondu- 
leuse du cygne. Ce dernier, il faut I'avouer, ressemble 
trop souvent a un autre volatile moins noble. 

Nous n'en finirions pas si nous voulions enumerer 
tous les elements grotesques qui entrent dans la decora- 
tion des grandes Heures de Berry. On rencontre lade 
bien etranges sujets pour un ouvrage de piete. Encore 
passe pour le singe montrant a lire a son nourrisson ; 
rien a dire non plus des fous, des joueurs d'instruments 
ou de gobelets qui se prelassent a cote d'un tableau mon- 
trant le Due recu par saint Pierre a la porte du Paradis. 
Mais le caprice satirique ne depasse-t-il pas quelque 
peu les bornes quand I'artiste coiffe du chapeau rouge 
des cardinaux tantot un chien, tantot un pore, quand il 

(i)Fol. 75. 



CLVI INTRODUCTION 

nous montre un raoine tournant le dos ct relevant sa 
robe plus haut que la ceinture. Ces inventions gauloiscs 
charmaient nos ancetres, et le bon Due etait bien de 
son temps sous ce rapport. II aimait a rire et se plaisait 
a s'entourer, ses comptes en font foi, de baladins, de 
joueurs d'instruments de toutes sortes, d'escamoteurs et 
d'equilibristes ; ses peintres n'avaient pas besoin d'aller 
chercher au loin leurs modeles ; ils les avaient sous les 
yeux. 
Portraits Nous avous coustate que le due de Berry prenait plai- 

du Due djus Ics . . . T r o 

manuscrits. sir a voir ses traits reproduits sous toutes les lormes. Ses 
manuscrits sont remplis de petites scenes ou nous le 
voyons, suivant les cas, soit en priere, soit frappant a 
laportedu Paradis (i), soit agenouille devant la Vierge(2); 
tantot revetu de Tarmure de guerre, tantot unissant sa 
main a celle de sa compagne, comme il apparait en tete 
de son acte de mariage avec Jeanne de Boulogne; ou 
enfin recevant une deputation de Religieux, ainsi qu'on 
le voit au debut de son acte d'association aux prieres de 
saint Barthelemy de Bruges (3). Tout etait pretexte a mi- 
niatures pour ce delicat amateur. Jamais on n'a orne les 
chartes d'aussi fines peintures qu'il I'a fait dans les cir- 
constances les moins solennelles, nous laissant ainsi 
d'inestimables documents figures sur le costume et sur 
Tarchitecture de son temps. N'eut-il pasun jour I'etrange 
fantaisie de vouloir qu'on representat sur un livre de 
prieres la ceremonie de ses funerailles? Dans le volume 
appartenant aujourd'hui au baron Adolphe de Roth- 
schild, une miniature nous montre un catafalque mor- 
tuaire, d'ailleurs fort simple, portant I'ecu de France 
engrele de gueules. 

(i) Grandes Heures, fol. 96. 

(2) Manuscrit de Bruxelles. 

(3) Ces deux dernieres pieces sunt cxposccs dans les \ iiriiics dii Miisiie 
des Archives Nationales. 



INTRODUCTION CLVII 

Quant au merveilleux manuscrit de Chantilly, a ce 
chef-d'ceuvre de I'art qui peut soutcnir la comparaison 
avec les productions des maitres les plus vantes, on salt 
que les douzegrandes miniatures accompagnant lesdouzc 
mois du calendrier representent chacune un chateau diffe- 
rent, parmi lesquels on a reconnu le Louvre et Vincennes 
et aussi, croyons-nous, le chateau de Mehun-sur-Yevre. 
M. Delisle a decrit en detail ce bel ouvrage ; il ne reste 
done rien a en dire. II a de plus fait reproduire trois des 
admirables peintures qui le decorent ; mais les autres 
sujets ne meritent pas moins que les vues du Louvre ou 
de Vincennes les honneurs de I'heliogravure. Sans doute, 
le manuscrit est communique avec la plus gracieuse libe- 
ralite a tout travailleur qui temoigne le desir de le voir, 
nous le Savons par experience ; toutefois un examen 
auquel la discretion impose certaines limites ne saurait 
permettre d'etudier a fond la representation de ces an- 
ciennes demeures feodales. Certainement, le due de Berry 
s'est plu a reunir sur ces pages quelques-unes de ses 
nombreuses habitations (i) ; comme la plupart n'existent 
plus depuis longtemps, il n'y aurait moyen de les iden- 
tifier, en les rapprochant d'autres documents figures, 
que si on pouvait examiner a loisir des reproductions 
exactes, comme la photographic seuleest en mesure d'en 
fournir. 

Si les livres executes sur Tordre et sous les yeux du 
due de Berry comptent parmi les manuscrits les plus 
riches de nos collections publiques, certains ouvrages, 
d'une date plus ancienne, soigneusement recueillis dans 
la librairie de Bourges, prouvent que, des le milieu du 
xiv^ siecle, Tart du calligraphe, aussi bien que celui du 

(i) Nous avons compte plus haut une douzaiae de chateaux habites 
par le due de Berry et lui ayant appartenu. Nul doute, comme on I'a ob- 
serve, que bon nombre de ces edifices soient representes sur le volume qui 
est un des plus rares juyaux de la bibliotheque de Chantilly. 



CLVIII INTRODUCTION 

miniaturiste, avaient atteint leur perfection. Le Breviaire 
de Charles V ( i), avec des sujets presque microscopiques 
d'une extreme finesse, suffirait a demontrer la verite de 
ce qui vient d'etre dit. Ne serait-ce pas la fantaisie du 
due de Berry qui aurait fait ajouter les grotesques, les 
papillons, les oiseaux garnissant les marges de certains 
feuillets et n'ayant aucun rapport avec le fond de I'illus- 
tration? Non moins remarquables sont les peintures du 
Breviaire de Belleville (2). Ici, tout se reunit pour nous 
oftrir le modele accompli du manuscrit sans defaut : le 
parchemin d'une finesse extreme, I'ecriture d'une mer- 
veilleuse regularite, enfin les petits sujets d'une expres- 
sion exquise. L'histoire de ce precieux volume, racontee 
sur les feuilles de garde, prouve de quelle estime il etait 
entoure sous les rois Charles V et Charles VI. Apres 
avoir appartenu a Olivier de Clisson, seigneur de Belle- 
ville, circonstance a laquelle il dut son nom, il passa 
successivement dans la librairie de Charles VI, du roi 
Richard II d'Angleterre, puis fut offert par le successeur 
de ce prince au due de Berry, entre les annees 1402 
et 141 3, puisqu'il ne figure pas dans I'inventaire ante- 
rieur a Robinet d'Etampes. Ces details ont ete consignes 
sur une page du premier volume par la magistrale 
ecriture de Jean Flamel dans les termes suivants : « Cest 
« breviaire est a I'usaige des Jacobins, et est en deux 
« volumes, et est nomme le breviaire de Belleville, et le 
« donna le roy Charles VI au roy Richart d'Angleterre, 
« et quant il fut mort, le roy Henry, son successeur, le 
« renvoya a son oncle le due de Berry, auquel est a pre- 
« sent. — Flamel. » En mourant, le due Jean leguait les 
deux volumes a sa petite-niece Marie de France, reli- 
gieuse au couvent de Poissy. Une note inscrite sur la 



(i) Fonds lat., io52. 
(2) Ibid., 10483 et 4. 



INTRODUCTION 



premiere page prouve que les bonnes dames de Poissy 
n'eurent pas un grand respect pour la relique que leur 
avait laissee Marie de France; voici cette inscription : 
« Ges belles legendes apartiennent a seur Marie Juvenel 
« des Ursins, religieuse en I'eglise de Mons"- Saint Loys 
« de Poissy, et les acheta du couvent I'an mil CCCC 
c( cinquante quatre la somme de six vingtz escuz d'or. » 

Non moins curieuses sont les inscriptions de la Bible 
de Charles V (i). Ce livre a figure quelque temps dans 
le Musee des souverains au Louvre ; il possedait au sur- 
plus tous les droits a cette distinction. Au premier feuil- 
let une legende en caracteres microscopiques, tracee sur 
un velin de la plus grande finesse, est ainsi concue : « Le 
« second volume de la Bible du Roy Charles le Quint de 
« son nom et a present a Monseigneur le due de Berry 
« son frere. — J. Flamel. » Et tout a la fin du volume, 
sur le feuillet 869 et dernier, sont superposees ces notes 
autographes dont il est superflu de faire ressortir I'in- 
teret : « Ceste Bible est a Mons' Charles, le V de notre 
« non, roy de France, et en II volume, et la fimes faire et 
« parfaire. — Charles (2). » Et au dessous : « Ceste Bible 
« est au due de Berry et fust au roy Charles, son frere. 
(( — Jehan. )) Encore plus bas : « Ceste Bible est a nous 
« Henry, IIP de ce nom, roy de France et de Pologne — 
«• Henry.)) — « Ceste Bible est a nous — Louis XIII. — 
« Ceste Bible est a nous — Louis XIIII. wCertes, il existe 
peu de manuscrits faisant partie de I'ancienne collection 
royale pouvant produire de pareils titres de noblesse. 

Que de remarques curieuses il y aurait a tirer pour 
I'histoire des moeurs, du costume, du mobilier et des le- 
gendes anciennes, de I'etude attentive des illustrations et 

(i) Bibl. nat., fr. Syoy, tome II. 

(2) M. Delisle a fait reproduire en fac simile cette note de I'ecriture 
de Charles V dans I'album paleographique joint au Cabinet des ma- 
nuscrits, pi. XLV. 



INTRODUCTION 



du tcxtc de cctte serie de nianuscrits! line pareillc etude 
nous entrainerait trop loin, et nous ne pouvons songer 
a I'entreprendre ici. II faut nous restreindre. Pour 
en finir avec la librairie du due Jean, nous nous con- 
tenterons de donner la liste des epaves sauvees de 
cette merveilleuse collection, en y joignant quelques 
notes sommaires sur les volumes que nous avons eu le 
loisir d'examiner (i). Apres les livres sacres et les ecri- 
vains religieux, viendront les ouvrages relatifs a I'histoire 
ancienne ou moderne, puis les traites scientifiques, les 
litterateurs anciens, les romans et les poetes modernes. 



Liste des manuscrits encore existants, ayant fait partie 
de la librairie du due de Berry. 

1. Bible ayant appartenu a saint Louis (Inv. A, 1242. — ms. lat. 
10426). L'origine de ce volume est certifiee dans une note de Fla- 
mel; il fut offert au Due par le premier president du Parlement 
en 1414, et vendu par les executeurs testamentaires. — Petit in- 12 
a deux colonnes, parchemin tres mince; ecriture d'une regularite 
et d'une finesse extremes. Lettrines ornees de personnages minus- 
cules, dessines a la plume. Reliure de velours cramoisi tres use. 
Au debut, la mention : « Cette Bible est a Monseigneur le due de 
« Berry. — Flame I. » 

2. Deuxieme volume de la Bible du roi Philippe le Bel, d'apres 
la note de Flamel, datee de 1403 (2) (Bibl. Nat., ms. lat. 248. — Ce 
manuscrit ne figure pas sur les inventaires). — Pet. in-80, couvert 
de velours cramoisi; on voit la trace des fermoirs disparus. Ce 
volume de 5 29 feuillets, d'un parchemin tres mince, contient une 

(i) Nous avions songe d'abord a etablirune distinction entrc les ma- 
nuscrits histories et les volumes sans miniatures; mais presque tons les 
manuscrits qui nous restent du due de Berry ctaient cnlumines a 
l'origine et n'ont perdu leurs ornements que par suite de mutilations- 
Des lors, la distinction n'avait plus de raison. 

(2) « C'est le second volume de la Bible qui fu au roy Phelippc le Bel 
eta present est au due de Berry et d'Auvergne, etc., Tan mil quatrc 
cens et trois. — Flamel. » 



INTRODUCTION CLXI 

cinquantainc de sujcts religieux ornant les Icttrcs initiales (lapi- 
dation de saint Etienne, Daniel, Osee, Jonas), sujets executes avec 
une delicatesse exquise, peintures du plus grand merite. Ecusson 
du Due se detachant sur la tranche doree, et repete au deuxieme 
feuillet, avec deux ours pour supports. Signature du due de Berry 
au dernier feuillet. 

3. Deuxieme volume de la Bible de Charles V (Inv. A, 96G — 
Bibl. Nat. ms. fr. 5707). — Cette Bible, offerte par Jean de Montaigu, 
fut donnee par le Due, peu de jours avant sa mort, le !"■ juin 1416, 
a sa tille la duchesse de Bourbon. On a reproduit ci-dessus 
(p. cLix) les precieuses inscriptions de ce manuscrit in-80 decore 
d'une vingtaine de miniatures d'une finesse extreme. La premiere 
page compte quatre scenes se detachant sur un fond damasse rouge 
et bleu (i). 

4. Tome premier de la Bible francaise en deux volumes, donnee 
par le roi de France le 25 avril 1403 (Inv. A, 934 — British Mu- 
seum, fonds Lansdowne, no 1 175. — Cf. Delisle no 12). 

5. Bible ystoriauxde Guyart Desmoulins (2), contenant 544feuil- 
lets et 80 miniatures (Inv. A, 853 — Bibl. Nat. ms. fr. 20090). — 
Les peintures, bien inferieures a celles des volumes precedents, 
ou on voit des apotres ecrivant sur un pupitre, des guerriers en 
costume du xiye sieclc, sont toutes entourees d'un encadrement 
tricolore, bleu, blanc, rouge. A la derniere page la signature : 
Guyon de Sardiere. 

6. Bible historiaux de Guyart Desmoulins, donnee au due de 
Berry par Raoulet d'Auquetonville (Inv. A, 854 — Bibl. Nat. 
ms. fr. 159). — Suivant une inscription placee a la fin du volume, 
cette Bible fut executee de 1291 a 1294; son auteur fut nomme 
doyen de Saint-Pierre-d'Aire en 1297. Elle compte 546 feuillets 
d'une ecriture assez grosse et peu reguliere (3), avec une centaine 
de miniatures paraissant de mains differentes. On y lit la men- 
tion : « Ce livre est au due de Berry. — Jehan. » 

(i) Voyez la description detaillee de ce volume dans le Cabinet des 
manuscrits, t. Ill, p. ."07, ct le fac-siinilc dans Talbum joint a cette pu- 
blication, pi. XLV, no 6 et n" 7. 

(2) Sur Guyart Desmoulins voyez Histoire litte'rairc, tome XVF, p. 3o, 
70, 144. 

(3) L'inventairc dit cc volume ccrit de lettre francjaisc; termc qui scm- 
blerait correspond re a lettre courante. — Voy. P. Paris, Les manuscrits 

francais de la bibliothcque du Roi, Paris, Techencr, i836 et annccs sui- 
vantes, in-8% tome II. p. 10. 



CLXII INTRODUCTION 

7. Bible historiaux en deux volumes, non portee aux inventaires 
(British Museum, fonds Harleicn, no^ 4381 et 4382. — Cf. Delisle, 
n° 1 2 bis) . 

8. Bible historiale, donnee en juin 1410, d'apres une note de 
Flamel inscrite sur une des pages de ce volume, a Jean Harpe- 
denne, seigneur de Belleville et de Montagu, chambellan du Roi 
et du Due (Ne figure pas sur les inventaires. Appartient aujourd'hui 
a lord Ashburnham. — Cf. Delisle, no 10). 

9. Texte et exposition des premiers livres de la Bible ou livre 
d'Orose (Volume non porte aux inventaires — Bibl. Nat., ms. fr. 
15455). — In-fol. a deux colonnes de 3p3 feuillets, avec un certain 
nombre de miniatures assez curieuses (fol. y3 v° : Danseuse et 
menestrels). Signature du due de Berry a moitie effacee vers la 
fin. Une note manuserite plaeee au debut dit que ce volume a fait 
partie de la bibliotheque du due de Coislin. 

10. Les Ci nous dit ou Composition de la Sainte Escripture (i) 
(Invent. A, 918 — Bibl, Nat., ms.fr. 425). — Manuscrit de 173 feuil- 
lets a deux colonnes avec la mention : Ce livre est au due de 
Berry. — Jehan. A la derniere colonne une autre inscription tres 
eff"aeee prouve que ce volume a passe ensuite dans la librairie de 
Jacques d'Armagnac, due de Nemours. Une seule miniature assez 
mediocre au premier feuillet; lettrines en or et couleur; ecusson 
sur la tranche. 

1 1. Psautier du due de Berry (Inv. A, 906 — Bibl. Nat., ms. fr. 
13091). Ce volume est precieux surtout en raison de la note de 
rinventaire disant : « ou il y avoit pluseurs histoires au commen- 
« cement de la main de feu maistre Andre Beauneveu. » Cette 
note qui vaut une signature donne I'authenticite a une oeuvre de 
Beauneveu. Le style des draperies, la maniere d'indiquer la barbe 
et les cheveux par gra-ndes masses annoncent le sculpteur. Ces 
miniatures sont peintes en grisaille d'un ton legerement ivoirin 

(i) Cabinet des maniiscrits, t. Ill, p. 171, n"' 40 et 41. M, Delisle a drs- 
tinguc (n°= 40 et 41 de son catalogue la Composition de la Sainte Ecriture 
et le livre appele Cy nous dit. Ces deux articles ne doiventen faire qu'un 
seul, comnie le prouve la description du n° 918 de I'inventaire A. En 
efFet, le deuxieme feuillet du manuscrit fr. 425 commence hien par les 
mots de la Trinite, et le livre qui a refu son nom du debut de chaque 
paragraphe est reellemcnt une compilation de recits tires de TEcriture. — 
Cf. P. Paris, t. IV, p. 77-90. M. Paris le premier a signale la note du due 
de Berry; mais il ne paric pas dc ccilc de Jacques d'Armagnac d'aiilcurs 
presque illisibic. 



INTRODUCTION CLXIII 

avec quclques rehauts de rose dans les tetes. Les deux miniatures 
des Heures de Bruxelles offrent bien les memes caracteres. Cer- 
tains types rappellent les personnages du puits de Mo'ise a Dijon. 
Seuls, les douze (et non vingt-quatre comme on Va dit par erreur 
p. 235, note 4, tome I) prophetes ou apotres sont de Beauneveu. Les 
autres ornements trahissent une main moins habile ; il est meme 
douteux que les fonds et accessoires, sieges, architectures, etc., des 
douze miniatures initiales soient du meme auteur que les figures. 

12. Psautier glose (Inv. B, 1026 — Bibl. Nat., ms. lat. 8874). — 
Petit in-fol. a deux colonnes, de 248 feuillets, ecrit en lettres de 
forme. Lettres ornees de figures assez communes; pas de minia. 
tures. Une partie des marges contenant les gloses est brUlee. Une 
liste de cardinaux, archeveques et eveques italiens et francais 
termine le volume (feuillet 248 vo). 

i3. Psautier anglo-saxon (Inv. B, 1027 — Bibl. Nat., ms. lat. 
8824). — In-folio haut et tres etroit, de 186 feuillets, a deux co- 
lonnes; lettres ornees; vignettes a la plume avec figures sepa- 
rant les Psaumes aux six premiers feuillets. Sur les feuillets 
suivants la place des vignette est laissee en blanc. Au dernier 
feuillet inscription de la main du Due, en sa forme ordinaire. 

14. Evangelarium (Bibl. de Bourges. Cat. H. Omont, no 48. 
— Peut-etre le livre des Evangiles glose de I'inventaire A, no 1244). 
In-fol., miniature representant les quatre Evangelistes sur la pre- 
miere page; armes du due de Berry dans la lettre initiale. 

1 5. Missel (Inv.D, 177 — Bibl. Nat.,ms. lat. 8887). In-folio a deux 
colonnes, de 225 feuillets; gros caracteres cursifs, parchemin epais; 
lettres en or et en couleurs. Ce volume qui a souffert de I'humi- 
dite renfermait autrefois de petites miniatures; elles ont disparu. 
A la fin se voit I'ecusson du due de Berry. 

16. Pontifical pour sacrer rois, empereurs, archeveques et eve- 
ques (Inv. A, 874 — Bibl. Nat., ms. lat. 8886). — Gros in-folio 
de 493 feuillets, a deux colonnes. Les feuillets 3, g, 41, 56, 60, 
61 et 62 etaient sans doute ornes de grandes miniatures. lis ont 
ete coupes. II ne reste que les talons. D'autres sont mutiles 
comme on Fa dit ci-dessus. Les quarante miniatures encore 
existantes sont d'une grande finesse d'execution, surtout dans 
les tetes. Images de sainte Radegonde et de saint Louis (fol. 442). 

17. Lectionarium ad usum sancta^ capellae Bituricensis (non 
porte sur les Inventaires. — Bibl. de Bourges. Cat. H. Omont, 
nos 33-36). — 4 vol. in-folio en parchemin; les trois premiers ont 
des encadrements enlumines aux armes du due de Berry. 



CLXIV INTRODTTCTION 

i8. Rationnal (Inv. A, 858 — Bihl. Nat., ms. fr. 176) (i).— Grand 
jn-folio a deux colonnes, en belle gothique reguliere, avec Tin- 
scription ordinaire du possesseur et cette note qui termine la 
table : « Cy fenist le racionel du divin office. » 

19. Breviaire de Charles V (Inv. A, 971 — Bibl. Nat., f. lat. 
io52). — Donne au due d'Orleans, puis rendu par Valentine de 
Milan au due de Berry, et demande apres la mort de ce prince par 
le Dauphin, depuis Charles VII, qui le garda sans rien payer. Petit 
in-40 de Gig feuillets de parchemin tres mince; ecriture allongee, 
tres reguliere, a deux colonnes; petites miniatures d'une grande 
finesse; grotesques, papillons et oiseaux paraissant ajoutes sur 
les marges par les artistes du due de Berry (2). 

20. Breviaire de Belleville (3); on a indiquc plus haut I'origine 
de ce nom (Inv. A, 968 — Bibl. Nat., ms. lat. 10483-84). — Chaque 
volume contient de soixante a soixante-dix miniatures tres fines, 
parfois avec sujets grotesques. Au bas des pages, sujets juxtaposes 
de I'Ancien et du Nouveau Testament. Pages blanches reservees 
pour de grands tableaux non executes. Certaines scenes se trouvent 
repetees dans les deux volumes (4). On a signale ci-dessus les actes 
de vandalisme qui ont mutile plusieurs pages de ce precieux manu- 
scrit (5). Inscriptions de Flannel sur les deux volumes (6). 

21. Les tres grandes, belles et riches Heures du due de Berry, 
grand vol. in-folio, un des plus precieux de la collection de 
Bourges (Inv. A, 961 — Bibl. Nat., ms. lat. 919). — Elles furent 
executees sur I'ordre du Due par Jaquemart de Hesdin et plu- 



(1) Voy. dans P. Paris, Manuscvits francais, tome II, p. 59-74, une 
longue etude sur cet ouvrage de Guillaume Durand, eveque de Mendc, 
traduit par JehanGolein,ainsi queic dit unc note placec u lafin de la table. 

(2) Cf. Ga:^ctte des Beaux-Arts, 1884, p. 285. 

(3) Ce volume avait fait partic de la librairic dc Charles V (Delisle, 
Cabinet des manuscvits, tome III, p. i23). Beaucoup d'autres livres du 
due de Berry viennent de ses parents; mais la recherche de leurs ori- 
gines nous cntraincrait trop loin. 

(4) Notamment la mort dc Judas, Adam ct Eve, Cain et Abel, Absa- 
lon, etc. 

(5) Voy. ci-dcssus p. clui. 

(6) Cf. Noiivelles archives de I'art francais, 1874-75, p. 144-155, article 
de M. Marcel de Frcvillc. M. Dclislc a rclevc au bas des pages les noms 
de Mahiet, J. Pucellc, Ancclet et J. Chcvrier qui seraient, d'apres lui, 
les auteurs des miniatures. Voy. aussi Cab. des )«<3H. additions, tome 111, 
p. 338. 



INTRODUCTION CLXV 

sieurs autres peintres. En 1416, les executeurs testamentaires 
estimerent ce volume 4,000 livres, valeur qu'ils n'attribuent a 
aucun autre inanuscrit. M. Delisle a fait observer que des pages 
manquaient. C'etait sans doute celles sur lesquelles se trouvaient 
les peintures de maitre Jaquemart. Une description detaillee des 
ornements de ce volume, avec les ours et les cygnes, les papillons 
ct les oiseaux, les fleurs et les rinceaux, les initiales EV, les per- 
sonnages grotesques et parfois obscenes, enfin avec I'enumeration 
des petits sujets ou le Due est maintes fois represente, exigerait 
des pages entieres. Encore ne donnerait-on qu'une idee vague 
de la richesse de sa decoration et ne saurait-on pas rendre la 
finesse de I'execution. Une note de J. Flamel, reproduite par 
M. Delisle, est inscrite en tete du volume. On a dit plus haul que 
les peintures de ce manuscrit etaient de plusieurs artistes : Tun 
pour les sujets, un autre pour les papillons et oiseaux, un troi- 
sieme pour la decoration courante. 

22. Les tres riches Heures du due de Berry, inachevees a la mort 
du prince, aujourd'hui au chateau de Chantilly (Inv. SG, 1164, ou 
ce volume est ainsi decrit : « Une layette de « plusieurs cayers 
« d'unes tres riches Heures, que faisoient Pol et ses freres, tres 
(( richement historiez et enluminez))). — D'apres cette mention, les 
peintures, commencees tout a fait dans les dernieres anne'es de la 
vie du Due, et inachevees au moment de sa mort, seraient I'oeuvre 
de Pol de Limbourg et de ses freres. Elles donnent Tidee la plus 
avantageuse du talent de ces artistes. Nous parlons des douze 
grandes miniatures accompagnant leCalendrier et representant les 
travaux des champs avec la vue d'un chateau dans le fond, dont 
M. Delisle a publie naguere plusieurs fac-similes (i) ; car il est 
certain que divers peintres d'un talent inegal ont concouru a 
Tornement de ce beau livre acquis en Italie, il y a quelques 
annees, par le proprietairc de Chantilly. Nous avons pu I'admirer, 
mais non I'etudier a loisir comme il le faudrait pour determiner 
plus exactement les auteurs et les dates des miniatures. 

23. Les petites Heures du due de Berry (Inv. A, 85i — Bibl. 
Nat., ms. fr. 18014). — Ornees de nombreuses miniatures d'une 
grande finesse se rapprochant du style de Beauneveu, mais toute- 
fois inferieures. Les oiseaux jetes sur les marges autour des enca- 
drements a la plume rehausses d'or, rappellent ceux du ms. 919 
(voy. ci-dessus, no 21); mais ceux-ci nous paraissent plus lourds. 



(2) Ga:;ette des Beaux-Arts, 1884, p. 401-405. 



CLXVI INTRODUCTION 

Dans huit ou dix petits sujets I'artiste semble avoir voulu retracer 
les traits du prince; toutefois, ses insignes (ours, cignes, ini- 
tiales EV) ne se voient nulle part. 

24. Les tres belles Heures, donnees au due de Bourgogne avant 
141 3 (Inv. B, io5o— Bibl. de Bruxelles.ms. fr. ii6o)(i).— C'est dans 
ce superbe volume que se trouve le plus beau portrait du due de 
Berry, non loin d'une Vierge tenant son enfant ; ces deux pein- 
tures sont attribuees avec toute vraisemblance par M. Delisle at 
par I'abbe Dehaisnes (2) au talent d'Andre Beauneveu. On a constate 
une analogie complete entre le style de ces peintures et celui des 
prophetes du Psautier cote fr. iSogi. Les autres miniatures sont 
inferieures a celles que nous venons de signaler. 

25. Belles Heures du due de Berry (ne figurent pas dans les 
anciens inventaires; actuellement dans la collection du baron 
Adolphe de Rothschild qui a acquis ce volume en Italic). — Parmi 
les miniatures fort soignees de ce volume on remarque une cere- 
monie funebre ou le drap place sur le catafalque porte Tecusson 
du Due. Le calendrier contient des notes necrologiques sur les 
personnes de sa famille. Reliure en maroquin rouge aux armes de 
Du Plessis Chatillon (3). 

26. Belles Heures du due de Berry, tres richement historiees 
(Inv. A, 960 — Dans la collection du baron Edmond de Rothschild 
qui les a acquises du baron d'Ailly) (4). — Ce manuscrit renferme 
172 miniatures; il a ete execute pour le due de Berry. Nous ne 
Favons pas vu (5). C'est le volume que la reine de Sicile fit 
demander aux executeurs testamentaires qui I'estimaient 700 livres. 
Elle le garda et paya seulement 3oo livres. 

27. Heures de Savoie (ne figurent pas sur les Inventaires. — 
Bibliotheque de I'Universite de Turin sous la cote E V, 49) (G). 
— Ces Heures avaient appartenu a Charles V. Son fils les donna 
au due de Berry. 

(i) Voy. Gazette des Beaux-Arts, 18S4, p. 400, et Delisle, Melanges de 
pale'ographie. 

(2) Histoive de I'art en Flandre. Dans cet ouvrage, M. I'abbe Dehais- 
nes a donne des reproductions des deux miniatures; ces photogravures 
ne rendent qu'imparfaitement les originaux. 

(3) Voy. Ga:{ette des Beaux-Arts, 1884, p. 291-292. 

(4) Cabinet des manuscrits, tome III, p. 38g. 

(5) Voy. Delisle, Melanges de pale'ographie, p. 283 ; et Gazette des 
Beaux- Arts, 1884, p. 399-400. 

(6) Gazette des Beaux-Arts, 1884, p. 287-290. 



INTRODUCTION CLXVII 

28. Heures de Turin (non portees aux Inventaires. — A I'Univer- 
site de Turin, K IV, 29). EUes venaient de Charles V et contien- 
nent un portrait du due de Berry (i). 

29. Heures (non portees aux Inventaires. — Bibl. de Berlin, 
cf. Delisle, I). Ce volume qui vient de la bibliotheque de M. de 
Saint-Mauris, a ete signale par M. de Laborde dans ses Dues de 
Boiirgogne (tome I, p. cxxi). M. de Bastard en a public un fac- 
simile. 

30. Le premier livre de Aurelie Augustin, de la Cite de Dieu 
(Inv. B, 1060 — Bibl. Nat., ms. fr. 6271).— Ce manuscrit, portant 
au dernier feuillet la phrase consacree : « Ce livre est an due de 
Berry — Jehan », est en parchemin epais, avec six ou sept minia- 
tures seulement, fort mal dessinees, ce qui ne s'accorde guere 
avec la phrase de I'lnventaire : « historic au commencement tres 
richement. » Ou bien il y a eu mutilation, ou bien le no 6271 du 
fonds francais ne repond pas a la description de I'inventaire B. 
Les miniatures sont enfermees dans des encadrements tricolores a 
quatre lobes. Ce manuscrit parait un des plus mediocres du due 
de Berry. 

3 1. Dialogues de saint Gregoire (Inv. A, 886 — Bibl. de Bruxel- 
les, n° 9553). — Volume en parchemin, de io3 feuillets, sans 
miniatures, avec la note habituelle du due de Berry, suivie de cette 
mention : « ledit Monseigneur de Berry I'a donne a Monseigneur 
de Bourgogne (2). » 

32. Le livre de la Consolation de Boece (Inv. D, 174 — Bibl. 
Nat., ms.lat. 9321).— In-folio de 25o feuillets, a deux colonnes, en 
gros earacteres reguliers; lettres en couleur; pas de miniature. Le 
commencement manque. Apres Vexplicit (fo 2 5o) : « Ce livre est 
au due de Berry. — Jehan. » 

33. Le livre des Quatre Vertus par Seneque, traduit par Jehan 
Courtecuisse (Bibl. Nat., ms. fr. 190 — Voy. P. Paris, t. II, p. i23). 
Cet ouvrage fut dedie par I'auteur au due de Berry, et M. Delisle. 
surpris de ne pas le rencontrer sur les inventaires (t. Ill, p. 184, 
note 2), I'a inscrit n^anmoins sur le catalogue de ses livres. M. P. 
Paris a eru retrouver dans le ms. 190 un livre de la bibliotheque 
du due de Berry. Cette hypothese nous parait contestable, le 



(i) Ga:{ette des Beaux- Arts, 1884, p. 290-291. 

(2) Voy. Delisle, Melanges de paleographie, etc., p. 23o, et Barrois, 
p. 229. II n'est pas bien certain que ce manuscrit corresponde au n° 886 
de I'inventaire A, 



CLXVIII INTRODUCTION 

ms. 190 contenant trois traites differents, et celui de Scncque ne 
venant qu'en dernier lieu. La miniature initiale ofTre hien les 
armes de F>ance, accostees de deux canons, armes repett-es au 
feuillet i83, auquel commence le livre de Seneque ; mais rien ne 
rappelle le due de Berry. 

34. Le livre des bonnes moeurs (Inv. A, 991 — Bibl. Nat., 
ms. fr. I023). — Petit in-40 de Sg feuillets, avec 18 miniatures a 
mi-page. La premiere represente I'auteur en robe noire, offrant 
son livre au due de Berry qui est assis sur un siege surmonte 
d'un dais ; le prince porte une barbe courte. Sur la premiere page 
on lit la legende : « Ce livre fist frere Jacques le Grant, de I'ordre 
« des Hermites Saint Augustin, et le donna a Jehan, filz de Roy de 
« France, due de Berry et d'Auvergne, etc. — Flamel (i). » 

35. Le livre de I'lnformation des rois et des princes (2) (Inv. A, 
989 — Bibl. Nat., ms. fr. 1210). — Ce manuscrit, achete au libraire 
parisien Regnault du Montet, en fevrier 141 o (n. St.), ne renferme 
qu'une miniature representant Tauteur, reliSieux de I'ordre de 
Saint-Dominique d'apres I'inventaire, offrant son livre a un prince 
assis sous un dais. La mention : « Ce livre est an due de Berry — 
Jehan », se trouve repc-tee deux fois. 

36. Guerre de Troie, ou « que les Gregoys devinrent et ou ils 
(I allerent apres la destruction de Troyes » (Inv. A, 925 — Bibl. 
Nat., ms. fr. 256). Petit in-fol. de 199 feuillets a longues lignes, en 
parchemin epais; pas de miniatures; lettres en couleur. Inscrip- 
tion ordinaire du due de Berry a la derniere page |3). 

37. Histoire des Juifs de Josephe (Bibl. Nat., ms. fr. 247 — Cf. 
Inv. B, 1028 et 1029 ; ces numeros ne correspondent a aucun des 
manuscrits de Josephe existant). — La derniere page porte une 
double inscription. Voici la premiere : « En ce livre a douze 
« ystoires, les trois premieres de I'enlumineur du due Jehan de 
« Berry et les neuf de la main du bon paintre et enlumineur du 
« roy Loys XF, Jehan Foucquet, natif de Tours. » La deuxieme 
note indique que ce volume appartenait a Pierre, due de Bour- 
bon, He du nom. Ce livre n'etant pas termine, ne fut pas inscrit, 
pour cette raison, sur les Inventaires. La mention de Pierre de 
Bourbon en qualite de proprietaire corrobore Tindication de 



(i) Cettc inscription a etc donncic en fac-simile dans Talbum joint au 
Cabinet des manuscyits, pi. XL\'1I, n" i (cf. tome 111^ p. 3i 1}. 

(2) Cf. P. F^aris, tome V, p. 87-90. 

(3) Cf. P. Paris, tome II, p. 279. 



INTRODUCTION CLXIX 

provenance de la premiere legende. Miniatures des plus remar- 
quables. 

38. Josephe (non mentionne sur les Inventaires. — Bibl. Nat., 
ms fr. G446). — In-fol. de 414 feuillets, a deux colonnes, avec une 
trentaine de miniatures assez mediocres ; les figures sont lourdes, 
mais les couleurs vives et bien conservees (i). Double inscription 
donnant le nom du possesseur. Voici la premiere, tracee par Jean 
Flamel en tete du volume : « Ce livrc de Josephus qui parle de 
« I'anciennete des Juifs est a Jehan, filz de roy de France, etc. (2). » 

39. Valere Maxime (Inv. A, 911 — Bibl. Nat., ms. fr. 282). — 
Volume de 411 feuillets, a deux colonnes, avec neuf miniatures en 
tete des neufs chapitres et lettres ornees (3). A la derniere 
page, une inscription en lettres d'or donne le nom des auteurs de 
I'ouvrage. C'est « Symon de Haydin, maitre en theologie, religieux 
« des Hospitallers de Saint-Jean de Jerusalem » pour les sept pre- 
miers chapitres. Les deux derniers sont de Nicolas de Gonesse, 
maitre des arts et en theologie; le tout « du commandement et 
« ordonnance de tres excellent et puissant prince Monseigneur le 
« due de Berri et d'Auvergne, etc. — et fut finie Fan de grace mil 
(I CCCC et I, la veille de saint Michel I'Archange. » 

40. Tite-Live (Inv. B, 856 — Bibl. Nat., ms. fr. 2fi3).— In-fol. de 
480 feuillets, 29 miniatures (4). Celles qui sont placees au debut 
de chaque Decade comportent quatre scenes ; le tout sur fond qua- 
drille ou losange. Des oiseaux et papillons ont ete ajoutes sur les 
premieres marges de chaque Decade. Deux inscriptions, I'une, au 
debut, de Flamel, rautre,a la fin, de la main du Due, indiquent le 
proprietaire. Longue dedicace de Pierre Bersuire, prieurde Saint- 
Eloy de Paris (5), au r<ji Jean qui I'avait charge do traduire les 
Decades de Tite-Live. 

(i) Cf. P. Paris, Les maniiscrits francais, tome II, p. 260-269. 

(2) M. Dclislc, apres avoir mentionne, d'apres Van Pract, un manuscrit 
de Josephe comme existant a la bibliotheque de Bruxellcs (tome III, 
p. 188), constate {Ibid., p. 340) que cette bibliotheque ne possede ni 
Josephe ni Sidrac (Cf. tome I, p. 67). 

(3) Cf. P. Paris, tome II, p. 3oo. M. Paris signale (tome II, p. 3o6, 
n° 69 1 G) un autre manuscrit de Valere Maxime provcnant de la bibUo- 
theque de Gaston, due d'Orlcans, comme pouvant correspondre au n" 91 5 
de notre Inventaire A. 

(4) Cf. P. Paris, tome II, p. 287, n" 6701. 

(5) Voy. la Notice biographique sur le bcnedictin Pierre Bersuire, pre- 
mier traducteur frani;ais de Tite-Live, par Leopold Pannier [Biblio- 
theque de l'Ecole\des Cliartes, 1872, tome XXXIII, p. 325-364). 



CLXX INTRODUCTION 

41. Tite-Live (Inv. A, 916 (?) — Bibliotheque de Chantilly) (i). 
— Nous n'avons pas vu ce manuscrit ; nous ignorons s'il contient 
des miniatures. 

42. Livre de Suetone, autrement nomme Lucain (Inv. A, 861 — 
Bibl. Nat., ms. fr. 246).— Au dos on lit ce titre plus explicite d'une 
ecriture assez moderne : « Genese et les faits des Hebreux et 
d'autres, Lucain, Suetone, Saluste. » — In-fol. de 3o6 feuillets, 
avec soixante ou soixante-dix miniatures assez mediocres, dont 
quelques-unes sont divisees en quatre tableaux; papillons et 
oiseaux ajoutes en marge de certains feuillets, comme sur d'autres 
volumes signales plus haut. La derniere page porte Tinscription 
suivante : « Hie liber fuit scriptus per Mathiam Rivalli, clericum 
(( Pictaviensis diocesis a festo sancti Remigii quod fuit anno Do- 
« mini Mo CCC" LXIIIo usque ad Pascham inde sequens et infra, 
« in civitate et vico novo Beate Marie Parisiensis. — Ce livre est 
a ail due de Berry. — Jehan. » D'autres notes disent qu'il passa 
ensuite par les mains de Jacques, due de Nemours, et de Pierre II, 
due de Bourbon (2). 

43. Deuxieme partie d'une compilation historique, de la meme 
nature que la precedente (non mentionnee aux Inventaires — 
Bibl. Nat., ms. fr. 3oi). — In-fol. de 294 feuillets, ecrit sur deux 
colonnes en beaux caracteres reguliers. Plusieurs centaines d^ 
miniatures curieases (melees meurtrieres, vaisseaux , monstres, 
histoire de Troie, etc.). Les peintures du debut sont superieures 
a celles de la fin ; des monstres grotesques ajoutes a certaines pages 
rappellent una decoration speciale aux manuscrits de Bourges. 

44. Miroir historial (Chez lord Ashburnham, appendice no 146). 
Le due de Berry a possede quatre exemplaires au moins du Miroir 
historial de Vincent de Beauvais. Aucun ne repondau volume qui 
se trouve en Angleterre et qui est le tome deuxieme de I'ouvrage (3). 

45. L'image du monde par maitre Gossuin (Inv. A, 908 — Bibl. 
Nat.,ms. fr. 574). — Volume de 142 feuillets. Le preambule annonce 
que le livre renferme vingt-huit figures explicatives ou minia- 
tures (4). On en compte en tout trente-six, representant des moines 



(i) Ce rapprochement est du a M. Delislc [Cabinet des manuscrits. 
tome I, p. 67 et tome III, p. 189). 

(2) Cf. Paul Meyer, Les premieres compilations francaises d'histoire 
ancienne, dans la Romania, i885, p. 1-82. 

(3) Voy. Delisle, tome 111, p. 187, note 2. 

(4) Cf. P. Paris, tome V, p. 3i. 



INTRODUCTION CLXXI 

enseignant et expliquant les mysteres du monde, soit sur des 
spheres, soit sur des tableaux charges de lettres; elles sont 
finement dessinees a la plume et rehaussees de couleur. Deux 
inscriptions de la main du due de Berry en la forme ordinaire. 
Au revers de la premiere page cette note : « Ce livre fu a Messire 
Guillaume Flote, seigneur de Revel et chancellier de France » (i). 
Au dernier feuillet, au has d'un Crucifiement, se voient un eveque 
et un novice agenouilles et la representation de tous les instru- 
ments de la Passion. 

46.Chroniques de France(Bibl. Nat., ms.fr. 28x3 — signaled'abord 
par Leon Lacabane) (2). — Petit in-folio de 492 feuillets, a deux 
colonnes; caracteres reguliers. La Chronique se termine avec le 
regne de Charles V. Belles et fines miniatures; les deux premieres 
pages en contiennent six. Six egalement sur le premier feuillet du 
regne de saint Louis (fol. 265). Plusieurs peintures ont un enca- 
drement tricolore. Parmi les plus curieuses on signalera celles qui 
se rapportent aux regnes des rois Jean et Charles V, et notam- 
ment la visite de TEmpereur au roi de France, le festin avec 
scene guerriere representant I'attaque d'un chateau (fol. 478 vo). 
Tranche doree, ornee de fleurs de lis. 

47. Chroniques de France (Inv. A, 968— Bibl. Nat., ms. fr. 2608). 
— Petit in-folio de 548 feuillets, a deux colonnes, avec 75 miniatures 
assez lourdes, bien inferieures a celles du numero precedent; les 
tetes sont de vraies caricatures. Se termine au regne de Charles VI 
par le chapitre : « Comment les Juifs furent pillez aParis. » Sur le 
feuillet 543 I'inscription habituelle du due de Berry et au-des- 
sous : « et de present est a Jehan Dumas seigneur de I'Isle ». Deux 
pages plus loin : « Ce livre est a tres Iiaulte et tres noble princesse, 
Madame Anne de France, duchesse de Bourbonnois et d'Au- 
vergne. » 

48. Chroniques de France de Froissart (Inv. A, 967— Bibl. Nat., 
ms. fr. 2641). — In-folio de 353 feuillets, a deux colonnes, en carac- 
teres cursifs; pas de miniatures. Outre I'inscription ordinaire du 
due de Berry, ce livre porte plusieurs autres mentions curieuses 
que nous allons reproduire. En face du premier feuillet du texte : 
« Cy est une partie des Croniques de France faictes par maistre 
« Jehan Froissart, Haynuyer, depuis le temps du roy Charles le 
« quart, des guerres qui furent entre France et Angleterre, les- 

(i) L'inventaire du due de Berry constate que le manuscrit avail con- 
serve des fermoirs aux amies de Revel. 
(2) Bibliotheque de I'Ecole des Chartes, 1"° serie, tome II, p. 71. 



CLXXII INTRODUCTION 

« queles Croniques maistre Guillaume Boisratier, maistre des 
« requestes de I'ostel du Roy, son conseillier, et conseillier de 
« Monseigneur le due de Berry, son seigneur, donna a Monsei- 
« gneur le Due, en son hostel de Neelle, le vnie jour de novem- 
« bre mil CCCC et VII. Flamel. » A la derniere page, on lit : 
« Les Croniques de Froissart, des livres G. Boisratier de Bour- 
« ges. — Boisratier » (en grosse gothique tres reguliere). Sur 
le dernier feuillet : « Ge livre est a Madame Anne de France, 
« duchesse de Bourbonnois et d'Auvergne, » et en regard : « Ce 
« livre est au due de Bourbonnoys et d'Auvergne. w Le der- 
nier chapitre est ainsi intitule : « Comment ceulx de Sainte- 
« Siviere se rendirent a messire Bcrtran comme connestable du 
« roy de France et au due de Berry. » A la derniere page on lit ce 
distique : 

Omnia sunt hominum tenui pendencia filo, 
Et subito casu que valuere fluunt. 

49. Le livre de Marco Polo (Inv. A, ioo5 — Bibl. Nat., ms. fr. 
2810). — Grand in-folio de 299 feuillets, a longues lignes, avec 
263 miniatures des plus curieuses; elles sont assez fines, bien 
que d'une execution un peu lourde (elephants, licornes, animaux 
singuliers, hommes sans tete, hommes a une seule jambe, hommes 
a tetes de loup, a tetes de chien, centaurcs, litieres a elephants, a 
deux chevaux, hermaphrodites, etc., etc.). En tete, la note de la 
main de J. Flamel que nous avons transcrite ci-dessus (p. clii). 
L'autographe du due de Berry qui se trouvait a la fin a ete 
gratte. En tete de chaque livre dill'erent, une grande minia- 
ture represente I'auteur olfVant son ceuvre a un prince, a un 
]-»ape, etc. Divers ecussons, dont quclques-uns ecartelt's de France, 
sont dissemines dans le volume. Les miniatures de tout le 
volume paraissent du meme artiste ; les dernieres trahissent une 
certaine fatigue. 

50. Le devisement du monde de Marco Polo (Inv. A, 982 — 
Bibl. Nat., ms. fr. 5631). — In-40 de 87 feuillets, a deux colonnes, 
sans miniatures; lettres en couleur. Le volume parait incomplet. 
L'inscription habituelle du due de Berry a ete grattee, mais se 
distingue encore. 

5i. Livre du Tresor de Brunetto Latini (Inv. A, 870 — Bibl. 
Nat., ms. fr. 568).— In-40 de 170 feuillets, sur deux colonnes, 
■^ ncaracteres cursifs; avec miniatures en camaieu gris, a peine 
teintees, en tete des chapitrcs ; ces images sont fort mediocres. 



INTRODUCTION CLXXIII 

Inscription hahituelle dii due de Berry avant la table (i). Ce vo- 
lume contient quatre ouvrages : 1° de la Naissance de toutes 
choses par Brunet Latin; 2° Des vices et des vertus (Ethiques), 
par Aristote; 3^- Des mocurs, par Aristotc ; 4" De la rhetoriquc. — 
La creation du monde annoncee dans Tlnventaire figure en tete du 
manuscrit. 

52. Livre de la Sphere par Nicolas Oresme et le livre du ciel et 
du monde d'Aristote, traduit par le meme (Inv. A, 877 — Bibl. 
Nat.,ms.fr. 5G5).— In-fol. de 172 feuillets, en ecriture cursive,avec 
quelques miniatures (auteur offrant son livre a un prince) et figures 
astronomiques. Au dernier feuillet, inscription du due de Berry 
dans sa forme hahituelle (2). 

53. Le livre du ciel et du monde d'Aristote (Inv. A. 877 — Bibl. 
Nat., ms. fr. 10S2). — In-4c de 210 feuillets, a deux colonnes, d'une 
ecriture tres reguliere. A la fin, au verso du feuillet 209, se lit 
I'inscription hahituelle : « Ce livre est au due de Berry — Jehan. » 
La seule miniature de ce livre, placee a la premiere page, represente 
la creation du monde ; figures geometriques et astronomiques 
dans le cours du texte. Au has de la premiere page, les armes du 
Due ont ete ajoutees a I'eneadrement, et sur la marge exterieure, 
un eigne d'argent (devenu noir) porte une banderole a la legende 
le terns venra. II resulte de la place oeeupee par ces deux emhle- 
mes que le due de Berry a achete le volume termine et I'a marque 
apres coup a ses armes et a sa devise. 

54. Ethiques et Politiques d'Aristote en deux volumes (Inv. A, 
g^7 — Bibl. Nat., ms. fr. 9106, le deuxiemc volume seulement). — 
Pet. in-folioepais,de 38o feuillets, avee miniatures au trait rehaus- 
sees de noir (philosophes, festins, travaux des champs, professions 
et metiers, musique, etc.). Inscription ordinaire du due de Berry. 
Au dernier feuillet, cette note: « Le present livre appartient a Louis 
Pieart, demeurant a Monthuro. (?) » Copie, en 1397, pour Louis, 
due d'Orleans, qui le donna au due de Berry, ce volume passa a la 
duchesse de Bourbonnais et appartint ensuite a Saint-Medard de 
Soissons (3). 

55. Terence (Invent. A, 969 — Bibl. Nat.,ms. fr. 7907 A). — In-40 



(i) Cf. P. Paris, tome IV, p. 399-400. 

(2) Cf. P. Paris, tome IV, p. 348-352. 

(3) Delisle, Cabinet des maniiscrits, t. Ill, p. i83, n° i5i ct p. 3 11. 
Voyez le fac-simile de quelques lignes de cc manuscrit dans I'Album, 
pi. XLVI, n- 3 ct 4. 



CLXXIV INTRODUCTION 

de iGo feuillets, a longues lignes, avec iSq miniatures represen- 
tant des scenes de comedie, fort curieuses pour les details du cos- 
tume et du mobilier, avec une preoccupation marquee de donner 
toujours memes traits au meme personnage. En tete, Terence 
offrant son livre a deux personnages (les Scipions). Donne au due 
de Berrv par Martin Gouge. 

56. Metamorphoses d'Ovide (Inv. A, 959— Bibl. Nat., ms. fr. 3y3). 
— In-fol. de 375 feuillets, a deux colonnes, caracteres cursifs; vers 
de huit pieds avec gloses francaises et latines en marge et au bas 
des pages (i|. Quinze miniatures au trait, une en tete de chaque 
livre, avec rehauts de noir, assez mediocres en somme. La feuille 
de garde porte le titre : « La metamorphose d'Ovide en vers fran- 
cois moralisee qui fut au due de Berri. » A la fin, inscription de la 
main du prince en sa forme habituelle. 

57. Le livre des Sept Arts, de Priscien (Inv. A, 957 — Brit. 
Mus., fonds Burney, no 2j5]. — Ce volume, que nous n'avons 
pas vu, contient des miniatures. II avait appartenu au pape Gre- 
goire XI (1370-1378). D'apres une note manuscrite, le pape Cle- 
ment le donna, en 1397, au due de Berry qui I'offrit au due d'Or- 
leans et le reclama apres la mort de ce prince. 

58. Miracles de Notre-Dame, poeme de Gautier de Coincy 
(Invent. A, 94G — Appartient au seminaire de Soissons) (2). Ce 
manuscrit, sans miniature, fut donne au due de Berry par le roi 
Charles VI. M. Delisle a etabli qu'il avait ete execute dans la pre- 
miere moitie du xiv^ siecle, peut-etre pour le roi Jean qui le perdit 
avec ses bagages a Poitiers. Rachete des Anglais par Charles V, 
il entra dans la librairie du Louvre et fut donne au due de Berry 
apres 1402, puisqu'il ne figure pas sur Finventaire portant cette 
date. 

59. Le Roman du Brut d'Angleterre, par M. Wistace (Inv. A, 
1 23 1— Bibl. Nat., ms. fr. 1454).— In-40 de io5 feuillets, en ecriture 
cursive, sur deux colonnes (35 lignes a la page). Trois miniatures 
assez mediocres representant des bateaux, des combats, etc. A la 
fin, I'inscription suivante a subi un grattage : « M. de Berry — 
Anesse. » Ce volume fit partie du lot de la duchesse de Bourbon- 
nais. 

60. Le Roman de Lancelot du Lac (Inv. A, 920 — Bibl. Nat., 



(i) Cf. P. Paris, tome III, p. 177-186. 

(2) Voy. la notice tres complete de M. Delisle sur ce volume dans le 
Cabinet des manuscrits, t. Ill, p. 324-327. 



INTRODUCTION CLXXV 

ms. fr. 1 17-120). — Quatre volumes grand in-folio, a deux co- 
lonnes, comprenant 602 feuillets en tout; grande miniature a qua- 
tre sujets sur le premier feuillet. Encadrements de pages a rin- 
ceaux, papillons et oiseaux. Les sujets representent des tournois, 
combats singuliers, scenes amoureuses, blesses soignes par des 
dames, etc. Le due de Berry aurait achete ce roman au libraire 
Regnauld du Montet, en 1404, au prix de 3oo ecus d'or, et il n'au- 
rait ete estime a sa mort que i25 livres tournois. Or, il est a remar- 
quer que la description de I'inventaire ne parle que d\m volume 
et non de quatre. Les manuscrits du fonds francais pourraient 
done fort bien ne pas etre le n" 920 de I'inventaire A (i). 

61. Le Roman de la Rose et le Testament de Jean de Meung 
(Inv. A, 956 — Bibl. Nat., ms. fr. 38o). — Petit in-folio de 160 feuillets 
a deux colonnes, en ecriture cursive, avec de nombreuses minia- 
tures, vives de ton, bien conservees ; la meme page en contient 
souvent plusieurs (2). Celles de la fin sont mediocres. Le caractere 
des tetes est tres particulier; traits fins, chair pen coloree, cheveux 
presque toujours roux. Le texte finit par une piece sur les morts 
commen9ant : « Dieux ait I'ame des trespassez ». Deux inscrip- 
tions, au debut et a la fin, constatant que le livre appartient au due 
de Berry. Oftert au Due par Martin Gouge et donne par le prince, 
le 3 mars 1414, a Guillaume Lurin. 

62. Debat sur le Roman de la Rose. (Ce manuscrit a ete vu dans 
la collection de sir Thomas Philips par le baron Kervyn de 
Lettenhove) (3). 

63. La Cite des Dames par Christine de Pisan (non porte aux 
Inventaires — Bibl. Nat., ms.fr. 607).— Petit in-folio de t] feuillets, 
a deux colonnes, en cursive, avec trois miniatures, une en tete de 
chaque partie, off'rant de curieux details sur le costume feminin; 
figures assez fines, bien qu'un peu lourdes (4). Ala derniere page : 
« Ce livre est an due de Berry — Jehan. » 

64. Le Miroir des Dames (Inv. A, art. 983 — Brit. Mus., fonds 
additionnel no 299S6) (5). — Ce volume fut remis a la duchesse de 
Bourbonnais. 

(i) Consulter P. Paris, tome I, p. 154 sur la division de ce manuscrit 
en trois parties comprenant le Saint Graal et Merlin (i" volume). Le 
roman de Lancelot occuperait les trois autres tomes. 

(2) Cf. P. Paris, tome III, p. 174-176. 

(3) Cite dans le Cabinet des Manuscrits, tome III, p. 340. 

(4) Cf. P. Paris, tome V, p. i83. 

(5) Cabinet des manuscrits. t. Ill, p. 340. 



CLXXVI INTRODUCTION 

65. f.e Miroir des Dames (non portc aux Inventaires — Biblio- 
theque de Bruxelles, no g555). — Cc volume et Ic precedent sont 
copies Tun sur I'autre, page par page. 

66. Le Pelerinage du corps et de I'ame, appele le Pelerin (Inv. 
A, 928 — Bibl. Nat., ms. fr. 829). — In-4" de 120 feuillets (i), a deux 
colonnes, en vers octosyllabiques; en tout 2o5 petits sujets au 
trait, en camaieu blanc et noir sur fond damasse, representant des 
scenes de I'enfer avec figures parfois grotesques. Dialogue entre 
le Pelerin, I'Ange, Satan, Astrologie, Fortune, Raison, Jeunesse, 
le Corps, I'Esprit. Inscription du due de Berry en la forme ordi- 
naire. 

67. Poesies de Guillaume Machaut (Bibl. Nat., f. fr. 9221 — 
figure seulement sur une liste des manuscrits promis a la Sainte 
Chapelle de Bourges). — In-folio de 288 feuillets, a trois colonnes, 
contenant ballades, complaintes, motets mis en chant, rondeaux, 
etc., avec musique intercalec dans le texte. Miniatures un peu 
lourdes a sujets galants. Deux inscriptions certifiant I'origine du 
volume, Tune en tete de J. Flamel, I'autre du due de Berry avec 
sa signature. 

68. L'arbre des Batailles par Honore Bonet (Inv. A, qSS — 
Brit. Mus., fonds du Roi, 20 C VIII). — Manuscrit a miniatures, 

d'apres I'inventaire ; il fut remis a la duchesse de Bourbonnais. 

69. Deduits de la chasse (Inv. A, 1016 — sans doute le volume 
compose par Gace de la Buigne et faisant partie de la collection 
de Chantilly). Le due de Berry avait donne ce volume qui porte 
sa signature a Jean d'Ortegue, son valet de chambre, avant Tan- 
nee 1413. 

70. La Mutacion de fortune par Christine de Pisan (Inv. A, 952 

— Biblioth. royale de la Haye,no 701) — 170 feuillets; c'est Texem- 
plaire offert au Due par I'auteur, en mars 1404. II fut estimc- dix 
livres en 1416 (2). 

71. Le roy Modus et la reine Ratio (non porte aux Inventaires. 

— Archives de I'Etat a Turin). — La signature du due de Berry se 
lit a la fin de ce volume (3) qui compte 3o2 feuillets avec minia- 
tures. 

72. Le livre des femmes nobles et renommees par Boccace (Inv. 



(i) M. Paris dit par erreur 220 feuillets, tome VI, p. 3y3. 

(2) Voy. DcUslc, Melanges de pale'ograpliie, p. 23 1. 

(3) Cab. des man., t. Ill, 340, 389. Ce volume a figure a I'cxposition des 
Beaux-Arts a Turin, en 1880 (Voy. le livret, p. 77, n° 8). 



INTRODUCTION CLXXVII 

A. 993 — Bibl. Nat., ms. fr. 5981. — In-fol. de 162 fcuillets, a deux 
colonnes, avec 106 miniatures finement peintae et admirablement 
conservees. Inscriptions de J. Flamel en tete et du due de Berry 
a la fin. Encadrements de pages composes de fleurettes et rin- 
ceaux. Les sujets sont des plus curieux par les details qu'ils ren- 
ferment sur le costume et le mohilier du temps (metiers a tapis- 
rie, palettes de peintres, bancs^, lits, pupitres, chariots, instruments 
de musique, litieres, souliers a poulaine — Qi-ithie, Antiope, reines 
des Amazones, la sibylle Eriphile, etc., etc., la papesse Jeanne en 
costume pontifical). Le due de Berry possedait deux exemplaires 
de cet ouvrage; I'un, offert par Jean de la Barre en 1404 (Inv. A, 
940), ne renfermait pas de miniatures, tandis que le livre donne 
par I'eveque de Chartres, le ler Janvier 1411, (Inv. A, 993), etait « bien 
enlumine et historic ». C'est done plutot ce dernier qui figure 
dans le fonds francais sous le no 598 (i). 

yj. Catholicon de Jean Balbi de Genes (Inv. B, io3o — Bibl. de 
Bourges, Cat. H. Omont, no 33 5). — Manuscrit de 538 feuillets, a 
deux colonnes, avec une longue inscription indiquant sa prove- 
nance, de la main de Jean Flamel (et non Nicolas Flamel comme 
le dit le catalogue des manuscrits de Bourges): 

74. Dietionnaire ou repertoire moral de Pierre Bersuire en 
trois volumes (Inv. B, 1062 — Bibl. Nat., ms. lat. 886i-8863). 
— In-folio a deux colonnes, 335, 38 1 et 392 feuillets; un certain 
nombre de pages mutilees et coupees a moitie. On y voit encore 
Tecusson de I'eveque de Poitiers, Itier de Martreuil, qui donna cet 
ouvrage au due de Berry. 

75. Livre du cultivement de la terre, de Pierre de Crescens 
(Inv. A, 962— Bibl. Nat., ms. lat. 9328). — In-fol. de 162 feuillets, 
a deux colonnes, sans miniatures, ni lettres ornees; les initiales 
peintes seulement en bleu et rouge. La miniature « d'un homme 
touchant ses bceufs en rairee)),mentionnee sur I'inventaire de 1402, 
a disparu (2). Signature du due de Berry au premier feuillet, et 
inscription de sa main en la forme habituelle au dernier. Quelques- 
uns des premiers feuillets sont fort endommages etpresque cntic- 



(i) Cf. Paulin Paris, t. I, p. 24G; t. II, p. 23i et t. V, p. 120. 

(2) Gette particularite, qui sc reproduit pour plusieurs des manuscrits 
que nous avons du classer dans la categoric des volumes sans miniatures, 
nous donne a supposer que beaucoup des livres de la librairic de Bourges 
nous sont parvenus plus ou moins mutiles apres avoir perdu leurs minia- 
tures. 



CLXXVIII INTRODUCTION 

rement pourris. On a inscrit, au xvi^ siecle, sur le feuillet de garde 
diverses recettes pharmaceutiques. 

jh. Le livre que le chevalier a fait pour Tenseignement de ses 
tilles |ne figure pas sur les inventaires — Bibl. de Bruxelles, 
ms. 9542) (i). 

yj. Dernier feuillet du tome I de la Bible en deux volumes 
donnee par le Due a Robinet d'Etampes (Inv. B, art. qG5-(jf)G — 
Bibl. Nat., ms. fr. nouvelles acquisitions, 843 1). — Ce feuillet qui 
porte une inscription explicite de Jean Flamel, attestant son ori- 
gine, a ete acquis a la vente des autographes de Benjamin Fillon 
(no 674 du Catalogue). On y lit aussi la formule habituclle : « Ceste 
Bible est an due de Berry. — .Iehax. » 

78. Cinq miniatures appartenant a un livre d'Heures decoupe 
et mis en morceaux, reproduites dans les Evangiles de Curmer. 
II n'est pas possible de tirer de ces fragments Tindication du 
volume auquel ils appartenaient (2). 

La liste que nous venons de donner contient seulement les ma- 
nuscrits dont la presence dans la librairie du due de Berry ressort 
de preuves formelles. Certains erudits competents ont voulu rat- 
tacher a cette collection divers autres ouvrages sur des indices 
plus ou moins certains. Nous ne saurions nous dispenser de faire 
connaitre les livres juges dignes d'un pareil honneur : 

10 Un beau Psautier en trois langues, d'ecriture anglaise du 
xiiie siecle, enrichi de nombreuses miniatures de style italien, 
portant le no 884G du fonds latin, a la Bibliotheque nationale. Ce 
volume avait ete signale par M. Delisle, dans son premier volume 
du Cabinet des luannscrits, comme ayant fait partie de la librairie 
du due de Berry, sur une indication de M. de Bastard. M. Delisle 
semble avoir change d'avis sur Toriginc de ce manuscrit, car il 
ne fait pas figurer ce livre au catalogue de la librairie de Bourges 
dans son tome troisieme. II a eu de bonnes raisons sans doute 
pour le retrancher de la liste; car le psautier anglais 884b ne 
porte aucune des marques ou inscriptions, aucun des caracteres 
auxquels se reconnaissent d'ordinaire les livres du Due. En outre, 
il ne repond a la description d'aucun des Psauticrs portes sur les 
inventaires. 

2" Le Missel note portant le no 176 sur I'inventaire D est-il le 
manuscrit latin 8885, comme le suppose M. Delisle (t. Ill, p. ijG, 

(i; Voy. Cab. des man., tome III, p. 38g. 

(2) Delisle dans ia Gazette des Dcaux-Arts, 1884, p. 'i()\-3g2. 



INTRODUCTION CLXXIX 

n'5 64)? Cela parait douteux. I.e Missel de Tlnvcntaire est dit his- 
toric de I'ouvrage de Lombardie. Or, le manuscrit 8885 ne rcn- 
ferme pas de miniatures, mais seulement de petitcs vignettes insi- 
gnifiantes, intercalees dans le calendrier du debut et qui ont ete 
enlevces pour la plupart. Peut-etre le feuillet i du Missel qui devait 
se terminer, d'apres I'lnventaire, par etcrna indefici (i), portait-il 
au debut une grande miniature. Cela reste douteux; le feuillet i 
de ce volume ayant disparu, on ne pent done verifier s'il se ter- 
mine par les mots latins indiques dans I'inventaire D. D'ailleurs, 
ce volume ne porte ni la signature du Due ni aucune des autres 
particularites auxquelles se reconnaissent ordinairement ses 
livres. 

S^Le livre des nobles hommes et dames, de Boccace (Inv. A, 993(.'') 
— Bibl. Nat., ms. fr. 226). — In-folio de 270 feuillets, avecnombreu- 
ses miniatures (i 5o a 200) tres fines, d'un ton vif et bien conserve. 
Au debut, une grande page entiere occupee par les episodes de 
rhistoire d'Adam et d'Eve. Le premier feuillet debute par une 
dedicace de I'auteur, Laurent de Premierfaict, au due de Berry; 
le livre se termine par une note qui fixe la date de son acheve- 
ment au i5 avril 1407 apres Paques. La miniature placee en tete 
de la dedicace montre I'auteur ofTrant son livre au Due, bien 
reconnaissable aux traits de son visage et a la tenture fleurde- 
lisee, engrelee de gueules, qui recouvre son siege et son dais. Mais 
le second feuillet commence par n'a en soi aucune felicite et non 
par // ont plaisir, comme le voudrait la description de Tinven- 
taire A. D'ailleurs, ni la devise, ni les armes, ni la signature du 
Due ne se voient sur ce volume que M. Delisle n'a pas porte sur 
son catalogue. Laurent de Premierfaict avait fait executer plu- 
sieurs copies de sa traduction. Nous signalerons notamment le 
ms.fr. i3i ; il debute aussi par la dedicace au Due, mais il est ecrit 
de lettre courante. On y voit aussi, a la premiere page, I'auteur 
offrant son livre a un prince qui ne saurait etre prispour le ducde 
Berry, malgre I'affirmation contraire de P. Paris (tome I, p. 246). 
Le ms. fr. 229 renferme encore une autre copie de la traduction 
de Premierfaict, sans dedicace cette fois ; mais son absence est 
expliquee par la note finale ou I'auteur s'excuse d'avoir fait copier 
hativement le volume pour le Roi de France. La date de I'ache- 
vement de la traduction est la meme sur les trois manuscrits. 
Le ms. 22G I'emporte de beaucoup, par la regularite du carac- 

(i) Le deuxiemc feuillet debute par eus. 



CLXXX INTRODUCTION 

tere, le nombre et la beaute des miniatures, sur les mss. i3i et 229. 

40 Le Decameron de Boccace (Bibl. Nat., ms. fr. 129) traduit par 
Laurent de Premierfaict et sur les explications d'Antoine d'Areche 
(ou d'Arezzo), debute par une dedicace au due de Berry reproduite 
par Paulin Paris (tome I, p. 238). De cette dedicace M. Paris con- 
clut que le volume, illustre d'assez jolies miniatures, a fait partie 
de la librairie du due de Berry. Toutefois, le manuscrit ne porte 
ni les emblemes, ni la devise, ni les armes, ni enfin les accessoires 
ordinaires des manuscrits de Berry. Aucun inventaire ne men- 
tionne une traduction du Decameron, nouvel argument centre 
opinion de M. Paulin Paris. 

5° Valere Maxime (Bibl. Nat., ms. fr. 290). — In-foliode 417 feuil- 
lets, a deux colonnes. En decrivant ce manuscrit, Paulin Paris 
suppose (t. II, p. 307) que c'etait un des volumes de la librairie 
de Bourges. M. Delisle (t. Ill, p. 187, note 4) n'a pas admis cette 
conjecture qui ne s'appuie sur aucune preuve serieuse (i); 

Go Divine Comedie (Bibl. Nat., ms. italien 72). — In-4°, de 90 feuil- 
lets, a deux colonnes, avec trois miniatures. La premiere initiale 
portant un ecu d'azur aux trois fleurs de lis d'or avec hordure 
engrelee de gueules, M.P. Paris en conclut (2) que cet exemplaire 
vient de la librairie du due de Berry. Mais aucun manuscrit du 
poeme n'est signale dans les inventaires. 



Du catalogue qui precede il resulte clairement que la 
bibliotheque du Due etait formee d'elements tres dispa- 
rates. Si ses livres d'Heures soutiennent dignement la 
haute reputation de gout de leur proprietaire, bien d'au- 
tres manuscrits sont d'une qualite assez mediocre. Cela 
ne doit pas etonner. En elfet, si le prince a fait executer 
sous ses yeux, avec une sollicitude d'amateur delicat et 
passionne, les ouvrages les plus soignes et les minia- 
tures les plus fines, combien d'autres sont venus entre 
ses mains par don ou par achat ; et de ceu.\-la il n'a pas 



(i) En tiite, miniature rcprcsentant Tautcur offrant son manuscrit ii 
un prince, peut-etre Ic roi Charles V. Amies ajoutccs : d'azur ;i six 
besans d'argcnt, au chef d'or. 

(2) Tome VIl, p. 147. 



INTROi)rCTION CLXXXI 

ii rcpondre. Quand il kii arrivait dc decouvrir un ouvrage 
peu repandu manquant a ses collections, il fallait bien 
prendre I'exemplaire tel qu'il se trouvait. Encore moins 
pouvait-il refuser I'offrande modeste de quelque servi- 
teur desireux de flatter avcc ses faibles ressources les 
gouts de son puissant protecteur. Au reste, qu'ils fus- 
sent richement histories de belles peintures, ou qu'ils se 
presentassent sous I'aspect plus severe de simples manu- 
scrits ecrits de lettre courante, les livres du due de Berry 
etaient a peu pres traites de la meme facon. Aux uns 
comme aux autres, leur maitre ajoutait I'inscription 
laconique « Ce livre est au due de Berry — Jehan » qui 
equivaut a une prise de possession, a un veritable ex- 
libris. Tantot, aussi,il faisait peindre en quelque coin un 
ecusson a ses armes ; tantot il agrementait I'ornement 
deja fort riche de certains encadrements, en y introdui- 
sant soit I'ours ou le cygne symboliques, soit quelqu'un 
de ces papillons ou de ces oiseaux dont on a signale 
les caracteres bien particuliers. C'est que le due de 
Berry n'etait pas un bibliophile vulgaire ou indiffe- 
rent. Ses livres, il les aimait d'une tendresse passion- 
nee ; mais, en meme temps, il les connaissait, se plaisait 
a lesregarder, les lisait et les relisait. C'est ainsi qu'on 
trouve chez lui, M. Delisle en a fait la remarque, plu- 
sieurs traductions d'auteurs anciens dont on a constate 
I'absence dans la librairie du Louvre. 

Au reste, les ouvrages a miniatures se presentent en 
nombre a peu pres egal aux manuscrits non histories. 
Dans rinventaire de 141 3, on compte cent vingt-sept 
ouvrases histories contre cent trente-huit volumes sans 
miniatures, et cela en se rapportant strictement au texte 
de rinventaire. Or, il parait a peu pres certain que le 
redacteur a parfois omis d'indiquer les illustrations. 
Dans d'autres circonstances, le volume n'est pas ter- 
mine ; le texte attend encore les miniatures complemen- 



INTRODLCTION 



d miniatures. 



taires (i). On pent done fixer k la moitic dc rcnscmble 
la proportion des ouvrages a miniatures de la collection 
du due de Berry. Pour les soixante-dix-huit manuscrits 
existant encore, cette proportion est bien plus elevee, et 
cela s'explique aisement, car les plus beaux livres ont cte 
traites paries generations successives qui les ont posse- 
des avec un respect merite. 
chartcs Aux manuscHts histories se peuvent joindre les 

chartes decorees de fines peintures, ou notre prince 
aimait a voir representer au naturel la scene meme qui 
fait I'objet de I'acte. C'est encore un gout qu'il parta- 
geait avec son frere Charles V, dont plusieurs chartes sont 
enrichies de dessins tres finement traces, contenant 
meme des portraits. Les Archives nationales possedent 
plusieurs de ces petites merveilles ou la figure du due 
de Berry est bien reeonnaissable.Nous avons dejaeite le 
eontra't de mariage avec Jeanne de Boulogne et Tassocia- 
tion du prince aux prieres de I'abbaye de Saint-Barthe- 
lemy de Bruges. (2) Nous n'insisterons pas. Aussi bien, 
ces documents originaux ne sauraient a aucun titre etre 
assimiles a des manuscrits, quelque elegante que soit 
leur decoration. II etait bon de faire observer que nul 
prince n'a pousse aussi loin que le notre et que le roi 
Charles V le souci d'imprimer un caraetere partieulier 
de recherche et de somptuosite aux moindres details de 
sa vie privee ou publique. 

C'etait vraiment une epoque favorable aux arts et aux 
lettres que celle ou des princes comme les fils du roi 



1. Voy notamment la Cite de Dien (A 865), a laqucllc « faillcnt les 
« histoires et grans lettres ». 

2. Ces deux pieces sont exposdes dans Ic musec des Archives natio- 
nales (vitrine 35, n" 41 1 et 422 ; voy. p. 36 du Catalogue sommaire du 
musee). La charte dc privilege accordec en fevrier 1414 au clcrgc de la 
Saintc-Chapelle dc Bourges, piece conscrvce dans la cullectmn dc Bas- 
tard d'Estang, est rcmarquablc par Tclcgancc de son ecriture ; mais elle 
n'est pas dccorcc dc peinturc (Bib. Nat. ms. fr. Nouv. acq. n" 3642). 



INTRODUCTION CLXXXIII 



Jean cncourageaicntpar d'inccssantes libcralites et aussi 
par line favcur marquee tous les homines de talent. 
S'il n'eut dependu que d'eux, la France eut marchc a 
la tete de toutes les nations voisines, prenant les devants 
sur ritalie elle-meme. A I'appui de cette opinion les 
preuves abondent. Si nous n'avions hate de terminer 
cette trop longue introduction, si nous pouvions entrer 
dans les developpements que comporterait un depouil- 
lement systematique des comptes du due de Berry, nous 
etablirions sans peine que le gout de toutes les delica- 
tessesetde tous les raffinements avait atteint un degre 
inoui pendant la premiere moitie du regne de Char- 
les VI. Le due de Berry eut certainement une part pre- 
ponderante dans ce mouvement de renaissance artis- 
tique et litteraire. 

On connait maintenant par le detail la composition 
incessamment modifieedes collections de Bourges. Moins 
riches peut-elre que le trcsor du roi Charles V, infe- 
rieures a celles que plusieurs generations de dues tout 
puissants amasserent a Dijon, elles trahissent par cer- 
tains cotes une originaiite particuliere, une curiosite 
toujours inassouvie. Sans doute, le due de Berry a 
possede la plus belle reunion de pierres precieuses, de 
rubis surtout, qui existat de son temps, sans doute il a 
reuni des emaux incomparables, destravauxd'orfevrerie 
du travail le plus acheve ; mais ce qu'on trouve chez lui 
et qu'on chercherait vainement ailleurs, ce sent ces 
menus objets d'une valeur insignifiante ou nulle, prou- 
vant la curiosite de son esprit et la vaste etendue de son 
intelligence. Aucun des phenomenes de la nature ne lui 
est indifferent; ses investigations se portent sur les singu- 
larites les moins susceptibles en apparence d'occuperun 
prince fastueux et puissant. C'est ainsi que le petit musee 
forme a Bourges reunit comme un abrege de toutes les 
connaissances et de tous les arts de I'epoque. Seules, 



CLXXXIV INTRODfCTION 

Ics armes n'}- figurcnt qu'en petit nombre. Peut-etrc for- 
maient-ellcs une collection ciistincte. 

Aussi, la presence de ce prince eclaire a-t-elle donne a 
la ville de Bourges et a toute la province du Berry un 
eclat et une importance politique qu'elles n'avaient jamais 
atteinte auparavant. En y etablissant sa residence ordi- 
naire, en y fixant le siege de sa cour et de son gouver- 
nement, le frere de Charles V a prepare en quelque 
sorte cette region centrale a jouer le role important qui 
lui etait reserve pendant la periode la plus sombre de 
la guerre contre I'etranger. Le roi Charles A'll, depos- 
sede de sa capitale par les Anglais, repousse vers le centre 
de la France, eut-il jamais songe a etablir a Bourges le 
dernier asile de sa royaute precaire, si le due de Berr}^ 
ne lui eut en quelque sorte menage ce supreme refuge, 
s'il n'eut fait de la place qui avait oppose aux troupes 
royales en 1412 une heroique resistance comme le der- 
nier rempart de la patrie francaise? 

Les defenses accumulees au chateau de Bourges etdans 
les places environnantes furent un moment le supreme 
espoir de la monarchie. Ainsi, notre prince se survecut 
en quelque sorte pour assurer le salut du pays qu'il avait 
bravement defendu dans sa jeunesse avec les vaillants 
capitainesde son frere. Qu'il nous suffise d'avoir indique 
ce lien qui rattache le souvenir du due de Berry a la 
periode la plus critique de la guerre de Cent Ans. 

II convient d'indiquer rapidement, pour finir, les des- 
tinees des merveilleuses collections dont nous avons 
etudie precedemment la formation, la nature et la com- 
position. 



Le due de Berry expira Ic lundi i5 juin 141*^ vers le 
soir, dans son hotel de Nesle, a Paris. La maladie, sans 
diminuer en rien la lucidite de son esprit, I'avait averti 



INTRonrCTION 



dc sa fin prochaine ct lui donnait ainsi le loisir de pren- 
dre ses derniercs dispositions. Apres avoir dicte son tes- 
tament le 2 5 mai, le prince accumulait les precautions J^f^^f^J/,.^[ 
les plus capables a ses yeux d'assurer la stricte execution 
de sesdernieres volontes. Le 7 juin, apres la celebration 
de la mcsse, en presence de grands personnages appeles 
a son chevet, il confirmait, dans une forme solennelle, les 
volontes exprimees dans son testament auquel il ajou- 
tait quelques dispositions. Le lendemain, 8 juin, tou- 
jours obsede de fidee de sa fin prochaine, il dicte un 
codicillc contenant de nouvelles liberalites. Charles VI 
survient sur ces entrefaites pour apporter a son oncle ses 
consolations. Avec lui se presente le roi de Jerusalem et 
de Sicile. Le mourant profile de I'occasion et demande 
a ce dernier de vouloir bien faire partie des executeurs 
testamentaires. En meme temps, il supplie son neveu de 
confirmer ses dernieres volontes et de tenir la main a 
leur execution. Pour se rendre favorables ces puissants 
visiteurs, il leur offre de riches presents; a chacun une 
coupe d'or, sans prejudice de la belle croix enrichie des 
pierres les plus precieuses qu'il supplie le roi de France 
de garder a jamais en souvenir de lui. On verra que ce 
voeu ne devait guere etre respecte. 

Le testament, publie jadis par M. Ra3'nal (i), a ete 
transcriten tete du manuscritde Sainte-Genevieve, nous 
ne pouvions guere nous dispenser d'cn reproduire ici 
le texte avec la relation des diverses solennites et confir- 
mations qui ont suivi (2). A part les dispositions gene- 
rales et les formules habituelles de piete, il contenait 
peu de clauses relatives aux tresors qui nous occupent. 
Apres avoir designe la Sainte-Chapelle de Bourges pour 
lieu de sa sepulture, le Due recommandait au roi de 



(1) Histoiie du Berry, tome II, p. 498-5o3. 

(2) Voy. notre tome II, p. 187-196. 



CLXXXVI INTRODUCTION 

France les officiers de sa maison, ses servitcurs, sa 
famille, ses sujets ; il engageait aupaiementde ses dettes, 
tous ses biens meubles, c'est-a-dire tons ses tresors, 
joyaux et manuscrits. Le seul legs specific d'une facon 
particuliere etait celui d'une somme de 12,000 livres 
a distribuer a ses serviteurs et aux pauvres ; la reparti- 
tion de cette somme etait laissee a la discretion des exe- 
cuteurs testamentaires designes dans le dernier article 
du testament. C'est en leur nom qu'il sera procede aux 
operations dont le resultat, consigne dans le manuscrit 
de Sainte-Genevieve, nous donne de si precieux details 
sur la liquidation de cette opulente succession. 

Les legs particuliers n'apparaissent que dans les codi- 
cilles d'une date posterieure : a la duchesse de Berry et 
a chacune des filles du Due sont attribuees une croix 
et une chambre de tapisserie; dix mille francs a Robi- 
net d'Etampes, en recompense de ses services ; vingt 
mille francs au comte d'Eu, petit-fils du testateur, pour 
payer sa rancon aux Anglais. Ges donations sont con- 
senties dans la journee du 7 juin. Le lendemain, le 
malade revient encore sur I'objet de ses constantes 
preoccupations. Gertaines precautions prises par lui 
devront assurer le paiement des 20,000 francs du comte 
d'Eu. Puis, ce sont de nouvelles liberalites : 1,000 francs 
a I'Hotel-Dieu de Paris; 6,000 francs a Etienne de 
Montigny, chambellan du Due, en reconnaissance de ses 
services; a Jean Dupre le jeune epicier et valet de cham- 
bre, Soo ecus; a Andre de Bonnas, echanson, 1,000 fr. ; 
a Ymbert de Groslee, chambellan, meme somme de 
1,000 francs. En dernier lieu, le remords suggere au 
mourant I'idee d'une restitution tardive. II ordonne de 
rendre aux lilies ou autres heritiers de Jean de Mon- 
taigu, grand maitre d'hotel du Roi, les joyaux prove- 
nant de la confiscation de ses biens et confies a la garde 
de Robinet d'Etampes. En somme, on le voit, le Due 



INTRODICTION CLXXXVII 

ne disposait en nature que d\ine partie a peu pres 
insignifiante de ses immenses tresors : la belle croix 
destinee de longue date sans doute au roi de France, 
deux coupes d'or, trois autres croix et trois chambres de 
tapisserie, enfin les joyaux ou manuscrits provenant de 
la confiscation de Jean de Montaigu, tels etaient les seuls 
articles recevant une affectation determinee en vertu des 
dernieres volontes du mourant. 

Des sommes employees a des usages pieux, destinecs 
a la rancon du comte d'Eu ou Ic'guees a des serviteurs de 
confiance, nous n'avons pas a nous occuper ici, EUes 
devaient etre prelevees sur I'actif de la succession. II 
parait douteux que la vente des meubles ait suffi a leur 
paiement. 

Immediatement apres lamort du prince, ondut pour- liquidation 

^ '■ ^ dcla succcssic 

voir a certaines depenses urgentes, aux frais des fune- 
railles, au paiement des gages des officiers. A cet effet, 
on preleva sur la masse des biens certains objets dont la 
vente immediate ne devait pas entrainer une trop sen- 
sible depreciation. On avait choisi surtout des pieces 
d'orfevrerie,car la matiere constituait presquc toute leur 
valeur. Ges articles sont accompagnes dans le compte 
de Robinet de la mention: « neant, pour ce que le com- 
mis en a fait recepte ou compte desfunerailles. » On se 
procura ainsi pour les besoins pressants une somme de 
6,933 livres 7 sous 6 deniers, inscrite sous la rubrique: 
compte des funeral lies. Jean Lebourne en eut la disposi- 
tion. A cet usage fut employee principalement la vais- 
selle de table, hanaps, bassins, tasses, le tout d'argent 
blanc. Cette orfevrerie courante n'etait-elle pas alors 
consideree comme une sorte de reserve metallique 
destinee a pourvoir aux cas d'imperieuse necessite ? 

La duchesse de Bourbonnais avait a reclamer une 
somme de 70,000 livres, restant due sur sa dot, Une 
transaction avec les executeurs testamentaires lui 



CLXXXVIII INTRODUCTION 



accorda Ic droit de prelever en nature sur les joyaux 
et autres bicns meubles ce qui restait exigible jusqu'a 
concurrence de 40,000 livres, tandis que sa soeur, la 
comtesse d'Armagnac, se contentait d'une valeur en 
nature de 8,000 livres. On a soigneusement note, dans 
Tinventaire de Sainte-Genevieve, tons les objets attri- 
bues, en vertu de cette convention, a I'une ou a I'autre 
des filles du Due. Nous avons donne la recapitulation 
de ces articles dans I'analyse du compte de la succes- 
sion (i!. Ce releve etablit que la duchesse de Bour- 
bonnais recut pour sa part cinquante-huit tapis ou 
chambres de tapisserie, cent trente-un )0}'aux de toute 
sorte et quarante-un manuscrits. Trente tapisseries, 
dix-neuf joyaux, cinq manuscrits et trente-huit articles 
de linge formerent le lot de la comtesse d'Armagnac. 
Ainsi, trois cent vingt-deux articles du dernier inven- 
taire furent preleves par les heritieres directes du defunt. 

Trois tapisseries avec divers jo3'aux, vetements et 
livres devinrent la propriete de la Sainte-Chapelle de 
Bourges. Si on y joint les kgs delivres a la veuve et aux 
filles en vertu des dernieres dispositions du defunt (2), on 
depasse le chiffre de trois cent cinquante articles par- 
takes en nature. 

D'apres revaluation des cxecuteurs testamentaires, la 
fortune mobiliere du Due, au jour de son deces, repre- 
sentait environ une somme de 1 58, 000 livres, dont 
28,000 pour les tapis et tapisseries, le surplus pour les 
joyaux, manuscrits et objets divers. Ces estimations, 
nous I'avons fait observer, restent bien au-dessous des 
prix d'achat et de la valeur venale des objets. C'est 
peut-etre pour ce motif que la duchesse de Bourbon- 
nais, ayant droit a un preciput de 70,000 livres, se con- 



[i) Tome II, p. 294-295. 
(2) Tonic II, p. 296. 



INTROnrCTION CLXXXIX 

tcnta dc 40,000 livres; cllc trouvait encore un serieux 
avantage a cette transaction. 

Si on deduit de la masse des biens les reprises en 
nature des deux princesses, les pieces d'orfevrerie ven- 
dues pour les frais funeraires, les legs particuliers et les 
restitutions faites a diverses personnes, notamment aux 
heritiers de Jean de Montaigu, il restait environ une 
centaine de mille livres a distribuer aux creanciers. 
On va voir comment une partie de cette somme leur 
echappa. 

La belle croix, dont le due de Berr}^ avait surveillc ^^^ ^fJll^i^'^' 
avec tant de sollicitude la confection et la decoration, ^ i<--' ^^onnaie. 
etait attribuee, on I'a vu, par la volonte supreme du 
defunt, au roi Charles VI. Ce joyau precieux ne se trouve 
nulle part decrit dans les Inventaires, bien qu'il y soit 
fait de frequentes allusions. Or, cette description detail- 
lee, nous I'avons decouverte dans un compte royal qui 
constate en meme temps la destruction du celebre joyau. 
Ce document (i) nous revele en meme temps des details 
bien curieux sur les expedients auxquels les besoins de 
la guerre et la necessite de solder comptant les troupes 
ro3^ales avaient reduit les tresoriers de Charles VI. 

Le due de Berry etait mort le i(3 juin; des le 3o juil- 
let (2) la croix, depouillee de ses magnitiques pier- 
reries, etait envoyee a la Monnaie pour etre fondue. 
L'operation produisit un poids de 49 marcs d'or et de 
124 marcs d'argent, representant une valeurde 3,441 livres 
pour I'or, et de y3o livres pour I'argent. Ainsi, ce pre- 
cieux joyau, objetde tant de soins et de depenses, n'avait 
pas survecu deux mois au prince qui I'avait fait exe- 
cuter. 

Les conseillers du Roi avaient certes le droit absolu 



(i) Bibl. Nat., f. tV. (1747. 

(2) Voy. notre tome II, p. '.^^o. 



CXC INTRODUCTION 



dc disposer ainsi de ce bijoux. Mais ils allcrent plus 
loin. Sans tcnir compte des derniercs rccommandations 
ct des scrupulcs tardifs du due de Berry, ils firent main 
basse sur les jo3-aux et manuscrits provenant de la suc- 
cession de Jean de Montaigu pour les vendre et pour 
employer les deniers en provenant aux necessites de la 
guerre. Lc tout, evalue 4,012 livres 10 sous, produisit 
3,375 livres qui furent versees au tresor royal (i). 
preielTs'siu-ies Nous u'avous pas a uous occupcr ici de certains pro- 

biens du Due , , , , i < i az • 

pour les besoins ccdts civanges, employes paries othciers royaux pour 

du royaumc. . . . , . , 

se procurer les sommes destmees au paiement des trou- 
pes, procedes reveles par le compte qui nous a fourni 
les details precedents. Mais un dernier chapitre de ce 
texte se rapporte encore a la succession du due de 
Berry et ne saurait etrc passe sous silence. On verra 
par Tanalyse de ce chapitre (2) que treize versements 
furent faits au tresor royal, entre le 18 octobre 141 7 
et le 25 avril 1418, s'elevant ensemble a la somme dc 
10,143 livres i3 sous tournois, et provenant « de la ven- 
« dicion et delivrance de certains biens de I'execucion de 
a feu Monseigneurle due de Berry, ordonnez park Roy 
« estre pris et venduz pour le fait de sa guerre ». Quelle 
etait la nature de ces' biens? Le compte ne donnc sur ce 
point aucun renseignement. Mais il nous semble hors de 
doute qu'il s'agit d'une partie des joyaux et autres biens 
meubles de la succession. 

Toutefois, ces dix millc livres prelevees par le tresor 
royal sont loin de representer la totalite des biens alfec- 
tcs au paiement des dettes. Qu'advint-il du surplus? 
Aucun document contemporain ne nous I'apprend. 
Probablement ces tresors furent peu a peu vendus et 
disperses, des que les evenements politiques le per- 



(i) Tome II, p. 34.1-34.^. 
(2) Tome II, p. ^44. 



INTROnrCTION CXCI 

mi rent. Quoi qu'il en soit, il est impossible de suivrc 
leur trace. II reste settlement acquis que bon nombre 
des objets precieux amasses par Tillustre coUectionneur 
furent aneantis et convertis en especes aussitot apres 
son deccs. Seuls, les joyaux, les manuscrits et les tapis, 
attribues aux maisons de Bourbon et d'Armagnac, furent 
sauves de la ruine, et peut-etre arriverait-on a retrouver 
la trace de quelques-uns de ces objets precieux dans les 
inventaires ou les comptes des deux princesses lilies du 
due de Berry. 

Nousavonssuivi, autant qu'il aete possible, les joyaux, 
les manuscrits et autres tresors entasses a Bourges, 
depuis leur acquisition jusqu'au moment de leur disper- 
sion. Les anciens inventaires fournissent rarement des 
details aussi complets sur Thistoire des objets precieux 
dont ils contiennent I'enumeration. C'est pourquoi nous 
avons pense que I'etude de cette collection celebre entre 
toutcs mcn'itait des developpements exceptionnels. Nous 
avons laisse dans I'ombre la personalite et le role poli- 
tique du due de Berry. Une pareille etude excedait le 
cadre de notre travail. L'abondance meme des docu- 
ments recueillis dans les comptes du due de Berry nous 
interdisait deja les details sur la composition de sa mai- 
son, ses habitudes de vie, ses occupations quotidiennes 
et ses plaisirs ; a bien plus forte raison, ne pouvions- 
nous aborder la part considerable qu'il a prise aux 
grands evenements de son temps pendant les regnes de 
son frere et de son neveu. 

Toujours est-il certain que I'histoire presente peu 
d'exemples de vicissitudes eomparables a cclles que nous 
ofFre la vie du due Jean de Berry. Au surplus, le caractere 
dupersonnage abonde aussi en contrastes frappants. Les 
qualites les plus rares se reneontrent a cote des defauts 
les plus choquants. Rapace et prodigue. comme ses 
freres, le due de Berry emporta dans la tombe les male- 



CXCII INTRODUCTION 



dictions dc ses sujcts et la gratitude dcs cgliscs ou des 
abba3'es cnrichies dc ses largesses, Crcdule, etcependant 
a3'ant Line grande ouvcrture d'esprit, notre prince aima 
la societe des moincs et des savants, des bouffons et des 
poetes; il rechercha les reliques les plus extraordinaircs 
en meme temps que les productions naturelles les plus 
etranges. II avait, d'apres les contemporains, une intelli- 
gence tres eveillee et semblait plus apte aux deliberations 
pacifiques, aux negociations diplomatiques qu'aux ope- 
rations militaires et aux fatigues de la guerre. L'auteur 
anonyme de la Chronique du regne de Charles VI vante 
avec complaisance sa magnificence envers les eglises et 
les couvents. Cette bienveillance s'explique d'elle-meme. 
Mais il ajoute certaines particularites relatives aux manie- 
res et au caractere du due de Berr}^ qui donnent a son 
appreciation une haute valeur. Ce passage merite d'etre 
pris en consideration par quiconque voudra porter un 
jugement impartial sur cette nature si complexe. 

« Je croirais manquer aux egards dus a la memoire de 
« cet illustre prince (i), dit le chroniqueur, si je ne lui 
« accordais pas un juste tribut d'eloges, surtout pour le 
« courage qu'il deploya dans la conquete de laGuyenne, 
« du vivant de son frere Charles. II se montra, pendant 
« toute sa vie, scrupuleux observateur des regies du 
K savoir-vivre et de la courtoisie, et se concilia, par ses 
« largesses et son alfabilite, la sympathie de tous les 
" etrangers de distinction qui venaient a la cour. Ce 
M prince superieur, entre autres qualites dont I'avait 
<( douc la nature, avait recu en partage une grande viva- 
ce cite d'esprit. Toutes les fois que les aft'aires de I'Etat 
« etaient en deliberation, il exposait, discutait et deve- 
« loppait les questions avec une rare facilite, et, au dire 



(i)Nous reproduisons presquc sans modification la traduction de 
M. L. Bcllaguct parue dans la collection des Documents inedits sur 
riiistoirc dc France, tome VI, p. [-'2. 



INTRODUCTION 



« des assistants, surpassait en eloquence les plus fameux 
« orateurs. 

« II Temportait sur tous les princes du sang par sa 
« munificence, et il dota plusieurs eglises du royaume de 
« reliques et de joyaux enrichis de pierreries. C'est une 
« justice que doivent lui rendre en particulier, pour ne 
« pas encourir le reproche d'ingratitude,rabbaye royale 
« de Saint-Denis et le chapitre de Notre-Dame-de-Paris. 
« II se plaisait surtout a faire venir sans cesse d'Orient des 
« rubis, des saphirs et des emeraudes. II aimait aussi les 
« sertisseurs de perles et de pierresprecieuses, et il leur 
« commandait souvent des chasubles, des chapes et d'au- 
« tres ornements ecclesiastiques enrichis de franges d'or 
« d'une valeur presque inestimable. II en fit faire une 
« telle quantite qu'il aurait pu certai^nement habiller les 
« chanoines de trois cathedrales pour une seule etmeme 
« solennite. Toujours anime d'une devotion ardente 
« pour le service de Dieu, il entretenait dans sa demeure 
« un grand nombrede chapelains qui chantaient a haute 
« voix, jour et nuit, les louanges du Seigneur et cele- 
« braient la messe, et il avait soin de les complimenter 
« toutes les fois que I'office avait dure plus longtemps 
« et avait eu lieu avec plus de pompe que de coutume. 

« Sa douceur et sa bonte envers ceux qui lui etaient 
« devoues se dementaient rarement; et pourtant, il ne 
« pardonnait pas le mal qu'on disait de lui, et il se ven- 
« geait par ses gens surtout de ceux qui Taccusaient hau- 
te tement d'etre I'inventeur des charges accablantes impo- 
« sees au peuple et qui le taxaient d'une insatiable cupi- 
« dite. Lorsque ses familiers intimes lui reprochaient de 
« se montrer trop genereux a I'egard de certaines gens de 
c( basse extraction, qui ne se recommandaient ni par 
« I'elegance de leurs manieres, ni par leur merite person- 
« nel et qu'il elevait au faite de la fortune, il leur repon- 
« dait sans hesiter : « On n'a jamais vu qu'un prince, fils. 



CXCIV INTRODUCTION 

« frereet oncle des rois de France, titres dont je puis a 
« bon droit me glorifier, ne put enrichir un ou plusieurs 
« pauvres. » Noble et louable parole assurcment, si cette 
« liberalite n'eut tourne au detriment des fournisseurs 
« ordinaires de sa maison. Car, suivant le temoignage 
« meme de ses executeurs testamentaires,qui firent apres 
« sa mort la balance exacte deses dettes et de son avoir, 
« que Ton supposait immense, il se trouva obere de 
« 200,000 ecus d'or vis-a-vis desdits fournisseurs. » 

A ce temoignage d'un contemporain nous n'avons 
rien a ajouter. L'histoire a porte un jugement severe 
sur les actes publics du due de Berry; peut-etre un 
examen plus attentif des faits lavera-t-il sa memoire 
de certaines accusations formulees un peu a la legere. On 
devra reconnaitre au moins qu'apres avoir de son mieux 
seconde les efforts des vaillants capitaines de Tarmee 
nationale contre Tenvahisseur, le due de Berr}- fut I'ame, 
sous le regne de son neveu, du parti vraiment francais, 
de celui qui voulait a tout prix affranchir le pays de la 
domination etrangere, et qu'il lutta energiquement jus- 
qu'a son dernier jour contre I'extension menacante du 
parti bourguignon. E^n tout cas, personne ne saurait lui 
refuser I'honneur d'avoir contribue plus que personne, 
avec son frere, le grand roi Charles V, a I'epanouissement 
littdraire et artistique de la France. C'est le titre de gloire 
qu'il parait avoir ambitionne avant tout autre ; et ce titre 
de protecteur des arts et des lettres doit faire pardonncr 
bien des erreurs, bien des fautes. 



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JEAN DUG DE BERRY 

Dessm de Holbein au musee de Bale 

d'api'es lafiSure aSenoiiillee du tombeau de Bo"ar6es 



INVENTAIRE 



DES 



JOYAUX, LIVRES, etc. DE JEAN DUG DE BERRY 

1 4 1 3- 1 4 1 6. 



LETTRES DE CHARLES VI ADJOIGNANT ETIENNE DE BRAY ET NICOLAS 
DES PREZ AUX EXECUTEL'RS TESTAMENTAIRES DU DUG DE BERRY, ET 
COMMETTANT JEAN LEBOERNE A l'aDMINISTRATION DE SES BIENS (l). 

[S AOUT 14 1 6). 

Charles, par la grace de Dieu roy de France, a tons ceulx qui 
ces presentes lettres verront, salut. Comme nagaires feu nostre 
tres chier et tres ame oncle le due de Berry et d'Auvergne, conte 
de Poictou, d'Estampes, de Bouloigne et dAuvergne, nostre 
lieutenant esdiz pais et en noz pais du Languedoc et duchic de 

(i) Les notes en latin imprimees en petit texte a la suite des articles 
de rinventaire, indiquant la destination donnee a certains objets, sont 
empruntees au nianuscrit des Archives Nationales (cote KK 2 58). EUes sont 
inscrites sur le manuscrit en marge des articles auxquels elles se rapportent. 
A la suite de ces notes, les mentions B et S G, suivies d'un numero, ren- 
voient aux articles correspondants de Tinventaire de la Bibliotheque Natio- 
nale (fonds fran^ais, 1 1496) et de celui de la bibliotheque Sainte-Genevieve 
(cote Lf, 54). Ce dernier manuscrit donne souvent une estimation repro- 
duite ici. Quand, par exception, les manuscrits presentent des differences 
sensibles, soit dans la description d'un objet, soit dans I'orthographe d'un 
mot technique, les variantes fournies par les manuscrits B et S Gsont consi- 
gnees dans une note. On a transcrit de meme certaines annotations du 
manuscrit de Sainte Genevieve toujours redigees en frampais. 



2 LETTRES DE CHARLES VI 

Guienne, soit ale de vie a trespassement, [et ait] delaissiez plu- 
sieurs joyaulx, vaisselle d'or et d'argent, pierrerie, livres, tapisse- 
rie, debtes et autres biens; et en son vivant ait fait son testament, 
ordonnance de derreniere voulente, lequel testament il fist lire 
el publier pardevant nous, le vni^ jour du mois de juing derre- 
nierement passe% et par icellui et autrement par manieres de co- 
dicilles ait ordonne ses debtes, tors faiz, se aucuns en avoit, ses 
laiz et funerailles estre paiez, satisfaiz et contentez, ait aussi fait 
et institue executeurs de sondit testament et derreniere voulente, 
c'est assavoir : noz trcs chiers et tres amez cousins et cousine 
le roy de Secille, la duchesse de Bourbonnois, le conte d'Armi- 
gnac, et noz amez et feaulx conseillers, I'arcevesque de Bourges, 
les evesques de Paris et de Clermont, maistre Arnoul Belin, 
tresorier de la chapelle du palais de Bourges, Robinet d'Estam- 
pes, seigneur de Salebris, et frere Jehan Raffenel, son confesseur, 
ausquelx, aus quatre et aus trois d'eulx, ait donne toute puis- 
sance de faire acomplir sondit testament par lequel icellui nostre 
oncle se desmist du tout de sesdiz biens, et les bailla et delivra. 
et voult et ordonna estre mis, bailliez et delivrez es mains desdiz 
executeurs, ainsi que ces choses et autres pevent apparoir par la 
teneur dudit testament ou codicilles; nous qui sommes princi- 
pal heritier de nostredit oncle, voulans sondit testament, codi- 
cilles et derreniere voulente estre acomplis; savoir faisons que, 
nous confians a plain des tres grans loyautez et preudommies 
desdiz executeurs, de nostre certaine science et par I'advis et 
deliberacion de nostre Grant Conseil, avons ordonne et ordon- 
nons par ces presentes que tous et quelzconques joiaux d'or, 
d'argent, de pierrerie, tapisserie, livres, debtes et toutes restes 
escheues tant en nosdiz pais de Languedoc et duchid de 
Guienne, comme es terres, pais et seignories de nostredit oncle, 
a lui appartenans tant en demaine comme en aides, et tant pour 
son droit comme par le don par nous a lui fait de ce que 
nous appartenoit esdiz pais et duchie, de tout le temps passe 
qu'il a estc nostre lieutenant jusques au quinziesme jour du 
mois de juing derrenierement passe qu'il ala de vie a trespasse- 



LETTRES DE CHARLES VI 3 

ment, ettous les autres biens quelxconques, de quelque valeur et 
estimacion et en quelxconques lieux qu'ilz soient ou puissent 
estre, soient mis, baillez et delivrez ausdiz executeurs, aus 
quatre et aus trois d'iceulx, ou a celui ou ceulx qui de par nous 
et de par eulx y est, sont ou seront commis, pour yceulx biens 
tourner et convertir au bien et enterinement de ladicte execu- 
tion; ausquelz nous les baillons et delivrons par ces presentes, 
par lesquelles nous mandons et commettons ausdiz executeurs, 
aus quatre ou trois d'iceulx et a leurs commis et depputez, que, 
presens et assistens avecques eulx noz amez et feaulx conseillers 
et correcteurs en la Chambre de noz comptes a Paris, maistres 
Estienne de Bray et Nicholas des Prez, a ce commis par noz au- 
tres lettres, lesdiz maistres Estienne et Nicholas, ou I'un d'eulx, 
voient, visitent et examinent tous les estaz et comptes de tons et 
quelzconques tresoriers, receveurs, grenetiers, gardes de joyaux 
et biens de nostredit oncle, maistres de sa Chambre aux deniers, 
paieurs de ses euvres et bastimens, et autres qui pour nous ou 
pour lui ont fait aucun fait de recepte es pais et duchie dessus- 
diz, dont les emolumens lui appartenoient par don de nous a lui 
fait ou par son droit, et facent venir ens, cueillir et recevoir par 
la main de nostre bien ame maistre Jehan Lebourne, jadis secre- 
taire et contrerolleur de la despence de I'ostel de nostredit on- 
cle, commis a faire la recepte et despence des biens de ladicte 
execution, et qu'ilz contraignent ou facent contraindre, ainsi qu'il 
est accoustume de faire pour noz propres debtes, tous ceulx qui 
estoient tenus a nostredit oncle de tout le temps passe Jusques 
audit jour de son trespassement, pour quelconque cause ou oc- 
casion que ce soit, a mettre es mains dudit maistre Jehan Le- 
bourne tout ce qui, par I'estat et fin desdiz comptes ou autre- 
ment, deuement leur aperra estre deu a ladicte execution. Et 
qu'ilz vendent et adenerent, ou facent vendre et adenerer et deli- 
vrer au plus offrant tous lesdiz joyaux et biens meubles demo- 
rez du deces de nostredit oncle. Et d'iceulx biens ou des deniers 
qui en ystront paient ou facent paier et contenter par ledit 
maistre Jehan Lebourne les funerailles, debtes, tors faiz, se au- 



4 LETTRES DE CHARLES VI 

cuns en y a, et lais de nostredit oncle, et aussi tous les fraiz, mis- 
sions et despens, chevauchees, messageries et autres choses rai- 
sonnables qui ont este fais depuis le jour de son trespas et 
seront faictes doresenavant deuement pour ladicte execution. Et 
avecques ce, leur avons donne et donnons plain pouvoir et man- 
dement especial de tauxer et ordonner telz gaiges que bon leur 
semblera a maistre Jehan Mathion, commis de par eulx a faire 
toutes manieres de memoires, descharges, cedules et autres let- 
tres touchans le fait de ladicte execution, et aux autres qui a pri- 
ser les biens ont vacque et vaqueront pour le fait de ladicte 
execution en quelque maniere que ce soit, et generalment de 
faire et accomplir le testament, ordonnance ou derreniere vou- 
lent^ de nostredit oncle et des codicilles par lui faiz, duquel 
et desquelz leur est apparu ou apperra selon leur fourme et 
teneur. Mandons en oultre, par ces mesmes lettres, audit mais- 
tre Jehan Lebourne que, des biens, deniers et autres choses de 
ladicte recepte, paie, face et accomplisse ce que par lesdiz execu- 
teurs, les quatre ou les trois d'iceulx, ou leurs commis, lui sera 
ordonne et mande par leurs lettres touchans le fait de ladicte 
execution, ■ses appartenances et appendances, et tout ce que par 
Tordonnance d'iceulx ycellui receveur aura paie, dispense et ad- 
ministre, en rapportant vidimus de ces presentes fait soubz seel 
royal pour une foiz seulement, et lettres desdiz executeurs ou de 
leurs commis, avecques quittances sur ce souffisans, sera alloue 
es comptes et rabatu de la recepte dudit receveur, sans aucun 
contredit ou difficulte, partout ou il appartendra; car ainsi le 
voulons et nous plaist estre fait en faveur de ladicte execution, 
nonobstans arrestz, mains mises de par nous esdiz biens, les- 
quelz arrestz et mains mises nous ostons et levons par ces mes- 
mes presentes et ordonnances, mandemens ou deffenses faictes 
ou a faire a ce cont;aires. Mandons et commandons a tous noz 
justiciers et officiers et a leurs lieuxtenans que ausdiz execu- 
teurs, aus quatre et trois d'iceulx, et a leurs commis et depputez, 
en faisant les choses dessusdictes, leurs circonstances et deppen- 
dances, obeissent et entendent diligemment. En tesmoing de ce 



LETTRES DE CHARLES VI 



nous avons fait mettre nostre seel a ces presentes. Donne a Pa- 
ris, le vine jour d'aousi, I'an de grace mil quatre et cens et seze, 
et le xxxvi'= de nostre regne. 

Par le Roy, a la relacion de son Grant Conseil : Gontier. 



LETTRES DE CHARLES VI ORDONNANT A ARNOUL BELIN ET A MACE 
SARREBOURSE DE DELIVRER AUX EXECUTEURS TESTAMENTAIRES l'iN- 
VENTAIRE DES JOYAUX, LIVRES, ETC., RESTE EN LA GARDE DE 
ROBINET d'eTAMPES. 

Charles, par la grace de Dieu roy de France, a nostre ame et 
feal conseillier, maistre Arnoul Belin, nagaires maistre de la 
Chambre des comptes a Bourges pour feu nostre tres chier et 
tres ame oncle le due de Berry et d'Auvergne, que Dieu pardoint, 
et maistre Mace Sarrebourse. clerc de ladicte Chambre, salut. 
Les executeurs du testament et Robinet d'Estampes, garde des 
joyaulx de nostredit oncle, nous ont humblement expose que 
comme ycelui Robinet eust et encores ait pardevers soy plu- 
seurs joyaux, livres, biens et autres choses appartenans a ladicte 
execution, baillez par inventoire audit Robinet, contenu en un 
livre estant en ladicte Chambre des comptes, lequel livre vous a 
nagaires este bailie en garde, despost, et commande de par nous 
par noz amez et feaulx conseilliers, maistres Guillaume Toreau, 
maistre des requestes de nostre hostel, Nycolas des Prez, cor- 
recteur en nostre Chambre des comptes a Paris, et Guillaume 
Luce, nostre secretaire, ou par Tun d'eulx, commis par nous a 
estre presens a faire I'inventoire des biens demourez du deces de 
nostredit oncle, desquelz biens ledit Robinet rendroit voulen- 
tiers compte et reliquat ausdiz executeurs ou a autres a qui il 
appartendroit, pour estre deschargie de ce qu'il baillera et mons- 
trera avoir bailie, comme raison est; et comme ledit compte ne 
se puisse bonement rendre sans ledit livre, lequel vous n'oseriez 
bailler, obstant I'innibition qui par nosdiz commissaires vous a 



6 LETTRES DE CHARLES VI 

e&te faicte de ne le bailler aucunement sans avoir sur ce des- 
charge, mandement et congid de nous, requierent lesdiz execu- 
teurs et Robinet sur ce nostre provision ; pour quoy nous, qui ne 
voulons ladicte execution aucunement estre retardee, mais ycelle 
avancier le plus que faire se peut bonnement, voulons et vous 
mandons et expressement enjoignons, et achascun de vous, que, 
incontinant ces lettres veues, et nonobstant ladicte innibition, 
vous ou Tun de vous aportez ou envoiez ledit livre, feablement 
clos et seelle soubz Tun de voz seaulx ou signez, en ceste nostre 
ville de Paris, et cellui livre baillez et delivrez realment et de fait 
a nos amez et feaulx conseilliers, maistres Estienne de Bray et 
audit Nycolas des Prez, correcteurs en nostredicte Chambre des 
Comptes, et aux executeurs dudit testament, ou troisd'iceulx, ou 
leurs commis et deputez, avec les dessusdiz maistres Estienne 
et Nicolas, a o'ir, clorre et affiner les comptes dudit Robinet d'Es- 
tampes, qui pour et ou nom de nostredit oncle s'est entremis et 
mesle desdiz jovaulx et autres biens de nostredit oncle, pour yceulx 
biens et jovaulx tourner. emploier et convertir ou fait de ladicte 
execution; et par rapportant ces presentes, ou vidimus d'icelles, 
et certiffication desdiz maistres Estienne de Bray et Nicolas tant 
seulement d'avoir bailie ledit livre a eulx, nous voulons que 
d'icelui vous demorez quicte et descharge envers nous et tous 
autres, et vous en quictons et deschargons par ces presentes, 
par lesquelles nous mandons a nosdiz conseilliers que, oy et 
affine ledit compte dudit Robinet. icellui livre avec Tarrest 
dudit compte renvoyent feablement cloz et seelle soubz leurs 
signez en ladicte Chambre des comptes a Bourges, et pour cause. 
Donne a Paris, le vni<= jour d'aoust. Tan de grace mil quatre cens 
et seze et de nostre regne le xxxvi^. 

Parle Roy, a la relation de son Grant Conseil, le Roy de Secile 
et pluseurs autres presens : Gontier. 



INVENTAIRE DES JOYAUX [fol. I.] 



INVENTAIRE DES JOYAUX REMIS A LA GARDE 
DE ROBINET D'ETAMPES. 



QUARTUS COMPOTUS ROBINETI DE STAMPIS, CLSTODIS JOCALIUM DOMINI 
DUCIS BITURICENSIS, FINITUS AD ULTIMAM JANUARII, ANNO M^ CCCC" 
DUODECIMO, PER MODUM INVENTARII, TRADITUS CURIE PER DICTUM 
ROBINETUM DE STAMPIS XXVIII DIE JULLII, ANNO M CCCCO Xllllto. 

Le quatriesme compte de Robinet d'Estampes, escuier, 
conseiller et garde des joyaulx de tres hault et puissant 
prince monseigneur le due de Berry et d'Auvergne, conte 
de Poictou, d'Estampes, de Boulogne et d'Auvergne; ou- 
quel compte sont reprins en recepte tous les joyaulx et 
vaisselle d'or et d'argent, pierrerie, livres et autres choses 
quelxconques dont ledit escuier est demoure charge par 
ses comptes precedens, et desqueilx il requiert estre acquit- 
tie sur iceulx comptes passez et ailleurs ou il appartiendra, 
en les rendant en cestui present compte, ouquel sont aussi 
contenuz tous les autres joyaulx, vaisselle, pierrerie, livres 
et autres choses qui sont avenues a mondit Seigneur de- 
puis le derrenier jour de Janvier, I'an mil quatre cens et 
unze exclus, que le precedent compte fenist, jusques au 
derrenier jour de Janvier ensuivant, I'an mil quatre cens et 
douze inclus, dont ledit Robinet d'Estampes a eu congnois- 
sance. 



8 DECHARGE A ROBINET D ETAMPES 

Decharge gcne'rale donnee a Robinet d'Etampes. 

Dominus noster Rex per suas patentes litteras, datas vma au- 
gusti M cccc xvito, dedit in mandatis magistro Arnulpho Belin, 
nuper magistro Camere compotorum Bitturicencis defuncti do- 
mini ducis Bitturicensis, et magistro Matheo Sarrebourse, dicte 
Camere compotorum clerico, quibus post decessum ipsius pre- 
sens liber seu compotus in custodia ct deposito fuerat ex parte 
domini nostri Regis traditus, quatinus eumdemafferrent Parisius, 
aut apportari facerent sub sigillis suis clausum, et ipsum trade- 
rent magistris Nicolao de Pratis et Stephano de Bravo, consilia- 
riis suis in sua compotorum Camera, et executoribus testamenti 
dicti defuncti domini Ducis, aut tribus ipsorum, seu ab ipsis 
commissis una cum dictis magistris Nicolao et Stephano, pro 
audiendo claudendoque et affinando compotos Robineti de 
Stampis, custodis jocalium ipsius defuncti domini Ducis, depu- 
tatis, non obstante inhibitione predictis magistris Arnulpho et 
Matheo de non tradendo hunc librum seu compotum absque 
ipsius domini nostri Regis mandato et licencia; quern quidem li- 
brum seu compotum. auditis compotis dicti Robineti, ordinavit 
per predictos suos consilliarios ad dictam Cameram compoto- 
rum Bitturicensem sub sigillis suis clausum remitti. Quarum lit- 
terarum virtute et aliarum litterarum dicti domini nostri Regis de 
mandato datarum anno et die predictis, idem Robinetus, tam de 
jocalibus et aliis bonis, de quibus in hujusmodi compoto seu libro 
oneratur, que idem defunctus dominus Dux. dum viveret, per suas 
patentes litteras confessus fuit recepisse aut tradi fecisse, quam 
de aliis bonis et jocalibus, per eumdem Robinetum dictis exe- 
cutoribus post decessum dicti defuncti domini Ducis redditis, et 
per inventarium de mandato domini nostri Regis factum, tradi- 
tis, de quorum traditione per dictum inventarium constitit et 
constat, exoneratur et acquittatur prefatus Robinetus. prout in- 
ferius super partes dictorum jocalium et bonorum acquittatur 
latius. arrestatur dc manu alterius dictorum consilliariorum, 



DECHARGE A ROBINET D ETAMPES 



quarum vero litterarum regiarum tenores in primo caterno hujus 
compoti seu libri sunt inserti, et etiam copia predicti inveu- 
tarii sequitur in line hujus libri seu inventarii (i). 



(i) Le nom de Robinet d'Etampes paraissant a toutes les pages de I'in- 
ventaire, il a paru necessaire de donner ici des details biographiques sur 
un personnage qui a joue un role considerable aupres du due de Berry. 
comme garde et depositaire de ses precieuses collections. 

Le Pere Anselme (VII, 541) a consacre a Robinet d'Etampes quelques 
lignes qu'il convient de rappeler : « Robert d'Etampes, seigneur dc 
« Sallebris, de Chaumasson et des Roches, conseiller de Jean de France, 
rt due de Berry, fut cleve dans la maison et aupres de ce prince qui I'honora 
n d'une affection toute particuliere, lui confia ses picrreries et ses tresors, le 
(I fit capitaine de sa grosse tour de Bourges et le nomma un des executeurs 
f( du testament qu'il tit a I'hostel de Neesle a Paris, en 1416. II etait mort 
n en 1442... On trouve Robinet d'Etampes conseiller du Roy, auquel ce 
« prince fit donner, le 18 juin 1428, par Guillaume Charrier, receveur 
« general de ses finances, 1000 livres monnoie courante pour le recom- 
« penser d'une riche chambre de haute lice de la valeur de 600 ecus, qu'il 
« luy bailla et delivra liberalement a sa premiere venue en la ville de 
« Bourges. » — Charles VII lui fait encore remettre, en 1432, six vingt ecus 
d'or pour lui aider a acheter un bon cheval. 

Les comptes originaux du due de Berry encore existants nous apprennent 
qu'une pension annuelle de 3oo livres etait attachee au titre de garde des 
joyaux du due. (Arch, nat., KK 25o, fol. 14, compte de 1413-14). Le 6 de- 
cembre 141 3, Robinet d'Etampes revolt 2000 ecus d'or, somme enorme pour 
I'epoque, « en recompensation des grosses pertes et dommaiges qu'il a 
« faictes durant les divisions et guerres qui nagaire ont este en ce royaume 
« et pour lui aider a ediffier au pays de Berry. » (Ibid. fol. 29). Dans le cou- 
rant de la meme annee, d'autres dons importants prouvent la faveur dont 
il jouit a la cour de Bourges. C'est une houppelande de drap violet cramoisi 
de Lucques, valant 12 ecus I'aunc donnee a la Noel (fol. 47); quatre cents 
martres de Prusse pour fourrer une autre houppelande de drap de damas 
violet, estimees 225 francs (fol. 56 V); un cheval de poil noir valant 
1 35 livres (fol 58 v°); enfin 5o ecus pour remboursement des frais de 
transport, de Bourges a Besan(;:on, de joyaux offerts au due de Clarence 
(fol. 63). 

On rencontre en outre dans la maison du due de Berry un Louis 
d'Etampes, clerc des joyaux et valet de chambre du prince, et un Jehan 
d'Etampes qui prend le titre de secretaire du due (Arch, nat., KK 25o, 
fol. 46). Nous ignorons si ces derniers etaient parents de Robinet d'Etam- 
pes. Mais il ne faut pas oublier a cette occasion que le due de Berry avait 
acquis, des i386 ou 1387, le comtc d'Etampes. 



•10 CROIX DES INVENTAIPES Tol. I VO 



JOYAULX POUR CHAPELLE 



CROIX, TANT D OR ET D ARGENT COMME AUTREMENT, 
DES INVENTOIRES 

1. Et premierement, une petite croix d'argent ou il a un dou- 
blet (i) au milieu ei menue pierrerie de voire; contenue en la 
iiii* partie du iiii''^ i« fueillet du livre des comptes precedens. 

De ista parte dictus Robinetus acquictatur, quia reddita fuit Bitturicis exe- 
cutoribus testamenti (2) domini Ducis, j pro convertendo in facto dicte 
executionis. 

[B, n" ySo. — S G, n" 1200; non prisee]. 

2. Item, une autre bien petite croix d'argent dore ou il a un 
crucefix, Nostre Dame et saint Jehan aux deux costez, et aux trois 
bouz de la croix, en chascun, une perle pesant in onces x ester- 
lins (3); contenue ou iiii^^ 11^ fueillet dudit livre en la iiii^ partie. 



(i) D"apres iS'icot, un doublet serait une pierre fausse, soit en cristal colore, 
soit formee d'un paillon ou d'une couche de peinture entre deux verres. 
Cette definition conviendrait bien au present article. 

(2) Le testament du due de Berry dont le texte est transcrit dans le manus- 
crit de Sainte Genevieve donne les noms des executeurs testamentaires. Ce 
sont le due de Bourbonnais, le comte d'Eu, le comte d'Armagnac, conne- 
table de France, Tarchevcque de Bourges, chancelier du due, et ses con- 
seillers I'eveque de Clermont, Teveque de Paris, M' Arnoul Belin, tresorier 
de la Sainte Chapelle de Bourges, Robinet d'Etampes, Seigneur de Salbris, 
et le confesseur du due au jour de son deces. Le roi de Sicile leur fut pos- 
terieurement adjoint. On a vu par les lettres de Charles VII en date du 
8 aout 1416, reproduites ci-dessus, que le roi avait designe deux conseillers 
de la Chambre des comptes, Etienne de Bray et Nicolas des Prez pour pren- 
dre part aux operations des executeurs testamentaires. 

(3) La livre, ancienne unite de poids qui correspond a 5oo ou plus exac- 
tement 552 grammes, se divisait en 16 onces (a Paris) ou en 12 onccs 
(a Lyon et dans le midi de la France). Le marc, mesure specialement reservee 
aux matieres d'or et d'argent equivalait a huit onces ou a une demi livre. 
A la fin du regne de Charles VII, le marc d'or valait cent livres, et le marc 
d'argent huit livres quinze sols (Littre). L'once etait divisee par les orfevres 



CROIX nES INVENTAFRES fol. 2 II 

K. — Dicta crux data fuit per Dominum Matheo Sarrebourse (i), ejus cle- 
rico, [ut] constat per mandatum suum super secunda parte xliiii*' folii hujus 
compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eadem. 

[B, n" 739]. 

3. Item, une belle croix d'ivoire, oii il a un crucetix, Nostra 
Dame et saint Jehan aux deux costez, et deux angels dessus, te- 
nant le soleil et la lune ; et dessus la teste du crucefix un angel 
tenant un roolet, et aux iiii bouz de ladicte croix les iiii euvan- 
gelistes; laquelle siet sur un pie d'ivoire fait de ma^onnerie gar- 
nie de pluseurs ymaiges, non poisee; contenue en la viii= partie 
dudit iiii^x 11= fueillet. 

Ista crux, de ordinacione dominorum executorum et comissi ex parte do- 
mini Regis apud Bitturicas, remansit ibidem in capelia domini-Ducis. Et idee 
acquittatur hiq. dictus Robinetus. 

[B, n° 753. — S G, n° 1201 ; non prise]. 

4. Item, une petite croix d'argent dore ou il a un crucefix, et est 
garnie de faulse pierrerie ; contenue en la n= partie du xlvii^ fueil- 
let dudit livre. 

Ista crux reddita fuit Parisius per dictum Robinetum d'Estampes executo- 
ribus testamenti defFuncti domini Ducis, virtute litterarum domini Regis su- 
perius transcriptarum cum omnibus aliis partibus in presenti inventario con- 
tentis, exceptis illis de quibus alias iste Robinetus in Camera compotorum 
dicti domini Ducis in Bitturicis fuit exoneratus; pro ipsis convertendis in 
facto dicte execucionis. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie. 

[B, n" 387. — S G, n» 828; prise x sous t.] 
5. Item, une autre petite croix d'argent dore oil il a un crucefix 



en vingt esterlins, chaque esterlin en deux mailles, chaque maille en deux 
felins et chaque felin en sept grains et un cinquieme. 

D'apres ces evaluations, la livre valant 552 grammes, I'once, seizieme 
partie de la livre equivaudrait a 34 gr. 8 dec, et I'esterlin a i gr. 7 dec, et 
ainsi de suite. Mais ces rapports entre les anciennes mesures et les nou- 
velles sont sujets a contestation, en raison de la variete extreme des mesures 
suivant les temps et les lieux. 

(i) Mathieu Sarrebourse, secretaire et Fun des clercs des comptes du due 
de Berry, aux gages de 20 sous tournois par jour (Arch, nat., KK 20, fol 25o), 
etait de la part de son maitre I'objet de frequentes liberalites. Tantot, c'est 
une robe a I'occasion de la Toussaint (fol. 21); tantot le don de 32 liv. 
1 5 sols pour acheter un cheval (fol. 3i); tantot une gratification de 
100 livres (fol. 32); tantot des fouriures pour garnir la robe de sa 
femme. 



12 CROIT DES INVENTAIRES ffol. 2) 

d'argent. garnie de chaitive pierrerie, non pesee ; ainsi declaree en 
la ix= partie du Lxviiie fueillet dudit livre. 

Acquittatur hie iste Robinetus de ista cruce causa in margine supra. 

[B, n" 638. — S G, n° 202 ; non prisee]. 



CROIX TANT d'oR ET d'aRGENT, COMME AUTI^EMENT, 
ACHATEES PAR MONSEIGNEUR. 

6. Item, une croix de pierre serpentine, non garnie, laquelle 
Monseigneur achata ja pieca; ainsi declairee en la premiere par- 
tie du 11'-^ Lv= fueillet dudit livre. 

Reddita fuit executoribus Parisius, pro convertendo in facto dicte execu- 
cionis, ut supra. Et ideo acquictatur hie dictus Robinetus de eadem. 

[S G, n° 829; prisee v sous t.] 

7. Item, une petite croix d'or, d'ancienne facjon, nommee la 

croix au serpent, ouvree a jour, en laquelle a par devant un cru- 

cefix, et derriere un ymaige de Nostre Dame qui a les mains 

joinctes, estant sur un croissant, tout de haute taille; et au des- 

sus du crucefix, ou hault de la croix, a i saphir, iii balez et vi per- 

les a jour, et en chascun bout de braz qui va au travers de la- 

ditte croix a ung balay a jour et in perles, et au bout d'embas 

d'icelle croix a un long clou de fer oil il a dessus une perle; 

et siet ladicte croix sur un pie d'or esmaillie en maniere 

d'une roche ou il a par dessus un lezart d'or de haute maille 

[taille]; et a Tentour dudit pie a escript : Michi absit gloriari 

nisi in cruce domini nostri Jhesu Christi; et siet sur iiii lezars 

d'or; contenue en la premiere partie du vi"^ x^ fueillet du livre 

desdits comptes. 

Reddita fuit Parisius executoribus, prout supra. Et sic acquittatur dictus 
Robinetus, ut supra. 

[S G, n" 1 43 ; prisee xiir L liv. 1. 1 

8. Item, une croix de jaspre garnie d'or en laquelle a, ou mi- 
lieu d'un des costez, un crucefix d'or, et aux quatre bouz iiii es- 
maulx d'or ou sont les iiii euvangelistes. esmaillies aux armes 



CROIX ACHETEES PAR MONSElGNEUR (fol. 3| I 3 

d'Estampes (i); de I'autre coste a ou milieu un autre ymaige 
d'or de Nostre Dame tenant son enfant ; et aux iiii bouz iiu es- 
maulx aux armes de monseigneur le Due (2);et siet ladicte 
croix sur un pie de jaspre fait a pans, garni d'or, ouquel sont 
entailldes les armes de mondit seigneur le Due, pardessoubz 
un entablement d'argent dore fait a pilliers, entour lequel a 
plusieurs esmaulx en fa(;on de lozanges ausdictes armes; 
laquelle croix est plus a plain declairee en la derreniere 
partie du ni'-^ xlix'^ fueillet du livre desdiz comptes precedens. 
Sur le pid de laquelle croix a une croix du fust de la vraie croix 
qui a esx6 prinse d'un portepaix d'or qui fu de feu Symonnet 
de Dampmartin (3), declaire en la premiere partie du xii« fueillet 

(i)Les joy aux avec les armes d'Etampes sont assez communs dans I'in- 
ventaire du due de Berry. L'explication de leur presence est facile k donner. 
Louis d'Evreux, comte d'Etampes, tit donation entre vits, en i38i, du comte- 
pairie d'Etampes a Louis I", due d'Anjou, ne se reservant que I'usufruit. 
A la mort du due d'Anjou, sa femme et ses enfants transporterent leurs 
droits sur Etampes a Jean, due de Berry, en echange de la principaute de 
Tarente. A son tour, Jean substitua, en iSSy, ses droits a son frere le due 
de Bourgogne. Aussi, apres la mort de Louis d'Evreux (1400) jusqu'au 
i5 avril 141 5, le due de Berry fut-il regarde seulement comme usufruitier du 
comte d'Etampes. II semblerait que le comte d'Etampes possedait une asse^ 
grande quantite d'objets precieux; c'est peut-etre ce qui avait decide le due 
de Berry a negocier I'acquisition de ses biens. 

(2) Les armes du due de Berry etaient de France a la bordure engrelee de 
gueules. Voyez les sceaux des Archives Nationales (tome I de I'lnvent., 
u"' 419 a 429), et le P. Anselme, tome III, p. 208. 

(3) Plusieurs personnages portant le nom de Dammartin, (c'etait peut-etre 
le lieu de leur naissance), figurent dans I'lnventaire ou dans les comptes du 
due de Berry. L'article 14 fournit une indication precieuse sur la situation 
et la fortune de Bureau de Dammartin. Un marchand qui pretait sur gages 
la somme de 18000 livres, occupait certainement une haute position dans 
le commerce parisien; aussi parait-il fort probable que c'est a lui que fut 
infligee une amende de 2000 francs, en 1403, pour pret usuraire (Voy. le 
Journal de Nicolas de Baye tome I, yS-yS). Le meme personnage, a qui est 
donnee cette fois la qualite de tresorier de France, est charge par la cour de 
Parlement de prendre en depot un rubis balai, nomme le balai David, estime 
7000 ecus, que le due de Berry reclamait a un certain Adam Dupuis (Voy. 
Arch, nat., KK 2 5o, fol. 77 V). Simonnet de Dammartin nomme dans le 
meme article que Bureau pourrait bien etre son frere et son parent. Enfin 
le compte du due de Berry deja cite (KK 25o, fol. 107 et 144) nous apprend 
I'existence d'un Geoffroy de Dammartin, secretaire du due qui rei;oit 
de son maitre en 1414, un don de 200 livres tournois, « en recom- 
pensation de ses services et des pertes qu'il avait subies par suite des 



14 CROIX ACHETEES PAR MONSEIGNEUR (fol. 3) 

dudit livre. Pour ce icy ladicie croix ainsi faicteet garnie comme 

dit est. 

Reddita fuit Parisius executoribus, pro ipsa convertenda in facto exe- 
cucionis dicti domini Ducis. Et sic de eadem dictus Robinetus acquittatur. 

[S G, n" 1 195; prisee ladicte croix par Albert du Molin et Julien Simon, 
marchans et bourgoiz dc Paris, expers et cognoissans a ce, lesquelz ont 
pese ladicte croix, et poise ix marcs et demi, et a este prisee cl liv. t.] 

9. Item, une croix d'or garnie de xxv balais (i) et de xxiiii 
grosses perles a jour, laquelle Monseigneur achata de Micliaut 
de Lalier [i], bourgeois et changeur de Paris, le xxir jour 
d'aoust, I'an mil quatre cens et quatre, pour le pris et somme 
de 11™ ii'" liv. t.; dedens laquelle a une croix a double croisde 
qui est du fust de la vraie croix, que messire Jehan de Chas- 
teaumorant donna a Monseigneur ou mois de juing, Pan dessus- 
dit mil CCCC et 1 1 II; contenue en la penultieme partie du 
vi'^^ x= fueillet dudit livre. 

Reddita fuit Parisius executoribus, pro ipsa convertenda in facto dicte 
execucionis. Et sic acquittatur hie dictus Robinetus, prout supra. 

9 bis. Item, un pid d'argent dore sur quoy siet ladicte croix; 

contenu en la derreniere partie dudit vi^'^ x'^ fueillet. 

Dictus pes redditus fuit Parisius, ut supra. Et ideo acquittatur hie dictus 
Robinetus de eodem. 

[S G, n" 144; prisez ensemble (la croix et le pie) ii" 11' l liv. t.] 

10. Item, une petite croix d'or en laquelle a une croix du fust 



dissensions intestines de la France. » Ce meme Geoffroy avait ete place 
par le due de Berry aupres du roi Charles VI. Etait-ce pour le proteger ou 
le surveiller? Le compte sur ne s'explique pas ce point delicat. 

(i) D'apres M. de Laborde {Glossaire des Emaiix) on aurait distingue au 
moyen age le rubis balais du rubis d'Alexandrie, d'apres leur nuance. Le 
rubis balai serait une pierre d'une qualite inferieure. Douet d'Arcq {Comptes 
de VArgeyiterie, i85i, p. 35o) dit que le rubis balai etait d'un ton vermeil 
et le rubis spinelle couleur de feu. Notre inventaire offre une des plus belles 
collections de rubis qui aient ete formees au moyen age. 

(2) Michel de Laillier, concessionnaire avec Jean Tarenne ou Taranne, 
des trente-deux loges edifices sur le pont Saint-Michel (Sauval, t. Ill, p. 271), 
etait un personnage d'importancc. II figure parmi les executeurs testamen- 
taires de Charles VI {Chronique du Religieux dc Saint-Denis, x.. VI, p. 497). 
Un Michel dc Laillier se mit a la tcte du mouvement populaire qui favorisa 
I'entree des troupes royales a Paris en 1436, et fut nomme prevot des mar- 
chands, des le 14 avril de la meme annee, par le connetable de Richemont. 



CROIX ACHETEES PAR MONSEIGNEUR (fol. 3 vo) I 5 

de la vraie croix, couverte d'une croix de cristal, ou milieu de 
laquelle a un gros balay en fai^on de targe ( i ) qui est de la pierrerie 
d'un fermail d'or en fa^on de couronne a plain declaire en la 
1111'= partie du iii^' ii'^ fueillet du livre des comptes precedans; et 
en chascun des iiii bouz de ladicte croix a une grant esmeraude 
dont les iii sont quarrees; et les achata Monseigneur de Jehan 
Sac, (2) marchant, ou mois de decembre. Fan mil CCCG et V, 
chascune i^" escuz; et Tautre est en facon d'une lozange, et la 
donna monseigneur de Bourgoigne a Monseigneur en un fer- 
mail en fa^on d'un rabot (3), le vf jour de may Tan M CCCG VI. 
Et siet ladicte croix sur un pie d'argent dore; laquelle croix 
et pie sont plus a plain declairez en la ni^ et derreniere partie 
du u"-' Inii' fueillet du livre desdiz comptes precedens. Pour ce 
icy ladicte croix ainsi faicte et garnie, comme dit est. 

Dicta crux reJdita fuit Parisius, ut supra. Et ideo acquittatur hie iste Ro- 
binetus. 

[S G, n" 571 ; prisee par Albert du Molin et Julien Simon, et I'ont poisee, 
et Tor d'icelle poise avec le cristal et pierrerie mi marcs xv esterJins, et le 
pie qui est d'argent dore poise iiii marcs vn onces xv esterlins; et prise 
tout ensemble xii" escuz d'or, valent xiii" liv. t.] 



(1) La targe etait un bouclier carre et recourbe, comme une section de 
cylindre. Voy. au n" 4o3 une emeraude sur fafon de targe. 

(2) Le testament de Nicolas Pigasse public par M. Tuetey dans son Clioix 
de testaments enregistre's an Parlement de Paris (page 442) nous 
apprend que Jean Sac avait deux freres, Barthelemy et Jacques, comme 
lui originaires de Genes et etablis a Paris. Tons trois figurent parmi. les 
executeurs testamentaires de leur compatriote Pigasse. Un Jean Sac, con- 
seiller de Charles VI, re^oit du roi le don d'une maison venant de P. de 
I'Esclat (Cf. Longnon, Paris pendant la domination anglaise.) Mais ce 
dernier est-il le meme individu que le marchand genois du due de Berry? 

(3) On trouve une description de ce curieux joyau bien plus detaillee dans 
les comptes des dues de Bourgogne donnes partiellement par M. Ernest Petit 
a la suite de leurs itineraires. L'article de ce compte (page 585) merite d'etre 
reproduit ici : « Le 1" de may le due de Bourgogne tit don au due de Berry 
« d'un grand rabot au vif assis sur un grand ais, et dedans la vuidange 
rt d'icelui ou est le sciseau il a de la raboture, ledit rabot garny d'^une 
« grosse perle et d'une belle emeraude fa^onnee en losange, auquel rabot 
« pend un gros diamant pose sur un anneau, et au coing du rabeau il y a 
« un diamant fait en escusson. Le due en donna un pareil au due d'Or- 
« leans le 6 de may 1406, qu'il disna avec lui. » 

Le Dictionnaire arche'ologiquc de V. Gay contient plusieurs dessins de 
ferrnails a couronne employes comme agrafes de chapes ou de manteaux. 



1 6 CROIX UONNEES A MONSEIGNEL'R tol. 4; 

II. Item, ung pie d'argent dore, sur quoy sieoit une petite 
croix d'or, nommee la petite croix aux esmeraudes, declaree en 
la derreniere partie du vi'^'^ xi'= fueillet des comptes precedens, 
lequel pie est fait en maniere de tabernacle, ou il a un petit 
ymage de Nostre Dame de taille ; et au dessoubz, par devant, a un 
ymage de saint Jehan Baptiste tenant un Agnus Dei, et darrieres 
saint Andrieu, et entour les armes de Monseigneur d'enle- 
veure (i); lequel pie Jehan Chenu, orfevre de mondit seigneur. 
a fait; et est contenu en la premiere partie du vi^^ xiF fueillet 

dudit livre. 

Dictus pes redditus fuit Parisius executoribus testamenti dicti domini 
Ducis; convertendum in facto sui execucionis. Et sic dictus Robinetus hie 
acquittatur. 

[S G, n" r3oi; lequel pie Ten dit avoir este prise avec une petite croix 
d'or prisee xii' escuz, dont ledit commis fait recepte ci-devant.] 



CROIX, TANT D OR ET IJ ARGENT COMME AUTREMENT. DONNEES 
A MONDIT SEIGNEUR. 

12. Item, une petite croix d'or garnie de quatre camahieus (2) 
aux 111! bouz, un camahieu ou milieu, de v saphirs et vui perles 
pendant a une petite chaiennette d'or ; et darriere a un lieu pour 
mettre une croix; laquelle croix ainsi garnie madame la Du- 
chesse (3) donna a Monseigneur aux estraines, le premier jour 



(i) Sur les metaux I'enleveure est un relief obtenu par la fonte, le repousse 
ou I'estampage. Quand il s'agit d'autres matieres, ce terme signifie une 
sculpture proprenient dite ou une application. Voy. ci-apres n"' 60 (Annon- 
ciation d'enleveure), 66 el 626 (feuillages d'enleveure). 

(2) Le mot camahieu parait indistinctement applique a cette epoque aux 
camees sur pierre dure et aux intailles (Voyez les nombreux exemples cites 
par L. de Laborde et V. Gay). On pent admettre que ce terme comprenait 
aussi bien les pierres a plusieurs couches, onyx ou sardonyx gravees en bas- 
relief (camee), qu'aux cornalines, grenats, ou autres pierres fines gravees en 
creux (intailles). Voyez plus bas I'article relatif a un « annel d'or ouquel est 
le visage de Monseigneur contrefait en une pierre de camahieu »(n°' 606, 61 1). 

(3) Le due Jean de Berry epousa en premieres noces, le 24 juin i36o, — 
il n'avait pas encore vingt ans, — Jeanne, fiUe de Jean I, comte d'Armagnac 
et de Beatrix de Clermont. 11 en eut cinq enfants : Charles, Jean, Louis, 
Boune (qui epousa Aime VII de Savoie), puis Bernard VII d'Armagnac 



CROIX BONNEES A MONSEIGNEUR 'fol. 4 V°) 17 

de Janvier Fan mil CCCC et VI 11, et est la iii^ partie du 
ii'^ iiii'"' xii= fueillet dudit livre desdiz comptes. 
[S G, n" 145; prise vii" liv. t.] 

i3. Item. Line grant branche de corail vermeil, sur laquelle a 

un crucetix d'argent dorc% N<3stre Dame et saint Jehan aux cos- 

tez, et y a plusieurs angels tenant bannieres aux armes de Mon- 

seigneur, seant sur un pie d'argent dore ou il a deux escu^-ons 

aux armes de Roddes [i] et deux autres aux armes du grant 

maistre de Roddes qui donna ceste croix, ainsi faicte et garnie 

comme dit est. a Monseigneur, le xxiF jour de Janvier Tan mil 

CCCC et neuf; contenue en la if partie du n'-' nii^^ xin'^ fueillet 

dudit livre. 

Iste due partes accolate [12, i3] reddite fuerunt Parisius execulorihus 
testarnenti domini Ducis; -j- convertendum in facto sui execucionis. Et sic ac- 
quittatur dictus Robinetus. 

fS G, n° 85o; prise xvni liv. t.] 



GRANS JOYAULX ET TABERNACLES 



14. Item, un grant joyau d'or, de trois piez et demi de hault 
et de pie et demi de large, ou environ, ouquel joyau a tout au- 
dessus un trosne ou il a le Pere, le Filz et le Saint-Esprit tenant 
une croix garnie de quatre grosses perles aux quatre bouz; et 
en la poictrine dudit Pere a un fermail garni d'un ruby et de 
trois perles; et autour dudit trosne a ix fermaillez, garni chas- 
cun fermaillet d'un gros balay et de x grosses perles, qui font 

et enfin Marie. Devenu veuf le i5 mars iSSg, le due de Berry, epousa, 
par contrat du 5 juin suivant, Jeanne, fille de Jean II, comte d'Auvergne et 
de Boulogne et d'Elconore de Cominges. II n'en eut pas d'enfants. Apres la 
mort du due de Berry, Jeanne d'Auvergne se remaria, le ig novembre 1416, 
avec Georges, seigneur de la Tremouille, et mourut sans laisser d'enfants, 
en 1423 ou 1424. Le due de Berry lui avait assigne pour la depense de sa 
maison, par lettres du 12 octobre 1413, la somme de gSoo francs (Arch. 
Nat., KK25o, fol. 16 v°). 

(i) Les armes de Rhodes etaient de gueules a la croix pattee d'argent. 



l8 GRAMbS JOYAUX Et tabermacles [fol. 5] 

iiii^^ X perles; et darriere ledit trosne a un grant bassin garni 
de XII gros balaiz, v gros saphirs et de lxxii grosses perles, et y a 
deux angels qui tiennent ledit trosne ; et au dessoubz dudit trosne 
a un gran cristal roont ou il a de la robe Nostre Seigneur, garni 
de II balaiz, ii saphirs etxii perles; et dedens ledit tabernacle qui 
est fait de mai;onnerie, a une Annunciation; et, d'un coste, un 
saint Georges ; et, de Tautre coste, un saint Michiel ; et issent deux 
angels dudit tabernacle, qui tiennent chascun un escu en maniere 
de targe; et au bout d'embas dudit joyau a deux ymaiges, Tun fait 
pour monseigneur le Due, et Tautre pour madame la Du- 
chesse, esmaillez de leurs armes (i). Et est garni ledit joyau de 
i.xiiii balaiz, que grans que moiens que petis, de xlvii saphirs, 
que uns que autres, de ii rubiz, ii dyamens et de ii*-^ xxvi perles, 
que grosses que moiennes que petites. Et poise ledit joyau 
vi^^ IX marcs vii onces d'or ou environ. Lequel joyau monsei- 
gneur le Due a recouvre de Bureau de Dampmartin, bourgois 
et marchant de Paris, auquel il I'avoit bailie en gaiges et seurte 
de la somme de xviii'" xxiii livres xix sols ix deniers t., en quoy 
il estoit tenu audit Bureau, comme il appert par la correction 
faite sur la partie de ce mesmes joyau declaire ou vi^^ xrx fueillet 
du livre des comptes precedens. 

De isto jocale, virtute mandati domini Ducis dati xxvi« die maii 
MCCCCXVI", dictus Robinetus acquittatur hie de vi'" ix marcis vi onciis 
auri, quia traditi fuerunt magistro Matheo Heron (2), videlicet vi" 11 marci 
iiioncie cumstellino et semi,et residuum cecidit in diminuatione; pro quibus 
VI" II marcis in onciis cum dicto steliino et dimidio dictus magister Matheus 
Heron tradidit litteram suam de receptione eorumdem, datam 1111° octobris 
MCCCCXV. 



(i) Voyez la note de I'article 8, pour les armes du due de Berry. Jeanne 
d'Armagnac, sa premiere femme, cclie dont il est probablement question 
ici, portait : aux i" et au 4° d'argent au lion de gueules, aux 2° et 3° de 
gueules au lion leoparde d'or, pour Rodez. 

(2) Mathieu ou Mace Heron etait conseiller et tresorier general du due 
de Berry « commis au gouvernement de toutes finances es pays de Lan- 
guedoc et duche de Guyenne » (en 141 3). 11 re<;ut directement du due beau- 
coup de joyaux, et Robinet d'Etampes en fut decharge sur sa declaration, 
comme on le voit ici. Heron devint, apres la mort de son maitre, tresorier 
general dc France. II occupait ce poste en 1423 et mourut avant 1426 (Voy. 
Longnon, Paris pendant la dominatioti anglaisc, p. 217). 



TABLEAUX ET RELIQl'AIRES DES INVENTAIRES [fol. 5 V"] 1 9 

Caveatur quod dictus Robinetus respondeat de gemmis pretiosis. 

Dicte gemme integre redduntur executoribus per dictum Robinetum in 
diversis modis et partibus, tarn in natura quam pro donis factis pluribus 
personis per dictum dominum Ducem, ut plenius constat per inventarium 
sequentem, ubi partes et litlere redduntur ut ibi. 



TABLEAUX, RELIQUIERES ET PETIZ JOYAUX, TANT D OR ET D ARGENT 
COMME AUTREMENT, DES INVENTOIRES. 

i5. Item, uns tableaux de bois, ou il a Line Pitie d'une part, 
et, de Tautre part, un ymaige de Nostre Dame tenant son en- 
fant, et son faiz de noir et de blanc; ainsi declairez en la ii<= par- 
tie du xvin"-" fueillet du livre des comptes precedens. 
[B, n" 53. — S G, n" 14G ; prise l sous t.] 

16. Item, un tableau de bois bien ancien, oil il a un ymaige 
de Nostre Dame et entour un Dieu et plusieurs demis ymaiges 
d'appostres d'argent dorez, et par darriere sont hachees (i) les 
armes de Monseigneur, pesant tout avec Line courtine de bro- 
deure vii marcs ii onces x esterlins ; contenu en la vii'^ partie 
du xxxi^ fueillet dudit livre. 

Isti tabular iredditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum; 
convertendum in facto execucionis dicti domini Ducis j. Et ideo acquittatur 
hie. 

[S G, n" 572 ; prise xlv liv. t.] 

17. Item, un reliquiere d'or en fai;on d'une tour, que le Roy 
des Romains (2) donna a Monseigneur, ouquel a plusieurs reli- 
qLies envelopees en cendal [3) vermeil contenues dedens Lin cris- 

(i) Travail consistant en traits creux, simples ou croises, execute par des 
ouvriers speciaux nommes hacheurs. De la vient le terme de hachures 
applique au dessin. Voyez plus loin : bassins hachies a feuillages et a ours 
(n- 706); ... hachie de lettres grccques (n°' 746, 747); dragouer hachie a 
paons (n" 1 124), etc. 

(2) Sigismond, elu empereur en 1410, roi de Hongrie, puis roi des 
Romains, fit une entree solennelle a Paris, le i" mars 1416 (Voy. Douet 
d'Arcq : Choix de pieces inedites relatives au rcgne de Charles VI, t. i, 
p. 382). II mourut le g decembre 1437. 

(3) Le cendal etait une etoffe de sole ou de bourre de soie tres legere, 
employee surtout pour les doublures. Elle servait aussi, avec le samit, a 



20 Tableaux et relIquairES des in'VEn'taires [t'ol. 6] 

tal; ouquel reliquiere a deux balaiz, deux saphirs et viii perles, 
et dessus en maniere d'un fretelet (i) un balay et viii perles; 
pesant i marc vii est. obole. Contenu en la xi'^ partie du xxxhf 
fueillet du livre dessus dit. 

K. — Constat per mandatum datum super ultima parte clxiiu'' t'olii hu- 
jus compoti redditum, quod reliquie que erant in presenti reliquiari fue- 
runt ab eodem amote et posite in alio reliquiari, sive vase cristalli, ar- 
gento munito, in quo erat una pecia unius de costis sancte Katherine. 
Que quidem pecia etiam fuit a dicto vase cristalli amota et postmodum in 
presenti reliquiari posita et cum dicto present! reliquiari missa et data 
Regine Yspanie (2), et ideo acquictatur hie dictus Robinetus de dicto reliquiari 
ac etiam de dictis reliquiis, eo quia de ipsis oneratur inferius super ter- 
tia parte xxvi" folii presentis compoti. 

[B, n» 244.] 

18. Item, un autre petit reliquiere d'or en maniere d'une tour, 
dedens lequel a un petit ymaige de Nostre Dame d'or, garni en 
Tentour de petites perles, et y fault le fretelet; non poisie. 

[B, n" 662 — S G, n° 147 ; prise xi liv. t.] 

19. Item, uns petis tableaux d'argent dore a pignon, ou il a 
par dedens un Crucifiement et un Sepulchre, par dehors une 
Annunciacion d'esmail; non poisie. 

Iste due partes accolate [18, 19], reddite fuerunt Parisiiis per dictum Ro- 
binetum executoribus; convertendum ut supra. Et sic acquittatur hie. 

Ilz sont contenus en la derreniere et premiere parties du Ixxii" et Ixxiii' 
fueillez dudit livrc. 

[B, n° 663 — S G, n° 148 ; prise xx sous t.] 

20. Item, un petit reliquiere d'or, ou il a une des dens de I'en- 
fance Nostre Dame, garni d'un saphir longuet percie, v grosses 
perles, vi rubiz, vi dyamens poinctus et de xxiui perles moien- 
nes; lequel reliquiere estoit d'un ymaige d'or de Nostre Dame 



fabriquer les etendarts et les V(^tements. On la tirait d'Orient ou d'ltalie; 
elle etait ordinairement teinte en rouge (Voy. F. Michel : Recherches sitr le 
commerce des etoffes d'or et d'argent, tome i, p. 198-221). 

(i) Le fretelet, fruitelet ou fritelet, etait un ornement en forme de bouton, 
de fleuron ou de fruit surmontant le couvercle des vases, le pignon des chas- 
ses ou le sommet d'un objet quelconque. (Voy. L. de Laborde et V. Gay.) 

(2) Catherine, fille du due de Lancastre, et femme de Henri III, dit le 
Malade, roi de Castille de i Sgo a 1406. Par sa mere Constance, elle etait 
petite-fiUe de Pierre le Cruel, et fut regente, apres la mort de son mari, 
jusqu'a sa mort survenuc en 1418. 



TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 6 V] 2 1 

qui a este despecie, dont mencion est faicte en la iii= partie du 
x= fueillet du Hvre des comptes precedens. 

K. — Constat per mandatum datum super primo articulo n'''' pagine 
Lii''' folii hujus libri, quod dominus Dux dedit in uno magno tabulo auri 
dictam dentem infancie Virginis Marie Ecclesie Parisiensi. Et ideo acquit- 
tatur hie de eodem dictus Robinetus. 

Et dictum reliquiare redditum fuit Parisius execuloribus, ut superius. Et 
ideo acquittatur hie dictus Robinetus. 

[B, n° 3 donne de cet article une description plus dclailiee qu'on trouvcra 
ci-apres.] 

21. Item, un autre petit reliquiere de crista! garni d'or, sans 
pierrerie, lequel estoit d'un ymaige d'or de Nostre Dame qui a 
este despecee; dont mencion est faicte en la iiii^ partie du 
xiiii^ fueillet dudit livre. 

[S G, n° 149 ; prise xxiii liv. t.] 

22. Item, une palme d'or seant sur un cristal en maniere de 
reliquiere, sans pierrerie, lequel estoit d'un ymaige d'or de saint 
Jehan Euvangeliste, dont mencion est faicte en la v^ partie du 
xnn*^ feuillet dessusdit. 

[S G, n° i5o.] 

23. Item, un autre reliquiere de cristal garni d'or, sans pierre- 
rie, qui estoit d'un ymaige d'or de saint Pierre; dont mencion 
est faicte en la iii'-' partie du xv^ fueillet dudit livre. 

[S G, n° i5i ; prise xxx liv. t.] 

24. Item, un petit tabernacle de maconnerie d'argent dore, oil 
il a une Annunciacion et pluseurs ymaiges esmaillez, seant sur 
nil petitz leoneaux, pesant ii marcs n onces. Contenu en la 
v« partie du lxxiii<^ fueillet dudit livre. 

Iste nil" partes accolate [21 a 24] redduntur Parisius execucioni dicti 
domini Ducis; convertendum in facto sui execucionis. Et sic acquictatur hie 
dictus Robinetus. 

[B, n° 667. — S G, n"> i52.] 

25. Item, deux tableaux de bois ou est I'imaige de la Vero- 
nique. Contenus en la vi<^ partie du nii^^ ye fueillet dudit livre. 

[B, n" 772. — S G, n° i53 ; prise xxv sous t.] 

26. Item, ungs petis tableaux d'argent dorez, garni I'un dcs cos- 
tez de voirre bleu, oil il a par dessoubz le Crucifiement d'argent, 
Jehan Baptiste et saint Jehan Euvangeliste, et de I'autre coste 



22 TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIPES [fol. 7] 

de voirre vermeil ou il a d^ssoubz un ymage de Nostre Dame, 
saincte Katherine et la Magdelene; pesant avec le voirre i marc 
2 onces. Ainsi declarez en la vii= partie dudit iiii'^'' v« fueillet. 

[B, n° 773. — S G, n" 83i ; prise vii liv. t.] 

27. Item, un petit joyau d'or, ouquel a un Dieu issant du se- 
pulchre, fermant a deux petitz huissellez(i),esmaillie par dehors 
a deux ymaiges de saint Pierre et de saint Pol, et darriere a 
une Annunciacion, et entour v grosses perles et ix petites; 
pesant tout, avec le laz qui y pend, i once i5 esterlins. Ainsi 
declare en la ii<= partie du xlvi= fueillet dudit livre. 

[B, n" 38 1. — S G, n° i54; prise xvi liv. t.] 

28. Item, deux autres tableaux garnis d'argent, en Tun des- 
quielx a un Crucifiement, et en I'autre un ymaige de Nostre 
Dame tenant son enfant en son giron; esquielx a pluseurs demiz 
ymaiges d'appostres de pincture et de pierrerie de petite valeur ; 
pesant tout ensemble ii marcs vii onces n esterlins obole. 

Istc quatuor partes [2 5-28] reddite fucrunt Parisius per dictum Robine- 
tum executoribus, ut supra. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus. 
[B, n° 399. — S G, n" 832 ; prise xvi liv. t.] 

29. Item, un autre tableau de bois d'ancienne facon, garni les 
bouz d'argent sur Fun des costez, et Tymaige qui est oudit ta- 
bleau est fait de poins de marqueteure; non poisie. 

[B, n° 400. — S G, I 55; prise iiii liv. t.] 

30. Item, un autre tableau de bois oti il a un ymaige fait de 
marqueteure (2), et entour garni d'argent a ouvraige de Damas (3); 
non poisie. 

(i) Diminutif de huis: petites portes. 

(2) La marqueterie etait deja tres repandue en Italie et bien connue en 
France a cette epoque. Voyez sur la proposition faite au due de Berry, 
en 1408, par Pierre Le Fruitier, dit Salmon, de lui envoyer d'ltalie un 
fameux « intarsia'tore », I'article de M. A. de Champeaux publie dans la 
Gazette des Beaux-Arts (2° periode, tome xxxviii, p. 409-415) sous le titre : 
Les relations du due de Berry avec I'art italien. 

(3) Ce terme s'applique a des objets tres divers, tantot a des metaux, 
tantot a des verreries ou a des etoffes. Mais quand il s'agit, commc ici, de 
matieres d'or ou d'argent, il parait designer plus specialement un travail de 
damasquinure, procede qui tire son nom du lieu suppose de son originc 
(Voy. plus loin les art. 225, 269,315, 744, 102 ij. 



TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 7 V^] 2 3 

Iste 11" partes accolate [29, 3o] reddite fuerunt Parisius per dictum Robine- 
tum executoribus; convertendum in facto execucionis dicti domini Ducis. Et 
ideo acquittatur hie dictus Robinetus. 

[B, n" 40 1 . — S G, n" 1 56 : prise Ix sous t.l 

3 1. Item, uns autre tableau de bois ou il a un ymaige de 
paincture d'ancienne facon, et est ledit tableau d'un des costez 
couvert de fueilles d'argent dorees ouvrees; non poisie. 

[B, n" 402.] 

32. Item, uns petis tableaux de broderie, ou il a une Pitie de 

Nostre Dame tenant son enfant ij qui s'entretiennent, a deux 

petites charnieres; non poisie. 

Iste partes cum iiu"'' aliis partibus immediate sequentibus [3i-36] reddite 
fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus, ul supra. Et acquitta- 
tur hie dictus Robinetus. 

fB, n° 403. — S G, n" i 5y ; prise lx sous t.] 

33. Item, un grant tableau de bois, ou il a ou milieu un 
ymaige de Nostre Dame de pourcelaine 12) et plusieurs autres 
ymages de pourcellaine autour de la vie Nostre Seigneur ct 
de Nostre Dame; garni d'un des costez a Tentour d'argent dore 
a I'euvre de Damas; non poisie. 

[B, n" 403. — S G, n" 833; prise xvi iiv. t.] 

34. Item, uns tableau de bois en quatre pieces, ou il a quatre 
demiz ymaiges de paincture, c'est assavoir une Pitie de Nostre 
Seigneur, un ymaige de Nostre Dame et deux ymaiges de saint 
Pierre et de saint Pol; non poisez. 

[B, n" 406. — S G, n" i58; prise xiii Iiv. x s. t.] 

35. Item, un autre tableau de bois, de paincture, oil il a un 
ymaige de Nostre Dame tenant son enffant, et en Tautre main 
un livre, et devant ledit ymaige, a Tun des costez, est le Roy 

(i) II faut peut-etre lire ici « une Pitie et Notre Dame tenant son enfant », 
le tableau formant deux compartiments et par suite deux sujets. 

(2) M. L. de Laborde dit que le mot pourcelaine designe presque toujours, 
au moyen age, la nacre tiree de diverses coquilles marines. Cependant, 
il semble dispose a reconnaitre que la porcelaine de Chine avait penetre 
dans nos pays des le quinzieme siecle. L'explication du mot porcelaine qui 
prevaut dans le Glossaire des Emaiix, se concilierait malaisement avcc 
certains articles de notre inventaire, tels que plats ou ecuelles de pource- 
laine (n" 731, 83o). 



24 TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 8] 

Jehan et Monseigneur de Berry darrieres, et, de Tautre coste, un 
evesque tenant sa croce et un livre devant lui; non poisie. 
[B, n" 407. — S G, n" S34; prise xm liv. x s. t.] 

36. Item, uns tableaux de bois a pignons, en vii pieces, faiz de 
paincture, de la vie monseigneur saint Lorens; et ou tableau du 
milieu a un Cruciliement, Nostre Dame et saint Jehan aux cos- 
tez; non poisez. 

[B, n" 408. — S G, n' S35; prise lvi liv. t.] 

37. Item, deux petis tableaux d'ivoire, en deux pieces, ou il a 
deux ymaiges esmaillez, Tun de saincteAnne et Tautre de saincte 
Katherine, garniz d'or entour; non poisez. 

[B, n° 409. — S G, n" idq; prise xxiv liv. t.] 

38. Item, uns autres tableaux de bois roons, en deux pieces, 
en Tune desquelles a un ymaige de Nostre Dame alettant son 
enffant et deux angels aux deux costez, et en Tautre saint Jehan 
euvangeliste escripvant en un roolleau : In principio etc., et un 
aigle (11 devant lui qui lui tient son escriptoire: non poisez. 

[B, n" 41 1. — S G, n° 836; prise xlv sous t.] 

39. Item, uns autres tableaux d'ivoire roons, en deux pieces, 
garniz d'argent a Tenviron ; et dedans Tun est la Pitie de Nostre 
Seigneur et deux angels. Tun tenant la croix et Tautre la lance, et 
en I'autre piece Nostre Dame en pleurs, et saint Jehan et sainte 
Katherine aux deux costez. 

Istc tres partes accolute [37 a 3f)] rcdditc t'ucrunl Parisius executorihus 
per dictum Rohinetum. Et ideo acquittatur hie. 
[B, n" 412. — S G, n" 837; prise viii liv. t.] 

40. Item, un tableau d'argent dore, esmaillie de bleu, ou 
il a pluseurs ymaiges eslevez faiz en maniere de gerarchie (2), 
une Trinite ou milieu, Nostre Dame et saint Jehan aux deux 
costez a genoulz, et. aux iiii coings. les nii euvangelistes, pendant 
a une chaienne d'argent dore; pesant ix marcs vi esterlins. 

(i) L'inventaire B, n'>4ii, porte par erreur un ange, au lieu d'un aigle. 

(2) L'inventaire B, n°4i3, dit gerarchie. D'apres Du Cange, le mot gerar- 
chie est Tequivalent de hierarchia, applique a la hierarchic dcs puissances 
celestes : Angcs, Archanges, Troucs, Dominations, etc. 



TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 9] 2 5 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinctum executoribus, ut 
supra. Et sit quittus hie dictus Robinetus de eadem. 
[B, n" 4i3. — S G, n"" 160.] 

41. Item, uns autres tableaux quarrez, en Pun desquielx a un 
Crucifiement; et, en Tautre, Dieu lie a un pillier; pesant i once 
VII esterlins obole. 

[B, n°4i5.] 

42. Item, uns petis tableaux d'yvoire garniz d'argent. et dedens 
a un P et une N entaillie, ou il a ymaiges. 

[B, n° 416. — S G, n" 838; prise x sous t.] 

43. Item, uns tableaux d'argent dore, ploians, ou il a dedens un 
tabernacle de maconnerie, ouquel est un ymaige de Nostre Danie 
esleve, tenant son enffant et seant en une chaiere d'yvoire, acom- 
paignie de pluseurs angels, et est couronnee d'une couronne 
d'argent dore, et en la poictrine une estoille; et sont lesdiz ta- 
bleaux garniz d'ymaiges d'yvoire eslevez. 

Istc due partes accolate [42,43] rcddite fuerunt Parisius executoribus per 
dictum Robinetum, ut supra. 

[B, n" 417. — S G, n" 83n; prise i.xx liv. t.] 

44. Item, uns tableaux de broderie faiz a pignon, de la main 

Jaquemin Bonnebroque (i); en Tun, un Dieu le Pere, lequel est 

en un tableau garni d'argent et de petites menues perles, et en 

I'autre, I'ymaige de Nostre Dame; sans aucune garnison. 

[B, n° 418. — S G, n" 573; prise, avec une petite Veronique de brodeure 
qui est dessus ledit tableau, lvi liv. v s. t.] = Gomparez S G, n° 11 78 : 
« deux tableaux de broderie faiz par Jaquemien Bonnebroque; prises iiir l 
liv. t. » 

45. Item, trois tableaux d'yvoire. chascun en deux pieces, de la 
Vie Nostre Dame et Passion Nostre Seigneur, qui furent de feu 
monseigneur d'Estampes. 

Ces parties acolees [28 a 45] sont contenues es xlviii,xlix et l fueillez dudit 
livre des comptes precedens. 

[B, n" 459. — S G, n" 840; prise xviii liv. t.] 

46. Item, un estui d'argent ouquel a uns tableaux de pource- 



(i) Bonnebroche dans I'inventaire B, n" 418. 



26 TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. 9 vo] 

laine, et oudit estuy esmaulx des armes de France et d'Evreux, ( i ) 
et nil autres petiz escucons oil il a en chascun une semblence 
de tour, qui fut de feu monseigneur d'Estampes; pesant ledit 
estui I marc i once. Ainsi declaire en la derreniere partie du 
Lii= fueillet dudit livre. 

[B, n° 443. — S G, n" 161 ; prise x liv. t.] 

47. Item, uns tableaux d'yvoire en deux pieces, ou il a plusieurs 
ymaiges de haute taille (2) tres delieement ouvrez de plusieurs his- 
toires, garniz d'argent par les hours, et par dehors convert d'ar- 
gent esmaillie aux armes de Monseigneur. 

Iste quatuor partes simul accolatc [44-47] rcddile fucrunt Parisius per 
dictum Robinetum; convertendum in facto execucionis dicti domini Ducis. 
Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus. 

[B, n° 1066. — S G, n" 841 ; prise viii" liv. t.] 

48. Item, uns autres tableaux d'yvoire plus petis, ou il a plu- 
sieurs ymaiges eslevees de la Passion Nostre Seigneur; et en 
plusieurs lieux sont les armes de monseigneur d'Estampes (3). 

[B, n° loCiy. — S G, n" 842; prise xx liv. t.] 

49. Item, uns autres tableaux quarrez, de pourtraicture, ou 
Nostre Seigneur est en la croix et les deux larrons avecques lui 
en I'un des costez, et en Tautre un Couronnement (4). 

[B, n" io6g. — S G, n" 84?; prise xl liv. t.] 

50. Item, un autre grant tableau oil est la Passion Nostre Sei- 
gneur, fait depoins de marqucteure, et entour, de Tun des costez, 

garni d'argent blanc. 
[B, n" 1070. — S G, n" 844; prise xx liv. t.] 



(i) Louis de France, comte d'Evreux, d'Etampes, de Beaumont le Roger, 
de Meulan et de Giers, fils puine de Philippe III, portait un ecu semii de 
fleurs de lis au baton compone d'argent et de gueules. Son petit-fils, Charles 
le Mauvais, roi de Navarre avail epouse Jeanne de France, soeur du due de 
Berry. II garda le comte d'Evreux jusqu'a sa mort, arrivce en i386. Le fils 
de ce dernier echangea le comte d'Evreux, en 1404, avec le roi Charles VI. 

(2) D'apres le Glossaire des Emaux, les anciens redacteurs auraient em- 
ploye I'un pour I'autre les mots haute taille et basse taille. Cependant, dans 
cet article, reproduit par M. de Laborde,repithete tres delieement oiivre scm- 
ble indiquer qu'il s'agit de figures en haut relief, bien detachces de la masse. 

(3) Le manuscrit S G, ajoute a la fin de cet article : t. pendans a une 
chayenne d'or. » 

(4) L'inventaire S G dit un Crucifiemcnt au lieu d'un Couronnement. 



TABLEAUX ET RELIQUAIRES DES INVENTAIRES [fol. I o] I"] 

5 I . Item, trois tableaux de bois ou il a ymaiges de marqueterie 
de bien ancienne fa^on. 
[B, 1071. — S G, n" 845; prise x liv. t.] 

52. Item, uns autres tableaux de paincture, en deux pieces, ou 
il a plusieurs petis ymaiges de paincture, et en chascun plusieurs 
ymaiges de poins de marqueteure, et armoie sur les bours de 
plusieurs armes. 

Iste quinque partes simul ligate [48-52] reddite fiicrunt ut supra. Et sit 
quietus dictus Robinetus. 

Ces parties acolees [47-52] sont ainsi declairees ou cxV fueillet dudit 
livre. 

[B, n" 1072. — S G, n" 846; prise viii liv. t.] 



TABLEAUX, RELIQUIERES ET PETIS JOYAUX, TANT D OR ET D ARGENT 
COMME AUTREMENT, ACHATEZ PAR MONSEIGNEUR. 

53. Un tableau d'or roont, ouquel a un camahieu ou il a 
la semblance d'un homme et d'une femme, et un arbre ou milieu 
et bestes dessoubz, garni entour de pierrerie, c'est assavoir de plu- 
sieurs balaisseaux(i), saphirs, esmeraudes et perles, que uns que 
autres, pendant a une petite chaienne d'or oil il a au bout un an- 
nelet; lequel tableau IVIonseigneur achata a Paris, ou moys de 
mars I'an mil CCCC VII, d'un procureur de Parlement. 

[S G, n" 162; prise 11'= l liv. t.] 

54. Item, un tableau d'or de haute taille, ou il a d'un des costez 
saint Jehan Baptiste tenant un Agnus Dei, garni entour de 
VII perles moyennes, ou il a escript : Ecce Agnus Dei, qui con- 
tient la moitie du roont; et en Tautre moitie en a autent 
escript en grec; et darriere la teste dudit saint Jehan a escript 
Penitentiam agite, et au dessoubz dudit Agnus Dei en a autant 
escript de lettres grecques; et au dessus de sa teste a une piece 
de pierre ou il a escript par davant parassis^ et darriere en a 

(i) Petits rubis balais. On trouve aussi balesseaux (Inventaire de 
Charles V.) 



28 TABLEAUX, ETC., ACHETES PAR MONSEIGXEUR [fol. Il] 

autant escript en grec; garnie entour ladicte pierre de vi petis 
balaisseaux et viii perles moiennes; et ledit tableau est garni 
entour de x balais, vi saphirs et xvi assez grosses perles; et de 
I'autre coste dudii tableau est saincte Eugenie et son miracle, 
tout de haute taille, oii il a trois noms escriptz, c'est assavoir : 
sur la teste du prevost Philippus, sur la teste de saincte Eugene 
Eugenna, et sur la teste de la dame sur qui descendi le feu Me- 
lenciali] ; et est ouvre a I'entour de serpens volens, et pend a un 
laz de sove garni de deux boutons de perles ; lequel tableau Mon- 
seigneur achata en sa ville de Bourges, ou mois de novembre 
mil CCCC et deux, de Antoine Manchin 121, marchant de Flo- 
rence, demourant a Paris, la somme de 1 1'« francs. 

Iste due partes accolate [53-54J reddite fuerunt Parisius executorihus 
per dictum Robinetum, ut supra. Et ideo acquittatur hie dictus RobincUis. 
[S G, n" iG3; prise 11" liv. t.] 

55. Item, un tableau d'or oil il a d'un des costcz Tempereur 
Philippe (3) en maniere de haulte taille, a genoulz, joignant les 
mains et regardent vers le ciel la face de Dieu qui appert par 
dessus sa teste, en laquelle a un dyademe garni de petis grenaz 
et esmeraudes ; ouquel tableau a escript par devant ledit empe- 
reur : Oro, nature sator, qiiaibus a emim caelos ac trenara '4 tem- 
peras frenis, urbem ipsam Romanumqiie popuhim et fliictuantem 
gcntem ad sahitis semitam perpete dirigas; et de celle mesmes 
part, darriere ledit empereur. a escript : Dominiim ut tergo 
feda abjecta caligine ciincti ad te orbe perfccto reddeant 
liberi pro quaibus in tenebris jiibar advenisti celitiis Philipiis 

fi) Sainte Eugenie, fillc de Philippe, gouverncur d'Aiexandrie s'etait 
retiree, sous des habits d'homme, dans un couvent. Ayant ete accusee 
faussement par Melancie qui s'etait prise d'amour pour elle, elle se fit 
rcconnaitre de ses parents et un feu celeste devora Melancie et les faux 
temoins apostes par elle.' Eugenie fut par la suite martyrisee a Rome (Voy. 
Legende doree, edit. Delahays, tome I, p. 280). 

(2) II s'appelait sans doutc Antonio Mancini. 

(3) Le successeur de Gordien, renverse parDece, empereur dc 244 a 249, 
qui passe pour avoir ete converti au christianisme par Origenc. 

(4) Lisez Tenara. Ces inscriptions etaient probablement en vers; mais 
I'ignorance du copiste qui ne les comprenait pas et les transcrivait mal en 
rend tres difficiles la lecture et la restitution. 



TABLEAUX. ETC.. ACHETKS PAR MOXSEIGNEUR [tol. II V"] 29 

Cesar Augustus sisto acuto naioreisque felicibus ; et dessus la 
teste dudit empereur Philippe a escript en latin anime parens; 
garni entour de balaiz, saphirs, esmeraudes et perles de petite 
valeur. Et de I'autre coste dudit tableau a un demy ymaige de 
Nostre Dame enleve, tenant son enfant ; leurs dyademes garniz 
de petis grenaz et esmeraudes de petite valeur, et audessus dudit 
ymaige de Nostre Dame a une pierre sur coleur vert, en la- 
quelle a un demy vmaige de Dieu le Pere enleve. Et est garni 
entour ledit tableau de ceste part de ix balaiz, mi saphirs et xiii 
assez grosses perles brutes; et pend ledit tableau a une ance d'or 
en laquelle a un balay longuet. 

Iste tabularius auri datus fuit per dominum Ducem capelle sue Bitturi- 
censi ad faciendum unam porte-paix, prout constat per litteras suas datas 
vii" die maii M CCCC XV, hie retentas; et serviet inferius pro aliis parti- 
bus causa ibidern. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus. 

Ces trois parties acolees [53 a 55] sont ainsi declairees es vi" xnu» et 
vi„ xv° fueillets dudit livre. 

56. Item, un grant tableau de boys quarre, garni de x marcs 
d'or ou environ, ouquel par devant a un ymaige de Nostre 
Dame, fait d'ambre et de must, qui a les mains et visaige de 
rouart (i), tenant son enffant semblablement fait tout de rouart, 
sur un champ de must, seme des armes et devise de Monsei- 
gneur, tout d'or, et aux costez dudit ymaige a deux petiz ange- 
loz d'or esmaillez de blanc, tenant devant elle un drap d'or es- 
maillie aux armes de mondit seigneur; et est garni ledit ymaige 
de pierrerie, c'est assavoir : sa poictrine, d'un fermaillet, d'un 
balay quarre et vii grossetes perles; sa couronne et dyademe, de 
VI balaiz, v saphirs, xlix perles, que de compte (2) que autres; 
le dyademe de son enffant, de 11 saphirs, i balay et xii perles ; 



(i) Rouart est une forme assez rare du mot rohart (Voy. Littre). II designe 
I'ivoire des morses ou du narval. On rencontre aussi, au xV siecle, rochal et 
rohal. La Romania a publie (tome III, p. 157) une note de M. Sophus 
Bugge sur I'etymologie de ce mot qui viendrait du norois hrosshvalr, litte- 
ralement cheval-baleine. 

(2) Au moyen age les perles se divisaient en deux categories. On appelait 
perles de compte, celles qui etaient assez grosses pour se compter une a 
une, et semence de perles ou perles a I'once celles qui se vendaient au 
poids, ctant trop petites pour avoir une valeur et un emploi isolement. 



3o TABLEAUX. ETC.. ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 12] 

et tient ledit enfant entre ses deux mains un balay longuet. Et 
ledit ymaige de Nostre Dame tient en sa main un cedre garni 
d'un balay longuet et de iiii perles grossetes ; et ou darrieres 
dudit tableau sont les armes de Monseigneur faictes de bro- 
deure, et les bours semblablement brodez a sa devise. Lequel 
pend a deux chaiennes d'or ; et au bout un grant annel et un 
bouton d'or garni de x perles grossetes. Et sont toutes les par- 
ties a plain declairees oudit tableau en la premiere partie du 
vi^^ xvii= fueillet du livre des comptes precedens. Pour ce icy 
ledit tableau ainsi fait et garni comme dit est. 

Iste magnus tabulus datus fuit per dominum Ducem domino duci Ac- 
quittanie ultimo defuncto, [ut] constat per litteras domini Ducis datas 
Vll'decembris M CCCC XIIII hie reientas. Et ideo de eodem acquittatur 
hie dictus Robinetus. 

57. Item, uns petis tableaux d'yvoire, fermans a couplez (i), 
ou il a en I'un des costez un ymaige de Nostre Dame tenant son 
enffant et les hi Roys de Couloigne, et de I'autre coste un cru- 
cefix, Nostre-Daine, saint Jehan et autres ymaiges, tout de haute 
taille ; lesquels Monseigneur achata et paia comptans de sa 
main, ou moys de decembre Tan mil CCCC et six. 

Isti parvi tabuli redditi fuerunt Parisius exeeutoribus per dietum Robine- 
tum. Et ideo aequittatur hie ut supra. 
[S G, n" 164; prise xl sous t.] 

58. Item, un petit tableau d'or quarre, de la grandeur du fons 

de la main, ou milieu duquel a une pierre estrange de coleur 

tannee, en laquelle a un ymaige de Nostre Dame tenant son 

enffant, une sepulture et plusieurs autres ymaiges, et escript par 

darriere de lettres grecques; et ou milieu a un annelet d'or. 

K. — Aurum dicti parvi tabuli auri quadrati ponderans in oncias x sterli- 
nostraditum fuit, ex ordinaeione Domini, Matheo Heron, ejus thesaurario, ut 
constat per suam eertiffieationem super iiu'" parte iiii" xvi' folii hujus com- 
poti redditam, in qua eontinetur quod aurum quod habuit et exivit a dicto 

(i) M. Gay detinit ainsi le terme couplet ou eouplierc : « charniere aceou- 
plant les parties jumelles d'un objet. » Par Ic dessin qu'il donne a la 
suite de cette explication, M. Gay semble indiquer que dans les objets fer- 
mant a couplets, les volets reunis par une seule charniere s'ouvraient au 
milieu du tableau et non sur les bords exterieurs. (Cf. art. 63 ci-apres.) 



Tableaux, etc., achetes par monseigneur [fol. 12 v] 3i 

tabulo et partibus aliis, vasis et jocalibus in eadem declaratis, ascendit ad 
duas marchas, duas uncias et viii sterlinos auri, et argentum ad cxxiii 
marcos vii oncias xii esterlinos ob.; de quibus auro et argento oneratur 
ibidem dictus thesaurarius virtute dicte sue certifficationis, ad exoneracio- 
nem dicti Robineti. 

Dictus lapis redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetuin. 
Et sic acquittatur hie prout supra. 

[S G, n°847; '^ pierre estrange de couleur tannee... xx s. t.]. 

59. Item, un tableau de bois en maniere de tabernacle. tailHe 
a ymaiges tres menuement de la Vie et Passion Nostre Seigneur, 
que Monseigneur acheta ja pieca. 

[S G, n" 1 203 ; non prise]. 

60. Item, un petit tableau quarre d'argent blanc, d'ancienne 
facon, fermant a deux huissiez d'argent dorez, ou il a une 
Annunciacion d'enleveure en maniere de haulte taille; dedens 
lequel tableau sont les reliques qui s'ensuivent, escriptes oudit 
tableau en grec, c'est assavoir : de saint Blaise, de saint Cosme 
et Damien, de saint Panthaleon, de saint Jehan Bouche d'or et 
saint Barthelemi appostre, et saint Christofle et saint Boniface, 
saint Aquantin et de saint Cire, de saint Cirie (i), saincte Jurite, 
saincte Salome, de saint Hermite Cypriain, de saint Crisso, 
saint Chodre, et saint Alixandre, du lait de la vierge Marie, et 
da boisson ou Moise vit le feu, et de la pierre du sepulcre Nos- 
tre Seigneur; et pend ledit tableau a une petite chaienne d'ar- 
gent blanc. 

Iste due partes accolate [n" Sg et 60] cum alia parte sequenti reddite 
fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus ; convertendum ut 
supra. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus. 

[S G, n" i65; prise x liv. t.] 

61. Item, un petit tableau de bois, bien ancien, garni par de- 
vant d'argent dore a ouvraige de Venise (2), ouquel a un ymaige 



(0 II faut sans doute lire saint Cyr et sainte Cyrille. Quant a saint Cho- 
dre, on a peut-etre voulu designer saint Theodore souvent nomme 
Thodre au xiii' siecle, en particulier dans Villehardouin. Saint Crisso se- 
rait saint Crescius, martyrise avec ses compagnons sous I'empereur Deciu s 
dans un endroit dit Valliscavas ou fut erigee une eglise au titre de saint 
Crescius. La fete de ce saint tombait le 24 octobre. 

(2) Que designait-on par ce terme? Suivant M. de Laborde, ce travail 
aurait presentc un melange de reminiscences antiques importees de By- 



32 TABLEAUX, ETC., ACHETES PAR MOXSEIGNEUR [fol. I 31 

de Nostre Dame tenant son enffant et un ymaige d'une femme a 

genoulz, tout fait de paincture ancienne; et a ledit ymaige de 

Nostre Dame en sa poictrine un petit fermaillet d'or en fa9on 

d'une estoille, garni d\in petit ruby ou milieu et de xii petites 

perles entour. 

Ces parties acolees [Sy a 61] sont ainsi declarees es ii'lV, ii"^lvi' et 
ii'LVii' fueillez dudit livre. 

[S G, n" 848; prise xxvii liv. t.] 

62. Item, ung cristal creux, longuet et roont, garni d'or, ou- 

quel a une des espines de la saincie corone Nostre Seigneur, les- 

quelx cristal et espine sont d'un grant joyau d'or fait de macon- 

nerie en maniere d'ung tabernacle; declard es n^ lvii'^, ii^ Lvin<= 

et II'-' Lix<^ fueillez du livre des comptes precedens; pour ce icy 

lezdit cristal et espine. 

K. — Dicta spina data fuit duci d'Yorc (i) per mandatum datum super 
ultima parte lxxv'' folii hujus compoti redditum. Et ideo acquictatur hie de 
eadem dictus Robinetus et respondeat de dicto cristallo. — Postmodum 
vero procurator dicti Robineti tradidit ethic reddidit aliud mandatum a do- 
mino datum xix* die novembris anno M° CCCC" XIIII'°, per quod dictus do 
minus Dux certifficat se dedisse domino duci d'Yorc predictum cristallum 
cum dicta spina. Et ideo acquictatur hie dictus Robinetus de predict© 
on ere. 

63. Item, uns tableaux de bois en iiii pieces, attachiez a cou- 
plez, ou est TAnnunciacion, la Nativite et Passion Nostre Sei- 
gneur, et I'Assumpcion Nostre Dame, tout de paincture. 



zance et de gout oriental importe par les Croisades et les relations com- 
merciales avec le Levant. Cela est bien vague. Quoiqu'il en soit, cette desi- 
gnation reparait souvent plus loin (Cf. n°' 3 18, 6G8, 673, 677, 11 20, 112b, 
112G, 12 17). L'ouvrage de Venise d^signe probablement les filigrames 
d'argent. 

(i) Richard d'York, comte de Cambridge, decapite en 141 5 pour avoir 
conspire contre le roi d'Angleterre Henri IV. Son fils Richard, ne en 1416, 
fut regent de France, en 1435, a I'age de dix-neuf ans. Dans un compte de 
la tresorerie du due de Berry de 1413-14 (KK 25o, fol. 10, v°) se trouve la 
mention d'un payement de i5oo ecus remis au due d'York sur la quote 
part incombant au due de Berry dans une obligation de i5o,ooo ecus sous- 
crite au profit des capitaines anglais pour payer leur concours en aout, 
septembre et novembre 141 2, par les dues de Berry, d'Orleans, de Bour- 
bon et d'Alen(;on. Ainsi les deux partis tour a tour faisaient alliance avec 
I'Anglais et achetaient son alliance. Les Armagnacs sur ce point n'avaient 
done rien a reprocher aux Bourguignons. 



TABLEAUX. ETC., ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. I 3 V°] 33 

Isti tabularii redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum, 
Et ideo acquictatur hie ut supra. 
[S G, n° 849; prise xxxvi liv.] 

64. Item, un grant tableau de bois ou il a un ymaige de Nos- 

tre Dame tenant son enffant dormant entre ses braz, fait de 

paincture; et dessus ledit ymaige a un tabernacle dore enlevd; et 

par devant a une courtine (i) vermeille. 

Istemagnus tabulus perditus fuit apud Magdunum super Evram quando do- 
minus dux Guienne (2) fuit ibi, videlicet in mense novembris MCCCCXIIII, 
prout certificatum est per Johannem Bizet, sommelarium dicti domini Du- 
cis, [et] per litteras sub signis manualibus duorum notariorum Casteileti 
Parisiensis confectas constat. Et sic de eodem acquictatur hie idem Robi- 
netus; et ponitur dicta certificatio cum litteris hujus inventarii. 

65. Item, un tableau de bois quarrd ou il a ou milieu un 
ymaige de Nostre Dame tenant son enffant que deux angels cou- 
ronnent, et a Tun coste a un ymaige de saint Jehan Baptiste, et 
a I'autre un ymaige de saint Jehan Euvangeliste; et tout au des- 
sus un ymaige de Dieu le Pere environne de plusieurs petis an- 
gelos, tout fait de paincture d'or sur un champ de rouge cler; et 
sont lesdiz ymaiges tous couvers d'un grant piece de voirre 
plate, et les hours dudit tableau sont pains d'or bruni; lequel 
ainsi fait et garni, comme dit est, Monseigneur achata de Jeha- 
nin de Marromme, son clerc de chapelle, ou mois de decembre 
M CCCC et IX, pour le pris et somme de xx escuz d'or comp- 
tans. 

Iste tabulus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus, 
ut supra. Et sit quittus hie. 

Ces trois parties acolces [63 a 65] sont ainsi declairees ou 11= lvii fueillet 
dudit livre. 

[S G, n° 85o; prise x sous]. 

(i) Les courtines ou rideaux devant les autels reviennent souvent dans 
les textes anciens; mais on en trouve beaucoup plus rarement servant k 
proteger les peintures comme ici et a Farticle 77. 

(2) Apres la mort de son second fils, Charles, qui avait re^u le titre de due 
de Guienne, Charles VI, par lettres du 14 Janvier 1400, donna le duehe de 
Guienne en apanage a Louis, son troisieme fils, ne le 22 Janvier i3g6, ma- 
rie k Marguerite de Bourgogne, et qui mourut sans laisser d'enfants le 
18 decembre 1415. Le duehe fut alors reuni a la eouronne jusqu'au regne 
de Louis XL Le nom du due de Guienne reparait souvent dans notre inven- 
taire (Voy. n"" 452, 453, 11 52, ii53), et meme apres sa mort (voy. n"' iio5 
et 1 106). 



34 TABLEAUX, ETC., ACHETES l>AR MOMSEIGNEUR [fol. I 3 V°] 

66. Item, ung joyau d'or ou milieu duquel a une grant pierre 
de camahieu ouvree et entaillee de Tun des coustez de iiii ymai- 
ges eslevez, c'est assavoir : Tun de Nostre Seigneur, I'autre de 
saint Jehan Baptiste, I'autre de saint Pierre, et I'autre saint An- 
dre, avec un Agnus Dei et ung arbre auquel se apuie ledit 
ymage de saint Jehan; et de I'autre couste est ledit camahieu tout 
plain et poly, reluisant en maniere d'un mirouer; et entour a 
nil balaiz cabouchons, x grosses perles et une grant esmeraude 
quarree. Lequel joyau Jehan Chenu,orfevre de mondit Seigneur, 
a fait, par son commandement, de Tor et pierrerie d'un reliquiere 
que tenoit en une de ses mains un ymaige d'or de Dieu le Pere, 
declare en la premiere partie du premier compte. Mondit sei- 
gneur a fait prandre ladicte esmeraude d'une sienne croix apel- 
lee la croix de Balthasar, declaree en la n'= partie du cxxxf fueil- 
let du livre des comptes precedens. Deux desdictes dix perles 
ont este recovrees de Jehan Tarenne (ij et sont du nombre de 
XXX grosses perles, pesans ensemble ii onces i esterlin, de la pier- 
rerie du grant joyau d'or de mai^onnerie en maniere de taber- 
nacle declaree en une des corrections faictes sur ledit tabernacle 
ou ii*^ Lvn^ fueillet desdiz comptes precedens. Et ledit camahieu 
fu pieca donne par le Roy a Monseigneur qui I'a fait tailler en 
la maniere dessusdicte par ung nomme Michiel de Hast, du 
pais de Brabant, lequel en a eu pour sa poine et par marche fait 
II'-' iiu^^ 1 fr. V sous t. Pour cc ycy ledit joyau, ainsi fait et garni 
comme dit est, lequel poise ii marcs in onces v esterlins. 

lllud jdcale rcddituiu fuit Parisius per dictum Robinctum executoribus; 
convertendum in facto execucionis dicti domini Ducis. Et sic acquittatur 
dictus Robinetus de eodem. 

[S G, n" i332 : Item un pie d'argent dore' servant audit joyau, et souloit 
sen/ir a la petite croix aux esmeraudes (2); prise 11" fr.] 



(i) Jehan Tarenne, changeur, occupait une place considerable dans le 
commerce parisien. II etait concessionnaire, avec Michel de Laillier, ainsi 
que I'a etabli M. Tuetey {Journal d'un bourgeois de Paris, p. 109), des 
trente-deux loges construites sur le pont Saint-Michel. II fut decapite au 
Chatelet, avec un de ses fils, par 'Capeluche, le 21 aout 1418. II avait at- 
teint alors un age assez avance. 

(2) Voy. ci-dessus n° 11. 



TABLEAUX. ETC.. DONNES A MONSEIGXEUR [fol. 1 4] 



TABLEAUX. RELIQUIERES ET PETIS JOYAULX, TANT D OR ET D ARGENT 
COMME AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR. 

67. Item, un reliquiere d'or ouquel a un crucefix sur un cassi- 
doinneiii, fermans a deux petis guichez garnis de petis rubiz 
d'Alixandre (2), d'esmeraudes et de petites perles, lequel mon- 
seigneur I'arcevesque d'Aux i3i donna a Monseigneur aux es- 
trainnes Tan mil CCCC et I. Ainsi declaire en la iiii« partie 
du ix^^ viii'^ fueillet dudit llvre. 

[S G, n° 166; prise lx liv. t.]. 

68. Item, un petit reliquiere d'or roont, garni et semd de petites 
estoilles d'or, et ou milieu a une Pitie de Nostre Seigneur et un 
angel qui la soustient, esmaillie de blanc; et entour ledit reli- 
quiere a XVI perles et iiii angels esmaillez de blanc; et darriere a 
une Veronique de paincture, et dessus un bouton d'or et un petit 
laz de soie pour le pendre; lequel reliquiere fu donne a Mon- 
seigneur par monseigneur le due de Bourbonnois (41, conte de 

(1) Un auteur ancien decrit ainsi la pierre nommee cassidonnie, cassi- 
doine ou calcedoine : « Calcidoine est une pierre palie et de coleur obscure, 
qui est ainsi comme moyenne entre la coleur du beril et de jacinte. » 
(B. de Glainville : Le proprietaire des choses, XVI, 27). M. Gay, qui re- 
produit cette definition quelque peu vague, pense que le nom de cal- 
cedoine etait donne aux varietes blanches, laiteuses ou bleuatres de 
I'agathe. 

(2) Ce terme revient souvent dans les inventaires du xiv et du xv sie- 
cle, parce que la ville d'Alexandrie etait consideree comme un des princi- 
paux marches du commerce des pierres precieuses (Voy. Glossaire des 
emaux). Mais on ignore si les rubis dits d'Alixandre ou dWlexandrie se 
distinguaient par quelque caractere particulier. 

(3) En 1402 I'archeveque d'Auch etait Jean IV, cardinal d'Armagnac, qui 
occupa ce siege de i3gi a 1408. 

(4) Jean I", fils aine de Louis II, due de Bourbon, et d'Anne d'Auvergne, 
comtesse de Clermont, epousa, le 24 juin 1400, la fille du due de Berry, 
deja veuve en premier lieu de Louis de Chatillon, comte de Dunois, mort 
en 1 39 1, et, en secondes noces,du connetable Philippe d'Artois, comte d'Eu, 
mort en 1397. Le due de Berry donna un grand lestin dans son hotel de 
Nesle a I'occasion du mariage de sa fille avec le due de Bourbonnais (Voy. 
Chronique du Religieiix de Saint-Denis, II, 759). Jean I", jusqu'a la mort 



36 TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. I4 \°] 

Clermont a estrainnes le premier jour de Janvier Tan mil CCCC 

et deux. Ainsi declaire en la ii« partie du ix^^ ix« fueillet dudit 

livre. 

Iste due partes acolate [67, G8j tradite fuerunt Parisius executoribus pre- 
dictis; convertendum in facto dicte execucionis ut supra. Ideo acquittalur 
hie dictus Robinetus. 

[S G, n° ilSy; prise xxuii liv. t.] 

69. Item, un petit tableau d'or, que le chapitre de I'Eglise de 

Chartres a donnti a Monseigneur, garni d'un croison (i) de la 

saincte vraye croix, lie de til d'or par les croisons, enchasse en 

ouvraige ancien esmaillie et dore, escript de lettres grecques. 

Lequel tableau avoit este de si ancien temps en ladicte eglise qu'il 

n'en estoit memoire a homme vivant, comme il appert par les 

lettres patentes dudit chapitre donnees le ni'= Jour de decembre 

mil CCCC et VI, rendues en la Chambre des comptes de mon- 

dit Seigneur a Bourges. 

Iste tabulus, de voluntate et ordinacione domini Ducis in fine ultimorum 
dierum suorum, prout constat per certiticationem fratris Johannis Raphe- 
nel, confessoris sui, datam xxi die junii MCCCCXVI, redditus fuit et resti- 
tutus dicte Carnotensi Ecclesie, ac etiam de voluntate et consensu regis Si- 
cilie ( 2 ) et domine ducisse Borbonnie (3), executorum tcstamenti seu 
ultime voluntatis dicti domini Ducis, prout constat per suas litteras hie 
redditas; eciam constat de quittacionce capituli dicte ecclesie de receptione 
dicti tabuli. Et ideo dictus Robinetus acquittatur hie de eodem. 

70. Item, un petit tableau d'or quarre, en deux pieces, ou il a, 
par dedens, deux ymaiges faiz de camahieu, et, par dehors, d'un 

de son pere (1410), porta le titre de comte de Clermont. II etait ne en 082. 
Fait prisonnier a la bataille d'Azincourt, il mourut en Angleterre en 1433, 
un an avant sa femme. Ce fut lui qui defendit, en 14 12, la ville de Bourges 
assiegee par le roi de France et le due de Bourgogne. 

(i) On remarquera que le mot croison est pris, au cours du meme article, 
dans deux sens diiferents. II signifie d'abord une croix, puis reutrecroise- 
ment des deux morceaux de la croix. 

(2) Louis II, fils du due d'Anjou, Louis I""', petit-fils du roi Jean et neveu 
du due de Berry, avait succede a son pere en i385. II avait garde le titre 
de roi de Naples et de Sicile, bien que son competiteur, Ladislas de Duras, 
I'eut contraint a quitter I'ltalie. Ne le 7 octobre 1377, Louis II mourut a 
Angers le 29 avril 141 7. 

(3) Voyez la note du n° 68 sur le due de Bourbonnais. Marie avait ap- 
porte en dot a Jean I", comte de Clermont, le duche d'Auvergne et le comte 
de Montpensier. 



TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. I4 V°] 3" 

des costez a un crucifix, et de Fautre Nostre Dame tenant son 
enffant, garni de menue pierrerie de petite valeur, lequel Janus 
de Grimault, marchand de Jannes (i), donna estrainnes a Mon- 
seigneur le premier Jour de Janvier I'an mil CCCC et VII. 
fS G, n" 168; prise iiii'"' liv. t.] 

71. Item, ung petit tableau d'or oil il a ung ymage de saint 
Loys, roy de France, fait d'esmaulx de pellite (2), garny de pier- 
rerie, c'est assavoir : de xi balaiz, in saphirs et xxn perles, et 
dessoubz une teste faicte de camahieu; lequel tableau ainsi fait 
et garny I'admiral de France (3) donna a Monseigneur ou mois 
d'avril mil quatre cens et huit apres Pasques. 

[S G, ir i333]. 

72. Item, un petit tableau d'or longuct, sur facon de fons de 
cuve (4), de la grandeur du fons de la main ou environ, ouquel 
a un petit ymaige de Nostre Dame qui a le visaige et mains de 
camahieu, le corps jusques a la ceinture d'un saphir, tenant son 
entfant nu fait de camahieu; et est ledit tableau garni de 111 ba- 
lais, ni saphirs et vi perles, et pend a un crochet; lequel ainsi fait 



(i) Ce marchand genois faisatt des affaires considerables avec le due de 
Berry. II re?oit en un seul payement, le i5 aout 1409, la somme enorme de 
9,000 livres tournois (Arch, nat., KK 200, fol. 128 v°). Voyez sur le debat 
d'un Colart Grimault, probablement parent de ce Janus, avec Michel de 
Laillier, au sujet des boutiques du pont Saint-Michel, le journal de Nicolas 
de Baye (tome I, p. 255). 

(2) M. de Laborde s'etend longuement, dans son Glossaire, sur I'email de 
plique, de plite ou d'oplite, c'est-a-dire d'applique, citant de nombreux 
textes a I'appui de son commentaire. Suivant lui, les emaux de polite etaient 
de petite dimension et aptes ainsi a etre monies dans des pieces d'orfevre- 
rie ou cousus sur etoffe. Avec Labarte, M. V. Gay est d'avis que ce terme 
designe des emaux cloisonnes; cette explication, d'apres eux, permet seule 
de donner un sens aux emaux dc pelite a jour. 

f3) Jacques de Chatillon, sire de Dampierre, fils de Hugues de Chatillon 
et d'Agnes de Sechelles, porta le titre d'amiral de France de 1408 a 141 7. 
II avait peut-etre offert ce tableau d'or au due de Berry lors de sa nomi- 
nation. 

(4) Ce terme s'applique dans la langue des joailliers, d'apres les citations 
recueillies par -Gay, a une pierre dent le dessous est plat et le contour 
ovale, comme celui des cuves a baigner. 



38 TABLEAUX, ETC., BONNES A MONSEIGNEUR [fol. I 5] 

et garni, comme dit est, monseigneur le conte d'Armeignac (i) 
donna a Monseigneur aux estrainnes Tan mil CCCC et IX. 

[S G, 11° i6f); prise lxx liv. t.]. 

73. Item, un tableau d'or quarre en fagon d'un quarreau ou il 
a un ymaige de Nostre Dame tenant son enffant, et un demy 
ymaige, faict pour Monseigneur, tout d'esmail, garni de ini ba- 
laiz et nil perles, a vi boutons en maniere de floces de sole; le- 
quel tableau monseigneur d'Alem^on (2) donna a mondit Sei- 
gneur ausdictes estrainnes Tan mil CCCC et IX. 

Iste u° partes acolate cum 11"'"" aliis partibus indc sequentibus [70 a jS] 
tradite t'uerunt Parisius executoribus dicti Domini; convertendum in facto 
execucionis ipsius Domini. Et idco acquittatur hie dictus Robinetus de 
cisdem. 

[S G, n" I 7(1; prise iiii" x liv. t.] 

74. Item, un autre grant tableau d'une pierre a toucher or (3), 
fait d'un coste et d'autre d'ymaiges d'or de pluseurs touches, et 
garni par les hours de bois; lequel tableau monseigneur de saint 
Pol (4) donna a mondit Seigneur auxdictes estrainnes mil CCCC 
et IX. 

[S G, n° 83 1 ; prise xxxii liv. t.] 

(i) Bernard VII, devenu comte d'Armagnac par la mort de son frere 
J^n III (1391), etait a la fois le neveu et le gendre du due de Berri. II etait 
en eftet petit-tils de Jean I"'' d'Armagnac, dont la fille avait cpouse le due 
Jean. Chef du parli hostile aux Bourguignons apres la mort de due d'Or- 
leans (1407), il succeda au sire d'Albret, en I4i5, dans la dignitii de conne- 
table et perit dans le massacre qui suivit I'entree des Bourguignons a Pa- 
ris, en 1418. 

(2) Jean I", comte d'Alencjon, qui succeda a son pere Pierre II, en 1404. Le 
eomte d'Alen^on fut erige en duehe en sa faveur par lettres patentes don- 
nees a Paris le i" Janvier 141 5 (Arch, nat., JJ. 168, fol. 210 v°, et Journal 
d'un Bourgeois de Paris, publie par A. Tuetey, p. 58). 

(3) M. de Laborde fait au sujet de cet article la remarque suivante : « II 
semblerait qu'au moyen age on ait compose un tableau de la pierre (de 
touche) elle-meme et des ors, a differents titres, qu'on vient ordinairement 
soumettre a son epreuve... La euriosite et I'ambition de s'instruire ont ete 
les motifs du due de Berry pour aequerir ce tableau. » 

(4) Waleran de Luxembourg, comte de Ligny et de saint Pol, ne en 1371, 
fils de Mahaut et de Gui II de Luxembourg, fut suceessivement nomme 
grand maitre des eaux et forets (1402), grand bouteiller de France (1410) 
et connetable (141 1) en remplaeement de Charles d'Albret, deehu comme 
rebelle. Le sire d'Albret fut retabli dans la charge de connetable apres la 
mort du comte de Saint-Pol survenue le i3 juillet 141 3. 



TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. I 5 V°] 3g 

75. Item, uns grans tableaux de bois tous neufs, de la lon- 
gueur d'un autier ou environ, bien ouvrez de menuz ymaiges de 
paincture, de la Vie et Passion Nostre Seigneur et de plusieurs 
sains et sainctes; et sont en vi pieces fermans a couplez d'ar- 
gent dore ; lesquelx furent detfeu messire Jehan de Montagu, 
et les donna sa femme a Monseigneur auxdictes estrainnes 
M CCCC etIX. 

[S G, n" 171; prise viii" viii liv. xv sous t.]. 

76. Item, uns autres anciens tableaux de bois a pignon, faiz 
de paincture, de la Passion Nostre Seigneur, en nii pieces fer- 
mans a couplez; et y a pluseurs fillolles (i) de cuivre dore; les- 
quielx tableaux la Royne de Chippre (2) donna a mondit Sei- 
gneur ausdictes estrainnes milCCCC et IX. 

Tradite fuerunt iste tres partes acolate [74 a 76], cum particula sequent! 
in altero folio [77], per dictum Robinetum Parisius executoribus dicti domini 
Ducis ; convertendum in facto execucionis ipsius, ut supra. Et sic acquic- 
tatur hie dictus Robinetus de eisdem. 

[S G, n" 852; prise xl liv. t.] 

'J'] . Item, un tableau de bois quarre ou il a une Pitie de Nos- 
tre Dame tenant une couronne d'espines tachee de sane, tout de 
paincture ; et devant ledit ymaige a une courtine vert. 

De isto tabulo acquittatur hie dictus Robinetus causa qua supra. 

Ces parties acolees [69 a 77] sont ainsi declairees es 11= iiiT' xv, 11' iin""^ 
XVI et II'' nil" XVII fueillez dudit livre des comptes precedcns. 

[S G, n" 1204; non priscl. 

78. Item, un petit reliquiere d'or sur le roont, en fa^on de 
fons de cuve en deux pieces, esmaille par dedens de deux ymai- 
ges de Nostre Dame et de saint Jehan Baptiste, garni de cclle 



(1) Lc mot fillole ou hole designait une tourclle, un contrcfort ou clo- 
cheton employe a la decoration d'un edifice ou d'un joyau. Voyez les 
exemples reunis par V. Gay. 

(2) Jean II, roi de Chypre, de Jerusalem et d'Armenie, surnomme Janus, 
avait epouse a Melun, le 2 aout 1409, Charlotte de Bourbon, troisieme 
fille de Jean de Bourbon, comte de la Marche, et de Catherine de Ven- 
dome. Le grand maitre de Chypre avait ete charge d'epouser la princesse 
par procuration (Voy. Chronique du Religieitx de Saint-Denis, III, 399 et 
401). Jean II alia au-devant de sa femme jusqu'a Venise. Charlotte de 
Bourbon mourut en 1434. 



40 TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 1 6] 

part tout entour d'un filet de perles, et par dehors a pluseurs 
autres petites perles, et pend a un laz de sole ; lequel reliquiere 
madame la contesse de la Marche (i) donna a Monseigneur aux 
estrainnes, le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et X. 
Ainsi declare en la premiere partie du ni'^ lvi^ fueillet dudit 
Hvre. 

79. Item, un joyau d'argent dore en maniere d'une table, oil 
est Dieu et les xii appostres; et sur ladicte table a, escript de- 
vant chascun appostre son nom ; et tiennent en leurs mains 
chascun un petit reliquiere ; lequel joyau fu donne a estrainnes 
a mondit Seigneur, le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et 
nil, par maistres Pierre de Gynes, Michiel Le Beuf, Erart Mo- 
riset et Jehan de Cande, ses secretaires (2). Ainsi declare en la 
v« partie du cc^ fueillet dudit livre. 

Traditum fuit istud jocale per dictum Robinetum Parisius executoribus 
dicti domini Ducis; convertenduni ut supra. Et idco acquittatur hie idem 
Robinetus de eodcm. 

[S G, 11° 172; neaut cy, car il n'est point prise pour ce qu'il fut vendu a 
Bourges, et en a ledit commis fait recepte ou compte des funerailles]. 

80. Item, un petit reliquiere d'or ou il a une Pitie de Nostre 
Seigneur, garny entour de deux balaiz et trois grosses perles; 
et dessus a un angel tenant une maniere de couronne d'espines; 
et dedans ledit reliquiere a pluseurs reliques ; et par derriere a 

(i) Jacques de Bourbon, deuxieme du nom, comte de la Marche et de Cas- 
tres, grand chambellan de France (iSgy), epousa a Pampelune, le 14 scp- 
tembi-e 1406, Beatrix de Navarre, fiUe de Charles III, roi de Navarre et 
d'Eleonor deCastille; Beatrix mourut avant 1415. Devenu veuf, le comte de 
la Marche epousa en secondes noces Jeanne II,reine de Naples et de Sicile. 
Mais, en 1410, la comtesse de la Marche est encore Beatrix de Navarre. 
Le scribe avait d'abord ecrit duchessc ; le mot a etc bitTe et remplacc par 
contesse. 

(2) Pierre de Gynes et Jean dc Cande recevaient, en 1400, du due de 
Berry une pension annuelle de 60 livres (Arch, nat., KK 264, fol. iov°). Le 
premier etait en meme temps notaire du Roi et demeurait en face de 
rhotel d'Harcourt, ainsi qu'il resulte d'une note du Journal de Nicolas de 
Baye (1, 121). En 141 3, Oudart de la Barre a remplace Jean de Cande en 
qualite de secretaire du due (Arch, nat., KK 25o, fol. 18). En 1414^ '^ due 
Jean donne a Guillaume de Champeaux, Pierre de Gynes et Jean Vignaut, 
ses conseillers et secretaires, la somme de 600 ecus d'or, soit 200 ecus a 
chacun (Arch, nat., KK 2 5o, fol. 38 v). 



TABLEAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 1 6 V°] 4 1 

un ymage de Nostre Dame tenant son enffant, faicte d'esmal; le- 

quel reliquiere ainsi garny, comme dit est, madame de Mor- 

taing (i) a donne a Monseigneur aux estrainnes, le premier jour 

de Janvier Tan mil IIII^ et XII, et n'est poinct rendu es comptes 

precedans. 

K. — Datum fuit dictum reliquiare domine Marie de Francia, religiose de 
Poissiaco (2), per mandatum super vi'" parte lxx™' folii hujus compoti 
traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem reli- 
quiare. 



YMAIGES TANT d'oR ET d'aRGENT, COMME AUTREMENT, 
DES INVENTAIRES. 

8 1 . Item, un tres petit ymaige d'or de Nostre Dame, non poisie. 

[B, n° 65o. — S G, n" i-j'i; prise xlv sous]. 

82. Item, un autre plus petit en un tabernacle d'or, non poisie. 

Ces deux parties acolees [81, 82], sont ainsi declarees au commancement 
du Lxxi" fueillet dudit livre. 

[B, 65 1. — S G, n° 174; prise xxxv s. t.] 

83. Item, mi petis ymaiges d'ambre : ni de vermeil et Tautre 
de blanc ; ainsi declarez en la nii'^ partie du c<^ fueillet dudit livre. 

[B, n° q3o. — S G, n° 120; non prise.] 

84. Item, un ymaige de bois de Nostre Dame, couronnee 
d'une couronne oil il a deux balaisseaux, ii saphirs et nn perles; 
et tient son filz entre ses braz, seant sur un entablement d'ar- 



(1) L'inventaire designe prohablement sous ce nom Catherine d'Alenijon 
qui, devenue veuve, en juin 141 2, de son premier mari, Pierre de Navarre, 
mort au cours de I'expedition dirigee contre la ville de Bourges, se remaria 
avec le due Louis de Baviere a qui elle apporta le comte de Mortain. 

(2) Dixieme enfant de Charles VI, Marie de France, nee le 24 aout iSgS, 
entra au monastere de Poissy des iSgy. Elle fit profession le 10 juin 1408 
et mourut de la peste, a Paris, le ig aoiit 1438; on enterra son corps dans 
I'eglise de Poissy. Elle re?ut en don de son oncle le due de Berry, le 7 oc- 
tobre 141 3, le fameux breviaire dit de Belleville, un des plus beaux manus- 
crits du temps, conserve aujourd'hui a la Bibliotheque nationale sous les 
n"' 10483 et 10484 du fonds latin ("Voy. L. Delisle : Cabinet des maniiscrits, 
t. Ill, p. 175) et dont on trouvera la description plus loin dans l'inventaire. 



42 IMAGES DES INVENTAIRES [fol. I 7] 

gent dore, esmaillie entour de pluseurs ymaiges et de deux cs- 
cu^ons des armes du feu sire de la Riviere (i). 
[B, n° 366. — S G, n" 175; prise xxx 1. t.]. 

85. Item, un ymaige d'ambre de Nostre Dame tenant son 
enffant par la main; laquelle a sur la teste une couronne d'ar- 
gentdoree; et siet en une chapelle qui porte sur iiii pilliers; 
pesant tout ensemble i marc vn onces v esterlins. 

Tradite fuerunt iste quatuor partes acolate cum prima particula folii se- 
quentis [81 a 85], Parisius executoribus dicti defuncti domini Ducis; con- 
vertendum in facto execucionis ipsius, ut supra. Et ideo acquittatur hie 
dictus Robinetus de eisdem. 

[B, n° 368. — S G, n" 853; prise c sous parisis]. 

86. Item, un autre petit demi ymaige de Nostre Dame dedens 
un tabernacle a pignon fermant a deux petis huisselez, esmaillie 
par dedens de saincte Katherine et de la Magdelene, et par dehors 
de saint Jehan Baptiste et saint .Tchan Euvangeliste ; et y a 
X perles, pesant i once xvn esterlins obole. 

[B, ir 370]. 

87. Item, un petit vmaige d'ambre de Nostre Dame qui tient 
son enffant. 

[B, n" 371. — S G, n" 1206; nnn prise.] 

88. Item, un ymaige de bois de Nostre Dame tenant son enf- 
fant, assis et [lise:{ en] une chaiere de mac^onnerie, estant en un 
grant tabernacle tres notablement ouvre, scant sur un pie de ma- 
gonnerie tout de bois. 

Tradite fucrunl iste due partes acolate [87, 88] Parisius per dictum Ro- 
binetum executoribus dicti defuncti domini Ducis, pro convertendo ut 
supra. Quare acquictatur Iiic idem Robinetus de eisdcni. 

[B, n" 372. — S G, n° 1207; non prise.] 

89. Item, un autre ymaige de bois de Nostre Dame dedens 
un tabernacle de ma^onnerie ouvre tres menuement, tenant en 
Tune de ses mains son enffant, et un livre en Tautre. 



(i) Jacques de la Riviere, fils du chambellan de Charles V, Bureau de la 
Riviere. Le sceau de ce dernier, conserve dans la collection des Archives 
nationales porte un ecu a la bande, penche, timbre d'un heaume cime 
d'oreilles d'ane avec deux aigles pour supports. 



IMAGES DES INVENTAIRES [fol. IJ V°] 48 

De ista ymagine acquictatur hie dictus Robinetus quare de ordinacione 
executorum testamenti dicti domini Ducis remansit apud Magdunum eo 
quod propter flebilitatem ejusdem non potuit defterry Parisius. 

Ces parties acolees [84 a 89] sent ainsi declarees au xliiii° fueillet dudit 
livre. 

[B, n" 373. — S G, n" 1208; non prise]. 

go. Item, un ymaige d'or de saint Michel qui tient un serpent 
soubz lui, seant sur un petit entablement et une terrace d'or 
esmaillie de vert ; et en sa targe a un grant saphir, ini balaisseaux 
et vni perles ; et en la croix qui tient en sa main a un dyamant 
poinctu, quatre perles de compte et nii autres bien petites ; et en 
son chapel, un ruby; et, au bout de Tespee, une perle ; et entour 
I'entablement a x balaisseaux, x saphirs et Lxxvni perles de 
compte; et par dessus ladicte terrace a petis abresseaux sans 
pierrerie ; pesant tout ensemble v marcs v onces v esterlins. Ainsi 
declare en la derreniere partie du xlv<= fueillet dudit livre. 
[B, n" 379. — S G, n" 1196; prise vii'' liv. t.] 

91. Item, un Dieu d'ambre que deux coquins juifs batent a 
Festaiche. Ainsi declare en la nii'= partie du xLvr fueillet dudit 
livre. 

[B, n" 383. — S G, n" 1209; non prise]. 

92. Item, un ymaige d'ambre de Nostre Dame, le visaige et la 
main d'ambre blanc, une petite couronne d'or sur sa teste, te- 
nant son entfant d'ambre blanc. Ainsi declaire en la viu^ partie 
du Lxvni= fueillet dudit livre. 

Tradite sunt iste in partes acolate [90 a 92] Parisius per dictum Robine- 
tum executoribus dicti defuncti domini Ducis; convertendum in facto execu- 
cionis ipsius. Quare acquittatur hie dictus Robinetus de eisdem. 

[B, n" 637. — S G, n" 834; prise lx sous t.] 



YMAIGES, TANT D OR ET D ARGENT COMME AUTREMENT, 
ACHAPTEZ PAR MONSEIGNEUR. 

93. Item, un petit ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, esmail-. 
lie de bleu, garni de pierrerie, lequel Monseigneur achata de 
Bureau de Dampmartin, bourgeois et changeur de Paris, avec 



44 IMAGES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 1 8] 

les parties que ledit Bureau delivra pour les estrainnes du pre- 
mier jour de Janvier mil CCCC et III I, le pris et somme de 
iiiic XXXVII fr. X s. t. 

Presens pars fuit radiata co quia tradita fuit Matheo Heron, ut in com- 
potis precedentibus dicti Robineti attestatur (i). 



YMAIGES, TANT D OR KT D ARGENT COMME AUTREMENT, DONNEZ 
A MONDIT SEIGNEUR. 

94. Item, un petit ymaige d'or de Nostre Dame, esmaillid de 
blanc, tenant son enffant a demi nu, et en sa main un balay lon- 
guet, couronne d'une couronne garnie de in halaisseaux et me- 
nues perles; et siet sur un pie d'argent dore poin^onne, ouquel 
a par devant un lieu pour mettre reliques, et deux angels aux 
costez, esmaillez de bleu ; lequel ymaige Tevesque de Limoi- 
ges (2) donna a estrainnes a Monseigneur, le premier jour de 
Janvier Tan mil CCCC ct V. Ainsi declare en la derreniere par- 
tie du ciiii^^ xv« fueillet dudit livre. 

[S G, n- 176; prise vi" liv. t.]. 

95. Item, un petit chief d'un evesque dont la teste est d'un 
camahieu, et la mictre et sa poictrine sont d'argent dore, garnie 
ladicte mictre de menue pierrerie et esmaux de petite valeur; et 
en la poictrine a un lieu pour mectre reliques ; et a I'entour du col 
a escript : Gloriosus Deus in Sanctis suis; lequel chief Tabbe 
de Saint-Guillaume (3) donna a estrainnes a Monseigneur le 



(i) En effet, I'article est barre. 

(2) L'eveque de Limoges, en 1406, est Hugues I" de Magnac, qui avait 
succede,en 1404, a Bernard II de Bonneval. II mourut en i4i2.Son succes- 
seur fut Renaud de Perusse des Cars a qui Nicolas Viaud, le conseiiler du 
due de Berry, disputa le siege de Limoges. Nicolas Viaud est cite plusieurs 
fois dans le present inventaire avec la qualite d'eveque de Limoges. 

(3) Est-ce le superieur de la maison des religieux Guillemites, connus 
sous le nom de Blancs-Mateaux, ou bien I'abbe de Saint-Guillaume 
des Deserts qui avait re<;u, en i3()8, un balai en un anneau carre du 
due de Bourgogne (Voy. E. Petit, Itineraires des dues dc Bourgogne, 
p. 56o) ? 



IMAGES DONNEES A MOMSEIGNEUR [fol. 1 8 V^] 43 

premier jour de Janvier I'an mil CCCC et III. Ainsi declare en la 
iiii« partie du cc^ fueillet dudit livre. 

Iste due partes acolate [94, gS] tradite fuerunt Parisius executoribus dicti 
defuncti domini ducis; convertendum in facto execucionis ut supra; quare 
exoneratur hie dictus Robinetus de eisdem. 

[S G, n" 855; prise viii liv. t.]. 



CALICES, PORTEPAIX, CORPORALLIERS, BOISTES, BURETES, 
TANT d'or et d'argent COMME AUTREMENT, DES INVENTOIRES. 

96. Item, un portepaix d'or ou il a un cristal roont, ou milieu 
et dessoubz une Trinite; et entour sont les iiii euvangelistes 
esmaillez, garniz de pierrerie, c'est assavoir: de iiii balaiz,viii sa- 
phirs, XII troches de perles (i), en chascun trochet in perles, qui 
font XXXVI perles, pesantimarcv oncesxvii esterlins obole. Ainsi 
declare en la iiii<= partie du lxxii« fueillet dudit livre. 

Tradita fuit dicta pax Parisius executoribus dicti defuncti domini Ducis; 
convertendum in execucione ipsius, ut supra. Quare idem Robinetus ac- 
quittatur hie de eadem. 

[B, n" 659. — S G, n" 177; prise 11' xxv liv. t.]. 

97. Item, un autre petit portepaix d'or ou il a une croix ou 
milieu, ouquel a un Agnus Dei; et entour sont les iiii euvange- 
listes d'esmail, garniz de deux balaiz, ii saphirs et xii perles, pe- 
sant V onces xiiii esterlins obole. 

Presens articulus similiter radiatur in simili compote dicti Robineti, eo 
quia traditus fuit Matheo Heron, thesaurario Domini, ut in compotis prece- 
dentibus ipsius Robineti attestatur (2). 

[B, n" 660]. 

98. Item, un corporaller (3) d'yvoire, le couvercle de la Pas- 
sion a ymaiges de taille; et est ledit corporaller fait alentour 

(i) Troche ou trochet, signitie une reunion, un trousseau de pierres pre- 
cieuses ou de perles formant boutons, fleurs, etc. (Voy. Glossaire des 
emaux). 

(2) Get article est barre. 

(3) Le corporaller ou corporaller etait une boite, souvent en matiere pre- 
cieuse,ou Ton renfermait dans les sacristies le corporal, linge sur lequel 
le pretre pose le calice et I'hostie qu'il consacre. 



46 CALICES. PORTEPAIX. ETC.. DES INVENTAIRES [fol. 1 9 Vo] 

de plusieurs ymaiges de ladicte Passion. Ainsi declare en la 
ix« partie du iiii'^'' ii« fueillet dudit livre. 

Dictum corporale traditum fuit per dictum Robinetum Parisius executo- 
ribus dicti defuncti domini Ducis, pro convertendo in facto exccucionis 
ipsius. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eodem. 

[B, n" 744. — S G, n" 856; prise viii liv. t.]. 

99. Item, une boiste d'argent dore a mettre pain a chanter (i), 
seant sur un pie, esmaille par dedens, ouvre de fenestraiges en 
maniere de hosteaux; et entour le pie a in petis serpans volans; 
pesant n marcs i once v esterlins. Ainsi declaire en la vni<= partie 
du ini"'' Hii"^ fueillet dudit livre. 

Tradita fuit ista busta Parisius per dictum Robinetum executoribus dicti 
defuncti domini Ducis, pro convertendo in facto execucionis ipsius, ut 
supra; et ideo idem Robinetus exoneratur hie de eadem. 

[B, n" 764. — S G, n" 178; neant pour ce que ledit commis en a fait re- 
cepte ou compte des funerailles]. 



CALICES, PORTEPAIX ET BURETES, TANT D OR ET D ARGENT 
COMME AUTREMENT, DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR. 

100. Item, un petit portepaix d'or, ouquel a un ymaige de 
saint Antoine en maniere de haulte taille, et en sa poictrine a 
une fleur de lis de balay; lequel portepaix le Roy de Navarre (2) 
donna a Monseigneur ou moys de decembre Tan mil CCCC et V. 
Ainsi declare en la derreniere partie du ciiii^^ xvii«^ fueillet du- 
dit livre. 

[S G. n° 179; prise lxx liv. t.]. 

1 01. Item, deux buretes de noix d'Inde '3) garnies d'argent 



(i) Pain azyme ou sans levain dont sont faites les hosties. 

(2) Charles III, dit le Noble, ne a Mantes en i36i, succeda a son pere 
Charles le Mauvais, conime roi de Navarre, en 1387, et regna jusqu'en 
1425. II avait epouse Eleonor de Castille. II reparait plusieurs fois par la 
suite (Voy. n"' 469, 470, 598, 5gcj). 

(3) L. de Laborde et Douet d'Arcq {Inventaire des joyaux de la cuuronne 
en 1418, n° 23) estiment que la noix d'Inde n"est autre chose que la noix 
de coco, importee des Indes Orientales. 



CALICES, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 2o] 47 

dor^, a un long col, sans ances, lesquelles messire Jehan de 
Chasteaumorant (i) apporta de Constantinople et donna a mon- 
dit Seigneur ou moys de septembre mil CCCC et deux. Ainsi 
declare en la derreniere partie du ii^ i= fueillet dudit livre. 

[S G, n" 857; prise viii liv. t.]. 

102. Item, un portepaix d'or ou il a un angel tenant un cru- 
cefix, convert par dessus d'un cristal, et garni entour de vii ba- 
laisseaux et xvi perles, lequel monseigneur le conte d'Alenijon 
donna a estrainnes a Monseigneur le premier de Janvier mil CCCC 
et VII. Ainsi declare en la premiere partie du ii^' uii^^ xix« fueil- 
let dudit livre. 

Iste tres partes acolate [100 a 102] tradite et rcddite fuerunt Parisius per 
dictum Robinetum executoribus, pro convertendo in facto execucionis 
ipsius. Et ideo idem Robinetus exoneratur hie de eisdem. 

[S G, n" 180; prise iiii" liv. t.]. 

io3. Item, un petjt portepaix d'or ouquel a une Veronique 
d'esmail et par dessus une croix garnie de trois balaiz, un saphir 
et une perle, et par dessoubz un lieu pour mectre reliques ; lequel 
pourtepaix madame de Bourbon donna a Monseigneur aux es- 
trainnes le premier jour de Janvier mil CCCC et douze. Et 
n'est point rendu cs comptes precedans. 

Dicta parva pax data fuit per dictum defunctum dominum Duceni, dum 
viveret, capelle sue Bicturicenci, prout constat per litteras ipsius doniini 
Ducis datas xvi' die januarii M CCCC XIIII'°, que servient int'erius pro plu- 
ribus aliis partibus. Quare dictus Robinetus exoneratur hie de eadeni. 



(i) La Chroniqiie du Religieux de Saint-Denis (II, 693) nous apprend 
que Boucicaut, envoye a Constantinople pour defendre la ville contre les 
Tures, y laissa, en iSgg, lors de son retour en France, inessire de Chasteau- 
morant a la tete de cent hommes d'armes. Ceiui-ei etait encore a Constan- 
tinople en 1402 et fut fait prisonnier par les Venitiens a son retour {Ibid., 
Ill, 5 1, 83). En aout 1404, le roi de France confirmait une convention pas- 
see par ce seigneur comma lieutenant de Boucicaut avee Gabriel Marie de 
Visconti qui se reeonnaissait vassal du roi de France et s'engageait a lui 
remettre Livourne (Arch, nat., JJ i58, fol. 267 v°). Ce sejour en Orient ex- 
plique la possession des objets singuliers que le due de Berry re^ut du sieur 
de Chateaumorant. 



48 CHANDELIERS, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 20 V^] 



CHANDELLIERS, BENOISTIERS ET ENCENSIERS, TANT D OR ET D ARGENT 
COMME AUTREMENT, DES INVENTOIRES 

104. Item, un petit chandellier d'argent vere (i) pour mectre 
oisellez de Chippre (2) oil il a escript dessus : Pour vous servir (3) ; 
declare en la v^ partie du xxxi^ fueillet dudit livre. 

[B, n° 211. — S G, n° i8i; neant cy pourceque ledit commis en a fait 
recepte ou compte des funerailles]. 

io5. Item, un benoistier d'or avec Tesguipillon (4) ou asper- 
persouer tenant a une chaienne d'or, lequel benoistier est de 
fa^on ancienne, fait a ymaige par dehors, oil il est escript lettrcs 
grecques, esmaille de pluseurs fueilles eslevees, pesant tout en- 
semble VI marcs 11 onces xv s. Ainsi declaire en la vi^ partie diL 
xxxi"^ fueillet dudit livre. 

Iste II' partes acolate [104, io5] tradite fuerunt Parisius per predictum 
Robinetum executorihus dicti defuncti domini Ducis, pro convertendo in 
facto ipsius, ut supra. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem. 

[B, n" 212. — S G, n° SyS; pesant v mars v onces v esterlins; prise 

111'= LXXIl liv. t.] 

106. Item, un chandellier d'argent dore, qui fu de feu mon- 

(i) Douet d'Arcq {Comptes de I'Argenterie, iS5i, p. 347) assimile I'argent 
vere a I'argent emaille. Mais on voit parfois figurer ces deux termes dans le 
meme article (Voy. ci-dessous art. 121); il y a done une difference entre 
les deux genres de decoration. Peut-etre, dans I'argent vere, I'email formait- 
il certains dessins reguliers imitant le vair heraldique. 

(2) II s'agit de parfums venus d'Orient qu'on brulait pour embaumer les 
appartements, comme les parfums qu'on appelle aujourd'hui pastilles du 
serail. Ce terme revient frequemment dans les inventaires. On faisait bruler 
ces parfums qui semblent avoir re^u le plus souvent la forme d'oiseaux, de 
la leur nom, soit sur des chandeliers comme ici et dans plusieurs articles 
ci-dessous (271, 272, 273, 324, etc.), soit dans des cages (art. 289), soit dans 
des fleurs de lis (art. 3 16) soit meme, cela ne pouvait manquer dans I'inven- 
taire du due de Berry, dans des ours (art. 33o). 

(3) Cette devise n'est pas citee dans le Dictionnaire des devises de 
MM. Chassant et Tausin. Elle se trouve seulement sur des chandeliers 
d'argent (voy. ci-dessous n°' 118, 119); aussi est-ce peut-etre tout simpie- 
ment une invitation gracieuse destinee a etre placee sur tons les objets de 
pareille nature quel qu'en fiit le proprietaire. 

(4) On a ici les deux termes synonimes : goupillon ou csquipillon et as- 
pergeoir ou aspersouer. 



CHANDELIERS, ETC., DES INVKNTAIRES [fol. 2l] 49 

seigneur d'Estampes, sur le pie duquel a in escuijons de ses 

armes, ct dessus in moiches a mettre chandellcs ; pesant vii on- 

ces XVII esterlins obole. Ainsi declare eii la v-' partie du 

xxxiiii'^ tueillet dudit livre. 

K. — Dictum candelabrum traditum fuit cum aliis pluribus jocalibus 
auri et argenti Matheo Heron, thesaurerio suo general!, [ut] constat per suam 
certifficacionem redditam cum mandato cjusdem Domini super iiii'" parte 
nonag"" vi" folii hujus compnti; virtute quorum dictus Robinetus acquitta- 
tur hie de eodem ad onus dicti thesaurarii. 

[B, n° 2 3 1.] 

107. Item, un petit encensier d'argcnt dore, ou il a in escu- 
90ns (i) aux armes de feu monseigneur d'Estampes et lettres 
grecques, pendant a iiii petites chaiennes d'argent blanc; pesant 

I marc X esterlins. Ainsi declaire en la vni'' partie dn ini^"^ iii<= tueil- 
let dudit livre. 

[B, n° 754. — S G, n° 182; neant pour la cause dessusdicte.] 

108. Item, un autre encensier tout roont, d'argent blanc, fait 
a fleurs de lis, pendant a iiii chaiennes d'argent blanc; pesant 

II marcs iiii onces. Ainsi declaire en laix*^ partie du iiii^^iiFfueil- 
let dudit livre. 

[B, n" 753. — S G, n° i83; neant comme dessus.] 

109. Item, un benoistier de cristal a deux ances, non garni. 
Ainsi declaire au commancement du premier article du c^ fueil- 
let dudit livre, et le residu dudit article est rendu cy apres en la 
premiere partie de la secunde page du xxxix<^ fueillet de ce pre- 
sent compte. Pour ce, icy seulement ledit benoistier. 

Tradite fuerunt iste ni partes acolate [107-109] Parisius executoribus 
dicti defuncti domini Ducis; convertendum in execucione ipsius, ut supra. 
Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem. 

[B, n° Q2J. — S G, n" S38; prise vi liv. t.] 

1 10. Item, deus petis ymaiges en maniere d'enffans de cueur, 
d'argent blanc, qui furent de feu monseigneur d'Estampes, te- 
nant chascun un chandellicr, assis surun pie d'argent dore ou il 



[i) S G : (( quatre escui;ons ». 



5o CHANDELIERS, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 2 1 V°] 

a pluseurs escu(;ons de feuc madame d'Orleans (i) ct de mon- 
seigneur d'Estampes; pesant vi marcs 4 onces. Ainsi declaire en 
la iii^ partie du xlvi^ fueillet dudit livre. 

K. — Dicte ymagines cum aliis jocalihus tradite f'uerunt Matheo Heron, 
thesaurario Domini, ut constat per certifficacionem suam redditam cum 
mandate dicti Domini super iiii» parte nonag"" vi'' folii hujus compoti; 
virtute quorum dictus Robinctus acquittatur hie de ipsis ad onus dicti 
thesaurarii. 

[B, n" 382.] 

111. Item, uii henoistier de cristal, garni d'argent dore, a une 
ance d'argent doree, pendant a une chaienne d'argent blanc, ou 
il a au bout un annel d'argent dore; pesant n marcs v onces 
X esterlins. 

[B, n° 422. — S G, n° 85y; prise viii liv. t.] 

112. Item, un henoistier de cassidonnie (2) a deux ances de 
mesmes, et dessus a une ance d'argent dor^ de deux serpens, 
entortillees I'une en I'autrc; pesant vi marcs vi onces. 

[B, n" 423. — S G, n° 184; prise xvi liv. t.J 

1 1 3. Item, un autre henoistier de cristal, ou il a deux serpens 
volans qui font I'ance, d'argent dore; non pese. 

[B, n° 424. — S G, n° 860; prise xii liv. t.] 

1 14. Item, un petit encensier d'argent dore pour mectre oi- 
sellez de Chippre, ouquel a v petites tournelles par dessus, 
pendant a v petites chaiennes d'argent dore; pesant v onces 
XVII esterlins ohole. 

Iste 1111°"' partes acolate [111-114] tradite et reddite fuerunt dictis exe- 
cutorihus, ut supra. Quare dictus Robinctus exoneratur hie de eisdem. 

Ges iiii parties acoiees sont ainsi declairees au li" fueillet dudit livre. 

[B, n° 427. — S G, n° i85; neant cy, pour cc que Icdit commis en a fait 
receptc ou comptc des funcraillcs.] 

1 i5. Item, un chandellier d'or en maniere d'un Jcunc enlfant 
a un genoil, et tient ledit enffant en sa main une rose, en la- 

(i) Les amies de Valentine de Milan, devenuc duchesse d'Orleans le 17 aout 
i38g et morte le 4 decembre 140CS, ctaient : au i" et au 4° de France au 
lambel d'argent de trois pieces; au 2° et au 3" de Milan, qui est d'argent a 
une guivre d'azur couronnee d'or, a I'issant de gueules. 

(2) Ici, comme dans d'autres articles qu'on trouvera plus loin, le scribe, 
par ignorance sans doute, a ecrit cassidonie pour cassidoine. 



CHANDELIERS, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 22] 5 I 

quelle a une poiiicte pour tenir un cierge, et devant et darriere 

les amies de la Royne Blanche (i) ; pesant i marc iiii onces x es- 

terlins (2). 

Raie cc chandellier pour ce qu'il a este bailie a Mace Heron, tresorier 
general de mondit Seigneur. Et en est acquitte ledit Rohinet sur le coinptc 
dudit inventaire. 

[B, n- 52 3.] 

116. Item, un petit chandellier d'argent vere qui fu deffeu 
monseigneur d'Estampes, pour servir a la caige d'un papc- 
gal (3), OLi il a escu^on taillie aux armes de mondit seigneur 
d'Estampes; pesant iii onces xv esterlins. Ainsi declare en la 
penultieme partie du lx--' fueillet dudit livre. 

iB, n" 524. — S G, n" \HG; neant pour la cause dessusdicte.] 

117. Item, un petit serpent volant d'or, qui sert pour tenir 
une chandelle, assiz sur un petit entablement, armoie aux armes 
de France; pesant v onces. Ainsi declaire en la premiere par- 
tie du Lxi^ fueillet dudit livre. 

[B, n° 526. — S G, n° 187; neant comme dessus.] 

118. Item, un chandellier d'argent vere pour mettre oisellez 
de Chippre, oti il a escript par dessus le pie alentour d'icellui : 
Pour vans servir. Ainsi declaire en la ini'^ partie du cxv^' fueillet 
dudit livre. 

[B, n" loyy. — S G, n" 188; neant comme dessus.] 

119. Item, deux autres petis chandelliers d'argent dorez, qui 
servent a mectre oisellez de Chippre, ou est escript sur les piez : 
Pour vous servir; pesant n marcs 11 onces x esterlins. Ainsi de- 
clairez en la penultieme partie du nii^^ xnii'^ fueillet dudit livre. 

Tradite et redditc fuerunt iste iiii" partes acolate [i 16-1 19] Parisius 
per dictum Rohinetum dictis executoribus, ut supra. Quare idem Robi- 
netus exoneratur hie de eisdem. 

[B, n° 867. — S G, n° 189 ; neant comme dessus.] 

(i) II est difficile de determiner quelle princesse I'inventaire designe ici. 
S"agit-il de Blanche de Castille ou d'une autre reine portant le nom de 
Blanche .' Ou bieii Tobjet venait-il de la veuve d'un roi de France? 

(2) Get article est biffe sur le manuscrit. 

(3) Forme curieuse de papegai. Le Dictionnaire de Trdvoux donne encore 
ce mot, mais en le disant tombe en desuetude et ne s'appliquant plus guere 
qu'aux oiseaux servant de but aux archers. 



52 CHANDELIERS, ETC., DONNES A MONSEIGNEER [fol. 22 V] 



CHANDELLIERS ET BENOISTIERS, TANT D OR ET D ARGENT COMME 
AUTREMENT, UONNEZ A MONDIT SEIGNEUR. 

120. Item, deux petis chandellicrs d'or, goderonnez, tailicz 
au long aux armes de Monseigneur, et les pommeaux esmaillcz 
desdittes armes, et sont les piez desdiz chandellicrs poin^'onncz 
a roses, scans chascun sur in pctiz oisellez; lesquelx monsei- 
gneur de Vendosme (i) donna a Monseigneur a estrainnes, le 
premier jour de Janvier mil CGCG et deux. 

Raie ces deux chandellicrs pour ce qu'ils out cstc baillez ii Mace Henm, 
tresorier general de Monseigneur. Et est acquittc ledit Robinet d'Estampes 
sur les comptcs precedens (2). 



AULTIERS PORTATIS DES INVENTOIRES. 

121. Item, un aultier portatif (3j de jaspre, garni d'argcnt, cs- 
maillic alentour de la vie de Nostre Seigneur ct dcNostrc Dame, 
et siet sur nii pctis leoneaux ; pesant avec ledit jaspre xviii marcs. 

[B, n° 77G. — S G, n" i<)o; prise i.xx liv. t.] 

122. Item, un aultier portatif de picrrc de marhre, garni dcs- 
soubz de cuivre dorc, et sont les hours d'argcnt verc ct d'es- 
maulx; pesant avec ladictc picrrc vni marcs n onccs xv esterlins. 

[B, n" 777. — S G, n- 8G1 ; prise lx sous t.J 

123. Item, un aultre petit aultier portatif de pierre de marhre, 
assis sur un hois, entour garni d'argcnt dorc, ou il a nii pieces 



(i) Louis de Bourbon, comte de Vendomc, tils dc Catherine, soeur de 
Bouchard VII, comte de Vendome, et de Jean de Bourbon, comte de la 
Marche. Ne vers 1376, il lit hommage du comte de Vendome au due d'An- 
jou en 1402, fut fait prisonnier a Azincourt et mourut le 21 decembre 1446. 
II avait ete nomme grand chambellan de France en 1408, et grand maitre 
de I'hotel du Roi en 141 3. 

(2) Get article est en effet bitfe sur le manuscrit. 

(3) Voyez les articles consacres aux autels portatifs dans le Glossaire des 
e'maiix et le Dictionnaive avcheologiquc. 



AUTELS PORTATIFS DES INVENTAIRES [fol. 2 3] 53 

de neelleure; pesant avec le bois et pierre viii marcs i once 
XV esterlins. 

[B, n" 778. — S G, n" 191 ; prise vi liv. t.] 

124. Item, une pierre de marbre pour faire un aultier portatif, 
non garnie. 

Ces nil parties acolees [121-124] sont ainsi declairecs en la fin du iiii" 
v fueillet dudit livre et au commancement du iiii" vr fueillet ensuivant. 
[B, n" 779. — S G, n" 192 ; prise xl sous t.] 

125. Item, un escrin de bois, garni d'argent, couvert d'une 
pierre de marbre garnie dessus d'ouvraige de Damas, et alentour 
d'ymaiges enlevez. Ainsi declare en la in^partie du ini'^^xix^ fueil- 
let dudit livre. 

Rcddite et tradite fuerunt Parisius iste quinque partes acolate [i2i-i25] 
per dictum Robinetum dictis executoribus pro convertendo in dicta exe- 
cucione, ut supra. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem. 

[S G, n° 862; prise x liv. t.] 



AULTIERS PORTATIS QUE MONDIT SEIGNEUR A EUZ DEPUIS LESDIZ 
INVENTOIRES. 

126. Item, une pierre de jaspre vermeil pour un aultier por- 
tatif, non garnie; laquelle n'est pas rendue es comptesprecedens. 

Tradita et reddita [fuit] ista pecia Parisius per predictum Robinetum 
executoribus dicti defv.ucti domini Ducis; convertendum in facto execucionis 
ipsius, ut supra. Quare exoneratur hie idem Robinetus de eadem. 

[S G, n" 193 ; prise vi 1. t.] 



AUTRES JOYAULX DE DIVERSES MANIERES, POUR CHAPELLE, DES 
INVENTOIRES. 

127. Item, un aigle d'argent dore 1 1 1, couronne, qui sert pour 

(i) Ccs lutrins en metal precieux, sans doute de petites dimensions, 
etaient reserves a I'usage particulier des princes et des grands seigneurs, 
comme I'indiquent de reste I'ccritoire, le cadran et la glace qui accompa- 
gnent ce!ui-ci. Ces lutrins servaient a poser les manuscrits dans les cham- 
bres, comme on le voit par les miniatures et les tapisseries du quinzieme 
siecle. 



54 AUTRES JOYALX, ETC.. BES INVENTAIRES [fol. 24] 

un lectrin, seant sur une roiche oti il a pluseurs petis ymaiges, 

escureux et deux arbresseaux; el par dessus a une escriptoire en 

laquellc a un cadran, et oudit cadran un escu^on aux amies feu 

monseigneur d'Estampes; tout ensemble pesant vii marcs i once 

5 esterlins. Ainsi declairee en la derreniere partie du ini^^ n<^ fueil- 

let dudit livre. 

Reddita ct tradita t'uit Parisius per dictum Rohinetum cum duabus aliis 
partibus in sequenli pagina [127-129] executoribus dicti defuncti domini 
Ducis, ut supra. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem. 

[B, n° 746. — S G, n" 194; ntiant cy pour ce que Icdit commis en a fait 
rcceptc ou comptc des funcraillcs.] 

128. Item, un cresmier d'argent dore (i) a iii estuiz, pour mec- 
tre le saint cresme, non poisie. Ainsi declaire en la vni<= partie 
du \\\[^^ \^ tueillet dudit livre. 

[B, n" 774. — S G, n" igb; niiant cy pour la cause dessusdicte.] 

129. Item, un autre aigle d'argent dore, fait en guise d'un lec- 
trin, tenant en son bee un mirouer, assiz sur une rose esmaillee 
de bleu et de rouge, L]ui fu de feu monseigneur d'Estampes, et 
par darriercs un escuc;on de ses armes; et siet sur un pie fait en 
guise de terrace; pesant vni marcs in onces v esterlins. Ainsi de- 
claire en la v^ partie du li"^ fueillet dudit livre. 

Tradite et reddite fuerunt [127-129] Parisius per dictum Robinetum exe- 
cutoribus, ut supra. Quare exoneratur hie idem Robinetus de eisdem. 
[B, n" 423. — S G, n" 196; neant comme dessus.] 



RELIQUES SAINCTES DES INVENTOIRES. 

i3o. Item, le calice oili Nostre Seigneur bcut a la Cene (21, garni 
d'or, escript a Tentour de Icttres noircs; pesant i marc xnn es- 
terlins. Ainsi declaire en la n<^ partie du lxxh"^ fueillet dudit livre. 

[B, n" (364. — S G, n" 197; prise xxxnn iiv. t.] 



(i) « Vere » dans I'lnventaire B, n" 774. 

(2) Le Dictionnaire de Trevoux dit : « Bude assure que le calice dont N.-S. 
se servit a la Cene avait deux anses; qu'il etait d'argent et de la capacite 

d'une chopine. « 



RELIQI'ES DES INVENTAIRES [fol. 2 5] 55 

i3i. Item, une escuelle d'argent doree, oil il a pluseurs cris- 
taulx garniz de reliques, et v angels embotees ou milieu, es- 
maillee de Nostre Seigneur et ses Appostres faisans la Gene ; pe- 
sant nil marcs u onces xn esterlins et obole. Ainsi declairee en 
la m^ partie du nn"'' xnn« fueillet dudit livre. 

Reddite et tradite fUerunt iste ii" partes acolate [i3o-i3i], Parisius per 
dictum Robinetum predictis executorihus, ut supra. Quare idem Robinetus 
exoneratur hie de eisdem. 

[S G, n° 863 ; prise xxx liv. t.] 

1 32. Item, une piece du chief saint Denis, qui souloit estre en 

une saliere de cristal garnie d'argent, declairee en la xi<= partie 

du xxvu'^ fueillet du livre des comptes precedens, et laquelle est 

cy apres rendue sanz reliques en la n^ partie de la seconde page 

du nn^"^ vn^ fueillet de ce present compte. Pour cc icy seulement 

ladicte piece du chief saint Denis. 

Ista pecia capitis tradita fuit sacre capelle Bicturicensi, reponenda cum 
aliis reliquiis ibi. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus. 

[SG, n"32i.] 



RELIQUES SAINCTES DONNEES A MONDIT SEIGNEUR. 

1 33. Item, une croix de fer couverte de viez argent blanc, ou 
il a pluseurs ymaiges dont les noms sont escrips en grec, qui 
fu prinse de dessus le tombcl de saincte Elene ; laquelle croix 
messire Jehan de Chasteaumorant apporta de Constantinople et 
donna a Monseigneur ou mois de septembre Tan mil CCCC et 
deux. 

[S G, n" i2io; iidn prisee.] 

134. Item, une des costes de saint Zacharie et une des costes 
de saincte Barbe en une boite d'argent ouvree alentour d'un 
ymaige de Notre Dame tenant son enffant, deux empereurs et 
une emperrerix de la i'aqon de Grece, que ledit de Ghasteaumo- 
rant apporta et donna a mondit Seigneur comme dessus. 

[S G, n" 121 1 ; non prisee.] 

1 35. Item, la moitie d'un des piez de saint Gyprian, de I'es- 



56 RELIQUES DONNKES A MONSEIGNEUR [fol. 2 5 V^] 

ponge du tableau ou Notre Dame plora, de saint Estienne, du 
greil saint Laurens et de la coste saint Anthoine, en un escrinet 
d'argent neelle, que ledit de Chasteaumorant apporta et donna 
comme dessus. 

Ces III parties acdlccs [i33-i35] sont ainsi dcclairiies ou ii" in" fueillct 
dudit livrc. 

[S G, n° 1212; non prise.] 

i36. Item, un chief d'une des xi mille vierges, que une dame 
d'Alemaigne a envoie en don a Monseigneur. 
[S G, n° i2i3; non prise.] 

137. Item, une petite croix de hois en maniere d'un sautouer, 
laquelle est de la croix ou saint Andre fu crucitie. 

[S G, n" 1214; non prise.] 

1 38. Item, un corps d'un Innocent en un petit cotfret, que le 
due de Venise (i) a envoie en don a Monseigneur par Constantin 
de Nicolas, marchant. 

[S G, n° I2i5; non prise.] 

Reddite et tradite [fuerunt] iste quatuor partes acolate cum duahus aliis 
in sequenti folio [i33-i38] per dictum Robinetum executoribus dicti de- 
functi domini Ducis; convertendum in facto dicte execucionis, ut supra. 
Quare exoneratur hie idem Robinetus de eisdein. 

139. Item, une piece d'une des costes de saincte Katherine 
dedens un petit vaissel de cristal ^2) garni d'argent dorc\ 

Ces HI! parties acolees [i36-i3<|] sont ainsi dcciairees ou ccC fueillct 
dudit livre. 

K. — Constat per mandatum Domini super ultima parte clxiiii'' folii hujus 
compoti rcdditum, quod dicta pecia unius ex costis sancte Katherine a 
dicto vase cristalli fuit amota et posita in quodam reliquiari dato repine 
Yspanie, de quo clarior mencio superius habetur in arresto scripto super 
ultima parte quinti folii dicti presenlis compoti. Et loco ejusdem pccie ex 
dictis costis fuerunt in dicto present! vase posite reliquie de quibus in pre- 
dicto arresto fit mencio. Et ideo dictus Robinetus acquictatur hie de dicta 
pecia ex dictis costis ad onus dictarum reliquiarum. 

Dictum reliquiarc traditum fuit Parisius per dictum Robiiiciiim prcdictis 
executoribus, ut supra. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eodeni. 

[S G, n" ig8 ; prise w liv. i.] 



(i) II s'agit ici du doge de Venise, transforme en due de \'enise. 
(2) Voy. ci-dessus n° i8. * 



JOYAUX POUR LE CORPS DE MONSEIGNEUR [fol. 26 V°] 5/ 



JOYAULX POUR LE CORPS DE 
MONSEIGNEUR LE DUG. 

COLLIERS, CHAPEAULX, ESCHARPES ET CEINCTURES DES INVENTOIRES. 

140. Item, un petit chapel d'or a xv rozes, ouquel a iiii esme- 
raudes et vii perles, et y fault iiii esmeraudes; pesant v onces 
VII esterliiis. Aiiisi declaire en la v^ partie du iiii^''xv<= fueillet du- 
dit livre. 

[B, n" 873. — S G, n° 199; prise lvi liv. v sous t.] 

141. Item, un petit chappellet (i) ou il a xix roondeaux de 
perles, et en chascun roondeau viii perles. Ainsi declaire en la 
ni« partie du iiii^^ xvi^ fueillet dudit livre. 

[B, n° 886. — S G, n° 864 ; prise xiiii liv. t.] 

142. Item, un demi ceint (21 sur un tixu de soie hleue, cloue dVjr 
a M et fleurs de lis pendans a une petite chaienne; pesant tout 
II onces. Ainsi declaire en la xvi<^ partie du iiii^'' xvi^^ fueillet 
dudit livre. 

[B, n" 899. — S G, n" 200 ; prise xiii liv. t.] 

143. Item, une escharpe de cuir noir, garnie d'or a Tenviron, 
pendant a un tixu de soie noire garnie d'or en maniere d'une 
chaienne; pesant tout ensemble, I'or, cuir et tixu, i marc i once. 
Ainsi declairee en la ii<= partie du lxiiif fueillet dudit livre. 



(i) Le mot chapclet n'a jamais eu ii cet lipoque d'autre sens que celui de 
chapel ou chapeau (Voy. sur ce terme le long article du Glossaire des 
Emaiix). Ce que nous appelons aujourd'hui un chapelet est toujours desi- 
gne au moyen age par le mot patenotres. 

(2) Le demi-ceint etait une ceinture etroite, reservec surtout ii I'usage des 
femmes. La difference de la ceinture et du demi-ceint consiste surtout dans 
la largeur. Le chapitre de I'lnventaire des joyaux de la couronne de 1418, 
intitule ceintures d'or, debute ainsi : a un demi-ceint de menues perles. » 
Les dessins donncs dans Ic Glossaire de V. Gay font bien apprecier la dif- 
ference de la ceinture et du demi-ceint. 



58 COLLIERS, CHAPEAUX. ETC., DES INVENTAIRES [fol. 2"] 

Reddite ct tradite fuerunt istc iin°' partes acolate, cum quinque aliis par- 
tibus inde sequentibus [140-148] in alia pagina sequenti, Parisius, per dic- 
tum Robinetum executoribus dicti defuncti domini Ducis; convertendum 
in facto execucionis ipsius. Quare idem Robinetus exoneratur hie de eisdem. 

[B, 566. — S G, n° 201 ; prise xl liv. t.] 

144. Item, une ccinciure d'un tixu de soie blanche, dont la 
boucle et le mordant sont d'or. clouee tout au long de clos d'or; 
pesant vii onces. 

[B, n" 367. — S G, n° 202 ; prise xl liv. t.] 

145. Item, une bizete de soie bleue (i), escripte dessus, oil il a 
V boutons de perles. 

Ces II parties [144-14?] sont ainsi declairees es lu" et iiii" parties du 
Ixini" fueillet dudit livre. 

[B, n" 568. — S G, n" 2o3 ; prise v sous t.] 

146. Item, deux tres petites couronnes d'or garnies de petis 
saphirs, esmeraudes et menues perles, et avec autres menues 
perles saillies de la garnison desdictes couronnes. Ainsi declai- 
rees es !ni<= et v^ parties du xxxin^ fueillet dudit livre. 

[B, n" 237 et 238. — S G, n" 204; prise iiii liv. t.] 

147. Item, deux bourses oil il a boutons de menues perles, et 
en chascune a deux lozanges des armes de France et de Bourbon. 
Ainsi declairees en la ix^ partie du iiii^-^ xvi<= fueillet dudit livre. 

[B, n° 892. — S G, n° 2o5 ; prise xl sous t.] 

148. Item, une tres vieille aumosniere, a grans viez piez de 
soye, en laquelle a une ceincture en deux pieces, de tixu vert, con- 
tenant XXI clos, avec la boucle et le mordant d'argent dore. Ainsi 
declairee en la viii^ partie du iiii^^ xix^ fueillet dudit livre. 

Tradite fuerunt iste quinque partes acolate [144-148] Parisius predictis 
executoribus, ut supra. 

[B, n" 923. — S G, n" 865; prise lx sous t.] 



(i) La bisette etait, d'apres L. de Laborde, un galon brode ou, d'apres 
Gay, une passementerie d'or et d'argent. Ce ruban etait parfois accompagne 
d'inscriptions tissees avec I'etoffc ou rapportecs apres coup, comme la 
locution escripte dessus semble I'indiquer. 



COLLIERS, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. IJ V°] Sq 



COLLIERS ET CEINCTURES BONNEZ A MONDIT SEIGNEUR 

149. Item, un collier de til d'or trait plat (i), garni par les 
hours de boutons d'or roons, et seme de petis ours eSmaillez de 
blanc, de petites rosetes, et en chascune rosete a un petit dya- 
ment plat, et de pluseurs petis clos en fa^on de lozanges; lequel 
collier ainsi fait et garni, comme dit est, fu donne a Monseigneur 
auxestrainnes,le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et X, par 
sire Mace Heron, son tresorier general. Ainsi declaire en la pre- 
miere partie du iii^' lvii^ fueillet dudit livre. 

K. — Datum fuit duci Clarencie per mandatum super prima parte lxix' folii 
hujus compoti traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de 
eadem. 

i5o. Item, une vieille ceincture de cuir estroicte, garnie d'ar- 

gent, clouee au long de pluseurs camahieux et autres pierres de 

petite valeur, laquelle n'est point rendue es comptes precedens. 

Ista zona tradita et reddita fuit Parisius executoribus per dictum Robi- 
netum. Et ideo acquittatur hie de eadem. 

[S G, n* 866; prise vui liv. t.] 



fermaillez des inventaires 

i5i. Item, un fermail d'or ouqucl a une estoille de saphir, 
VII rubiz tels quels, vi dyamens poinctus et xxx perles ; lequel 
fermail est d'un ymaige d'or de Nostre Dame, dont mencion est 
faicte en la iii^ partie du x= fueillet du livre des comptes pre- 
cedens. 

[S G, n° 579; pesant iii onces xv esterlins, prise vii" liv. t.] 



(i) Voyez dans VInventaire de Charles V (p. 33, note 2) les details donnes 
par M. Labarte sur la fabrication du fil d'or trait, qui correspond a ce qu'on 
appelle aujourd'hui file d'or ou orfile. Le terme fil d'or trait plat s'explique 
encore assez bien. II s'agirait d'un fil d'or ecrase ou aplati. II est plus ma- 
laise d'expliquer le terme fil d'or trait a I'oeuvre de Damas du n" 3o5, 



6o FERMAILLETS DES INVENTAIRES [fol. 28] 

I 52. Item, un petit fermaillet d'argent dore, auquel pend une 
chaiennete, et au bout d'icelle un escu^on ou il n'a riens dedens. 
Ainsi declaire en la nn<^ partie du xxxvi« fueillet dudit livre. 
[B, n° 286. — S G, n° 206 ; prise v sous t.] 

1 5 3. Item, un fermaillet d'or, garni d'un halay, ni petis saphirs 
et VI perles, et y faillent iii perles; non poisie. 
[B, n" S74. — S G, n° 867 ; prise xx liv. t.] 

154. Item, XII fermaillez d'or, en chascun une couronne, pour 
servir a Testaiche d\in mantel ; garniz de pierrerie, c'est assavoir : 
les VI, chascun d'un balay et vi troches de perles, chascun trochet 
ayant in perles, et les autres vi, chascun d'un saphir et de perles 
comme les precedens;et fault, en iiii desdiz fermaillez, iiii trochez 
desdictes perles. 

Iste mi" partes acolate [i5i-i54] traditc et reddite fuerunt Parisius per 
dictum Robinetum executoribus predictis; convcrtendum ut supra. Et sic 
acquittatur hie dictus Robinetus. 

[B, n" 873. — S G, n" 207 ; prise cl liv. t.] 

1 55. Item, un fermaillet d'or ouqucl a deux balaisseaux, 
I saphir et une perle ou milieu; et y fault i saphir. 

[B, n" 876. — S G, n" 208; prise xii liv. t.] 
I 56. Item, un autre fermaillet d'or, garni de pierrerie de petite 

valeur. 

Ces 111! parties acolees [i53-i56] sont ainsi declairces ou iiii"xv tueillet 
dudit livre. 

[B, n° 877. — S G, n" 209; prise xl sous t.] 

157. Item, VI grans boutons faiz en fai;on de roses, garniz 
de perles grosses et menues, ou il a ou milieu de chascun desdiz 
boutons un eigne fait de menues perles. 
[B, n" 884. — S G, n" 2in; prise xxxvi liv. t.] 
I 58. Item, deux filez de perles oi:i il a en Tun deux saphirs et 

I balav, et en Tautre deux balaiz et i saphir. 

Iste quatuor partes accolate cum tribus partibus in pagina scquenti con- 
tentis [i55-i6i] tradite et reddite fuerunt executoribus Parisius per dictum 
Robinetum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus, ut supra. 

[B, u" 885. — S G, n" 21 1 ; prise lui" liv. t.] 
i5o. Item, un chaston oil il a un petit balay quarre et deux 

perles. 

[B, n" 887. — S G, n" 212 ; prise vni liv. t.] 



FERMAILLETS DES INVENTAIRES [fol. 29] . 61 

160. Item, en un tillet de sole vert iiii petiz balaiz et i saphir. 
[B, n" 888. — S G, n° 808; prise xl liv. t.] 

161 . Item, un petit saphir et vii grosses perles. 

Ces V parties acolees [iSy-iGi] sont ainsi declairees ou mi" xvi" fueillet 
dudit livrc. 

[B, ir 88g. — S G, n" 2i3; prise xvui liv. t.] 



FERMAILLEZ ACHATEZ PAR MONDIT SEIGNEUR 

162. Item, un fermaillet d'or, ouquel est assis un gros halay, 

pesant n'^xn caraz de Janncs, ou environ, lequel halay Monsei- 

gneur achata de Janus de Grimauit, marchant Jannevoys, le 

xix<= jour de may Tan mil CCCC et VIII, pour le priset sommede 

XVI™ escuz d'or; et Tor et fai^on dudit t'ermail cousta de Hermant 

Rince xxxiiii livres x sous tournois. Lequel fermail est ainsi de- 

claire en la iiii'^ partie du ii'^ liiii*^ fueillet du livre desdiz comptes 

precedens; et depuisy a fait mondit Seigneur mectre la pierrerie 

qui s'ensuit, c'est assavoir : un dyament poinctu, pesant xx caraz 

ou environ, qu'il achata en une rose d'or avec un autre dyament 

en fa^on de mirouer qu'il fist mectre en un ours, tout declaire en 

la 1111= partie du clxx'^ fueillet, de Nicolas Picace et Jacques 

Sac, les deux ensemble, la somme de vi'" escus d'or; deux autres 

gros dyamens plaz, I'un a viii quarrez, declaire en la 1111*= partie 

du cLxxii-^ fueillet dudit livre, que mondit Seigneur achata de 

Anthoine Manchin la somme de 11'" viii<^ xii livres x sous t. ; el 

I'autre est d'un grant dyament quarre, declaire en la vi'^ partie du 

CLxix-^ fueillet dudit livre, qui fu achate de Fran^:ois de Passan 

pour le pris de vii'"c escus d'or, lequel fu rompu en deux pieces; 

et une tres grosse perle tine declairee en la derreniere partie du 

ii'-'xxiii'^ fueillet dudit livre, laquelle le roy de Navarre donna a 

Monseigncur, le xx<^ jour de decembre I'an mil CCCC et V. Pour 

ce icy ledit fermail garni desdiz balay, trois dyamens et perle. 

Iste balay redditus et traditus fuit per executores testamenti dicti doniini 
Ducis et per dictum Robinetum domino Regi cum cruce pulcherrima sibi 



62 FERMAILLETS ACHETKS PAR MONSEIGNEUR [fol. 3o] 

data per dictum dominum Ducem, prout constat per litteras dicti domini 
Regis, datas xix' die junii M" CCCCXVP, hie redditas et retentas, que ser- 
vient inferius pro pluribus aliis partibus ibidem declaratis ad exoneracio- 
nem predictorum executorum et Robineti. Et ideo acquictatur hie de eodem. 

Et similiter tres dyamentes, de quibus hie fit mencio, redditi t'uerunt 
Parisius executoribus per dictum Robinetum, prout constat per inventarium 
Parisius factum tarn penes Johannem Tarenne quam Burellum de Dampno- 
martino. Et sic idem Robinetus acquictatur de eisdem. 

K. — Dicta grossa perla data fuit domino duci Acquitanie per mandatum 
super primo articulo secunde pagine lii' folii hujus compoti redditum. Et 
ideo ipsa acquittatur hie dictus Robinetus. 

[S G, n° 1 335 ; prise ledit balay in"' ni' lxxv liv.] 

1 63. Item, un ours d'csmail ou voirre, taint de couleur d'esme- 
raude, enchastone en or en maniere d'un fermaillet; lequel Mon- 
seigneur a fait faire, et n'est point rendu es comptes precedens. 

Ista pars tradita et reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo- 
ribus, ut supra. Et ideo acquittatur hie. 

[S G, n" 214; prise xxx liv. t.] 



FERMAILLEZ DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR 

164. Item, un pavilion d'un saphir en une fleur d'or esmaillee 

de blanc en maniere de ferniaillet, que le Roy de Sicile donna a 

estrainnes a Monseigneur, le premier jour de Janvier I'an mil 

CCCC et V. Ainsi declaire en la penultieme partie du iFviie fueil- 

let dudit livre. 

K. — Datus fuit Baldo de Guidone per mandatum Domini super vi» parte 
Lxx"" folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus acquitta- 
tur hie de eodem. 



BllLLETES, PETIS RELIQUIERES ET PATERNOSTRES DES INVENTAIRES 

i65. Item, une petite Veroniquc de brodeure (i), enchassde 
en un roont d'argcnt. Ainsi declaire en la ii<^ partie du xxxr fueil- 
let dudit livre. 

[B, n" 208.] 



(i) (( Faite par Jacquemin Bonnebroche » B, n" 208. — Cf. ci-dessusn" 44. 



fiULLETES, ETC. DES INVENTAIRES [fol. 3o vo] 63 

1 66. Item, une paternostres ou il a vi seignaulx d'or (i), 
VIII autres moindres, et le demourant de gest et de corail. Ainsi 
declaire en la ix<^ partie du iiii^^ xv^ fueillet dudit livre. 

[B, a" 878. — S G, 11° 2 1 5 ; prise lx sous t.] 

167. Item, un camahieu blanc, enchassille en argent dore, es- 
cript de lettres grecques au dos. Ainsi declaire en la penultieme 
partie du iiii^^ xvi« fueillet dudit livre. 

[B, n° 900. — S G, n° 869 ; prise xl sous t.] 

168. Item, xiiii coquilles de noix (2), garnics dedens de plu- 
seurs ymaiges d'yvoire entailez et eslevez. Ainsi declaire en la 
derreniere partie dudit iiii^'' xvi'= fueillet dudit livre. 

[B, n° 901. — S G, n" 216 ; prise l sous t.] 

169. Item, un Agnus Dei d'argent dore, escript alentour, 
pendant a un laz de soye. Ainsi declaire en la viii^ partie du 
iiii^'' xvii^ fueillet dudit livre. 

Iste quinque partes acolate [165-169] tradite et reddite fuerunt Parisius 
per dictum Robinetum executoribus; convertendum in facto execucionis 
dicti domini Ducis.Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus, ut supra. 

[B, n" 909. — S G, n° 870; prise xx sous t.] 

170. Item, un petit reliquiere, ou il a en Tun des costez une 
teste de camahieu (3), et en Tautre une teste de saint An- 
toine, et entour pluseurs menues perles; pesant tout, avec le 



(i) Les signaux etaient des medaillcs ou des joyaux de formes diverses 
que Ton accrochait aux patenotres. Le magnitique chapelet du xvi" s. con- 
serve dans I'cglise Saint-Benoit sur Loire, qu'on a pu voir en 1889 a 
I'exposition du Trocadero, porte quatre signaux d'or emaille qui peuvent 
donner idee de ce que devaient etre ceux du due de Berry (voir le Catalo- 
gue de r Exposition retrospective de Fart francais au Trocadero, i88g, 
p. 144, n° 921.) 

(2) Evidemment un de ces ouvrages de patience recherches des curieux 
de toutes les epoques, comme en en trouve dans la collection Sauvageot. 

(3) Sous ces numeros sent inventoriees plusieurs tetes de camahieu 
dont la description pent tres bien se rapporter a des sujets tallies en relief 
sur pierre dure a plusieurs couches. II est a noter que certains de ces ca- 
mees ne sauraient etre consideres, vu leur sujet, comme antiques. Ainsi 
la tete de Sarrasin liee d'une touaille (c'est-a-dire une tete de negre, 
entouree d'un turban) du n° 176 a certainement ete gravee au moyen age. 
Les deux chevaux atteles a un chariot du n° 175, paraissent egalement 
modernes. 



64 BULLETES, ETC. DES INVENTAIRES [fol. 3l] 

laz a quoy il pend, 1 once i5 estcrlins. Ainsi declairti en la pre- 
miere partie du lii^ fueillet dudit livre. 

[B, n° 432. — S G, n" 2 17 ; prise xv liv. t.] 

171. Item, une pierre roonde, garnie d'argent entour, en ma- 
niere d'une roe de saincte Katherine, et au dessus a une petite 
teste de camahieu, et pierrcrie alentour de petite valeur; pesant 
tout ensemble, avecques le laz a quoy il pend, iii onces xvii es- 
terlins et obole. Ainsi declaire en la derreniere partie du li"^ fueil- 
let dudit livre. 

[B, n° 43i. — S G, 11° 218 ; prise lx sous t.] 

172. Item, un autre petit camahieu, ou il a une Annunciacion, 
et y a alentour un til d'or, et au dessus un balaisseau et deux 
petites perles; pesant tout i once 2 esterlins obole. Ainsi de- 
claire en la u^ partie du lii'-' fueillet dudit livre. 

[B, 11° 433. — S G, n° 219; prise xvi liv. t.] 

173. Item, une teste de camahieu, lequel a la bouche plate, 
enchasse en argent dore entour; non poisie. Ainsi declaire en 
la viii'^ partie du lxi"^ fueillet dudit livre. 

[B, n° 533. — S G, n" 871 ; prise iiii liv. t.] 

174. Item, une autre teste de camahieu, garnie d'or entour et 
d'un tilet de perles ; pesant, avec le laz a quoi il pend, i once vi es- 
terlins. Ainsi declaire en la ix" partie dudit lxi*^ fueillet. 

Iste quinque partes accolate [170-174] traditc et rcddite fuerunt Parisius 
per dictum Robiuetum, ut supra. Et ideo acquittatur hie. 
[B, n" 534. — S G, n" 220; prise xv liv. t.] 

175. Item, un autre camahieu, ou il a deux chevaux hatellez 
menans un chariot, garni d'or alentour, et darriere un esmail de 
pelitc; pesant, avec le laz ou il pend, i once x esterlins obole. 

[B, n" 535. — S G, n" 872 ; prise x liv. t.] 

176. Item, un autre camahieu a une teste de Sarrasin liee 
d'une touaille, garni entour d'or et de pierrerie de petite valeur. 
ct darriere a un petit estui a mettre reliqucs; pesant, avec le laz a 
quoy il pend, i once x esterlins. 

I B, n" 33ri. — S G, n° 873; prise vi liv. t.] 

177. Item, un autre camahieu a une teste d'enffant, garni d'or 



BULLETTES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 3 I V^] 65 

et de perles, el darriere une broche pour le pendre en guise d'uii 
fermaillet; pesant xvi esterlins. 

[B, 537. — S G, n" 22 I ; prise viii liv. t.] 

178. Item, un petit camahieu garni d'or, ou il a deux testes, 
et alentour tres petites esmeraudes de peu de valeur; non 
poisid. 

Ces nil parties acolees [175-178] sont declairees ou lxii° fueillet dudit Hvre. 

Iste quatuor partes acolate cum aliis quinque partibus sequentibus (175- 
i83) tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executori- 
bus, ut supra. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus. 

[B, n° 538. — S G, n" 22 1 ; prise c sous t.] 

179. Item, un cassidoine (i) oil il a un homme tailli^ dedens, 
et au-dessus (2) a un petit eigne esmaillie de blanc qui a un petit 
ruby en la poictrine; et entour est garni d'or, et pend a une 
chaienne d'or; pesant v onces iiii esterlins et obole. Ainsi de- 
claire en la viii^ partie du lxif fueillet dudit livre. 

[B, n° 543. — S G, n" 223; prise xxx liv. t.] 

180. Item, une poire en quatre quartiers pour mectre reliques, 
et ou milieu a une chapelle a mi pilliers, Nostre Dame dedens, 
et esmaillde dehors de quatre ymaiges et arbresseaux, et aussi 
y pendent petites perles ; pesant i once xvii esterlins obole. 
Ainsi declaire en la derreniere partie dudit lxii^ fueillet dudit 
livre. 

[B, 549. — S G, n° 224; prise xx liv. t.] 

181. Item, unes grosses paternostres (3) d'ambre vermeil pen- 
dant a un laz de soye. Ainsi declaire en la 1111= partie du 
Lxvi« fueillet dudit livre. 

[B, n° 598. — S G, n" 22 5; prise ex sous t.] 

182. Item, unes paternostres de petites coquilles de mer. Ainsi 
declaird en la vi*^ partie dudit lxvi* fueillet. 

(i) Le texte porte cassidonie. Voir la note de I'article 112. 

(2) <( Au dessoubz »; Inventaire B, n° 543. 

(3) Le commerce des patenostres ou chapelets etait tres florissant, car on 
avait du diviser les fabricants ou marchands de cet article en trois cate- 
gories : patenotriers d'os et de corne, de corail et de nacre, d'ambre et 
de gest (jais). Voy. Laborde, Glossaire des e'maux. 

5 



66 BULLETTES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 32] 

[B, n° Goo. — S G, n" 226; prise xv deniers t.] 
i83. Item, une coquille de perle garnie d'or, ou il a iii ba- 
laisseaux, i saphir et in esmeraudes. Ainsi declaire en la xii*^ par- 
tie dudit Lxvi"^ fueillet dudit livre. 

[B, 11° G06. — S G, n° 874; prise x liv. t.] 



BULLETES, PETIS RELIQUIERES ET PATERNOSTRES ACHATEES 
PAR MONSEIGNEUR LE DUG. 

184. Item, un petit reliquiere d'or ou il a une pierre appellee 
paviot (i), verde, et centre le jour vcrmeille, en laquelle a par 
devant un ymaige de femme et darriere une croix en tiers. Ainsi 
declaire en la ini'^ partie du cLni<= fueillet dudit livre. 

[S G, n° 58o ; pesant once et demie, prise lvi liv. t.] 

1 85. Item, un petit reliquiere d'or pour porter au col, ouquel 
a d'un des costes une croix que Monseigneur a faicte faire et 
tailler d'un balay qui poisoit environ xxxviii caraz et demi, qu'il 
achata de Baude de Guy, le xini'= jour de may mil CCCC et VI, 
pour le pris et somme de v escuz le carat, vault n'-xi escus xni sous 
VI deniers parisis; et ladicte croix a couste a tailler et pollir 
XXVI escus. Et de I'autre coste dudit reliquiere a une croix de 
dyament que Monseigneur achata de Michel de Paxi, marchant 
demourant a Paris, le xv<= jour de novembre mil CCCC et II 1 1, 
pour le pris et somme de vi*-^ lxxv frans ; dedenz lequel reliquiere 
a plusieurs reliques. Ainsi declaire en la ii*^ partie du ii lxv^ fueil- 
let dudit livre. 

Ista duo reliquiaria tradita et reddita t'uerunt Parisius executoribus per 
dictum Robinetum; convertendum in facto execucionis dicti df)mini Ducis. 
Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus. 

[S G, n° 1 197; prise iiii liv. t.] 

186. Item, un autre petit reliquiere d'or pour porter au col, 
garni d'un saphir taillie d'un demi ymaige de Dieu, a plain de- 
claire en la premiere partie du ii'^ lxvf fueillet dudit livre; et 

(i) Pierre de la coulcur du pavot, ou vermeille, quand on la regardait 
en transparence. 



BULLETTES, ETC., ACHETKFt.i. PAR MONSEIGNEUR [fol. 33] 6? 

entour a vi rubiz, qui sont d'une ceincture dont mencion est 
faicte en la iii^ partie du iii^ i^ fueillet dudit livre, et vi grosses 
pedes, qui sont d'un fermail en fayon de couronne declaire en 
la iin<= partie du ni^ ii^ fueillet d'icelui livre. Pour ce icy ledit 
reliquiere ainsi fait et garni comme dit est. 

De isto reliquiari acquictatur Robinetus d'Estampes quod reddidit et tra- 
didit Parisius exccutoribus, ut supra. 

[S G, n" iKjS; prise vii inr" vii liv. x sous t.] 

187. Item, un petit reliquiere d'or oil il a un petit ymaige de 
Nostre Dame tenant son enffant, faicte de camahieu, lequel 
ymaige Monseigneur achata de Jehannin d'Orleans, ou mois de 
decembre I'an mil CCCC et IX, vi^^ escus d'or comptans; et en- 
tour a deux grains de rubiz qui sont cabochons, et furent achatez 
ensemble de Second Falet, avec un saphir citrin, v^^ escus, et 
desquielx est faicte mencion en la vii= partie du ii^lxxs fueillet du 
livre des comptes precedens; un autre ruby longuet qui est le 
plus grant de in qui furent faiz et taillez d'un ruby appele le 
Ruby taigneux, lequel est a plain declaire en la nii'= partie dudit 
nc Lxx<= [fueillet] ; un autre ruby appelle le Ruby de ioreille, que 
madame la Duchesse donna aux estrainnes MCCCC et IX, con- 
tenu en la x^ partie du ccc vni« fueillet dudit livre; et quatre dya- 
mens, dont les deux sont faiz a pluseurs demies lozanges, et sont 
les plus petis de v dyamens d'un fermail en fa^on de couronne a 
plain declaire en la nn'= partie du ui^ii^ fueillet dudit livre; et les 
aultres deux sont plaz, qui furent achatez de Baude de Guy 
ini^^ frans, et sont escripz en ce mesmes reliquiere contenu en la 
vnie partie du ii'^lxvi^ fueillet d'icellui livre. Pour ce icy ledit re- 
liquiere, ainsi fait et garni comme dit est. 

K. — Datum fuit dictum reliquiare domino Guillelmo de Lode per manda- 
tum super prima parte secunde pagine clvii folii hujus compoti traditum; 
vlrtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem. 

188. Item, unes paternostres de cassidoine, enfilee en un laz 

de soye rouge; et ne sont point rendues en recepte es comptes 

precedens. 

B. — Istc paternostres tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robi- 
netum exccutoribus. Et ideo acquittatur hie de eisdem. 



68 BULLETTES, ETC., ACHETKES PAR MONSEIGNEl'R [fol. 33 V"] 

[S G, n° 227; prise iiii liv. x sous t.] 

189. Item, deux paires de paternostres menues, de corail ver- 
meil, enfilees en deux laz de soye; et ne sont point rendues en 
recepte es comptes precedens. 

Iste due paternostres date fuerunt per dictum dominum DucemvidelicetThe- 
venino de Montigny et G. Lorin, prout constat per litteras dicti Domini datas 
X* septembris MCCCCXV, hie redditas. Et ideo acquittatur dictus Robinetus. 

I go. Item, une petite croix d'or garnie de in dyamens en 
maniere de flour, assis aux trois bouz, d'une esmeraude lon- 
guete en maniere de lozange, assise au bout de dessus, et d'un 
camahieu, taille en fa^on d'une teste d'omme assise ou milieu; 
laquelle croix Monseigneur achata aux estrainnes, le premier 
jour de Janvier Tan mil IIII'-' et douze, pour le pris et somme de 
CL frans; et n'est point rendue es comptes precedens. 

K. — Data fuit uxori dicti Robineti per maaidatum Domini, datum tercia die 
marcii anno M° CCCC° XIII% hie redditum; virtute cujus idem Robinetus 
acquittatur hie de eadem. 

1 91. Item, une petite croix d'or pour porter au col, en laquelle 
a de la croix de Roddes, garnie de xvin petis diamens plaz et 
roons en maniere de mirouers, dont les xvii furent achatez de 
Baude de Guy, de v rubiz, dont les nii sont du nombre de 
IX rubiz qui furent achatez ensamble de Sendre Bliot aux estrain- 
nes mil IIII^ et VIII, declarez en la ii<= partie du ii^ lxx« fueillet 
du livre des comptes precedens, et le V^ ruby fu donne a Monsei- 
gneur par le seigneur de Dampierre (i) en may mil CCCC et IX; 
et est declard en la ix^ partie du in"-" vine fueillet ensuivant. 
Pour ce icy ladicte croix ainsi garnie comme dit est. 

Ista parva crux reddita fuit per dictum Robinetum domino duci Bitturi- 
censi, ut constat per mandatum dicti Domini, datum xxiiii die aprilis 
M. CCCCXII'', superius redditum. Et sic idem Robinetus de eadem acquit- 
tatur. 

[B, n°iG4.] 



(1) Jacques de Chatilion, sire de Dampierre, vassal du due de Bourgogne, 
remplafa, le 27 avril 1408, comme amiral de France, Pierre de Breban, dit 
Clignct, seigneur de Landreville, qui soutint, devant le Parlement de Paris, 
un long proces contre son successeur, a I'occasion de cette charge d'amiral. 
Le sire de Dampierre, destitue a son tour en 1413, dut ceder la place a Cli- 
gnet (Voy. Clirnuiqiie du Rcligieiix de St-Denis, t. V, p. 221). 



BULLETTES, ETC., DONNEES A MONSEIGNEER [fol. 34] 69 



BULLETES, PETIS RELIQUIERES ET PATERNOSTRES DONNEES 
A MONDIT SEIGNEUR 

192. Item, un petit reliquiere d'or, ouquel a un petit ymaige 
de Nostre Dame de cassidoine tenant son enffant, et en sa main 
un bien petit ruby, et pend iedit reliquiere a une petite chaienne ; 
lequel Jeliannin Hcnon donna a mondit Seigneur le xviii^ jour 
de fevricr I'an mil CCCC et deux. Ainsi declaire en la premiere 
partie du ii= ix'= fueillet dudit livre. 

[S G, n" 58 1 ; prise x liv. t.] 

193. Item, une petite buUete d'or roonde, en laquelle a par 
devant un demi ymaige fait pour Monseigneur, tenant en sa 
main une maniere d'annel; lequel ymaige a le colet de son ves- 
tement fait d'esmeraude, etla teste dudit ymaige estde cassidoine 
blanc, et ou darriere de ladicte buUete a un lieu pour mettre 
reliques, pendant a un petit laz de soye; laquelle bullete monsei- 
gneur I'evesque de Chartres donna a Monseigneur le derrenier 
jour de novembre mil CCCC et IX, feste de S. Andre appostre. 
Ainsi declaire en la vii^ partie du ni^ ni^ fueillet dudit livre. 

Iste due partes [192, up] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum 
Robinetum executorihus. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de 
eisdem. 

[S G, n" 228; prise xii liv. t.] 

194. Item, une petite pierre serpentine quarree, garnie d'or, 
en laquelle a d'un coste un petit ymaige de Nostre Dame tenant 
son enffant, faict de paincture; laquelle pierre ainsi faicte et 
garnie fu donnee a Monseigneur aux estrainnes le premier Jour 
de Janvier Tan mil CCCC et IX (i). Ainsi declaire en la vn= par- 
tie du Hic vn'^ fueillet dudit livre. 

Traditum fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 
[S G, n" 875; prise iiii liv. t.] 



(i) II ne s'agit pas d'une de ces pierres qui, comme les langues de serpent, 
etaient employees aux epreuves. La pierre serpentine presentait sans doute 
des dessins qui lui ont valu son nom. 



PETITS JOYAUX d'oR DES INVENTAIRES [fol. 35] 



PETIZ JOYAULX D OR DES INVENTOIRES 

195. Item, Lin grant denier d'or bien pesant, ouquel est contre- 
fait au vif le visaige de Julius Cesar (i), garni entour de ini sa- 
phirs et vni perles, pendant a une chaienne ployant, ou il a deux 
perles, et au dessus un fermail ou il a un gros saphir et quatre 
perles, vi petis saphirs et perles de petite valeur. Ainsi declairc 
en la ii*^ partie du xxix^ fueillet dudit livre. 

[B, n" 178. — S G, n" 229; prise cxii liv. x s. t.] 

196. item, un joyau d'un grant camahieu, ouquel sont deux 
beaux visaiges taillez et enlevez, garni d'or entour, et en la poic- 
trine dudit camahieu a un ruby et deux dyamens poinctus; 
lequcl joyau est d'une grant croix d'or, appellee la Croix an 
camahieu (2), declairee en la fin du cxxxii'" fueillet du livre 
desdiz comptes precedens et au commancement du fueillet 

ensuivant. 

Iste due partes tradite et rcddite fueruiit Parisius per dictum Robinetum 
executoribus. Et ideo acquittatur hie, ut supra. 

[B, u" 1081. — S G, n" 876; prise n'" liv. t.] 



PETIS JOYAULX d'oR ACHATEZ PAR MONDIT SEIGNEUR 

197. Item, un petit joyau d'or roont, ou est d'un coste le 
visaige de Thibere de haulte taille, et y a escript : Thiberius 
Cesar Augustus imperii nostri anno XVI°, garni entour de 
III balaiz, iii saphirs a jour et de vi perles, et de I'autre cost^ 
dudit joyau a un ymaigc de femme de haulte taille, assise, ou il a 



(i) S'agit-il ici d'une monnaie ? II parait plus vraisemblable que cct 
article designe une imitation de medaille romaine executee au moyen age 
comme celles qui sont decrites plus bas sous les n" 197 a 200. 

(2) Voyez la description plus complete de cctte croix dans Finventaire B, 
n° 1 08 1. 



PETITS JOYAUX ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 35 V"] 7 I 

escript : Phaustina anno ab Urbe condita DCCLXXXII; garni 
entoLir de grenaz ct d'esmeraudes, et pend a couplez; et un fer- 
maillet au bout garni d'un balay, i saphir, vi esmeraudes et 
VII perles; lequel joyauMonseigneur achata a Paris, ou moys de 
mars Tan mil CCCG et I de Michiel de Paxi, marchant demou- 
rant a Paris (i.) 

Ista pars tradita et reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo- 
ribus. Et sic acquittatur hie, ut supra. 

[S G, n° 1 190; prise 11° liv. t.] 

198. Item, un autre joyau d'or roont, oil est d'un costd le 
visaige d'Octovian, de haulte taille, et a escript a Tenviron : 
Octoviamis Cesar Augustus imperii nostri anno xl ; garni entour 
de nil balaiz, iiii esmeraudes et xvi perles; et au dessus a un 



(i) Ces medailles d'Auguste, de Tib^re, de Constantin et d'Heraclius ne 
sauraient dtre des monnaies antiques. Aucun type connu ne repond a la 
description de I'inventaire ; mais on connait deux medaillons, attribues a un 
graveur italien du milieu du xv» siecle. (Voy. Armand, Medailleurs italiens, 
Tome II, p. 8), dont la description et les legendes se rapportent exactement 
a celles-ci. Le Cabinet des medailles de Paris possede un exemplaire en 
argent du Constantin et nous avons pu constater que toutes ses parties sont 
conformes a la presente description. Le medaillon d'Heraclius a ete grave 
dans J. D. Koehler, Historischen Miin^ Belustigtmg {Nuremberg, 1744, Tome 
XVI, p. 33.) Nous en avons vu un exemplaire en metal dans une collection 
particuliere. Ceux d'Auguste et de Tibere sont a rctrouver. Comme le prou- 
vent les termes des articles 197 et 199, I'execution de ces medaillons date de 
la premiere annee du xv siecle ou meme des dernieres annees du xiv°, et 
non de 1450, comme on I'avait suppose jusqu'ici pour le medaillon represen- 
tant Constantin. lis montrent que le gout de I'antiquiteetaitdejafort repandu 
au xiV siecle. En outre, ce Michel de Paxi a un nom qui ressemble singu- 
lierement a celui de Pasti, un des grands medailleurs du xv° siecle. Ce 
n'est pas son pere, mais il pourrait dtre son aieul ou son oncle. Nous avons 
ici une de ces reminiscences de I'antiquite, une de ces suites qui plaisaicnt 
tant a nos peres : deux Empereurs paiens pris parmi les plus illustres, 
et deux Chretiens. Ce rapprochement fait songer a la legende des neuf 
Preux. Dans un article sur les plus anciennes medailles italiennes du 
moyen age, intitule : Qiiali sono le prime medaglie del medio cevo,er. public 
dans le Periodica di niimismatica e sphragistica per la storia d'ltalia (Flo- 
rence, 1868), M. Julius Friedlaender cite des medailles de la fin du xiv° sie- 
cle, representant Marco Sesto et Francois Novello de Carrare, portant la 
date de iSgo et 1393. Mais I'auteur ne parle d'aucun des quatre medaillons 
decrits ici. Nous devons la plupart des renseignements qui precedent a 
I'obligeance de MM. Lavoix, Babelon et Prou, du cabinet des medailles de 
Paris. 



-2 PETITS JOYAUX ACHETlis PAR MONSEIGNEL'R [fol. 36] 

tableau ouquel a escript : Maniis [\) ab integro seciilorum nas- 
citur ordo; garni d'un balay ct une perle ; et par dessus ledit 
tableau a un fermaillet ouquel a xiii perles, vi esmerandes et v 
grcnaz; el de Tautre coste dudit joyau a une femme de haulte 
taille, tenant en une de ses mains une estoille, et en I'autre un 
fouet, et a escript a Tenviron d'icelle part : Lilia [sic] anno ab 
iirbe condita DCCL; garni entour de grenaz et d'esmeraudes; 
lequel joyau mondit Seigneur achata dudit Michiel de Paxi avec 
I'autre joyau dessusdit. 

[S G, n° 23o; prise ii' liv. t.] 

199. Item, un autre joyau d'or roont, de haulte taille, ouquel 
est contrefait d\in des costez Constantin a cheval et a escript a 
Tenviron : Constantiniis in Christo deofidelis imperator et mode- 
rator Romanoriim et semper Augustus, et de I'autre costd a deux 
femmes, et ou milieu d'icelles une fontainne ou il a un arbre, et 
dedens ledit arbre une croix, et a escript a I'environ : Michi 
absit gloriari nisi in cruce domini nostri Jhesu Christi; et est 
ledit joyau garni entour de deux balaiz, deux saphirs et de vint 
grosses perles tout a jour; et pend a une chaiennete d'or faicte 
de boutons d'or roons en maniere de paternostres; lequel joyau 
Monseigneur achata en sa ville de Bourges de Antoine Manchin, 
marchant de Florence demourant a Paris, le ii^ jour de novembre 
I'an mil CCCC et deux, la somme de xi^ frans. 

Istc due partes tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum 
executoribus. Et ideo exoneratur hie dictus Robinetus, ut supra. 
[S G, n° 23 1 ; prise 1111° fr., valent iiii'^ liv. t.] 

200. Item, un autre joyau d'or roont, de haulte taille, ou il a 
d'un des costez la figure d'un empereur appelle Eracle en un 
croissant, et son tiltre escript en grec, expose en fran9ois en 
ceste maniere : Eracle en Jhesu Crist Dieu, fcal empereur et mo- 
derateur des Romains, victeur et triumphateur tousjours Au- 
giiste; et de ce mesmes coste a escript en latin : Illumina vultum 
tiium Deus ; super tenebras nostras militabor in gentibus; et de 



(i) II faut evidemment lire : Magnus. 



PETITS JOYAUX ACHETES PAR MONSEIGNEUR [tol. 36 V"] ^3 

Tautre est la figure dudit empereur tenant une croix, assis en un 
char a trois chevaux, et dessus sa teste a pluseurs lanipes, et ou 
milieu du cercle ou sont lesdictes lampes a escript en grec exposd 
en francois ce qui s'ensuit : Gloire soit es cieulx d Jhesu Crist 
Dieu qui a rompu les partes d'enfer et rachatee la croix 
saincte, imperant Eracle. Et est ledit joyau garni entour de 
quatre saphirs etquatre grosses perles, et pend a une chaiennete 
d'or engoulee (i) de deux testes de serpent. 

Ista pars tradita et reddita fuit Parisius per di(;tum Rohinetum executori- 
bus. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eadem. 

Ces mi parties acolees [197-200] sont aiiisi declairees ou cli' et cm' 
fueillez dudit livre. 

[S G, n" 1 191 ; prise v" liv. t.] 

2or. Item^un joyau d'or roont, contrefait d'un coste et d'autre 
a la semblance d'un autre Joyau d'or cy devant rendu en la 
seconde partie du fueillet precedant, ouquel est Constantin 
empereur; lequel joyau mondit Seigneur a fait t'aire et n'y a 
point de pierrerie. 

[S G, n" 2 32; prise lx liv. t.] 

202. Item, un autre joyau d'or roont, contrefait de toutes pars, 
a la semblance d'un autre joyau d'or ci devant rendu en la derrc- 
niere partie dudit fueillet, ouquel est la figure de Eracle empereur ; 
lequel mondit Seigneur a fait faire, et n'y a point de pierrerie. 

Ista duo jocalia non inveniri possunt in compotis precedentibus. Tamen 
si inveniantur, acquictetur ibidem dictus Robinetus. 

Postmodum reperta fuerunt Bitturicis et per dictum Robinetum tradita et 
reddita Parisius executoribus, convertenda in facto execucionis dicti domini 
Ducis. Quare exoneratur dictus Robinetus, ut supra. 

[S G, n° 233; prise nii" liv. t.] 



JOYAULX ET AUTRES CHOSES DE DIVERSES MANIERES DES 
INVENTOIRES, DONT IL EN Y A PLUSIEURS DE PETITE VALEUR. 

2o3. Item, xxin pieces de monnoye d'or de diverses ma- 

(i) En langue heraldique, engoule se dit des pieces d'armoiries dont les 
extremites entrent dans des gueules d'animaux. II s'agit done probablement 

ici d'une chaine sortant dc deux gueules de serpent. 



74 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. '}<'] V°] 

iiieres. Ainsi declairez en la ii^ partie du xxv^ fueillet dudit 
livre. 

[S G, n° 582; de xxxv pieces de monnoie d'or de diverses famous, dont en 
I'inventoire de Robinet n'avoit que xxiii, et il en rend plus xii; pesant 
nil onces XVII esterlins obole; prise xliiii liv. t.] 

204. Item, xxxv deniers d'argent de diverses monnoies. Ainsi 
declairez en la iii^ partie du xxv^ fueillet dudit livre. 

[B, n" 12 3. — S G, n° 583 ; de cxiii deniers d'argent de diverses monnoies et 
manieres, pesant i marc iiii onces; prise ix liv. t.] 

205. Item, un petit coffret a mectre les anneaulx de Monsei- 
gneur; lequel est declaird en la premiere partie de la seconde 
page du xxv^ fueillet dudit livre. 

[S G, n" 584 ; garni d'argent, de serreure et deux fermoars ; prise vi liv. t.] 

206. Item, un coutel en une vielle gayne, appelle le Coutel 
donogo qui tranche fer (i). Ainsi declaird en la if partie du 
xxviii* fueillet dudit livre. 

[B, n- 168. — SG, n" 12 16; non prise pour ce qu'ilne vault riens, et donne, 
si comme on dit, a Hermant Rainsc.] 

207. Item, un roolleau d'argent dore pour eschauffer mains (2), 
et aux deux bouz hachie aux amies de feu monseigneur d'Es- 
tampes. Ainsi declaire en la in« partie du xxxii= fueillet dudit 
livre. 

[B, n" 220. — S G, n° 235 ; neant pour ce que ledit commis en a fait recepte 
ou compte des funerailles.] 

208. Item, Teuvangile saint Jehan, escripte de menuc lettre, en 



(1) Ce couteau qui tranchait le fer portait peut-dtre sur sa lame le nom 
d'un fabricant appele Donogo. Une vieille legende, dont I'origine a echappc a 
nos recherches, mais dont le souvenir s'est perpctue chez un romancier 
populaire contcmporain, nous represente le roi Richard Coeur de Lion et 
le sultan Saladii*. faisant assaut d'adresse et de force. Le monarque anglais 
tranche d'un coup de son epee le manche en fer d'une masse d'armes, tandis 
que le sultan jette en I'air un coussin de soie, et pendant sa chute, separe en 
deux retort'e molle et sans consistance avec son cimeterre. 

(2) Les chauffe-mains affectaient soit la forme d'un rouleau, comme dans 
le present article, soit plus souvent celle d'une pomme. (Voy. ci-apres n° 2 5o). 
L'inventaire des joyaux de la Couronne redige en 1418 mentionne plu- 
sieurs pommes d'argent a chauffer les mains (n"' 222 et 227). Le musee de 
Cluny possede deux chauffe-mains en forme de boules percees de trous, du 
xiV ou du xv" siecle, 



JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 38] J 5 

parchemin, de la grandeur d'un blanc (i). Ainsi declaire en la 
vii« partie dudit xxxii« fueillet dudit livre. 

[B, n°224. — S G, n° 1217 ; non prisee et donnee, si comme on dit, a Jehan 
Du Pre.] 

209. Item, une boistelete d'argent dore, en fagon de poire, 
pour mectre verniz, qui sert pour un comptouer; pesant v on- 
ces V esterlins. Ainsi declairee en la vn= partie du xxxmi^ fueil- 
let dudit livre. 

[S G, 11° 2 36; neant pour ce que ledit commis en a fait recepte ou compte 
des funerailles.] 

2 10. Item, un petit croissant d'or qui servoit a un joyau que 
souloittenir le grant Dieu d'or pour porter Corpus Domini; pe- 
sant 3 esterlins. Ainsi declaire en la vni« partie du xxxv<= fueillet 
dudit livre. 

[B, n° 273. — S G, n" 877; prise xxv sous t.] 

211. Item, deux grans couteaulx et un petit en une gayne de 
cuir fauve, a ni manches de jaspre. 

[B, n" 279. — S G, n" 878 ; prise iiii liv. t.] 

2 12. Item, une pairc de petis couteaulx. 

Ces deux parties acolees sont ainsi contenues en la xinr et xv" parties du 
xxxv° fueillet dudit livre. 
[B, n" 280.] 

2 1 3. Item, une pomme de must a quatre crestes d'or, que 
Christoflede La Mer donna a Monseigneur; garnie de nii balais- 
seaux, six saphirs et dix-sept perles. Ainsi declairee en la iii^ par- 
tie du xxxvii^ fueillet dudit livre. 

[B, n" 3oi. — S G, n" 237; prise xxv liv. t.] 

214. Item, un petit coissinet de lavandre de satin blanc, brode 
a un ours. Ainsi declaire en la x= partie du xxxvn^ fueillet dudit 
livre. 

(i) Encore une de ces curiosites hizarres dont les amateurs se sont montres 
de tout temps tres friands. (Voy. ci-dessus n" 168.) Le blanc sous Charle.'-. VI, 
etait une monnaie valant dix ii douze deniers. (Voy. Diet, de Trevoux). 
Nous ne pensons pas qu'il soit ici question d'un manuscrit comme le croit 
M. Leopold Delisle {Cabinet des manuscrits, III, 174, \V 35). L'inventaire 
veut sans doute parler de I'evangile qui se dit a la fin de la messe : « In 
principio erat Verhum, etc. w. 



76 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 38] 

[B, n" 3o8. — S G, n° 12 18; donne, si comme on dit, a Bourges pour ce 
qu"il ne valoit riens.] 

2 1 5. Item, une espee dont le pommel, la croix et le forrel sont 
garniz d'argent; et oudit pommel a un escu^on aux armes de 
Monseigneur. Ainsi declairee en la x<= partie du xxxviiie fueillet 
dudit livre. 

[B, n» 32 1. —5 0,11° 238; xii liv. t.] 

216. Item, une autre espee non garnie. Ainsi declairee en la 
xi« partie dudit xxxviii'^ fueillet 

[B, 11° 322. — S G, n° 879; prise v sous t.] 

Omnes iste partes in presenti pagina declarate cum omnibus aliis partibus 
in sequenti pagina contentis [2o3-2i6] tradite et reddite fuerunt Parisius 
executoribus; convertendum in facto dicte execucionis. El ideo acquittatur 
dictus Robinetus, ut supra. 

217. Item, un plat fait de pourcellainne, sanz aucune garnison, 
estant dedans un estui de cuir. Ainsi declaird en la premiere par- 
tie du iin*'' xnii« fueillet dudit livre. 

[B, n° 858. — S G, n° 1219 ; non prise pour ce qu'il a este rompu en ame- 
nant de Bourges a Paris.] 

218. Item, un long cristal roont, estant en un estui de fer 
blanc. Ainsi declaire en la premiere partie du ini^^ xv^ fueillet 
dudit livre. 

[B, n" 870. — S G, 11° 880; prise xv liv. t.] 

2ig. Item, un rairouer d'acier estant en une bourse de soye. 
Ainsi declaire en la ii« partie du nii^'' xv^ fueillet dudit livre. 
[B, n° 871. — S G, n" 881 ; prise xl sous t.] 

220. Item, VI branches de corail (i) vermeil, que grans que 
petites, dont la plus grant est, au bout, garnie d'argent. Ainsi 
declairees en la ni= partie du ini^^ xv^ fueillet dudit livre. 

[B, n° 872. — S G, n° 239; prise l liv. t.] 

22 1. Item, un mirouer (2) d'argent dore, esmaillie par dehors 

(i) II y en avait sept; I'une d'elles avait servi a fairc une patenotre. \^oy. 
I'inventaire B, n" 872. 

(2) Le miroir de metal remonte a I'antiquite qui ne parait pas en avoir 
connu d'autre. L'application d'une feuille de metal derriere un verre pour 
refleter une image serait une invention du moyen age. D'ailleurs, le miroir 
en metal poli est encore tres usite au xv" siecle (Cf. n" io32, et Invent, de 
Charles V). 



JOYAI'X, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 38 vo] 77 

a deux pavilions, escript a Tentour : Ave Maria. Ainsi declaire 
en la premiere partie du iiii'^^ xvii^ fueillet dudit livre. 
[B, n° 902. — S G, n° 240; prise l sous t.] 

222. Item, un petit coutel tournant a viz (i). 
[B, 904. — S G, n" 882 ; prise x sous t.] 

223. Item, pluseurs pieces d'argent en ymaiges, croces (2), et 
autreschoses qui servoienta plusieursjoyaulx qui souloientestre 
en la grosse tour de Bourges; pesant ensemble iiii marcs xvii es- 
terlins obole. 

[B, n» 905. — S G, n" 241 ; neant cy pour ce que ledit commis en a fait 
recepte ou compte des funerailles.] 

224. Item, un cuivreau fait en forme d'omme nu, de tres 
bonne fa^on. 

[B, n° go6. — S G, n° 883 ; prise xx sous t.] 

22 5. Item, un reftVoidouer a vin, de cuivre ouvre a oeuvre de 
Damas. 

[B, n" 907. — S G, n° 884; prise x liv. t.] 

226. Item, une chemise de N. D. de Chartres (3). 

Ces V parties acolees [222-226] sont ainsi declairees ou ini'" xvir fueillet 
dudit livre. 
[B, n" 908]. 

227. Item, une casse de bois ou il a un oef d'austruce (4). 
Ainsi declaird en la ii^ partie du nii^'^ xix^ fueillet dudit livre. 

(i) L'estimation de ce couteau prouve qu'il s'agit d'un instrument assez 
vulgaire. N'a-t-on pas voulu designer par I'expresion tournant a vi^ un cou- 
teau se refermant de faf on a pouvoir elre mis dans la poche. 

(2) Faut-il lire crosses ou crochets? L'article ne fournit pas d'indication 
suffisante pour I'interpretation de ce mot qui se rencontre rarement sous 
cette forme. 

(3) On vendait aux pelerins qui venaient venerer la chemise de la Vierge h 
Chartres des representations de cette insigne relique sur laquelle on pourra 
consulter : F. de Mely, Le tre'sor de Chartres (Paris, A. Picard, 1886, in-i8 
p. 49); du meme, Chemises de la Vierge (Chartres, Garnier, i885, in-4°); 
et aussi L. Merlet, Catalogue des reliques et joyaux de N. D. de Chartres 
(Chartres, imp. Garnier i885, pet. in-S"). M. Merlet donne, dans ce dernier 
ouvrage, (p. 94) le dessin du reliquaire, en forme de chemise de Chartres, 
envoye par le chapitre aux Hurons; ce reliquaire serait encore conserve a 
la cathedrale de Quebec 

(4) L'oeuf d'autruche rentre dans les curiosites naturelles fort recherchees 
de nos ancetres qui convertissaient cet oeuf en coupes, en salieres, ou meme 



78 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. Bc)] 

[B, 11° 918. — S G, n° 1220; laissee, si commc on dit, a ladicte chapelle du 
palaiz de Bourges.] 

228. Item, un pignouer (i) garni d'un pigne, d'un mirouer et 
d'une greve d'yvoire en un estui, ou il a deux escucons aux ar- 
mes de feue madame la Duchesse. Ainsi declaire en la inie par- 
tie dudit iiii^^ xix<= fueillet. 

[B, n" 920. — S G, n" 1221 ; dunne a Bourges, si comme on dit.] 

229. Item, deux estuiz de cuir, garniz de sarrures et charnieres 
d'argent dore, Tun pour une couronnc et I'autre pour un cha- 
pel, armoiez par dessus aux armes de Monseigneur. Ainsi dcclai- 
rez en la v^ partie du nii^'^ xix" fueillet dudit livre. 

[B, n''92i. — S G, n" 242; prise iiii liv. x sous t. ; pour ce pour un desdiz 
estuis XLv sous t. Ibid., n° 885; I'autre estui xlv sous t.]. 

230. Item, quatre petites fioles de voirre, en chascune desquel- 
les a un tres petit de baulme. Ainsi declairez en la ix« partie du- 
dit ini'^'' xix« fueillet. 

[B, n" 924. — S G, n° 1222; trois des quatre petites fioles donnees, si 
comme on dit, a messeigneurs I'arcevcsque de Bourges et I'evesque de Paris.] 

23 1. Item, un hochet (2) pour esbatre petis enffans, de bro- 
deure, seme de menues perles, ou sont iiii escucons aux armes 
de France, de la royne de Bourbon, du dauphin et de monsei- 
gneur d'Estampes; et est la tenue d'argent esmailliee aux armes 
de France. Ainsi declaire en la derreniere partie du iiii'^'^ xix'^ fueil- 
let dudit livre. 

[B, n- 926. — S G, n° i223; donne a Bourges, si comme on dit, a un petit 
enfant, et estoit tres viel et rompu.] 

232. Item, une grant bouteille de voirre ou il a du bausme 



en reliquaires, (Voy. le reliquaire de Quediinbourg reproduit par V. Gay et 
ci-dessous les n°» 689 et 757.) On possede encore, notamment a Dresde dans 
la Griingewoelbe, des oeufs d'autruche habilement decorcs par d'anciens 
orfevres. II ne faut pas oublier non plus que le due de Berry possedait une 
autruche vivante. 

(i) Le pignouer ou pigniere etait le necessaire ou on serrait les peignes, 
rasoirs, gravoirs, ciseaux, miroirs et autres objets de toilette. (Voy. Glossaire 
des emaux au mot gravouire.) 

(2) M. de Laborde cite des cxemples de hochet en metal identiqucs a ceux 
qu'on met encore entre les mains des enfants. Mais un hochet de broderie 
est un objet rare dont on s'expliquc difficilement I'usage; car on nc pou- 
vait le laisser mettre dans la bouche. 



JOYAUX, F.TC, DES INVKNTAIRES [fol. Bq] 79 

cuit, trouve en Tostcl Pierre de la garderobe, sdelle des sdeaulx 
du seneschal de Berry et de I'abbe de saint Ambrois, et d'un au- 
tre seel dont la carate (i) ne puet estre cogneue. Ainsi declare 
en la vii<= partie du iiii^'^ xix*^ fueillet dudit livre. 

Omnes iste partes presentis pagine etalie in pagina sequenti [217-232] red- 
dite et tradite fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum; conver- 
tendum ut supra. Et ideo acquittatur hie de eisdem. 

[B, n°922. — S G, n° 1224; non prisee et donnee, si comme on dit, a mes- 
seigneurs I'arcevesque de Bourges et I'evesque de Paris.] 

233. Item, une piece de crista! plat, contenant un espan de 
long et III doiz de large, et un fouet (2) dudit cristal, garni 
d'argent dore et de plusieurs filez de soye et boutons de perles. 
Ainsi declairez en la premiere partie du C^ fueillet du livre des 
comptes precedens, faisant mencion d'un benoistier de cristal, 
lequel est cy dessus rendu en la iin'^ panic du xxi'= fueillet de ce 
present compte. 

[S G, n" 886 ; prise xx iiv. t.] 

234. Item, un coffret d'un pie en quarreure, de cipres mar- 
quete, garni de cuivre dore, et dedens de veluiau vermeil, qui fu 
deffeu monseigneur d'Estampes. Ainsi declaire en la 11^ partie 
du c= fueillet dudit livre. 

[B, n° 928. — S G, n" 887 ; prise lx sous t.] 

235. Item, un coftVet de cipres marquete, de deux piez de 
long et d'un pie de large, et y a ymaiges eslevez alentour. Ainsi 
declaire en la vi*^ partie dudit c^ fueillet. 

[B, n° g32. — S G, 11° 888; prise lx sous t.] 

236. Item, une pille de tres petiz goubellez d'argent, et y a 



(i) Sur le mot carate, voyez Du Cange a cavactev. L'exemple qu'il donne. 
« Et a en la caraterc dudit seel ung ymaige de royne coronnce » ne laisse pas 
d'incertitude sur la signification de ce mot. Carate et caratere sont evidem- 
ment pris dans la meme acception. 

(2) On rencontre assez frequemment dans les inventaires de cette epoque 
(Voy. Invent, de CharlesV, art. 2814), des fouets faits d'une matiere qui parait 
peu propre a un pareil usage. M. de Laborde fait remarquer que la presence 
des chiens et autres animaux dans les appartements intimes explique I'usage 
de ces fouets de luxe. (Voy. le mot fouet dans le Glossaire des Emaiix et dans 
V. Gay). 



8o JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 3g V°] 

dessus un petit saphir; non poisez. Ainsi declairez en la vi^ par- 
tie du Lve fueillet dudit livre. 

[B, 11° 467. — S G, 11° 889 ; prise xii sous vi deniers t.] 

237. Item, un voirre fait en guise de burette garnie d'or, pen- 
dant a ni petites chaiennes d'or. 

Iste quinque partes accolate [233-237] tradite et reddite fuerunt Parisius 
per dictum Robinetum executoribus ; convertendum ut supra. Et ideo acquit- 
tatur hie dictus Robinetus. 

[B, n° 5oo. — S G, n° 890; prise vi Hv. t.] 

238. Item, une autre burete de voirre, garnie et pendant a 
V chaiennes d'or. 

[B, n° 5oi. — S G, n° 891 ; prise vm liv. t.] 

239. Item, une burete de voirre, garnie et pendant am chaien- 
nes d'or. 

Tradite et reddite fuerunt iste 11° partes accolate per dictum Robinetum Pa- 
risius dictis executoribus, ut supra. Et sic acquittatur idem Robinetus hie. 
[B, n" 5o2. — S G, n° 892 ; prise vi liv. t.] 

240. Item, un petit antonnouer d'or; non poisie. 

Redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo ac- 
quittatur hie. 
[B, no 5o3. — S G, no 243 ; garny de menues perles , prise iiii liv. t.] 

241. Item, un tonnelet d'argent vere, pendant a deux an- 
neaulx et une boucle; non pesd. 

[B, n° 504. — S G, n° 893; prise vii sous vi deniers t.] 

242. Item, quatre petiz barrillez d'argent dorez, a mectre eau 
roze; pesans 11 marcs i once v esterlins. 

Ces parties acolees [237-242] sont ainsi declairees ou lviu" et lix" fueillets 
dudit livre. 

[B, n° 5o5. — S G, n°244; neant cy pour ce que ledit commis en a fait 
recepte ou compte des funerailles.] 

243. Item, in petis flascons d'argent dord, ou en chascun a 
un doublet;non pesez. Ainsideclairez en laiiii^partie du lix« fueil- 
let dudit livre. 

[B, n" 5o8. — S G, n° 894 ; prise xxx sous l.] 

244. Item, un petit mirouer a deux lunetes, scant sur un p\6 
d'argent dore; a I'environ dudit mirouer menue pierrerie de 



JOYAUX, ETC., DKS INVENTAIRES [fol. 40 V°] 8 I 

petite valeur, el par dessus une femme assise sur le doz d'un 
homnie (i); pesant i marc vi onces v esterlins. Ainsi declaire 
en la iiii^ partie du lx^ fueillet dudit livre. 

Reddite et tradite fuerunt iste quatuor partes accolate [241-244] per dictum 
Robinetum Farisius dictis executoribus, ut supra. Et ideo acquittatur idem 
Robinetus hie. 

[B, n° 5ig. — S G, n° 246 ; neant cy pour la cause dessusdicte.] 

245. Item, un mirouer a deux lunetes (2), d'argent dore, ouvrd 
de I'ouvraige de Damas. Ainsi declaire en la v<= partie du 
Lxe fueillet dudit livre. 

[B, n" 520. — S G, n° SgS ; prise lx sous t.] 

246. Item, un petit mirouer a deux lunetes, d'argent dore, fait 
en maniere d'une pirouecte (3). Ainsi declaire en la vi^ partie du 
Lx^ fueillet. 

[B, n° 52 I . — S G, n° 896 ; prise xx sous t.] 

247. Item, un escrin de jaspre, que la femme Pierre Le Biernois 
donna a Monseigneur. Ainsi declaire en la nii^ partie du 
Lxi« fueillet dudit livre. 

[B, n° 529. — S G, n° 8()5 ; prise vi iiv. t.] 

248. Item, un estui de cuir noir, ou il a ini compas d'ar- 
gent (4), les deux grans d'argent vere et les deux petis d'argent 
blanc. Ainsi declaire en la vi'= partie dudit lxi^ fueillet. 

[B, n" 53i. — S G, n° 898; prise viii Iiv. t.] 

249. Item, deux petites escuelles de pourcellaine. Ainsi declai- 
rez en la vi« partie du Lxn*^ fueillet dudit livre. 



(i) V. Gay donne le dessin d'un vase appele aquamanile (Voy. ce mot) ou 
cette legende satirique, bien connue sous le nom de lai d'Aristote, est repre- 
sentee. N'est-il pas piquant de voir un sujet qui consacre le triomphe de la 
beaute sur la philosophic applique a la decoration d'un miroir?La repre- 
sentation de cette scene a eu un grand succes au moyen age. 

(2) Un miroir a deux lunettes est forme de deux disques dont Tun sert a 
recouvrir et a proteger la glace; ii est monte sur charniere ou pivot; c'est 
cequeveut dire \e mot pirouecte de I'article suivant. Le miroir a une lunette 
(voir n° 283) n'a pas de plaque pour recouvrir la glace. 

(3) L'inventaire B, n° 52 1, dit « pizoete ». 

(4) Le mot compas designe souvent les cercles et autres figures geometri- 
ques entrant dans la decoration des etoffes ou des meubles. C'est I'efFet pris 
pour la cause. Mais, ici, il s'agit de I'instrunient lui-meme. 



82 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [t'ol. 40 V^] 

[B, 11" 541. • — S G, 11° 8gg ; prise i sol 111 dcniers t.] 

250. Item, unc pomme d'argent dore pour eschauffer mains, 
taillde a plusieurs rosetes, et y a pluseurs pertuis parmi ; pesant 
mi onces ii esterlins obolc. Ainsi declairee en la x« partie dudit 
Lxii^ fueillet. 

[B, n° 545. — S G, n° 246 ; neant commc dessus.] 

25 1. Item, une pomme d'argent vere en quatre quartiers, 
faicte en fa9on d'un pot; pesant iv onces x esterlins. Ainsi de- 
clairee en la xi« partie dudit lxh'^ fueillet. 

[B, n» 546. — S G, n" 247; neant pour cc qu'elle fut donnee a maistre 
Nicolas des Pres, a Bourges.] 

252. Item, une pomme de voirre bleu, faicte a costes, garnie 

d'argent, non pesee. Ainsi declairee en la xii*-' partie dudit 

Lxn<^ fueillet. 

Reddite et tradite fuerunt iste viii partes acolate [245-252] Parisius per 
dictum Robinetum dictis executoribus, ut supra. Et ideo acquittatur idem 
Robinetus hie. 

[B, n° 547. — S G, n° 248; prise x sous t.] 

253. Item, un cadran d'argent vere, ou il a sur Tun des hours 
un chastel, et devant une Annunciacion; pesant nii onces xn es- 
terlins obole. Ainsi declaire en la premiere partie du lxhii^ 
fueillet dudit livre. 

[B, n° 565. — S G, n° 249; neant pour ce que ledit conimis en a fait 
recepte ou compte des funerailles.] 

254. Item, une tres grosse pomme de tin ambre et de must, 
garnie d'or a I'ouvraige de Damas, et dessoubz une grosse perle, 
et pend a une bourse. Ainsi declairees en la iiii<= partie du 
Lxv* fueillet dudit livre. 

[B, n° 584. — S G, n" 2 5o ; prise ci. liv. t.] 

255. Item, une autre pomme de must, garnie d'or; a Tun des 
boux a un saphir et vin perles, et a Tautre vii perles. Ainsi 
declairee en la vi--^ partie dudit lxv^ fueillet. 

[B, 11° 58(3. — S G, n- 25 i ; prise xx liv. t.] 

256. Item, une autre pomme de must, garnie d'or a iv bandes, 
et dessoubz a un petit grain d'esmeraude. 

[B, n» 589. — S G, n° 252 ; prise viii liv. t.] 



JOYAUX, ETC., DKS INVENTAIRES [fol. 41] 83 

257. Item, une autre pomme de must, semblable et de sem- 
blable fa^on. 

[B, n» 5go. — S G, no 253 ; prise viii liv. t.] 

258. Item, une autre pomme de must, garnie d'argent a 

nil bandes, en laquelle a une perle au bout, et au bout du laz 

menues perles. 

Ces III parties acoiecs [256-258] sont ainsi declairees au lxv° fueillet 
dudit livre. 

[B, n" 591. — S G, no 585; prise mi liv. t.] 

2591 Item, une autre pomme de must, garnie d'argent a Tou- 
vraige de Damas et de menues perles, ou il fault une perle au 
bout. Ainsi declairee en la penultieme partie dudit lxv^ fueillet. 

Tradite fucrunt iste vii partes acolate [253-259] P'^'' dictum Rohinetum, 
ut supra. Et idco acquittatur idem Robinetus hie. 

[B, n° 593. — S G, n" 1225 ; laquelle maistre Martin Derian a, si comme 
on dit.] 

260. Item, trois pommes de must, garnies d'argent a I'euvrc 
de Damas, chacune une perle au bout; et y a dessus pluseurs 
menues perles. Ainsi declairees en la derrcniere partie dudit 
Lxv^ fueillet. 

[B, n° 594. — S G, n° 254; prise ix liv. t.] 

261. Item, une pomme de must, garnie d'argent a I'ouvraige 
de Damas, en laquelle a plusieurs menues perles. Ainsi declairee 
en la premiere partie du lxvi^ fueillet dudit livre. 

[B, n" 595. — S G, no 900; prise xlv sous t.] 

262. Item, une pomme d'argent toute vuide, ordonnde pour y 

mettre must. Ainsi declairee en la ii*-- partie du lxvi*^ fueillet 

dudit livre. 

[B, n° 596. — S G, n" 255; neant cy pour ce que ledit commis en a fait 
recepte ou compte des funerailles.] 

263. Item, dix esmaulx de pelite, enchassez en argent. Ainsi 
declairez en la vii'-' partie dudit lxvi*^ fueillet. 

[B, n" 601. — S G, no 901 ; prise vii liv. t.] 

264. Item, un Roy d'ambre sur un entablement de gest noir. 
Ainsi declaire en la viii^ partie dudit lxvi--- fueillet. 

[B, n" 602. — S G, IV 1226; non prise.] 



84 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 4I V°] 

265. Item, un petit orinal de voirre. garni et pendant a 
iiii chaiennes d'or (i). 

[B, n° 604. — S G, no 256; prise lx sous t.] 

266. Item, une maschouere de serpent (2), garnie d'argent aux 
deux bouz, et pend a deux chaiennes et un fermaillet. 

Ces II parties acelees [265-26G] sont ainsi declarees es x" et xi" parties dudit 
Lxvi" fueillet. 

[B, n°6o5. — S G, n» 257 ; prise vi liv. t.] 

267. Item, sept sonnetcs a I'ouvraige de Milan (3). Ainsi 
declairees en la penultieme partie dudit lxvi<= fueillet. 

[B, n" 61 1. — S G, n° 902 ; prise six de sept sonnettes viii sous vi deniers t.] 

268. Item, un coutel et un poin^on d'estrange fa^on, en une 
gayne pendant a un laz de soye, ouquel a un fermaillet d'or 
escript a I'environ. Ainsi declairez en la derreniere partie du 
Lxvi« fueillet dudit livre. 

Reddite et tradite fuerunt iste ix" partes acolate [260-268] per dictum 
Robinetum dictis executoribus, ut supra. Etideo acquittatur idem Robinetus 
hie de eisdem. 

[B, n° 612. — S G, n° 903 ; prise c sous t.] 

269. Item, une leecte de bois (4), paincte aux escu^ons des amies 
de Monseigneur, dedens laquelle a plusieurs burectes de voirre 
de I'euvre de Damas, oil il a dedens pouldres de violetes . 

[B, n° 620. — S G, 11° 1227; non prisee.] 

270. Item, une autre leecte de bois, paincte et escripte a lettres 



(i) Rapprochez de cet article la description suivante d'une des tapisseries 
de Charles VI (u" 233 de I'lnventaire) : « Un tappiz vermeil, de gros tile, a 
deux personnages, dont I'un pisse en une orine ». Mais on ne s'explique 
guere la destination d'un petit orinal de verre suspendu a quatre chai- 
nes d'or. 

(2) C'est tout simplement une curiositc naturelle relevce d'une monture 
en metal precieux. La mode des cabinets d'histoire naturelle et des coquilles 
n'a pas cesse de faire fureur jusqu'a la fin du xviii* siecle. 

(3) Peut-etre faut-il voir dans le travail appele ouvrage de Milan une sorte 
de filigranc. 

(4) Une leecte ou layette etait un coffre leger, de petites dimensions, qui 
servait a divers usages. Ce terme n'a etc conserve, on le salt, que pour desi- 
gner les pieces originales du Tresor des Chartes, par opposition aux registres, 
bien que les boites ou ces pieces detachees etaicnt jadis renfermees, aient 
disparu depuis longtemps. 



JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 42] 85 

grecques, ou il a v burectes de voirre, esquelles a du baulsme 

cuit et cru (i). 

Ces deux parties [269-270] sont ainsi declairees es via' et ix° parties du 
Lxvii' fueillet dudit livre. 

[B, n" 62 1 . — S G, n» 1 228 ; non prisee.] 

271. Item, quatre leectes de hois, ou il a certainne quantite 
d'oisellez de Chippre. 

[B, n» 623. — S G, n" 1229; non prisees.] 

272. Item, deux autres leectes de hois, plainnes d'oisellez de 
Chippre. 

Ces deux parties acolees [271-272] sont ainsi declairees es xi° et xii' parties 
dudit Lxvii" fueillet. 
[B, n° 624. — S G, n° i23o; non prisees.] 

27?). Item, un petit sac de toille, ou il a pluseurs pierres pour 
faire fumigacions (2). Ainsi declaire en la xiiii^ partie dudit 
Lxvii<^ fueillet. 

[B, n» 626. — S G, n° 904; prise xx sous t.] 

274. Item, une boite d'argent dore pour mectre vernix a gecter 
sur escripture (3); non pesee. Ainsi declaree en la penultieme 
partie dudit lxvii= fueillet. 

[B, no 628. — S G, n" 2 58; neant cy pour ce que ledit commis en a fait 
recepte ou compte des funerailles.] 

275. Item, une escriptoire en laquelle avoit un gannivet et 
une plume esmaillez aux armes de Monseigneur, et au bout de 
la plume ung petit saphir. Declare en la xv^ partie du lxvii^ fueil- 
let du livre des comptes precedens. Est deschargie ledit Robinet 
desdiz gannivet et plume pour les'causes contenues en la correc- 
tion faicte sur ladicte partie. Pour ce, icy seulement ladicte 
escriptoire. 

(i) Le baume est une plante medicinale originaire d'Arabie. (Voy. le Dic- 
tionnaire de Tvevoitx.) 

(2) 11 s'agit de substances minerales qu'on faisait bruler sur des pelles ou 
palettes pour parfumer les appartements. (Voy. le Glossaire des Emaux au 
mot palette.) 

(3) Est-ce une poudre ou un veritable vernis destine a rendre I'encre inef- 
fafable? Le seul exemple de ce terme cite dans le Glossaire des Emaux est 
precisement le present article. 



86 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 42 V°] 

Rcddite lucrum istc vn partes acnlalc [269-273] per dictum Robiuetum, 
pruut supra. 

[S G, n° i23i ; ladicte escriptoirc donnee, si ccunmc on dit, a inaistrc Mace 
Sarrebourse, a Bourgcs.] 

276. Item, VI fouez de cristal, garniz d'argent dore, esmaillez 
de diverses guises, ouvrez a chasteaulx et autres choses. Ainsi 
declairez en la derreniere partie dudit lxvii-^ fueillet dudit livre. 

[B, n" 629. — S G, n° 259 ; prise lx liv. t.] 

277. Item, une lanterne d'argent vere, a iii esmaulx aux armes 
de feu monseigneur d'Estampes; pesant avec le cor vi marcs. 
Ainsi declairee en la v^ partie du lxviii<^ fueillet dudit livre. 

[B,ni> 634. — S G, 11° 260; neant pour ce que ledit commis en a fait rccepte 
nu compte des funerailles.] 

278. Item, une autre lanterne d'argent vere, plus grant c]ue la 
precedent, a in esmaulx ausdictes armes; pesant avec le cor 
VIII marcs mi onces. Ainsi declairee en la vi^ partie du lxvii^' fueil- 
let dudit livre. 

[B, n° 635. — S G, n" 261; neant pour la cause dessusdictc.] 

279. Item, une petite hoiste d'yvoire, ou il a une petite pierre 
quarree contre venin (il, sur couleur de voirre, avec une petite 
pierre perccfe a la semblance d'une feve. Ainsi declairee en la 
derreniere partie dudit lxviii*^ fueillet dudit livre. 

Iste quatuor partes acolate [276-279] reddite fuerunt per dictum Robi- 
netum dictis executoribus, ut supra. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus 
de eisdem. 

[B, n" 641. — SG, n"9o5; prise vii sous vi deniers t.] 

280. Item, deux petiz tuyaux d'argent longuez. Ainsi declai- 
rez en la premiere partie du lxix= fueillet dudit livre. 

Isti parvi duo tuelli traditi et redditi fuerunt per dictum Robinetum Pa- 
risius executoribus, et postmodo vendili pro facto et necessitate execucionis, 
et precium eorumdem receptum per Johanncm Lebourne, commissum ad 
receptam bonorum execucionis predicte, in summa vi'" ix'' xxxiii lib. vii s. 



(1) Victime de plusieurs tentatives d'empoisonnement, le due de Berry 
recherchait tons les preservatifs connus et tous les antidotes contre le poi- 
son. Aussi, ses familiers s'emprcssaient-ils de flatter cette manie et de lui 
offrir a I'envi cornes de licorne, langues de serpent et autres pierres contre le 
venin ou le poison. II faut rapprochcr du present article les n"' 496, 5i i, 594 
et surtout 619. 



JOYAT'X, ETC., DES INVENTAIRES- [fol. 42 V^] 87 

VI den. t., prout plcnius inferius folio iiii" vii" mencio habctur. Et ideo exo- 
neratur hie idem Rohinetus de eisdem ad onus dicti Johannis Lebourne, ad 
computandum. 

281. Item, une escuelle de jaspre, hourdee alentour d'argent 
dore, pesant ii marcs vii onces xv esterlins. Ainsi declairee en 
la iiii^ partie du ci<= fueillet dudit livre. 

[B, n° 642. — S G, n° 906; prise x liv. t.] 

282. Item, une escriptoire de bois marquetee, ou il a dedens 
uns grans cyzeaulx de fer dorez et un gannivet fi) qui a le man- 
che d'argent esmaillie (2). Ainsi declaire en la vi« partie dudit 
ci'= fueillet. 

Reddite fuerunt iste n" partes acolate [281-282] per dictum Robinetum 
dictis executoribus, ut supra. Et sic exoneratur hie idem Robinetus. 
[B, n" 942. — S G, n" 262 ; prise v sous t.] 

283. Item, un mirouer a une lunete, esmaillie par darrieres de 
Nostre Dame, un serpent a vu testes, un angel et saint Jehan 

euvangeliste; garni entour de fueillaiges et d'oiseaulx; pesant 
II marcs 11 onces vii esterlins obole. 
[B, n" 1073. — S G, n" 263 ; prise viii" liv. t.] 

284. Item, un estui de cuir a mectre un livre, pendant a un 
tixu de soye noire, garni d'argent dore. 

[B, n° 1074, — S G, n" 907; prise x sous t.] 

285. Item, une escriptoire 13) plate d'argent dore par dehors, 
poin^onnee, et dedens a un gannivet dont le manche est d'ar- 
gent esmaille, unes petites moetes (4) d'argent, uns cizeaulx d'ar- 
gent, unes petites balances d'argent, une plume et un petit pois, 
avecques une boiste ou sont les pois a poiser, et un feuzil garni 
d'argent; pesant tout ensemble nii marcs vii onces v esterlins. 

(i) « Un guenivet ». Inventaire B, n° 942. 

(2) Le due de Berry etait un eurieux et un lettre. Aussi n'est-il pas eton- 
nant de trouver dans ses collections des ustensiles pour ecrire, dont la 
decoration soignee indique assez la destination. 

(3) L'ecritoire differe de I'encrier (voy. ci-dessous n" 298, 32 3) en ce 
qu'elle comporte, comme on le voit par cet article, toute une serie d'instru- 
ments constituant I'attirail de I'ecrivain. Ce necessaire renferme non seule- 
ment ce qui est indispensable pour ecrire, mais aussi un briquet (feuzil), 
des ciseaux, et meme des poids et une balance. Les secretaires du Roi et de 
tous les hauts personnages etaient munis d'ecritoires ainsi outillees. 

(4) Ce mot nc se trouvc pas sous cettc forme dans les lexiques. 



88 JOYAUX, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 43] 

[B, n° 1075. — S G, n» 264; neant pour cc que Icdit commis eu a fait re- 
cepte ou compte des funerailles.] 

286. Item, une autre escriptoire d'argcnt vere, ou il y a un 
gannivet et un poin^on, pendent a un laz de soye vert; pesant 
avec ledit laz i marc ii onces x esterlins obole. 

Ces quatres parties [283-286] sont ainsi declairees au cxv fucillct dudit 
livre. 

[B, no 1076. — S G, n» 265; neant pour ce que ledit commis en a fait re- 
cepte comme dessus.] 

287. Item, une petite boiste d'argent dore pour mectre vernix. 
Ainsi declaire en la ii'^ partie du cxvf tueillct dudit livre. 

[B, n° 1078. — S G, n» 266; neant pour la cause dessusdicte.] 

288. Item, un cotfre de hois de sapin, dedens lequel a plu- 
seurs pierrcs de cristal et de jaspre, les unes garnies d'argent et 
les autres non, faictes les aucunes en fa9on de vaisseaulx jus- 
ques au nombre de xxi, et en y a pluseurs en estuiz de cuir. 
Declaire en la v^ partie du lxi'^ fueillet dudit livre (i). 

Tradite et reddite fuerunt per dictum Robinetum iste vi partes acolate 
[283-288] dictis executoribus, ut supra. 

[B, n" 53o. — S G, u" 908; prise cun" liv. t.] 

289. Item, une caige d'argent dore, ou il a deux petites per- 
chetes par dedens et deux oisellez dessus, pour tenir oisellez de 
Chippre; pesant vi marcs vii onces. Ainsi declairee en la nii^ par- 
tie dudit cxvi^ fueillet. 

[B, n° 1080. — S G, n° 267; neant comme dessus.] 



JOYAULX ET AUTRES CHOSES DE DIVERSES MANIERES 
ACHATES PAR MONSEIGNEUR 

290. Item, un coffret de cypres marquete, garni d'argent, qui 
fu de feu monseigncur d'Estampes; et I'a bailie Christofle de la 
Mer. Ainsi declaire en la nii'^ partie du clv^ fueillet dudit livre. 

[S G, u" 268; prise l sous t.] 

(i) Inventaire B, n° 53o : « Lapides plate cristalli fuerunt posite pro coho- 
periendo unam crucem, auro et lapidibus munitam, de ligno sancte crucis 
apportato per dnminum dc Chasteaumoranl, datam domino duci Burgondie, 
Ut constat per compotum dicti Robincti. )> 



JOYAUX, ETC., ACHETES PAR MONSEIGNEL'R [fol. 4? V"] 89 

291. Item, de deus bericles (i) garnies d'or entour, dont les 
manches estoient d'or, declairees en la vi^ partie dudit clv^ fueil- 
let, est acquitie ledit Robinet d'Estampes tout entierement d'une 
desdictes et de Tor dont I'autre estoit garnie, comme il appert 
par les corrections faictes sur ladicte partie. Pour ce icy seule- 
ment ladicte bericle non garnie, qui est plate sur le roont. 

292. Item, de deux bericles (2), Tune demie ronde garnie d'ar- 
gent, et I'autre toute roonde, declairdes en la iii« partie du clv* 
fueillet dudit livre desdiz comptes precedens, est acquictie le- 
dit Robinet d'Estampes de ladicte bericle demie ronde seule- 
ment, comme il appert par la correction faicte sur ladicte partie. 
Pour ce, icy I'autre bericle toute roonde non garnie. 

[S G, n» 910; les deux bericles xx sous t.] 

293. Item, une petite fiole d'agathe garnie de trois fillez d'ar- 
gent dorez, laquelle Monseigneur achata de Michiel de Paxi, mar- 
chant demourant a Paris, aux estrainnes qui furent le premier 
jour de Janvier I'an mil CCCG et trois, et cousta xxii frans 
X sous t. 

Iste quatuor partes acolate cum prima parte sequentis folii [289-293] red- 
dite fuerunt per dictum Robinetum dictis executoribus, ut supra. Quare 
idem Robinetus cxoneratur hie de eisdem. 

[S G, n° 91 1 ; prise xxx sous t.] 

294. Item, un gros bouton de must, garni d'or et de perles, 
que Monseigneur achata de feu Nicolas Picace. 

K. — Datus fuit domino Johanni de Nielles, cancellario domini ducis Ac- 
quitanie, [ut] constat per mandatum suum datum xx» die julii anno mil" 
CCCC" XII°, hie traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur de 
eodem. 

295. Item, une grosse pierre roonde de cassidoine, garnie d'or 
et de pierrerie, c'est assavoir : de vi perles, vi balaisseaux et i ca- 



(i) « Item, uns bericles non garniz, toute ronde, prisce lx sous t. ». Invent. 
S G, n» 909. 

(2) Le mot bericle sert a designer le cristal. Des pommes de bericle, une 
pinte de bericle (n" 524, 775) sont des pommes, une pinte de cristal. On I'a 
applique par extension aux instruments d'optique faits de cristal vers la 
fin du xivsiecle, et on a donne aux lunettes le nom de bericles corrompu, 
plus tard en besides. 



90 JOYArX, ETC., ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 44] 

mahieu; laquelle mondit Seigneur achata de Pannier, marchant 

de pierrerie demourant a Paris. 

Ces trois parties acolecs [293-293] sont ainsi declairecs ou clV fueillct 
dudit livre. 

[S G, no 269; prise xxv liv. t.] 

296. Item, un tablier (i) et eschaquier d'argent dore et de cris- 

taulx, garni d'eschaz d'argent dore et blanc, lequel Monseigneur 

achata de Jehan de Nimegue, orfevre, pour le pris et somme de 

iii^ frans. Ainsi declaire en la ui^ partie du n^ lxvii« fueillet dudit 

livre. 

Reddite fuerunt per dictum Robinetum iste u° partes acolate [295-2q6] 
dictis executoribiis, prout supra. 

[S G, n" 270 ; prise 11" xv liv. t.] 

297. Item, un roondeau plat d'ambre et de must (2), fait en 
maniere d'une bullete, ouvrd a lettres grecques, pendant a un laz 
de soye vert. Ainsi declaire en la v« partie du n*-' Lxvn'= fueillet. 

[S G, n" 912 ; prise xx sous t.] 

298. Item, une petite boiste faicte a Paris d'une pierre bleue en 
maniered'uncornet amectreancre(3),garnied'or, seant surquatre 
piez, ou il a en chascun une pierre estrange, pendant aun laz de 
soye, que Monseigneur achata du frere Constantin de Nicolas, 
ou mois de fevrier mil CCCC et VIII ; et I'a faicte mondit Sei- 
gneur emplir de cyvete. 

[S G, 11" 271 ; prise xxx liv. t.] 

299. Item, une autre petite boiste de cassidoine, roonde comme 
une pomme, plainne de cyvete, garnie d'or, de vi petis ba- 
laisseaux, vi perles et i saphir. 

[S G, n° 272 ; prise xv liv. t.] 

(i) Le tablier, sert au jeu des tables, comme I'echiquier au jeu des cchecs. 
Par les exemples que Ton voit ici (n"' 326, 327, 33i, 336, 564, 1018) comme 
par ceux qui sont cites par L. de L'aborde et V. Gay, ces jeux etaient I'objet 
d'une veritable passion au moyen age. Le jeu des tables ctait une sorte de 
tric-trac. 

(2) Probablemenl une petite bouteille ronde et plate pour porter sur soi, 
avec de I'ambre et du muse. 

(3) Le cornet a mettre encre se portait ordinairement a la ccinture. II se ter- 
minait en pointe comme une corne; aussi fallait-il un support a la pierre de 
jiotre article taillee en maniere de cornet a mettre encre. 



JOYAUX, ETC., ACHETTCS PAR MONSEIGNEUR [fol. 45] qi 

3oo. Item, une pomme d'argent vere pour mectre oisellez de 
Chippre ou autres fumigacions, ouvree de pluseurs manieres. 

Reddite fuerunt per dictum Robinetum iste quatuor partes acolate [297- 
3oo] cum quatuor aliis partibus inde sequentibus in sequenti folio [3o 1-304] 
dictis executoribus, ut supra. Et ideo de cisdem [acquittatur] idem Robinetus. 

Ces III parties acolces [298-300] sont ainsi declairees ou 11= lxvh" fueillet 
dudit livre. 

[S G, no 273 ; prise x iiv. t.] 

3oi. Item, un grant tabler et eschaquier quarre, de cipres, 
tres bien ouvre de marqueteure, garni de grosses tables et es- 
chaz d'yvoire et de bois noir, et est dedens un estuy de bois 
paint par dessus a un escu^on des armes de Monseigneur. 
Ainsi declaird en la nii<= partie du n'-^ lxvii^ fueillet dudit livre. 

[S G, n" 9 1 3 ; prise xiu Iiv. x sous t.] 

302. Item, une poislecte d'argent blanc, a mectre feu pour faire 
fumigacions ( I ), pesant imarc ini oncesin esterlins, laquelle Mon- 
seigneur achata de Jehan Tarenne, bourgeois et marchant de 
Paris, le v^ jour d'avril mil CCCC et VIII avant Pasques, au 
pris de vn francs v sous t.le marc, valent xi Iiv. t. Ainsi declaire 
en la vi^ partie du ii'-^ Lxvni<^ fueillet dudit livre. 

303. Item, un grant cadran plat, d'argent blant, a congnoistre 
les heures, lequel Monseigneur a fait faire; ainsi declaire en la 
viie partie dudit ii^ Lxvin^ fueillet. 

[S G, n" 587; pesant i marc vn onces et demie; prise xiii Iiv. t.] 

304. Item, iiii petites cagectes d'argent dore, ouvrees a jour, 

de la devise de Monseigneur, pour mectre oisellez de Chipre, 

que Monseigneur a cues de Jehan Tarenne. 

Corrigendum in compotis precedentibus. Reddite fuerunt iste quatuor 
partes acolate [3oi-3o4], ut supra. 

[S G, n" 274; neant cy pour ce que ledit commis en a fait recepte (de 
deux) ou compte des funerailles. Ibid., n" 588; les deux autres pesant i marc 
11 onces XI esterlins; prise x Iiv. x sous t.] 

305. Item, unes paternostres d or, contenant xxviii boutons, 
dont les xiiii sont ouvrees de til d or trait a I'euvre de Damas (2), 



(i) Cf. Inventaire n" B, 157 : « une poelete d'argent a fumer. » 
(2) Voyez ci-dessus la note de I'article 149. 



02 JOYAUX, ETC., ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 45] 

et les autres xiiii esmaillees d'esmaulx de pelite; pcsant ii marcs 
n onces,ou environ; lesquelles Monseigneur achata de Aubertin 
BouIIefeves (i), orfevre demourant a Paris, le xix* jour de 
decembre, Tan mil quatre cens et douze, pour le pris et somme 
de iic L escuz; et n'est point rendu es comptes precedens. 

K. — Dicte patenostres date fuerunt per dominum Ducem duci d'Yorc, [ut] 
constat per mandatum suum super primo articulo secunde pagine lii> folii 
hujus compoti. Et ideo acquictatur hie dictus Robinetus de eisdem. 



JOYAULX ET AUTRES CHOSES DE DIVERSES MANIERES 
DONNES A MONSEIGNEUR 

306. Item, deux bien petis flascons de cristal, garniz d'or, et 
aux deux bouz de chascun une fleur esmaillee de bleu, lesquielx 
Monseigneur de Thouars (2) donna a Monseigneur a estrainnes, 
le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et I. 

Reddite et tradite fuerunt per dictum Robinetum dictis executoribus., ut 
supra. 

[S G, n" 914; prise xx liv. t.] 

307. Item, une pomme de must, garnie de ni fillez d'or et 
d'une perle, dedens une bourse de satin noir, ou il a in boutons 
de menues perles; laquelle maistre Arnoul Belin donna a mondit 
Seigneur auxdictes estrainnes mil CCCC et I. 

K. — Datum fuit domino comiti de Mortaing per mandatum super in* parte 
Lxx"' folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquit- 
tatur hie de eodem. 



(i) Albcrtin de Boillefeves, nomme ici BouIIefeves, orfevre et valet de 
chambre de Charles, due d'Orleans, fut charge en 141 7, avee Jehan Le Mer- 
cier, de remettre a Jacques Raponde, certaine quantite de joyaux pour la 
rancjon du comte d'Angouleme, frere du due d'Orleans, prisonnicr en Angle- 
terre a la suite de la bataille d'Azincourt (Arch. Nat., K64, n° 37). Le meme 
carton K 64 renferme une curieuse enumeration de bijoux appartenant au 
due d'Orleans remis a Jacques Raponde, marchand de Paris, en 1424, pour 
negoeier avee les marchands anglais la rani;on du due (K 64, n" 37, pieces 
10, 1 1, 12). 

(2) La famille des vicomtes de Thouars s'etait etemte en 1 370, dans la per- 
sonne de Louis, vicomte de Thouars, mort sans descendants. S'agirait-il ici^ 
de Jean Marcheou, chatclain de Thouars, cite dans le Journal de Nicolas 
de Baye (I, i3o)? 



JOYAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 45 V°] g3 

308. Item, un petit vaissel d'amatiste, en maniere d'un hannap, 
scant sur un pie d'argent dore, sanz couvercle, que le roy de 
Navarre donna a mondit Seigneur a Paris, le xxnii« jour de Jan- 
vier, Pan mil CCCC et III. 

Traditum [tuit] dictum parvum vas per dictum Rohinetum dictis executo- 
ribus, ut supra. 

[S G, n" gi5; prise xii liv. t.] 

309. Item, une corne d'une unicorne (i), que ledit Roy de 
Navarre donna a mondit Seigneur, ledit xxiiii^ jour de Janvier 
I'anmil CCCC et III. 

Redditum fuit per predictum Robinetum dictis executoribus, prout supra. 
[S G, n° 275; prise l liv. t.] 

3 10. Item, un bien petit vaisselet de cristal en maniere d'une 
seille (2) garnie d'or, pendant a une petite ance d'or, lequel fu 
donne a mondit Seigneur par le sieur d'Alegre (3), son conseiller, 
a Paris, le xxx^ Jour de juing mil CCCC et IIII, ouquel jour 
mondit Seigneur fu saignie. 

3i I. Item, un autre bien petit vaisselet de cristal en fa?on d'un 
baril, garni d'or, pendant a une petite chaiennete d'or, qui tu 
donnee a mondit Seigneur, le dessusdit xxx^ jour de juing mil 
CCCC et IIII, par monseigncur I'evesque de Chartres, lors son 
tresorier general. 

3 1 2 . Item, une pomme de must, garnie d'or, que ledit Robinet 



(i) Les cornes de i'unicorne ou de la licorne sont frequemment mention- 
nees dans les inventaires du moyen age. Le due de Berry en possedait plu- 
sieurs (voy. ci-dessous n"" 63o, 63i, ii38, iiSg); elles etaient employees 
dans les epreuves; on leur attribuait en efFet la propriete de reveler la pre- 
sence du poison ou d'en neutraliser les effets. Elles etaient t'aites de la 
defense du narval, encore peu connu des navigateurs. (Voy. L. de Laborde, 
Glossaire, au mot licorne). 

(2) Le mot seille, qui sert a designer un seau de forme ordinaire, est 
encore employe dans le centre de la France. 

(3) Morinot de Tourzel, sire d'AUegre, etait chambellan du Roy et du due 
de Berry. Dans le compte de I'hotel du Due pour I'annee 1400, il refoit 
4 livres 10 sols tournois par jour, pour ses frais, gages et depensen qualite 
de chambellan et conseiller du prince (Arch. Nat. KK, 254, fol. 66). En 141 3, 
il recoit une pension de 1,000 ecus d'or {Compte de la Tre'sorerie du due de 
Berry, KK 25o, ful. i3. — Voy. aussi le Pere Anselme, tome VII, 707). 



94 JOYAUX, ETC., BONNES A MONSEIGNEUR [fol. 46 V] 

d'Estampes donna a estrainnes a mondit Seigneur, le premier 
jour de Janvier Fan dessusdit mil CCCC et III I. 

Traditum fuit per dictum Robinetum dictis executorihus, ut supra. 
Ces VII parties acolees [3oG-3i2] sont ainsi escriptes et declarees ou 11 xi' 
fueillet dudit livre des comptes precedens. 
[S G, n° 276; prise xxx liv. t.] 

3 1 3. Item, un grant mirouer d'argent dore, a une grant lunete, 
lequel siet sur un piu d'argent dore en maniere d'un chastel, a 
une terrace esmaillee de vert, oil il a pluseurs enffans jouans; 
lequel mirouer Guillaume de Lode donna a estrainnes a mondit 
Seigneur, le dessusdit premier jour de Janvier mil CCCC et 1 1 II. 

[S G, n° 277; pcsant xxvn marcs, prise iii'" xv liv. t.] 

314. Item, une grant escuelle d'amatiste roonde et deux autres 
petites en fagon de cuvetes; lesquelles monseigneur d'Orleans 
a donnees a mondit Seigneur. 

[S G, n° 916; prise xx iiv. t.] 

3 1 5. Item, vi platellez de bois. Tun dedens I'autre, pains a 
ouvraige de Damas, lesquielx Christofle de la Mer donna a 
estrainnes a Monseigneur, le premier jour de Janvier Fan 
mil CCCC et nil. 

Redditefuerunt per dictum Robinetum iste in partes acolate [3i3-3i5] dictis 
executoribus. Et ideo acquittatur idem Robinetus de cisdem, ut supra. 
[S G, n° 917; prise x liv. t.] 

3 16. Item, une fleur de lis d'or pour mectre oisellez de Chipre 
a parfumer, pendant a une petite chaiennete d'or, et au bout un 
crochet; laquelle feue madamoiselle de Montpensier, duchesse 
de Baviere (i), donna a mondit Seigneur aux estrainnes, le pre- 
mier jour de Janvier Fan mil CCCC et V. 

Raiee, car ledit Robinet en est acquitle au compte precedent. 
[Get article est en effct bifFe au registre.] 

3 1 7. Item, un petit coffret de must, garni d'or et de xxvii perles 

(1) Anne de Bourbon, soeur du comte de la Marche, epousa, avant 1401, 
Jean de Berry, comte de Montpensier, deuxieme fiis du due de Berry; puis, 
apres la mort de son mari, elle se remaria avec Louis III de Baviere, dit le 
Barbu. Elle mourut en couches a Paris en 1405 ou 1406, et fut enterree dans 
I'eglise des Jacobins (Pere Anselme, I, 319). Apres sa mort, Louis III epousa 
Catherine d'Alen^on, veuve elle-meme de Pierre de Navarre. 



JOYAT'X, ETC., BONNES A MONSEIGNErR [fol. 47] ()5 

moiennes, lequel monseigneur de la Croisete donna a mondit 
Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCG et V. 
[S G, n" 278; prise l liv. t.] 

3 1 8. Item, une tres grosse pommc de must, faite a triangles 
en manicrc de demies lozanges, garnie d'or a ouvraige de 
Venise et de pluseurs petis esmaulx de pelite roons; laquelle 
pomme les secretaires de Monseigneur, c'est assavoir : maistres 
Pierre de Gynes, Jehan de Cande, Erart Moriset, Michiel Le 
Beuf et Regnier de Boulegny, donnerent a mondit Seigneur 
ausdictes estrainiics. 

[S G, n° 279; prisee ini" x liv. t., vendue uu" xii liv. t.] 

319. Item, un petit coffret de cristal garni d'or et de pluseurs 
perles, a petis boutons roons, esmaillez de vert et de rouge cler 
grenetcz; lequel la femme Jehan de la Barre, receveur general de 
toutes finances ou pais de Languedoc et duchie de Guienne, 
donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et V. 

Reddite et tradite fuerunt per dictum Robinetum istc in partes ac(jlate 
[3i7-3ig] dictis executoribus, prout supra. Et ideo exoneratur hie idem 
Robinetus de eisdem. 

Ces VI parties acolees [3i3-3i5, 317-319] sont ainsi escriptes et declarees 
ou 11° XII* fueillet dudit livre. 

[S G, n° 280; prise cxii liv. x s. t.] 

320. Item, une escuelle de jaspre garnie d'argent, que Raymon 
Christofle donna a Monseigneur ou mois de juing I'an mil 
CCCG et VI. 

[S G, n° 918; prise vi liv. t.] 

32 1. Item, une escuelle d'alebastre, garnie par le bourt d'argent 
dore, laquelle madame d'Armeignac (i) donna a mondit Sei- 
gneur au.x: estrainnes du premier Jour de Janvier I'an mil CCCG 
et VI. 

[S G, n° 919; prisd l sous t.] 

(i) Bonne de Berry, fiUe du due Jean et de Jeanne d'Armagnac, epousa 
en premieres noces, en decembre 1376, Ame VII, comte de Savoie, qui 
mourut en 1391. EUe tut remariee (decembre i393) a Bernard VII, comte 
dWrmagnac, son cousin, connetable de France, chef du parti des Arma- 
gnacs. Elle mourut le 3o decembre 1435 au chateau de Carlat et fut 
enterree aux Cordeliers de Rodez. De son premier mariage naquit Ame VIII, 
premier due de Savoie; du second, sont sortis les comtes d'Armagnac, dues 
de Nemours. (Voy. ci-dessous n°= 417, 664, 671.) 



96 JOYAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 47 V°] 

3-22. Item, une grant tleur dc lis d'argent dore, qui se ferme a 
charnieres, en laquelle a par dedens la Vie et Passion Nostre 
Seigneur et pluseurs sains, tout fait d'ymaiges d'yvoire; laquelle 
monseigneur le conte de Vendosme donna a mondit Seigneur 
ausdictes estrainnes du premier jour de Janvier Fan mil CCCG 

etVI. 

Reddite fuerunt per dictum Rohinetum iste in partes acolate [320-322] 
dictis executoribus, ut supra. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de 
eisdem. 

[S G, n° 281 ; prise xlv liv. t.] 

323. Item, un grant ancrier roont d'argent blanc, pour un 
comptouer (i), que les secretaires de Monseigneur lui donnerent 
ausdictes estrainnes mil CCCG et VI. 

K. — Per mandatum Domini, datum tercia die marcii anno M" CCCC" XIII°, 
hie traditum, constat quod dictum ancrier captum et furatum fuit in com- 
putatorio Domini hospicii sui de Nigella; per quod mandatum idem Do- 
minus voluit et mandavit dictum Robinetum de eodem acquictari. Et ideo 
exoneratur hie de ipso. 

324. Item, un chandellier d'argent dore, fait en maniere d'une 
terrace esmailliee de vert, pour mectre oisellez de Chippre, ouquel 
a par dessus un arbre esmaillie de vert et un chiennet d'argent 
blanc, lequel feu monseigneur de Bourbon donna a estrainnes a 
Monseigneur, le premier jour de Janvier I'an mil CCCG et VII. 

Ces V parties acolees [320-324] sont ainsi declarees ou 111° vi" fueillet 
dudit livre. 

[S G, n° 282 ; neant cy pour ce que ledit commis en a fait recepte ou 
compte des funerailles.] 

325. Item, un petit vaissel d'amatiste en fagon de cuvete, non 
garni, qui a este envois a Monseigneur en don. 

[S G, n° 920; prise iiii liv. t.] 

326. Item, un jeu de gros cschaz et tables d'yvoire, bien 
anciens, que messire Gauchier de Passac donna a Monseigneur. 

[S G, n° 921 ; prise xx liv. t.] 

327. Item, un autre jeu d'eschaz cliquetans, que Gonstantin de 
Nicolas donna a Monseigneur. 

[S G, n° 922; prise iv liv. t.] 



(i) Cf. la note de I'art. 298. 



JOYAUX, ETC., DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 48] 97 

328. Item, une belle pomme de must qui se ouvre par le 

milieu en deux pieces, fermant a charnieres d'or, et pendant a 

une petite chaienne de mesmes, paincte par dedens a yniaiges de 

la main Jehannin d'Orleans (i), qui ladicte pomme ainsi taicte 

et garnie, comme dit est, donna a Monseigneur ou mois de 

decembre Tan mil CCCC et VIII. 

Reddite et tradite fuerunt per dictum Robinetum iste quinque partes 
acolate [324-328] dictis executoribus, prout supra. Et ideo exoneratur hie 
idem Rnbinetus de eisdem. 

[S G, n° 283; prise x iiv. v sous t.] 

329. Item,' un ymaige d'argent dore d'un homme qui souloit 
tenir en ses mains un mirouer, que les secretaires de Monsei- 
gneur lui donnerent aux estrainnes, le premier jour de Janvier 
I'anmil CCCC et VIII. 

K. — Dicta ymago in pondere 11 marc, v one. argenti, cum pluribus aliis 
partibus auri et argenti, tradite fuerunt Matheo Heron, thesaurario Domini, 
[ut] constat per suam certifficacionem super iiu' parte nonag"" sexti folii 
hujus compoti cum mandate dicti Domini redditam; virtute quorum dictus 
Robinetus acquittatur hie ad onus dicti thesaurarii. 

330. Item, un petit ours d'or, esmaillie de noir, qui porta une 

bote garnie d'un balay, deux petis saphirs et vi perles, et est ledit 

ours tout creux pour mectre dedens oisellez de Chipre ardans 

pour parfumer ; lequcl ainsi fait et garni, comme dit est, madamc 

de Bourbon, contesse de Clermont, donna a Monseigneur aux 

estraines, le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et IX. 

K. — Aurum dicti ursi ponderans in one. 11 esterl. traditum fuit ex ordina- 
cione Domini Matheo Heron, thesaurario suo generali, cum pluribus aliis 
partibus, ut constat per suam certifficacionem redditam cum mandato 
Domini super iiii" parte iiii" xvi'' folii hujus compoti; virtute quorum 
dictus Robinetus acquictatur hie de auro dicti ursi ad onus dicti thesau- 
rarii, ut super dicta iiii'* parte iiii'" xvi'' folii arrestatur. — Jamme infra- 



(i) Ce peintre s'appelait reellement Jean Grancher ou Granchier, comme 
I'a etabli M. Louis Jarry dans une notice intitulee : Jean Grancher de Tai- 
nou, dit Jean d'Orleans, peintre des rois Charles VI et Charles VII et de 
Jean due de Berry. (Orleans, Herluison, 1886, in-8% 16 pages.) Ce travail 
public dans le Bulletin i3o de la Societe historiqiie et archeologiqite de 
I'Orle'anais, renferme les premiers renseignements authentiques qu'on pos- 
sede sur cet artiste qui a probablement laisse un his portant le meme nom 
que son pere et vivant encore a Bourges en 1460. 



g8 JOYAl'X, ETC., DONNKS A MONSriGNKUR [fol. 4C)] 

declarate reddite fuerunt per dictum Robinetum predictis excculoribus, 
prout supra. Et sic acquittatur hie idem Robinetus de eisdem. 
[S G, n" 923; prise vi liv. t.] 

33 I. Item, un tablier d'argent dore, ployant par moictie, fait 
par dedens de pieces de nacle et garni de tables; lequel ainsi fait 
et garni, comme dit est, les ini secretaires de Monseigneur, c'est 
assavoir maistres Pierre de Gynes, Michiel Le Beuf, Erart 
Moriset et Odart de la Barre, lui donnerent auxdictcs cstraines, 
le premier jour de Janvier mil CCCC et IX. 

Ces VII parties acolees [325-33i] sont ainsi declarecs ou in" vii' fueillet 
dudit livre. 

[S G, n° 284; prise 11' liv. t.] 

332. Item, une cagete quarree d'argent dore a mectre oisellez 
de Chipre, laquelle fu donnee a mondit Seigneur, aux cstraines 
mil CCCC et dix, par la femme Robinet d'Estampes. 

[S G, 11° 285; neant cy, pour ce que Icdit commis en a fait rcceptc ou 
compte des funerailles.] 

333. Item, un petit coffret de cippres marquete, ferre d'ar- 
gent, aux armes de monseigneur le Due, qui fu donne a mon- 
dit Seigneur par maistre Arnoul Belin ausdictes cstraines 
mil CCCC et X. 

[S G, n° 286; prise lx sous t.] 

334. Item, une pomme d'ambre et de must, garnie d'or et de 
perles ; laquelle le grant maistre de Roddes (i) donna a Mon- 
seigneur en son chastel de Poictiers, ou mois d'aoust I'an 
mil CCCC et X. 

Reddite fuerunt per dictum Robinetum iste quatuor [partes] acolate 
[331-334] dictis executoribus, prout supra. Et ideo exoncratur hie idem 
Robinetus de eisdem. 

[S G, n° 287; prise x liv. t.] 

335. Item, une belle pomme d'ambre et de must qui se oeuvrc 
par la moictie en deux pieces fermant a charnieres, et pendant a 
une petite chaienne; en laquelle a par dedens un ymaige de 

(i) Sur le grand prieur de Rhodes, on peut consulter la Chronique dii 
Religieux de Saint-Denis (IV, 343, 687). Le due de Bourgogne re(;oit 
plusieurs fois a sa table, en 141 o et en 1413, ce personnage employe pour 
menager la paix entrc le due de Berry et son neveu. (Voy. E. Petit, Itine- 
raire dcs dues dc Bourgogne, p. 374, 41)8.) 



JOYAUX, ETC. DONNKS A MONSEIGNEUR [fol. 49 vo] gq 

Nostre Seigneur ct un de Nostre Dame, de paincture; laquelle 

pommc Robinet d'Estampes donna a Monseigneur aux estrai- 

nes, le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et XI. 

Ces iiii parties acolees [332-335] sont aiiisi declairees ou in lviii" fiieillet 
dudit livre. 

[S G, n" 589; prise xlv s. t.] 

336. Item, un eschaquier de Jaspre et de cristal, fait aux armes 
de feu pape Gregoire (i), et par dehors est dc cippres, et y a un 
marrellier de marqueteure, et est garni d'eschaz de mesmes; 
tout en un estui. 

Reddite fuerunt per dictum Rohinetum iste due partes acolate [335-336] 
dictis executorihus, prout supra. — Corrigendum in compotis precedentibus. 
[S G, n" 924; prise xxii liv. x s. t.] 



PIERRERIE, TANT DES JOYAUX ET VAISSELLE DESPECEZ, CONTENUZ 
ES COMPTES PRECEDENS ET EN CESTUI PRESENT, COMME AUTRE- 
MENT. 



RUBIZ 



337. Item, deux petis rubiz. Tun dcsquielx est d'un portepaix 
d'or, qui fu de feu Symonnet de Dampmartin, declaire en la 
premiere partie du xii^ fueillet du livre desdiz comptes prece- 
dens, et I'autre est d'un autre portepaix d'or declaire en la 
seconde partie du xvi'^ fueillet ensuivant. Pour ce icy deux rubiz. 

[S G, n°= 925, 92G, 927 [n°» 337, 338, 341 de notre inventaire; le 927 
s'applique a notre 341]; prises ensemble xxii liv. x sous t.] 

338. Item, un gros ruby de mauvaise coleur, qui est d'un 



(i) Le feu pape Gregoire peut aussi bien designer Gregoire XI (Pierre 
Roger, ne au chateau de Maumont en Limousin, ou a Beaufort, en Anjou, 
selon d'autres auteurs), elu le 3o decembre 1370 et mort en 1404, que Gre- 
goire XII, elu le 3o novembre 1406, et depose au concile de Pise, le 
5 juin 1409. On pourrait plutot supposer qu'il s'agit du dernier, si Gre- 
goire XI n'avait pas une origine frampaise, ce qui expliquerait ses relations 
avec le due de Berry. (Voir leurs armoiries dans les Vies des Papes de 
Ciaconius, t. II, pp. 574 et 75o.) 



loo RTBIS DRPECES [fol. 5oj 

hannap de jaspre, declaire en la derreniere partie du centesme 

fueillet ensuivant ; pour ce icv i ruby. 

Tradite fuerunt per dictum Robinetum iste ii" panes acolate dictis 
executoribus, prout supra. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de eisdem. 

339. Item, un ruby en un artnel appellt* le Charbun de Bour- 
goigne. Ainsi declaire en la v-" partie du xxv^ fueillet dudit livre. 

Dictus rubinus redditus fuit et traditus per executores et dictum Robi- 
netum domino Regi cum pulcherrima cruce sibi data per dictum dominum 
Ducem, dum viveret, prout constat per iitteras dicti domini Regis datas 
xix'junii mil" CCCC» XVI°, hie redditas, que servient inferius pro pluribus 
aliis partibus in eisdem contentis ad exoneracionem dictorum executorum 
et dicti Robineti. Et ideo acquittatur hie de eodem. 

[B, n° 125.] 

340. Item, un autre ruby cabochon en un annel d'or que pie^a 
donna feu monseigncur de Bourgoigne a Monseigneur; lequel 
ruby mondit Seigneur appelle a present le Bonhomme. Ainsi de- 
claire en la vn*^ partie dudit xxv^ fueillet. 

K. — Datus fuit per Dominum nepoti suo domino duci Burgondie moderno, 
per mandatum suum datum iiii'" die maii anno M" CCCC" XII», hie tra- 
ditum; virtute cujus acquittatur hie de eodem dictus Robinetus. 

341 . Item, un ruby hors oeuvrc, de foible coleur. Ainsi declaire 
en la penultieme partie du xxx^' fueillet dudit livre. 

Redditus fuit per dictum Robinetum dictis executoribus, prout supra. Et 
ideo exoneratur hie idem Robinetus de eodem. 
[S G, n° 927.] 



RUBIZ ACHATEZ. 

342. Item, un ruby a creste, assis en un annel d'or, qui est le 
mcilleur et du nombre dc trois rubiz assiz en hi anneaulx, les- 
quielx Monseigneur achata a Paris, le xii« jour d'avril Fan mil 
CCCC et deux, avant Pasques, de Thomas Sophie, autrement 
dit Rollant, tous trois ensemble pour le pris et somme de ini'" 
escuz d'or, et desquielx rubiz est faicte mencion en la derreniere 
partie du clviii'^ fueillet dudit livre. Pour ce icy ledit ruby. 

K. — Dictus rubinus datus fuit domino duci Acquitanie per mandatum 
super tercia parte lxx*"' folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus 
Robinetus acquittatur hie de eodem. 



RUBIS ACHETKS [fol. 5o V°] lOI 

343. Item, un ruby nonime Ic Ruby de la montaigne, assis en 
uii annel d'or, lequel Monseigneur achata, le xxiiii« jour d'octo- 
brc Tan mil CCCC et V, de Jehan Sac, marchant demourant a 
Paris, pour le pris et somme de v™ escus d'or. Ainsi declaire 
en la v= partie du clx*^ fueillet dudit livre. 

Dictus ruby traditus et redditus fuit per dictum Rohihetum dictis execu- 
toribus, prout supra. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de eodem. 
fS G, n" 1 1 68; prise xv^ liv. t.] 

344. Item, un grant ruby plat en guise d'un cuer, assis en un 
annel d'or, que Monseigneur achata de Nicolas Picace, Guille- 
min Sanguin (i), Michaut dc Lalier et Jehan Sac, marchans et 
bourgois de Paris, le ini<= jour de septembre Tan mil CCCC et 
VI, pourle pris et somme de in"" escus d'or. 

Datus summo pontifici in uno annullo per mandatum super v" parte 
LXi folii hujus compoti traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur 
hie dc eodem. 

[B, n» 1 1 12.] 

345. Item, un tres bon ruby plat sur le longuet, appelle le 
Ruby de Berry, assis en un annel d'or, que Monseigneur achata 
de madame d'Orleans (2), ou mois d'avril Tan mil CCCC et 
VI 11 apres Pasques, la somme de xn'= escus d'or; et alentour 
dudit annel a xix dyamens plaz et roons, que mondit Seigneur 
achata de Baude de Guy, le ix^ jour dejuillet ensuivant, chascun 
du pris de v escus; valent iiii^'^ xv escus. 

Redditus fuit iste ruby et traditus predictis executoribus per dictum Ro- 
binelum, ut supra. Ideo exoneratur hie de eodem. 
[S G, n" 590; prise xvr- iiii'"' vii liv. x sous t.] 

346. Item, un petit ruby en un annel d'or, que mondit Sei- 
gneur achata de madictc dame d'Orleans ou mois de decembre 



(i) Sur I'hotel, la fortune et la famille de Guillemin Sanguin, consultez 
Paris et ses hisloviens aiix xiv" et xv" sidcles par Le Roux de Lincy et Tisse- 
rand (Paris, Imp. imp., 1867, in-4°). Sanguin avait ete anobli en 1400; les 
auteurs cites plus haut ont donne le dessin de ses armoiries (p. 040) et de 
longs details sur son role politique, sur les services qu'il rendit a Jean sans 
Peur et a son successeur. 

(2) Valentine d'Orleans, duchesse d'Orleans, mourut le 4 decembre 1408. 
Les joyaux achetes par le due de Berry en avril et decembre (n° 346) 1408, 
furent done vendus par elle dans les derniers jours de sa vie. 



102 ri:bis achetes [fol. 5 I vo] 

Tan mil CCCC et VIII, pour le pris et somme de ii'-^ escus d'or, 
paiez comptans par la main de Baude de Guy. 

K. — Datus fuit Johanni de Rinmo per mandatum super ultima parte 
cLiiii'' folii presentis compoti redditum, virtute cujus dictus Robinetus ac- 
quittatur hie de eodem. 

Ces III parties acolccs [344-346] sont ainsi dcclairees ou 11' lxix" fucillct 
dudit livrc. 

347. Item, un ruby appelle le Riibj' de la niic, pesant v caraz 
ou environ, assis en un annel d'or, lequel Monseigneur achata 
de Andre Sucre, dit Massay, marchant de Florence demourant a 
Paris, le xxvi^ jour de juing mil CCCC et IX, avec un balay et 
un dyament quarrez, cy apres escrips chascun en son ordre, 
tous ensemble pour le pris et somme de vn'" ni'^ escus d'or. 
Ainsi declaire en la ni'^ partie du n'-" lxx= fueillet dudit livre. 

[B, 11° 1 1 1 1 . — S G, 11° 1 1 69 ; prise xi-^ xxv liv. t.] 

348. Item, un petit ruby d'Orient qui a une fossete, assis en 
un annel d'or, lequel Monseigneur achata de Loys Gradenigo (i) 
marchant de Venise demourant a Paris, en septembre mil 
CCCC et XII, pour le pris et somme de in'" escuz d'or. Et 
est appele le Rubjy de la fossete; et n'est point rendu en recepte 

ou compte precedent. 

Tradite fuerunt iste W partes acolate [347-348] et reddite dictis cxecuto- 
ribus per dictum Robinetum, prout supra. Ideo exoncratur hie de cisdem. 

[S G, 11° 591 ; prise un" liv. t.J 

349. Item, un petit ruby tin, fait en facon d'un grain d'orge, 
assis en un annel d'or, que mondit Seigneur achata dudit 
Loys Gradenigo, le xvui^ jour de novembre, I'an que dcssus, 
pour le pris et somme de ni™ escuz d'or, et est apelle le Gi'ain 
d'orge. Et n'est point rendu en recepte ou compte precedent. 

Dictus dominus Dux, per suas patentes litteras datas xxn"** augusti 
M CCCC XV, hie redditas, fatetur habuisse et recepisse a dicto Robincto 

(i) Louis Gradenigo demeurait a Paris rue Neuve Saint-Merry. Ce detail 
est fourni par une sentence du prevot de Paris, datee de 1414, rendue sur 
un ditferend survenu entre ledit Gradenigo et un inarchand de Lucques 
nomme Pierre de Range. Dans cat acte, il est question d'une decharge de 
2,137 liv. 10 sols t. donnee par Mace Heron, tresorier du due de Berry, au 
profit de Louis Gradenigo (Arch. Nat. Y 5228, fol. 2i);prcuve nouvelle des 
relations constantcs du due de Berry avec tous Ics marchands italicns tixes 
a Paris. 



Rl'BIS ACHETES [fol. 5 I V°] I o3 

istum parvum ruby et cundeni tradidissc Paulo de Limbourc ct Hermando 
et Jehanncquino, ipsius fratribus et varlctis camere dicti domini Ducis, per 
modum pignoris et securitatis somme M scutorum auri, de quo quidem 
ruby idem dominus Dux voluit et mandavit per easdem litteras ipsuin Ro- 
binetum, reapportando predictas litteras una cum recognicione ipsorum 
camere varletorum, exonerari; a quo Paulo dumtaxat attulit litteras reco- 
gnicionis, que videanlur si sufficiant. 



RUBIZ DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR. 

35o. Item, un ruby appelle le Ciier de France, assis en un an- 
nel d'or que feu monseigneur de Bourgoigne, que Dieux absoille, 
a laissie en son testament a Monseigneur, avec un dyament non 
fait, cy apres rendu ou chapitre des dyamens. Pour ce icy seule- 
ment ledit ruby. Ainsi declaire en la n= partie du n*^ xnii° fueillet 

dudit livre. 

Traditus fuit et redditus dictus ruby predictis executoribus, prout supra, 
per dictum Robinetum. Ideo exoneratur hie de eodem. 

[S G, n" 592; prise viir- liv. t.] 

35 I. Item, un petit ruby cabochon, assis en un annel, que 
monseigneur le conte d'Eu (i) donna a mondit Seigneur aux es- 
trainnes, Tan mil CCCC et IX. 

K. — Datus fuit Johanni Lebourne, contrarotulatori expensarum Domini, 
per mandatum super prima parte lxix folii hujus compoti traditum ; virtute 
cujus acquictatur hie dictus Robinetus de eodem. 

352. Item, un grant ruby plat, appelle le Ruby de la poulle, 
assis en un annel d'or, que feu Monseigneur le due d'Orleans 
donna a mondit Seigneur. 

K. — Datus fuit Guillelmo, domino de Lode, per mandatum super prima 
parte lxix folii hujus compoti traditum; virtute cujus acquittatur hie dictus 
Robinetus de eodem. 

Ces II parties acolees [35i-352] sont ainsi declairees es penultieme et 
derreniere partie du iii" viii° fueillet dudit livre. 



(i) Philippe d'Artois, comte d'Eu, connetable de P'rance, epousa, vers 1 392, 
Marie, fille du due de Berry, veuve de Louis de Chatillon, comte de Dunois, 
mort en 1391. Fait prisonnier a la bataille de Nicopolis, il mourut chez les 
Turcs en i 397. Son fils Charles d'Artois, comte d'Eu, qui passa vingt-trois 
ans en captivite apres Azincourt et mourut en 1472, etait done petit-tils du 
due de Berry. C'est de Itii qu'il s'agit dans le present article. 



104 RUBIS BONNES A MONSEIGNEL'R [fol. 52] 

353. Item, un annel d'or oti il a un ruhy taillie d'une teste cou- 
ronnee a la semblance d'un Roy, que feumessire Jehan de Mon- 
tagu (i), en son vivant grant maistre d'ostel du Roy, donna a 
mondit Seigneur. 

Raie, car il est escript apres ou chapitre dcs scaulx ct signez. 

354. Item, un ruhy taillie en facon dc rose, assis en un annel 
d'or, que madame la Duchcsse donna a mondit Seigneur, le 
xviie jour de may Tan mil CCCC et XI. 

Dictus dominus Dux, per suas patentes Htteras, datas 11''" die aprilis 
MGCCCXV ante Pascham, fatetur cepisseet reccpisse a dicto Robineto istum 
ruby et eundem dedisse regi Romanorum, cognato suo; que littere fuerunt 
hie retente et servient inferius pro pluribus partibus. Et ideo exoncratur 
hie de eodem. 

355. Item, un petit ruby en un annel d'or, que Andre Ra- 
ponde donna a Monseigneur de par la ville d'Avignon (3^, ou 

mois de juing Tan mil CCCC et XI. 

Et [per] alias Htteras patentes ipsius domini Ducis, datas vii"" julii 
MGCCCXV, hie redditas, idem dominus Dux fatetur cepisse et recepisse a 
dicto Robineto dictum parvum ruby et ipsum dedisse Tcvenino de Monti- 
gny, suo varleto camere. Et ideo acquittatur hie dictus Rohinetus de eodem. 

Ces II parties acolees [354-355] sent ainsi declairees es inr et vi» parties 
du HI" Lix» fueillet dudit livre. 

356. Item, ung gros ruby en un annel d'or, que monseigneur 
de Charroloys (3) donna a monseigneur le Due aux estrainnes, le 

(i) Jehan de Montaigu, seigneur de Marcoussis, vidame de Laonnois, 
grand maitre d'hotel et secretaire du Roi, est bien connu par sa fin tragi- 
que sur laquelle on trouve de curieux details dans le Journal d'lin bourgeois^ 
de Paris, publie par M. Tuetey. Le due de Berry avait vainement intercede 
en sa faveur {Chronique du Religieiix de Saint-Denis, IV, 275). Jean de 
Montaigu eut la tete tranchee le 17 octobre 1409, et son corps ne fut enleve 
du gibet, pour etre inhume aux Celestins de Marcoussis, que le 27 septcm- 
bre 1412. 

(2) Excommunie par le pape Urbain en 1409, sur les instances du due 
de Bourgogne, en compagnie des dues de Bourbon, d'Orleans et du comtc 
d'Armagnac, le due de Berry s'ctait peut-etre rendu aupres du pape pour 
faire lever la sentence d'excommunication, ce qui expliquerait ses relations 
avec la ville d'Avignon (Douet d'Arcq, Choix de pieces inedites, I, 401). 

(3) Philippe de Bourgogne, comte de Charolais, ne a Dijon le 3o juillet 
1396, tils aine de Jean sans Pcur, devint due de Bourgogne a la mort de 
son pere, en 1419. II epousa en premieres noces une tille de Charles VI, 
Michelle, qui mourut en 1422, sans enfants ; en deuxiemes noces (1424) 
Bonne d'Artois, veuve du comtc de Nevcrs, puis, apres la mort de celle-ci, 
Isabelle de Portugal (1449)- 



RUBIS DONNES A MONSEIGNELR [fol. 52 V^] I o5 

premier jour de Janvier Tan mil CCCG et XII, et n'est point 
rendu en recepte ou compte precedent. 

K. — Datus fuit uxori Mathei Heron, thcsaurarii Domini, per mandatum 
super vi'* parte lxx"' folii hujus compoti redditum ; virtutc cujus dictus 
Robinetus acquictatur hie de codem. 

357. Item, ung petit rubi cabouchon, assis en un annel d'or, 
que Loys Gradenigo donna a Monscigneur aux estrainnes mil 
CCCG et XII, et n'est point rendu en recepte ou compte pre- 
cedent. 

K. — Datus fuit per dominum Ducem domine ducisse Borbonii, [ut] cons- 
tat per mandatum suum, hie redditum, datum xi* die novembris anno 
M" CCCC" tercio decimo. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem. 

358. Item, un ruby taillie en fa^on d'une croix, assis en un 
annel d'or, lequel madame la duchesse donna a Monseigneur 
aux estrainnes, le premier jour de Janvier Fan mil GCGG et XI. 
Ainsi declaire en la penultieme partie du ii<^ lix^ fueillet dudit 
livre. 

Datus fuit Matheo Heron, thesaurario dicti Domini per mandatum 
super prima parte lxix folii hujus compoti traditum; virtutc cujus dictus 
Robinetus acquittatur hie de eodem. 



BALAIZ DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE- 

359. Item, de xxxv balais (i) qui estoient en une grant croix 
d'or appellee la Croix an camahieu, declairee en la derreniere 
partie du cxxxii^ fueillet du livre des comptes precedens, est 
acquictie ledit Robinet d'Estampes de quatre desdiz balaiz pour 
les causes contenues es corrections faictes sur ladicte partie; et 
les autres xxxi sont cy renduz et declairez en la maniere qui 
s'ensuit : 



(i) D'apres le Glossaire des Emaiix, la dit!erence du rubis proprement dit 
et du rubis balai consisterait dans la nuance. Tandis que le premier etait 
rouge vifde cochenille, le balai serait d'un rouge cedant au rose [sic). Comme 
aucune preuve n'est invoquee a I'appui de ces distinctions, il y aurait lieu 
de se demander si le moyen age observait bien exactement ces ditferences 
d'une appreciation assez delicate. 



106 BALAIS DEPECES [fol. 52 V"] 

a. Et premiercmcnt, en y a dix plusgros que les autres, de plu- 
sieurs famous et sortes, c'est assavoir : 

Le balay appelle le Balaj' dii pape, qui est sur le roont, per- 
tuisd, et est glaceux en pluseurs lieux ; pesant xii'"' caraz de Paris 
ou environ. 

Un autre balay, pesant cxlvh caraz de Paris ou environ, 
lequel est percie, et cabochon d'un coste et sur le plat de 
I'autre. 

Un autre balay, pesant cxxxn caraz ou environ, lequel n'est 
point percie, et est sur le longuet cabochon d'un coste et plat de 
Tautrc sur le quarre. 

Un autre balay pesant cxli caraz de Paris ou environ, lequel 

est cabochon et sur le plat de deux costez, et percie au long. 

Isti quatuor balaiz acolati, cum vi aliis inde sequentihus in prima pagina 
folii sequcntis, traditi fuerunt per executores ipsius defuncti domini Ducis 
et dictum Robinetum domino nostro Regi cum pulchcrrima cruce sibi per 
dictum dominum Ducern, dum viveret, data, prout constat per litteras 
patentes suas xix» junii mil CCCC XVI«, hie redditas, que servient inferius 
pro pluribus aliis partibus ibidem dcclaratis ad exoneracionem dictorum 
executorum et ipsius Robineti. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de 
eisdem. 

Un autre balay, appelle le Balay de la creste du coq, lequel 

est cabochon sur le longuet et percie au long; pesant vin^'^x caraz 

de Paris ou environ. 

[B, 121]. 

Un autre gros balay qui souloit estre ou milieu d'une croix, 
appellee la Croix dc Bourgoigne, qui fu despecee, lequel balay 
est cabochon, et a une glace sur Tun des costez, et percie au 
long ; pesant ii'^ xxvni caraz de Paris ou environ. 

Un autre balay que donna feu monseigneur de Bourgoigne, 
qui est longuet sur le cabochon d'une part, a une breche sur le 
coste, et de Tautrc part est sur le plat et percie au long; pesant 
vni^'' X caraz de Paris ou environ. 

Un autre balay cabochon et longuet, sur la fa(;on d'un 
quartier de poire, et percie au long; pesant vni^^ xu caraz ou 
environ; lequel feu mondit seigneur de Bourgoigne donna 
semblahlemeni. 



BALAIS DEPECKS [fol. 53] \OJ 

Un autre balay, recouvrc de Anthoine Manchin et Macaye 
qui Tavoient en gaige du temps de feu Jehan d'Estampes. 

Et un autre balay que donna feu nionseigneur d'Orleans, 
lequel est cabochon et longuel, percie au long, ouquel a une 
fossete en maniere d'un cueur; pesant iiii^^ xix caraz de Paris 
ou environ; pour ce icy dix desdiz balaiz. 

b. Item, V autres desdiz balaiz, de pluseurs sortes, lesquielx 

sont en fat^on dc cuvetes, dont il en y a deux perciez ; pour ce icy 

lesdiz V balais. 

De istis v balais, dominus Dux dedit unuin regi Romanorum, prout 
constat per litteras suas patentcs, ii*"^ aprilis M CCCC XV ante Pascham 
datas, superius redditas. Et alii quatuor balaiz traditi fuerunt executoribus 
dicti domini Ducis per dictum Robinetum, prout supra. Et ideo acquittatur 
hie dictus Robinetus de dictis quinque balaiz. 

c. Item, VII autres desdiz balaiz, aussi de pluseurs sortes, 
lesquielx sont quarrez, dont il en y a deux perciez, desquielx 
deux Tun est glaceux; pour ce icy lesdiz vii balaiz. 

De istis vii balais datus fuit unus per dictum duminum Duccm revercndo 
in Christo patri domino archiepiscopo Bitturicensi, prout constat per litteras 
dicti domini Ducis, datas viii'' die jannuarii mil CCCC XV, hie redditas, que 
servient inferius pro aliis partibus ibidem declaratis. 

Et alii VI balaiz redditi fuerunt executoribus ipsius domini Ducis per 
dictum Robinetum, prout supra. Ideo cxoneratur hie idem Robinetus de 
dictis VII balaiz. 

d. Item, VII autres desdiz balais, lesquielx sont cabochons, 
de pluseurs famous et sortes ; pour ce icy lesdiz vii balaiz. 

Tres de istis vii balaiz Iradili fuerunt per executores dicti domini 
defuncti Ducis et dictum Robinetum domino nostro Regi cum pulcherrima 
cruee, causa ut supra. Et quatuor alii balaiz redditi fuerunt dictis execu- 
toribus per dictum Robinetum, prout supra. Ideo exoneratur hie idem 
Robinetus de dictis vii balaiz. 

e. Item, un autre desdiz balaiz, lequel est d'un coste plat sur 

le quarre et de I'autre coste est cabochon, et pertuisie a deux 

bouz; pour ce icy ledit balay. 

Iste balay traditus fuit per dictos executores et Robinetum domino nostro 
Regi cum pulcherrima cruee sibi [data] per dictum dominum Ducem, prout 
supra. Ideo exoneratur hie idem Robinetus de eodem. 

/. Item, un autre desdiz balaiz, lequel est plat d'un coste sur 
la fa^on d'un cueur, et de I'autre part est cabochon, et pertuisie 
a un bout ; pour ce icy ledit balay. 



108 BALAIS DEPECES [fol. 53 V"] 

Toutes lesquellcs parties montent a ladicte sommc de xxxi 
halaiz. 

Dictus dominus Dux, per suas litteras da'tas x» mcnsis scptembris 
mil CCCC XV, superius redditas, fatetur dictum balay a dicto Robineto 
reccpisse, et eundem dedisse domino comiti Augi. Ideo exoncratur hie idem 
Robinetus dc eodcm. 

[S G, n" I i8o : quatre balais cabochons yssus dc la Croix an camahieu: 
IX' XX liv. t. — n" 1181 : quatre aulres balais yssus de ladicte croix :xviii'=iin" 
]iv. t. — n" 1 182 : six autres balais quarres yssus de la dicte croix : m" 
liv. t.] 

360. Item, dc trois gros balaiz qui sont d'un grant joyau d'or 
fait de maconnerie en maniere de tabernacle, declaire es ii^ lvh^ 
et n'^ Lvni<= fueillez dudit livre, dont ledit Robinet est chargie sur 
la partie dudit joyau. Tun prins d\ine grant saliere d'agatlic, 
Tautrc long prins d'un reliquiere, ou il a unc dcs dens de Tenf- 
fance Nostre Dame, et I'autrc cabochon achate de Jehan de Cal- 
valnay ni"" francs, i cellui Robinet rent le premier en ladicte saliere 
cy apres ou chapitre de la vaisselle pour panneterie. Pour ce, icy 
seulement les autres deux balaiz dessusdiz. 

Duo de istis in balaiz traditi fuerunt per cxecutores ipsius defuncti 
domini Ducis et per dictum Robinetum domino nostro Regi cum pulcher- 
rima cruce sibi data, prout supra arrestatur. Ideo cxoneratur hie idem 
Robinetus de eisdem. 

36 1. Item ii^ xviii balaiz, que ungs que autres, de pluseurs 
sortes, dont il en y a vn^^ xnii tant moiens comme petis, et les 
autres lxihi sont petis balaisseaux; laquelle pierrerie est issue des 
joyaulxet vaisselle qui s'ensuivent(i), c'est assavoir : d'un ymaige 
d'or de Dieu le Pere, declaire en la premiere partie du x^fueillet 
du livre des comptes precedens : xv balaiz. 

Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, de;:lairc en la 
iH'^ partie dudit fueillet : xxix tant balaiz comme balaisseaux. 

Item, d'un portepaix d'or qui fu de feu Symonnet de Damp- 
martin, declaire en la premiere partie du xii^^ fueillet ensuivant : 
XI tant balaiz come balaisseaux. 

Item, d'un joyau d'or du baptisement Nostre Seigneur, declaire 
en la ni'^ partie du xnu"^ fueillet ensuivant : ix balaiz. 



1) Comparer rdnumeration de I'artjcle 36i avec celles des n" SGy et 462. 



DALAIS DKPF.CES [fol. 34] lOQ 

Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la 
iiii« partie dudit xiiii'^ fueillet : xii tant balaiz comme balaisseaux. 
Item, d'un ymaige d'or de saint Jehan euvangeliste, declaire 
en la v^ partie dudit fueillet : vi balaisseaux. 

Item, des ymaiges de saint Jehan Baptiste, saint Pol et saint 
Pierre, declairezes premiere, ii'-'et iii*^ parties du xv'^ fueillet ensui- 
vant : xni balais. 

Item, d'un yniaige d'or de saint Denis, declaire en la vi'^ partie 
dudit xv« fueillet : iiii balais. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Charlemaigne, declaire en la 
premiere partie du xvi^ fueillet ensuivant : i balay. 

Item, d'un portepaix d'or, declaire en la if partie dudit fueillet : 
VI balaiz. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Loys (i), declaire en la pre- 
miere partie du xvii^ fueillet ensuivant : vii balais. 

Item, d'un petit barrillet de cristal, declaire en la if partie du 
Lxx= fueillet ensuivant : ii balaiz. 

Item, d'un petit portepaix d'or oil il a une croix ou milieu, 
declaire en la v^ partie du lxxif fueillet ensuivant : ii balaiz. 

Item, d'uns grans tableaux d'or bien pesant, csmaillez par de- 
dens tres richement, declairez en la iiF partie du cxxxiiiF fueil- 
let ensuivant : i balay. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, declaire en la 
IF partie du cxliF fueillet ensuivant : vi balaisseaux. 

Item, d'un grant goubelez d'agathe, a deux ances de mesmes, 
declaire en la derreniere partie du ciiii^^ iiF fueillet ensuivant : 
xxiiii petis balais. 

Item, d'un tableau d'or bien pesant, que donna le [sic] Royne, 
declaire en la iF partie du ciiii^'^ x= fueillet : i balay. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Thomas appostre, declaire en 
la premiere partie du ciiii^^ xiiiF fueillet ensuivant : in balais. 

(i) M. E. Petit, Itine'raires des dues de Bourgogne (p. 544), nous apprend 
que Philippe le Hardi avait offert a son frere Jean une image de saint 
Louis garnie de pierres precieuses, du prix de 3o2 francs d'or, aux etren- 
nes de iSgS. Cette image ne figure plus a notre inventaire, que dans la 
presente enumeration de joyaux detruits. 



I 10 BALAIS DEPECES [fol. 5^ V°] 

Item, d'un ymaige d'or de la Magdalene, deciaire en la ir par- 
tie du ciiii^'^ xv^ fueillet ensuivant : v balais. 

Item, d'une saliere d'agathe garnie d'or, declairee en la ni<= par- 
tie du ccxxvH'^ fueillet : i halay. 

Item, d'un grant pot de cristal, deciaire en la n*^ partie du 
ii<^ nii^^ Mil'-' fueillet ensuivant : xv tant halaiz comme balais- 
seaux. 

Item, d'un grant goubelet de cristal, deciaire en la v^ partie 
dudit fueillet : xini tant balaiz comme balaisseaux. 

Item, d'uns tableaux d'or en facon d'unes Heures, declairees 
en la nn'^ partie du ii*-" nn^^ xvi<= fueillet ensuivant : ii balais- 
seaux. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Andre appostre, deciaire en la 
premiere partie du ii^' iiii^^ xvin*^ fueillet ensuivant : v balaiz. 

Item, de deux petis chandelliers d'or, declairez en la derreniere 
partie du ii'^ iiii^^ xix<= fueillet ensuivant : vi balaisseaux. 

Item, de xn chastons ou culez d'or, declairez en la iii*^ partie 
du ni^' H"^ fueillet ensuivant : n balaiz. 

Item, d'une nef d'or (i) assise sur nii tigres, declairee en la 
derreniere partie du in'-' Lnii« fueillet ensuivant : xvi balaiz. 

Lesquelles parties montent ensemble a ladicte premiere somme 
de n^ xvHi balaiz, que uns que autres, de pluseurs sortcs, pour 
cc icy vn'''' xnii balaiz, tant moiens comme petis, et lxhu petis 
balaisseaulx. 

K. — De numcro dictorum vii" xiiii balaiz dominus Dux recepit et habuit a 
dicto Robineto mi" xii qui positi fuerunt insuo magno tabulo reliquiis mu- 
nito, per eum in sua capella Bitturis capto et dato ecclesie Parisiensi, [ut] 
constat per mandatum suum datum iiii'^ die maii M" CCCC°XIII°, hie red- 



(i) La nef etait une sorte de necessaire en metal precieux, contenant les 
epices pour I'usage du souverain ou des princes. EUe resta en usage jus- 
qu'a la fin de I'ancienne monarchie. Les niemoires du xvii" siecle nous font 
connaitre dans ses details la nef d'or de Louis XIV. L'inventaire du roi 
Charles V offre I'enumeration d'une vingtaine de nefs, la plupart en argent. 
Beaucoup de ces recipients qui prirent par la suite le nom de cadenas, 
etaient supportcs par des animaux formant les pieds. M. de Laborde cite 
une nef d'or donnee par le due de Berry a Charles VI pour les etrennes 
de 1404, reposant, comme celle qui est decrite ici, sur quatrc ligres. II parait 
difficile d'admettre que ce soit la meme. 



BALAIS DEPKCKS [fol. 55] III 

turn, serviens alibi pro iiii"^" xii saphiris et cl perlis similiter positis in dicto 
tabulo. Virtule cujus inandati dictus Robinetus acquittatur hie de predictis 
iiii" XII balaiz. 

Et vi"" VI balaiz, pro residue dictorum ii"^ xvui balaiz, traditi fuerunt per 
dictum Robinetum dictis executoribus; convertendum in facto dicte execu- 
cionis, prout supra. Ideo exoneratur hie idem Robinetus de eisdem. 

[S G, n° 288; prise iii'^ ini"" xiii liv. t.] 

362. Item, de trois pctis balaiz qui sont de la pierrerie que Re- 
nequin de Harlen a rendue, declairez en la penultieme partie du 
iic Lxxie fueillet dudit livre, ledit Robinet est acquictie sur ladicte 
partie de Tun desdiz balaiz. Pour ce, icy ii petis balaiz. 

Dicti II parvi balaiz traditi fuerunt et redditi dictis executoribus per dic- 
tum Robinetum, prout supra. Ideo exoneratur hie de eisdem. 

[S G, n° 289; prise viii Hv. t.] 



BALAIZ ACHATEZ PAR MONSEIGNEUR LE DUG. 

363. Item, un gros balay, appelle le Gros balay de VeniseM- 
quel Monseigncur achata de feu madame la duchesse d'Orleans, 
le xiii« jour de Janvier Tan mil CCCC et VII, pour Ic pris et 
somme de xviii'" frans. 

Dictus balay per dictos executores et Robinetum traditus fuit domino 
nostro Regi cum pulcherrima cruce, sibi per dictum dominum Dueem, dum 
viveret, data, prout supra arrestatur. Ideo exoneratur hie idem Robinetus 
de eodem. 

364. Item, un gros balay cabochon a une tranche, appelle le 
Balay d'Orenge, lequel Monseigneur achata de messire Jaques 
de la Riviere (i) etdu sire de Viezpont(2),le derrenier jourd'octo- 



(i) Jacques de la Riviere, seigneur d'Auneau, fils de Bureau de la Riviere 
et de Marguerite, dame d'Auneau et de Rochefort, dame d'honneur d'lsa- 
beau de Baviere. Sur sa tin tragique on peut consulter : Tuetey, Journal 
d'lin bourgeois de Paris (p. 3 1 , 44). Apres son execution, le corps du sup- 
plieic fut pendu aux Halles le 10 juin 141? et enterre seulement le 23 aout 
suivant. (Voy. aussi Chronique du Religieux de Saint-Denis, tome V, p. 21, 
55, 147.) 

(2) Ives, seigneur de Vieuxpont, etait attache au service du roi de France. 
Envoye en ambassade avecl'eveque de Chalon et Simon de Nanterre aupres 
du due de Bourgogne, il se trouvait a Dijon en mai et juin 1415 (Voy. E. 
Petit, Itiueraire clcs dues de Bourgogne, p. 411^-419 et ci-dessous n" 427.) 



112 BALAIS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 55 V"] 

bre Tan mil CCCC et VIII, pour le pris et sonime de ii"" 
escus d'or. 

Iste grossus balaiz traditus fuit per dictos executores et Robinetum do- 
mino nostro Regi cum pulcherrima cruce, sibi per dictum dominum Ducem 
data, prout superius arrestatur. Ideo cxoneratur hie idem Robinetus de 
eodem. 

365. Item, un gros balay quarre, pesant xliii caraz de Jannes 

ou environ, assis en un annci d'or, lequel Monseigneur achata 

de Andre Sucre, dit Massay, le xxvi^ jour de juing mil CCCC 

et IX, avcc le Ruby dc la niie, cy-devant rendu ou chapitre des 

rubiz, ct avcc un dyament quarre qui depuis a este baillie audit 

marchant, tout ensemble pour le pris ct somme de vii"" 

in<^ escus d'or. 

Traditus fuit et rcdditus iste grossus balay dictis executoribus per dic- 
tum Robinetum, prout supra. Ideo exoneratur hie de eodem. 

Ces HI parties acolees [363-365] sont ainsi declairees ou ii' lxxii" fueillet 
dudit livre. 

[S G, n° 593; prise xvr iiv. t.] 



BALAIZ DONNEZ A MONDIT SEIGNEUR. 

366. Item, un bel et gros balay longuet qui fu achate de Char- 
les de Vivant pour le pris et somme de xvni'" escus d'or, 
dont le Roy en paia, pour les estraines de mondit Seigneur de 
HI annees, c'est assavoir mil CCCC et un, mil CCCC et deux, 
mil CCCC ct trois, xini"^ escus, et mondit Seigneur paia le 
surplus qui est ini"^ escus; pour cc, icy ledit balay. Ainsi declairti 
en la ni'^ partie du n^ xvi'= fueillet dudit livre. 

Traditus fuit dictus balay per dictos executores et Robinetum domino 
nostro Regi cum pulcherrima cruce, sibi per dictum dominum Ducem, dum 
viveret, data, prout supra plenius arrestatur. Ideo exoneratur hie idem Ro- 
binetus de eodem. 



SAPHIRS DESDIZ JOVAfLX ET VAISSELLE. 

367. Item, \\^^ XI saphirs, que uns que autres, de pluseurs 
sortes, dont il en y a v grossez, iiii^^ xiii lant moiens comma 



SAPHIRS DES JOYAUX [fol. 56 V] Il3 

pctis, et XXXIII autres plus pctis ; laquclle pierrerie est yssue des 
joyaulx et vaisselle qui s'ensuivent, c'est assavoir : 

D'un ymaige d'or de Dieu le pere, declaire en la premiere par- 
tie du x'^ fueillet du livre desdiz comptes precedens : xvi saphirs. 
Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iiF par- 
tie dudit fueillet : xii saphirs. 

Item, d'un portepaix d'or qui fu de feu Symonnet de Damp- 
martin, declaire en la premiere partie du xii^ fueillet ensuivant : 
n saphirs. 

Item, d'un Joyau d'or du Baptisement Nostre Seigneur, de- 
claire en la iii^ partie du xiiiie fueillet ensuivant : vii saphirs. 

Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iiii^ par- 
tie dudit xiiii<^ fueillet : iiii saphirs. 

Item, des ymaiges de saint Jehan Baptiste, saint Pol et saint 
Pierre, declairez es premiere, ii^ et iiic parties du xv= fueillet en- 
suivant : XVI saphirs. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Denis, declaire en la vi^ partie 
dudit xv*: fueillet : ii saphirs. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Charlemaigne, declaire en la 
premiere partie du xvi<; fueillet ensuivant : i saphir. 

Item, d'un portepaix d'or, declaire en la ii-^ partie dudit fueil- 
let : II saphirs. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Loys, declaire en la premiere 
partie du xvii<= fueillet ensuivant : in saphirs. 

Item, d'un hannap d'or qui fu du roy Jehan, declaire en la 
lie partie du xxiiii^ fueillet ensuivant : i saphir. 

Item, d'un pie et couvercle d'or pour un voirre, declairez en 
la premiere partie du xli-^ fueillet : i saphir. 

Item, d'un petit barrillet de cristal, declaire en la ii^ partie du 
Lixi^ fueillet ensuivant : ii saphirs. 

Item, d'un petit portepaix d'or ou il a une croix ou milieu, 
declaire en la v^ partie du lxxii<= fueillet ensuivant : ii saphirs. 
Item, d'une petite saliere d'or, declairee en la ii= partie du 
iiiixx viie fueillet ensuivant : i saphir. 

Iteni, d'uns grans tableaux d'or bien pesant, esmaillez par 



114 SAPHIRS DRS JOYaUX [fol. S-j] 

dedens tres richement, declairez en la iii*^partie du cxxxiiii^ fueillet 
ensuivant : i saphir. 

Item, d'un petit ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, declaird 
en la ii^ partie du cxlii« fueillet ensuivant : in saphirs. 

Item, d'un grant goubelet d'agathe a deux ances de mesmes, 
declairie en la derreniere partie du cini^^ in« fueillet ensuivant : 
I saphir. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Thomas appostre, declaire en 
la premiere partie du cnii^'' xiiii^ fueillet ensuivant : i saphir. 

Item, d'un ymaige d'or de la Magdalene, declaire en la 
11^ partie du ciiii^-'' xv« fueillet ensuivant : vii saphirs. 

Item, d'une saliere d'or, declairee en la v^ partie du ii'^ xxvii^ 
fueillet ensuivant : i saphir. 

Item, d'un hannap de jaspre garni d'or, declaire en la 
iiii^ partie du ii'^ xxxi*^ fueillet ensuivant : i saphir. 

Item, d'un goubelet de cristal, declaire en la premiere partie 
du 11'-^ xxxii<^ fueillet ensuivant : i saphir. 

Item, d'un grant pot de cristal, declaire en la w partie du 
w^ iiii^^ 1111= fueillet ensuivant : vin saphirs. 

Item, d'un grant goubelet de cristal, declaire en la v^ partie 
dudit fueillet : ix saphirs. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Andrei appostre, declairt5 en la 
premiere partie du i^" iiii^^ xviii'^ fueillet ensuivant : vii saphirs. 

Item, de xii chastons ou culez d'or, declairez en la iii*^ partie 
du H^' 11^ fueillet ensuivant : iiii saphirs. 

Item, d'une saliere d'une coquille de perles, declairee en la 
premiere partie du iii<-' xxiii"^ fueillet ensuivant : i saphir. 

Item, d'un long goubelet de cristal a pluseurs quarrez, declaire 
en la 1111= partie du iii^ xxvin<= fueillet ensuivant : i saphir. 

Item, d'une nef d'or assise sur iiii tigres, declairde en la der- 
reniere partie du ni'^ Lini<= fueillet ensuivant : xii saphirs. 

Item, d'un hannap d'or couvert, declaire en la iii'^ partie du 
HI'-' Lv<= fueillet ensuivant : i saphir. 

Lesquelles parties moment ensemble a ladicte premiere somme 
de \i^^ XI saphirs, que uns que autres, de pluseurs sortes; pour 



SAPHIRS DES JOYAUX [fol. Sy V°] Il5 

ce icy v grossez saphirs, iiii^'^ xiii autres saphirs, tant moiens 
comme petis, xxxiii autres plus petis saphirs. 

K. — De dicto numero iiii" xiii saphirorum Dominus habuit a dicto Robi- 
binetu nii" xii, quos poni fecit in quodani magno tabulo, de quo in arresto 
scripto super ultima parte liii'"' folii hujus compoti fit mencio; de quibus 
IIII"" XII saphiris dictus Robinetus acquittatur hie per mandatum redditum 
super dicta ultima parte liii folii dicti presentis compoti. 

Et residuum dictorum vi" xi saphirorum, quod est xxxviii, Iraditum et 
redditum fuit predictis executoribus per dictum Robinetum; convertendum 
in facto dicte execucionis, prout supra. Ideo exoneratur hie idem Robinetus 
dft eisdem. 

[S G, n" 290; de cinq gros saphirs, un autre saphir et xxxiii autres 
saphirs restans de vi" xi saphirs... prises inr" liv. t., vendus iiu"x liv. t.] 

368. Item, uii petit annel d'or, ou il a un tres petit saphir et 
deux bien petis dyamens poinctus, lequel annel est d'un ymaige 
d'or de Nostre Dame declaire en la in^ partie du x'= fueillet du 
livre desdiz comptes precedens. Pour ce icy ledit annel garni 
comme dit est. 

[S G, n° 928; prise un liv. t.] 

369. Item, un saphir a vni costes, assis en un annel d'or a 
jour, qui fu de feu monseigneur de Bourgoigne. 

[B, n° 1 36. — S G, n° 594; prise xl liv. t.] 

370. Item, un saphir hautelet en un annel d'or. 

Iste III partes acolate [SGS-jyo] traditc fuerunt et reddite dictis executo- 
ribus per dictum Robinetum, ut supra. Ideo acquittatur hie de eisdem. 

Ces II parties acolees [369-370], sont ainsi declairees es 1111° et xii° par- 
ties du xxv° fueillet dudit livre. 

[S G, n" 595 ; prise vi liv. xv sous t.] 

371. Item, un grant saphir de taille, lequel a une fosse 

sur I'un des costez, appelle le Saphir de Meleiin (i), lequel est a 

present en un annel. Ainsi declaire en la ix^ partie du xxvni^ 

fueillet dudit livre. 

Dictus magnus saphir per dictos executores et Robinetum traditus fuit 
domino Regi cum pulcherrima cruce sibi per dictum defunctum dominum 
Dueem, dum vivebat, data, prout superius arrestaiur. Ideo exoneratur hie 
Robinetus de eodem. 

[B, n" 174.] 

(i) n Garni d'un fillet d'or » : Invent. B, n° 174. 



Il6 SAPHIRS DES JOYAUX [fol. 58] 

372. Item, Line grosse loupe (i) de saphir, gtirnie d'un tilet 
d'or alentour, pendant a une chaienne d'or, qui fu de feu mon- 
selgneur d'Estampes. Alnsl declaire en la derreniere partie du 
Lxini'^ fueillet dudit livre. 

Traditum fuit et redditum predictis executoribus, prout supra, per dictum 
Robinetum. Ideo exoneratur hie. 
[B, n" 58o. — S G, n° 596; prise xxii iiv. x s. t.] 

373. Item, un saphir sur le roont d'un coste et plat de Tautre, 
qui tient de la loupe, garni d'or, qui fu dudit feu monseigneur 
d'Estampes. 

[B, 11° 58 1. — S G, 11° 5g7; prise xxv Iiv. t.] 

374. Item, une loupe de saphir longuet, garni d'un filet d'or, 
pendant a deux petites chaiennetes d'or. 

Ces II parties acolees [373-374] sont declairees es i" et 11° parties du 
LxV fueillet dudit livre. 

[B, n' 582. — S G, n° 929; prise xxx sous t.] 

375. Item, VI tabletes de saphirs d'ancienne fa^on, de petite 
valeur, assises en verges d'or d'ancienne fac^on, escriptes avec un 
mauvaiz dyament, en la xin<= partie du iiii'^^ xv« fueillet. Pour ce 
icy lesdiz vi saphirs. 

[B, n" 881. — S G, n" 93o; prise vi Iiv. t.] 

376. Item, un annel (2) d'ancienne fac;on, ou il a un gros 
saphir de petite valeur. Ainsi declaire en la derreniere partie du 
iHi^^ xv" fueillet dudit livre. 

[B, n" 883. — S G, n° 931 ; prise iiii Iiv. t.] 

377. Item, un gros saphir quarre en sa face, ouquel souloit 
avoir une teste d'omme entaillee, qui fu de feu monseigneur de 
Bourgoigne, et souloit estre en un collier d'or, declaire en la 
ini<= partie du xxv^ fueillet dudit livre; lequel est appele le Grant 
saphir de Bourgoigne. 

Tradite fuerunt istc quinque partes acolatc [373-377] et reddite predictis 



(i) Suivant le Dictionnaire dc Tvevoux, dont Littrc a reproduit la deti- 
nition, ce tcrme se dit des pierres precieuses que la nature n'a pas achcvees 
et qui sont demeurees imparfaites. Et le glossaire donne comme exemples : 
loupes de saphirs, loupes de rubis et loupes d'emeraudes. 

(2) (( D'or M Inv. B, n° 883. 



SAPHIRS DES JOYAUX [fol. Sq] II-; 

executoribus per dictum Robinetum, ut supra. Idco exoneratur hie dc 
eisdem. 

[S G, n» 1327; prise xV francs.] 



SAPHIRS ACHATEZ PAR MONSEIGNEUR. 

378. Item, un annel d'or tout plain, ouquel a une loupe de 

saphir roonde, de petite valeur, lequel Monseigneur achata a 

Paris, ou mois d'avril Tan mil CCCC et II, de Jehan Rataillac, 

marchant demouraiit en ladicte ville de Paris, la somme de 

XV escus d'or. 

Traditus fuit et redditus dictis executoribus per dictum Robinetum, prout 
supra. Idee exoneratur hie de eodem. 
[S G, n" 598; prise iiu liv. t.] 

379. Item, un annel d'or ou il a une lozange de saphir et un 

ours d'or dessus ledit saphir, avec deux esmeraudes aux deux 

costez, lequel mondit Seigneur retint pour lui des parties que 

Baude de Gui lui delivra pour les estraines du premier jour 

de Janvier I'an mil CCCC et V, et cousta lxv fr. 

K. — Datus fuit Gervasio Merlini per mandatum Domini super penultima 
parte lxviii folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus 
acquittatur hie de eodem annullo. 

Ces deux parties acolees [378-379] sont ainsi declairces ou cLxiir fueillet 
dudit livre. 

380. Item, un saphir en triangle qui tient de la loupe, assis en 

un annel d'or, lequel Monseigneur achata aux estraines, le 

premier jour de Janvier I'an mil CCCC et XII, pour le pris et 

somme de xx escus d'or, et n'est point rendu en recepte es 

comptes precedens. 

Traditus fuit et redditus predictis executoribus per dictum Robinetum, 
prout supra. Ideo acquittatur hie de eodem. 

38 1. Item, un gros saphir taillie en maniere de cuvete, a plu- 
seurs petites lozanges, assis en un annel d'or, lequel Monseigneur 
achata, le iii« jour de septembre I'an mil CCCC et VI, de Nicolas 
Picace, Guillaume Sanguin, Michaut de Lalier et Jehan Sac, 
marchans et bourgois de Paris, pour le pris et somme de 
iiiic L escus, et estoit lors en guise d'un croissant. 



Il8 SAPHIRS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 59 vo] 

Dictus dominus Dux, per suas patentes littcras, datas xvir scptembris 
mil CCCC XIIII, fatetur cepisse et recepisse a dicto Robineto diclum grossum 
saphir et eundem tradidisse per modum pignoris et securitatis Bertholomeo 
dc Francois, mercatori, pro summa iin" l scutorum auri; que quidem littere 
redduntur hie una cum litteris recognicionis 'dicti Bertholomei, per quas 
promittit dictum saphir, dum solutus fuerit de dictis iiii° i. scutis, reddere; 
date dicte littere recognicionis xx" die dicti mcnsis scptembris. Idco acquit- 
tatur hie idem Robinetus de eodem. 

382. Item, un gros saphir sur couleur de voirre blanc, per- 
tuise, pendant a un annelet d'or, lequel Monseigneur achata de 
Pannier, marchant demourant a Paris. 

Traditus fuit et redditus predictis executoribus per dictum Robinetum,ut 
supra. Ideo exoneratur hie de eodem. 

Ces deux parties acolees [38 1 -382] sont ainsi declarees es ir et viii° par- 
ties du 11'= Lxxiii° fueillet dudit livre. 

[S G, n" 599; prise iiii liv. t.] 



SAPHn^.S DONNES A MONDIT SEIGNEUR. 

383. Item, un gros saphir cabochon hors oeuvre que donna le 
feu vidame de Laonnois (i), en son vivant grant maistre d'os- 
tel du Roy; lequel a estd prins et ostd du freteletd'une grant sal- 
licre d'une agathe garnie d'or, declairee en la premiere partie 
du nn^^ vii'^ fueillet dudit livre, oh il avoit este mis, comme il 
appert par une des corrections faicte sur ladicte partie. Pour ce 
icy ledit saphir. 

Redditus fuit et traditus per dictum Robinetum dictis executoribus, prout 
supra. 

384. Item, un saphir quarre assis en un annel d'or, que le 
Roy donna a Monseigneur ou niois de Janvier Tan mil CCCC 

et I. 

K. — Datus fuit domino Bitluricensi archicpiscopo per mandatum super 
ultima parte clxiiii'' folii hujus compoti redditum, virtute cujus dictus Robi- 
netus acquittutur hie dc codcni. 

[B, n" .37.] 

385. Item, un Y grec d'un saphir assis en un anncl d'or, qui 

(i) Sur Jean de Montaigu, seigneur de Marcoussis, vidame de Laonnois, 
voir la note de I'article 353. 



SAPHIRS DONNKS A MONSEIGNEUR [fol. 6o] II9 

fu donne a mondit Seigneur le xx^^ jour de mars I'an dessusdit 
mil CCCC et I, par feu messire Jehan Dompme (i). 
[S G, n" 600; prise vi liv. t.] 

386. Item, uii saphir a lozangcs, a unc tranche dessus, assis 
en un annel d'or, que messire Thibaut Portier (2) donna a es- 
trainnes a Monseigneur le premier jour de Janvier Tan mil 
CCCC et deux. 

Ces trois parties acolecs [384-386] sont ainsi declairees es 11", in" et vi' 
parties du 11° xvii' fueillct dudit livrc. 
[S G, 11° 601 ; prise xxx liv. t.] 

387. Item, un annel d'or, ouquel a un saphir et par dessus un 
escuijon aux armes de Monseigneur, que le Roy de Sicile donna 
a estrainnes a mondit Seigneur le premier Jour de Janvier Tan mil 
CCCC et V. Ainsi declaire en la 11^ partie du n'-~ xvui"^ fueillet 
dudit livre. 

Tradite fuerunt iste iii partes acolate [385-387] ^^ reddite per dictum 
Robinetum dictis executorihus, prout supra. Et ideo exoneratur hie idem 
Robinetus de eisdem. 

[S G, n° 602 ; prise xx liv. t.] 

388. Item, un annel d'or oil il a un ours de saphir sur une 
terrace d'esmeraude, lequel monseigneur le conte de Nevers (3) 
donna a estrainnes a Monseigneur le premier jour de Janvier 
ran mil CCCC et VII. 

K. — Datus fuit Martino Raine per mandatum Domini super penultima 
parte lxviii folii presentis compoti; virtute cujus dictus Robinetus acquit- 
tatur hie de eodem annullo. 

389. Item, un annel d'or, ouquel a un heaume et i escu de 

(i) Jehan Dompme ou Dompne, chevalier, est nomme six fois dans Tin- 
ventaire de 140 1, surtout comme ayant refu certains presents du Due. II est 
encore charge de porter une coupe d'or au roi de Navarre. 

(2) Thibaut Portier etait chambellan du due de Berry. On le voit, au 
cornpte de I'hotel de 1399-1400 (Arch. Nat., KK, 264, fol. 25), charge de la 
distribution des aumones du prince. Les officiers du due ne negligeaient 
aucune occasion de lui faire leur cour en flattant son goiit pour les pierres 
precieuses, les joyaux et les'objets singuliers ou rares. 

(3) Le titre de comte de Nevers avait ete porte par Jean sans Peur jus- 
qu'a la mort de son pere (1404). Devenu due de Bourgogne, il ceda son an- 
cien titre a son frere cadet, Philippe, qui herita du comte de Nevers lors de 
la mort de sa mere, Marguerite de Flandre. Philippe, comte de Nevers, pe- 
ril a la bataille d'Azincourt. 



1 2() SAPHIRS DONNICS A MONSF.IGNKHR [tol. 6o V°] 

mesmcs, fait d'un saphir, aux amies de Monscigneur, un ours 
d'esmeraude et un eigne de cassidoine blanc soustenant ledit 
heaume; lequel t"u donne a Monseigneur, auxdictes estrainncs 
mil CCCC et VII, par monscigneur de Bourbon, lors conte de 

Clermont. 

Tradiuis fuit dictis executoribus per dictum Robincluin, lit supra. Idco 
acquittatur hie de eodem. 

[S G, n" 6o3; prise xv liv. t.] 

390. Item, un bien petit saphir fait a petites lozanges, assis en 
un annel d'or point^onne, lequel messire Pierre de Navarre (1) 
donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et VII. 

K. — Dictus saphirus datus fuit Gervasio Merlini per mandatum super 
penultima parte lxviii folii hujus compoti. Et ideo acquittatur hie dictus 
Robinetus de eodem. 

Ces III parties acolees [SSS-Bgo] sont ainsi declairees es vi", vir et derre- 
niere partie du iii" xi" fueillet dudit livre. 

391. Item, un gros saphir quarre, assis en un annel d'or a 
jour, que monseigneur de Bourgoigne donna a mondit Seigneur 
ou mois de may I'an mil CCCC et IX. 

Dictus dominus Dux per suas pateutes litteras datas xix' maii MCCCCXVI, 
hie redditas, fatetur recepisse a dicto Robineto dictum grossum saphir et 
cumdem sua manu dedisse et tradidisse reverendo in Christo patri archie- 
piseopo Bitturicensi, cancellario suo. Ideo exoneratur hie idem Robinetus 
de eodem. 

392. Item, deux gros saphirs cabochons que le Roy donna a 
Monseigneur le xx« jour de juillet I'an mil CCCC et IX. 

Isti duo grossi saphirs per predictos executores et Robinetum traditi fue- 
runt domino nostro Regi, una cum pulcherrima cruce per eundem dominum 
Ducem, dum vivebat, data, prout superius arrestatur. Et ideo idem Robine- 
tus exoneratur hie de eisdcm. 

3q3. Item, un annel d'or ou il a un saphir cabochon et un 

petit ours blanc de camahieu, que monseigneur de Nevers donna 

(i) Pierre de Navarre, comte de Mortain, ne a Evreux en i366, etait his 
de Charles le Mauvais et de Jeanne de France. II avait epouse, en aoiit 141 1, 
Catherine, hlle de Pierre II, comte d'Alencpon. Pierre de Navarre etant mort 
au cours de Fexpedition dirigee centre la ville de Bourges, tut inhume aux 
Chartreux. M. Tuetey, dans son Rccueil de Testaments envegistves au Par- 
Icment de Paris, a public le testament de Pierre de Navarre (p. 543-547). 
Voyez aussi les details donnes sur ses obseques dans le Clioix de pieces 
inedites etc., recueilli par Douet d'Arcq (I, 353). 



SAPHIRS DONNES A MONSEIGNEL'R [fol. 6 1 ] 121 

a Monseigneur aux estrainncs, Ic premier jour de Janvier niil 

CCCC et IX. 

Dictus dominus Dux per suas patcntes litteras datas xvi> januarii 
MCCCCXIIII, superius redditas, fatetur cepisse et a dicto Robineto habuisse 
anullum infra declaratum, et ipsum dedisse Johanni de Rion, varleto ca- 
mere suo. Et ideo exoneratur hie idem Robinetus de eodem. 

394. Item, un annel d'or ou il a un cscu d'un saphir a in fleurs 
de lis d'or, endente de menuz balaisseaulx aux armes de Mon- 
seigneur, que monseigneur de Jaligny (i), grant maistre d'ostel 
du Roy, donna auxdictes estrainnes mil CCCC et IX. 

• Ces nil parties acolees [391-394] sont ainsi declarecs on m'= xii' fucillet 
dudit livrc. 

[S G, 11° 604; prise x !iv. t.] 

395. Item, un saphir longuet, cahochon d'un coste, assis en 
une brochete d'or, lequel monseigneur le due de Bourbonnois 
donna a Monseigneur aux estrainnes le premier jour de Janvier 
I'an mil CCCC et XI. Ainsi declaire en la premiere partie du 
III'-' Lx^ fueillet dudit livre. 

Tradite fuerunt et reddite iste 11° partes acolate [394-395] dictis executo- 
ribus per dictum Robinetum, prout supra; convertendum in dicta execu- 
cione. Ideo exoneratur hie idem Robinetus de eisdem. 

[S G, n° 6o5; prise xx liv. t.] 

396. Item, un gros saphir longuet, fait et taillie a pluseurs 

lozanges, assis en un annel d'or, lequel saphir Monseigneur a 

prins de la belle couronne de madame la Duchesse, et n'est point 

es comptes precedens. 

K. — Datus fuit summo pontifici per mandatum datum xv'" januarii anno 
M° CCCC" XII°, hie traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie 
de eodem. 



ESMERAUDES DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE. 

397. Item, xLvii esmeraudes, que unes que autres, de pluseurs 
sortes et diverses fa9ons, dont il en y a une grande sur le quarre, 

(i) Guichard Dauphin II, seigneur de Jaligny, nommc grand-maitre de 
I'hotel du Roi le 3i oetobre 1409, apres le supplice de Jean de Montaigu, 
perit a la bataille d'Azincourt. 



122 EMERAUDES HES JOYAUX [fol. 6 I V°] 

XV autres, tant moiennes commc petiies, de pluseurs fa^ons, et 
XXXI autres tres petites, de petite valeur; laquelle pierrerie est 
issue des joyaulx qui s'ensuivent (i), c'est assavoir : 

D'un ymaige d'or de Dieu le pere, declaire en la premiere par- 
tie du x^ fueillet du livre dcsdiz comptes : xviii csmeraudes. 

Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaird en la iii« par- 
tie dudit fueillet : une esmeraude. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Denis, declaire en la vi= par- 
tie du xve fueillet ensuivant : une esmeraude. 

Item, d'une ceincture d'or, declairee en la ni« partie du in'-' et 
i^ fueillet ensuivant : xxiiii petites esmeraudes plates bien tenues, 
de petite valeur, dont il en y a pluseurs rompues. 

Item, d'un fermail d'or en fa^on de couronne, declare en la 
lui'^ partie du iii'-^ ii<^ fueillet ; ensemble trois esmeraudes. 

Lesquelles parties montent ensemble a ladicte premiere somme 
de xLvii esmeraudes, que unes que autres, de pluseurs sortes. 
Pour ce icy une grant esmeraude sur le quarre, xv autres, tant 
moiennes comme petites, de pluseurs facons, et xxxi autres tres 
petites, de petite valeur. 

Rcddite fuerunt executoribus Parisius per dictum Robinetum. Et ideo ac- 
quittatur hie de eisdem. 

[S G, 11° 291 ; prise xxxii liv. t.] 

398. Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame declaird en la 
1111= partie du xiiii^ fueillet dudit livre une petite esmeraude en 
fagon d'un livre ouvert, qui est a present assise en un annel d'or. 
Pour ce, icy ladicte esmeraude. 

K. — Data fuit domino Bitturicensi archiepiscopo per mandatum super 
ultima parte clxiiii'' folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Ro- 
binetus acquittatur hie de eadcm. 

399. Item, une grant esmeraude bien tenure, hors ceuvre, gla- 
cee. Ainsi declaree en la vn^ partie du xxxni"^ fueillet dudit livre. 

Reddita fuit per dictum Robinetum Parisius executoribus. Et ideo acquit- 
tatur hie dietus Robinetus de cadem. 
[S G, n" 982; prise xii liv. t.] 

(i) Voy- ci-dessus n" 367. 



EMERAUDES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 62] 123 



ESMERAUDES ACHATEES PAR MONSEIGNEUR. 

400. Item, une esmeraude a lozanges, a une tranche dessus, en 
un annel d'or, laquelle Monseigneur achata a Paris en son hos- 
tel de Ncelle, le in'= jour d'avril Tan mil CCCC et deux, de feu 
Nicolas Picace, avec autres parties declairces en la ii<= partie du 
CLxv^ fueillet dudit livre, tout pour le pris et somme de v*^ escus 
d'or. 

Redditum fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo ac- 
quittatur hie ut supra. 

[S G, n" 606; prise xv liv. t.] 

401. Item, un annel d'or ou il a une mouche faicte d'esme- 
raude (i), lequel Monseigneur achata en son chastel de Mehun 
sur Yevre, le xin<^ jour de septemhre I'an mil CCCC et III, de 
Jehan de Nymegue, orfevre, la somme de xx escus d'or. Ainsi 
declaire en la iin= partie du clxv<; fueillet dudit livre. 

K. — Datus fuit regi Anglic per mandatum super prima parte lxix folii 
hujus compoti traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de 
eodem. 

402. Item, une esmeraude a une tranche dessus, assise en un 
annel d'or, laquelle Monseigneur achata de Ponon le Large, 
marchant demourant a Paris, pour le pris et somme de xx escus. 

[S G, n" 607; prise vi liv. xv sous t.] 

403. Item, une esmeraude plate sur facon de targe, assise en 
un annel d'or, laquelle mondit Seigneur a achatee de Pannier, 
marchant de pierrerie demourant a Paris. 

Iste due partes [402-403] reddite fuerunt Parisius executoribus per dictum 
Robinetum. Et ideo acquittatur hie de eisdem. 
[S G, n" 608; prise xx liv. t.] 

404. Item, une petite esmeraude 'quarree, assise en un annel 
d'or, laquelle Monseigneur achata de Baude de Guy, le premier 
jour de may I'an mil CCCC et VI, pour le pris et somme de 
XX francs. 



(i) Cf. I'inventaire B, n° 195. 



124 EMERAUDES ACHETEES PAR MONSF.IGNEl"K [fol. 63] 

Data fuit per dominum Duccm domino Guillclmo Lurin, militi, prout 
constat per mandatum dicti Domini, datum vii» marcii anno M° CCCCXV». 
Et ideo acquittatur hie dictus Robinelus. Et servict dictum mandatum infc- 
rius de aliis partibus ibidem declaratis. 

405. Item, une esmeraudecabochonne, assise en un annel d'or, 
laquclle Monseigneur achata de Constantin de Nicolas, orfevre 
demourant a Paris, ou mois d'aoust I'an mil CCCC et VI. 

Reddita fuit Parisius cxecutoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit- 
tatur hie idem Robinctus. 

Ces nil parties aeolees [402-405] sont ainsi deelairees ou n'= lxxiih' fueil- 
let dudit livre. 

[S G, n° 1 304; non prise.] 

406. Item, une esmeraude quarree, assise en un annel d'or, 
laquelle mondit Seigneur achata, oudit mois d'aoust, de Gauvain 
Trente, pour le pris et somme de nii^^ escus. 

Datum fuit per dictum dominum Ducem uxori Burelli de Dompnomartino, 
prout constat per litteras dicti Domini datas vii" die maii M'CCCCXV", supe- 
rius redditas. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus. 

407. Item, une esnieraude quarree, assise en un annel d'or, 
laquelle Monseigneur achata, aux estrainnes du premier jour de 
Janvier I'an mil CCCC et six, de Jehan Sac, Guillemin Sanguin, 
Nicolas Picace et Michaut de Lalier, pour le pris et somme de 

c escus. 

Reddita fuit Parisius cxecutoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit- 
tatur hie idem Robinctus de eadem. 

[S G, n° 609; prise xxx liv. t.] 

408. Item, VI petites esmeraudes, restans du nombre de vn pe- 
titesesmeraudesdepluseursfa»;ons, assises en anneaulx, lesquel- 
les Monseigneur achata ensemble. 

De istis vi parvis emeraudisredditum fuerat Parisius cxecutoribus per dic- 
tum Robinetum V. Et sic acquittatur hie de dietis v emeraudis; debet unam. 
[S G, n" 610; de cinq de six petites cmcraudes, prise xv liv. t.] 

409. Item, une esmeraude quarree, assise en un annel d'or, 
qui fu achatee de Sendre Billot. 

Reddita fuit Parisius per dictum Robinetum cxecutoribus. Et ideo acquit- 
tatur hie ut supra. 

[S G, n° (3i I ; prise xv liv. t.] 

410. Item, une croix d'esmeraude, assise en un annel d'or, que 
Monseigneur achata de Hermant Rince xxx escus d'or. 



EMERAUDES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [tol. 63 V°] 125 

K. — Data fuit domino episcopo Carnotensi per mandatum super ultima 
parte clxiui" folii presentis compoti redditum; virtute cujus dictus Robi- 
netus acquittatur hie de eadem. 

411. Item, une petite esmeraude quarree, assise en un annel 
d'or tout plain a quatre crampons, appellee la Bonne esmeraude. 

Ces VI parties acolees [406-411] sont ainsi declairees ou 11" lxxv" fueillet 
dudit livre. 

[S G, n° 612; prise xv liv. t.] 

412. Item, une petite esmeraude quarrde, assise en un annel 
d'or, que Monseigneur achata ja piei^a de Renequin de Harlen 
X escus. Ainsi declairee en la derreniere partie du ii'^ lxxvi'= fueil- 
let dudit livre. 

Iste due partes [411-412] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum 
Robinetum executoribus. Et idee ibidem acquittatur hie. 



ESMERAUDES DONNEES A MONDIT SEIGNEUR. 

413. Item, une esmeraude en maniere de lozange, a une tran- 
che dessus, assise en un annel d'or, que le Roy de Navarre 
donna a Monseigneur a Paris, ou mois de may Tan mil CCCC 
et nil. Ainsi declairee en la nv^ partie du ii'^ xix« fueillet dudit 
livre. 

Datum fuit per dominum Ducem domino Karolo de Lebret, constabulario 
Francie, prout constat per litteras dicti domini Ducis datas vii» die maii 
MCCCCXV", superius redditas. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie de 
eadem. 

414. Item, une esmeraude cabochonne, assise en un annel d'or, 
que Raymon Christofle donna a Monseigneur ou moys de juing 
mil CCCC et VI. Ainsi declairee en la premiere partie du iii'-' 
xni'= fueillet dudit livre. 

K. — Dicta smaragdis data fuit Johanni Pigrez per mandatum super ultima 
parte clxiiii'' folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus 
acquittatur hie de eadem. 

415. Item, un annel d'or, ou il a un ours d'esmeraude sur une 
terrace de mesmes; ladicte esmeraude que Baude de Guy donna 
a mondit Seigneur aux estrainnes mil CCCC et VII. Ainsi de- 
clairee en la nii'^ partie dudit m^ xiii« fueillet. 



126 EMERAUDES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. 64] 

K. — Datus fuit Paulo de Limbourc per mandatum super ultima parte 
CLXiiii" folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus acquit- 
tatur hie de eodem. 

416. Item, une petite esmeraude sur le quarr^, assise en un 
annel d'or poin^onnd, qui fu donnee a mondit seigneur aus- 
dictes estrainnes mil CCCC et VII. Ainsi declaird en la v« par- 
tie dudit iii'^ xiii^ fueillet dudit livre. 

Reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquit- 
tatur hie. 

[S G, n" 1 170; prise xx sous t.] 

417. Item, une esmeraude quarree, assise en maniere de lo- 
zange en verge d'or plate, laquelle Madame la contesse d'Ar- 
meignac donna a Monseigneur aux estrainnes le premier jour 
de Janvier Tan mil CCCC et X. 

K. — Data domino Bitturicensi archiepiscopo per mandatum super ultima 
parte CLxnu" folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus 
acquittatur hie de eadem. 

418. Item, une petite esmeraude, assise en un annel d'or, la- 
quelle maistre Symon Allegret donna a Monseigneur aux es- 
trainnes le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et XI. 

Redditum fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo 
acquittatur hie dictus Robinetus, ut supra. 

Ces H parties acolees [417-418] sont ainsi deelarees es penulti^me et 
derrenier fueillet dudit livre. 

[S G, n* 614; prise x liv. t.] 



DYAMENS DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE. 

419. Item, XXX dyaniens, que uns que autres, de pluseurs sor- 
tes et diverses fa(;ons, dont il en y a dix poinctus de pluseurs 
sortes, les uns faiz et les autres non faiz, et tons les autres, 
qui sont en nombre xx, sont plus petis ; dont il en i a dix et vni 
poinctus et deux plaz en fa^on de demies lozanges; laquelle 
pierrerie est yssue des parties qui s'ensuivent (i), c'est assavoir : 

D'un ymaige d'or de Dieu le perc, declaire en la premiere par- 

(i) Voy. ci-dcssus les n"' 36-j et 397. 



DIAMANTS DES JOYAUX [fol. 65] I 27 

tie du x= fueillet du livre desdiz comptes : iiii petis dyamens 
poinctus. 

Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iii^ par- 
tie dudit fueillet : viii dyamens. 

Item, d'un portepaix d'or qui fu de feu Symonnet de Damp- 
martin, declaird en la premiere partie du xn<= fueillet ensuivani : 
nil dyamens non faiz. 

Item, d'un autre portepaix d'or ou il a un crucefix, declaire en 
la 11= partie du xvi« fueillet ensuivant : ni petis dyamens. 

Item, d'unbarillet de cristal, declaire en la n'^ partie duLix^fueil- 
let ensuivant : i dyament. 

Item, d'une grant croix d'or et de pierrerie, declairde en la pre- 
miere partie du cxxxi= fueillet ensuivant : iii dyamens. 

Item, deux dyamens, dont ledit Robinet est chargie sur la par- 
tie d'une croix d'or appellee la Croix an camahieii, declaires en 
la derreniere partie du cxxxii^ fueillet ensuivant. 

Item,trois petis dyamens hors oeuvre,qui sontde la muselliere 
d'un ours, renduz en la iiii^ partie du in'-' lih'^ fueillet ensuivant. 

Item, d'une ceincture d'or sur un tixude no\x[sic) (i), declairee 
en la penultieme partie du ni^ et i« fueillet : deux petis dyamens 
plaz. 

Lesquelles parties montent ensemble a ladicte premiere 
somme de xxvii dyamens, que uns que autres, de pluseurs sortes 
et diverses famous, pour ce icy : dix dyamens poinctus de plu- 
seurs sortes, les uns faiz et les autres non faiz, xvni petis dya- 
mens poinctus et deux autres petis dyamens en fa(;on de demies 
lozanges. 

De istis xxx dyamantis redduntur Parisius executorihus per dictum Robi- 
netum xxviii. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eisdem. Debet 11. 

Isti duo dyamanti dati fuerunt per dominum Ducem Stephano de Monti- 
gny, prout constat per litteras dicti domini Ducis datas xxiiii die maii 
MCCCC XV apud Dordanum, que littere posite sunt cum litteris hujus in- 
ventarii. Et sit quittus hie idem Robinetus de eisdem. 

[S G, n° 292; de vint huit dyamans restans de xxx dyamans..., prise 
nil" X liv. t.] 



(0 " Noir », dans I'lnventaire S G. 



128 DIAMANTS DES JOYAUX [fol. 65 vo] 

420. Item, un mauvaiz dyament, assis en unc verge d'or d'an- 
cienne fa^on, qui est escript avec vi talletes de saphirs en la 
xiii« partie du iiii^^ xv^ fueillet. Pour ce icy ledit dyament. 

Ista pars reddita fiiit Parisius per dictum Robinctum executoribus. Et sic 
acquittatur hie dictus Robinetus de eodem. 
[S G, n° 293; prise xl sous t.] 



DYAMENS ACHATEZ PAR MONSEIGNEUR LE DUG 

421. Item, un dyament a pluseurs poinctez, assis en un annel 
d'or plat, lequel Monseigneur achata a Paris, ou mois de fevrier 
I'an mil CCCC et un, de Hermant Rince, orfevre demourant a 
Paris, pour le pris et somme de xxx escus d'or. Ainsi declare en 
la YW^ partie du CLXvn« fueillet dudit livre. 

K. — Datus fuit per dominum Paulo de Limbourc per mandatum suum 
super n''^ parte c"" primi folii hujus compoti tradituin; virtute cujus dictus 
Robinetus acquittatur hie de eodem. 

422. Item, un dyament poinctu, non fait, lequel Monseigneur 
achata, ou mois de juillet mil CCCC et III, d'un marchant ale- 
ment appelle Agapt, la somme de vi^'' et v escus d'or. Ainsi de- 
clare en la iii'-' partie du clxxi^ fueillet dudit livre. 

Iste dyamant redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus, 
et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem. 
[S G, n° 6t5; prise xx liv. t.] 

423. Item, un gros dyament poinctu, non fait, lequel Monsei- 
gneur achata et paia comptans a Paris, le xxviii'= jour de juing 
I'an mil CCCC et III I, de Fran^oys de Nerly, marchant demou- 
rant a Paris, la somme de n^ escus d'or. Ainsi declare en la 
x" partie du CLXxn'= fueillet dudit livre. 

Redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit- 
tatur hie idem Robinetus de eodem. 

424. Item, un gros dyament poinctu, non fait, lequel Monsei- 
gneur achata dudit Fran9ois de Nerly, le vni'= jour de novembre 
I'an mil CCCC et VI, pour le pris et somme de xh'^l escus. Ainsi 
declare en la v^ partie du ii'^ Lxxvuf: fueillet dudit livre. 

K. — Datus fuit per dominum Duccm duci d'Yorc per mandatum suum 



DIAMANTS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 66 \°] I 2g 

super primo articulo ii'^' pagine lii''' folii hujus compoti. Et ideo acquittatur 
hie dictus Robinetus de eodem. 

425. Item, un petit dyament poinctu, non fait, assis en un an- 
nel d'or, que mondit Seigneur achata de Janus de Grimault, ou 
mois d'avril Tan mil CCCC ct VIII apres Pasques. 

K. — Datus fuit Johanni de Ryomo per mandatum super penultima parte 
Lxviii folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquit- 
tatur hie de eodem. 

426. Item, un dyament poinctu, assis en un annel d'or, qui est 

le plus petit de deux dyamens qui furent achatez ensemble du 

frere Constantin de Nicolas, orfevre demourant a Paris, ou mois 

de juing Tan mil CCCC et VIII, pour le pris et somme de n'^ frans 

comptans. 

Datus fuit Thevenino de Montigny, prout constat per litteras domini Du- 
cis datas xix^ die februarii M CCCC XI 111°, hie redditas; et servient inferius 
pro aliis partibus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem. 

427. Item, un autre dyament poinctu, appelle le Dyament de 
saint Loys, assis en un annel d'or, lequel Monseigneur achata 
de messire Jaques de la Riviere et du sire de Viezpont, le derrier 
jour d'octobre Tan mil CCCC et VIII, pour le pris et somme de 
111'= escus d'or. 

Redditus et traditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et 
sit quittus hie de eodem. 

[B, n° 1 122. — SO, n° 616; prise iii'' xxxvii liv. x sous t.] 

428. Item, une petite poincte de dyament en une petite verge 
d'or, laquelle Monseigneur achata de Baude de Guy aux estrai- 
nes. Fan mil CCCC et VIII, x escuz d'or. 

Datus fuit per dominum Ducemmagistro Jaeobo Carite, per litteras domini 
Ducis datas vu' die deeembris M CCCC XIIII", superius redditas. Et ideo 
acquittatur hie idem Robinetus de eodem. 

Ces iiii parties acolees [425-428] sont ainsi declairees ou 11" lxxviii" fueillet 
dudit livre. 

429. Item, un gros dyament poinctu, lequel Monseigneur 
achata de Julien Symon, marchant demourant a Paris, le xxni^ 
jour d'aoust, I'an mil CCCC et IX, pour le pris et somme de 
vi'^ escus d'or. 

Datus fuit domino Regi cum Riibeyo de Bourgoigne, prout constat per lit- 
teras Regis datas xix' die junii M CCCC X\'I, supertus redditas. Et ideo dic- 
tus Robinetus acquittatur hie de eodem. 



l30 DIAMANTS ACHETES PAR MONSEIGNEUR [fol. 6j] 

43o. Item, uii dyament poinctu, non fait, assis en un annel 
d'or, lequel Monseigneur achata de Thomas Sophie, dit RoUant, 
marchant Jannevois, le xxvii^ jour d'aoust Tan mil CCCC et IX, 
vi^x escus d'or. 

Traditus ct redditus fuit Parisius cxecutoribus per dictum Robinetum. Et 
sic acquittatur hie, ut supra. 
[S G, n" G17; prise xvi liv. t.] 

43 I . Item, un grant dyament roont et plat, fait en fagon de mi- 
rouer, pesant environ xxnii caraz, lequel Monseigneur achata, en 
un fermail d'or, de Constantin de Nicolas, marchant de Florence 
demourant a Paris, le xxix<= jour d'aoust Fan mil CCCC et IX, 
pour le pris et somme de vi"" escus d'or. 

K. — Datus fuit domino duci Acquitanie per mandatum super tercia parte 
Lxx""' folii hujus compoti traditum, virtute cujus dictus Robinetus acquittatur 
hie de eodem. 

Ces parties acoliies [429-431] sent ainsi declairees ou ii'^ lxxix' fueillet du- 
dit livre. 

432. Item, un petit dyament en fa^on de mirouer, lequel Mon- 
seigneur achata hors oeuvre de Baude de Guy, le xxiiii'^ jour de 
juillet mil CCCC et IX, pour le pris et somme de xx frans. 

Videatur. — Raye, car il est en un ours rendu en la seconde page du ni"^ lt 
fueillet des comptes precedens (i). 

433. Item, une teste d'ours faicte d'un gros dyament, laquelle 
mondit Seigneur a eue de Baude de Guy. Ainsi declare en la 
premiere partie du n'^ iiii^'^ fueillet dudit livre. 

Istud capud ursi redditum fuit, de ordinacione et precepto dicti domini Du- 
cis, Bertholomeo Sac, mercatori Jannensi, qui dictum capud ursi vendidit 
dicto domino Duci, co quod de eodem nichil receperat a dicto domino 
Duce, prout constat per litteras dicti domini Ducis datas iin' aprilis 
M CCCC XV ante Paschas, hie retentas, a tergo quarum certificatum est 
per dictum Bertholomeum dictum capud recepisse a dicto Robineto de 
Stampis. Et sic idem Robinetus acquittatur de eodem hie. 

434. Item, un grant dyament plat en lozange, assis en un annel 
d'or, que Monseigneur achata d'Octoblanc aux estraines, le 
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et X, pour le pris et 
somme de mil frans. Ainsi declaire en la vi« partie du hi*-' lii« 
fueillet dudit livre. 

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DIAMANTS DONNKS A MONSEIGNEUR [fol. 68] l3l 

K. — Datus domino nostro papc per mandatum super v'* parte lxi folii 
hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de 
eodcm. 



DYAMENS DONNES A MONDIT SEIGNEUR. 

435. Item, un dyament poinctu, non fait, assis en un annel 
d'or, lequel feu monseigneur de Bourgoigne laissa en son tes- 
tament a Monseigneur avec le Ruby du cuer de France, cy des- 
sus rendu ou chapitre des ruhiz ; pour ce icy seulement ledit 
dyament. Ainsi declaire en la ii*^ partie du ii'^ xiiii^ fueillet dudit 
livre. 

[S G, n° 618; prise c liv. t.] 

436. Item, un dyament poinctu non fait, assis en un annel 
d'or esmaillie de noir, qui fu de la mere de monseigneur le Due, 
et lui fu donne le xviii<= jour de decembre Tan mil CCCC et un 
par feu messire Loys de Sancerre (i), en son vivant connestahle 
de France. Ainsi declaire en la premiere partie du n'^ xx'= fueillet 
dudit livre. 

Iste due partes accolate [435-436] tradite et reddite fuerunt Parisius per 
dictum Robinetum executoribus. Et idee acquittatur hie idem Robinetus 
de eisdem. 

[S G, n° 6ig; prise xni liv. x sous t.] 

437. Item,une petite poincte de dyament, non faicte, assise en 
un annel d'or, que Baude de Guy donna a mondit Seigneur, a 
Paris, le xxi^ jour de juing I'an mil CCCC et deux. 

Ista parva puncta dyamantis data fuit per dominum Ducem Jacobo Ca- 
rite per litteras domini Ducis datas vii'die decembris anno M° CCCC XIIII", 
superius redditas. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie. 

(i) Louis de Sancerre, chevalier, seigneur de. Charenton, de Beaumez, 
de Conde et de Luzy, fils de Louis II, comte de Sancerre et de Beatrix de 
Roucy (P. Anselme, VI, 2o5), fut un des plus vaillants compagnons d'armes 
de Duguesclin. Marechal de France en i36g, il fut pourvu de la charge de 
connetable le 26 juillet 1397, apres la mort du comte d'Eu. II mourut en 
1403, et non en 1402 comme le disent la plupart des historiens. En effet, 
son testament, signale par M. Tuetey et conserve aux Archives Nationales, 
porte la date du 4 fevrier 1403 (1402 vieux style : de la, sans doute, I'er- 
reur que nous relevons). Le corps de Louis de Sancerre fut enterre a 
Saint-Denis. 



I 32 DIAMANTS DONNES A MONSEIGNEUR [fo!. 68 \"] 

438. Item, un dyament non fait, a iiii poinctes, assis en un 
annel d'or, que feu Nicolas Picace, marchant de Jannes, donna 
a mondit Seigneur le xiii'= jour de fevrier Tan dessusdit mil 
CCCC et deux. 

K. — Datus fuit.per Dominum Mileto, vitrinario suo, per mandatum super 
vi'" parte lxx"' folii presentis compoti redditum; virtute cujus dictus Robi- 
netus acquittatur hie de eodem. 

Ces n parties acolees [437-438] sont ainsi declarees es vi" et x" parties 
du 11" xxi" fueillet dudit livre. 

439. Item, un annel d'or, ouquel a deux dyamens poinctus, non 
faiz, que le Roy donna a Monseigneur ou mois de Janvier Tan 
mil CCCC et IIII. Ainsi declaire en la premiere partie du ii'^ 
xxiii= fueillet dudit livre. 

K. — Datus fuitdomino nostro pape per mandatum super v"" parte lxi folii 
hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Rohinetus acquittatur hie de 
eodem. 

440. Item, un gros dyament a lozanges, a une tranche dessus, 
assis en un annel d'or, qui est Tun de trois gros dyamens d'un 
fermail d'or en fa^on de couronne declaire en la penultieme 
partie du iii'^ ii« fueillet du livre desdiz comptes precedens. 

K. — Datus fuit Guillelmo Lurin, ut constat per mandatum Domini da- 
tum VII' die octobris anno M° CCCC" XIII", serviens pro aliis partibus, hie 
redditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem dyament. 

441. Item, un gros dyament poinctu, taillie a pluseurs lozan- 
ges, que le chapitre de I'eglise de Chartres donna hors oeuvre a 
mondit Seigneur; et est appelle le Dyament de Chartres. Ainsi 

eclaire en la iii^^ partie du iii^ xiiii'= fueillet dudit livre. 

Datus fuit per dictum dominum Ducem domino duci Guienne, prout 
constat per mandatum dicti domini ducis Bitturicensis datum vii^ die de- 
cembris M° CCCC XIIII", superius redditum. Et ideo acquittatur hie idem 
Robinetus. 

442. Item, un annel d'or, ouquel a deux dyamens taillez, I'un 
en fa9on de E, et I'autre en fayon de V, que le Roy de Sicile 
donna a Monseigneur aux estraines I'an mil CCCC et VII. 

K. — Datus fuit domino duci Clarcncie per mandatum datum xxii*"* de- 
cembris anno M" CCCC" XII% hie traditum; virtute cujus dictus Robinetus 
acquittatur de eodem. 

443. Item, un gros dyament poinctu, que la royne de Sicile 
donna en un annel a Monseii^neur. 



DIAMANTS DONNES A MONSEIGNEUR [fol. 69] I 33 

Iste grossus dyament rcdditus fuit Parisius per dictum Robinetum execu- 
toribus in lino monile auri,existente penes Johannem Tarenne, mercatorem 
Parisiensem, prout constat per inventarium factum Parisius, extimato va- 
lere vi"" fr. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem. 

444. Item, deux petites poinctes de dyament, assises en une 
verge d'or, que Guillaume Lurin donna a mondit Seigneur aux 
estraines I'an mil CCCC ct VIII. 

K. — Per mandatum Domini super 11''' parte ci folii hujus compoti tra- 
ditum constat quod idem dominus Dux recepit a dicto Robineto dictas duas 
cuspides cum virga, et de ipsis ordinavit pro libito sue voluntatis. Et ideo 
acquittatur hie de eisdem idem Robinetus. 

445. Item, un petit dyament en ta^on de lozange, assis en un 
annel d'or, qui fu de feu messire Jehan de Montagu, et, aprcs 
son trespassement, Monseigneur Teut de Tevesque de Paris, 
frere dudit deffunct, par don du Roy nostre sire. Ainsi declaire 
en la vn= partie du uF xvn<= fueillet dudit livre. 

K. — Datus fuit per Dominum Johanni Carite, ejus capellano, per man- 
datum suum super ii"*' parte xmii'' folii hujus compoti traditum ; virtute 
cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem. 

446. Item, une poincte de dyament, assise en une verge d'or 
plate, non brunie, que Guillaume Lurin donna a mondit Sei- 
gneur aux estraines I'an mil CCCC et IX. Ainsi declaire en 
la 1111= partie du ni'^ xvni'^ fueillet dudit livre. 

K. — Data fuit magistro Johanni Flamel per mandatum super prima 
parte lxix folii hujus compoti traditum ; virtute cujus dictus Robinetus 
acquittatur hie de eadem. 

447. Item, un gros dyament en facon d'un cueur, assis en un 

annel d'or, que nostre saint pere le pape Jehan XXI I L' (i) en- 

voiaen don a Monseigneur, ou mois de novembre I'an mil CCCC 

et X, par I'evesque d'Alby. 

K. — Datus fuit per dominum Ducem domino episcopo Carnotensi, [utj 
constat per mandatum suum super primo articulo ii"*- pagine lh"*' folii 
hujus compoti traditum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem. 

448. Item, un dyament taillie en maniere d'une croix, assis en 



(i) Jean XXIII, elu pape en 1410, apres la mort d'Alexandre V, abdiqua en 
141 5. (Voy. ci-apres les articles 83o et iiSg.) L'cveque d'Albi en 1410 etait 
Pierre III Neveu, qui vecut jusqu'en 1434. II avait remplace, le 5 septembre 
1410, Dominique de Florence qui occupa le siege d'Albi de iBgy a 1409. 



I 34 DIAMANTS DONNlis A MONSEIGNEUR [fol. 69 vo] 

un annel d'or, lequel monseigneur de Lebret (i j, connestable de 
France, donna a mondit Seigneur aux estrainnes Tan mil CCCC 

etX. 

K. — Datus fuit per Dominum domino Guillclmo dc Lode per mandatum 
suum super prima parte lxix folii hujus compoti traditum; virtutc cujus 
dictus Robinetus acquittatur hie de eodem. 

449. Item, un gros dyament poinctu, assis en un annel d'or, 
lequel Jehan de la Barre (2), receveur general de toutes finances 
en Languedoc et Guienne, donna a mondit Seigneur auxdictes 

estraines mil CCCC et X. 

Datus fuit domino Regi, prout constat per litteras dicti domini Regis da- 
tas XIX' die junii M CCCC XVI, superius redditas. Et ideo acquittatur hie 
dictus Robinetus de codem. 

Ces HI parties acolees [447-449] sont ainsi declairecs ou 111= lxi' fueillet 
dudit livre. 

450. Item, un dyament poinctu, assis en un annel d'or, que 
Baude de Guy donna a mondit Seigneur ausdictes estraines 

mil CCCC et X. 

K. — Datus fuit per dominum Ducem Jacobo de Liliers per mandatum 
suum super penultima parte lxvui folii hujus compoti traditum. Et ideo 
acquitatur hie dictus Robinetus de eodem. 

451. Item, un autre dyament poinctu, assis en un annel d'or, 
que Robinet d'Estampes donna a mondit Seigneur ausdictes 
estraines mil CCCC et X. 

Datus fuit per dominum Ducem magistro Guillelmo de Champeaux, prout 
constat per litteras dicti Domini datas vn'' maii M CCCC XV, superius red- 
ditas. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem. 

Ces deux parties acolees [450-451] sont ainsi dcclairees es penulticme et 
derniere parties du lu'' lxiT fueillet dudit livre. 



(i) Charles, sire d'Albret, ne en 1369, etait his d'Arnaud Amadieu, comte 
d'Albret, et de Marguerite de Bourbon. Nomme connetable en 1403, apres la 
mort de Louis de Sancerre, il fut remplace en 141 1, comme rebelle, par le 
comte de Saint-Pol, puis retabli dans sa charge apres la mort de celui-ci, le 
i3 juillet 1413. II perit a la bataille d'Azincourt. En vertu de lettres du 
25 aout 141 1, il recevait du due de Berry 5oo livres tournois, « par chacun 
mois qu'il a vacque et vacquera en ses conseilz et qu'il a este et sera en sa 
compaignic ». {Comptes de la Trcsorerie du due de Berry pour 141 3-14, 
Arch. Nat., KK 25o, fol. i5.) 

(•i) Sur Jean de la Barre, voycz Douiit d'Arcq, Choix dc pieces inedites 
sur le regne de Charles VI, t. I, p. 340. 



DIAMANTS nONNES A MONSEIGNEUR [fol. Jo] i35 

452. Item, ung dyament fait en maniere d'une fleur de lis, 
assis en un annel d'or, que monseigneur de Guienne donna 
a Monseigneur ou mois d'aoust Tan mil CCCC et X. 

K. — Datus fuit domino duci Acquitanic per mandatum datum xxvii> julii 
anno M CCCC" XII", hie traditum; virtutc cujus dictus Rohinetus acquitta- 
tur hie dc eodem. 

453. Item, ung gros diament roont et plat, assis en un annel 
d'or esmaille, que mondit seigneur de Guienne donna a Mon- 
seigneur ou mois de juillet Tan mil CCCC et XII. 

Datus fuit per dominum Ducem domino episcopo Carnotensi, ut constat 
per litteras dicti Domini datas vn° die dcccmbris M CCCC XIIII, hie rctentas. 
Et sit quittus dictus Robinetus de eodem. 

454. Item, un diament plat a lozanges, assis en un annel d'or, 

que le Roy donna a Monseigneur aux estrainnes I'an mil CCCC 

etXII. 

K. — Datus fuit Ludovico de Prate, scutiffero domini nostri pape, per 
mandatum super ii"*' parte ci folii hujus compoti redditum. Et ideo quittus 
hie dictus Robinetus de eodem. 

455. Item, ung autre diament poinctu, assis en un annel d'or, 
que la Royne donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes. 

K. — Datus fuit uxori magistri Petri Ferronis per mandatum datum xv'" 
die januarii anno M° CCCC" XII", hie redditum; virtute cujus dictus Robi- 
netus acquittatur hie de eodem. 

456. Item, ung autre diament poinctu, fait a Paris, assis en 

ung annel d'or, que madame de Guienne (i) donna a mondit 

Seigneur ausdictes estrainnes. 

Datus fuit per dictum mandatum uxori magistri Karoli Cudoe (2). Et quit- 
tus hie dictus Robinetus de ipso. 

457. Item, un diament fait en lozange, assis en un annel d'or, 
que monseigneur de Nevers donna a Monseigneur ausdictes 
estrainnes. 



(i) Marguerite de Bourgogne, filie de Jean sans Peur, avait epouse Louis, 
due de Guyenne. Le due de Guyenne etantmort le 18 deeembre 1415, Mar- 
guerite se remaria en grande pompe,a Dijon (1422), avec Artus de Bretagne, 
comte de Richemont. Eile mourut en 1442. (Voy. ci-dessous art. 1 182). 

(2) Charles Culdoe fut nomme prevot des marchands, au lieu de Jean Jouve- 
nel des Ursins,en 1404, et remplace par Pierre Geneien le 20 Janvier 141 1. 
Voyez surce personnage et sur Jacqueline Quipie, sa femme, Tuetcy, Jo/o-- 
nal d'lin bourgeois dc Paris, p. 4. 



I 36 DIAMANTS DONNES A MONSEIGNEUR [fol. Jo] 

K. — Datus fuit per dictum mandatum Paulo de Limbourc. Etquittus hie 
dictus Robinetus de eodem. 

458. Item, Lin autre diament, taille d'un E et d'un V, assis en 
ung annel d'or, que Jehan de la Barre donna a Monseigneur 
ausdictes estrainnes. 

K. — Datus fuit filie magistri Radulphi de Presles per mandatum super 
pcnultima parte hujus compoti traditum, videlicet folii lxviii. Et ideo ac- 
quittatur hie de eodem dictus Robinetus. 

459. Item, ung dyament fait en maniere d'une roche, assis en 
un annel d'or, que monseigneur de Bavierc (i) donna a Monsei- 
gneur ausdictes estrainnes. 

K. — Datus fuit domino episcopo Carnotensi per mandatum super prima 
parte secunde pagine clvii folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus 
Robinetus acquittatur hie de eodem. 

460. Item, ung autre diament poinctu, assis en un annel d'or 

esmaillie, que ledit Robinet d'Estampes donna a mondit Seigneur 

ausdictes estrainnes. 

K. — Datus fuit Gervasio Martini, barbitonsori Domini, per mandatum 
super vi^' parte hujus pagine redditum; virtute cujus dictus Robinetus ac- 
quittatur hie de eodem. 

461 . Item, un autre dyament fait a lozanges, assis en un annel 
d'or, que madame de Charroloys (2) donna a mondit Seigneur 
ausdictes estrainnes. 

K. — Datus fuit uxori magistri Renerii de Bollegny per dictum mandatum 
de quo in arresto predieto fit mencio; virtute cujus acquittatur, ut supra. 

Partes aeolate [452-461] non inveniuntur poni in eompotis precedentibus) 
et ideo de novo hie. 



PERLES DESDIZ JOYAULX ET VAISSELLE 

462. Item, treize cens et une perles, que unes que autres, de 

(i) Louis III de Baviere, dit le Barbu, frere de la reine Isabeau, epousa 
en premieres noces Anne de Bourbon, veuve de Jean de Berry, due de Mont- 
pensier,morte vers 1406, puis, en seeondes noces, Catherine d'Alen^on, veuve 
de Pierre de Navarre. II re^ut, a I'oceasion de ce second mariage, le eomte 
de Mortain (4 mars 141 3). Yoy.Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris p. 28. 

(2) Michelle, fille de Charles VI, nee le 11 Janvier i3g4, epousa, en 1409, 
Philippe, comte de Charolais, fils aine de Jean-Sans-Peur, qui devint due de 
Bourgogne en 1419. Elle mourut en 1422, a Gand, sans laisser d'enfants et 
fut enterree au monasterc dc Saini-Bavon. 



PERLES DES JOYAUX ET VAISSELLE [fol. 70 vo] I 3" 

pluseurs sortes, dont il en y a iiii"-' xxvii grosses, v^ xxxvii de 
compte et iii'^ xxxvii petites; lesquelles pedes sont issues des 
joyaulx et vaisselle qui s'ensuivent, c'est assavoir (i) : 

D'un ymaige d'or de Dieu le Pere, declaire en la premiere partie 
du x= fueillet du livre des comptes precedens : vi'^^ xiii perles. 

Item, d'un ymaige de Nostre Dame, declaire en la iii<= partie 
dudit fueillet : lxxiii perles. 

Item, d'un portepaix d'or, qui fu de feu Symonnet de Damp- 
martin, declaire en la premiere partie du xiF fueillet ensuivant : 
Lxnii perles. 

Item, d'un joyau d'or du Baptisement Nostre Seigneur, de- 
claire en la in« partie du xiiii'^ fueillet ensuivant : lxxv perles. 

Item, d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iin^ par- 
tie dudit xiHi^ fueillet : xli perles. 

Item, d'un ymaige d'orde saint Jehan Euvangeliste, declaire en 
la ve partie dudit fueillet : xii perles. 

Item, des -ymaiges de saint Jehan Baptiste, saint Pol et saint 
Pierre, declairez es premiere, ii"^ et ]n<^ parties du xv^ fueillet 
ensuivant : lxiii perles. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Denis, declaire en la vi^ par- 
tie dudit xv: fueillet : iiii perles. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Charlemaigne, declaire en la 
premiere partie du xvf fueillet ensuivant : in perles. 

Item, d'un portepaix d'or declaire en la ii^ partie dudit fueillet : 
VII perles. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Loys, declaire en la premiere 
partie du xvii'^ fueillet ensuivant : xxi perles. 

Item, des pie et couvercle d'or pour un voirre, declaire en la 
premiere partie du xli^ fueillet ensuivant : xx perles. 

Item, d'un hannap de cristal, declaire en la premiere partie du 
Liiii^ fueillet ensuivant : iiii perles. 

Item, d'un petit barrillet de cristal, declaire en la ii^ partie du 
Lix<= fueillet ensuivant : viii perles. 



(i) Voy. ci-dessus Ics n"' 367, 397 61419. 



I 38 PERLES DES JOYAL'X ET VAISSELLE [fol. 71] 

Item, d'un grant saphir, declaire en la xi<= partie du lxiiii<^ fueil- 
let ensuivant : if perles. 

Item, d'un petit portepaix d'or, ou il a une croix ou milieu, de- 
claire en la v^ partie du lxxii<= fueillet ensuivant : xii perles. 

Item, d'une petite saliere d'or, declairee en la ii^ partie du iiii^'^ 
vii'= fueillet ensuivant : iiii perles. 

Item, d'un hannap de jaspre couvert, declaire en la derreniere 
partie du c<= fueillet : iiii perles. 

Item, d'uns grans tableaux d'or bien pesans, esmaillez par de- 
dens tres richement, declairez en la iii= partie du cxxxini= fueil- 
let ensuivant : xii perles. 

Item, d'un petit ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, declaire 
en la ii<= partie du clxii"^ fueillet ensuivant : xii perles. 

Item, d'un grant goubelet d'agathe, a deux ances de mesmes, 
declaire en la derreniere partie du ciiiP'^ iii^ fueillet ensuivant : 
iiii'*^'' perles. 

Item, d'un tableau d'or que donna le Royne [sic], declaire en 
la ii"-* partie du ciiii^^ x^ fueillet ensuivant : vi perles. 

Item, d'un ymaige d'or de saint Thomas appostre, declaire en 
la premiere partie du ciiii^^ xiiii"^ fueillet ensuivant : vii perles. 

Item, d'un ymaige d'or de la Magdalene, declaire en la ii^ par- 
tie du cini'^^ xv^ fueillet ensuivant : xxxii perles. 

Item, d'une saliere d'agathe, garnie d'or, declaire en la iii= par- 
tie du 11'^ xxvii"^ fueillet ensuivant : ii perles. 

Item, de deux grans flascons d'or, declairez en la premiere 
partie du ii'^ xxxi'= fueillet ensuivant : une perle que Jehanin 
Chcnu devoit. 

Item, d'un hannap de jaspre, garni d'or, declaire en la iiii^ par- 
tie dudit 11'= xxxi'= fueillet : in perles. 

Item, d'un goubelet de cristal, declaire en la premiere partie 
du 11'= XXXII* fiieillet ensuivant : vi perles. 

Item, d'un voirre de cristal, garni d'or, declaire en la iii« partie 
dudit fueillet : vi perles. 

Item, d'un grant pot de cristal, declaire en la ii^ partie du ii'^ 
iin^'> iiii<^ tueillet ensuivant ; i.v perles. 



PERLES DES JOYAUX ET VAISSELLE [fol. 7 I V°J I Sq 

Item, d'un grant goubelet de cristal, declaire en la ve partie 
dudit fueillet : lxx perles. 

Item, d'uns petis tableaux d'or quarrez, declairez en la penul- 
time partie du ii'^ iiii''^ xiii'= fueillet ensuivant : lxxii perles. 

Item, d'uns grans tableaux d'or en facon d'unes Heures, de- 
clairez en la ^1*= partie du ii'^ ini^^ xvi= fueillet ensuivant : ii^ 
XLini perles. 

Item, d'un vmaige d'or de saint Andre appostre, declaire en la 
premiere partie du ii'-^ ini'^^ xvni'= fueillet ensuivant : xx perles. 

Item, d'un petis chandelliers d'or, declairez en la derreniere 
partie du ii^" iiii^'' xix= fueillet ensuivant : vi perles. 

Item, d'une ceincture d'or sur un tixu vert, declaire en la 
iii« partie du ni<^ i<= fueillet ensuivant : nii perles. 

Item, de xii chastons ou culez d'or, declairez en la ni« partie 
du iii'-^ H^ fueillet ensuivant : xxv perles. 

Item, d'une nef d'or assise sur ini tigres, declairee en la der- 
reniere partie du iii'= Lnii<^ fueillet ensuivant : lxxv perles. 

Item, d'un hannap d'or convert, declaire en la in'= partie du 
iii^ LV^ fueillet ensuivant : xiii perles. 

Lesquelles parties montent a ladicte premiere somme de xni^ 
et I perles. Pour ce icy: cccc xxvii grosses perles, v"= xxxvn perles 
de compte et trois cens xxxvn petites perles. 

K. — De numero dictarum iin" xxvii perlarum grossarum dominus Dux 
habuit a dicto Rohineto cl, quas poni fecit in quodam magno tabulo, de 
quo in arresto scripto super ultima parte liii"' folii hujus compoti habetur 
menlio. Et de ipsis cl periis acquittatur hie dictus Robinetus virtute man- 
dati super dicta ultima parte liii"' folii dicti presentis compoti traditi. 

Residuum dictarum xiii" et i pessularum,quod est xi'=li pessularum, red- 
ditur Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquittatur hie 
idem Robinetus de eisdem. 

[S G, n" 294 : pour unze cens cinquante une perles... restans de xni'' i per- 
les... viii" XXX liv. II sous XI den. t.] 

463. Item, un gros nacle de perle, ainsi declaire en la x= partie 
du xxxini« fueillet dudit livre. 

Redditur Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquitta- 
tur hie dictus Robinetus 

[S G, n° 295; prise v sous t.] 

404. Item, un tilet oil il a entilees l perles, grosses et menues. 



140 PERLES DES JOYAl'X ET VAISSELLE [fol. 72 vo] 

[B, n" 890. — S G, n" 296; prise vii liv. t.] 

465. Item, un noet ou il a xxxix menues perles. 

Ces deux parlies acolees [464-463] sont ainsi declairees ou im" xvi" fueil- 
let dudit livre. 
[B, n" 891. — S G, n° 297; prise xxx sous t.] 

466. Item, XXI perles brutes, hors oeuvre, que Renequin de 

Harlen rendi a Monseigneur de reste de la pierrerie qui lui avoit 

este baillee pour mectre en un grant joyau d'or qu'il fist pour 

mondit Seigneur, declaire es n<^ lvii^, ii'= Lviiie et ii^ lix<= fueillez 

du livre desdiz comptes precedens. Ainsi declairees en la premiere 

partie du ii'-' iiii^" i<= fueillet dudit livre. 

Iste tres partes accolate [464-466] tradite et reddite fuerunt Parisius exe- 
cutoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquittatur hie de eisdeni. 

[S G, n" 298; prise x liv. t.] 

467. Item, cent seize grosses perles qui sont d'une grant croix 
d'or et de pierrerie apellee la Croix an camahieii, declaree en la 
derreniere partie du vi'^'^xii^ fueillet dudit livre. Pour ce icy les- 
dictes cxvi grosses perles. 

De istis cxvi grossis perlis redduntur Parisius per dictum Robinetum exc- 
cutoribus 11. Et residuum, quod est cxiiii, traditum fuit Regi in pulcherrima 
cruce^ quam habuit de dicto domino duce Bitturicensi, ut constat per litte- 
ras dicti domini Regis, datas xix^ die junii M CCCC XVI°, superius redditas. 
Et ideo dictus Robinetus acquittatur de eisdem hie. 

[S G, n" 742 ; de deux perles de reste des cxvi perles de ladicte Croix an 
camahieii, xxvi liv. t.] 



PERLES ACHATEES PAR MONSEIGNEUR 

468. Item, deux grosses perles en fa^on de poires, pesant Tune 
xxxvii caraz ou environ, et I'autre xxvi caraz,lesquelles Monsei- 
gneur achata de Barthelemi Sac, le xix^ jour de juillet M CCCC 
et IX, les deus ensemble pour le pris et somme de deux mil escus 
d'or. Ainsi declairees en la iii« partie du ii'^ iiii'^'^ i= fueillet dudit 

livre. 

Iste w grosse pessule tradite et reddite fuerunt Parisius executoribus per 
dictum Robinetum. Et ideo quittus hie de eisdem. 



PERLES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. -jl vo] I4I 



PERLES DONNEES A MONDIT SEIGNEUR 

469. Item, une grosse perle tine et roonde, que le roy de Na- 
varre donna a Monseigneur le xxviii'= jour d'octohre Tan mil 
CCCCetVIII. 

K. — Data fuit domino duci Acquitanie per mandatum domini Ducis tra- 
ditum super prime articulo ii"*' pagine lii''' folii hujus compoti. Et ideo ac- 
quittatur hie dictus Robinetus de ipsa. 

470. Item, une autre grosse perle tine et longuete, en facon de 
poire, que ledit roy de Navarre donna a mondit Seigneur ou 
mois de Janvier ensuivant oudit an mil CCCC et VIII. 

Dicta pessula tradita et reddita fuit Parisius executoribus per dictum Ro- 
binetum. Et ideo acquittatur hie de eisdem. 

Ces II parties acolees [469-470] soot ainsi declairees es iir et iiii" parties 
du 111"= xx" fueillet dudit livre. 



SEAULX ET SIGNEZ 

471 . Item, un signet d'or ou est entaillee une teste d'entfant, et 
pend ledit signet a une chaiennete d'or. 

Datum fuit per dominum Ducem domine ducisse Borbonii,ut constat per 
litteras dicti domini Ducis vii* die marcii M CCCC XV, superius redditas. 
Et sit quittus hie dictus Robinetus de eodem. 

[B, n" I 52.] 

472. Item, un signet d'or ou est le visaige de Monseigneur con- 
trefait au vif (i). 

Dictum signetum redditum fuit Parisius per dictum Robinetum executo- 
ribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem. 
[B, n" 154. — S G, n" 620; prise xiii liv. t.] 

473. Item, un annel d'or ou il a un signet d'un ruby, a un ours 
grave dedens. 

Iste anulus datus fuit Johanni Barre per dominum Ducem, ut constat per 



(i) De ce portrait du due de Berry, grave sur metal, il faut rapprocher 
les portraits en camahieu, decrits sous les n"" 606 et 611. 



142 SCEAUX ET SIGNETS [fol. 74] 

mandatum dicti Domini, datum vii' die marcii M GCCC XV, superius reddi- 
tum. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie de eodem. 

Ces III parties acolees [471-47?] sont ainsi declarees ou xxvii" fueillet dudit 
livre. 

474. Item, un seel d'or ou il a un saphir grave a iii flours de 
lis et un D. V. X., et dessus un petit lyon. Ainsi declaire en la 
viii^ partie du lxiii^ fueillet dudit livrc. 

Dictum sigillum rcmansit penes magistrum Petrum de Gines, secretarium 
dicti domini Ducis, in custodia, prout certiticatum fuit nobis commissariis 
per litteras suas clausas, cum litterishujus inventarii positis. Et sic exonera- 
tur de eodem idem Robinetus. Respondeat dictus de Gines de eodem. 

[B, n" 557.] 

475. Item, un signet d'or ouquel a un saphir taillie d'un ours, 
que mondit Seigneur a fait faire; lequel saphir est du nombre de 
XX saphirs declairez en la xii'= partie du xxxii= fueillet du livre 
desdiz comptes, et est rendu en la derreniere partie du clxhi* 
fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit signet. 

Datum fuit per dominum Ducem domino Guillelmo Lurin, prout constat 
per mandatum dicti Domini datum vii" die marcii M GCCC XV, superius 
redditum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem. 

476. Item, un seel d'or ouquel a un saphir taillie d'un due (i), 

que le Roy donna a Monseigneur ou mois de septemhre I'an mil 

GCCC et IIII. Ainsi declaire en la penultieme partie du ii'^ xvii^ 

fueillet dudit livre. 

[S G, n° G2 I ; prise lvii liv. x sous t.] 

477. Item, un annel d'or ou il a une esmeraude quarree, taillde 
d'une teste de Royne, que Monseigneur achata. Ainsi declaire 
en I'antepenultieme partie du n^ lxxv*^ fueillet dudit livre. 

[S G, n° 622; prise lvi liv. v sous t.] 

478. Item, un annel d'or oij il a un ruby taillie d'une teste 
couronnee a la semblance d'un roy, que feu messire Jehan de 
Montagu, en son vivant grant maistre d'ostel du Roy, donna a 
mondit Seigneur. Ainsi declaire en la premiere partie du iii'^ ix« 
fueillet dudit livre. 

[S G, n° 623; prise viu" viii liv. xv sous t.] 



(1) Sans doute I'oiseau qui porte ce nom. Ce pourrait bien etre une sorte 
de rebus inspire par le due de Berry. Cf. Ic dvx de I'article 474. 



SCEAUX ET SIGNETS [fol. 74 \°] 148 

479. Item, un annel d'or ou il a une grant corneline noire, 
gravee d'une teste d'omme. Ainsi declaire en la ix^ partie du 
iic iiiixx ue fueillet dudit livre. 

[S G, n° G24; prise xx liv. t.] 



ANNEAULX, PIERRES ET AUTRES CHOSES DE PLUSEURS MANIERES DES 
INVENTOIRES, ET JOYAULX DESPECEZ, TANT EN (EUVRE, HORS (EUVRE, 
COMME AUTREMENT. 

480. Item, I cristal roont et plat, qui est d'un ymaige d'or de 
Dieu le Pere, declaire en la premiere partie du x<= fueillet du livre 
desdiz comptes precedens. Pour ce icy ledit cristal. 

[S G, n° 933; prise xv sous t.] 

481 . Item, un camahieu plat, longuet sur le roont, en fagon de 
fons de cuve, ou il a un petit ymaige nu sur un pillier en maniere 
d'un ydole et trois autres ymaiges; lequel camahieu est d'un por- 
tepaix d'or qui fu de feu Symonnet de Dampmartin, declaire en 
la premiere partie du xir fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit ca- 
mahieu. 

[S G, n° 934; prise c sous t.] 

482. Item, un cristal plat et quarre sur le longuet, qui est d'un 
joyau du Baptisement Nostre Seigneur, declaire en la ni= partie 
du xini^ fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit cristal. 

Iste tres partes accolate [480-482], cum aliis tribus partibus in alia pagina 
immediate sequentibus, reddite fuerunt Parisius executoribus domini Ducis 
per dictum Robinetum. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie de eisdem. 

[S G, n" 934; prise v sous t.] 

483. Item, un petit cristal plat et quarre, qui est du Joyau d'un 
ymaige d'or de saint Jehan Baptiste, declaire en la premiere 
partie du xv^ fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit cristal. 

Nulla fit mencio de dicto cristallo in articulo dicti jocalis.Tamen magister 
Michael Maillard, clericus dictorum jocalium, asseruit ipsum cristallum 
fuisse et venisse de eodem jocali. 
. [S G, n° 93G; prise v sous t.] 

484. Item, un cristal creux qui est d'une saliere declairee en 



144 ANNEAUX ET PIERRES DES INVENTAIRES [fol. jS vo] 

la Vine partie du xviii*^ fueillet ensuivant. Pour ce icy ledit 

cristal. 

[S G, n" gSy; prise xx sous t.] 

485. Item, un annel d'or ou il a une teste d'argent en la sem- 
blance du roy Jehan (1). 

Redditc fucrunt ut supra [483-485.] 

[B, n" 140. — S G, n° 299; prise xxx sous t.] 

486. Item, un annel d'or oil il a un saphir citrin (2) a vni costes. 
K. — Datus fuit cardinali Barrensi (3) per mandatum super ultima parte 

CLXiin" folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus Robinetus acquit- 
tatur hie de eodem. 
[B, ir 141.] 

487. Item, une pierre eschaquetee de pluseurs couleurs, assise 
en un annel d'or a jour. 

[B, n" 143. — S G, n° 626; prise xi liv. v sous t.] 

488. Item, une crapaudine (4) assise en un annel d'or. 
[B, n° 146, — S G, n° 626; prise uii liv. t.] 

489. Item, un annel d'or ou il a une pierre noire en laquelle 

a lettres entaillees. 

Iste tres partes reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executori- 
bus. Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eisdem. 

Ces V parties acolees [485-489] sont ainsi declairees ou xxvi" fueillet du- 
dit livre. 

[B, n° 147. — S G, n" 627; prise lx sous t.] 

490. Item, un saphir citrin sur couleur de perido (5), assis en 



(i) Portrait grave en creux comme celui du due de Berry du n° 472. 

(2) « Strin » Invent. B, n° 141. Saphir citrin, par corruption saphistrin. 
Voy. Glossaire des emaiix, p. 492, au mot Saphistrin. C'est probablement 
une topaze d'espece particuliere. 

(3) Louis de Bar, issu d'une famille tixee a Bourges en 1270 et qui dut en 
grande partie son elevation a la protection du due Jean, etait eveque de 
Verdun. II fut nomme cardinal par le pape Benoit XIII et mourut en juillet 
1430 a Verdun, ou il fut enterre. 

(4) Encore une pierre qui, comme les langues de serpent, revelait la pre- 
sence du poison dans les mets ou les boissons. On I'appelait ainsi parce 
qu'on croyait qu'elle se trouvait dans la tete des crapauds. M. de Laborde 
dit que ce terme a ete quelquefois applique a des fossiles; mais ici, il est 
bien pris dans le sens de pierre precieuse. 

(5) Le peridot ou peridon, d'apres le Glossaire des emaiix et Littre, est une 
pierre tine, d'un vert jaunatre, moins dure que le cristal, mais rayant le 
verre. 



ANNEAUX, PIKRRES, ETC., BES INVENTAIRES [fol. ^6] 145 

uii annel d'or, et souloit estre hors oeuvre. Aiiisi declaire en la 
derreniere partie dudit xxvi"^ fueillet. 

K. — Datus fuit episcopo de Sarlat (i) per mandatum domini Ducis datum 
xxviii' die januarii anno M" CCCC" X1II% hie reddiium ; virtutc cujus acquit- 
tatur hie de eodem dictus Robinetus. 

[B, n» 149.] 

491. Item, deux gros yeulx de chat (2), hors oeuvre. Ainsi de- 
claire en la premiere partie du xxvn^ fueillet dudit livre. 

[B, n° i5o. — S G, n" 629; prise xx sous t.] 

492. Item, un camahieu d'une teste d'enffant. 
[B, n° 170. — S G, n° i3o5; non prise.] 

493. Item, un saphir citrin cabochon en une broche d'or. 

Ces II parties acolees [492-493] sont ainsi declarees es 1111° et derreniere 
partie du xxviii" fueillet dudit livre. 
[B, n° 175. — S G, n° 63o; prise xiii liv. x sous t.] 

494. Item, une petite verge d'or qui fu de feu madame la Du- 

chesse. 

[S G, n° i3o6; non prisee.] 

495. Item, une autre verge d'or roonde, qui est du nombre de 
iiii verges d'or roondes toutes plainnes qui servoient a tenir les 
anneaulx de Monseigneur. 

Iste quinque partes accolate [491-495] reddite fuerunt Parisius per dictum 
Robineium executoribus. Et sic de eisdem acquittatur hie. 
[S G, n" 628; prise vi sous iii den. t.] 

496. Item, une grosse pierre sur le vert qui est contre venin, 

hors oeuvre. 

Ista petra reperta fuit postmodum multum modica et de parvo valore, et 
ideo non fuit prisata, et data fuit pluribus servitoribus dicti Domini. Et ideo 
acquittatur hie idem Robinetus. 

[B, n° 201.] 

497. Item, une pierre longuete roonde, que Ten dit qu'elle 
garde d'avoir soif (3). 

Postmodum reperta fuit et est nuliius valoris. 
[B, n" 204.] 

(i) En 141 3, I'eveqiie de Sarlat est Jean Arnaud (1410-6 mai 1416). 

(2) L'ceil de chat est une agate orientale chatoyante, qui a deux ou trois 
cercles de differentes couleurs transparentes, ordinairement rouges, jaunes 
et vertes. 

(3) On sait que les voyageurs mettent encore une pierre dans leur bouche, 
pendant les grandes chaleurs, pour combattre la secheresse de la langue. 



146 ANKEAUX, PIERRES, etc., DES INVENTAIRES [fol. j6] 

498. Item, un camahieu blanc, ou il a une teste d'enffant, hors 
oeuvre. 

Traditus et redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et 
ideo acquittatur hie. 

Ces V parties acoiees [494-498] sont ainsi declarees ou xxx" fueillet dudit 
livre. 

[B, n° 206. — S G, n" 988; prise xxv sous t.] 

499. Item, une pomme d'ayment. 

[B, n° 221. — S G, n° 989; prise v sous t.] 

500. Item, iiii petis camahieux enchastonnez en or. 

[B, n° 225. — S G, n° 940; prise iiii liv. t.] 

5oi. Item, IIII esmaulx de pelite en lozange; vi autres esmaulx 
de pelite avecun cristal creux a six pans, en fa^on d'une cuvete; 
lesquelles choses sont parties d'une saliere de cassidoine. 

[B, n" 226. — S G, u" 941 ; prisii xxv sous t.] 

502. Item, un camahieu petit, ou il a un petit lion taillie, en- 

chastonne en or. 

Ces nil parties acoiees [499-502] sont ainsi declairees ou xxxii" fueillet 
dudit livre. 

[B, n° 227. — S G, n" 942 ; prise xx sous t.] 

503. Item, une pierre serpentine creuse, a viii costes, de la gran- 
deur du fons de la paulme et de la hauteur d'une doye. Ainsi de- 
claire en la derreniere partie du xxxiii^ fueillet dudit livre. 

[B, n° 24G. — S G, n° 943; prise v sous t.] 

504. Item, deux yeulx de chat enchastonnez en or. Ainsi de- 
clare en la xi^ partie du xxxiiii« fueillet dudit livre. 

Iste VI partes accolate [499-504] reddite fuerunt Parisius per dictum Robi- 
netum executoribus, ut supra. Et sit quittus hie de eisdem. 
[B, n" 257. — S G, n° 3oo; prise xl sous t.] 

505. Item, iiii grans pieces de cristaulx plates. 

[B, n" 263.] 

506. Item, v pieces de cristaulx, longues chascune du long d'un 
dour (i) et d'un petit doy de large. 

Tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus, 
ut supra. 

[B, n" 2G4. — S G, n° 3oi ; prise xxv sous t.] 

(i) Dour, dor ou doire : une mesure contcnant quatre doigts et repre- 
sentee, selon Nicot, par le poing serre. 



ANNEALX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. ']']\ 14- 

507. Item, une piece de cristal roont, du hault de trois doves. 
Ces in parties acolees [SoS-Soy] sont ainsi declairees oudit xxxiin" fueillet 

dudit livre. 
[B, n" 265. — S G, 11° 3o2; prise xv sous t.] 

508. Item, une petite branche de corail vermeil. Ainsi declaird 

en la xii= partie du xxv^ fueillet dudit livre. 
[B, n" 277. — S G, n° 3o3 ; prise v sous t.] 

509. Item, deux petites cornes de cerf volant ^i), garnies au 
bout d'argent dore. 

[B, n° 285. — S G, n° 1282 ; non prisees.] 

5 10. Item, une piece de cassidoine roonde, creuse, de la hau- 
teur de trois doye. 

[B, n° 289. — S G, n° 804; prise xx sous t.] 

5i I. Item, VI pierres contre venin, hors oeuvre. 
[B, n° 293. — S G, n° 944.] 

5 1 2. Item, deux petites pierres crapaudines, hors oeuvre. 

Iste VI partes simul accolate [5o7-5i2] reddite fuerunt, ut supra. Et sit qui- 
tus hie idem Robinetus de eisdem. 

[B, n" 294. — S G, 11° 945; prise, avec le n" 544, 5 sous t.] 

5 1 3. Item, deux pierres d'estrange couleur, enchassees en ar- 
gent. 

Ces V parties acolees [5o9-5i3] sont ainsi declairees ou xxvi" fueillet dudit 
livre. 

[B, n° 296.] 

514. Item, v langues de serpens, enchassillees en argent dore. 
Ainsi declaire en la derreniere partie du lix'^ fueillet dudit livre. 

[B, n" 5 1 5. — S G, n" i233 ; non prisees.] 

5 1 5. Item, un camahieu tout plat, quarre. Ainsi declaire en la 

iin« partie du lxii<= fueillet dudit livre. 

Iste due partes reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 
[B, n° 539. — S G, n" 946; prise xx sous t.] 

5 16. Item, un annel d'or, ouquel a un camahieu a in demiz 
ymaiges. 

[B, n» 553. — S G, n° 3o5 ; prise iiii liv. t.] 

(i) On designe encore aujourd'hui sous le nom de cerf-volant ou d'escar- 
bot un gros scarabee cornu, appele lucane, dont le male est arme de deux 
cornes tres fines et tres dures, qui pouvaient fort bien servir de cure-dent, 
comme I'a suppose M. de Laborde. 



148 ANNEAUX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. ']'] V°] 

517. Item, un autre annel d'or, ouquel a un camahieu oii il a 
deux chevaux taillez at un enifant, et darrieres un yniaige de 
Nostre Dame tenant son enffant. 

[B, n" 554. — S G, n° 807; prise vi liv. t.] 

5 1 8. Item, un autre annel d'or, ou il a un camahieu d'une teste 
d'enftant a grans cheveulx. 

[B, n° 556. — S G, n° 947; prise xxx sous t.] 

519. Item, une pierre estrange enchassde en or, pendant a une 
chaienne d'or. 

[B, n° 56o. — S G, n" 3o8; prise xxx sous t.] 

520. Item, une pierre appellee peridon (i), enchassee en or. 
[B, n° 56i. — S G, n" 3og; prise xxx sous t.] 

521. Item, une pierre estrange en maniere d'un croissant, non 

garnie. 

[B, n° 562, — S G, n° 1234; non prisee et donnee, si comme on dit, a la 
femrrre Thevenin de Bon Puis (2).] 

522. Item, une pierre garnie d'or; au dessus a un bouton. 
[B, n" 5G3. — S G, n" 3io; prisee xl sous t.] 

523. Item, une pierre cornue, garnie de lilez d'argent. 

Iste viii'° partes accolate [5i6-523] tradite et reddite fuerunt Parisius per 
dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus. 
Ces VIII parties acolees sont ainsi declairees ou lxiii' fueillet dudit livre. 
[B, n° 564. — S G, n° 948; prise v sous t.] 

524. Item, trois grosses pommes de bericle. 

[B, n° 570. — S G, n° 3 1 1 ; prise lx sous t.] 

525. Item, une autre pomme moindre de bericle. 
[B, n° 571. — S G, 11° 3i2 ; prise xx sous t.] 

526. Item, une autre petite pomme de bericle. 
[B, n° 572. — S G, n" 3i3; prise x sous t.] 

527. Item, un autre bericle fait en guise d'une tronipe. 
[B, n" 573. — S G, n° 949; prise 11 sous vi den. t.] 

528. Item, un saphir ou il a une teste d'omme, garni d'argent. 
Ces V parties acolees sont ainsi declairees ou lxiiii" fueillet dudit livre. 
[B, n" 574. — S G. n° gSo; prise xxx sous t.] 

(i) Voy. ci-dcssus la note de I'art. 490. 

(2) La femme de Thevenin de Bonpuits s'appelait Denisette. (\'oy. Tuetey, 
Journal d'un bourgeois de Paris, p. 63.) 



ANNEAUX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 78] I49 

529. Item, une piece de cassidoine blanc ouvre a oiseaulx et 

fueillages, pendant a un laz. 
[B, n° 6o3. — S G, n° gSi; prise xxx sous t.] 

530. Item, deux coquilles de perles. 
[B, n" 607. — S G, 11° 952 ; prise xx sous t.] 

53 I . Item, une autre coquille en maniere de limacon. 
[B, n" 608. — S G, n° g53 ; prise x sous t.] 

532. Item, une piece de coraii vermeil. 

Ces III! parties acolees sont ainsi declairees ou lxvi" fueillet dudit livre. 
[B, n° 610. — S G, n° 314; prise xxv sous t.] 

533. Item, deux langues de serpent qui sont d'une saliere, 
declairees en la iiii<= partie du nii^^ vine fueillet ensuivant. 

Iste x""" partes accolate [524-533] tradite et reddite fuerunt Parisius per 
dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus 
de eisdem. 

[S G, n" 954; prise v sous t.] 

534. Item, une autre langue de serpent (i), qui est d'un ovier 
d'argent; declaire en la vi« partie dudit iiii'^^ viii^ fueillet. 

[B, n° 798. — S G, n" i235; non prisee.] 

535. Item, vii anneaulx a pierres crapaudines, xvii langues de 
serpens et une piece de coraii, qui sont de deux espreuves declai- 
rees es vii^ et viii= parties dudit ini'''' viii^ fueillet. 

[S G, n" 955; prise vi liv. t.] 

536. Item,unviezanneld'or, oiiilaune teste de camahieu. Ainsi 
declaire en la penultieme partie du iiii'''' xv^ fueillet dudit livre. 

[B, n° 882. — S G, n° 956; prise iiii liv. t.] 

537. Item, plusieurs pieces d'ambre en une cassete de hois. 

Ainsi declaire en la v^ partie du c'' fueillet dudit livre. 

[S G, n" 1286; non prisees.] 

538. Item, deux cosses. Tune de prasmed'esmeraude (2) et I'au- 

(i) On a dit que la langue de serpent est une pierre verdatre. EUe passait 
pour reveler le poison dans les aliments ou les boissons. Aussi en trouve-t- 
on un grand nombre dans les inventaires. II y en avait a demeure dans les 
salieres; mais pourquoi en placer dans les oviers ? 

(2) Le terme prasme, proesme ou prisme d'emeraude designerait, d'apres 
Douet d'Arcq {Inventaire des joyaux de la Coiironne de 1418, n" 79), des 
pierres dc qualite inferieure. Littrc dit que la prime d'emeraude est un 
cristal de roche colore, ce qui revient au meme. 



I 5o ANNEAUX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 78 V"] 

tre de nacle de perlc, qui furent d'un collier d'or en faijon de 
chaienne. Ainsi declaire en la iii^ partie du clxxvi^ fueillet dudit 

livre. 

[S G, n° 634 ; prise vi liv. t.] 

539. Item, deux pieces d'agathe plates, longuetes sur le roont, 
en fagon de fons de cuvete, I'une plus petite que I'autre, qui sont 
d'une saliere declairee en la ni« partie du ii^ xxvif fueillet du livre 
desdiz comptes precedens. Pour ce icy lesdictes deux pieces 
d'agathe. 

Tradite et redditc fuerunt per dictum Rohinetum Parisius executoribus, 
ut supra [534-539.] 

[S G, n° 957; prise lx sous t.] 

540. Item, de deux bassins d'or esmaillez par dedens tres ri- 
chement, chascun de v preuzes (i) de rouge cler, declairez en 
la 11= partie du ii^ mixx ye fueillet du livre desdiz comptes pre- 
cedens, est demourc chargie Icdit Robinet d'Estampes desdiz 
esmaulx, comme il appert par I'arrest mis sur ladicte partie. 
Pour ce icy dix pieces d'esmaulx desdictes preuzes et dix pieces 
d'esmaulx desdix preux. 

Licet dictus Robinetus sit oneratus super ii"*' parte 11' iiii" v" folii compo- 
torum suorum precedentium de decern esmaulx, dictarum decern probarum 
dumtaxat, tamen, faciendo correctionem de diciis compotis precedentibus 
cumpresenti super isto articulo, magister Michael Maillardi, clericus joca- 
lium dicti domini Ducis, testifficatus fuit quod in dictis pelvibus erant, ultra 
dictum numerum decern probarum, alii decern esmaulx de decem probis 



(i) Aux neuf preux legendaires choisis par tiers dans I'histoire sacree, 
rhistoire ancienne et I'histoire moderne, le moyen age donna en pendant, 
vers la fin du xiv" siecle, les preuses recrutces dans la mythologie et surtout 
parmi les Amazones celebres. Les noms pas plus que le nombre de ces 
heroines ne furent jamais bien arretes. Dans I'inventaire des tapisseries de 
Charles VI (n- i5i, i5-2 ct i53), figurent trois tapis, aux amies du due de 
Berry, sur lesquels sont representees les dix preuses, les memes probable- 
ment qui etaient retracees sur les bassins d'or emaille. Ces dix preuses, 
pour lesquelles le due Jean semble avoir eu un faible particulier, qu'il 
avait peut-etre choisies lui-meme, se nommaient sur les tapisseries Dei- 
phile, Argentine, Synoppe, Hippolyte, Thamaris, Teucra, Penthasilee, Me- 
nalipe, Semiramis, Lampheto. II est d'autant plus necessairc de signaler 
ici ces tapisseries des preuses aux armes de Berry qu'il n'en est pas fait 
mention sur le seul des trois inventaires du prince ou sont consignees ses 
tentures. Ajoutons que les preuses ne paraissent pas avoir ete I'objet d.e 
recits litteraires comme les preux. 



ANNEAUX, PIERRES, ETC., DES INVENTAIRES [fol. 79] l5l 

viris. Et ideo oneratur hie idem Robinctus dc xx'' csmaulx, ct corrigitur in 
dictis suis precedentibus compotis quoad dictos x esmaulx x probarum. 

Dicti xx'' esmaulx redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum execu- 
toribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinctus de eisdem. 

[S G, n" 1 1 83; prise vii' xxxi liv. v sous t.] 

541. Item, une grant coquille de perles, qui est d'une salliere, 
declairee en la premiere partie du iw^ xxiiF fueillet ensuivant. 

[S G, n" 958; prise xx sous t.] 

542. Item, un grant doublet quarre, contrefait de couleur de 

saphir, assis en un culet d'or, lequel Monseigneur a fait faire. 

Queratur si inveniri possit in compotis precedentibus, quia non fuit inven- 
tus faciendo correctionem de ipsis cum prescnti. 

[S G, n" 633; prise xvi liv. t.J 

543. Item, deux grans pieces d'esmaulx plates et quarrees, tres 

richement esmaillees, qui sont d'uns grans tableaux d'or et bien 

pesans en fa^on d'un livre, esmaillez par dedens tres richement. 

Declarez en la iiF partie du vi^^ xnii^ fueillet dudit livre. Pour 

ce icy lesdictes deux pieces d'esmaulx. 
[S G, n" 1 184; prise viir liv. t.] 

544. Item, un petit cristal creux, qui est du reliquiere d'un 

ymaige d'or de la Magdalene declarde en la ii^ partie du cini'^x 

xv^ fueillet dudit livre. Pour ce icy le cristal non garni. 
[S G, n" 3i3; prise xx sous t., vendu xxii sous vi den. t.] 

545. Item, un autre cristal creux, goderonne, qui est d'une sa- 
liere declairee en la in' partie du in^ lxiii' fueillet ensuivant. Pour 

ce icy ledit cristal. 

Iste quinque partes accolate [541-543] tradite et reddite fuerunt Parisius 
per dictum Robinetum executoribus, ut supra. 

[S G, n° 939; prise xl sous t.] 



AUTRES PARTIES DESDIZ INVENTOIRES, QUI SONT DE NULLE OU 
PETITE VALEUR. 

546. Item, pluseurs pierres et caillos de diverses couleurs, qui 
sont de petite valeur. Ainsi declaire en la iiii' partie du xxvii' 
fueillet dudit livre. 

[B, n° 1 53. — S G, n" 1237; non prises.] 

Omnes partes presentis capituli tradite et reddite fuerunt Parisius execu- 



I 52 OBJETS DE PETITE VALEUR [fol. 79 vo] 

tioni dicti domini Ducis per dictum Rohinetum. Et ideo idem Robinetus ac- 
qiiittatur hie de eisdem. 

547. Item, un caillou ou il a une croix blanche parmy. 

[B, n" 202. — S G, n° i238; non prise.] 

548. Item, une pierre blanche tachee de blanc. 

Ces II parties acolees [547-548] sont ainsi declairees ou xxx" fueillet du- 
dit livre. 

[B, n" 2o3. — S G, n" 1239; non prisee.] 

549. Item, deux petites pieces, du gros d'une noix, de mine ( i ) ; 
et a en ycelles pluseurs voinnes de fin or. 

[B, n' 248. — S G, n" 1240; non prisees.] 

550. Item, une autre piece moindre, de mine d'or. 
[B, n° 249. — S G, n° 1241 ; non prisee.] 

55 I . Item, une autre piece de mine d'argent. 
[B, no 25o. — S G, n° 1242; non prisee.] 

552. Item, une piece de mine d'or. 

[B, n" 258. — S G, n° 1243; non prisee.] 

553. Item, un caillou en facon d'un oeuf. 

[B, n° 259. — S G, n" 1244; non prise.] 

554. Item, un autre caillou noir longuet. 
[B, n" 260. — S G, n° 1 245 ; non prise.] 

555. Item, un petit os grenete, en fa^on d'un petit collier. 
[B, n° 261. — S G, no 1246; non prise.] 

556. Item, une pierre sur couleur de jaspre. 

Ces VIII parties acolees [549-556] sont ainsi declairees ou xxxiiii' fueillet 
dudit livre. 

[B, n" 262. — S G, n« 1247; non prisee.] 

557. Item, une petite coquille de lymai;:on. Ainsi declaire en la 
v^ partie du xxxV fueillet dudit livre. 

[B, n" 271. — S G, 11° 1248; non prisee.] 

558. Item, deux grans dens de sengler (2). Ainsi declaire en la 

xni" partie dudit xxxV fueillet. 

[B, n" 278. — S G, 11° 1240; non prisees.] 

(i) Ce sont prohahlement dcs fragments de mineral d'or et d'argent con- 
serves a titre de curiosite naturellc. 

(2) Les defenses de sanglier n'ayant pas une origine mystcrieuse comme 
les cornes d'unicorne ou les langues de serpent, aucune vertu particuliere 
ne leur est attribuee. On les conserve a litre de curiosite, surtout quand elles 
atteignent une dimension exceptionnelle. 



OBJETS DE PETITE VALEUR [fol. 8o] I 53 

559. Item, un aguillon d'un pore espic (i). Ainsi declaire en 
la 11" partie du xxxvi^ fueillet dudit livre. 

[B, no 284. — S G, no i25o; non prise.] 

560. Item, unc empraincte de plont, ou est le visaige de Fran- 
9oys de Carrare en un coste, et en Tautre la marque de Fade (2). 

[B, no 287. — S G, n" i25i; non prisec] 

56 1. Item, xxxv pierres de diverses fagons et couleurs, de pe- 
tite valeur, hors «uvre. 

Ces deuxparties acolees [56o-56i] sont ainsi declairecs oudit xxxvr fueillet. 
[B, no 292. — S G, no I252 ; non prisecs.] 

562. Item, une grant maschouere de serpent. 
[B, no 309. — S G, no i253; non prisecs.] 

563. Item, une pierre en facon de poire. 

Ces deux parties acolees [562-563] sont ainsi declairees a la fin du xxxvii' 
fueillet dudit livre. 
[B, no 3io. — S G, no 1254; non prisee.] 

564. Item, deux pommes de voirre, en Tunc desquelles a au- 
dedens un crucelix, et en I'autre un homme et une femme jouans 
aux eschaz. 



(i) Encore un ohjet conserve a titrc de curiosite naturelle. On sait que le 
moyen age attribuait au pore epic la faculte de lancer ses aiguillons a ceux 
qui I'attaquaient, croyance qui a donne naissance a la devise de Louis XII : 
Comimis et emimis. M. de Laborde dit que ce dard etait employe a fabriquer 
la brochette servant dans la toilette a tracer la raie des cheveux. 

(2) On a signale plus haut (p. 71) la dissertation de M. Friedlaender, 
ancien directeur du cabinet des medailles de Berlin, sur les plus anciennes 
nnedailles italiennes. Or le present article 56o, en apparence bien insigni- 
tiant, contient la confirmation formelle des hypotheses du savant allemand. 
L'empreinte en plomb decrite ici et qui figure dans le premier inventaire 
du due de Berry (1401), qui par consequent reproduit une piece anterieure 
au quinzieme siecle, portait, d'un cote, le portrait de F'ran(;ois de Carrare, 
de I'autre, la marque de Fade ou de Padoe (inventaire B), c'est-a-dire le nom 
de la ville de Padoue. La seule medaiUe des seigneurs de Carrare a 
laquelle cette designation puisse s'appliquer est celle de Fran(;ois II de 
Carrare dont le revers presente cette inscription en lettres gothiques : 
« 1390 . DIE . 19 . JUNu . RECUPERAViT . Paduam. » Sur ks autrcs pieces 
signalees par M. Friedlaender, puis par M. Armand, dans ses Medail- 
lein-s italiens (tome II, page 16,17 et tome III,'p. i56), le mot de Padoue ne 
parait pas. Ainsi, les conjectures de M. Friedlaender sur la date des me- 
dailles des seigneurs de Carrare se trouvent pleinement confirmees par 
notre inventaire. 



I 54 OBJETS 1)K PETITE VALEUR [fol. 8o V°] 

Radiatur, quia de ipsis acquittatur dictus Robinetus in penultima parte 
Lxii folii conipotorum suorum precedeiitium, causa ibidem declarata. 
En effet cet article est biffe sur le manuscrit. 
[B, n" 548.] 

565. Item, une flour de lis d'ambre. 

[B. n" 597. — S G, n" 960; prise xx sous t.] 

566. Item, deux grans boutons d'ambre estans en une leecte 
avecques petites boistes d'yvoire. 

[B, n" 599. — S G, n" 9G1 ; prises xxv sous t.] 

567. Item, un sac de cuir ou dedens a pluseurs menues pier- 
res de la riviere du Puy (i). 

Ces III parties acolees [bG5-56j] sont ainsi declairees ou lxvi" fueillet du- 
dit livre. 
[B, n° 609. — S G, n° 3 16; prise iiii liv. t.] 

568. Item, une piece d'un os noir, fait en guise d'une broche 
poinctue et creuse dedens. 

[B, n° 616. — S G, n" 962; prise v sous t.] 

569. Item, V dens de senglier. 

[B, n° 617. — S G, n" q63 ; prise vi sous lu den. t.] 

570. Item, un os d'un oisel tres legier. 

[B, no 618. — S G, n" 12 53; «ncant prise, lequel est en I'Dstel Thevenin de 
Bon Puis. »] 

571. Item, une masselliere (2) de giant (3), estant en un estui de 
cuir. 

[B, no 619. — S G, n" 12 56 : n neant prisee, et est en I'ostel dudit Thevenin 
de Bon Puis ».] 



(i) On trouve encore dans les montagnes volcaniques de I'Auvergne dcs 
roches contenant des cristaux de saphirs et d'amethystes. M. Labarte {In- 
vent, de Charles F^p.gS), a remarque que les habitants du Puy se livraient 
a la recherche des saphirs il n'y a pas bien longtemps. Les inventaires 
du moyen age font souvent mention de saphirs du Puy (Voy. Invent, des 
joyanx de la couronne de 141 S, n°^ 207, 3o3, 325, 36o). M. de Laborde 
pense que le saphir du Puy est la pierre qui a re?u le nom de disthene^ pierre 
d'un bleu celeste, mais peu estimee,etant assez commune. 

(2) a Messeliere ». — Invent. B, n" 619. 

(3) Les dents machelieres sont les molaires. D'apres Littrc, le mot mais- 
sellier serait encore usite en ce sens dans le Berry. II s'agit sans doutc sim- 
plement d'une molaire d'elephant ou d'hippopotame, consideree, en raison 
de sc§ dimensions, comme provenant de la machoire d'un geant. 



OBJETS DE PETITE VALEUR [fol. 8l] l55 

572. Item, une petite poche de toille, ou il a pluseurs pieces de 
gest. 

Ces V parties acolees [568-572] sont ainsi declairees ou lvh' fueillet dudit 
livre. 
[B, n" 625. — S G, n" 964; prise x sous t.] 

573. Item, un petit sac de toille, oil il a pluseurs pierres d'am- 
bre et de gest. 

[B, n" 632. — S G, n^ ^65; prise x sous t.] 

574. Item, XVI petites pieces d'ambre, que blanc que autres, de 
diverses famous, avec un annel d'ambre blanc. 

Ces deux parties acolees [573-574] sont ainsi declairees ou lxviii' fueillet 
dudit livre. 

[B, n° 640. — S G, n" 966; prise v sous t.] 



PIERRES DE PLUSEURS MANIERES, TANT EN ANNEAULX ET HORS 
(EUVRE, COMME AUTREMENT, ACHATEES PAR MONSEIGNEUR 

575. Item, un saphir citrin quarre, hors oeuvre, que Monsei- 
gneur a eu de Jehan Boistel, orfevre demourant a Paris. 

[S G, n" 635; prise xx liv. t.] 

Omnes partes presentis capituli tradite et reddite fuerunt Parisius per 
dictum Robinetum executorihus. Et sic idem Robinetus acquittatur de eis- 
dem. 

576. Item, une teste taillee en une pierre appellee ycle (i), la- 
quelle mondit Seigneur retint pour lui de pluseurs joyaulx et au- 
tres choses que Barthelemy Rust, marchant demourant a Paris, 
lui delivra et vendi, tant pour la teste et joustes faictes a Bour- 
ges(2] le XXI" et xxii" jours d'avril I'an mil GCCG et V apres Pas- 
ques, que autrement, et cousta xxx fr. 



(i) M. de Laborde n'a rencontre le mot ycle que dans I'inventaire du due 
de Berry et n'a pu trouver une explication satisfaisante de ce terme. 

(2) Certains tournois ont laisse un souvenir dans les chroniques contem- 
poraines, telles que les joutes de Saint-Denis qui eurent lieu en 1389, lors 
de la reception du due d'Orleansdans I'ordre de la chevalerie (Voy. Clironique 
du Religieux de Saint-Denis, t. i, liv. x, chap, i et 11, p. 586-599), et les 
joutes de Saint-Inglevert representees sur une tenture souvent designee 
dans les inventaires sous le nom de Tapis Boucicaut, du nom du heros qui 



I 56 PIERRES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 8 1 Vo] 

Ces deux parties acolees [SyS-SyG] sont ainsi declairees ou clxxvi" fueillet 
dudit livre. 

[S G, n« 1 1 7 1 ; prise x liv. t.] 

577. Item, un annel d'or ou il a une teste d'ours faicte de cassi 
doine blanc, et a Fun des costes a une esmeraude, et a Tautre un 
cuer de dyament, lequel Monseigneur achata de Baude de Guy, 
aux estraines mil CCCC et VI, pour le pris et somme de 
Lx escus d'or. 

[S G, n° 636; prise x liv. t.] 

578. Item, un annel d'or, ouquel a un demi saint Jehan Bap- 
tiste fait de cassidoine, que Monseigneur achata d'un tailleur de 
pierrerie appelle Cerveil, pour le pris de xvi escus d'or comp- 
tans. 

K. — Datus fuit abbati de Bruges (i) per mandatum super ultima parte 
Lxxv"folii hujuscompoti redditum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus 
de eodem. 

Ces II parties acolees [577-578] sont ainsi declairees ou 11'' iiii" 1° fueillet. 

579. Item, un grenat taillie en maniere d'une flour de lis, assis 
en un annel d'or, que Monseigneur achata de Baude de Guy, aux 
estrainnes I'an mil CCCC et VIII, pour le pris et somme de 
VI escus. 

[S G, 11° 637; prise xl sous t.] 

580. Item, un annel d'or oil il a une agathe blanche et raiee, 
laquelle Monseigneur achata de Constantin de Nicolas, le xxni' 
jour d'avril I'an mil CCCC et VI, pour le pris et somme de 
XV frans, a lui lors pakz comptans par Baude de Guy. 

[S G, n» 638; prise iiii liv. t.] 



s'illustra dans cette lutte. Les joiites de Bourges ont eu moins de retentisse- 
ment. On voit par ce passage qu'elles eurent lieu les 21 et 22 avril 1405. Les 
chroniques contemporaines n'en font pas mention. D'un article de compte, 
publie par M. Fevret de Saint-Memin a la suite d'un rapport sur les restes 
des monuments de I'ancienne Chartreuse de Dijon, [Memoires^ de la Com- 
mission des Antiqidtes du departement de la Cote-dOr, annees 1842-46, 
p. 66), il resulte que Jean Sans-Peur prit pour embleme le rabot a i'occa- 
sion des joutes faites a Compiegne en juin 1405. 

(i) Est-ce I'abbaye d'Eechout situce dans les environs de Bruges.' EUc 
avaita sa tete en 1415 Lambert II Hauschilt ou Anschilt qui executa des 
travaux importants. 



PIERRES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 82 V^] iSj 

58 1. Item, un grant grenat taillie en maniere d'une croix dou- 
ble, hors oeuvre, que Monseigncur achata ja piet^a de Ponon le 
Large, la somme de xxv frans. 

[S G, n" 639; prise xl sous t.] 

582. Item, un annel d'or oil il a une pierre de chapon (i) tachee 
de blanc et de rouge. 

[S. G, n° 640; prise iiii iiv. t.] 

583. Item, deux beaux camahieux taillez. Tun en fa^on d'un 
homme nu, de ni doiz de long, et I'autre taille en faijon d'un vi- 
saige de femme, de la grandeur de plain posse (2); lesquelx Mon- 
seigneur achata de Michiel de Bolduc. 

[S G, a" 3 17; prise iiii" Iiv. t.] 

584. Item, un grant annel d'argent dore ou 11 a un grant saphir 
citrin plat a vni costes. 

Iste anulus datus fuit de ordinacione dominorum exccutorum Bitturis 
episcopo de Domnances (3), occasione certorum serviciorum divinorum per 
eum factorum apud Bitturicas et alibi pro anima dicti domini Ducis, prout 
in inventario facto Bitturis plenius habetur mencio. Et ideo dictus Robi- 
netus de eodem acquittatur. 

Ces VI parties acolees [579-584] sont ainsi declairees ou ir mi" 11" fueil- 
let dudit livre. 

[S G, n» 1257; non prise.] 

585. Item, un annel d'or ou il a une teste d'un viez homme 

d'une pierre jaune. 

Iste alter anulus redditus fuit Parisius, cum aliis quinque partibus imme- 
diate sequentibus [585-59o], per dictum Robinetum executoribus, ut supra. 
[S G, n" 641; prise vi iiv. t.] 

586. Item, un autre annel d'or ou il a une pierre roonde et 
noire, tachee en maniere d'une estoille. 

[S G, n" 642; prise vi Iiv. t.] 

(i) D'apres M. de Laborde, la pierre de chapon serait une pierre extraite 
du gesier d'un chapon, a laquelle etait attribuee quelque vertu magique. 
Cette explication ne nous satisfait guere; mais il est difficile d'en proposer 
une plus acceptable. 

(2) C'est-a-dire de la grandeur d'un pouce entier. 

(3) Ce passage veut-il designer Georges II, evfique de Domno en Dalmatie 
(episcopus Dumnensis), de 1412 a 1419, qui, chasse par les Turcs, aurait 
trouve asile aupres du due de Berry? II n'y a guere d'autre eveche auquel 
cette designation puissc s'appliquer (Voy. Gams, Series episcopovum ecclesice 
Catholicce, Ratisbonne 1873, in-4). 



I 58 PIERRES ACHETEES PAR MONSEIGNEUR [fol. 83] 

587. Item, uii autre annel d'or ou il a un camahieu taillie en 
semblance d'une teste d'un viez homme. 

Ces in parties acolees [585-587] sont ainsi declairees ou m" Liir fueillet 
dudil livre. 

[S G, 11° 643; prise vui liv. t.] 

588. Iteni, un bien petit camahieu oil il a d'un des costez un 
bien petit ymaige, et de Tautre coste deuxymaiges, garni et pen- 
dant a une petite chaiennete d'or. Ainsi declaire en la iii^ par- 
tie du iii'^ Liiii^ fueillet dudit livre. 

[S G, nt> 644; prise vi liv. xv sous t.] 

589. Item,un grant saphir citrin,du gros de plain poing,sur le 
long, a pluseurs costes, pertuisie au long, pendant a un laz; le- 
quel est avenu a Monseigneur depuis les comptes precedens. 

[S G, no 3 18; prise xx liv. t.] 

590. Item, une petite pierre vert, plate et escripte, garnie d'un 
filet d'or entour; laquelle est avenue a mondit Seigneur depuis 
lesdiz comptes precedens. 

[S G, no 967; prise xxv sous t.] 



AUTRES PIERRES DE PLUSEURS MANIERES, TANT EN ANNEAULX ET HORS 
(EUVRE, COMME AUTREMENT, DONNEES A MONDIT SEIGNEUR. 

591. Item, une fleur de lis faicte d'un grenat, assise en un annel 
d'or, qui fu donne a estraines a Monseigneur le premier jour de 
Janvier I'an mil CCCC et un. 

Ista pars tradita et rcddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo- 
ribus, ut supra. Et sit quittus hie. 
[S G, no 645; prise xl sous t.] 

592. Item, une jacincte (i) roonde, assise en un annel d'or tout 
plain, que Baude de Guy donna a mondit Seigneur le xi-^ jour de 
fevrier I'an dessusdit mil CCCC et I. 



(i) Le tcrme hyacinthe s'appliquerait plutot, d'apres M. de Laborde, a une 
nuance qu'a une pierre speciale. On designerait ainsi soit le grenat, soit le 
corindon, soit la topaze, ou d'autres pierres encore, quand elles afFectent un 
ton rouge orange ou brun rougeatre, et meme, suivant Littre, une couleur 
jaune de miel. 



PIERRES DONNKES A MONSEIGNEUR [fol. 84] I 5q 

Iste lapis datus fuit per dominum Duceni domino archiepiscopo Bitturi- 
censi, prout constat per litteras dicti domini Ducis datas vii" die maii 
M CCCC XV°, superius redditas. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie. 

Ces deux parties acolees [Sgi-Sga] sont ainsi declairees ou 11' xxiiii" fueil- 
let diidit livre. 

593. Item, une pierre serpentine roonde, garnie d'or, pendant 
a une chaienne d'or, en laquelle est la devise de Lermite de la 
Faye (i) qui la donna a mondit Seigneur ou mois de fevrier I'an 
mil CCCC et III. 

Redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquit- 
tatur hie idem Robinetus. 

[S G, no 968; prise viii liv. t.] 

594. Item, une pierre contre venin, appellee bauzar(2), garnie 
d'or, pendant a trois petites chaiennes d'or, que le mareschal 
Boussicaut(3) envoia en don a Monseigneur ou mois de novem- 
bre I'aa mil CCCC et II II. 

Iste lapis redditus fuit Parisius per dictum Robinetum, et postmodum da- 
tus de ordinacione executorum domino constabulario Francie domino co- 
miti d'Armignac. Et sic dictus Robinetus acquittatur hie de eodem. 

[S G. n" 1 307; non prisee.] 

595. Item, un camahieu assis en un annel d'or esmaillie a ours 

(i) Lhermite de la Faye etait senechal de Beaucaire et chambellan du roi 
de France. II fut charge a plusieurs reprises par le Roi de missions de con- 
fiance {Chronique du Religieux de Saint-Denis, II, 697; III, 5i3; V, 81). Cf. 
no 694 ci-dessous. 

(2) Le bauzar ou bezoard est une concretion calculeuse formee dans I'es- 
tomac, les intestins ou les voies urinaires des hommes et des animaux. II 
passait pour un contre-poison efficace. Le bezoar etait encore employe dans 
la medecine au milieu du xvii° siecle. Dans sa lettre du 10 octobre 1648, 
Guy Patin confond dans la meme reprobation ce bezoar et son ennemi in- 
time, Eusebe Renaudot, le Gazetier, comme il I'appelle avec mepris. « Get 
homme, ajoute-t-il, n'est-il pas bien ignorant de nous dire que le Roy a gueri 
apres avoir pris du bezoar... » 

(3) Jean II Le Meingre, comte de Beaufort, plus connu sous le nom de 
Boucicaut, devint marechal de France le 2 3 decembre 1391 et niourut en 
captivite en 142 1. Son pere, qui portait aussi le nom de Boucicaut, s'etait 
illustrepar le defi qu'il adressa,en 1390, a tous les chevaliers d'Angleterre et 
par les luttes qu'il soutint pendant un mois, du 20 mars au 20 avril, contre 
tous ceux qui se presenterent pour le combattre a Saint-Inglevert. Ce fait 
d'armes eut un immense retentissement. II fut celebre dans un poeme pu- 
blic par M. le baron Jerome Pichon, et represente sur une tapisserie exe- 
cuteepour Charles VI avant 1396, generalement connue a cette cpoque sous 
le nom de Tapis Boucicaut. Voy. ci-dessus la note de I'art. 576. 



l6o PIERRES DONNEKS A MONSEIGNEl'R [fol. 84 V^] 

et florettes, que maistre Gieffroy de Damart donna a Monsei- 
gneur ou mois d'avril I'an mil CCCC et deux. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut 
supra. 

[S G, 11° 646; prise xlv sous t.] 

596. Item, un annel d'or ou il a une pierre en maniere de sa- 
phir, escript a I'entour de lettres grecques (i), que le seigneur de 
Partenay (2) envoya en don a monseigneur le Due ou moys de 
may ran mil CCCC etV. 

597. Item, un autre annel d'or, ou il a entour iiii petites pier- 
res, que ledit seigneur de Partenay envoia en don a mondit Sei- 
gneur oudit moys de may mil CCCC et V. 

Isle anuius rcdditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut 
supra. 

[S G, no G47; prise xxv sous t.] 

598. Item, un annel d'or, ou il a un ours de pierre serpentine, 
que le roy de Navarre donna a mondit Seigneur le xvi'' jour de 
decembre I'an dessusdit mil CCCC et V. 

K. — Datus fuit regi Anglic (3) per mandatum Domini super sexta parte 
Lxx""' folii hujus compoti redditum ; virtute cujus dictus Robinetus acquit- 
tatur hie de eodem. 



(i) L'inventaire contient de nombreuses mentions de joyaux portant des 
inscriptions grecques, quelquefois traduites (voy. art. 200). Les comptes du 
due de Berry renferment plusieurs articles trahissant la vive sollicitude du 
due pour tous les Grecs qui se presentaient a sa cour. En voici quelques 
exemples : «A ung povre evesque de Gresse, le 10 juillet iSgg, 67 sous 6 de- 
niers tournois. » (Arch. Nat. KK 254, fol. 19). — kA ung Grec, pour don a lui 
fait par mond. Seigneur pour Dieu et en aumosne, le 2 3 mars 140 1, 4 livres 
tournois.)) [Ibid., fol. 108 v"). — « 1416: AJehaume la Viarde, demourant a 
Paris, pour revestir Elexi Cleriot, povre home grec, 8 liv. t. ; )) (Compte des 
executeurs testamentaires SG, L f 54, fol. 262). — II y a plus, le due de Berry 
entretenait des relations directes avec I'empereur de Constantinople, comme 
le prouve I'article suivant : « A Mondun Morel, chevaucheur de M^"', pour ses 
« frais et despens en alant de Paris en Lombardie porter lettres de par 
« mond. Seigneur a I'Empereur de Constantinople, 2 5 escus; 4 avril 140 1. » 
(KK 254, fol. 69). Et ce n'est pas le seul fait de ce genre dont on ait la 
mention. 

(2) Jean I'Archeveque, seigneur de Parthenay, senechal de Poitou, joua 
un certain role dans les negociatiojis engagees entre le due de Berry, le roi 
de France et le due de Bourgogne en 1410 et 141 1. (Voy. Clironiqite du 
Religieux de Saint-Denis, IV, 343, 357, ^^ ••) 

(3) Henri V qui monta sur le trone d'Angleterre le 20 mars 141 3. 



PIERRES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. 84 V^] 161 

599. Item, un autre annel d'or ou il a un camahieu taillie en 
fa9on d'un ours, et deux petis grains d'esmeraude aux costez, que 
ledit roy de Navarre donna a mondit Seigneur ledit xvi" jour de 
decemhre Tan dessusdit mil CCCC et V. 

Iste anulus redditus fuit Parisius per dictum Rohinctuni, ut supra. 
[S G, no 648; prise vr liv. xv sous t.] 

600. Item, un annel ou il a une pierre, dont Joseph espousa 
NostreDame,si comme disoit la dame de Saint-Just (i) qui donna 
ledit annel a mondit Seigneur aux estrainnes, le premier Jour de 
Janvier Tan dessusdit mil CCCC et V. 

Iste anulus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut 
supra. 

Ces via parties acolees [SgS-Goo] sont ainsi declarees ou 11° xxv" fueillet 
dudit livre. 

[S G, n" i3o8; non prise.] 

601. Item, un annel d'or ouquel a deux ours de cassidoinne, 
et dessoubz une esmeraude, et dessus une flour de lis de saphir, 
et ou milieu un hien petit grain de ruby, lequel annel ainsy garni 
la femmc maistre Regnier de Boullegny (2) donna a Monseigneur 
aux estrainnes, le premier Janvier I'an mil CCCC et VI. 

[S G, n" 649; prise iin liv. x sous t.] 



(i) Antoinette de Beaufort, fille de Raymond-Louis, comte de Beaufort et 
d'AIais, vicomte de Turenne, et de Marie d'Auvergne, dite de Boulogne, 
morte en i388, qui avait apporte en mariage la baronnie de Saint-Just, en 
Champagne. Antoinette de Beaufort epousa, en iSgS, Jean le Meingre, dit 
Boucicaut, 11° du nom. Sa grand-mere, Jeanne de Clermont, dame de Saint- 
Just, etait la tante de Jeanne de Bourgogne que le roi Jean epousa, en 1349, 
apres la mort de Bonne de Luxembourg, sa premiere femme, mere du due 
de Berry. 

(2) Regnier de Boullegny, clerc et secretaire du due de Berry, parait avoir 
ete tres avant dans ses faveurs. Un mandement du 14 juillet 1408 lui alloue 
une somme de 1,000 ecus d'or pour acheter une maison a Saint-Cloud; 
mais cette somme n'etait pas encore payee en 1413. (Arch. Nat., KK 25o, 
fol. 40 v".) A la Noel de 141 2, c'est un pourpoint de fin drap noir de 
Lucques, coutani 6 ecus I'aune, que Regnier re(;oit du Due {Ibidem, fol. 46). 
La meme annee, il est gratitie de « draps de fine escarlatte vermeilie de Bru- 
xelles pour une robe et un chaperon », et encore de 3oo martres de Prusse 
pour fourrer une robe {Ibidem, fol. 54 v"). Ce personnage, qui prend parfois 
le titre de tresorier de France avec celui de secretaire du due de Berry, fut 
accuse par I'Universite de Paris de s'etre enrichi d'une maniere malhonnete. 
(Voy. Chroniqiie du Religieiix de Saint-Denis, t. IV, p. jSi.) 



1 62 PIERRES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. 85] 

602. Item, un annel d'or ou il a deux testes d'ours, Tune d'uii 
balay et I'autre de cassidoinne blanc, un cuer de saphir a I'uu 
des costez, et a I'autre coste une esmeraude roonde, que mon- 
seigneur le conte d'Eu donna a estrainnes a mondit Seigneur, le 
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et VII. 

Iste due partes [601-602] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum 
Robinetum executoribus, ut supra. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie. 
[S G, n" 764; prise vi iiv. t.] 

603. Item, un autre annel d'or ou il a une teste d'ours faicte 
de cassidoinne blanc, et a I'un des costez une flour de marguerite 
faicte d'esmeraude, et a I'autre un V. de saphir; lequel fu donne a 
mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et VII. 

Iste anulus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 
[S G, n" 65o; prise iiii Iiv. x sous t.] 

604. Item, un annel d'or ou il a une teste d'un viez homme a 
grans cheveux et barbe, faicte de camahieu, lequel fu donne a 
mondit Seigneur auxdictes estraiiines mil CCCC et VII. 

605. Item, un tres bon oeil de chat assis en un annel d'or, que 
Poulain (i) donna a mondit Seigneur, ou mois de may I'an mil 

CCCC et VIII. 

Iste occulus datus fuit per dominum Ducem domino cardinali de 
Barro, ut constat per mandatum dicti Domini datum xix' die februarii 
M CCCC XIIIIo, superius redditum. Et sic idem Robinetus acquittatur de 
eodem. 

606. Item, un annel d'or ou il a un camahieu fait a la sem- 
blance du visaige de Monseigneur, dont le col est de balay; le- 
quel annel ainsi garni fu donnd a mondit Seigneur aux estrain- 
nes, le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et VIII, par mon- 
seigneur le due de Bourbonnois, lors conte de Clermont. 

Ista pars, cum aliis quatuor partibus in alia pagina sequentibus [606-610], 
reddite et tradite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut 
supra. Et sit quittus hie de eisdem. 

[S G, n" 65 1 ; prise vi Iiv. t.] 

607. Item, une amatiste ou il a un demi ymaige cnleve qui fu 

(i) Un Jean Poulain, garde des finances du due de Touraine, est charge, 
le 2 Janvier 141 1, de payer le prix de I'acquisition du comte de Longue- 
ville par ledit due de Touraine. (Voy. Douet d'Arcq, Choix de pieces ine- 
dites, t. I, p. 108.) 



PIERRES DONNEES A MONSEIGNEUR [fol. 86] I 63 

prinse ou grant tableau d'or de haute taille que le Roy donna le 
premier jour de Janvier mil CCCC et V. 

[S G, n" 652; prise vi liv. t.] 

608. Item, un grant prasme d'esmeraude ou il a d'un coste 
une gesine de Nostre Dame, et de Tautre coste un ymaige de 
Nostre Dame et deux autres ymaiges, que le Roy donna a Mon- 
seigneur. 

[S G, n" 653; prise xxii liv. x sous t.] 

609. Item, une pierre longuete et roonde, garnie d'or, ou il a 
escript : Deus homo f actus est, pendant a un laz ; laquelle feue 
madame de Saint-Just dessusdicte, que Dieux absoille, donna a 
mondit Seigneur. 

[S G, no 3ig; prise xlv sous t.] 

610. Item, une loupe de saphir toute roonde, de petite valeur, 
assise en un annel, que Pannier donna a mondit Seigneur, aux 
estrainnes mil CCCC et IX. 

Ces X parties acolees [601-610] sont ainsi declarees ou lu" xx" et m' xxi" 
fueillez dudit livre. 
[S G, n° 654; prise xxx sous t.] 

61 1. Item, un annel d'or ouquel est le visaige de monseigneur 
le Due contrefait d'une pierre de camahieu, lequel monseigneur 
le conte de Eu donna a mondit Seigneur aux estrainnes, le pre- 
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et XII ; et n'est point rendu 
en recepte es comptes precedens. 

Iste anulus redditus fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 
[S G, n" 655; prise vi liv. t.] 

612. Item, un autre annel d'or ouquel a un ours de saphir sur 
une terrace d'esmeraude, lequel monseigneur de Jailligny, grant 
maistre d'ostel du Roy, donna a mondit Seigneur ausdictes es- 
trainnes mil CCCC et XII; et n'est point rendu en recepte es 
comptes precedens. 

K. — Datus fuit per Dominum consiliario suo magistro Michaeli Bovis per 
mandatuni suum traditum supra ii"'" parte ci folii hujus compoti; virtute 
cujus dictus Robinctus acquittatur hie dc codem. 



164 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 87] 



VAISSELLE ET MITRES CHOSES, TANT D OR ET 1) ARGENT 
COMME AUTREMENT, POUR PANNETERIE, QUI SONT DESDIZ INVENTOIRES, 

61 3. Item, une grant nef d'argent dore, qui fu de feu monsei- 
gneur d'Estampes, assise sur un chastel estant sur un pie esmail- 
lie de vi esmaulx aux armes de monscigneur le Due (i); et est le 
corps de ladicte nef escript de lettres grecques et esmaillie de 
X esmaulx ausdictes armes, et dessus les deux bouz a deux chas- 
teaulx, en cliascun un lion emmantelle, esmaillie ausdictes armes; 

pesant xxxvii marcs v onces x esterlins. 

[B, n» 57.] 

Dicta navis tradita et reddita fuit Parisius, immediate post obitum dicti 
domini Ducis, per dictum Robinetum executoribus, et postmodum per ordi- 
nacionem dictorum executorum inventoriata et vendita cum alia vassella alba 
et deaurata in numero viii' iiii'"' xiiii marcarum v onciarum obol. ; precium 
cujus traditum fuit per dictam ordinationem, in summa vi"' ix" xxxiii lib. 
VII sol. VI den. t., Johanni Lebourne, commisso ad hoc ex parte dictorum 
executorum, convertendum in obsequiis et funeralibus et in aliis necessi- 
tatibus dicte execucionis, prout plenius constat per dictum inventarium sub 
sigillo Castelleti factum, ccrtificacionem dictorum executorum dicto inven- 
tario alligatam, et per litteram recognitoriam dicti Lebourne, datam xxvi 
junii M CCGC XVI°, per quam confessus est recepisse dictam summam. Et 
ideo de eadem navi idem Robinetus acquittatur hie super dictum Lebourne, 
ad computandum de dictis vi'" ix" xxxiii lib. vii sol. vi den. t. 

614. Item, VI tranchouers quarrez, d'argent, dorez;en chascun 
a un escu(;on taillie aux armes de Monseigneur; pesant vi marcs 
IIII onces V esterlins. 

Reddita et tradita fucrunt per dictum Robinetum executioni dicti domini 
Ducis; convertendum in facto exccutionis dicti domini Ducis. Et ideo de eis- 
dem idem Robinetus acquittatur hie. 

Ces II parties acolees [613-G14] sont ainsi dcclairees ou xviii" fueillet du- 
dit livre. 

[S G, n" 320; neant cy pour ce que ledit commis en a fait rccepte ou 
compte des funerailles.] 

61 5. Item, une nef d'argent dore qui siet sur deux ours, et sur 

(i) Get objet, dccrit ii I'inventairo B sous le n^ 57, portait alors les armes 
du donatcur, le comte d'Etampes, que le due de Berry tit enlever et rem- 
placer par les siennes, comme cela rcsultc d'une note marginale dudit 
invenlaire i-5. 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 87 V^] I 65 

chascLin bout de ladicte nef a un ymaige tenant un escu^on aux 
amies de mondit Seigneur, pesant xxix marcs vii onces v ester- 
lins. Ainsi declairee en la vi'= partie dudit xxni^ fueillet dudit livre. 

Reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus et vendita, prout 
in prima parte iiujus capituii • [constat] ; precium cujus receptum fuit per 
Johannem Lebourne, in summa vi" ix° xxxiii lib. vii sol. vi den. t., prout in 
dicta prima parte superius;quare super dictum Lebourne ad computandum, 
ut supra. 

[B, no 1 1 3.] 

616. Item, une saliere de cristal, garnie d'argent, en laquelle 
souloit avoir des reliques ; declairee en la xi" partie du xxvii" fueil- 
let du livre desdiz comptes precedens. Pour ce icy seulement la- 
dicte saliere. 

[B, n" 160. — S G, n" 121 ; prise lx sous t.] 

617. Item, une saliere ou il a un heri^on de mer (i), et dessus 
une branche de corail, garnie de langues de serpens, assise sur 
un pie d'argent dore; pesant ensemble in marcs et demi. 

[B, no 3 1 3. — S G, no 322 ; prisee xv liv. t., vendue xvi liv. t.] 

618. Item, une salliere de lignum allocs (2), en fai^on de lozange, 
garnie d'or et de petites perles, et par dessus a un arbre de co- 
rail a petites branches et fueilles d'or en fa(;on de chesne, ou il a 
pluseurs glans de licorne, et en la tige dudit arbre a un petit 
ours d'or montant contremont I'arbre ; pesant tout ensemble 
I marc vin esterlins. 

Iste tres partes accolate [616-618] reddite et tradite fuerunt Parisius per 
dictum Robinetum executoribus. Et sic idem Robinetus acquittatur hie. 

Ces II parties acolees [617-618] sont ainsi declairees ou xxxviir fueillet du- 
dit livre. 

[B, n" 314. — S G, no g6g ; prise lx liv. t.] 

(1) L'oursin ou herisson de mer a des formes assez variables. Le plus com- 
mun, dit Littre, a I'apparence d'un bouton ou d'un turban. 

{2) Rapprochez de cet article celui qui se trouve dans VInventaire des 
joyaiix de la Couronne de 1418 : « Un hanap de linon allouez, et sont les 
bandes de la cuve dudit hanap et du couvecle esmaillees des armes.de mon- 
seigneur de Berry, et est le souage dud. hanap poin^onne a orbevoyes sans 
pierrerie, ct est le fretelet dud. couvecle d'un saphir et de trois perles de 
compte bructes, environne de trois glans et de trois pommectes d'or. Et le 
donna au Roy nostredit seigneur de Berry au voyage de Languedoc. Et poise 
tout ensemble six marcs une once. » (Douet d'Arcq, Choix de pieces ine'dites, 
t. II, p. 284. — Cf le no 709 du present inventaire.) 



1 66 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 88] 

619. Item, une espreuve d'or, ou il a pluseurs langues de ser- 
pens, licorne et autres pierres centre le venin, pendans a chaien- 
netes d'or; pesans ensemble i marc iii onces xv esterlins. Ainsi 
declare en la premiere partie du xxxix« fueillet dudit livre. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 
[B, n° 323. — S G, 11° 656; pesant ensemble i marc 11 onces xviii esterlins 
ct demi, prise lxxv liv. t.] 

620. Item, VI tranchouers roons, d'argent, dorez, dont les v 
sont du nombre de vi dont est faicte mencion en I'arrest mis sur 
la 11= partie du xxxix-^ fueillet dudit livre, et I'autre est declaire en 
la iii*^ partie du cnii^^ et 1*= fueillet ensuivant. Pour ce icy les- 

diz VI tranchouers. 

Ista VI scinsoria reddita fuerunt Parisius per dictum Robinetum executo- 
ribus et vendita, prout in prima parte hujus capituli arrestatur; et precium 
traditum Johanni Lebourne in summa vi" ix" xxxin lib. vii sol. t., ut in dicta 
prima parte; et idco super dictum Lebourne. 

[Cf. B, n« 324]. 

621. Item, une cuillez d'or a courte queue, esmaillee par la 
queue auxarmes de feu monseigneur d'Estampes; pesant i once 
et demie. Ainsi declairee en la iiii'^ partie dudit xxxix<^ fueillet. 

Ista pars cum ix aliis partibus immediate sequentibus reddite et tradite 
fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo idem Robine- 
tus acquittatur hie de eisdem. 

[B, n" 326. — S G, n" 756; prise x liv. t.] 

622. Item, une nef de cristal ouvree, garnie d'argent dore, a 
deux serpens volans, les elles esmaillees, et siet sur un pie de 
ma^onnerie; pesant tout vii marcs 11 onces xv esterlins. 

[B, n° 509. — S G, n" 970; prise xl liv. t.] 

623. Item, une salliere de cristal avec le couvercle, estant sur 
un serpant volant, a une teste d'enffant, et vers la queue une teste 
d'omme, et y fault une aile; scant sur un pie esmaillie de plu- 
seurs ymaiges et bestes; garnie alentour avecques le couvercle 
depierrerie de petite valeur; pesant iiii marcs iii onces et demie. 

[B, n" 5 10. — S G, n" 971 ; prise xxxii liv. t.] 

624. Item, une saliere d'une pierre serpentine garnie d'or, le 
couvercle couronne, et un fretelet fait de fueilles esmaillees de 
blanc et de rouge cler; pesant i marc mi onces v esterlins. 

[B, n" 3u. — S G, n" 323; prise xl liv. t.] 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 88 V^] 167 

625. Item, une branche de corail vermeil, scant sur un pie 
d'argent dore, en laquelle a pluscurs langues de serpens; et siet 
ledit pie sur quatre serpens volans; pesant tout v marcs ii onces 

V esterlins. 

[B, 11° 5 1 3. — S G, n° 324; prise xxx liv. t.] 

626. Item, une autre branche de corail vermeil, ou il a pluseurs 
langues de serpens, assis sur une roche, a un palliz treille en- 
tour; par dessus un pie d'argent dore ou il a entour fueillages 
d'cnleveure; pesant in marcs vn onces. 

Ccs V parties acolccs [622-62ri] sont ainsi declarees ou lix" fueillet dudit 
livre. 

[B, n" 514. — S G, n" 325; neant cy pour ce que ledit commis en a fait 
recepte ou compte des funerailles]. 

627. Item, une broche de cristal, garnie d'or, pour nienger 
frezes (i), en laquelle a v perles. 

[B, n" 558. — S G, n° 326 : prise x liv. t.] 

628. Item, une autre broche de cristal, garnie d'argent. 

Ces II parties acolees [627-628] sont ainsi declairees ou LXiir fueillet dudit 
livre. 

[B, n" 559. — S G, n" 072; prise xx sous t.] 

629. Item, une broche d'argent dore, en laquelle a deux cornes 

de serpens (2). 

[B, n" 6i3. — S G, n» 973; prise xl sous t.] 

630. Item, une corne entiere d'une unicorne. 

[B, n" 614. — S G, no 327; prise 11" liv. t.] 

(i) L'usage de cet instrument montre a quel degre s'etaient developpes le 
luxe de la table et la recherche dans le service a une epoque qu'on est 
• encore trop porte a considerer comme a moitie barbare. A-t-on rien imagine 
de plus ingenieux et de plus raffine que ces broches de cristal pour piquer 
les fraises? (Voyez, dans le Glossaire des emaiix, I'article consacre aux bro- 
ches a rotir le fromage.) II nous parait bien difficile d'admettre que des 
gens assez delicats pour employer des ustensiles speciaux a manger les 
fraises, ne fissent pas emploi de fourchettes pour porter les viandes a leur 
bouche. Qu'on rapproche du present article les n°= 646, 656, 657, 659, on 
verra que la fourchette n'etait pas si rare qu'on le dit generalement a la 
fin du XIV° siecle. 

(2) On ne sait trop cc qu'on designait par le terme de cornes de serpent. 
Est-ce un objet qui servait aux epreuves, comme les langues de serpent 
ou la corne d'unicorne? S'agit-il simplement d'une curiosite naturelle du 
regne animal ou mineral ? Les points de comparaison manquent pour don- 
ner une explication satisfaisante. 



I 68 VAISSELLE DES INVKNTAIRES [fol. 89] 

63 1 . Item, une piece de corne d'une unicorne. 

Dicta pecia unicornu data fuit per dominum Ducem pluribus suis servi- 
toribus, ut constat per litteras dicti Domini datas vii' die maii M CCCC XV, 
superius redditas. Et sic idem Robinetus acquittatur de eadcm. 

Ces III parties acolees [62g-63i] sont ainsi declairecs ou i.xvii' fucilict 
dudit livre. 

[B, n" 61 5]. 

632. Item, une autre grant saliere d'une agathe, garnie d'or, et 
sur le pie et couvercle a esmaulx de pelite garniz de pierrerie, 
c'est assavoir : de vi halais, deux gros saphirs, iiii esmeraudes, 
V petis balaisseaux, v petis saphirs, xxxvi grosses perles, lxvi me- 
nues perles; et sur le couvercle de ladicte saliere a un fretelet 
garni d'un gros balay cabochon glaceux et de vi grosses perles, 
lequel balay en avoit este oste et mis en un grant joyau, dont 
mencionest faicte es ii^ lvii, ti^ lvhi et n'^ lix fueillez du livre des 
comptes precedens. Pour ce icy ladicte saliere ainsi faicte et 
garnie, comme dit est, pesant xvi marcs in onces; laquelle est 
declairee en la premiere partie du ini'^^ vii^ fueillet dudit livre. 

[B, n° 785. — S G, n» 771; prisee iiii" escus, vendue v" 111"= liv. t.] 

633. Item, une nef d'argent dore, assise sur un pie de mac^on- 
nerie, ou il a deux angels couronnez, faiz en guise de serenes, a 
nil levriers ; et est le fons de ladicte nef de cassidoinne; et sur 
les deux bouz a en chascun un chastel, sur I'un desquielx est 
Sanson fortin (i); pesant tout ensemble lvii marcs iiii onces. 
Ainsi declairee en la iii<= partie dudit 1111^^= vii^ fueillet dudit livre. 

[B, n" 787. — S G, no 974; prise V= lxxv liv. t.] 

634. Item, un galiot d'argent dore, seant sur une branche de 
corail, ou il a un pie, esmaillie aux armes de Monseigneur, 
seant sur iiii angels jouans de pluseurs instrumens, et est le 
voile de corail, et y a pluseurs langues de serpens; pesant tout 

xiiii marcs 11 onces. 

Iste tres partes accolate, cum duodecim aliis partibus immediate sequen- 
tibus [632-644], tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum 
executoribus. Et ideo idem Robinetus acquittatur de eisdem. 

[B, n° 790. — S G, n" 328; prise vi" liv. t.] 

(i) Le fort Samson. Rapprochez 1 'article 182 de VInveutairc de Charles V : 
« Un Sanson fortin d'or, assis sur un lyon... » et les art. 1/31 et 2692 du 
mSme inventaire. 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. QO] 169 

635. Item, vi tranchouers quarrez d'argent, dorcz, bourdez sur 
le roont tout enlentour; pesant viii marcs vi onces x esterlins. 

[B, n° 791. — S G, n" 329; neant cy pour ce que ledit commis en a fait 
reccptc ou compte ties funerailles.] 

636. Item, une grant salliere d'argent, doree, assise sur un pie 
de ma^onnerie esmaillie a petis arbresseaulx, seant sur in lions; 
et est le fons de ladicte salliere de jaspre vert; pesant tout en- 
semble XII marcs v onces. 

[B, n" yc)2. — S G, n° 973; prise c liv. t.] 

637. Item, une autre salliere d'argent, doree, oil il a sur le pie 
III bestes sauvaiges a demiz hommes jouans de instrumens; et 
est ladicte salliere d'une coquille de perles, et le couvercle esmail- 
lie d'ymaiges; pesant tout vi marcs in onces xvii esterlins obole. 

[B, n» 793. — S G, n" 976; prise l liv. t.] 

638. Item, une autre salliere d'une coquille deperle, seant sur 
un pie d'argent dore ; et sur le couvercle a un bouton esmaillie 
de bleu; pesant n marcs x esterlins. 

[B, n" 794. — S G, n° 33o; prise xii liv. t.] 

63g. Item, une salliere d'argent, doree, a trois cristaulx, et en- 
tour trois couronnes, et ou milieu un petit escu^on aux armes 
de nionseigneur d'Estampes, duquel elle fu ; pesant n marcs 
nil onces ii esterlins obole. 

[B, n" 795. — S G, no 33i ; prise xvi liv. t.] 

640. Item, une autre salliere a pie, d'argent, doree, ou il a une 
branche de corail dessus, et iiii petis escu(;ons aux armes de Mon- 
seigneur et deux petites langues de serpens; pesant i marc 
VII onces. 

[B, n" 797. — S G, no 977; prise xv liv. t.] 

641. Item, une espreuve d'argent, doree, d'ancienne fa^on, 
en laquelle a une branche d'argent dore, ou sont pluseurs langues 
de serpent, et pendent plusieurs pierres a chaiennes ; pesant 
IX marcs i once. 

[B, n" 801. — S G, no 332; prise lx liv. t.] 

642. Item, une autre espreuve d'argent dore, assise sur un pie 
cizelle a pluseurs ymaiges, et a dessus une branche garnie de 



170 VAISSELLE DES INYEXTAIRES [fol. Ql] 

langues de serpens et d'escucons aux armes de pape Gregoire; 
pesant v marcs 11 onces xv esterlins. 
[B, n» 802. — S G, n° 978; prise xl liv. t.] 

643. Item, un arbre d'une espreuve d'argent dore, garni de 
langues de serpens et de pluseurs pierres; et en y fault pluseurs; 
et n'a point depie ledit arbre; pesant v marcs n onces et demie. 

[B, n° 8o3. — S G, n° <)70; prise xxxii liv. t.] 

644. Item, une grant langue de serpent, garnie d'argent et de 
petite pierrerie. 

Ces XI parties acolees [634-644] sont ainsi declairees es iiii" vii, iiiii" viii 
et mi" IX* fueillez dudit livre. 
[B, n" 804. — S G, n° gSo; prise xx sous t.] 

645. Item, deux cuilliers d'or, dont Tune a la queue torse et 
seignee d'un I par darriere; pesant toutes deux ensemble 
II onces II esterlins et obole. 

[B, n° 879. — S G, n" 333; prise xvi liv. t.] 

646. Item, une petite cuiller et une forchete avec une curedent 
d'or (ij; pesant ensemble xix esterlins. 

Ces deux parties acolees [645-646] sont ainsi declairees ou iiii" x\" fueil- 
let dudit livre. 

[B, n" 880. — S G, n° 334; prise viii liv. t.] 



VAISSELLE ET AUTRES CHOSES , TANT DOR ET D ARGENT COMME 
AUTREMENT, POUR LADICTE PANNETTERIE, ACHATEES PAR MON- 
SEIGNEUR 

647. Item, une petite salliere de cassidoine, seant sur un pie 
d'or en maniere d'un lis, le couvercle couronne, et sur le frete- 
let a un balay et trois perles ; laquelle salliere Monseigneur list 

(1) Ici, nous avons un cure-dents avec cuiller et fourchette. L'article 656 
signale un cure-oreilles faisant partie d'un convert de table. On trouve dans 
le Glossaire de Gay trois dessins de cure-dents et de cure-oreilles de date 
assez ancienne. Les plus anciennes mentions d'objets de cette nature on^ 
ete relevees dans VInventaire de Charles V. Rappelons aussi les articles 409 
et 410 de VInventaire des joyaux de la Couronne en 1418: « Un coustellet 
d'or a furger dens. — Un coustellet d'or, en fa^on de furgettes, a furger 
dens et a curer oreilles. » 



VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEL'R [fol. 9 1 V^] I7I 

faire, par la main de Baude de Guy, ou mois de Janvier Tan 
mil CCCC et un. Laquelle est ainsi declairee ou cLxxvin'fueillet 

dudit livre. 

[S G, 11° 335 ; prise cxii liv. x sous t.] 

648. Item, une salliere d'or, dont le couvercle est de nacle de 
perle, laquelle salliere fu de feu monseigneur d'Estampes, que 
Christofle de La Mer bailla. Ainsi declaree en la premiere partie 
du cLxxix^ fueillet dudit livre. 

[S G, 11° 336; prise xvi liv. t.] 

649. Item, une grant salliere, appellee la Salliere du pavilion, 
dont le font est d'un cassidoine en fa(jon d'une coquille garnie 
d'or en maniere d'une nef, et les hours sont garniz de v balaiz, 
V saphirs et xvi perles, et aux deux bouz deux chasteaulx ou il a 
en Tun un eigne navrt3, esmaillie de blanc, au col duquel pend 
un escufon esmaillie aux amies de Monseigneur, garni entour 
ledit chastel de deux balaiz et deux saphirs, et sur chascune 
tournelle une perle; et sur Tautre chastel a un ours portant un 
heaume sur sa teste, esmaillie aux armes de mondit Seigneur, 
garni entour ledit chastel de deux balaiz et deux saphirs, et sur 
chascune tournelle une perle; et le couvercle d'icelle est d'or, 
fait en maniere d'un pavilion esmaillie de blanc, et sur le frete- 
let du couvercle a une fleur de lis d'or a iiii florons, en chascun 
floron un saphir, et une perle dessus; et ou milieu de ladicte 
fleur de lis a i balay et une perle dessus. Et souloit seoir ladicte 
salliere sur un chariot d'or a nn roes, ou il avoit ou moieu de 
chascune roe une perle; lequel chariot fu baillie a Mace Heron, 
tresorier de Monseigneur, sans lesdictes nn perles, comme il 
appert par I'arrest mis sur ladicte salliere, qui est la n'' partie du 
cLxxix" fueillet du livre des comptes precedens. Pour ce icy 
ladicte saliere sanz pie, ainsi faicte et garnie, comme dit est, 
avec les nii perles dudit pie. 

Iste tres paries, cum quatuor aliis partibus immediate sequentibus [647- 
653], tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executori- 
bus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus. 

[S G, n" 337; prise m liv. t.] 

65o. Item, une salliere d'une amatiste, garnie d'or et de me- 



172 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 92 V] 

nue pierrerie, c'est assavoir : dc iii balaiz, in saphirs et xvi per- 
les, faicte a la devise de Monseigneur ; laquelle mondit Sei- 
gneur achata en son cliastel d'Estampes, le xxV^ jour d'aoust, Pan 
mil CCCC et III du petit Hermant, orfevre demourant a Pa- 
ris (i), avec autres parties declairees en la penultieme partie du 
CLxxix^ fueillet dessusdit, pour le pris et somme de xvi^'^ escus 
d'or. Pour ce icy seulement ladicte salliere. 
[S G, n" 338; prise lxx liv. t.] 

65 I. Item, d'une salliere d'agathe, garnie d'or, declairee en la 
derreniere partie dudit clxxix'^ fueillet, est deschargie et acquit- 
tie ledit Robinet pour les causes contenues en I'arrest mis sur la- 
dicte salliere, excepte de Tor et du couvercle et pierrerie d'icelle. 
Pour ce icy seulement le couvercle de ladicte salliere, garni de 
xxiiii perles et iiii camahieux et trois onces d'or, dont estoit gar- 
nie ladicte saliere. 

K. — Dicte tresuncie auri, de quibus dicta saleria erat inunita, tradite fue- 
runt, cum pluribus aliis auri et argenti partibus, Matheo Heron, thesaurario 
generali dicti Domini, per mandatum Domini et recognicionem dicti the- 
saurarii super iiii'" parte nonag"" sexti folii hujus compoti redditum; vir- 
tute quorum dictus Robinetus acquittatur hie ad onus predict! thesaurarii, 
ut super dicta 1111" parte iiii" xvi" folii arrestatur. 

[S G, n° 98 1 ; prise ledit couvercle xl liv. t.] 

652. Item, un pannier fait de fil d'argent blanc, que Monsei- 
gneur achata avec un autre pareil qu'il a depuis donne a ma- 
dame la Duchesse, de Baude de Guy, a Paris, ou mois de mars 
I'an mil CCCC et un. Pour ce icy seulement ledit pannier ainsi 
declaire en la ii'^ partie du cnn^^^ i"^ fueillet dudit livre. 

[S G, n" 339; neant cy pour ce que ledit commis en a fait recepte ou compte 
dcs funeraillcs.] 

653. Item, un vaissel d'amatiste sur la facon d'une nef, garni 
d'un pie et d'un couvercle d'argent dore, pesant tout environ 
XXVI marcs; lequel Monseigneur achata de Baude de Guy, le 



(i) Hermant jouissait d'une grandc reputation pour la taillc du dia- 
mant; il est cite par M. de Laborde a I'article Diamant de son Glossaire 
(p. 249). Guillebert de Metz le nomme parmi les plus celebres artisans de 
Paris. (Voy. Le Roux de Lincy et Tisserand, Paris et ses historiens an xiV 
et an xw siecles, p. 233, 482 et 483). 



VAISSELLK ACHETEK PAR MONSEIGNEUR [fol. q3] lj3 

viii^ jour de juillet mil CCCG et VI, pour le pris et somme de 
iii'^ L escus d'or. Ainsi declaire en la premiere partie du ii'-^ iiii^'' 
iii^ fueillet dudit livre. 

[S G, n" 340; prise ii'^ l liv. t.] 

654. Item, VI tranchouers d'argent dorez, tous roons, pesant 

VI marcs, que Monseigneur achata verez ja pieca de Jehan Ta- 

renne, et depuis ont este dorez; declarez en la premiere partie 

du ciiii'^^ 1*= fueillet dudit livre. 

Ista VI scinsoria reddita fuerunt Parisius per dictum Robinetum executo- 
ribus, et vendita, prout in prima parte folii iiii" vii superius [arrestatur]. 
Et precium receptum per Johannem Lebourne in summa vi™ ix" xxxiii lib. 

VII sol. VI den. t.,ut in dicto folio. Et ideo super dictum Lebourne ad com- 
putandum. 

655. Item, une grant langue de serpent, garnie d'argent dore, 
couronnee. 

Ista pars, cum vi aliis partibus immediate scquentibus [655-66 1], reddite 
fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum. Et ideo acquittatur 
hie. 

[S G, n° 982; prise c sous t.] 

656. Item, une cuiller, un coutel, une forchete, un poin(^on, 
une cureoreille et une curedent, tout de cristal, garniz d'or, en 
un estui de cuir. 

[S G, n" 341 ; prise xxxii liv. t.] 

657. Item, quatre forchetes d'argent a manches de cristal, de- 
dens un estui de cuir. 

[S G, n° 342; prise vi liv. t.] 

658. Item, trois couteaulx a manches de Jaspre, dont Tun est 
plus grant que les autres, tous en une gaynne. 

[B, no 279J. 

659. Item, deux forchetes de pierre serpentine garnie d'or, 
lesquelles avec unes paternostres de cassidoinne, dont mencion 
est faicte en la v^ partie du i^' lxviii^ fueillet du livre desdiz 
comptes precedens, Monseigneur achata de Constantin de Ni- 
colas, marchant demourant a Paris, le xxix'^ jour d'aoust Tan 
mil CCCG et IX, tout ensemble pour le pris et somme de iiii^^ 
X frans. Pour ce icy seulement lesdictes deux forchetes. 

[S G, n" 343; prise xi. liv. t.] 



174 VAISSKLLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 94] 

660. Item, une cuiller de pierre serpentine dont le manche est 
de cristal, garnie d'or, avec une petite forchete, tout en un estui 
de cuir. 

[S G, n° 344; prise xl liv. t.] 

661. Item, une cuiller de cristal a un manche ploiant en deux 
pieces, en un estui de cuir. 

Ces VII parties acolees [655-66 1] sont ainsi declairees en la derreniere 
partie du 11° lxvii" fueillet et en I'autre fueillet ensuivant, qui est 11'' Lxviir 
fueillet dudit livre. 

[S G, n° 345; prise vi liv. t.J 



VAISSELLE ET AUTRES CHOSES, TANT D OR ET D ARGENT COMME AU- 
TREMENT, POUR LADICTE PANNETERIE , DONNEES A MONDIT SEI- 
GNEUR. 



662. Item, une salliere de cassidoinne, garnie d'or, et ou frete- 
Icr du couvercle a i balay et in perles, lequel balay est de la 
pierrerie d'une croix d'or, appellee la Croix de Bourgoigne, que 
Monseigneur list pie^a despecier. Laquelle salliere, sans lesdiz 
balay et perles, messire Thibaut Portier donna a mondit Sei- 
gneur le xviii^ jour de Janvier Pan mil CCCC et un. 

[S G, n°657; prise xl liv. t.] 

663. Item, une salliere d'une pierre d'agathe, dont le couver- 
cle est d'or a flcurs de lis taillees aux armes de Monseigneur, sur 
le fretelet de laquelle a un saphir et viii perles; et siet sur iiii 
roes d'or en maniere d'un chariot, et au bout du moieu de chas- 
cune'roe a une perle. Laquelle salliere Jehannin Chenu, orfevre 
de mondit Seigneur, a faicte d'un vaissel d'une pierre d'agathe, 
garni d'or, que le chapitre de I'eglise de Bourges donna a mon- 
dit Seigneur le ii^ jour de septembre I'an mil CCCC et deux. 

Iste due partes [662-663] tradite et reddite fuerunt Parisius per dic- 
tum Robinetum cxecutoribus. Et ideo acquittatur hie idem Rohinctus de 
eisdem. 

[S G, n" 658; pesant 11 marcs vii onccs v csteriins; prise vi" liv. t.] 



VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 9 5] IjS 

664. Item, une petite saliere d'agathe, ganiie d'or, et tout en- 
tour a fleurs de lis taillees aux armes de Monseigneur, et sur le 
fretelet du couvercle une perle; et siet ladicte salliere sur deux 
petiz oursellez d'or. Laquelle salliere madame la contesse d'Ar- 
meignac donna a estrainnes a Monseigneur le preniier jour de 
Janvier I'an mil CCCC et deux. 

[S G, n" 659; prise xl liv. t.] 

665. Item, une salliere de cassidoinne, garnie d'or, en fa^on 
d'une cuvete, et ou fretelet du couvercle a un saphir, et est assise 
en une charrete d'or a deux roes; ou moyeu de chascune roe une 
perle, et entre les lymons a un petit chevalet d'or, au col duquel 
pend un petit balaisseau ; et a chascun lymon pendent deux au- 
tres petis balaisseaux et in perles. Laquelle salliere ainsi garnie, 
comme dit est, fu donnee a estrainnes a mondit Seigneur, le pre- 
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et III, par maistre Nicolas 
Viaut (i), son conseiller. 

[S G, n° 346; prise viii" liv. t.] 

666. Item, une autre salliere de cassidoinne, garnie d'or, a ou- 
vraige de Damas, scant sur un ours d'or esmaillie de blanc qui a 
en I'espaule un balay et au col une perle; et ou fretelet du cou- 
vercle une petite loupe de saphir; et est ledit ours sur une ter- 
race esmaillee de vert, et un homme qui le tient a une petite 
chaienne. Laquelle salliere fu donnee a mondit Seigneur aux- 
dictes estrainnes mil CCCC et III par monseigneur Martin 
Gouge, lors son tresorier general, et a present evesque de Char- 
tres (2). 



(i) Nicolas Viaud, conseiller du due de Berry et I'un des gens de ses comp- 
tes, recevait en cettc qualite 3o sous de gages par jour quand il residait a 
Bourges, et 60 sous quand il chevauchait au dehors pour les affaires du 
Due (Arch. Nat., KK 2 5o, fol. i8 v"). Apres la mort de Hugues de Magnac, 
eveque de Limoges (1412), Nicolas Viaud disputa ce siege a Renaud de Pey- 
russe que la Gallia Christiana considtre comme le veritable titulaire. II mou- 
rut vers le mois de juillet 1419 [Joiirrial de Nicolas de Baye, t. II, p. 240), 
laissant un testament date du i3 mai 1418, dont le texte a ete consei-vc 
(Tuetey, Testaments enregistres au Parlement de Paris, p. 264). 

(2) Martin Gouge de Charpaignes, tresorier general du due de Berry, oc- 
cupa le siege episcopal de Chartres de 1406 au i3 mai 1415. (Tuetey, Jour- 
nal d'lin bourgeois de Paris, p. 94, note 3.) 



176 VAISSELLE nONNEE A MONSEIGNEUR [fol. qS V°] 

Iste tres partes [664-666] i-eddite fuerunt Parisius, ut supra. 
Ces V parties acolces [662-666] sont ainsi declairees ou ii"^ xxvii" fueillet 
dudit livrc. 

[S G, n" 347; prise lxx liv. t.] 

667. Item, Line petite salliere d'or, dont le tons et couvercle 
sont d'agathe-, qui fu donnee a mondit Seigneur, a Paris, le xxx'^ 
jour de juing. Tan mil CCCC et 1111, par monseigneur I'eves- 
quede Paris a present, et lors evcsquc dc Poictiers(i) et chancel- 
lier de mondit Seigneur. 

[S G, n° 348; prise xviii liv. t.] 

668. Item, unc autre petite saliere de cassidoinnc, garnie d'or 
a ouvraige de Venise, de petites esmeraudes et rubiz d'Alixan- 
dre; et sur le fretelet du couvercle un saphir. Laquelle sal- 
liere monseigneur de Lebret, connestable de France, donna a 
mondit Seigneur a estrainnes le premier jour de Janvier Tan des- 
susdit mil CCCC et 1111. 

Iste due partes, cum aliis ii""" partibus sequentibus [667-670], reddite fue- 
runt Parisius, ut supra. 
[S G, n" 349; prise xxx liv. t.] 

669. Item, une autre salliere d'agathe, garnie d'or et de pierre- 
rie, c'est assavoir : le couvercle de six petis balaisseaux et xii per- 
les, et le fretelet d'un balay et vi perles; le pie de laquelle est fait 
en maniere d'une terrace esmaillee de vert, close d'une haie en- 
tour et garnie de trois petis balais et vi perles, et entour de plu- 
sieurs menues perles ; et pendent a ladicte saliere trois petites 
langues de serpent, in petites pierres serpentines et ni perles. La- 
quelle salliere ainsy garnie, comme dit est, feu monseigneur I'ar- 
cevesque d'Aux donna a estrainnes a mondit Seigneur ledit pre- 
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et 1 1 11. 

[S G, n" 35o; prise vii^* liv. t.] 

670. Item, une salliere d'agathe, garnie d'or, couronnec, sur 



(1) Gerard de iVIontaigu, eveque de Poitiers de 1406 a 1409, puis eveque 
de Paris de 1409 au ib septembre 1420, etait frere du grand maitre d'hotel 
du Roi, mis a mort en 141 2, ct de I'archeveque de Sens qui perit a Azin- 
court. 11 fut charge de prononcer, en 1417, I'excommunication contre Jean 
sans Peur. 



VAISSELLK DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 96 V"] I 77 

le pit3 de laquelle a iin tigres d'or et iiii mirouers de saphir, et le 
fretelet du couvercle est fait en maniere d'une couronne d'em- 
pereur, ouquela un balay longuet et iiii perles branlans. Laquelle 
salliere la femme de monseigneur le vidame de Laonnois, en son 
vivant grant maistre d'ostel du Roy, donna a Monseigneur, a Mar- 
coussis, le xxix= jour de mars Tan dessusdit mil CCCC et IIII. 
[S G, n" 35i; prise ii'" xxv liv. t.] 

67 1 . Item, une salliere de cassidoinne, garnie d'or et de vi per- 
les, et sur le fretelet du couvercle a un camahieu. Laquelle sal- 
liere madame d'Armeignac donna a mondit Seigneur a estrain- 
nes le premier jour de Janvier Fan dessus dit mil CCCC et V. 

[S G, 11° 660; prise xxx liv. t.] 

672. Item, une petite salliere d'or et de grenat, en fagon d'une 
nef, garnie aux deux bouz chascun d'un balay, et le fretelet d'une 
perle, seant sur deux bestes estranges. Laquelle salliere monsei- 
gneur le conte daulphin d'Auvergne (i) donna a mondit Seigneur 
ausdictes estrainnes mil CCCC et V. 

K. — Per mandatum Domini, datum xx™^ die julii anno M» CCCC" XII", 
hie traditum, constat quod, ex ordinacione ejusdem, aurum dicte salserie et 
plurium aliorum vasorum ct jocalium ascendens et ponderans in universe 
ad summam videlicet : auri n"""" unciarum viii esterl., et cxxni marcarumi 
vu unciarum xii esterl. cum obolo argenti, ut apparet per recognicionem 
Mathei Heron, ihesaurarii gcneralis dicti Domini, datam x* die ejusdem 
mensis julii anno predicto, hie similiter traditam, deliberatum fuit dicto 
thesaurario; et ideo de auro dicte salserie, ascendente ad iiii uncias xin es- 
terl. auri, acquictatur hie dictus Robinetus ad onus dicti thesaurarii. 

[S G, n° 352; de deux grenaz, une perle et deux balaiz yssviz de ladicte sa- 
lierc, XVI liv. t.] 

673. Item, une autre salliere d'or et de cassidoinne, a ouvraige 
de Venise, garnie de pluseurs petis grenaz, laquelle I'evesque de 
Beauvais (2) donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil 
CCCCet V. 

(1) Beraud III, comte de Clermont et de Sancerre, dauphin d'Auvergne, 
fils de Beraud II et de Marguerite de Sancerre. II succcda a son perc en 
1400 et mourut en 1426. 

(2) En 1406 le siege episcopal de Beauvais est occupe par Pierre de Sa- 
voisy, mort en 141 2. II avait succede a Thomas d'Estouteville en iSgS. Le 
testament de Pierre de Savoisy a ete conserve dans un manuscrit de la Bi- 
bliotheque Nationale. (Tuetey, Clioix de testaments, p. 2(32). 



IjS VAISSELLK bONNEF, A MONSEIGNEUR [fol. 97] 

Iste tres partes [Gyi-Gyi] reddite ct tradite tuerunt Parisins, ut supra. 
[S G, 11° 353; prise xi. liv. t.] 

674. Item, Line saliiere d'argent dore, faicte en nianiere d'un 
petit galiot, ou milieu duquel a un mast d'argent dore, garni en- 
tour de VI langues de serpent, et dessus un grant serpent volant 
et deux petis ; et a chascun bout dudit galiot a un autre serpent 
volant. Laquelle saliiere feue madamoiselle de Montpensier, du- 
chesse de Baviere, donna a estrainnes a Monseigneur ledit pre- 
mier jour de Janvier mil GGGC et III (i). 

fS G, 11° 354; prise xxx liv. t.] 

GyS. Item, une espreuve d'une grant langue de serpent, scant 
sur un pie d'argent dore en fayon d'un arbre auquel pendent 
deux escuyons esmaillez aux armes de Monseigneur. Laquelle 
espreuve feu maistre Jehan Gouge (2), en son vivant tresorier de 
Monseigneur, lui donna Ic xii'^ jour de fevrier Tan mil GGGG 
et un. 

[S G, n° 983; prise xx liv. t.] 

6/6. Item, un galiot de cristal, garni dVjr et de pierrerie, c'est 
assavoir : de x balaisseaux, ix petis saphirs et de lxxi perles; et 
a Tun des bouz dudit galiot a un chastel ou il a un ymaige de 
saint George tenant soubz lui un serpent, et sa targe est garnie 
d'un dyament poinctu ou milieu, et a Tautre bout a une royne 
tenant un heaume entre ses mains. Lequel galiot ainsi fait et 
garni, comme dit est, le roy de Sicile donna a mondit Seigneur 
aux estrainnes le premier jour de Janvier I'an mil GGGG et VI. 

Iste tres partes [674-676] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum 
Rohinetum, ut supra. 

[S G, 11" 355; prise vi'= lxxv trans; vendu vii"' liv. t.] 

677. Item, une petite saliiere de cristal, garnie d'or, a in ances 
et couvercle d'or, a ouvraige de Venise, garnie de menuz grenaz 



(i) L'inventaire S G dit 1404. 

(2) Peut-etre le frere de I'eveque de Chartrcs, Martin Gouge, aussi treso- 
rier du due de Berry. Jean Gouge est qualitie, dans le compte de I'hotel du 
Due de 1399-1400, a la fois receveur general d'Auvergne pour le Roi, et 
receveur des aides pour les dioceses de Clermont et de Saint-Flour. (Arch. 
Nat., KK 254, fol. 35 ct 57.) 



VAISSELLE DONNEE A MONSEtGNEUR [fol. 97 V°] I jg 

et esmeraudes dc petite valeur; et sur le milieu du couvercle a 
un grenat, et ou fretelet une perle, seant sur in chiennez, par 
dessus un entablement d'or. Laquelle salliere ainsi faicte et gar- 
nie, comme dit est, fudonnee a mondit Seigneur, ou mois de de- 
cembre I'an mil CCCG et VI, par Tevesque de Chartres dessus 
dit, lors tresorier general de mondit Seigneur. 

K. — Aurum dicte saleric ponderans an uncias iiii esterl., cum pluribus 
aliis partibus auri et argenti, traditum fuit Matheo Heron, thesaurario suo 
generali, ut constat per mandatum suum et certifficacionem ejusdcm thesau- 
rarii super iiii'' parte iiii" xvi'' folii hujus compoti redditum; virtutc quo- 
rum dictus Robinetus acquittatur hie dc dicto auro. 

[S G, n° 356; d'un grenat, perle et cristal yssus de ladicte saliere, lx 
sous t.] 

678. Item, une petite salliere de cassidoinne, garnie d'or, en fa- 
9on de navete, de I'ouvraige de Venise, et sur le fretelet du cou- 
vercle a nil perles. Laquelle salliere fu donnee a mondit Seigneur, 
auxdictes estrainnes Tan mil CCCG et VI, par le patriarche 
d'Alixandrie, a present cardinal de Reims (i). 

Iste due partes [677-678] rcddite ct tradite fucrunt Parisius per dictum 
Robinetum, ut supra. 

[S G, n° 357; prise lx liv. t.] 

679. Item, une salliere de cristal, garnie d'or, en fa^on d'une 
navete, et entour vi petites tournelles, garnie de vi balaiz et xvii 
perles grossetes, et sur le couvercle un eigne esmaillie de blanc, 
navre d'un balay, tenant un roolleau ou a cscript : Le temps venra, 
qui seoit sur un ours d'or. Laquelle salliere ainsi faicte et garnie, 
comme dit est, Guillaume de Lodde (2) donna auxdictes estrain- 
nes mil GGGG et VI. Mondit Seigneur a fait bailler ledit ours 
sur quoy seoit ladicte salliere a Mace Heron, son tresorier gene- 
ral, pour les causes contenues en I'arrest mis sur ladicte salliere 



(i) Simon dc Cramand, cveque de Poitiers de i385 a i3gi, archevcque de 
Reims en 1409, nomme cardinal en 1413 par le pape Jean XXIII; il occupa 
de nouveau le siege de Poitiers de 141 3 a 1424 et mourut en 1429. 

(2) Guillaume de Lodde, ecuyer et chambellan du due de Berry, recevait, 
en 1414, un don de 12000 livres tournois. (Arch. Nat., KK 25o, fol. 141 v".) 
II commandait la meme annee, ce qui expliquerait ce don de 12000 liv., 
avec le due de Bourbon et le comte d'Eu, I'armee royale qui assiegea Ba- 
paume occupee par les troupes du due de Bourgognc. {Clironique du Reli- 
gieiix de Saint-Denis, t. V, p. 363.) 



l8o VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 98 \°] 

qui est la derriere partie du iii^' xxii'= fueillct du livre desdiz 
comptes precedens. Pour ce icy ladicte salliere sans ledit 
ours. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Rohinctum, ut supra. 

[S G, n° 358; prisee ladicte saliere sanz ledit ours cl liv. t.] 

680. Item, une salliere de jaspre, garnie d'or, scant sur deux 
ours d'or et deux chiennez esmaillez de blanc; laquelle feu mes- 
sire Asselin Royne (i), en son vivant tresorier de I'eglise de 
Saint-Hylairede Poictiers, donna a mondit Seigneur aux estrain- 
nes mil CCCCetVII. 

[S G, n° 359; prise lx liv. t.] 

681. Item, une bien petite salliere de cristal, garnie d'or, seant 
sur un eigne esmaillie de blanc, et y pendent pluseurs menues 
perles; laquelle maistre Guillaume de Ruilly (2) donna a mondit 
Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et VII. 

[S G, 11° 36o; prise xiiii liv. t.] 

682. Item, une salliere de cassidoinne, garnie d'or, en maniere 
d'un chastel, de vi balaisseaux, deux petis saphirs et pluseurs 
menues perles, et ou fretelet du couvercle a un saphir et iin per- 
les. Laquelle salliere monseigneur le conte Daulphin donna a 
mondit Seigneur ausdictes estrainnes mil CCCC et VII. 

[S G, n" 36 1 ; prise iiii" x liv. t.] 

683. Item, une bien petite salliere de cassidoinne, garnie d'or, 
ouvree entour en maniere de plumes, laquelle madame de la 
Marche (3) donna a Monseigneur aux estrainnes I'an mil CCCC 
et VII. 

(i) Asselin Reine, tresorier de I'eglise de Poitiers, avait ete jusqu'a sa mort 
(1404) confesseur du due de Berry. Son testament (Tuetey, Clioix de testa- 
ments, p. 258) est date du 17 octobre 1404. 

(2) Guillaume de Ruilly fut successivement, en i339, « contreroulcur de la 
despense de I'ostel du Due », avec 80 livres de pension annuelle et 60 francs 
de supplement, puis, en 1400, secretaire ct garde des joyaux, avec 60 livres 
dc pension annuelle (Arch. Nat., KK 254, fol. ii, 34 et 69), entin, en 141 3, 
« conseiller du due de Berry en sa Chambre des comptes, aux gages dc i5 sols 
tournois par jour, avec pension dc 100 liv. tournois par an » (Arch. Nat., KK 
25o, fol. 19.) 

(3) Beatrix dc Navarre, femme dc .lacqucs II de Bourbon, comte de la 
Marche (Voy. ci-dessus, p. 40, note i). 



VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 99] 181 

Istc quatuor partes, cum aliis 11''"' partibus in pagina sequent! [68o-685], 
tradite ct reddite fucrunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 

[S G, n" 06 1 ; prise xii liv. t.] 

684. Item, Line petite salliere dc cassidoinne, gariiie d'or, sur 
lepiede laquelle a iii angels qui lasoustiennent;el ou freteletdu 
couvercle a vi perles roondes branlans, ettout au-dessusun petit 
ruby plat de petite valeur. Laquelle salliere ainsi faicteet garnie, 
comme dit est, monseigneur le conte de Vendosme (i) donna a 
mondit seigneur le Due le ix<^ jour d'avril Tan mil GCCC et IX 
apres Pasques. 

[S G, n" 362; prise lx liv. t.] 

685. Item, une salliere de pierre serpentine a couvercle de 
mesmes, garnie d'or, assise sur pilliers, en maniere d'une fon- 
taine; et ou couvercle a nii balaisseaux et mi perles, et le fretelet 
est d'une flour de lis d'or a iiii florons, garnie de iii perles; et 
siet ladicte salliere sur une pierre de cassidoine plate, taillee du 
coste de dessoubz en fagon d'une coquille, garnie d'or entour, 
en maniere d'une haye ; et par dessus ladicte pierre, aux costez 
de ladicte salliere, a deux ours droiz, esmaillez dc blanc, qui out 
■chascunune ceincture ettasse(3)en escharpe, tenant chascun une 

coupe ; et ont ou front chascun un petit ruby arsis (3). Laquelle 
salliere ainsi faicte et garnie, comme dit est, le roy de Navarre 
donna a mondit Seigneur le xxi^ jour d'octobre I'an mil CCCG 
etIX. 

[S G, n" 3G3; prise iiii" liv. t.] 

686. Item, une saliere d'or et de cristal, le pie et couvercle de 
laquelle sont d'esmaulx de pelite, garnie de deux balaiz, deux 
saphirs et viii grosses perles ; et le fretelet garni d'un saphir et 
V perles branlans. Laquelle salliere ainsi faicte et garnie, comme 



(i) Louis de Bourbon, fils de Jean de Bourbon et de Catherine de Ven- 
dome, ne vers 1376, succeda a sa mere en 141 2 en qualite de comte de Ven- 
dome et mourut en 1446. II etait frere du comte de la Marche. 

(2) Ici tasse est pris dans le sens du mot allemand tasche ou de I'italien 
tasca (bourse). 

(3) C'est-a-dire briile. 



I 82 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 99 vo] 

dit est, le roy de Sicile donna a Monseigneur aux estraines le 
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et IX. 

[S G, n° 364; prise 11= xxv liv. t.] 

687. Item, une petite salliere depierre serpentine, toute roonde, 
le pie et couvercle d'argent dore, et ou fretelet du couvercle a 
HI pierres roondes sur couleur d'amatistes et quatre petites per- 
les. Laquelle salliere monseigneur le conted'Armeignac donna a 
mondit Seigneur a estrainnes le premier jour de Janvier Tan 
mil CCCC et six. 

Iste due partes, cum ii*"'" aliis partibus in alia pagina sequentibus [686- 
689], tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 
[S G, n° 365 ; prise xxii liv. x sous t.] 

688. Item, une salliere de cristal, garnie d'argent dore, en ma- 
niere d'une petite nef, garnie aux deux bouz de pluseurs langues 
de serpens, scant sur un pie d'argent dore; laquelle rnaistre 
Philippes de Corbie (i) donna a Monseigneur ou mois de juillet 

I'an mil CCCC et IX. 

[S G, 11° 366; prise xl liv. t.] 

689. Item, une salliere d'argent, faicte en facon d'une aus- 
truce ; le ventre de laquelle est d'une coquille de perlc; et siet 
sur une terrace d'argent dore esmaillee de vert. Laquelle salliere 
fu donnee a Monseigneur aux estrainnes, le premier jour de Jan- 
vier Tan mil CCCC et IX, par monseigneur de Clermont, a pre- 
sent due de Bourbonnois. 

fS G, n" 367; prise xl liv. t.] 

690. Item, une petite forchete d'or et de cristal, que monsei- 
gneur le conte d'Eu (2) donna a estrainnes a Monseigneur le pre- 
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et I II I. 

[S G, 11° 368 ; prise mi liv. t,] 



(1) Philippe de Corbie, seigneur de Mareuil et de Jaigny, maitre des 
requetesde I'hotel du Roi, etait tilsnaturel d'Arnaud de Corbie, premier pre- 
sident du Parlement de Paris en 1373, devenu chancelicr de France en 
i388, et qui conserva ces fonctions jusqu'en 141 3. Philippe est nomme dans 
le testament de son pere public par M. Tuetey {Choix de Testaments, p. 
285-295. — Cf. Blanchard, Genealogies des maistres des reqiiestes ordinaires 
de I'hostel du Roy, Paris, 1670, in-fol. p. 86.) 

(2) Charles d'Artois, comte d'Eu, fils de Philippe d'Artois, connetable de 
France; il mourut en 1472. 



VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 1 OO V^] 1 83 

691. Item, une cuiller decorneline aun manche d'argent dore, 
en un estui de cuir, que monseigneur d'Armeignac donna a 
Monseigneur. 

[S G, n" 9S4; prise xi. sous t.] 

692. Item, une petite nefde cristal, garnie d'argent dore, seant 
sur un pie d'argent dore, et tout entour de la bordeure de ladicte 
nef et du pie d'icelle a petites fleurs esmaillees de bleu. Laquclle 
nef monseigneur ie grant maistrc de Roddes (i) donna a Monsei- 
gneur ou mois de novembre Tan mil CCCC et X. 

[S G, n° 369; ncant pour cc que Icdit commis en a fait rccepte ou compte 
des funerailles.] 

693. Item, une salliere faicte en maniere d'un serpent volant 
d'argent dore, qui a en la gueule une petite langue de serpent, 
seant sur un pie d'argent dore, ouvre en maniere de branches 
fueillues ; et dessoubz la teste dudit serpent est le lieu a mettre 
le sel qui est d'une petite pierre de jaspre vermeil. Laquelle sal- 
liere monseigneur le conte d'Eu donna a mondit seigneur le 
Due aux estrainnes le premier jour de Janvier I'an mil CCCC 

etXI. 

[S G, n° (jSS; prise xii liv. t.] 

094. Item, une grant saliere d'agathe en fa^on d'un hannap, 
goderonnee, garnie d'or, les pie et couvercle d'or, et le fretelet 
est d'un bouton d'or esmaillie de bleu. Laquelle saliere messire 
Lermite de la Faye (2) donna a Monseigneur aux estrainnes le 
premier jour de Janvier I'an mil CCCC et XII. Et n'est point 
rendue en recepte es comptes precedens (3). 

Iste iiii" partes, cum parte in pagina sequenti [690 a 694], tradite et red- 
dite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 

[S G, n" 662; prise vi" liv. t.] 

695. Item, une saliere d'or, ouvree aouvraige de Venise, faicte 
a pans, ou fons et ou couvercle de laquelle a deux pieces plates 



(i) Philibert de Naillac tut grand maitre de I'ordre dc Rhodes de 1396 
a 142 1. 

(2) Voy. sur Lhermite de la Faye la note de I'art. 593. 

(3) Get article et les deux suivants, d'une ecriture difFerente du reste du 
compte, out ete ajoutes apres coup. 



184 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. lOl] 

de cassidoinne; et siet sur iiii roes d'or en maniere d'un chariot, 
et ou fretelet du couvercle a deux petis balaisscaux, deux petites 
langues de serpens et deux perles branlans, et par dessus a i sa- 
phir longuet. Laquelle salliere ainsi faicte et garnie, conimc dit 
est, fu donnee a mondit Seigneur, ausdictes estrainnes mil CCCC 
et XII, par sire Mace Heron, son tresorier general; et n'est 
point rendue en recepte es comptes precedens. 

K. — Missa fuit cl data summo pontifici, et portata cidem per magistrum 
Michaelem Bovis, [ut] constat per mandatum Domini datum xi" die aprilis, 
anno M° CCCCXII'", hie traditum; virtute cujus acquittatur hie dictus Robi- 
netus de eadem. 

696. Item, une autre saliere d'or, faicte et esmaillee en fayon 
d'un petit chiennet, seant sur un entablement d'or, garni de 
V balaisseaux et v perles. Laquelle saliere fu donnee a mondit 
Seigneur, ausdictes estrainnes mil CCCC et XII, par madame la 
Duchesse, sa compaigne; et n'est point rendue en recepte es 
comptes precedens. 

K. — Data fuit domino duci Acquitanie (i) per mandatum super prima 
parte secunde pagine clvii folii hujus compoti redditum; virtute cujus dictus 
Robinctus acquittatur hie de eadem. 



VAISSELLE, TANT d'oR ET d'aRGENT COMME AUTREMENT, POUR 
ESCHANCONNERIE, QUI EST DESDIZ INVENTOIRES. 

697. Item, de xii hannaps d'argent, dorez, qui furent de feu 
monscigneurd'Estampes,esmaillez ou fons des lettres del'ABC, 
pesans ensemble xli marcs v onces x esterlins, ledit Robinet 
d'Estampes est deschargie et acquittie d'un d'iceulx hannaps 
pour les causes contenues en I'arrest mis sur la partie desdiz 
hannaps, qui est la derriere partie du xx'^ fueillet du livre desdiz 
comptes precedens. Pour ce icy seulement xi desdiz hannaps. 

Isti xi"'"" ciphi redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinc- 
tum et postmodum venditi, prout superius folio iiii" vii in prima parte dicti 



;i) Louis, due dc Guienne, his de Charles VI, mort en 1415. 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I O I V°] I 85 

folii, et precium receptum fuit per Johannem Lebourne in summa de 
VI" ix° xxxin lib. VII sol. vi den. t., prout ibi; et ideo super ipsum Le- 
bourne (i). 

[B, n- 84.] 

698. Item, six hannaps d'argent, dorez, esmaillez ou fons d'un 
chapellet de flours de courte cornille (2); pesans xvi marcs. 

K. — Dicti VI ciphi, cum aliis jocalihus auri et argenti, traditi fuerunt 
Matheo Heron, thesaurario Domini, [ut] constat per suam certifficacionem 
redditam cum mandato ejusdem Domini super iiii'* parte nonagesimi 
vi" folii hujus compoti; virtutc quorum dictus Robinetus acquittatur hie de 
ipsis ad onus dicti thcsaurarii. 

[B, n" 85.] 

699. Item, VI autres hannaps d'argent, dorez, esmaillez ou fons 
de flours de horraiche(3); pesans xviii marcs 11 onces x esterlins. 

Redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum cxecutoribus, et venditi, 
prout superius prima parte; precium quorum receptum fuit per Johannem 
Lebourne in summa vi" ix'= xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut in prima parte 
folii iiii" VII superius; et ideo super dictum Lebourne. 

[B, n" 8G.] 

700. Item, de six autres hannaps d'argent, dorez, esmaillez 
ou fons d'un soleil, pesans ensemble xviii marcs iiii onces x es- 
terlins, ledit Robinet d'Estampes est deschargie et acquittie 
d'un desdiz hannaps pour les causes contenues en I'arrest mis en 
la partie d'iceulx six hannaps, qui est la iii« du xxi^ fueillet en- 
suivant. Pour ce icy seulement v desdiz hannaps (4), 

K. — Dicti quinque ciphi in pondere xv marc. 11 one. argenti, cum aliis 
pluribus jocalibus auri et argenti, traditi fuerunt Matheo Heron, thesau- 



(i) Une note de I'inventaire B constatait la perte d'un des hanaps. II est 
done singulier qu'on en fasse figurer encore douze au present inventaire. 

(2) Est-ce la corniole, dont le fruit appele chataigne d'eau se mange dans 
certains pays, qu'on a voulu designer ici ? La corniole, aussi nominee tri- 
bule aquatique, a une petite fleur blanche, a quatre petales. 

(3) Les feuilles de mouron et de genet etaient les emblemes favoris de 
Charles VI; I'epi d'or avait ete adopte par le due de Touraine. La fleur de 
bourrache se rencontre aussi assez frequemment dans les inventaires de 
cette epoque; on la trouve deja sur celui de Charles V; n° 278 : « un hannap 
cizelle de rozes et fleurs de bourresches. » — Voy. aussi le n° 976. 

(4) D'apres I'inventaire B (n" 87) un des hanaps avait cite perdu « penes 
Casinum de Serenviller ». Casin de Serenviller, chambellan du due de 
Berry, est souvent cite dans les notes de I'inventaire B, au sujet des pre- 
sents qu'il re?oit de son maitre. II mourut avant 1416; car il n'est plus 
question dc lui dans les deux derniers inventaires. 



I 86 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I 02] 

rario Domini, [ut] constat per suam certifficacionem redditam cum mandato 
dicti Domini super nii^ parte nonagcsimi vi'' folii hujus compoti; virtute 
quorum dictus Robinetus acquittatur hie ad onus dicti thesaurarii. 
[B, n" 87.] 

701. Item, deux bassins d'argeiit, dorez, a laver, qui furent de 
feu monseigneur d'Estampes, esmaillez ou fons aux amies de 
la royne Jehanne d'Evreux (i), pesant xi marcs ni onces. 

K. — Dicti duo pelves traditi t'uerunt, cum pluribus aliis partibus auri et 
argenti, Matheo Heron, thesaurario Domini, [ut] constat per certifficacionem 
suam redditam cum mandato ejusdem Domini super iiu'" parte nu" xvi'' 
folii hujus compoti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie ad 
onus dicti thesaurarii. 

[B, n" 90.] 

702. Item, deux bassins d'argent, dorez, goderonnez, esmaillez 
es fons de deux ymaiges, Tun de Hetor de Troye et Tautre de 
Bertran de Claquin (2), pesans xx marcs 11 onces x esterlins. 

Dicti duo pelves redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum executo- 
ribus, et venditi, prout in prima parte folii nu'^'^ vn superius, et precium re- 
ceptum per Johannem Lcbourne in summa vr" ix'' xxxni lib. vn sol. vi den. 
t., prout ibi. Quare super ipsum ad computandum. 

[B, n" no.] 

703. Item, de deux tassesd'or,pIainnes, asouaige(3), sans cou- 
vercle, ou fons desquelles par dehors avoit en chascune un escu- 
9on hachie aux amies de feu monseigneur d'Estampes, pesans 
ensemble ni marcs v onces, ledit Robinet d'Estampes est des- 
chargie et acquictie de Tune desdictes tasses (4) pour les causes 



(i) Jeanne d'Evreux, troisieme femme du roi Charles IV, mariee en i325, 
morte le 4 mars iSyo. On trouve beaucoup d'ohjets lui ayant appartenu 
dans I'inventaire de Charles V. 

(2) « Bertrand du Guesclin » sur I'inventaire B. Get article prouve la po- 
pularite dont jouissait Ic heros de la guerre contre les Anglais. L'inven- 
tairc dcs tapisseries de Charles VI donnc un autre tcmoignage de cctte 
prompte apotheosc. Du Guesclin etait represente sur une tenture de la 
collection royale. Enfin, on sait que le nombre des Prcux t'ut augmcnte en 
sa faveur, et porte, pour lui faire place, de neuf a dix. 

(ji) Voy. I'explication du mot plain {planus), tout plain, donnee par M. La- 
barte, dans Vlnventaire de Charles V (p. 16, note 2). II designerait des 
pieces d'orfevrerie, ou meme dcs etofles sans orncment, tout unies. Le terme 
souaige, signifie moulurc,boudin ; il s'agit done d'un vase uni, n'ayant pour 
toute decoration qu'une moulure. 

(4) L'iuventaire B, porte cette note : « una fuit perdita in Nigella, ut per 
conipotum... » 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I02 V"] 187 

contenues en Tarrcst mis sur la partie d'icelles ii tasses qui est la 
vni<^ du XL= fueillet ensuivant. Pour ce icy seulement Tune des- 
dictes tasses. 

Dicta tassa auri reddita ct tradita fuit Parisius per dictum Robinctum 
cxccutoribus. Et ideo acquittatur de eadem dictus Robinctus. 

[B, a" 341. — S G, n" 6G3; I'une des deux pcsant i marc vi onccs iiii es- 
tcrliiis et demi ; prise ex liv. t.] 

704. Item, de vint et deux tasses d'argent dore, oil avoit en 
chascune un ours grave ou fons, pesans ensemble xlhii marcs 
III onces, ledit Robinet d'Estampes est deschargie et acquictie 
de xiiii desdictes tasses pour les causes contenues es corrections 
ou arrests mis sur la partie d'icelles xxii tasses, qui est la v= partie 
du XLi<= fueillet ensuivant. Ainsi demeure seulement vni desdictes 
tasses; et Monseigneur en a achate ini parailles qui sont declai- 
rees en la in'' partie du ciiii^^ et iiir fueillet ensuivant. Pour ce 
icy lesdictes deux parties, xii tasses. 

K. — Una de dictis xu"-" tassis argcnti amissa fuit die festi sancti Andree 
apostoli anno M" CCGC" XIII in hospicio deNigella,ut constat per certiffica- 
cionem magistrorum hospicii et contrarotulatoris expensarum hospicii dicti 
Domini, datam vii"" die decembris sequentis eodem anno, ligatam cum man- 
date Domini super n" parte cxviii folii iiii" compoti dicti Robineti reddito; 
virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de dicta tassa. 

De dictis xi tassis remanentibus de dictis xii tassis, una dc eisdem fuit 
amissa in hospicio Nigelle viii» die junii M CCCC XVI", prout constat per 
litteras dicti domini Ducis datas dicta die et per certifficacionem magistro- 
rum hospicii et contrarotulatoris ejusdem, hie redditas. Et residuum, quod est 
X tassarum, redditum fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus et 
venditum, prout in prima parte folii iiii" vii superius; precium quarum re- 
ceptum fuit per Johannem Lebourne in summa vi™ ix"= xxxiii lib. vii sol. vi 
den. t., prout ibi. Et ideo super dictum Lebourne. 

[B, n» 349.] 

705. Item, une cruche d'argent, mal doree, a mectre eaue, sur 
laquelle sont hachees les armes de Monseigneur; pesant xii marcs 
V[ onces et demie. Ainsi declairee en la derriere partie du xl""= 
fueillet dudit livre. 

Dicta crucha reddita fuit Parisius per dictum Robinctum executoribus, et 
vendita, ut supra. Et precium receptum per dictum Lebourne in summa 
superius. Quare super ipsum. 

[B, n" 344.] 

706. Item, de une paire de bassins d'argent dorez a laver, et 



1 88 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. Io3] 

ou fons esmaillez aux armes de Monseigneur, et sur les hours 
hachiez a fueillages et a ours, pesans ensemble xvi marcs i once 
et demie, ledit Robinet d'Estampes est deschargie et acquictie 
de Tun desdiz bassins pour les causes contenues en Tarrest mis 
sur la partie d'iceulx bassins, qui est la vi= partie dudit xnMueil- 
let; et monseigneur le Due a achate un autre en lieu, pesant 
VIII marcs x esterlins, qui est declaire en la iiF partie du ii'-^ 
iiii^^ vii^ fueillet ensuivant. Pour ce icy pour lesdictes deux par- 
ties, deux bassins d'argent dorez, esmaillez ou fons aux armes 
de Monseigneur; pesans ensemble environ xvi marcs. 

Isti duo pelves redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Rohine- 
tum et venditi, ut supra; preciiim quorum receptum fuit per dictum Le- 
bourne, prout in 11''"= partibus precedentibus. Et ideo super ipsum. 

[B, no 35o.] 

707. Item, un camahieu ou il a pluseurs ymaiges de taille en- 
tour Ic pie, et le couvercle garni d'or; et y a mi saphirs, 
mi petites esmeraudes et vm petites perlcs de petite valeur. 

[B, n" 43o. — S G, n" oHf); prise ini" liv. t.] 

708. Item, d'un hannap de cristal garni d'or et de pierrerie, 
declaire en la premiere partie du liiii'= fueillet dudit livre, ledit 
Robinet d'Estampes est acquictie dudit or et pierrerie pour les 
causes contenues en I'arrest mis sur la partie dudit hannap. 
Pour ce icy seulement ledit hannap de cristal, sanz couvercle, 
non garni. 

Iste 11" partes [707-708] tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum 
Robinclum executoribus. Et ideo idem Robinetus acquittatur hie de eisdem. 
[B, u° 453. — S G, n" 370, prise xu liv. t.] 

709. Item, un hannap de lignum allocs, couvert, garni d'or, 
pesant vii onces. 

[B, n" 455. — S G, n" 371 ; prise xxxvi liv. t.] 

710. Item, un hannap de cristal, garni d'argent dore, avec le 
pie; et sur le couvercle a vi esmaulx de petite valeur, et ou fons 
une rose enlevee; pesant 11 marcs vii onces xv esterlins. 

[B, n° 456. — S G, n" 372 ; prise xxx liv. t.] 

711. Item, un hannap de cristal avecques le couvercle, garni 
d'argent dore, sur un pie goderonne, seant sur iii tournelles; 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 1 04] I 89 

sur le couvercle un freteletde fa(;on de bouton d'argent dore; pe- 
sant III marcs vii onces x esterlins. 

Iste tres partes accolate [709-711] tradite el reddite fuerunt Parisius per 
dictum Robinetum, ut supra. 

[B, n" 45-. — S G, n° 373; prise xl liv. t.] 

712. Item, un goubelet de jaspre, garni d'argent dore, seant 
sur un pie, ou il a de mauvaise pierrerie; et sur le fretelet a une 
tour; pesant tout in marcs iii onces v esterlins. 

[B, a" 460. — S G, n° 987; prise xviii liv. t.] 

713. Un goubelet de cristal, a deux ances de mesmes, garni 
d'argent dore, esmaillie sur le couvercle d'un Agnus Dei; pesant 
VI marcs v onces v esterlins. 

[B, n° 461. — S G, n° 988; prise l liv. t.] 

714. Item, un goubelet de cristal, garni d'argent dore, seant 
sur un pie a iiii leonceaulx; et sur le couvercle, qui semblable- 
ment est de cristal, a un fretelet d'une amatiste; pesant tout 
II marcs v onces vii esterlins obole. 

[B, n° 465. — S G, n" 989; prise xvi liv. t.] 

715. Item, un goubelet de cristal, garni d'argent dore, assis 
sur un pie, hachie de branches aians en chascune iii rozes; et 
sur le fretellet du couvercle un bouton roont, esmaillie de bleu, 
et pardessus une roze vermeille; pesant tout ii marcs v onces. 

Iste quatuor partes [712-715] reddite fuerunt ut supra. 
[B, n" 466. — S G, 11° 374; prise xvi liv. t.] 

716. Item, un petit goubelet d'une amatiste, sans couvercle, 
garni d'argent dore ; pesant i marc ii onces. 

[B, n» 469. — S G, n" 375 ; prise x liv. t.] 

717. Item, une aiguiere de cristal, garnie d'or, a un biberon 
d'une serpent volant ; et dessus le couvercle a un esmail, et 
alentour vi perles ; pesant tout iii marcs iii onces xv esterlins. 

[B, n" 474. — S G, n" 376; prise nii"'' liv. t.] 

718. Item, une autre aiguiere de cristal, avecques I'ance ou- 
vree de mesmes, le pie et couvercle d'or tout plain ; pesant 
ensemble ii marcs vi onces x esterlins. 

[B, n" 475. — S G, n° 377; prise xl liv. t.] 

719. Item, une aiguiere de jaspre, a un biberon d'une teste de 



igo va'SSellt: des inventaires [fol. 104 \°] 

serpent, garnie d'or , et le fretclet esmaillie de vert; pesant 
11 marcs vi onces v esterlins. 

[B, n» 476. — S G, n" 990; prise lxx liv. t.] 

720. Item, une autre grant aiguiere d'argent, doree, a un bi- 
beron d'une teste de serpent, esmaillee par dehors a esmaulx de 
pelite et de maconnerie de pluseurs ymaiges et bestes eslevez ; 
et dessus le couvercle un chastel oil il a un homme jouant d'une 
musete; pesant tout ix marcs vi onces xv esterlins. 

Iste quinque partes, cum trihus aliis partibus scquentibus in alia pagina 
[716 a 723], reddite et tradite fucrunt Parisius per dictum Robinetum, ut 
supra. 

[B, n''477. — S 0,11° 378; neant cy pour cc que Icdit commis en a fait rc- 
cepte ou compte des funerailles.] 

721. Item, une aiguiere de cristal d'ancienne facon, a un bi- 
beron d'une serpent tenant a un lion, et I'ance d'une serpent vo- 
laige, assise sur un pie fait de fueillages; pesant vni marcs. 

[B, n" 478. — S G, n- 991 ; prise xlviii liv. t.] 

722. Item, une aiguiere de cristal, a un biberon d'une serpent, 
garnie d'argent dore, et alentour fait de fueillages esmaillez; 

pesant ini marcs. 

[B, n° 479. — S G, n" 992 ; prise xviii liv. t.] 

723. Item, une autre aiguiere de cristal, d'ancienne fagon, a un 
biberon d'une serpent, et I'ance d'une serpent volaige, garnie 
alenviron de fueillages esmaillez de bleu; pesant ni marcs vi on- 
ces V esterlins. 

[B, n» 480. — S G, n" 379; prise xxini liv. t.] 

724. Item, une autre aiguiere semblable et de semblable facon ; 
pesant in marcs nii onces v esterlins. 

[B, n^ 481. — S G, n" 38o; prise xx liv. t.] 

725. Item, une autre aiguiere de cristal, I'ance de mesmes 
avec le couvercle, garnie d'argent dore, a un biberon; et sur le 
couvercle a un fretelet de fueilles de chesne; pesant ni marcs 
VI onces v esterlins. 

[B, n" 482. — S G, n" 38 1 ; prise xxiiii liv. t.] 

726. Item, une aiguiere de cristal avecques le couvercle, gar- 
nie d'argent dore, a un biberon d'une aigle volant, et I'ance d'un 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 1 o5 V°] IQI 

serpent volant, le pie hachie de rozes ; pesant ii marcs mi on- 
ces II esterlins obole. 

[B, n" 488. — S G, 11" 3S2 ; prise xii liv. t.] 

727. Item, une aiguiere d'argent, doree, esmaille par dehors 
de pluseurs esmaulx de hommes sauvaiges et autres devises ; 
pesant in marcs v onces. 

Iste im'"' partes, cum aliis iiii"'' partibus in pagina Gcquenti [724 a 73i], 
tradite et reddile fuerunt Parisius, iit supra. 
[B, n" 489. — S G, 11° 383; prise xxvi liv. t.] 

728. Item, un pot de cristal, avec I'ance de mesmes, garni d'or ; 
et sur le couvercle un fretelet oil il a un saphir et in petites per- 
les ; pesant vii marcs in onces x esterlins. 

[B, n" 492. — S G, n" 384; prise iiii" liv. t.] 

729. Item, un autre pot de cristal, avec I'ance de mesmes, 
garni d'or et de semblable maniere; et sur le fretelet a un sa- 
phir et III petites perles; pesant v marcs vii onces xii esterlins. 

[B, n" 493. — S G, n" 385; prise im" liv. t.] 

730. Item, un pot de porcellainne, a une ance d'argent blanc, 
et le demourant avec le couvercle garni d'argent dore, et dessus 
le couvercle a un esmail de pelite; pesant i marc v onces 
XV esterlins. 

[B, 11° 494. — S G, n» 993 ; prise c sous t.] 

73 I. Item, un autre pot de porcellainne, avec I'ance de mes- 
mes garnie d'argent dore; et dessus le fretelet une roze d'argent 
doree ; pesant i marc i once. 

[B, n" 495. — S G, 11° 994; prise c sous t.] 

732. Item, un long pot de jaspre, qui fu de feu monseigneur 
d'Estampes, a un pie d'argent (i), esmaillie d'esmaulx de pe- 
lite, et dessus le couvercle a I'endroit de I'ance a une serpent vo- 
lant; pesant tout ix marcs v onces x esterlins. 

[B, n" 496. — S G, n" 386; prise xxxvi liv. t.] 

733. Item, un grant pot de cristal, Tance de mesmes, garni 
d'argent dore; ety a sur le pie pluseurs ymaiges jouans d'instru- 



L'inventairc B dit : « A un pic d'or ». 



192 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 1 06 vc] 

mens, faisans pluseurs contenances, et dessus le fretelet une 
branchc de chesne; pesant ii marcs ii onces xv esterlins. 
[B, n" 497; — S G, n" 3S7; prise lxx liv. t.] 

734. Item, un petit pot de crista!, Tance et couvercle de mes- 
mes, garni d'argent dore ; on fons un roy seant en une chaiere 
esmaillee, tenant un escu aux amies de France; et dessus le 
fretelet du couvercle un saphir ; pesant ensemble iii marcs i once 
XII esterlins obole. 

[B, n° 498. — S G, n° 388; prise xx liv. t.] 

735. Item, une pincte de cristal, garnie d'argent dore, et sur 
le pie esmaillie en aucuns lieux, et en autres a chaitive pierre- 
rie ; et sur le fretelet un bouton esmaillie de bleu, alentour de 
menues perles; pesant x marcs i once. 

Iste quatuor partes, cum tribus aliis partibus immediate sequentibus [732- 
738], tradite et reddite fucrunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 
[B, n° 499. — S G, n" 9o5; prise c liv. t.J 

736. Item, d'un petit barrillet de cristal, garni d'or et de pier- 
rerie, dcclaire en la n'^ partie du lix*^ fueillet dudit livre des comp- 
tes precedens, est deschargie et acquictie ledit Robinet d'Estam- 
pes de Tor et pierrerie dudit barrillet pour les causes contenues 
en I'arrest mis sur ladicte partie. Pour ce icy seulement ledit 
barrillet de cristal non garni. 

[Dans I'inventaire B, n" 5o6, cet article est plus complet. — S G, n° 996; 
ledit barillet non garni; prise xx s. t.] 

737. Item, deux barrillez de cristal, garniz d'argent dore, es- 
cript a Fentour de lettres grecques; en chascun trois piez et deux 

ances; pesant v marcs ii onces x esterlins. 

[B, no 507. — S G, n" 389; prise xxxii liv. t.] 

738. Item, une serpent volaige de cristal, garnie d'argent 
dore, a piez de griffon et deux ailes esmaillees; et a dessus un 
homme nu d'argent blanc, a un chapel esmaillie; et sur la teste 
dudit serpent a une branche de corail ; pesant v marcs i once x es- 
terlins. 

[B, n° 5 1 6. — S G, n° 997; prise xxx liv. t.] 

739. Item, deux petis flascons de deux pierres de roche blan- 



VAISSELLE DEs'lNVENTAIRRS [fol. \ OJ V»] ig3 

che et vermeille, esquielx a deux cristaulx garniz d'argent 
dore, et en chascun un esmail vermeil ou il a une estoille et un 
soleil dedens; pesant ix marcs in onces. 
[B, n» 8o5. — S G, n" 3yo; prise xxiiii liv. t.] 

740. Item, une bouteille de jaspre noir, garnie d'un tixu de 
soye vermeille, dont la boucle, le mordant et pluseurs clos sur 
ledit tixu, faiz en guise de campanes, sont d'or, et Testoupillon ( i ) 
garni d'or en maniere d'une roze; pesant tout ensemble xnii 
marcs. 

[B, n" 807. — S G, n" 3gi ; prise lxx liv. t.] 

741. Item, une grant boutaille de pourfire de Romme (2), sans 
estoupillon, garnie d'un tixu de soye bleue, sur lequel a plu- 
seurs clos d'argent dorez; pesant xxni marcs nii onces. 

[B, n" 808. ■ — S G, n° 998; prise xii liv. t.] 

742. Item, une autre grant bouteille de Jaspre vermeil, garnie 
en I'un des bouz d'argent dore, ou il a un escu9on esmaille aux 
armes de Monseigneur, et entour ledit escugon deux ours, et 
au dessus un eigne; pesant vn marcs i once. Et est mise en un 
estui de cuir feustre de veluiau, fermant a clef, ou se tient une 
chaienne d'argent dore. 

Reddite fuerunt ut supra [739-745]. 

[B, n° 809. — S G, n" 999; prise xvi liv. t.] 

743. Item, un barril de pourfire de Romme, garni de cuivre, 

[B, 11° 8[(i. — S G, 11° 1000; prise iiii liv. x sous t.] 

744. Item, un barril de bois, tout a euvre de Damas, ouvrd 
d'argent dore, dont les deux tons sont d'yvoire a ymaiges enle- 
vez, scant sur quatre angels d'yvoire, chascun tenant un doublet, 
et y a une ceincture azurce, clouee de clos de semblable ouvre; 
pesant tout ensemble v marcs i once et demie. 

[B, n" 81 1. — S G, n° 392 ; prise xxv liv. t.] 

(i) Estoupillon est pris ici dans ie sens de bouchon. Ce terme designait 
encore recemment I'etoupe formant la bourre dans les canons de la marine. 

(2) Le porphyre vient d'Orient. M. de Laborde, dans son Glossaire, raconte 
qu'il a rencontre des montagnes entieres de porphyre durant son voyage a 
travers I'Arabie Petree. Le moyen age dit : porphyre de Rome, en raison sans 
doute de la grande quantite de statues, de colonnes et de vases en por- 
phyre amassee a Rome par les succcsseurs d'Auguste. 

i3 



194 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I o8] 

745. Item, deux barrilz de pourtire, garniz d'argent vere et 
de deux tixuz de soye, clouez de peiiz clos d'argent vere; pesant 
XVI marcs v onces. 

[B, n" 812. — S G, n° 3g3; prise xx liv. t.] 

746. Item, un petit pot d'argent mauvaiz dore, fait en maniere 
de neelleure, hachie a tabernacles, ou il a pluseurs ymaiges de 
roys et d'evesques, I'ance d'un serpent, le couvercle hachie de 
lettres grecques ; pesant iii marcs 11 onces v esterlins. 

Redditus fuit Parisius ut supra. 

[B, 11° 814. — S G, 11° 394; prise xx liv. t.] 

747. Item, une aiguiere d'argent dore, hachee alentour de 
lettres grecques sur autre devise, le couvercle couronne; pesant 
II marcs 111 onces v esterlins. 

K. — Dicta aquaria, cum pluribus aliis vasis et jocalibus auri et argenti, 
tradita fuerunt Matheo Heron, thesaurario Domini, [ut] constat per suam 
certifficacionem redditam cum mandato ejusdem Domini super iiii" parte 
nil" xvi'' folii hujus compoti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur 
hie de ipsa ad onus dicti thesaurarii. 

[B, n"8ig.] 

748. Item, une aiguiere a deux biberons d'argent dore, gode- 
ronnee et poin^^onnee, qui a sur le couvercle un fretelet esmail- 
lie de bleu, qui t"u de feu monseigneur d'Estampes; pesant in 
marcs i once. 

K. — Tradita fuit ut supra, et acquittatur hie dictus Robinetus de eadem 
ad onus dicti thesaurarii. 
[B, n" 823.] 

749. Item, un autre aiguiere d'argent dore, oil il a fueilles de 
chesne tout alentour, et le biberon d'un horn me portant un pe- 
tit pot a son col, qui fu de feu mondit seigneur d'Estampes; pe- 
sant III marcs mi onces x esterlins. 

Ista pars, cum quatuor aliis partibus sequentibus [749-753], reddite et tra- 
dite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo acquit- 
tatur hie. 

[B, n" 824. — S G, n» 395; neant pour ce que ledit commis en a compte 
ou compte des funerailles, et aussi que ladictc aiguiere fut donnee a maistre 
Nicolas des Pres a Bourges...] 

750. Item, une aiguiere de jasprc, garnie d'argent dore, sanz 
biberon, poin^onnee ; pesant iii marcs vi onces x esterlins. 

[B, n" 825. — S G, n" looi ; prise xii liv. t.] 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I O9] igS 

751. Item, une aiguiere de cristal, sanz couvercle, a un bibe- 

ron, gariiie d'argent dore, goderonnec, scant sur trois tours; pe- 

sant n marcs vi onces x esterlins. 

[B, n° 82G. — S G, n° 1002; prise xvii liv. x sous t.] 

752. Item, un hannap d'argent dore, goderonne, fait a fueil- 
lages, OLi il [a] sur aucuns des goderons fueillages et lis d'enle- 
veure (i), et sur le couvercle un fretelet roont, esmaillie, qui fu 
de feu monseigneur d'Estampes; pesant iii marcs vi onces xv es- 
terlins. 

[B, n° 827. — S G, n° 3g6; neant cy comme dessus.] 

753 Item, un hannap de jaspre, garni d'argent dore, et un 
couvercle dessus, hachie de rozes et autres flours, et le fretelet 
esmaillie de bleu; pesant tout iiii mars v onces x esterlins. 

[B, n" 829. — S G, n" 397; prise xxiiii liv. t.] 

754. Item, un hannap de Jaspre vermeil, sans couvercle, assis 
sur un pie d'argent dore, esleve et esmaillie en pluseurs lieux de 
fueillages, et bourde par dessus; pesant n marcs v onces v es- 
terlins. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 
[B, n° 83o. — S G, n° ioo3; prise xiii liv. t.] 

755. Item, une coupe d'argent dore, dont le pie est rompu 
aupres de la coupe, goderonnee ; pesant avec le couvercle ii marcs 

I once X esterlins. 

K. — Dicta cupa, cum aliis pluribus jocalibus auri et argenti, tradita fuerunt 
Matheo Heron, thesaurario Domini, [ut] constat per suam certifficacionem 
redditam cum mandato ejusdem Domini super iiii'* parte nonagesimi vi" folii 
hujus compoti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de eadem, 
ad onus dicti thesaurarii. 

[B, n»83i.] 

756. Item, le couvercle d'un hannap d'argent dore, esmaillie 
par dessus de femmes qui couronnent deux cerfs, et sur le fre- 
telet a un bouton esmaillie de bleu, lequel couvercle sert a un 
hannap de voirre, ou il a ou milieu un esmail; pesant i marc 
III onces X esterlins. 

[B, n" 832. — S G, n° 1004; prise x liv. t.] 

757. Item, une coupe d'un oeuf d'austruce, garnie d'argent 

(i) C'est-a-dire en relief 



I 9^ VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I I o] 

dore, esmaillee sur le couvercle a un J, une R et un E, et sur le 
fretelet un aigle volant; pesant v marcs iiii onces x esterlins. 

Iste due partes, cum qualuor aliis partibus sequentibus in alia pagina [ySG- 
761], reddite et tradile fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus; 
et ideo acquittatur hie. 

[B, n° 837. — S G, n" 39S; prise xxx liv. t.] 

758. Item, une noix d'Inde, garnie d'argent dore, et dessus le 
fretelet du couvercle a un lion, auquel pend une langue de ser- 
pent; pesant vn onces v esterlins. 

[B, 11° 838. — S G, n° ioo5; prise lx sous t.] 

'759. Item, un goubelet d'yvoire, fait a ymaiges eslevez, garni 
par dedens d'argent dore, esmaillie ou fons, scant sur un pie 
d'argent esmaillie; pesant, avec le couvercle de mesmes, 11 marcs 
VI onces xv esterlins. 

[B, n" 839. — S G, n" 399; prise xxii liv. t.] 

760. Item, une aiguiere de mesmes, a un biberon, sur le cou- 
vercle de laquelle a un bouton esmaillie de bleu ; pesant u marcs 
iin onces v esterlins. 

[B, n" 840. — S G, n" 400; prise xx liv. t.] 

761. Item, un grant creusequin (i) de madre (2), convert, les 



(i) Crosequin dans I'lnvent. B, n" 841. Le mot creusequin, d'originc ger- 
manique, etait employe pour designer un gobelet ordinairement couvert : 
« Un gobelet d'or en guise de creusequin d'Allemaigne. » 

(2) Le mot madre, sur lequel on a longtcmps discute, designait un bois 
dur et veine, servant a fabriquer des coupes a boire. M. de Laborde cite de 
nombreux exemples de hanaps, coupes ou creusequins en madre; il pense 
que ce terme servait a designer un bois tres dur, fort employe au moyen 
age dans la confection des vases a boire, et il ajoute : « Le mot madre s'e- 
tendit plus tard a tons les vases a boire, quelle que fut la matiere dout ils 
etaient faits ce qui ne nous parait pas prouve. « — Douet d'Arcq, de son 
cote, dit que le mot madre designc tantot des agates ou autres picrres tines 
veinees, tantot du bois veine ou marbre. Certaines personnes, ajoute-t-il, 
ont voulu y voir de la porcelaine. (Voy. Inventaive des joyaux de la coii- 
ronne de J 41 8, n" 63, 269 et suivants.) 

La correspondance de Peiresc avec les freres Dupuy, que public en ce 
moment M. Tamizey de Larroque, contient (tome II, p. 336), un long passage 
qu'il faudrait pouvoir citer en entier, ou Peiresc compare les tables citrines 
des anciens, faites avec une certaine espece de citronnier, aux tables ma- 
drees. Les tables madrees etaient done des tables de bois, ou les noeuds ou 
loupes de la matiere formaient des dessins singuliers. Ce mot ne viendrait-il 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I I O vo] \qj 

bours garni d'argent dore esmaillie, ou fons un escu aux armes 
de Monseigneur; pesant ii marcs v onces xv esterlins. 

[B, n° 841. — S G, n° 401 ; prise x liv. t.] 

762. Item, un autre creusequin de madre, non garni. 
[B, n" 842. — S G, n" 1006; prise xlv sous t.] 

763. Item, un petit hannap de madre, couvert, dont les pie et 
fretelet sont d'argent dore, et ou fons esmaillie des armes de feue 
madame Katherine de France (i); pesant iii onces v esterlins. 

[B, n" 844. — S G, n" 402 ; prise xlv sous t.] 

764. Item, un petit hannap de jaspre vermeil, rompu, sur^un 
pie d'argent dore esmaillie, et ou fons dudit pie a un escu^on 
des armes de Monseigneur; pesant i marc iiii onces. 

[B, n" 845. — S G, n" 1007; prise iiii liv. t.J 

765. Item, un petit goubelet de cristal, avec I'aiguiere de mes- 
mes, garniz d'or, a couvercle, et fault la bourdeure dudit gou- 
belet; pesant tout ensemble 11 marcs i once x esterlins. 

[B, n» 846. — S G, n" 403 ; prise xlv liv. t.] 

766. Item, un petit hannap de madre, a couvercle, le pie et le 
fretelet d'or, ouquel fretelet a i saphir et v perles. 

Reddite fuerunt Parisius, ut supra. 

[B, 11° 847. — S G, n° 404; prise xxiiii liv. t.] 

767. Item, deux bassins d'argent a laver, dorez par dedens, 
esmaillez ou fons, Tun d'un homme tenant un oiseau, et I'autrc 
d'un homme scant, aiant une jambe sur autre; pesant ensemble 
xiiii marcs n onces. 

K. — Dicti duo pelves traditi fuerunt, cum pluribus aliis partibus auri et 
argenti, Matheo Heron, thesaurario domini Ducis, [ut] constat per certitfica- 



pas de Madere, d'ou Ton tirait les bois les plus precieux? Voy. Littre aux 
mots madre et madre. Bois madre se dit encore d'un bois veine ou tachete. 

Dans un compte du due de Berry (Arch. Nat., KK 25o, 2' partie, fol. 74) 
on rencontre un achat de cinq coupes de madre pour le prix de 38 liv. 
2 sous 6 deniers. Ce n'est done pas une matiere bien couteuse. Citons encore 
une « coupe de madre a pare... (sic) » donnee par le due de Bourgogne a 
son frere Jean, en i386 (E. Petit, Itine'raires des dues de Bourgogne p. 522). 

(1) Catherine de France, fille de Charles V, avait epouse Jean de Berri, 
comte de Montpensier, fils du due de Berri, mort sans posterite du vivant 
de son pere. Elle-meme mourut en i388. 



iq8 VAISSELLE DKS INVENTAIRES [fol. Ill] 

tionem suam et mandatiim dicti Domini super iin'" parte nonagesimi vi'' fo- 
lii hujus -compoti redditum; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur 
hie de ipsis ad onus ejusdcm thesaurarii. 
[B, n" 85o.] 

768. Item, deux petites pinctes, chascune d'une noix d'Inde, 
garnies d'argent vere; pesant ensemble v marcs 11 onces x ester- 

lins. 

[B, 11° 856. — S G, n° looSj prise xxiiii liv. t.] 

769. Item, d'un hanap de jaspre, convert, garni d'or et de pier- 
rerie, declaire en la derriere partie du c« fueillet dudit livre des 
comptes precedens, est ledit Robinet d'Estampes deschargie et 
acquittie de Tor et picrrerie d'icellui goubelet, comme il appert 
par la correction on arrest mis sur ladicte partie; pour ce icy seu- 
lement ledit hannap avec le couvercle tout de jaspre, non garniz. 

[B, n° 936 (i). — S G, n° 1009; prise vi liv. t.] 

770. Item, un goubelet de jaspre en maniere d\m creusequin, 
qui fu de feu monseigneur d'Estampes, garni d'argent le pie et 
le couvercle, et ou fretelet a une aigle d'esmail, et six petits es- 
maulx sur le pie; pesant tout 11 marcs ini onces xu esterlins 

obole. 

Iste III partes, cum ii*"" aliis partibus immediate sequentibus [768-772], 
reddite et tradite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus, ut 
supra. 

[B, no 938. — S G, no loio; prise xvi liv. t.] 

771. Item, un pot de cassidoine ouvre, a un couvercle de mes- 
mes, garni d'or; et ou fretelet du couvercle a un saphir et trois 
perles; lequel pot est ainsi declaire tant ou ni'-' article du ci= fueil- 
let dudit livre, comme en la correction faicte sur ledit article. 

[S G, n" 405 ; prise lxx liv. t.] 

772. Item, un hannap de voirre, ou fons duquel a un P cou- 
ronne (2) et un laz d'amours, estant en un estui de cuir. Ainsi 
declaire en la penultime partie du ini^^ xix<= fueillet dudit livre. 

[B, no 925. — S G, no 406 ; prise vin sous parisis; valent x sous t.] 



(i) Voir ci-apres cet article 936 qui est plus dcvcloppe que Ic n° 769 du 
present inventaire. 

(2) Ce hanap venait peut-ctrc du chef de la maison de Valois, du roi Phi- 
lippe VI. 



VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. I I 2] I 99 



VAISSELLE, TANT D OR ET D ARGENT, COMME AUTREMENT, POUR 
LADICTE ESCHANCONNERIE, ACHATEE PAR MONSEIGNEUR. 

773. Item, une fiole de cristal ouvree, garnie d'or et de pier- 
rerie, laquelle Monseigneur achata en son chastel d'Estampes, 
le xx« jour d'aoust Tan mil CCCC et trois, de Victor Wieric (i), 
orfevre et varlet de chambre de Monseigneur, la somme de ii'-' l 
escus d'or. 

[S G, n° 407; prise vn" liv. t.] 

774. Item, un pot de bericle, non garni, lequel Monseigneur 
achata a Paris, en son hostel de Neelle, lexxvni'^ jour de Janvier 
Tan dessusdit mil CCCC et III, de Jehan Pannier, marchant de 
pierrerie demourant a Paris, avec un annel d'or a une croix de 
dyamant, dont est faicte mencion en la ni= partie du cnii^-'^ u<^ fueil- 
let du livre desdiz comptes precedens, tout ensemble pour le 
pris et somme de xl escus d'or; pour ce icy seulement ledit pot de 

bericle. 

Iste 11° partes (773-774) reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, 
ut supra. 

[S G, ii" loi I ; prise ledit pot de bericle seulement vi liv. t.] 

775. Item, une pincte de bericle garnie de ii marcs ii on- 
ces d'or ou environ, et le fretelet garni de vi perles et i balay, 
laquelle Monseigneur achata de Francoys de Nerly, marchant 
demourant a Paris, avec les parties des estraines que ledit Fran- 
cois delivra a mondit Seigneur pour le premier jour de Janvier 
Tan mil CCCC et II II, la somme de in'^ l frans. 

Ista pars reddita fuit Parisius, ut supra. 
[S G, n" 408; prise ciiii'"' liv. t.] 

776. Item, un hannap d'or, convert, d'ancienne fa^on, ou il a 
entour le couvercle vi ymaiges faiz en maniere de haulte taille, 
et entour chascun ymaige un rooleau escript ; et le fretelet du 



(i) L'inventaire S G appclle cet orfevre Victor Wyont. 



200 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 112 V°] 

couvercle est fait en maniere d'une grosse pomme; garniz lesdiz 
couvercle et fretelet de vii balais, ix saphirs, in mauvaises gros- 
ses perles brutes, xii autres perles bructes plus petites ; et ou 
fons dudit hannap a un balay plus grosset que les autres, seant 
sur III poissons en maniere de chaboz; et est garni le pie dudit 
hannap tout alentour de saphirs, balaisseaux et perles de pe- 
tite valeur. Et est toute la pierrerie tant dudit hannap que du 
couvercle assise a jour. 

Et entour dudit couvercle a cscript ce qui s'ensuit (i) : 

Pontificiim votis anmiant dii romane reipublicc archanaque in 
orbis presidia, Apollinis jiissii, summa cum veneracione, ex hoc 
Paladis cypho sacramenta libariint aniuiatim, quorum nutu ro- 
mano imperio regna cessere. 

Et ou roolleau d'un desdiz ymaiges appelle Marcus Emilius, 
affuble d'un mantel et arme dcssoubz de lammes ou de plates, 
a escript : 

Virtutis genus primum consiliare hominum mentes privatas, 
reipublice fere esteros (2) primum legibus, dehinc annis compes- 
cere. 

Ou roolleau du second ymaige, nomme Sempronius Gallus, 
qui a pendu un astralabe a sa ceincture, a escript : 

Quanto igitur rerum federe juvant elementa celum, jnembra 
siiccurrunt compagini, et res ipsa publica deffensenda. 
Ou roolleau du tiers ymaige, appelle Publius Claudius, a 
escript : 



(i) L'article 55 du present inventaire a deja offert un exemple d'inscrip- 
tions latines difficiles a expliquer et ii rectifier. Celles que contient le present 
article ne le cedent en rien, sous ce rapport, aux precedentes. On trouve ici 
un assemblage de noms etranges et inconnus. En vain avons-nous longue- 
ment etudie ce texte, en vain I'avons-nous soumis a des erudits competents, 
il a ete impossible d'en tirer un sens clair. II semble probable que le hanap, 
dit d'ancienne fafon, etait une oeuvre du moyen age, vieille d'un sieclc 
ou deux peut-etre, destinee a des conjurations magiques. Tout ce que 
nous pouvons assurer, c'est que le texte a ete lu et reproduit avec la plus 
scrupuleuse fidelite. Dans les cas douteux, nous donnons en note la secondc 
lecture possible. 

(2) Lisez : extoos. 



VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. I I 3] 20I 

Non aspernandiim igitur astra obsequiis, denique siipplices 
diis Jiinc [i) jiisto bellorum titulo nostre reipublice faveant. 

Ou rooUeau du iiii^ yniaige, appelle Celius Servilius, qui tient 
en sa main une rose, de laquelle ist une fleur de lis ou est entee 
une pomme de pin, a escript : 

Prophanum nichil excolunt sidera omnia bona que sagax na- 
tura e tenebris celo protulit. 

Ou roolleau du v^ ymaige, appelle Lucius Cantulius, qui tient 
un doy en sa bouche et une main en un vaissel roont, a escript : 

Ea superum dono felicibus auspiciis inchoare, si ad or bis re- 
fugium inter archana queque ipsam rempublicam suspicimus. 

Et ou roolleau du vi^ et derrenier ymaige, appelle Lucius 
Simius (2), qui tient une verge en sa main, a escript : 

Litat in/elix cineres urna et dira premunt fontes fata, dum 
se celestibus feda coequant ingenia. 

Datus fuit domino Regi per dictum dominum Ducem, ut constat per lit- 
teras Regis datas xix* die junii M CCCC XVI% superius redditas. Et ideo 
idem Robinetus acquittatur hie de eodem. 

jjj. Item, un autre hannap d'or, d'ancicnne facon, nomme le 
hannap au serpent, dont le couvercle est d'une coquille de nacle 
de perle de la fa^on d'un limagon, garni d'or; et par dessus 
ladicte coquille a un serpent et un homme qui le tient par une 
chaienne tout d'or, lequel serpent a en la bouche i balay; et est 
garni ledit hannap de pierrerie, c'est assavoir : de xi balays et 
xvHi perles, et alentour dudit hannap a escript six vers; les 
deux premiers sont : 

Hie ydram necat, ille Jehum, phites jacet illo ; 

Te moritur, jaspus, capitis de jaspide dictus. 

Les deux seconds sont : 

Te Peam (3) hoc celo vocitant serpente sodalem, 

Te Luculum Alchides, te natus Agenore Cadmus. 

Et les tiers sont : 



(i) Ou huic. 

(2) Ou Sunius. 

(3) Le texte donne Tepeam en un seul mot. 



202 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUK [fol. Il3 V^] 

Hec perit in/Iumine jaciilo Thecus, ille sagita, 
Ac celojaspus qui te pomponte triumphiis. 

Et entour du couvercle dudit hannap sont escripz les vers qui 
s'ensuivent : 

Persica, quam tcllus genuit, deditydra triumphiim; 
Hac Liicio Liiculo p[r]ostrata, itt condita Roma est, 
Post centum septem decies tria [i] predia lustra. 

Et en la coquille qui est oudit couvercle a escript : 

Hec me tutam conca humex cositum semum, quod nulle po- 

tuere vires. 

Datus fuit per dominum Ducem, Bitturis, regi Sicillie, prout constat per 
certificacionem dicti regis, datam xxiiii die junii M CCCC XVI, hie reten- 
tam et positam cum aliis litteris hujus inventarii; per quam certificacionem 
dictus rex Sicilie confessus est dictum ciphum recepisse, vita dicti domini 
Ducis comite; et sic idem Robinetus acquittatur hie de codem. 

778. Item, un gouhelet de cristal, garni d'or, lequel Monsei- 
gneur achata de Michaut de Lalier, le xxiiii^ jour de septembre 
Tan mil CCCC et 1 1 1 1 , pour le pris et somme de cent escus d'or, 
ouquel a un couvercle de cristal garni de x onces d'or ou envi- 
ron, lequel couvercle Monseigneur achata de Baude de Guy, 
le xxv<= jour de decembre ensuivant, la somme de \i^^ frans d'or. 

[S G, n" 409; prise c liv. t.] 

779. Item, d'un grant goubelet d'agathe, a deux ances de mes- 
mcs, declaire en la derriere partie du ciin^^ ni<= fueillet du livre 
desdis comptes precedens, ledit Robinet d'Estampes est acquic- 
tie et deschargie de I'or et pierrerie dudit goubelet pour les 
causes contenues en Tarrest ou correction faicte sur ladicte par- 
tie. Pour ce icy seulement ledit goubelet d'agathe non garni. 

Iste n" partes reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executori- 
bus; et ideo idem Robinetus acquittatur hie. 
[B, n" 5i. — S G, n° 1012; prise l liv. t.] 

780. Item, un hannap d'argcnt blanc, convert, martelle ou tons, 
pesant in onces xn esterlins et obolc, a vii frans v sous t. le marc, 

(i) Ou tua. 



YAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. II4 V°] 2o3 

valent xxii tVans vi sous t; lequel hannap fu achate par Monsei- 
gneur de Jehan Tarenne, bourgeois et changeur de Paris, a Vin- 
cestre lez Paris (i), le xxi^ jour de Juing Tan mil CCCG et V, 
ledit pris de xxii frans vi sous t. 

Redditus fuit Parisius cxecutorihus per dictum Robinetum, et venditus, 
prout superius folio iiii" vii, in prima parte ibi; et precium receptum per 
Johannem Lebourne in summa vi" ix" xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut in 
dicta parte; quare super dictum Lebourne ad computandum. 

781. Item, une coupe d'or et d'esmaulx de pelite, couverte, 
garnie de petites esmeraudes, ruhiz d'Alixandre et menues per- 
les ; laquelle Monseigneur achata du grant Allehret, orfevre de- 
mourant a Paris, ou mois de mars Tan mil CCCG et V, pour 
le pris et somme de vi^ escus d'or, et y failloit xviii esmeraudes, 
XXXII perles et xii rubiz d'Alixandre, que mondit Seigneur a fait 
mettre par la main de Baude de Guy le xxv= jour dudit mois de 
mars, qui ont couste dudit Baude, avec I'or et fagon, iiii^^ frans . 

Ista pars tradita et reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo- 
ribus. Et ideo acquittatur hie. 
[S G, n" 1 192; prise vi liv. t.] 

782. Item, d'un grant pot de cristal, garni d'or et de pierrerie, 
declaire en la ii'^ partie du ii'^ iiii^^ iiii^ fueillet dudit livre, est 
acquictie ledit Robinet d'Estampes de Tor et pierrerie dudit pot, 
comme il appert par I'arrest mis sur ladicte partie. Pour ce icy 
seulement ledit pot de cristal avec un couvercle de mesmes, non 
garni. 

[S G, n" ioi3; prise c liv. t.] 

783. Item, d'un grant goubelet de cristal, garni d'or et de pier- 
rerie, declaire en la v*^ partie dudit ii'-^ iiii^^ ini'= fueillet, ledit 
Robinet d'Estampes est acquictie de Tor et pierrerie dudit gou- 
belet pour les causes contenues en I'arrest mis sur ladicte par- 
tie. Pour ce icy seulement ledit goubelet de cristal avec un cou- 
vercle de mesmes, non garniz. 

Iste due partes [782-783] tradite et reddite fuerunt, ut supra. 



(i) C'est le chateau de Bicetre ou residait souvent le due de Berry. Cette 
magnifique demeure fut saccagee par les bouchers de Paris. (Voy. C/;ro»i^/(C 
du Religieux de Saint-Denis, t. IV, p. 52 1.) 



204 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. Il5 V°] 

784. Item, un goubelet de cristal, couvert , fait a pluseurs 
quarres, lequel Monseigneur a fait garnir d'or, et la bourdeure 
du couvercle esmailler a ours et cignes a la devise de Monsei- 
gneur; et ou fretelet dudit couvercle sont esmaillees les armes de 
mondit Seigneur. 

Ista pars tradita et reddita fuit Parisius, ut supra. 
[S G, n" 410; prise lx liv. t.] 

785. Item, un bel hannap d'or et d'csmaulx de pelite, ouvre a 
jour bien delieement, avec le couvercle de mesmes, et ou fre- 
telet dudit couvercle a un balay et in grosses perles que le feu 
vidame de Laonnois, en son vivant grant maistre d'ostel du Roy, 
donna a Monseigneur; lequel hannap, avec une aiguiere paraille 
cy apres escripte, Monseigneur a fait faire parWilequin (i)et ses 
deux compaignons, orfevres a Bourges; et poise ledit hannap, 
sanz la pierrerie qui est ou fretelet, vni marcs vii onces v esterlins 
et obole ; prisie par Jehannin Chenu, orfevre de Monseigneur, 
a Lxiiii frans le marc, vault v-' lxx frans mi sous t. , sans la fa^on 
qui couste, tant du hannap commc de Faiguiere, ensemble 
vii'^ L frans. 

Iste ciphus datus fuit per dominum Ducem, Bitturis, domino duci 
Guiennej prout constat per litteras dicti domini Ducis, Bitturis datas vii' die 
decembris mil CCCC XIIII", superius redditas. Et ideo idem Robinetus de 
eodem acquittatur. 

786. Item, une belle aiguiere d'or et d'esmaulx de pelite 
pour servir audit hannap (2), ouvre paraillement dudit hannap ; 
et ou fretelet du couvercle a un gros saphir longuet, percie, et iiii 
grosses perles, pesant vii caraz la piece ou environ; laquelle 
pierrerie Monseigneur achata de Baude de Guy, le vnF jour de 
novembre Tan mil CCCC et VI 1, pour le pris et somme de 
ix^^ frans; et poise ladicte aiguiere, sans ladicte pierrerie, 
V marcs vi onces xini esterlins obole, qui couste, sans la fa^on 
dont mencion est faicte ou hannap dessusdit, audit pris de 

(1) II s'appelait Willequin Bonnin. Voy. ci-apres I'article 798. 

(2) Le hanap, suivant M. de Laborde, est un vase a boirc couvert, soit 
en forme de coupe, soit en forme de calice, ordinairement accompagne de 
son aiguiere. 



VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 116] 2o5 

Lxiiii frans le marc, prisie par ledit Jehannin Chenu, iii'-' lxxih 
frans xvi sous t. 

Ista aquaria auri data fuit, ut supra. 

787. Item, d'une bien grant cruche de pourfire, a une ance dc 
mesmes, a un couvercle d'or et a un pie d'argent blanc, declaire 
en la premiere partie du ii'^ ini'^'' vi« fueillet du livre desdiz comp- 
tes precedens, est acquictie et deschargie ledit Robinet d'Estam- 
pes desdiz couvercle d'or et pie d'argent, comme il appert par la 
correction faicte sur ladicte partie. Pour ce icy ladicte cruche de 
pourfire, a une ance de mesmes, non garnie. 

Ista pars, cum duabus partibus immediate sequentibus [787-789], tradite 
et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et idco 
acquittatur hie idem Robinetus. 

[S G, no ioi5; prise l liv. t.] 

788. Item, un goubelet de cristal a pluseurs quarres, a un 
couvercle de mesmes, roont et plat, garni d'or; et ou fretelet du- 
dit couvercle a un petit ours d'or, tenant un balay. 

[S G, no 664; et le pie d'or, pesant ensemble 11 marcs i once xvn esterlins 
et demi; prise lxv liv. t.] 

789. Item, d'un pot d'agathe, garni d'or, a ours et cignes enle- 
vez, declaire en la derriere partie du ii'^ ini'"' vie fueillet ensui- 
vant, est acquictie et deschargie ledit Robinet d'Estampes des 
pie et couvercle d'or dudit pot seulement, comme il appert par 
la correction faicte sur ladicte partie. Pour ce icy ledit pot d'a- 
gathe sanz couvercle, bourde d'or et seme d'ours et cignes d'or 

enlevez. 

[S G, no 41 1 ; prise lxvii liv. x sous t.] 

790. Item, deux bassins d'argent dore, pesans ensemble xir 
marcs v onces xu esterlins et obole, lesquielx Jehan Tarenne 
bailla et delivra ou mois de fevrier I'an mil CCCC et V; et, au 
pris de x frans le marc, valent vi'^^ vn frans vii deniers et obole t. 

Isti duo pelves redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robine- 
tum et postmodum venditi, prout superius folio iiii" vn in prima parte 
dicti folii, et precium receptum per Johannem Lebourne in summa vi'" 
IX' xxxin lib. vn sol. vi den. t., prout ibi. Et ideo super dictum Lebourne. 

791. Item, un vaissel de pierre serpentine en maniere d'un 
creusequin, dont le couvercle est bourde d'argent dore, lequel 



206 VAISSELLE ACHETKE PAR MONSEIGNEUR [fol. I I 7] 

Monseigneur achata, ou mois de fevrier Tan mil CCCC ct VIII, 
Lx escus d'or comptans. 
[S G, n» 1016; prise vi liv. t.] 

792. Item, un grant hannap dc jaspre vermeil, garni d'argent 
dore, couvert, ouvre en maniere dc plumes (i); et sur le fretelet 
du couvercle sont les amies de feu monseigneur d'Orleans ; 
lequel hannap ainsi fait, comme dit est, Monseigneur achata de 
Forest de Corbechy, marchant de Florence, levni<=jour de juing 
Tan mil CCCC et IX, pour le pris et somme de vi^^ vin liv. 
XVI sous III den. t. 

Iste due partes [791-792] tradite fuerunt Parisius per dictum Robinetuni 
executoribus. Et ideo acquittatur hie. 

[S G, n" 412; pesant xini marcs xii onces; prise vii'" liv. t.] 

7g3. Item, xii grans poz d'argent, dorez, tous plains, armoiez 
sur les couvercles aux armes de Monseigneur, pesans ensemble 
vi^x marcs, lesquielx furent achatez de Jehan Tarenne, le v<= jour 
d'avril I'an mil CCCC et VIII avant Pasques, au pris de x francs 
le marc, valent xii^ liv. t. 

De istis xii'^'" potis argenti, redditi fuerunt Parisius per dictum Robinetum 
executoribus xi, qui venditi fuerunt, prout superius prima parte folii im" vii; 
precium quorum traditum fuit Johanni Lebourne in summa vi" ix'' xxxiii lib. 
VII sol. VI den. t., ut ibi; quare super dictum Lebourne. 

Et alia retenta fuit per Bernardum d'Armignac, dictum Cadet, prout in 
inventario dicte vasselle reperitur. 

794. Item, VI autres grans poz d'argent, dorez, en fa^on de 

poires, tous plains, a un escu sur I'ance de chascun, hachie aux 

armes de Monseigneur, pesans ensemble lxiii marcs iiii onces ; 

lesquielx furent achatez dudit Jehan Tarenne, ledit v^ Jour d'avril 

mil CCCC et VIII avant Pasques, audit pris dc x frans le marc ; 

valent vi^ xxxv liv. t. 

Dicti VI poti redditi fuerunt, ut supra, et venditi; precium quorum recep- 
tum fuit per dictum Lebourne, ut supra. Et ideo super ipsum. 

795. Item, une aiguiere de cristal, en fa^on d'un poisson, 
garnic d'argent dore, que mondit Seigneur achata aux estrainnes 
mil CCCC et VI. 

(i)Il s'agit sans doute d'un dessin, representant des plumes, grave sur I'ar- 
gent. 



VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEl'R [fol. I 1 8] IQ-J 

Ista pars rcddita fuit Parisius cxccutoribus per dictum Robineium, ut 
supra. 

[S G, 11° 41 3; prise viii liv. t.] 

796. Item, quatre aiguieres d'argent, dorees, armoiees sur les 

couvercles aux amies de Monseigneur, pesans ensemble xvi marcs 

nil onces ; lesquelles mondit Seigneur achata de Jehan Tarenne 

devant dit, ou mois de Janvier Tan mil CCCC et IX, au pris de 

X frans le marc; valent vni'^^ v frans. 

Reddite fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum et vendite 
prout in prima parte folii im" vii superius; precium quarum aquararium 
receptum fuit per Johannem Lebourne in summa vi" ix" xxxiii lib. vii sol. 
VI den. t., ut ibi. Et ideo super ipsum. 

797. Item, de xxvii tasses d'argent blanc, armoies aux armes 
de Monseigneur, declairees en la derriere partie du ii^ nii''^ vni^ 
fueillet dudit livre desdiz comptes precedens, est acquictie et 
deschargie ledit Robinet d'Estampes seulement de sept desdictcs 
tasses, comme il appert par les corrections faictes sur ladicte 
partie. Pour ce icy le residu qui est xx tasses. 

K. — Una dexx" tassis in serie declaratis amissa fuit, ut constat per certifti- 
cacionem magistrorum hospicii et contrarotulatoris expensarum dicti Do- 
mini, datam ultima die augusti anno M° CCCC" XIII", hie traditam, cum man- 
date dicti Domini simul suto, dato tercia die marcii anno M° CCCC" XIII", 
per quod mandatur dictum Robinetum teneri quictum de dicta tassa. 

K. — Due alie dictarum xx" tassarum acomodate fuerunt domino de Mar- 
chia, tempore quo erat in turre Bicturicensi, et ibidem amisse, [ut] constat 
per mandatum Domini datum xi" die aprilis anno M" CCGC° XII", hie red- 
ditum, per quod dictus Dominus mandat dictum Robinetum de eisdem 
acquittari. Et ideo exoneratur hie de ipsis, virtute ipsius mandati. 

K. — Una de dictis tassis data fuit Perrino Lestringal (i), sommellario 
esehansonnerie Domini, per mandatum suum traditum super seeunda parte 
CI folii hujus compoti. 

Quatuor de dictis tassis date fuerunt pridem comiti Augi per litteras dicti 
domini Duels, datas xxiii^ die maii M CCCC XVI, hie retentas. 

Et residuum, quod est xir tassarum, redditum fuit Parisius per dictum 
Robinetum executoribus, et venditum, prout in prima parte superius folii 
iin"" VII, et precium receptum per Johannem Lebourne in summa vi" ix=, xxxni 
lib. VII sol. VI den. t., ut ibi. Quare super ipsum. 

798. Item, un goubelet d'or et d'esmaulx de pelite, couvert, 
Guvre tres richement a jour de petites florettes de pluseurs cou- 

(i) Pierre Lestringal figure dans le chapitre des sommeliers et autres gens 
d'eehansonnerie, parmi les serviteurs du Due qui refurent des habits de 
deuil (Invent. S G, fol. ig5 v°). 



208 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. Il8 V"] 

leurs; et ou fretelet du couvercle a un balay room qui est de la 
pierrerie d'un ymaige d'or de Nostre Dame, declaire en la iii= par- 
tie du X' fueillet dudit livre ; lequel goubelet Monseigneur a eu 
de Willequin Bonnin et de ses deux compaignons, orfevres 
ouvrans pour mondit Seigneur a Bourges. Pour ce icy ledit 
goubelet, ainsi fait et garni, comme dit est, pesant 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum cxecutoribus. Et 
ideo acquittatur hie. 

[S G, no 665 ; prise lxv liv. t.] 

799. Item, un hannap d'or, tout plain, convert, qui a sur le 
fretelet un ours d'or enleve, lequel hannap poise nii marcs 
HI onces V esterlins d'or; et a este fait de Tor d'un grant collier 
d'or plat, fait a la devise de mondit Seigneur; lequel fu achate 
aux estrainnes I'an mil CCCC XII, pour le pris et somme de 
V'-" frans ; appert par les lettres de mondit Seigneur sur ce don- 
nees le xxi^ jour de mars oudit an, cy rendues. Pour ce icy ledit 
hannap. 

K.^ Dictus ciphus datus fuit per dominum Ducem duci d'Yorc, [ut] constat 
per mandatum suum super primo articulo scripto in secunda pagina lit'' fo- 
lii hujus libri. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus de eodem. 

Habeantur dicte litere. 

K. — Tradidit, et ponuntur in ligacia litterarum hujus compoti. 



VAISSELLE, TANT D OR ET D ARGENT, COMME AUTREMENT, POUR LADICTE 
ESCHANCONNERIE, DONNEE A MONDIT SEIGNEUR 

800. Item, d'un hannap de jaspre, garni d'or et de pierrerie, 
declaire en la iiu" partie du 11"= xxxi*^ fueillet dudit livre des comp- 
tes precedens, est seulement deschargie et acquictie ledit Robi- 
net d'Estampes de I'or et pierrerie dudit hannap pour les causes 
contenues en la correction faicte sur ladicte partie. Pour ce icy 
ledit hannap de jaspre, a un couvercle de mesmes, non garniz. 

[S G, n" 414; prise lx sous t.] 

801. Item, d'un goubelet de cristal, garni d'or, declaire en la 
premiere partie du 11'^ xxxii= fueillet ensuivant, est seulement 
deschargie ledit Robinet d'Estampes de I'or et pierrerie dudit 



VAISSELLE DONNEE A MONSEIGN'EUR [fol. I I g] 2O9 

goubelet pour les causes declairdes en la correction faicte sur 
ladicte partie. Pour ce icy ledit goubelet de cristal sanz couvercle, 
non garni. 

Iste due partes accolate [800-801] reddite fuerunt Parisius per dictum 
Robinetum executoribus. Et sic idem Robmetus acquittatur hie de eisdem. 

[S G, n" 41 5; prise xl sous t.] 

802. Item, d'un voirre de cristal, garni d'or, declaire en la 
troisieme partie dudit u^ xxxii^ fueillet, est seulement acquictid 
et deschargie ledit Robinet d'Estampes de I'or et pierrerie dudit 
voirre pour les causes contenues es corrections faictes sur ladicte 
partie. Pour ce icy ledit voirre sanz couvercle, non garni. 

[S G, n" 416; prise vi liv. t.] 

803. Item, un goubelet et un pot de voirre en maniere d'esmail 
blanc, garniz d'or, que Ic conte de Saint-Pol donna a estrainnes 
a Monseigneur, le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et I. 

[S G, n° 417; prise xxiiii liv. t.] 

804. Item, deux bouteilles de Jaspre noir, garnies d'argent 

dore, et en chascune un tixu de soye garnie de boucle, mordant, 

et les clos d'argent dore; lesquelles messire Thibaut Portier 

donna a estrainnes a Monseigneur, le premier jour de Janvier I'an 

mil CCCC etIIII. 

Iste tres partes, cum aliis in'"" partibus in alia pagina sequentibus [801- 
807], tradite fuerunt Parisius, ut supra. 
[S G, n° 418; prise xx liv. t.] 

805. Item, un hannap d'alebastre, convert, garni d'argent dore; 
lequel maistre Gieffroy Robin (i) donna a estrainnes a Monsei- 
gneur, le premier jour de Janvier mil CCCC et deux. 

[S G, n" 419; prise xii liv. t.] 

806. Item, une aiguiere de cristal, ouvree a bestes, a une ance 
de mesmes, garnie d'or, a petis soulaux esmailliez de rouge ; et 
ou fretelet a un saphir et ini perles; laquelle aiguiere sans garni- 
son fu donnee a Monseigneur par I'evesque de Chartres, du 



(i)GeofFroy Robin etait attache au service du due de Berry, comme le prou- 
vent certains articles de comptes encore existants, notamment celui-ci : « A 
maistre Geuffroy Robin, pour argent a luy rendu qu'il a baillie, du com- 
mandement de mond. Seigneur, a un joueur de basteaulx, le iii» jour dudit 
moys de mai 1400. » (Arch. Nat., KK 254, fol. 78 v".) 



14 



210 VAISSELLE BONNEE A MONSEIGNEUR [fol. I 20] 

temps qu'il estoit son tresorier, et ladicte garnison fu faite par la 
main de Jehan Tarenne, bourgeois et changeur de Paris. Pour 
ce icy ladicte aiguiere, ainsi faicte et garnie, comme dit est. 

[S G, n" 420; prise iiii" x liv. t.] 

807. Item, une ampole ou fiole roonde de pierre, sur couleur 
de pierre serpentine, garnie d'or, pendant a un tixu de soye; la- 
quelle fu donnee a Monseigneur, ou mois de fevrier I'an mil 
CCCC et VII, par madame de Bourbon, contesse de Clermont. 

[S G, n° 421 ; prise xxx liv. t.] 

808. Item, un barrillet de cristal, garni d'or et de pierrerie, 
c'est assavoir : de xiiii petis balais et xvi trochez de perles, en 
chascun trochet in perles, et pend a un tixu de til d'or trait; 
laquelle garnison fu donnee a monseigneur le Due par monsei- 
gneur de Vendosme a estrainnes, le premier jour de Janvier I'an 
mil CCCC et VII ; et ledit barrillet, sanz garniz, lui avoit para- 
vant este donne par I'evesque de Chartres, lors son tresorier 
general. Pour ce icy ledit barrillet de cristal, ainsi fait et garni 
comme dit est. 

[S G, n" 422; prise 11" xxv liv. t.] 

809. Item, un goubelet de cristal, a couvcrcle de mesmes, que 
la Royne donna a Monseigneur, a Meleun, ou mois dc juing I'an 
mil CCCC et VIII, et Ta fait mondit Seigneur garnir par la 
main de Jehan Tarenne d'un marc, x esterlins d'or, ou environ, 
poin9onne (i) par le pie a ours et branches d'orengier, le cou- 
vercle couronne, et ou fons et couvercle a un esmail roont aux 
armes de Monseigneur, et ou fretelet a i saphir et iiii perles; et 
a couste I'or, pierrerie et fa^on, ini'^'^ x frans. Pour ce icy ledit 
goubelet de cristal, ainsi garni comme dit est. 

Iste due partes cum in''"" aliis partibus in pagina sequent! declaratis 
[808-812], reddite et tradite fucrunt Parisius per dictum Robinetum, ut 
supra. 

[S G, n° 423 ; prise mi" liv. t.] 

810. Item, un petit pot de jaspre sur le vert, martele, que la 

(1) Poin?onne veut dire, en general, decore d'orncments (fleurs de lis, 
ours, etc.) a I'aide d'un poin^on en fcr qui servait a estamper sur Ic metal 
un dessin quelconque. 



VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. I2l] 211 

Royne donna a Monseigneur, a Meleun, oudit mois de juing 
mil CCCC et VIII ; et Ta fait mondit Seigneur garnir de vi onces 
d'or; a un couvercle pendant a une ance; et ou fretelet du cou- 
vercle a v perles et i saphir; et a couste Tor, pierrerie et fa^on 
ini^'' frans. Pour ce icy ledit pot de jaspre, ainsi fait et garni 
comme dit est. 
[S G, n° 424; prise iiii" liv. t.] 

811. Item, deux pos de cristal, en chascun une ance de mes- 
mes, faiz a pluseurs quarres (i), que la Royne donna a Monsei- 
gneur, a Meleun, oudit mois de juing mil CCCC et VIII ;lesquels 
mondit Seigneur a faiz garnir d'or; et ou fretelet du couvercle de 
chascun sont ses armes faictes d'esmail; et donna ladicte garni- 
son I'evesque de Lavaur (2). Pour ce icy lesdiz deux pos de 
cristal, ainsi faiz et garniz comme dit est. 

[S G, n° 423; prise 11" liv. t.] 

812. Item, un autre pot de cristal roont, plain, a une ance de 
mesmes, que la Royne donna a Monseigneur, a Meleun, oudit 
mois de Juing Tan mil CCCC et VIII; lequel mondit Seigneur 
a fait garnir d'or; et [ou] fretelet du couvercle sont esmaillees ses 
armes; et donna ladicte garnison ledit evesque de Lavaur. Pour 
ce icy ledit pot de cristal, ainsi fait et garni comme dit est. 

[S G, n° 426; prise iiii" x liv. t.] 

8 1 3. Item, un autre pot de cristal, a pluseurs quarres, a deux 
ances de mesmes, que la Royne donna a Monseigneur, a Meleun, 
oudit mois de juing mil CCCC et VIII; lequel mondit Seigneur 
a fait garnir d'or; et le fretelet du couvercle est esmaillie a ses 
armes; et donna ladicte garnison Jamet de Nesson (3). Pour ce 
icy ledit pot de cristal, ainsi fait et garni comme dit est. 



(i) Quarres ou cares signifie facettes. 

(2) Pierre Neveu, qui occupa le siege de Lavaur de 1408 au 5 septem- 
bre 1410. Guillaume Neveu, probablement un parent de Pierre, reijut divers 
presents du due de Berry, d'apres I'inventaire de 140 1. 

(3) L'un des gens des comptes du Due s'appelait Barthelemy de Nesson. 
(Arch. Nat., KK 25o, fol. 134 v°.) Parmi les secretaires du Due, faisant 
partie de sa maison au moment de sa mort(Inventaire L f, 54), figure Pierre 
de Nesson. Nous ignorons quelle situation Jamet de Nesson occupait aupres 
du due de Berry. 



212 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 121 V^] 

Ista pars reddita fuit, ut supra. 
[S G, n° 427; prise vi" liv. t.] 

814. Item, un hannap de cristal, ouvre, garni d'or, asoulaux et 
estoilles esmaillez de blanc et de rouge cler, le couvercle d'or, 
alentour duquel a viii pieces de bericles roondes et plates, as- 
sises a jour; le fretelet du couvercle esmaillie de blanc et garni 
de VI dyamens plaz, vi perles et i saphir; lequel hannap, ainsy 
garni comme dit est, I'evesque de Chartres donna a Monsei- 
gneur ou mois de Juillet I'an mil CCCG et VIII. 

K. — Dictus ciphus cristalli, cum aquaria in articulo sequenti declarata 
[814-81 5], munita ut in serie, dati fuerunt summo pontifici et missi per 
magistrum Michaelem Bovis, per mandatum super secunda parte clxv'' folii 
hujus compoti. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de ipsis. 

81 5. Item, une aiguiere de cristal, toute plainne, garnie d'or, 
de paraille devise dudit hannap; I'ance et biberon d'or; le fretelet 
du couvercle esmaillie de blanc et garni de vi dyamens plaz, 
VI perles et i saphir; laquelle aiguiere, ainsi garnie comme dit 
est, I'evesque de Chartres donna a mondit Seigneur avec le han- 
nap dessusdit, oudit mois de juillet mil CCCC et VIII. 

816. Item, un goubelet de voirre en maniere d'esmail blanc, 
le pie et couvercle duquel sont garniz d'un petit d'or ; lequel 
goubelet ainsi garni messire Olivier de Mauny (i) donna a 
Monseigneur aux estraines, le premier jour de janvicr Fan mil 

CCCC et VI. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et 
ideo de eadem idem Robinetus acquittatur hie. 
[S G, n" 1017; prise viii liv. t.] 

817. Item, d'un long goubelet de cristal, a pluseurs quarres, 
declaire en la iiii^ partie du iii'^ xxviii« fueillet dudit livre des 
comptes precedens, est seulement deschargie ledit Robinet d'Es- 



(i) Olivier de Mauny avait ete investi, en septembre 1404, de la capitai- 
nerie de Saint-Malo qu'avait occupee Renaud de Trie, amiral de France. Le 
Borgne de la Heuse la lui disputa et lui intenta un proces que le Parle- 
ment trancha en faveur d'Olivier en 1407. (Voy. Tuetey, Choix de Testa- 
ments, p. 418, et Journal de Nicolas de Baje, t. I, p. i53.) Le 14 dccembre 
141 5, Olivier de Mauny fut nomme bailli de Caen. {Journal de N. de Baye, 
t. II, p. 2H0.) 



VAISSELLE DONNKE A MONSEIGNEUR [fol. I 22 vo] 2l3 

tampes de Tor et pierrerie dudit goubelet pour les causes conte- 
nues en la correction faicte sur ladicte partie. Pour ce icy ledit 
goubelet de cristal sanz couvercle, non garni. 
[S G, n° 1018 ; prise xvi liv. t.] 

818. Item, un pot de cristal, a une ance de mesnies, fait a 
pluseurs quarres, garni d'or; et ou fons et ou fretelet du cou- 
vercle sent les armes de Monseigneur, faictes d'esmail ; lequel 
pot feu messire Jehan de Montagu, en son vivant grant maistre 
d'ostel du Roy, donna a Monseigneur, sans garnison, et mondit 
Seigneur I'a ainsi fait garnir comme dit est. 

[S G, n" 428; prise cl liv. t.] 

8ig. Item, un grant bassin de pourfire, garni d'argent dore, 
que le grant prieurde Thoulouse (i) donna a Monseigneur ou 
mois de decembre Tan mil CCCC et VII. 

Iste tres partes, cum aliis iii*"" partibus in pagina sequenti [817-822], 
tradite et reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 

[S G, n" loig; pesant I'argent trois marcs, car le bassin est rompu; 
prise XXII liv. x sous t.] 

820. Item, une aiguiere, sans couvercle, large par dessus, qui 
est de voirre taint sur la couleur dudit bassin, que ledit prieur 
donna a Monseigneur oudit mois de decembre mil CCCC et VII. 

[S G, n° 429; prise x liv. t.] 

821. Item, deux grans ampoles ou lioles de voirre taint sur 
couleur de pierre serpentine, Tune en fafon de poire et I'autre 
en fa9on de cougourde (2), garnies d'argent dord, pendans chas- 
cune a un tixu de soye noire; lesquelles ledit grant prieur de 
Toulouse donna a mondit Seigneur oudit mois de decembre 
mil CCCC et VII. 

[S G, n° 430; prise xv liv. t.] 



(i) Raymond de Lescure, grand commandeur de Malte, grand prieur de 
Toulouse, lieutenant du Grand Maitre et administrateur du tresor de I'Or- 
dre, joua un role considerable au debut du quinzieme siecle et se fit remar- 
quer egalement par ses talents militaires et ses qualites administratives. II 
mourut en 141 1, dans un combat contre ies Turcs. (Voy. Du Bourg, His- 
toire du grand prieiire de Toulouse. Toulouse, i883, in-8% p. 149). 

(2) Cette ampoule avait sans doute la forme d'une gourde ou courge, 
ofFrant deux parties spheriques separees par un renflement, 



214 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 123] 

822. Item, un goubelet de madre, garni d'argent dore; et sur 
le fretelet du couvercle a une pierre de mine d'or; lequel gou- 
belet un chevallier d'Alemaigne a donne a mondit Seigneur. 

[S G, n° 1020; prise viii liv. t.] 

823. Item, une aiguiere d'une pierre estrange, sur le vert, ta- 
chee, garnie de faulse pierrerie, que la Royne donna a Monsei- 
gneur, a Meleun, ou mois de juing Tan mil CCCC et VI 1 1 . 

[S G, n° 1021 ; prise xv liv. t.] 

824. Item, un grant pot de cristal, a deux ances de mesmes, 

garni d'argent dore, et sur le couvercle a un hault tabernacle 

d'argent dore, fait de maconnerie, bien delieement ouvre ; et siet 

ledit pot sur un grant pie d'argent dore esmaillie ; et y a pluseurs 

ymaigesde taille quisoustiennent ledit pot; lequelpot, ainsi garni 

comme dit est, I'abbe du Bore de Deolx (i) a donne a Monsei- 

gneur. 

[S G, n" 43 1 ; pesant ensemble xxxviii marcs iiii onces; prise iiii" l liv. t.] 

825. Item, un autre grant pot de cristal, garni d'argent dore, 
a une ance et biberon de mesmes, garni d'argent dore, le cou- 
vercle couronne, et le fretelet fait de branches; et siet sur un pie 
d'argent dore; lequel pot, ainsi garni comme dit est, monsei- 
gneur le conte daulphin d'Auvergne a donne a Monseigneur. 

Iste tres partes, cum aliis 111''"° partibus in pagina sequenti contentis 
[823-828], reddite et tradite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, ut 
supra. 

[S G, n" 1022; pesant XXV marcs et demi; prise iii" liv. t.] 

826. Item, une aiguiere de cristal, ouvree a fueillages et a 
oiseaulx, garnie d'argent dore, scant sur iii leonceaulx d'argent 
dore ; laquelle fu donnee a Monseigneur par Christofle de la Mer, 
lui estant son tresorier general (2). 

[S G, n° 432 ; prise xxxvi liv. t.] 



(i) Bourg Dieu ou Deols au diocese de Bourges. Un abbe de Deols, 
nomme Helias, est cite dans les actes du concile de Pise en 1409. Son predc- 
cesseur se nommait Hugues IV de Cros (i383). 

(2) Christophe de la Mer avait d'abord ete conseiller du due de Berry vers 
1400 (Voy. Arch. Nat., KK 264, fol. 62.) En 1394, Philippe le Hardi achetait 
a un Christophe de la Mer, marchand genois, un certain nombre de joyaux. 
(E. Petit, Itine'raires d^s dues de Boiirgogne, p. 549.) Ce meme marchand 



VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 1 24] 21 5 

827. Item, III pos de voirre, garniz d'argent dore, que feue ma- 
damoiselle de Baviere (i), que Dieux absoille, donna a Mon- 
seigneur. 

[S. G, n° 1023 ; prise xl liv. t.] 

828. Item, d'une aiguiere de voirre taint en maniere d'une 
agathe, declairee en la derriere partie du iii^ lxihi^ fueillet dudit 
livre des comptes precedens, est seulement deschargie ledit Ro- 
binet d'Estampes de Tor dont estoit garnie ladicte aiguiere, 
comma il appert par la correction faicte sur ladicte partie. Pour 
ce icy ladicte aiguiere de voirre taint en maniere d'une agathe, 
sanz couvercle, ance et biberon, non garnie. 

[S G, n° 1024; prise i sol iii den. t.] 

829. Item, un hannap d'argent blanc, convert, ouvre par dehors 
a fueillages enlevez en maniere de haulte taille, et martele par 
dedans, duquel la bourdeure, le fretelet du couvercle et le souaige 
du pie sont d'or ; et fu donne a monseigneur le Due par Guil- 
laume de Lode, son escuier et chambellan, aux estraines, la pre- 
mier jour de Janvier I'an mil CCCC et X. 

Redditus fuit Parisius per dictum Robinetuni executoribus et postmodum 
venditus, prout in prima parte folii iiii" vii superius; precium cujus recep- 
tum fuit per Johannem Lebourne in summa vi"" ix" xxxni lib.vii sol. vi den. 
t., ut ibi. Et ideo super ipsum. 

830. Item, une aiguiere de pourcellainne ouvree, les pid, cou- 
vercle et biberon de laquelle sont d'argent dore ; et I'envoia nostre 
saint pare papa Jehan xxni^ en don a Monseigneur, par I'evesqua 
d'Alby (2), ou mois de novembre I'an mil CCCC at X. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et 
ideo acquittatur hie idem Robinetus de eadem. 
[S G, n" 1025; prise xviii liv. t.] 

83 1. Item, un goubelet d'or, convert, asmaille alentour de 

vendit, pour le prix de 7400 livres, la belle croix d'or garnie de pierreries 
dont le due de Bourgogne fit present au due de Berry, le 6 avril i3gg {Ibi- 
dem, p. 562.) Le marchand est peut-etre le meme individu que le conseiller 
devenu par la suite tresorier general du Due. 

(i) C'est la bru du due de Berry, morte vers 1406, devenue duchesse de 
Baviere apres la mort de son premier mari, le comte de Montpensier, fils 
du due de Berry. (Voy. ci-dessus la note de I'art. 3 16.) 

(2) Cf. I'article 447 du present inventaire. 



2l6 VAISSELLE DONNEE A MONSEIGNEUR [fol. 1 24 V°] 

I'istoire saint George, et le couvercle esmailli^ de quatre roynes, 

et sur le fretelet a un empereur enleve, et le pie ouvre en maniere 

d'une raiz de souleil ; lequel goubelet monseigneur de Bourgoi- 

gne donna a mondit Seigneur aux estrainnes, le premier jour de 

Janvier Tan mil CCCG XII. Et n'est point rendu en recepte ou 

compte precedant (i). 

K. — Datus fuit domine ducissc Borbonensi per mandatum super ii* parte 
CLXv" folii hujus compoti redditum; vitute cujus acquittatur hie dictus Ro- 
binetus. 

832. Item, une aiguiere d'or, toute plainne, en Tance et ou pi6 
de laquelle a escript qu'elle fu de monseigneur saint Loys, roy 
de France; laquelle Tevesque de Chartres (2) donna a mondit 
Seigneur, ausdictes estrainnes mil CCCG XII. Et n'est point 
rendu en recepte es comptes precedens. 

K. — Dicta aquaria data fuit domino duci Acquitanie per mandatum 
super vi'' parte lxx"" folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus 
Robinetus acquittatur hie de eadem. 

833. Item, un hannap d'or, tout plain, convert; le fretelet 

duquel est d'un gros bouton d'or roont; lequel hannap Guil- 

laume de Lode donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes 

mil GGGG XII. Et n'est point rendu en recepte ou compte 

precedant. 

K. — Dictus ciphus datus fuit domino Alvarro Quaralle per mandatum 
super prima parte secunde pagine clvii folii hujus compoti traditum; virtute 
cujus dictus Robinetus acquittatur hie de eodem. 

834. Item, un goubelet d'argent dore, couvert, ouvre de taber- 
nacles et fenestraiges d'argent blanc et d'esmail, de plusieurs 
couleurs en m.aniere de voirrieres, seant sur trois ours d'argent 
dorez; et sur le fretelet a un autre ours; lequel goubelet Bureau 
de Dampmartin donna a mondit Seigneur ausdictes estrainnes. 
Et n'est point rendu en recepte es comptes precedens. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et 
ideo acquittatur hie idem Robinetus. 

[S G, n<» 433; pesant vi marcs mi onces; prise lxv liv. t.] 

(i) Get article et les trois suivants ont ete ajoutes apres coup, ainsi que le 
prouve la difference de I'ecriture et de I'encre. 

(2) Gette aiguiere donnee par I'eveque de Chartres ne provenait-elle pas 
du tresor de la cathedrale ,'' 



VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. 12 5] 21 7 



VAISSELLE D ARGENT, POUR FRUITERIE, DES INVENTOIRES 

835. Item, de x petites escuelles d'argent blanc pour servir de 
fruit, declairees en la vine partie du xxii= fueillet du livre desdiz 
comptes precedens, a monseigneur le Due fait oster les amies de 
feu monseigneur d'Estampes et y mettre les siennes, et, avec ce, 
les a faictes dorer, comme il appert par la correction faicte sur 
ladicte partie. Pour ce icy lesdictes x petites escuelles d'argent 
dore pour servir de fruit, signees aux armes de mondit Seigneur, 
pesant ensemble xii marcs vi onces x esterlins. 

K. — Una de dictis x scutellis amissa fuit mense marcii anno M° CCCC XII, 
ut con.stat per certifficacionem magistrorum hospicii et contrarotulatoris 
expense dicti Domini, datam prima die aprilis sequentis, eodem anno, 
ligatam cum mandato Domini super secunda parte cxviii folii presentis 
compoti tradito; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de dicta 
scutella. 

K. — Quinque scutelle dc numero dictarum x"" scutellarum amisse fue- 
runt, videlicet : due prime in villis Meluni et Corholii, tempore quo dominus 
Dux ibidem aftuit, credens ire Parisius ad Regemet fuit impeditus; alie due 
Bitturis, videlicet : una in hospicio Jacopitarum, mense marcii M CCCC XI, 
et alia in hospicio archiepiscopi, die Pasche sequentis; et ultima in hospicio 
Nigelle, Parisius, in camera comitis Augui, mense decembris M CCCC XII, 
[ut] constat per certifficacionem magistrorum hospicii Domini, datam ultima 
die marcii M CCCC XII, hie traditam cum mandato Domini date xi* die 
aprilis sequentis, eodem anno; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur 
hie de dictis v scutellis. 

Residuum dictarum scutellarum, quod est quatuor, redditum fuit Parisius 
exeeutoribus per dictum Robinetum, et venditum, prout in prima parte folii 
iiii" VII superius, et preeium receptum per Johannem Lebourne in summa 
de VI" ix° xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut ibi plenius. Et ideo super dictum 
Lebourne. 

[B, no 104.] 

836. Item, deux paires de chandelliers d'argent blanc, ou il a 

en chascun deux broches, pesans ensemble xxxvii marcs i once 

X esterlins. 

Ista duo candelabra reddita fuerunt Parisius exeeutoribus per dictum 
Robinetum, et vendita, prout in prima parte superius folii iiii" vii, et pre- 
eium receptum per Johannem Lebourne in summa de vi" ix° xxxiji lib, 
vii sol. VI den. t., ut ibi plenius; quare super ipsum, 

[B, no 357.] 



2l8 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. I 26] 



AUTRE VAISSELLE D ARGENT, POUR FRUITERIE, ACHATEE 
PAR MONSEIGNEUR LE DUG. 

837. Item, VI platellez d'argent dorez, pour servir de fruit, 
esmaillez ou fons aux armes de Monseigneur, pesans ensemble 
XV marcs iii onces d'argent; lesquelx Monseigneur achata de 
Jehan Tarenne, le v^ jour d'avril mil CCCC et VIII avant Pas- 
ques, au pris de x frans le marc; valent cliii liv. xv sous t. 

Isti VI platelli redditi fuerunt Parisius executoribus per dictum Robinetum, 
et venditi, prout superius prima parte folii iiii"'' vii, et precium receptum 
per Johannem Lebourne in summa vi*" ix'' xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut 
plenius ibi. Et ideo super ipsum. 



VAISSELLE d'argent, POUR ESPICERIE, DES INVENTOIRES. 

838. Item, un dragouer d'argent dore, et ou fons d'icellui avoit 
un esmail roont des armes de Monseigneur, et sur le bourt 
dudit dragouer trois esmaulx desdictes armes, et estoit hachie 
sur le pie et sur ledit bourt de fueillages; qui fu de feu Monsei- 
gneur d'Estampes; pesant x marcs vii onces xv esterlins. 

[B, no 355.] 

839. Item, un autre petit dragouer d'argent dore, ou fons 
duquel a un esmail roont aux armes de Monseigneur; et est fait 
par les bours par maniere de pampes hachees a fueillages; 
pesant xi mars ii onces. 

Iste due partes accolate [SSS-SSg] reddite fuerunt Parisius executoribus 
per dictum Robinetum, et vendite, prout superius prima parte folii nn^vii, 
et precium receptum per Johannem Lebourne in summa de vi" ix" xxxiii lib. 
VII sol. VI den. t., ut plenius ibi. Ideo super dictum Lebourne. 

[B, no 356.] 

840. Item, un dragouer d'argent dore, esmaillie sur le pie a 
ymaiges de pluseurs esmaulx, et par dedens a un esmail d'un 
lion; pesant v marcs vii onces xv esterlins. 



VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. 127 vo] 219 

Ista pars reddita et tradita fuit per dictum Robinetum executoribus. Et 
ideo idem Robinetus acquittatur hie de dicto dragerio. 

[B, no 863. — S G, n° 434 : neant cy, pource que ledit commis en a fait 
recepte ou compte des funcrailles.] 



AUTRE VAISSELLE D ARGENT, POUR ESPICERIE, ACHATEE 
PAR MONDIT SEIGNEUR. 

841 . Item, un dragouer d'argent dore, pesant ix marcs vi onces 
X esterlins; lequel mondit Seigneur achata de Jehan Tarenne, 
bourgeois et changeur de Paris, le iiii« jour de mars Tan mil 
CCCC et nil, pour le pris de x frans le marc, valent iiii'''^ xviii 
frans ii sous vi deniers t. 

Dictum dragerium redditum fuit Parisius executoribus per dictum Robi- 
netum, et venditum, prout superius prima parte folii nu'" vii, et precium 
receptum per Johannem Lebourne in summavi" ix° xxxni lib. vnsol. vi den. 
t., ut ibi plenius. Et ideo super ipsum. 



AUTRE VAISSELLE D ARGENT ET AUTREMENT, POUR ESPICERIE, 
DONNEE A MONDIT SEIGNEUR. 



842. Item, un dragouer de jaspre, garni d'argent dore et de 
pluseurs pierres de diverses manieres et perles de petite valeur, 
que le grant prieur de Thoulouse donna a mondit Seigneur a 
estrainnes, le premier Jour de Janvier Tan mil CCCC et VII. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo 
acquittatur hie idem Robinetus. 

[S G, n° 435; prise xxiiii liv. t.] 



VAISSELLE D ARGENT, POUR CUISINE, DES INVENTOIRES. 

843. Item, de xii escuelles d'argent dore, toutes plainnes, 
pesans ensemble xxiiii marcs iiii onces, declairees en la premiere 
partie du xxiiii« fueillet du livre desdiz comptes precedens, est 



220 VAISSELLE DES INVENTAIRES [fol. I 28 V] 

deschargie ledit Robinet d'Estampes de xi desdictes escuelles 
pour les causes contenues es corrections faictes sur ladicte partie. 
Pour ce icy seulement une desdictes escuelles, pesant i marc 
VII onces d'argent. 

K. — Dicta scutella, cum aliis partibus auri et argenti, tradita fuit Matheo 
Heron, thesaurario Domini, [ut] constat persuam certifficacionem cum man- 
dato ejusdem Domini redditam super iiii'" parte iiii" xvi" folii hujus com- 
poti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie ad onus dicti thesau- 
rarii. 



AUTRE VAISSELLE d'aRGENT, POUR CUISINE, ACHATEE PAR MONSEIGNEUR. 

844. Item, de douze plaz d'argent dorez, aux armes de Monsei- 
gneur, pesans ensemble xlviii marcs v onces v esterlins, declairez 
en la premiere partie du ciiii^'^ vi^ fueillet dudit livre, est acquit- 
tie ledit Robinet d'Estampes de vii desdiz plaz pour les causes 
contenues es corrections faictes sur ladicte partie. Pour ce icy 

seulement cinq desdiz plaz. 

K. — Unusdictorumquinque discorum amissus fuit Bitturis, xvi'^die julii 
anno M" CCCC° XII% [ut] constat per certifficacionem magistrorum hospicii 
et mandatum Domini supra ii"*^ parte cxxv« folii hujus compoti traditum; 
quorum virtute dictus Robinetus acquittatur hie de ipso. 

K. — Unus alius, in pondere iii marcorum vi onciarum, traditus fuit Ma- 
theo Heron, [ut] constat per suam certifficacionem, dp qua habetur mencio 
in primo articuio scripto super articulo sequenti, et acquittatur hie de 
eodem, ad onus dicti thesaurarii, ut ibidem. 

De residuo dictorum discorum, quod est HI, unus redditus fuit Parisius 
executoribus per dictum Robinetum, et venditus, prout superius prima 
parte folii iiii'-vii, et precium traditum Johanni Lebourne in summa vi"" ix" 
xxxiu lib. vu sol. VI den. t., ut plenius ibi. Quare super dictum Lebourne. 

Et duo alii amissi fuerunt, unus apud Sanctum Dyonisium, prout constat 
per litteras dicti domini Ducis et per certifficacionem magistrorum hospicii 
dicti Domini datas, videlicet illas de dicto domino Duce x» septembris 
M CCCC XV, et certificationem xxviii julii M CCCC XV, hie redditas. 

Et alius in hospicio Nigelle, Parisius, ut constat per litteras dicti domini 
Ducis et per certifficacionem dictorum magistrorum hospicii, similiter hie 
redditas. Et idem Robinetus exoneratur hie de eisdem. 

845. Item, de six grans plaz d'argent dorez, aux armes de 
mondit Seigneur, pesans ensemble lx marcs ii onces xv ester- 
lins, declairez en la ii« partie dudit ciiii^^ vi= fueillet, est seule- 
ment acquittie ledit Robinet d'Estampes de I'un desdiz plaz 



VAISSELLE ACHETEE par MONSEIGNEUR [fol. 129] 22 1 

pour les causes contenues en la correction faicte sur ladicte 
partie. Pour ce icy cinq desdiz plaz. 

K. — Duo dictorum quinque discorum, in pondere xix marcarum vi on- 
ciarum argenti, traditi fuerunt cum aliis pluribus partibus auri et argenti 
Matheo Heron, thesaurario suo, [ut] constat per suam certifficacionem cum 
mandato ejusdem Domini redditam super quarta parte nonagesimi sexti 
folii hujus compoti; virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de 
ipsis ad onus dicti thesaurarii. 

Residuum, quod est III, redditum fuit Parisius executoribus per dictum 
Robinetum, et postmodum venditum, prout superius prima parte folii 
nil" VH, et precium receptum per Johannem Lebourne in summa de vi" 
ix'= xxxni lib. vn sol. vi den. t., ut plenius ibi. Et ideo super ipsum. 

846. Item, de xii escuelles d'argent dore, ausdictes amies, pe- 
sans ensemble xxxvi marcs 11 onces xv esterlins, declairees en la 
iii« partie dudit ciiiF'*^ vi« fueillet, est acquittie ledit Robinet 
d'Estampes de quatre desdictes escuelles pour les causes conte- 
nues es corrections faictes sur ladicte partie. Pour ce icy seule- 
ment viii desdictes escuelles. 

K. — Dicteocto scutelIe,ponderantes xxni marcas vii oncias argenti, tradite 
fuerunt, cum aliis pluribus partibus auri et argenti, Matheo Heron, thesau- 
rario Domini, [ut] constat per certiflBcacionem suam redditam cum mandato 
ipsius Domini super quarta parte nonagesimi vi'' folii presentis compoti ; 
virtute quorum dictus Robinetus acquittatur hie de ipsis ad onus dicti the- 
saurarii. 

847. Item, de sept plaz d'argent blanc , pesans ensemble 
xxvni marcs xii esterlins obole, declairez en Ja penultime partie 
dudit ciiii'^'' vi= fueillet, est acquittie ledit Robinet d'Estampes 
de six desdiz plaz pour les causes contenues es corrections faic- 
tes sur ladicte partie. Pour ce icy seulement I'un desdiz plaz. 

K. — Amissus fuit apud Magdunum, n''* die augusti anno M" CCCC° XH", 
[ut] constat per certifficacionem et mandatum super secunda parte cxxv" 
folii hujus compoti redditum; quorum virtute dictus Robinetus acquittatur 
hie de eodem. 

848. Item, de trois dozaines d'escuelles d'argent dorees, ar- 
moiees aux armes de Monseigneur, pesans ensemble environ 
Lxxn marcs, declairees es ini^ et ve parties du ii'^ lui^^ x= fueillet 
dudit livre, est acquittie ledit Robinet d'Estampes de xv des- 
dictes escuelles, comme il appert par les corrections faictes sur 
la premiere desdictes deux parties. Pour ce icy xxi desdictes 
escuelles. 



222 VAISSELLE ACHETEE PAR MONSEIGNEUR [fol. l3o] 

K. — Una de dictis xxi scutellis amissa fuit in hospicio domini archiepis- 
copi, Bicturis, xxix* die marcii anno M" CCCC XI", [ut] constat per certiffi- 
cacionem magistrorum hospicii dicti domini Ducis, datam xi" die februarii 
anno M" CCCC° XII", ligatam cum mandato cjusdem Domini super 11''° parte 
cxxv'' folii hujus compoti tradito; virtute quorum dictus Robinetus acquit- 
tatur hie de ipsa. 

Item, tres de dictis xxi scutellis amisse fuerunt in hospicio dicti domini 
Ducis, prout constat per certii^icacionem magistrorum hospicii dicti Domini, 
datam xxviii" die julii M CCCC XV, alligatam cum mandato ejusdem Do- 
mini, dato x* die scptembris M CCCC XV, superius reddito. Et sic de eis- 
dem acquittatur idem Robinetus. 

Et alie xvii scutelle remanentes de dictis xxi reddite fuerunt Parisius exe- 
cutoribus per dictum Robinetum, et postmodum vendite, prout superius 
prima parte folii iiii" vii, et precium receptum per Johannem Lebourne 
predictum in summa de vi"" ix" xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut ibi plenius 
arrestatur. Quarc super dictuna Lebourne. 

849. Item, de ix plaz d'argent blanc, armoies aux armes de 
Monseigneur, pesans ensemble environ xxxvi marcs, declairez 
en la derriere partie dudit 11'^ ini''^ x^ fueillet, est seulement ac- 
quittie ledit Robinet d'Estampes de trois desdiz plaz pour les 
causes contenues en la correction faicte sur ladicte partie. Pour 
ce icy vi desdiz plaz, pesans ensemble environ xxiiii marcs. 

K. — Unus de dictis vi discis amissus fuit xxii"*^ die februarii anno M'CCCC" 
XII", in hospicio de Nigella, ut constat per certifficacionem magistrorum 
hospicii et contrarotulatoris expense dicti Domini, datam viii* die marcii 
sequentis eodem anno, ligatam cum mandato dicti Domini super n'^' parte 
cxviii folii hujus compoti reddito; virtute quorum acquittatur hie dictus 
Robinetus de dicto disco. 

K. — Unus alius perditus fuit xxviii' die novembris anno predicto in hos- 
picio de Nigella, [ut] constat per certifficacionem dictorum magistrorum 
hospicii et mandatum Domini super 11' parte cxxv" folii hujus compoti red- 
ditum. Et ideo acquittatur hie dictus Robinetus de eodem. 

Item de dictis vi discis fuerunt tres alii amissi in hospicio dicti domini 
Ducis, [ut] apparet per certificacionem magistrorum hospicii ejusdem Domini 
et per mandatum dicti Domini, datum et redditum^ prout superius parte 
precedenti. Et sic idem Robinetus acquittatur de eisdem. 

Et alius discus redditus fuit Parisius executoribus per dictum Robinetum, 
et postmodum venditus pro facto execucionis, prout superius prima parte 
folii mi" vii; precium cujus receptum fuit per dictum Johannem Lebourne 
in summa vi° ix" xxxiii lib. vii sol. vi den. t., ut ibi plenius arrestatur. Et 
idco super ipsuni. 



LIVRES DES INVENTAIRES [fol. l3l] 22 3 



LES LIVRES DES INVENTOIRES {i\ 



85o. Item, unes Petites Heiires de Nostre Dame, nommees les 
Heures de Pucelle (2), enluminees de blanc et de noir, a I'usaige 
des Prescheurs, garnies de petis fermouers d'or ou il a une 
Annunciation ; et au bout des tirans a deux petis boutons de 
perles; couvertes d'un drap de soye bleue. 

Iste Ore reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus 
domini Ducis. Et ideo de eisdem acquittatur hie idem Robinetus. 

[B, n" 171. — S G, no 1078; prise xv liv. t.] 

(i) L'etude consacree par M. Leopold Delisle aux livres du due de Berry 
et inseree dans le Cabinet des manuscrits de la Bibliotlieqiie nationale 
(t. I, p. 56-68, et t. Ill, p. 170-194, 326, 339-340 et 389) resume et com- 
plete les nombreuses publications anterieures sur le meme sujet. (Le 
Laboureur, Histoire de Charles VI, Introduction, p. 76 ; comte Auguste de 
Bastard, Librairie de Jean de France, due de Berry, Paulin Paris, Cata- 
logue des livres du due de Berry, dans le Bulletin du Bibliophile de 1837; 
Douet d'Arcq, Notice sur la bibliotheque de Jean due de Berry en 14^6, 
dans la Revue arche'ologique, t. VII, i85o, p. 145-168 et 224-233; Hiver 
de Beauvoir, la Librairie de Jehan due de Berry au chateau de Mehun-sur- 
Yevre en 1416, in-S", i860). — II suffira de renvoyer, sur chaque article de 
notre inventaire, au catalogue methodique dresse par M. Delisle, t. Ill, 
p. 170 et suivantes, en faisant observer une fois pour toutes : 1° que I'in- 
ventaire des Archives est designe dans le Cabinet des manuscrits par la 
lettre B, et que celui de 140 1 auquel nous avons assigne la lettre B porte 
au contraire la lettre A chez M. Delisle; 2° que les numeros de notre inven- 
taire ne correspondent pas a ceux du Cabinet des manuscrits. Voici la cause 
de cette divergence. Naguere, les articles de I'lnventaire des Archives 
n'etaient pas numerotes; seuls, les livres avaient refu des numeros. C'est 
ainsi que le present article 85o -repond a B, n° i de M. Delisle, 85 1 a B, 
n" 2, et ainsi de suite jusqu'a I'article 1006 qui correspond au n° 07. Quant 
aux manuscrits numerotes chez M. Delisle i58, iSg, etc., ils se retrouvent 
aux articles 1228 et suivants de la presente publication jusqu'au n° i25i, der- 
nier de I'inventaire (n" 181 du Cabinet des manuscrits). 

(2)Voy. Cabinet des manuscrits, t. Ill, p. 180 (n" 108). Dans un article sur 
les livres d' Heures du due de Berry {Gazette des Beaux-Arts, 1884, I, 
p. 282), M. Delisle, apres avoir releve le nom de J. Pucelle au bas de cer- 
taines pages du Breviaire de Belleville (Voy. ci-dessous n" 963), suppose 
que les Heures de Pucelle avaient peut-etre re?u leur nom du miniaturiste 
charge de les decorer. 



224 LIVRES DES INVENTAIRES [fol. l3l] 

85 I. Item, unes tres belles //ez/re^ (i), contenantpluseurs Heu- 
res et commemoracions de Dieu et de ses sains, au commance- 
ment desquelles est le kalendreer tres richement historie des 
epistres de saint Pol, de Tancien et nouvel- Testament et, apres 
sont pluseurs enseignemens, escripz en fran^ois, de bien et hon- 
nestement vivre selon Dieu; et lesquelles Heures sont tres riche- 
ment historiees en pluseurs lieux, et mesmement au commance- 
ment des Heures de Nostre-Dame, d'une Annunciacion et de 
pluseurs appostres alentour, et en la tin a une oroison escripte 
en latin, qui se commance sancta crux; et souloient estre cou- 
vertes d'un satin bleu, double d'un tiercelin vermeil (2), et a pre- 
sent sont couvertes de drap de damas violet, garnie de deux fer- 
mouers d'or a deux ours tenant les armes de Monseigneur, assis 
sur tixuz noirs, semez de treflez d'or; et est le pipe (3) desdictes 
Heures d'or, esmaillee aux armes de Monseigneur, garnie de 
deux perles, et ou milieu un balay longuet. 

Date fuerunt per dominum Ducem Bicturicensem et per ejus litteras datas 
XXVIII" die mail M CCCC XVI", uxori dicti Robineti de Stampis, hie redditas. 
Et sit quietus hie idem Robinetus. 

[B, 11° 172.] 

852. Item, un petit livre (4) convert de cuir, ou il a pluseurs 
figures de papes, avecques aucunes propheties d'eulx, 

[B, 11° 3 II. — S G, n° 1079; prise xxv sous t.] 

853. Item, une tres belle Bible en fran^ois (5), escripte de let- 
tre de fourme (6), tres richement historiee au commancement. 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 179 (no 102). Bibl. Nat., fonds latin n" 18014. 
Sur ce manuscrit qui ne contient pas moins de cent treize miniatures d'une 
remarquable execution, mais sans les attributs ordinaires du due (ours, 
eigne, initiales VE), il faut consulter Particle de M. Delisle cite dans la note 
precedente {Ga:^ette des Beaux-Arts, 1884, I, 397-399). 

(2) C'est la couverture qu'elles ont dans I'lnventaire B, c'est-a-dire en 1402. 

(3) La pipe est une tige de metal, parfois ornee de pierres precieuses, a 
laquellc s'attachent les signets ou signaux. 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n» 222). 

(5) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n° 7). Bibl. Nat., fonds franfais, n^ 20090. 

(6) Get article et les suivants renferment un certain nombre de termes 
techniques servant a caracteriser les divers types d'ecriture au debut du 
XV' siecle. La lettre de forme ou de fourme, (n° 853) est la gothique soignee 
des manuscrits (Voy. Littre, au mot Lettre, n" 3). La lettre boulonnaise 



LIVRES DES INVENTAIRES [fol. l3l vo] 225 

garnie de quatre fermouers d'or, es deux desquelx a deux balais 
et es deux autres deux saphirs, en chascun deu^t perles, esmaillez 
des amies de France; et, au bouz des tirans, en chascun, un bouton 
de perles, et sur ie tixu d'un chascun, petites flours de lis d'or 
clouecs; et y a une pipe de deux testes de serpent garnie de sei- 
gnaulx. 

Iste due partes, cum ii"'"" aliis partihus in pagina sequent! [852-855], red- 
dite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et sic de cisdem 
idem Robinetus acquittatur hie. 

[B, n° gSo. — S G, n" 455; prise in liv. t.] 

854. Item, une autre Bible en frangois (i), escripte de leltre 
fran9oise, tres richement historiee au commancement, laquelle 
donna a Monseigneur Raolet d'Actonville (2), garnie de nii fer- 
mouers d'argent dorez, en chascun un ymaige esmaillee des 
iiii euvangelistes; et sont les tixuz de soye vert; et dessus Tune 
des aiz a un cadran d'argent dore, et les douze signes alenviron, 
et dessus I'autre aiz un astralabe avecques pluseurs escriptures. 

[B, n" 952. — S G, n" 456; prise u'l liv. t.] 

855. Item, un tres hel Decret (3), escriptde lettre boulonnoise, 
tres richement historic au commancement d'ymaiges romains. 



(n° 855), tire son nom de Bologne ; c'est Vitcilique qui a servi de modele 
pour les premiers caracteres mobiles d'imprimerie. La lettre de court 
(n° SSg) ou lettre courant (no 924), est la cursive employee pour les chartes 
et actes de chancellerie. La lettre gascoigne (n° 902) ou gasconne, designe- 
rait I'ecriture du midi de la France, peut-etre par opposition a la lettre 
fran(;aise (n° 854). Enfin la lettre ronde (n" 926) rappelerait, d'apres Du 
Cange, la forme de I'ancienne onciale, mais dans des proportions reduites. 
Seuls, des exemples pourraient faire apprecier les nuances souvent tres 
delicates qui distinguent ces difterents caracteres. 

(i) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n" 9). Bibl. Nat., fends frangais, 
no 159. 

(2) Raoulet d'Auquetonville, seigneur de Belleval, ecuyer d'ecurie du Roi 
des iSgo, puis I'un des generaux conseillers sur le fait des aides en Lan- 
guedoc en 140 1, (Arch. Nat., K 27, n» 33), avait joue un role capital dans 
I'assassinat du due d'Orleans. Monstrelet dit a son sujet (t. I, p. i58): 
« Et fut Ie principal conducteur de ce cruel homicide ung nomme Raoulet 
d'Actonville, de nation Normant, auquel paravant le due d'Orleans avoit 
fait oster I'otfice des generaulx, duquel Ie Roy I'avoit pourveu a la priere 
du due Philippe de Bourgongne ». 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n" i38). 

i5 



226 LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 3 2] 

garnie de iiii fermouers d'argent aux armes de Monseigneur; 
couvert d'un drap de soye bleu, double de tiercelin vermeil. 

[B, n° 953. — S G, n" 457; prise cxxv liv. t.] 

856. Item, un livre de Titc Live (i), tres richement historie 
au commancement de la fundacion de la cite de Romme; couvert 
de veluiau vermeil, fermant a iiii fermouers d'argent dore, 
esmaillez d'une flour de bourrache; et les tixuz a marguerites. 

Dictus Robinelus acquittatur de isto libro, ut supra. 
[B, n° gSg. • — S G, n" 458; prise cxxv liv. t.] 

857. Item, un livre en Francois, des vii Planetcs (2), autrement 

magique, historie en pluseurs lieux, et au commancement un 

Couronnement de Dieu et Nostre Dame d'enlumineure; couvert 

de cuir empraint, a nii fermouers d'argent dorcz, esmailliez aux 

armes de Monseigneur. 

Redditus fuit per dictum Robinetum Parisius executoribus ; et sic de 
eodem acquittatur. 

[B, n° 969. — S G, 11° ii63; prise l liv. t.] 

858. Item, un autre livre en fran^ois, appelle Ranconnal (3), 
historie au commancement d'un pape, de I'eglise et de la syna- 
gogue; couvert de cuir rouge empraint, a deux fermouers d'ar- 
gent, dorez, esmaillez d'une Annunciation. 

Ista pars cum parte sequenti reddite fuerunt Parisius per dictum Robine- 
tum executoribus, ut supra. 

[B, n° 970. — S G, n° 459; prise l liv. t.] 

859. Item, un livre appelle Ovide, Methamorphoieos '4), escript 
en fran9ois,de lettre de court, et glose en pluseurs lieux; couvert 
de cuir vermeil empraint, et fermant a ini fermouers de cuivre. 

[B, 972. — S G, n" 460.] 

860. Item, le livre de Machaut (5), garni de deux fermouers 
d'argent dorez, et deux tixuz de soye vermeille; couvert de cuir 
vermeil empraint. 

K. — Datus fuit duci Clarencie per mandatum super prima parte lxix 

(1) Cab. dcs man., t. Ill, p. 189 (n" 233). Bibl. Nat., fonds tVancais, n" 2G3. 

(2) Cab. dcs man., t. Ill, p. i85 (n° 180). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 174 (11° 43). Bibl. Nat., fonds fran^ais, n" 17G. 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 267). Bibl. Nat., fonds frans:ais, n° 373. 

(5) Cab. dcs man., t. Ill, p. 193 (n° 282). 



LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 3 3] 22^ 

folii hujus compoti traditum; virtute cujus dictus Robinetus acquittatur hie 
de eodem. 
[B, 973.] 

86 1. Item, un livre de Suetoyne (i), autrement nomme 
Liican, escript en frangoys, commen^ant au livre de Genesis, et 
fenyssant au livre de Lucan et a la mort de Julius Cesar; couvert 
de cuir vermeil empraint, et fermant a deux fermouers d'argent, 
esmaillez aux armes de Monseigneur, sur deux tixuz de soye 
vert. 

[B, n* 974. — S G, n° 4G1 ; prise xxx liv. t.] 

862. Item, un livre des Truis Maries (2) et de leur saincte 
lignee, escript en fran^oys, de lettre de court, et au commance- 
ment historie d'elles et de leurs mariz; couvert de cuir vermeil 
empraint, et fermant a ini fermouers de cuivre sur cuir. 

Iste due partes, cum u'"" aliis partibus in alia pagina sequenti [861-864], 
reddite fucrunt Parisius per dictum Robiuetum executoribus. Et ideo idem 
Robinetus acquittatur hie. 

[B, n° 976. — • S G, n" 1080; prise x liv. t.] 

863. Item, un livre escript en fran^ois, tres notablement 
historie en pluseurs lieux, des Croniques de France (3), ou pre- 
mier fueillet [un escu (4)] aux armes de feu monseigneur Aymeri 
de Rochechouart (5) ; couvert de cuir empraint, et fermant a ini 
fermouers de cuivre; et y fault deux fermouers. 

[B, n° 980. — S G, n" 462 ; prise c liv. t.] 

864. Item, un livre de la Cite de Dieu (6), translate en francjoys, 
fenissant au x= livre inclus, oili deffaillent les histoires et grans 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n* 232). Bibl. Nat., fonds fran?ais,n° 246. 
L'inventaire B appelle I'auteur « Suytoynne. » 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n° 21 3). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n« 240). Bibl. Nat., fonds frangais, n" 2608. 

(4) Invent. B, n" 980. 

(5) Les armes des vicomtes de Rochechouart sont fasce onde d'argent 
et de gueules de six pieces. D'apres le Pere Anselme (tome IV, p. 65 1), le 
dernier des vicomtes de Rochechouart ayant re^u le nom d'Aymeri serait 
Aymeri XI, mort en i3o6. Cependant il cite un de ses descendants vivant 
en 1 353 et portant le nom d'xVymeri; mais celui-ci, n'ctant pas I'aine de la 
famiile, avait pris les armes de Chabanais et Confoians. 

(G) Cab. des man., t. Ill, p. iSi (n" 118). 



228 LIVRF.S I)i:S INVENTAIRES [fol. I 33 V"] 

lettres; couvert de cuir vermeil empraint, et fermant a deux fer- 
mouers de cuivre; et n'y a aucuns clos. 

[B, n" q8i. — S G, n° 1081 ; prise xxxi liv. v sous t.] 

865. Item, un autre livre de la Cite de Dieu (i), translate en 
frani^oys, commaiKjant al xr' livre, et y faillent les histoires et 
grans lettres; couvert de cuir paraillement comme I'autre pre- 
cedent. 

[B, n° 982. — S G, n° 1082; prise xxxi liv. v sous t.] 

866. Item, un livre escript en franijoys rime, de la Destruc- 
tion de Troye (2), couvert de cuir hlanc, a deux fermouers de 

cuivre. 

[B, 11° 985. — S G, no 4(53; prise l sous t.] 

867. Item, un autre livre en latin, escript de lettre boulon- 
noise, appelle le Livre des proiiffii ruraulx (3j; couveri: de cuir 
Jaune, a deux petis fermouers de cuivre, et sur chascune aiz a 
v petis bouUons. 

[B, 986.] 

868. Item, un autre livre, des Di^ des philosophes (4), de la Vie 
de phiseurs sains, avec le Bestiaire; couvert de cuir vermeil 
empraint, a ini fermouers de cuivre et tixus de fil. 

Iste quatuor partes accolate [863-868] reddite fuerunt Parisius per dictum 
Robinetum executoribus, ut supra. 

[B, n° 988. — S G, n« 464; prise xii liv. x sous t.] 

869. Item, un autre livre, appelle le Livre des Roys (5), selon la 
Bible, commandant au pere Samuel; couvert de cuir vermeil 
empraint, a deux fermouers de cuivre qui ont testes de serpent, 
et les tixus de soye, dorez par dessus. 

[B, n° 989. — S G, no ioS3; prise c sous t.] 

870. Item, un autre livre, appelle le Livre dii Tresor (6), hys- 



(i) Cab. des man., t. ill, p. 181 (n° 118). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n- 229). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° i86). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n» 169). 

(5) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (no 17). 

(6) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n<> 147). Bibl. Nat., fonds frauv'ais, n" 568. 



LIVRES DES INVKNTAIRES [fol. I 34 vo] 229 

toriti au commancement de la Creation du monde, escript de 
lettre de court; convert de cuir vermeil empraint, et de deux fcr- 
mouers de cuivre; et sur les aiz n'a aucuns clos. 
[B, n" 990. — S G, n" 466; prise c sous t.] 

871. Item, un autre livre escript et note de Lai^ anciens (i); 
couvert d'un cuir vermeil tout plain, a deux fermouers de cuivre. 
Iste trcs partes reddite fuerunt, ut supra. 
[B, n" 991. — ■ S G, n° 1084; prise l sous t.] 

873. Item, un livre de Francois Petrarque (2), des Remedes de 
I'line et de V autre fortune, translate en francoys; couvert de 
veluiau vermeil, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez aux 
amies de Monseigneur et de monseigneur d'Orleans. 

Iste liber traditus et rcdditus fuit Parisius per dictum Robinetum execu- 
toribus. Et ideo de eodem idem Robinetus acquittatur. 

[B, n° 994. — S G, a" 5G2 ; prise xxx liv. t.] 

873. Item, un livre escript en frangois, de lettre de fourme, 
d'Ovide, Metamorpho^eos (3); couvert de cuir vermeil empraint, 
a deux fermouers d'argent dorez, touz plains, et les tixuz de soye 
vermeille. 

[B, n° 993. — S G, n" io85; prise xxx liv. t.] 

874. Item, un livre nomme Pontifical (4), escript de tres grosse 
lettre, pour sacrer roys, emperieres, arcevesques et evesques; 
couvert d'un drap de soye azuree, double d'un tiercelin, a deux 
fermouers d'argent dorez, aux amies de Monseigneur. 

[B, n" 997. — S G, n° 466; prise xv liv. t.] 

875. Item, un livre de Regnart (5), et pluseurs autres livres 
dedens; couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de 
cuivre, et est la corroye desdiz fermouers de cuir vermeil tout 
plain. 



(i) Cab. desman., t. Ill, p. 192 (11° 274). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n" 171). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 266). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 178 (n-go). Bibl. Nat., fonds latin, n" 8886. 

(5) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 273). C'est le Roman du Renard, alors 
tres populaire. On en trouve de nombreuses copies dans les bibliotheques 
de Charles V et de Charles VI. 



23o LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 35 V°] 

Iste trcs partes accolate [873-875] rcdditc fucrunt Parisius per dictum 
Robinetum exccutoribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus. 
[B, n° 998. — S G, 11" 467; prise l sous t.] 

876. Item, un tres bel livre de la Legcnde dore'c (i), historic au 
commancement et en pluseurs autres lieux tres richcment; con- 
vert de drap de soye vermeil, double de tiercelin, a deux fer- 
mouers d'argent dorez, esmaillcz de saint Jehan et saint Jaques. 

[B, n" 1000. — S G, n" 468; prise i.xxv liv. t.] 

877. Item, un livre en frangois, de VAristotc (2), appelle Du 
del et du monde; convert d'un drap de soye ouvre, double d'un 
viez cendal, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez aux 
arnies de Monseigneur, assis sur tixuz de soye vermeille. 

[B, n" ioo3. — S G, n" 469; prise xii liv. x s. t.] 

878. Item, un livre du Goiivernement des Roys (3), en fran9oys, 
qui se commance : regnabit rex et sapiens erit, historic au com- 
mancement d'un roy estant en une chaiere et de pluseurs per- 
sonnaiges estans a ses piez; convert d'un cuir vermeil empraint, 
a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez aux amies de Mon- 
seigneur, et sont faiz les tixuz a fleurs de lis d'or de Chippre. 

Iste tres partes [876-878] reddite fuerunt ut supra. Et ideo acquittatur 
hie idem Robinetus. 

[B, n" 1004. — S G, 11" 470; prise xii liv. x sous t.] 

879. Item, un livre en francoys, appelle le Livre de I'empe- 
reur ce7e.y?e (4), historic au commancement deDieu,Nostre Dame 
et de pluseurs sains, et d'une femme escripvant en une chaiere, 
et au dessoubz les armes de monseigneur d'Orleans; couvert de 
veluiau vermeil, a deux fermouers esmaillez aux armes de Mon- 
seigneur et de monseigneur d'Orleans. 

[B, n" ioo5. — S G, n" io8(j; prise xv liv. t.] 

880. Item, un petit livre en francoys, appelle le Livre de divi- 
nacion (5^, historic au commancement d'un due scant en une 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 18.S (n" 211). 

(2) Cab. des man., t. HI, p. i.S3 (n" 134). Bibl. Nat., fonds t'ran,;ais, n"' 565 
ou 1082. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. i<S4 (n" 166). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (11° i35). 

(5) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n° 178). 



LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 36] 23 I 

chaiere et d'un docteur qui lui presente un livre; convert d'un 
veluiau vermeil double de cendal, fermant a deux fermouers d'or, 
esmaillez aux armes de Monseigneur, et tixus de soye, et aux 
bouz deux gros boutons de perles, et en la pipe a deux perles. 
[B, n" 1006. — S G, n" 1087; prise xxvii liv. x sous t.] 

881. Item, un livre en Francois, des Loiianges de saint Jehan 
eiivangeliste (i), historie en pluseurs lieux, et au commance- 
ment a un escu des armes feue madamc la Duchesse ; convert 
d'un drap de soye sur bleu, garni a fermouez d'argent dorez, 
esmaillez auxdictes armes, et tixuz de soye bleue. 

Iste tres partes [879-881] reddite fuerunt, ut supra. 
[B, n° 1009. — S G, n" 1088; prise c sous t.] 

882. Item, un P.saiilticr (2), bien ancien, historie le kalendrier 
et ailleurs en plusieurs lieux, qui fu de saint Thomas de Con- 
turbiere, ou il a deux petis fermouers d'argent blanc; con- 
vert de veluiau violet. 

[B, n" 1 010. — S G, n" 471 ; prise iiii liv. t.] 

883. Item, un livre du Songe dii prieitr d'Assalon (3) sur le 
fait du scisme de I'Eglise (4); ou premier fueillet a un escu des 
armes de Monseigneur; convert de cuir vermeil empraint, a deux 
fermouers d'argent dorez, a deux tixuz de soye noire. 

[B, 11° loi I. — S G, n" 1089; prise l sous t.] 

884. Item, un livre appelle le Livre des escha^ (5), en franyoys, 
escript de lettre de court, historie au commancement d'un roy 
scant en une chaiere et d'un religieux (6) qui lui presente un 
livre ; couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de 
cuivre. 

(i) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n° 216). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 173 (n° ig). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (11° 22 5). 

(4) L'apparition de Jehan de Menu ou le Songe du Prieur de Salon, par 
Honorc Bonnet, prieur de Salon, a ete publiee par M. le baron Jerome 
Pichon (Paris, Silvestre, 1845, pet. in-4°, fig.). Get ouvrage se trouve aussi 
mentionne dans VInventaire de la bibliotlieque de Cliarles VI fait au Lou- 
vre par ordre du Regent en 1423 (Paris, Lahure, Societe des Bibliophiles, 
1867, n" 211). 

(5) Cab. desman., t. Ill, p. i85 (n" 172). 

(6) « A genolz » dans I'lnventaire B. 



232 LIVRES DES INVENTAIRKS [fol. l2>y] 

Istc tres partes accolate [882-884] reddile fuerunt per dictuni Robinetum 
Parisius executoribus. Et sic idem Robinetus de eisdem acquittatur hie. 
[B, n° 1012. — S G, 11"= 472 ; prise lxxv sous t.] 

885. Item, un livrc en frani;oys, escript dc lettre de court, 
appelle le Livre des Omelies saint Gregoire f i j, historie en aucuns 
lieux; convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de 
cuivre. 

[B, n" ioi3. — S G, n° 470 ; prise c sous t.] 

886. Item, un livre en fran9oys, escript de lettre de court, 
nomme le Livre du dyalogiie saint Gregoire (2) ; couvert et garni 
comme le precedent. 

[B, n" 1014. — S G, n" 474; prise lxxv sous t.] 

887. Item, un livre en latin (3), de pluseurs lettres closes en- 
voiees par le Roy sur le fait du scisme de Teglise, et de la Relation 
dii prieiir d'Absalon (4I ; couvert de cuir vermeil et fermant 
comme les dessus nommez. 

Rcdditc fuerunt ut supra [880-887]. 

[B, n" 10 1 5. — S G, n° 1090; prise xii sous vi deniers t.] 

888. Item, un livre appelle les Croniques d'Angleterre (5\ 
escript en mauvais francoys, de lettre de court; couvert de cuir 
fauve, a deux petiz fermouers de laton. 

[B, n" 1017. — S G, n" loqi ; prise xxx sous t.] 

889. Item, un autre livre en francoys, escript de lettre de 
fourme, des Epistres et Eiivangiles de toute Tannee i6i, historie 
en pluseurs lieux; couvert de cuir vermeil empraint, a deuxpetis 
fermouers de cuivre et seignaux de pluseurs soyes. 

[B, n" 1018. — ■ S G, n" 473; prise c sous t.] 

890. Item, un petit livre en francoys (7), escript de lettre de 
court, du Gouvernement des Roj^s et des princes, appelle le Secret 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (n" i23). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (n" 122). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (u" 223). 

(4) Voy. ci-dessus le n" 883, note 4. 

(5) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 25 1). 

(6) Cab. des man., t. Ill, p. 177 (n" 80). 

(7) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (n" 164). 



LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I 37 V^] 233 

des secre\, que fist Aristote ; couvert de cuir vert, a deux fer- 
mouers de laton. 

[B, n- I022. — S G, n" 476; prise x sous t.] 

891. Item, un Hvre en frangoys, escript de lettre de court, 
appele le Livre de spera (i); couvert de cuir vert comnie le pre- 
cedant. 

Reddite fuerunt per dictum Robinetum, ut supra [888-891]. 
[B, n" 1023. — S G, n" 1092; prise xxv sous t.] L'inventaire S G ajoute 
a la fin de cet article : " a deux fermoers de laton. » 

892. Item, un petit livre, escript de grosse lettre et note en 
aucuns lieux, du Sacre du rojr de France (2) ; couvert de viez 
cuir blanc, sanz fermouers. 

[B, n" io3i. — S G, n° 1287; non prise, lequel est en I'ostel de Thevenin 
de Bon Puis,et est ordonne estre mis en la librairie duRoy, comme Ten dit.] 

893. Item, un livre en francoys, nomme le Livre du gouver- 
nement des roys et des princes (3i, historic au commancement 
d'un roy et d'un religieux qui lui presente un livre. 

[B, n" io32. — S G, n" 1093 ; prise lxii sous vi deniers t.] 

894. Item, un autre semblable livre et de semblable matiere 
comme le precedant (4), qui fu de feu monseigneur d'Estam- 
pes; couvert d'un cuir vermeil empraint, et sont v clos sur chas- 
cune aiz. 

[B, n" io33. — S G, n' 477; prise l sous t.] 

895. Item, un livre de V Appocalipse (5), escript de lettre de 
court, translate en francoys, et y a pluseurs exemples apres; 
couvert de cuir rouge, a deux fermouers de laton. 

Redditi fuerunt ut supra [892-895]. 

[B, n" 1034. — S G, n" 478; prise xxx sous t.] 

896. Item, un livre en fran(;oys, escript de lettre de fourme, 
appelle le Livre de Vegesse et de chevallerie (6), historic au com- 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n° 174). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 178 (n" 91). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (n° 161). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (n° 162). 

(5) Cab. des man., t. Ill, p. 174 (n° 38). 

(6) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° 189). 



234 LIVRES DF-S INVENTAIRES [fol. I 38 V°] 

manccment de trois hommes d'armes, Tun a chcval et deux a 
pie; coLivert de cuir blanc, a deux fermouers de laton. 

[R, a" io35. — S G, n" 470; prise xir sous vi deniers t.] 

807. Item, un petit romans de Miserere mei Dens (i); cou- 

vert comme le prccedant. 

[B, n" io3G. — S G, n° 1094; prise v sous t.] 

898. Item, un petit livre en fran^ois, du pseaume de Eruc- 
tavit (2), non convert, lie entre deux aiz. 

[B, n" 1037. — S. G, 11° 480; prise v sous t.] 

899. Item, un petit livre de VOffice de la Conversion saint 
Pol (3); convert de cuir rouge, a deux fermouers de laton. 

[B, n° io3q. — S G, n" 1288; non prise; lequel est en I'ostel dudit The- 
vcnin de Bon Puis.] 

900. Item, un autre petit livre de la Vie saint Germain d'Au- 
cerre et de ses miracles (4), translate en francoys; convert de 
cuir fauve, sanz aiz. 

Iste quinque partes accolate [896-goo] rcddite fucrunt per dictum Robi- 
nctum Parisius executoribus, ut supra. 
[B, n" 1040. — S G, n" 481 ; prise xv sous t.] 

901. Item, un autre livre de papier, faisant mencion du Pro- 
ces de la canoniiation de Charles de Blois (5); convert de par- 
chemin. 

[B, n° 1042. — S. G, n" 1289;' non prise.] 

902. Item, un petit livre en papier (6), escript de lettre gas- 
coigne. 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n" i3o). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n" i3i). Evuctavit est le premier mot du 
2° verset du psaume XLIV : « Eructavit cor meum verbum bonum : dico ego 
opera mea regi. » Les Peres de FEglise ont vu dans cc psaume une allusion 
au mystere de I'lncarnation et Tont frequemment cite. 

(3) Cab. des man., l. Ill, p. 178 (n" 92). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n" 218). 

(5) Cab. des man., t. Ill, p. 18S (n" 221). Second fils de Gui de Chiitillon, 
I" du nom, comte de Blois, et de Marguerite de Valois, Charles de Blois, 
dit le Saint, naqn'it en i3i9; il epousa, par contrat du 4 juin i 337, Jeanne de 
Brctagne, niece de Jean III, due de Bretagne, qui lui laissa le duche de Bre- 
tagne dent il fit hommage a Philippe de Valois. Charles de Blois perdit la 
vie au combat d'Aurai, le 29 septembre 1364. 

(6) Cab. des man., t. Ill, p. 194 (n° 296). 



LIVRES DES INVENTAIRES [fol. I Sq] 235 

[B, n" 1043. — S G, n" 1290; non prise; Icsquclz sont en I'ostel dudit 
Thevenin du Bon Puis.] 

903. Item, plusieurs quaiers de parchemin, non reliez (i), es- 
crips de lettre de court, de VIstoire de Troye. 

904. Item, pluseurs quaiers de parchemin, non reliez, de la 
Vic ct translacion saint Gildas (2) et du Saint calice de la Cene. 

[B, n" 1044-1045. — S G, n"^ logS-iogG; prises les deux l sous t.] 

905. Item, une Bible [3] abreviee en un grant roolle, riche- 
ment historieeet enluminee, commandant : Hie ineipit prologus. 

[B, n" 1048. — S G, n" 482; prise xii liv. x s. t.] 

906. Item, un Psaultier (4) escript en latin et fran^oys, tres 
richement enlumine, ou il avoit pluseurs histoires au comman- 
cement de la main feu maistre Andre Beaunepveu ; convert d'un 
veluiau vermeil, a deux fermouers d'or, esmaillez aux armes de 

Monseigneur. 
Istc VI partes [901-906J rcdditc fuerunt, ut supra. 
[B, n" 1049. — S G, n" 483; prise c liv. t.] 

907. Item, un Breviere en deux volumes (5i, oi^i il a pluseurs 

histoires de blanc et de noir; couvert d'un drap de soye blanche, 

fermans chascun a deux fermouers d'or, les uns esmaillez aux 

armes d'Orleans, et les autres a ymaiges. 
[B, n" io5i. — S G, n" 484; prise cl liv. t.] 

908. Item, un livre en fran^ois, de VYmaige du monde (6), que 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n° 228). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n" 220). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n" 16). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 173 (n" 3o). Bibl. Nat., fonds frani;:ais, n" i3o9i. 
Les 24 graudes miniatures qui ornent les premiers feuillets de ce manuscrit 
sont un des chefs-d'oeuvre de Tart au xiv siecle. Andre Beauneveu, peintre 
et imagier, fut employe des 1364 aux tombeaux de Saint-Denis (Delisle, 
Mandements de Charles V et Cab. desman., t. I, p. 62, note 8). On voit par 
notre inventaire que Beauneveu, qui vivait encore en 1401, mourut avant la 
redaction de I'inventaire de 141 3. (Cf. Delisle, Melanges de paleographie ct 
de bibliographie, p. 297, 298, et Gazette des Beaux- Arts, t. XXVI, 1884, 
p. 392-393). Froissart (liv. IV, ch. xiv) met Beauneveu au premier rang des 
artistes de son temps et fait mention des travaux donl il etait charge pour 
le due de Berry. 

(5) Cab. desman., t. Ill, p. ijb (n" 5i). 

(6) Cab. desman,, t. Ill, p. 182 (n" 141). Bibl. Nat., fonds fran^ais, n° 574. 



236 LIVRES DES INVENTAIRES [fol. l39 V^] 

fist maistre Gossevin, historic en pluscurs lieux; convert de cuir 
vermeil cmpraint, a deux tixuz de soyc noire, et deux fermouers 
d'argent aux amies de Revel. 

[B, n" 1064. — S G, n° 485; prise xxii liv. x sous t.] 

909. Deux grans livrcs de Magique (i), escrips en espaignol, 
Tun convert d'une pel rouge, et Tautre d'une blanche pel, sanz 

aiz. 

Iste trcs partes [907-909] redditc fucrunt per dictum Robinctum , ul 
supra. 

[B, n" io65. — S G, n° 1291 ; Icsquclz maistre Arnoul Belin a euz comme 
Ten dit.l 



LeS AUTRES LIVRES QUE MONDIT SeIGNELR A EUZ DEPUIS LEDIT 
INVENTOIRE, TANT PAR ACHAT (2) COMME PAR DON, ET AUTREMENT. 

Et PREMIEREMENT s'eNSUIVENT LES LIVRES DECLAIREZ EN DEUX 
CHAPITRES, l'uN COMMANCANT OU II'^ XXXVII^ ET l'aUTRE OU 11 = 
XXXVIIie FUEILLEZ DU LIVRE DES COMPTES PRECEDENS. 

910. Item, un livre des Histoires de Troye, d'Alixandre et 
des Romains (3), ouquel fault le commancement, lequel fu du 
Roy; et au commancement du second fueillet a escript : etfait; 
et est convert de cuir vert, fermant a deux fermouers de laton. 

911. Item, un grant livre de Valerius Maximus (4), historie 
et escript de lettre de court; et au commancement du second 
fueillet a escript : iirbis Rome; convert de veluian vermeil, 
garni de nn fermouers d'argent dorez, esmaillez aux armes de 
Monseigneur; lequel sire Jaqnes Conran Ini envoia a estraines 
le premier jour de Janvier I'an mil CCCC et I. 

(i) Cab. desman., I. Ill, p. i85 (n" 179). 

(2) Les manuscrits compris dans ce chapitrc cntrerent dans la collection 
du due de Berry posterieurcment a la redaction de Tinventairc de 1402. 
Aussi aucun d'eux ne figure-t-il sur I'inventaire B. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n" 226). 

(4) Cab, des man., t. Ill, p. 187 (n" 206). Bibl. Nat., fends fran^ais, n" 282. 



LIVRES ACQUIS APRKS 1 40 I [fol. 1 40 V°] 237 

Ista pars, cum duabus partibus sequentibus [911-913], reddite fuerunt per 
dictum Robinetum, ul supra. 
[S G, n" 1097; prise lxxv liv. t.] 

912. Item, un livre de Troye la grant (i), escript en fran^ois, 
de lettre de fourmc; ex. au commancement du second fueillet a 
escript : les parolles; et est couvert de veluiau vermeil, fermanta 
deux fermouers d'argent dorez, roons; lequel fu achate par 
mondit Seigneur de Bureau de Dampmartin, bourgois et chan- 
geur de Paris, ou mois d'avril I'an mil CCCC et II. 

[S G, n" 1098; prise xl liv. t.] 

9 1 3. Item, un grant livre, appelle les Croniqiies de Biir- 
gues (2), escript en fran(;oys, de lettre de court; et au commance- 
ment du second fueillet a escrit : nont mie; et est couvert de ve- 
luiau vermeil, a quatre fermouers, et cinq boullons sur chas- 
cune aiz de cuivre dorez ; lequel fu achate par mondit seigneur 
le Due de Hanequin de Virelay, demourant en rue Neuve Nos- 
tre-Dame, a Paris, ou mois de fcvrier mil CCCC et deux, la 
somme de deux cens escus d'or. 

[S G, n" 4S6; prise c liv. t.] 

914. Item, un livre d'Ovide, Metamorpho\eos (3), escript en 
frangois rime; et au commancement du second fueillet a es- 
cript : de la disputoison ; et est couvert de cuir vermeil empraint, 
a deux fermouers d'argent neellez, et tixuz rouges, garni de plu- 

seurs seignaulx. 

[S G, 11° 487; prise xxv liv. t.] 

915. Item, un livre de Valerius Maximus (4), translate en 
frangois, escript de lettre de court, historic au commancement 
d'un roy et un frere de Tordre de Saint Jehan qui lui presente 
un livre, et d'autres histoires; et au commancement du second 
fueillet a escript : marie ausquielx ; et est couvert de cuir vermeil 
empraint, a deux fermouers d'argent neellez, et tixuz noirs (5). 

[S G, n" 1099; prise xxv liv. t.] 

(i) Cab. des )nan., i. Ill, p. 189 (n° 227). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 191 (n" 253). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 265). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 187 (no 207). 

(5) Get article a cte intercale apres coup sur le registre. 



238 LIVRES ACQUIS APRES 1 40 1 [fol. 141] 

9 1 6. Item, un livre de Titus Livius (i), translate en frangoys, 
escript de lettre de fourme; et au commancement du. second 
fueillet dudit livre a escript : pa)- la maniere; et est convert de 
veluiau vermeil, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez 
chascun d'un personnaige, et sur chascune aiz a v gros bouUons 
dorez, hachiez a flours de bourraiche, garniz d'une pipe d'argent 
doree, a trois flours de bourraiche esrnaillees. 

[S G, n" 1 100; prise cl liv. t.] 

917. Item, un livre des Di\ moraiilx des philosophes (2), es- 
cript en franv'ois, de lettre de court, historic au commancement 
d'enlumineure, et ailleurs de blanc et de noir; et au commance- 
ment du second fueillet a escript : nc sera mie ; convert de cuir 
rouge empraint, a deux petis fermouers de cuivre hachiez, et 
tixuz noirs ; lequel livre mondit Seigneur achata de maistre Re- 
gnault du Montet (3), ou mois de Janvier Fan mil CCCC et trois, 
avec unes Heures de Nostre Dame, qu'il donna a monseigneur 
de Vendosme, et avec un livre de Mandevillc qui (4) donna a 
Jehan Barre, son varlet de chambre, tout ensemble pour le pris 
et somme de nii'^'^ escus d'or. 

[S G, n» 488; prise lxxv sous t.] 

918. Item, un livre, appelle Cy nous dit (5), escript en frangoys, 
de lettre de fourme; et au commancement du second fueillet a 
escript : de la Trinite; couvert de veluiau noir, a deux fermouers 
d'argent dorez, esmaillez a fleurs, et sur chascune aiz v clos de 
cuivre dorez; lequel livre mondit Seigneur achata a Paris, ou 
mois de fevrier I'an dessusdit mil CCCC et III, de Jehan le 



(i) Cab. des man.^ t. Ill, p. 189 (n» 236). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (no 168). 

(3) Regnault du Montet, dont le nom revient plus loin (art. 919 ct 920), 
etait un libraire demeurant dans la rue des Parcheminiers; il fut implique 
dans le proces de trahison intente au chanoine Fusoris (Arch. nat.,LL 188, 
fol. 8 vo) et elargi (fol. 17 v"). Le due de Berry acheta de nombrcux manus- 
crits a cc libraire (Voir la table du present invcntaire ct celle du Cabinet 
des maniiscrits). 

(4) Lisez : « qu'il donna ». 

(5) Cab. des man., t. HI, p. 174 (n" 41). 



LIVRES ACQUIS APRES 1 4O I [fol. I42] 239 

Moustardier, escripvain de fourmc, demourant en ladicte ville de 

Paris. 
Ista pars redditur, ut supra. 
[S G, n" 489; prise xv liv. t.] 

919. Item, un gros volume (i), escript en fran^oys, de lettre de 
court, ouquel sont contenuz les livres qui s'ensuivent : le livre 
des Proprietcs des chases, le livrc de VIstoire de Thebes, le livre 
de VIstoire de Trqye, le livre d'Orose, le livre de Lucan, le Ro- 
tnans de la Rose, le Testament maistre Jehan dc Mehun, le Tre- 
sor et le Testament diidit maistre Jehan de Mehun, Boece, de 
Consolation, Matheole et autrcs livres, et ou derrenier est le 
Viendier Taillevent (2); et au commancement du second fueillet 
dudit volume est escript : en especial; et est convert de cuir 
rouge empraint, a quatre fermouers de cuivre, et v gros boul- 
lons de mesmcs sur chascune aiz; lequel volume mondit Sei- 
gneur achata, ou moys de may mil CCCC et IIII, de maistre 
Regnault du Montet, la somme de ii*^ escus d'or. 

[S G, no 1 101 ; prise lxxv liv. t.] 

920. Item, un grant livre appelle le livre de Lancelot du 
Lac [3], escript en fran^ois, de lettre de fournie, tres bien historic 
au commancement et en pluseurs lieux; et au commancement du 
second fueillet a escript : en la Jin ; et est convert de drap de 
soye vert, a deux fermouers dorez, et sur chascune aiz a v boul- 
lons de cuivre dorez; lequel livre mondit Seigneur achata, ou 
mois de Janvier Tan que dessus mil CCCC et IIII, de maistre 
Regnault du Montet, demourant a Paris, la somme de 01*^ escus 
d'or. 

Iste due partes [919-920] reddite fuerunt, ut supra. 
[S G, n" 490; prise cxxv liv. t.] 

(i). Cab. desman., t. HI, p. i83 (n" 146). 

(2) Taillevent est le pseudonyme de Guillaume Tircl, qui tut sergent 
d'armes de Philippe VI, queux du roi Jean, et ecuyer de cuisine sous 
Charles V et Charles VI. II composa son traite de cuisine ou viandier a 
I'instigation de Charles V, et fut enterre a Hennemont pres de Saint- 
Germain, ou M.le baron J. Pichon a retrouve sa tombe.Le viandier de Tail- 
levent fut imprime en caracteres gothiques vers 1490 (Voy. Cat. des livres 
du baron Pichon, i86q, n°s 271 et 272). 

(3) Cab. des ma>i., t.III,p. 192 (n°2 7o). Bibl. Nat.,fonds fran(;ais,n°' 1 17 a 120. 



240 LIVRF.S ACQUIS APRKS 14OI [fol. 142 V'^] 

92 1 . Item, le tiers volume du Miroiier historial de Vincent (i), 
escript en fran^oys, de lettre de fourme ; et au commance- 
ment du second fueillet a escript: xxiiw livre; ct est couvert de 
cuirblanc; lequel mondit Seigneur achata, le xxi'^ jour dudit 
mois de Janvier, de Colin Beaucousin, la somme de xl escus d'or. 

[S G. n» 1 102 ; prise xxx liv. t.] 

922. Item, un petit livre de VEspere du del et du monde (2), 
escript en franyoys, de lettre courant; et au commancemcnt du 
second fueillet a escript : de I'inequalite des jours; couvert de cuir 
vermeil empraint, fermant a deux fermouers de laton; lequel 
Monseigneur retint pour lui d'une grant quantite de livres qu'il 
achata de Baude de Guy, le xvi'^ jour de decemhre mil CCCC 
et V, et donna lors tant a sa chapelle de Bourges que a pluseurs 
personnes, tout ensemble pour le pris et somme de n™ ii*^ xx 

escus. 

Iste due partes [1)21-922] reddite fucrunt Parisius per dictum Robinetum 
executoribus, ut supra. 

[S G, no I io3; prise l sous t.] 

923. Item, un livre en fran^oys de VEspere du del et du 
monde [3], escript de lettre courant; et au commancemcnt du 
second fueillet a escript : le monde est tout roont, historie en plu- 
seurs lieux, couvert de cuir vermeil empraint, fermant a deux 
fermouers d'argent dorez,tous plains, a deux tixuz de soye noire; 
lequel mondit Seigneur retint pour lui de ladicte grant quantity 
de livres dessusdiz. 

[S G, no 491 ; prise xv liv. t.] 

924. Item, le livre de Titus Livius (4), en trois volumes, escript 
en fran^oys, de lettre courant; et au commancemcnt du second 



(i) Cab. des man., t. HI, p. i-Sy (a" 2u3). 

(2) Cab. des man., t. HI, p. i85 (n" lyS). — C'est le Traite de la Sphere de 
Jean de Sacro Bosco (Voy. Inventaire de la bibliothdque de Charles VI, 
no 58o). Ce livre a ete tres repandu au xiV siecle. On en rencontre au 
moins quatre exemplaires dans la librairie de Charles V {Cab. des man., 
t. HI, p. 142) et plusieurs copies chez le due de Berry. Le livre de Spera 
(no 891 ci-dcssus) est une version latine de cet ouvragc. 

(3) Cab. desman., t. HI, p. i85 (n° 176). 

(4) Cab. des man., t. HI, p. 189 (n" 234). 



LIVRES ACQUIS APRES 1 40 1 [fol. 143] 24! 

fueillet d'un desdiz volumes a escript : le consul fu occis;et au 
commancement du second fueillet de I'autre volume a escripT : 
de la destruction ; et au commancement du second fueillet du 
tiers volume a escript : seroient; couvers de cuir vermeil em- 
praint, fermant chascune volume de deux fermouers d'argent 
dorcz, tons plains, a deux tixus de soye vermeille; lequel livre 
mondit Seigneur a semblablement retenu. 

Reddite fuerunt per dictum Robiuctum, ut supra [923-924]. 

[S G, 11° 492; prise lxxvi liv. t.] 

925. Item, un livre en fran9oys (i) qui parle que les Gregoys 
devindrent et oili il alerent apres la grant destruction de Troye, 
escript de lettre courant ; et au commancement du second fueillet 
a escript : /'oz/r Troye restaurer, historic au commancement; 
convert de cuir vermeil empraint, fermant a deux fermouers 
d'argent dorez, a deux tixuz de soye vermeille, et sur chascune 
aiz a V petis clos d'argent dorez, en maniere d'estoilles; lequel 
livre mondit Seigneur retint pour lui comme dessus. 

[S G, n" 493; prise xv liv. t.] 

926. Item, la Bible en un volume (2), escripte en fran^oys, de 
lettre roonde, historiee en pluseurs lieux tres richement, et au 
commancement de la Trinitie, Nostre Dame en son trosne et 
pluseurs angels et patriarches; et au commancement du second 
fueillet a escript : comme fait lajournee; convert de veluiau ver- 
meil, fermant a quatre fermouers d'argent dorez, esmaillez ou 
milieu, a chascun un tixu de soye bleue. 

Iste due partes [925-926] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, 
ut supra. 

[S G, n° 494; prise in" lxxv liv. t.] 

927. Item, un livre de la Cite de Dieu (3), escript en frangoys, 
de lettre roonde; et au commancement du second fueillet a 
escript : pluseurs ont iisurpe, tres richement historic au com- 
mancement et en pluseurs lieux; couveri; de veluiau vermeil et 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n" 23 1). Bibl. nat., fonds fran^ais n" 256. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n° 11). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n" 116). 

16 



242 LIVRKS ACQUIS APRES I4OI [fol. 1 44] 

fermant a quatre fermouers d'argent dorez, en chascun uii tixu 
de soye bleue, et sur chascune aiz a v clos roons d'argent dorez. 
[S G, n° 495; prise 11° liv. t.] 

928. Item, un livre du pelerinaigc du corps et de Tame, appelle 
le Pelerin (i), escript en fran^oys, de lettre courant, historic 
au commancement et en pluseurs lieux de blanc et de noir; et au 
commancement du second fueillet a escript : dedens lui et lame; 
convert de cuir vermeil empraint, fermant a deux fermouers 
d'argent blanc, a deux tixus de soye noire. 

Reddite fuerunt, ut supra [927-928]. 
[S G, 11° 496; prise xl liv. t.] 

929. Item, un livre appelle le Livre Goddeffroy de Boiillon (2), 
qui parle du passaige d'oultremer et du conquest de la Terre 
saincte, escript en fran^oys, de vieille lettre de fourme; et au 
commancement du second fueillet a q?>cv\^x : penticrs et fist; 
convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de cuivre, 
et sur chascune aiz v boullons de mesmes. Lequel livre, avec plu- 
seurs autres livres declairez en la ni-^ partie du 11'-' xlii= fueillet du 
livre des comptes precedens dudit Robinet d'Estampes, mondit 
Seigneur achata a Paris, le xxvii= Jour d'aoust mil CCGG et V, 
de Bureau de Dampmartin, tout ensemble pour le pris ci somme 
de n™ XXV livres tournois. 

Redditus fuit per dictum Robinetum Parisius executoribus, ut supra. 
[S G, 11" 497; prise xx liv. t.] 

930. Item, le Romans de I'limain voyage de vie humaine (3j 
qui est expose sur le Romans de la Rose, escript en fran^ois, de 
lettre de fourme, tres bien historie ; et au commancement du 
second fueillet a escript : de gent de toiite maniere;et est couvert 
de cuir vermeil empraint, a deux fermouers d'argent blanc, oil il 
a en I'un une Annunciacion, et en I'autre saint Pierre et saint Pol ; 
et par dessus a unc chemise de toille blanche ; lequel livre 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (11° 280). Bihl. Nat., tbnds fran^ais, 11° 829. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 191 (n° 255). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (ii" 278). 



LIVRES ACQUIS APRES 1 40 I [fol. 1 45] 243 

mondit Seigneur achata de Baude de Guy, marchant, demourant 
a Paris. 

Datus fuit per dominum Ducein Bernardo d'Armignac, filio domini comitis 
Armigniaci, constabulario Francie, prout constat per litteras domini Diicis 
datas xxviii" die maii M CCCC XVI", hie redditas. Et sic acquittatur hie 
idem Robinctus. 

93 1, hem, d'unes tres belles Heures de Nostre Dame (i), 
escriptes de grosse lettre de fourme, declaireesou ii^ xliii« fueillet 
du livre desdiz comptes precedeiis, est deschargie et acquictie 
ledit Robinet d'Estampesdesdictes Heures, sanz la pipe d'icelles, 
pour les causes contenues en la correction faicte sur la partie 
desdictes Heures; pour ce icy seulement une pipe faicte d'un 
fermail d'or, garnie d'un fin balay ou milieu, pesant xx caraz, et 
iiiiperles fines roondes entour, pesant chascune nii caraz; lequel 
fermail mondit Seigneur retint pour mectre esdictes Heures de 
pluseurs joyaulx et autres choses que Barthelemy Rust, mar- 
chant, demourant a Paris, lui vendi et delivra, tant pour la teste 
et joustes faictes a Bourges le xxi et le xxu"^ jours d'avril I'an 
mil CCCC et cinq apres Pasques, que autrement; et cousta la 
somme de iii'^ xxxvii frans x sous t. 

Ista pars, cum n**"' partibus sequenlibiis [931-933], reddite fuerunt per 
dictum Robinetum Parisius executoribus, ut supra. 
[S G, n° 1292; prise vii" liv. t.] 



AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT 
OU 11'^ XLV<= FUEILLET DUDIT LIVRE. 

932. Item, un petit livre appelle le Livre de long estudei-i), fait 
et compile par une femme appellee Cristine (3), escript de lettre 

(i) Cab. des man., t. Ill, p. 179 (n° io3). — Voy. aussi Gaiette des Beaux- 
Arts, article cite, n" 27. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (n" 286). 

(3) Christine de Pisan, nee a Venise vers i363, conduite de bonne heure 
en France par son pere Thomas de Pisan, conseiller de la republique dc 
Venise, perdit a I'age de vingt-cinq ans, son pere et son mari Etienne Du 
Castel, gentiihomme picard,et dut suffire par son talent a ses besoins et ii 
ceux de ses enfants. Elle dedia nombre de ses ouvrages aux dues de Bour- 
gogne et de Berry, surtout au dernier. Elle mourut vers 143 1. 



244 LIVHES DONNES AU DUG [fol. 1 45 vo] 

de court, historic de hlanc et de noir; couvert de cuir vermeil 
empraint, a deux fermouers de cuivre et tixus noirs ; et au com- 
mancement du second fueillet a escript : de souverain sens; lequel 
livre fu donne a Monseigneur en son hostel de Neelle, a Paris, 
par la dessusdicte Cristine, le xx*^ jours de mars Tan mil CCCC 
et deux, 

[S G, 11" 1 104; prise c sous t.] 

933. Item, un petit livre appelle le Livre de lafleur des histoi- 
res de la tcrre d'Orient (i), escript en frangoys, de lettrede court, 
enlumine et historic en pluseurs lieux; en la fin duquel a un 
autre Livre de toiites les provinces et cite^ de I'universel monde; 
et au commancement du second fueillet a escript : du royaiime; 
couvert de veluiau vermeil, a deux fermouers d'argent dorez, 
esmaillez aux armes de feu monseigneur de Bourgoigne, et sei- 
gnaulx de pluseurs couleurs, et sur chascune ais v bouUons 
d'argent dorez, hachiez; lequel livre mondit seigneur de Bour- 
goigne donna a Monseigneur, a Paris, le xxn^^jour dudit mois de 
mars Tan dessusdit mil CCCC et deux. 

[S G, 11° I io5; prise xx liv. t.] 

934. Item, une belle Bible en deux volumes (2), cscripte en 
fran^oys, de lettre de fourme; et au commancement du tiers 
fueillet du premier volume a escript : les nouvelles fere, et au 
commancement du tiers fueillet du second volume a ee.cript : ini- 
qiiite; couvers tons deux de drap de soye vert, ouvre a oiseaulx, 
double de tiercelin vermeil, et fermans chascun de ini fermouers 
d'or ; et ou premier volume a une pipe d'or, et ou second n'en a 
point; laquelle Bible le Roy donna a monseigneur le Due, a 
Paris, lexxv^jour d'avrilensuivantapres Pasques I'an mil CCCC 
et III. 

Ista pars, cum parte sequenti [934-935], reddite fuerunt Parisius per dic- 
tum Robinetum, ut supra. 

[S G, n" 1 1 06; prise iiii'^ liv. t.] 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. u)i (n" 256). 

(2) Cab. des man.., t. Ill, p. 172 (n" 12). — Le tome I" est au British 
Museum. 



LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 46 V°] 245 

935. Item, un petit livre d'astrologie, en latin (i), ouquel sont 
les quatre elemens et les xii signes figurez et les planetes ; oti il a 
escript au commancement du second fueWlet: nomi nil m itaque; 
convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de cuivre; 
lequel livre I'abbe de Bruges donna a Monseigneur, a Paris, le 
vn= jour de juing Tan dessusdit mil CCCC et III. 

Ut supra. 

[S G, n° 1 107; prise c sous t.] 

936. Item, le Romans de la Rose et le Testament maistre 
Jehan de Mehiin (2), en un volume escript de lettre de court; et au 
commancement du second fueillet a escript : ens en le milieu, et 
est convert de cuir rouge empraint, fermant a deux fermouers 
d'argent dorez, esquels a escript : le Romans de la Rose; et sont 
les tixuz de soye noire, et sur chascune aiz a v boullons d'argent 
dorez; lesquelx Romans et Testamens dessusdiz furent donnez 
a Monseigneur, le vii^ Jour de juillet Fan dessusdit mil CCCC 
et trois, par Tevesque de Chartres, lors son tresorier general. 

Dictum Romancium cum Tcstamcntomagistri Johannis de Magduno datum 
fuit Guillelmo Lurin per mandatum Domini, datum tercia die marcii anno 
M" CCCC" XIII", redditum super penultima parte xxxiii folii hujus compoti. 
Et ideo acquittatur hie di Robinetus de eisdem. 

937. Item, un livre esv pt en frangoys, de lettre de court, de 
VIstoire dc Thebes et de Troye (3) ; et au commancement du 
second fueillet a escript : Edipus qui estoit avec Polibon ; convert 
de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de laton et v boul- 
lons de mesmes sur chascune aiz; lequel livre ledit evesque de 
Chartres donna a mondit Seigneur, I'an et jour dessusdiz. 

[S G, n" 498; prise xv liv. t.] 

938. Item, un Livre de Sydrac (4), escript en fran^oys, de lettre 
de fourme;et au commancement du second fueillet a escript : 
cellui vint; convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers 
d'argent dorez, esmaillez aux armes de Monseigneur, et les tixuz 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n" 177). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n» 276). Bibl. Nat., fonds fran^ais, n" 38o. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 189 (n" 23o). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n° 149). — Sans doute le n' 1 1 1 13 de la 
Bibliotheque de Bruxelles. Ge manuscrit porte la signature du due de Berry. 



246 LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 47] 

de soye noire; et par dessus ledit livre a une chemise de drap de 
soye noir, double de sendal vermeil; lequel livre fu donne a 
Monseigneur a estraines, le premier jour de Janvier Tan mil 
CCCC et III, par messire Guillaume Boisratier, a present arce- 
vesque de Bourges. 

Iste due partes [gSy-pSS] reddite fuerunt Parisius per dictum Rohinetum 
executorihus, ut supra. 

[S G, n" 1 108; prise xx liv. t.] 

939. Item, un livre des Proprie'tes des chases (i), escript en 
fran^oys, de lettre de court ; et au commancement du second 
fueillet a escript : apri's parle; couvert de cuir vermeil empraint, 
a deux ferniouers de cuivre dorez et cinq houUons de mesmes 
sur chascune aiz ; lequel livre les ini secretcres de Monseigneur, 
c'est assavoir maistres Pierre de Gynes, Michiel Le Beuf, Jehan 
de Cande et Erart Moriset lui donnerent, ausdictes estraines 
mil CCCC etIII. 

[S G, n" 499; prise i. liv. t.] 

940. Item, le Livre des femmes nobles et renommees, que fist 
Jehan Bocace (2), escript en fran(;oys, de lettre de fourme; et au 
commancement du second fueillet a escript : la riibrice Ixiij''; 
couvert de veluiau ouvre de pluseurs couleurs, I'ermant a deux 
fermouers d'argent dorez, esmaillez Tun d'un Roy et Tautre 
d'une Royne; et sur chascune aiz a v boullons de cuivre dorez; 
lequel livre Jehan de la Barre donna a Monseigneur, ou mois de 
fevricr ensuivant Tan dessusdit mil CCCC et III. 

Iste due partes, cum ii""" partihus in pagina sequeati [939-942], rcdduntur 
Parisius per dictum Rohinetum executorihus, ut supra. 
[S G, n° 5oo; prise xl liv. t.] 

94! . Item, un bien petiot livret (3), ouquel a pluseurs oroisons 
et commemoracions de sains et de sainctes, au commancement 
duquel est escripte Toroison O intemerata; fermant a deux petis 
fermouers d'or, sanz tixuz; ouquel mondit Seigneur a tait mectre 

(i) Cab. des ma>i., l. Ill, p. iN3 [n- 14b). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. iNS (u" 209). Bib. nat., fonds fran?ais, n" 398. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n° 1 13). — Voy. aussi Gazette des Beaux- 
Arts, article cite, n" 37. 



LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 48] 247 

une pipe d'or, garnie d'un grain de ruby et de deux poinctes de 
dyamens; lequel livre le Roy donna a mondit Seigneur, ou mois 
de may ensuivant Tan mil CCCC et II 1 1. 

[S G, n° 1 1 72 ; prise xii liv. t.] 

942. Item, un livre de la Cite de Dieu (i), en deux volumes, 
escript en fran^oys, de lettre de court, historic en pluseurs lieux; 
et ou commancement du second fueillet du premier volume a 
escript : sains de monseigneur saint Denis, et au commancement 
du second fueillet du second volume a escript : psaiiltiers ; con- 
vert chascun desdiz volumes de veluiau vermeil, a deux fer- 
mouers d'argent dorez, esmaillez aux armes de Monseigneur, et 
une pipe de mesmes, garnie de pluseurs seignaulx; lequel livre 
sire Jaques Courau donna a mondit Seigneur, le xx^ jour de juing 
ensuivant Tan dessusdit mil CCCC et II 1 1. 

Reddite fuenint, ut supra. 
[S G, n" 5oi ; prise c liv. t.] 

943. Item, un livre en fran9oys, des Fai^ et bonnes meiirs du 
saige Roy Charles, V" roy d'icellui nom (2), ou il a escript au 
commancement du second fueillet: ses escuiers; convert de cuir 
vermeil empraint, a deux fermouers et clos de cuivre; lequel 
livre damoiselle Cristine de Pisan donna a mondit Seigneur a 
estrainnes, le premier jour de Janvier Tan mil CCCC et IIII. 

[S G, n° 1 109; prise lxxv sous t.] 

944. Item, un livre en fran9oys appelle le Livre des pro- 
blemes d'Aristote (3), translate ou expose de latin en fran^oys par 
maistre Evrart de Coucy (4), jadiz phizicien du Roy Charles le 
Quint, escript de lettre courant, historic au commancement et 
en pluseurs lieux; et au commancement du second fueillet a 
escript : francoise ; convert de cuir vermeil empraint, fcrmant a 
quatrc fermouers de laton, et sur chascune aiz a v boullons de 
laton; lequel livre fu donne a mondit Seigneur, ou mois de sep- 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (11° 1 19). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 246). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n" i53). 

(4) « Coussy » dans I'lnventaire S G. 



248 LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 49] 

tembre I'an mil CCCC et V, par messire Guillaume Boisratier, 
a present arcevesque de Bourges. 

Iste due partes redditc fucrunt per dictum Rohinctum Parisius, at supra. 

[S G, n" 1 1 10; prise lxxv liv. t.] 

945. Item, trois volumes du Mirouer historial (i ), en francoys, 
escript de lettre boulonnoise; et au commancement du second 
fueillet du premier volume a escript -.paroles come de Genesy de 
la Bible, historie de iii^xx histoires ; et au commancement du 
second fueillet du second volume a escript : esveille-{sil oist gens, * 
ouquel a V^ xni histoires; et au commancement du second 
fueillet du tiers volume a escript : le commancement du regne de 
France, historie de iiii^^ xii histoires; couvers de cuir vermeil 
empraint, fermans chascun volume de iin fermouers de laton. 

[S G, n" mi; prise iiii" lxxv liv. t.] 

946. Item, un livre des Miracles Nostre Dame (21, escript en 

francoys, de lettre dc fourme, et note en aucuns lieux; et au 

commancement du second fueillet a escript : comment que; et est 

couvert de viez veluiau violet, double de tiercelin vermeil; et fer- 

mant a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez aux armes de 

France ; lequel mondit Seigneur a eu du Roy. 
Reddite fuerunt, ut supra [943 et 946]. 
[S G, n° 5o2; prise xxx liv. t.] 

947. Item, un livre <X Ethiques et Polithiqiies (3), en deux 
volumes, escript en frangoys, de lettre de fourme; et au comman- 
cement du second fueillet du premier volume, c'est assavoir 
Ethiques, a escript : ces si comme ; ex au commancement du second 
fueillet de I'autre volume, c'est assavoir Polithiqiies, a escript : et 
ceste commiinite; et sont couvers chascun de veluiau vermeil, a 
deux fermouers d'argent dorez, esmaillez, Tun aux armes de 
Monseigneur, et Tautre aux armes de feu monseigneur d'Or- 
leans qui donna lesdiz deux volumes a mondit Seigneur. 

[S G, n° 5o3 ; prise lxxv liv. t.] 

(i) Cab. des man., t. Ill, p. 187 (11° 202). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n» 214). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. i83 (n" i5i). Le second volume porte le n^QioG 
du fojids fran(;ais, a la Bibliothcque Nationale. 



LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 49 V^] 249 

948. Item, le Livre de laprinse et mort dii roy Richart d'An- 
gleterre (i), escript en francoys rime, de lettre de court, et 
historic en pluseurs lieux; et au commancement du second 
fueillet a escript : qii'il eiist; convert de drap de soye noir, a deux 
fermouers roons d'argent dorez, esmaillez aux armes de France; 
que le feu vidame de Laonnois, en son vivant grant maistre 
d'ostel du Roy, donna a Monseigneur. 

Reddite fuerunt istc due partes [947-948], ut supra. 
[S G, 11" 1 1 12 ; prise vi liv. v snus t.] 

949. Item, le Livre de Vespitre que Othea la deesse envoia a 
Ethor (2), compile par damoiselle Cristine de Pizan, escript en 
frangois, de lettre de court, tres bien historic; et au commance- 
ment du second fueillet a escript •.pour ce le dy ; convert de cuir 
vermeil empraint, a deux fermouers de cuivre et tixus noirs; 
lequel livre ladicte Cristine a donne a mondit Seigneur. 

[S G, n» iii3; prise l sous t.] 

950. Item, un petit livre en latin qui s'adrece a monseigneur 
le Due, compile par Aymeri, abbe de Moisac (3), des Lamen- 
tations de la mort du roy Charlemaigne (4), escript de lettre de 
fourme et historic en pluseurs lieux; et au commancement du 
second fueillet a escript \partibus; convert de cuir vermeil hous- 
sie, et par dessus une chemise de drap de damas noir, double de 
tiercelin vermeil; garni de deux fermouers d'or, ou il a, en I'un, 
un ours, et en I'autre, un eigne, tenant chascun un escu^on esmail- 
lie aux armes de Monseigneur; lequel livre I'evcsque de Saint 
Flour (5) donna a estraines a mondit Seigneur, le premier jourde 
Janvier Tan mil CCCC et V. 

(1) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 252). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (11° 290). 

(3) Aimery de Peyrat, abbe de Moissac de iSyi a 1403, composa plusieurs 
ouvrages, outre celui qui est cite dans cet article, notamment une vie du 
pape Urbain V. (Voy. Gallia Christiana, t. I, col. 170). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 245). 

(5) Gerard ou Geraud du Puy occupa le siege episcopal de Saint-P'Iour de 
1405 a 1414. II succedait a Pierre de Manhac ou de Maignac. La Gallia 
Christiana (II, 426) cite I'hommage du manuscrit sur les lamentations de' 
la mort de Charlemagne, ofFert au due de Berry le i" Janvier 1405 [1406 n, 
st.],comme le premier acte du nouvcl eveque apres son investiture. 



25o IJVRES DONNES AU DUG [fol. I 5o V°] 

Reddite fucrunt ut supra [949-950]. 
[S G, n" 1 1 14; prise xx liv. t.] 

q5i. Item, un autre livre appelle le Tresor de Sapience (i), 
escript en fran^ois, de lettre de court ; et au commancement du 
second fueillet a escript: ^tozY donne';et est convert de cuir rouge 
empraint, a deux fcrmouers de cuivre, et v petis boullons de 
mesmes sur chascune aiz; lequel maistre Gieffroy Robin donna 
a mondit Seigneur, ausdictes estrainnes mil CCCC et V. 

[S G, n° 1 1 15; prise xv liv. t.] 

952. Item, un livre de la Mutacion de Fortune (2), escript en 
fran^oys rime, de lettre de court, compile par une damoiselle 
appellee Cristine de Pizan, historic en aucuns lieux; et au com- 
mancement du second fueillet a escript : travail penible; et est 
convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de cuivre et 
V boullons de mesmes sur chascune aiz; lequel livre ladicte da- 
moiselle donna a Monseigneur,ou mois de mars Tan mil CCCC 

et III. 

Iste due partes [951-952] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum, 
ut supra. 

[S G, n° 1 1 1 6 ; prise x liv. t.J 



AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU 
in'^ XXXie FUEILLET DUDIT LIVRE DESDIZ COMPTES PRECEDENS. 

953. Item, un livre d^Ethiqucs {3], escript en francoys, de lettre 
de fourme; et au commancement du second fueillet a escript : en 
puet I'en; convert de veluiau vermeil, a deux fermouers d'argent 
dorez, esmaillez, I'un d'une Nostre Dame, et Tautre de la Mag- 
dalene, et v boullons de mesmes sur chascune aiz; lequel livre 
Bureau de Dampmartin, bourgois et marchant de Paris, a fait 
faire par le commandement de Monseigneur. 

[S G, n° 1 1 17; prise xxx liv. t.] 



(i) Cab. des man.., t. HI, p. i85 (n° 170). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. igS (n° 287). A la Bihliotheque de La Hayc. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. iS3 (n" i5o). 



LIVRES ACQUIS APRES 1 40 1 [fol. l5l V°] 25 I 

954. Item, unromans qui parle des Qiiatre fil\Haymon (i),de 
Reliant et Olivier et pluseursautres, escript de lettre de court; et 
au commancement du second fueillct a escript : pour aller a 
Paris ; coxiYen de cuir rouge empraint, a deux fermouers de iaton 
et V boullons de mesmes sur chascune aiz ; lequel Monseigneur 
achata de maistre Jehan Flamel, son secretere, le pris et somme 
de XXX frans. 

[S G, n° 1 1 18; prise xv !iv. t.] 

g55. Item, un livre appelle les Croniques deBurgues (2), escript 
en fran(;oys, de lettre de court, bien historie et enlumine; et au 
commancement du second fueillet apres la table et le prologue 
d'icellui a escript : car elles furcnt composees; convert d'un drap 
de soye ouvre a fueillages rouges et blans sur un champ bleu, et 
fermant a deux fermouers de Iaton, et v boullons de mesmes sur 
chascune aiz; lequel livre Monseigneur achata, le xxix'^ jour d'oc- 
tobre mil CCCC et VII, la somme de vin^^ escus d'or comptans. 

Iste tres partes accolate [gSS-gSS] reddite fuerunt Parisius per dictum 
Robinetum executoribus. Et ideo de eisdem acquittatur idem Robinetus. 

[S G, n° 504; prise c liv. t.] 

956. Item, un livre escript de lettre de fourme (3), ouquel est 
le Romans de la Rose, le Livre de la Violete, le Livre de la 
Penthere et le Testament maistre Jehan de Mehun, bien historie 
et enlumine de blanc et de noir; et au commancement du second 
fueillet a escript : qiiej'oypres (4) ; convert de drap d'or, a deux 
fermouers d'argent dorez, esmaillez. Tun d'un demi ymaige de 
Dieu, et Tautre d'un demi ymaige de Nostre Dame tenant son 
entfant; lequel livre Monseigneur a achate la somme devi'^^escus 
d'or comptans. 



(i) Cab. des man.,i. Ill, p. 192 (11° 269). Sur Jean Flamel, secretaire du 
Due, et les notes dont il a enrichi les manuscritsde son maitre, consultez le 
memeouvrage, t. I, p. 58, 61 (note), 69, ett. Ill, p. 192, 3ii, 339. M. Delisle 
a donne, dans I'album paleographique qui accompagne son livre, un spe- 
cimen de I'ecriture de Flamel qui fut certaincmcnt un des plus habiles 
calligraphes de son temps. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 191 (n" 254). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 192 (n° 277). 

(4) Le manuscrit S G porte, apres, au lieu de pres. 



252 LIVRES ACQUIS [fol. I 52 V°] 

P.eddita fuit ista pars, ut supra. 
[S G, n° 5o5; prise l Hv. t.]. 

957. Item, un grant Livre des VII Ars ii), en latin, escript de 
lettre de fourme, et commance au livre de Priscian, de VArt de 
gramaire, tres bien historic et enlumine; et au commancement 
du second fueillet a escript ; qiiamvis contractiim ; couvert de cuir 
rouge empraint, fermant a quatre fermouers d'argent dorez, 
esmaillez aux armes de Monseigneur, et par dessus a une che- 
mise de drap de soye bleu ouvre a oiseaulx et autres choses, 
doublec de tiercelin rouge; lequel livre avoit autrefoiz este de 
Monseigneur et a este recouvre apres le trespas de feu monsei- 
gneur d'Orleans a qui mondit Seigneur Tavoit donne. 

[S G, n" 1 1 19; prise lxxv liv. t.] 

958. Item, une belle Bible en latin (2), escripte de lettre bou- 
lonnoise, bien historiee et enluminee d'ouvraige romain; et au 
commancement du second fueillet a escript : sponditque; et par 
dessus les fueilles a escu^ons pains aux armes de feu pape Cle- 
ment dc Geneve et de celles de Monseigneur; couverte de veluiau 
vermeil brode, fermant a quatre fermouers d'argent dorez, 
esmaillez aux armes de Monseigneur, et par dessus une chemise 
de drap de damas bleu, double de tercelin vermeil; laquelle 
Bible avoit autrefoiz este de Monseigneur, et semblablement a 
este recouvree apres le trespas de feu mondit seigneur d'Orleans 
a qui mondit Seigneur I'avoit donnee. 

Iste due partes [gSy-gSSJ reddite tuerunt Parisius per dictum Rohinetum, 
ut supra. 

[S G, n° 1 120; prise in" lxxv liv. t.] 

959. Item, un livre compile de pluseurs balades et dictiez (3), 

fait et compose par damoiselle Cristine de Pizan, escript de lettre 

de court, bien historic et enlumine ; et au commancement du 

(i) Cab. desman., t. Ill, p. 191 (ir 257). Au British IVIuseum : fonds Bur- 
iiey n" 275. Voir la note du due de Berry, reproduite par M. Delisle. 

(2) Cab. dcs man., t. Ill, p. 171 (ir 3). 

(3) Cab. des man., t. HI, p. 193 (n» 291). Voy. aussi Gazette des Beaux- 
Arts, article deja cite, n° 24. Les premiers ouvrages de Christine de Pisan, 
composes de ballades, lais, virelais et rondeaux, et diverses autres poesies, 
{ivaient rc^u de I'autcur le iiom de Dictie:^. 



LIVRES ACQUIS APRES 14OI [fol. I 5 3] 2 53 

second fueillet, apres la table dudit livre, a escript : tons mes bons 
jours; couvert de drap de soye noir ouvre, a deux fermouers de 
cuivre dorez, a v boullons de mesmes sur chascune aiz ; lequel 
livre Monseigneur a achate de ladicte damoiselle ii^" escus. 

[S G, n» 5o6; prise l liv. t.] 

960. Item, unes belles Heures[i), tres bien et richement histo- 
riees; ct au commancement est le kalendrier, bien richement 
escript et historic; et apres est historiee la Vie et Passion de 
Saincte Katherine; et ensuivant sont escriptes les quatre Euvan- 
giles et deux oroisons de Nostre Dame; et apres commancent les 
Heures de Nostre Dame, et s'ensuivent pluseurs autres heures et 
oroisons ; et au commancement du second fueillet desdictes 
Heures de Nostre Dame, a escript : audieritis; couvertes de ve- 
luiau vermeil, a deux fermouers d'or, esquielx sont les armes de 
Monseigneur de haulte taille; et par dessus lesdictes Heures a 
une chemise de veluiau vermeil, double de satin rouge; les- 
quelles Heures Monseigneur a fait faire par ses ouvriers. 

Iste due partes [959-960] reddite fuerunt, ut supra. 

[S G, 11° 507 : et bnt este prisees, avccques une pippe garnie d'un fin balay 
ou milieu, pesant vint caraz, et quatre perles fines rondes entour, pesans 
chascune quatre caraz, viii" lxxv liv. t.] 

g6i. Item, unes tres grans moult belles et riches Heures (2), 
tres notablement enluminees et historiees de grans histoires de la 
main Jaquemart de Hodin et autres ouvriers de Monseigneur, 
esquelles sont les Heures de Nostre Dame, les sept Pseaulmes, les 
Heures de la Croix et du Saint Esperit, de la Passion et du Saint 
Esperit encores, et TOffice des mors; et au commancement du 



(i) Cab. des man., t. HI, p. 179 (n« 100). — Ce manuscrit appartient aujour- 
d'hui a M. Edmond dc Rothschild. Voyez I'article de M. Delisle dans la Ga- 
:^ette des Beaux-Arts (1884, I, 399-400) et les Melanges de paleographie et 
de bibliographic du meme auteur. (Paris, Champion, 1880, in-8°), p. 283-293. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 179 (n° 99). Bibl. Nat., fonds latin, n°9i9. — La 
note de Jean Flamel, inscrite au commencement du volume, est reproduite 
par M. Delisle. De tous les manuscrits du due de Berry, celui-ci fut estmie 
au plus haut prix par les executeurs testamentaires. M. Delisle {Ga:{ette des 
Beaux-Arts, 1884, I, p. 393097) a fait observer que les grandes miniatures, 
executees par Jacquemart de Hesdin, ont disparu. Les attributs ordinaires 
du due de Berry, ours, eigne, initiales V E, sont repetes dans les encadre- 
ments de la plupart des pages avec les armoiries du proprietaire. 



254 LIVRES ACQUIS APRES 1 40 1 [fol. I 54] 

second fueillet des Heures Nostre Dame a escript :/Iamme;cou- 
vertes de veluiau violet, et fermans a deux grans fermouers d'or, 
garniz chascun d'un balay, i saphir et vi grosses perles ; et y 
a une pipe d'or, ou sont atachiez les seignaulx, garnie d'un gros 
balay et iiii grosses perles; laquelle pierrerie est d'une chaienne 
en facon de paternostres et de certains culez qui furent de feu 
messire Jehan de Montagu, deciairez lesdiz chastons en la 
111= partie du iii'-' ii'^ fueillet desdiz comptes precedens, et ladicte 
chaienne en la premiere partie du in^ nii« fueillet ensuivant; et 
ont lesdictes Heures une grant chemise dedrap de damas violet, 
double de mesmes; lesquelles Heures mondit Seigneur a faictes 
faire ainsy et par la maniere qu'elles sont dessus devisees. 

Iste Horc reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum cxecutoribus, u 
supra. 

[S G, no 1 1 59; prise iiH"' liv. t.] 

962. Item, un petit livre appelle le Dyalogiic saint Gre- 
goire [i)^ escript en fran^oys; et au commancement du second 
fueillet a escript : loing nous ne veoons; historic en aucuns lieux; 
convert de cuir rouge empraint, a deux fermouers de laton; 
lequel Monseigneur achata de Jehan Colin, le ix^ jour de juillet 
Tan mil CCCC et IX, pour le pris et somme de xv escus d'or. 

Redditus fuit Parisius, ut supra. 

[S G, n° 5o8; prise lxxv sous t.] 



AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU 
IIlC XXXV" FUEILLET DU LIVRE DESDIZ COMPTES PRECEDENS 

963. Item, d'un Breviere en deux volumes (2), appellez les Bre- 

(i) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (11° 120). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. lyS (n" 55). Bibl. Nat., fonds latin, n°' 10483 et 
10484. L'un des deux volumes de ce breviaire est expose dans la galerie 
Mazarine. Ce manuscrit portait le nom de Breviaire de Belleville parce 
qu'il avait appartenu a Olivier do Clisson, seigneur de Belleville, avant 
d'entrer dans la librairie du Louvre. Dans son article sur les livres d'Heu- 
res duduc de Berry {Ga:{ette des Beaux-Arts, 1884, I, 282-285), M. Delisle 
a raconte par le detail I'histoire de ce manuscrit, un des chefs-d'oeuvre de 



LIVRES DONNES AU DL'C [fol. 164 vo] 255 

vieres de Belleville, a Tusaigc de Jacobins, trcs bien et riche- 
ment historiez, enluminez.^ declairez en la premiere partie du 
iiic xxxv"^ fueillet du livre desdiz comptes precedens, est des- 
chargie ledit Robinet d'Estampes du premier desdiz volumes 
pour Ics causes contenues en la correction faicte sur ladicte 
partie. Pour ce icy seulement le second desdiz volumes, et au 
commancement du second fueillet du psaultier dudit volume a 
escript -.jiisticie et sperate; convert de drap de soye vert ouvre a 
bestes estranges, et par dessus unc chemise d'autre drap de soye 
noir ouvre a fueillaiges de blanc et de bleu, fcrmans a deux fer- 
mouers d'or esmailles aux amies de France. 

K.— Dicta duo voluminabreviarii in presenti articulo declarati data fuerunt 
domine Marie de Francia, religiose de Poissiaco (i), per mandatum Domini 
super penultima parte lxviii folii hujus compoti redditum. Et ideo acquit- 
tatur hie dictus Robinetus de presenti volumine. 

964. Item, un tres bel livre de la Cite de Dieu (2), escript en 
fran^oys, de lettre de court, tres bien historic et enlumine, et au 
commancement du second fueillet a escript : Monseigneur Saint- 
Denis; et est convert de veluiau vermeil, a ini fermouers de cui- 
vre dorez; lequel livre Salemon, secretere du Roy nostre sire, 
donna a mondit Seigneur. 

[S G, n" 5og; prise cxxv liv. t.J. 

965. Item, une belle Bible en latin (3), escripte de lettre bou- 
lonnoise, qui fu du roy Robert, jadiz roy de Sicile, tres bien 
historiee et enluminee d'ouvraige romain; et au commancement 
du second fueillet a escript : one usque ad Egiptum; couverte de 
cuir rouge empraint, a nii fermouers d'argent dorez, esmaillez 
aux armes de Monseigneur, et par dessus une chemise de drap 



la calligraphic au moyen age. II a en meme temps releve plusieurs noms 
inscrits au has des pages qui sent peut-etre ceux des miniaturistes charges 
de decorer le volume. — On peut consulter aussi I'article de M. Marcel de 
Freville publie dans les Nouvelles Archives de Vart francais de 1874-75, 
p. 145-155, sur la symbolique des miniatures. 

(i) Sur Marie de France, religieuse a Poissy, voyez ci-dessus la note 2 de 
la page 41. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (no ii5). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 171 (n° i). 



2 56 . LIVRES BONNES AU DUG [fol. I 55 Vo] 

de damas bleu, double detiercelin vermeil; laquelle monseigneur 
d'Orleans donna a Monseigneur, le xvni'' jour d'aoust Tan mil 
CCCCet VII. 

Iste due partes [964-965] reddite fueruiit Parisius per dictum Robinetum 
executoribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus. 
[S G, n» 1 193; prise irL liv. t.] 

966. Item, une autre Bible en deux petis volumes (i), escripte 
en fran^oys, de lettre de t'ourme, bien historiee et cnluminee; et 
au commancement du second fueillet du premier volume a es- 
cript : du saircment; et au commancement du second fueillet de 
I'autre volume a escript : nais seront destriiit; convert chascun 
volume de drap de soye ouvree a fueillages, fermant a ini fer- 
mouers d'or, esmaillez aux amies de France, et en chascun un 
ymaige, a une pipe d'or esmaillee ausdictes armes, et par dessus 
une chemise de drap de damas violet, double de tiercelin noir; 
laquelle Bible le feu vidame de Laonnois, en son vivant grant 
maistre d'ostel du Roy, donna a Monseigneur, ou mois d'aoust 
Fan mil CCCC et VII, et mondit Seigneur y a depuis fait faire 
lesdictes chemises. 

Ista Biblia data fuit per dominum Ducem et per suas litteras datas prima 
die junii M CCCC XVI", hie retentas, domine ducisse de Borhonio, ejus filie. 
Et ideo idem Robinetus acquittatur hie de eadem. 

967. Item, un livre des Croniqiies de France (2), fait par mais- 
tre Jehan Froissart, depuis le temps du roy Charles le Quart, 
des guerres de France, d'Angleterre et autres royaumes, escript 
en fran^ois, de lettre de court; et au commancement du second 
fueillet a escript : entre les autres; convert de cuir rouge housse, 
et fermant a quatre fermouers de laton en fai;on de crochez; 
lequel livre fu donne a Monseigneur, le vni<= jour de novembre 
Tan mil CCCC et VII, par messire Guillaume Boisratier, a 
present arcevesque de Bourges. 

[S G, n° 5io; prise xl liv. t.] 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n° i3). — Le tome II porte le n" 5707 dans 
le fonds fran^ais, a la Bibl. Nat. 
(2) Cab. des man., t.III,p. 190 (n° 243). Bibl. Nat., fonds frangais, n''2G4i. 



LIVRES DONNES AU DUG [fol. I 56] 257 

968. Item, unesHeures{i) esquelles le roy Jehan, pere de Mon- 
seigneur, apprist a lire, et tout au commancement est le kalen- 
drier, et apres, pluseurs enseignemens en fran^oys de bien vivre 
selon Dieu, les Heures de Nostre Dame, les Heures de la Tri- 
nitie, I'Office des mors, et pluseurs autres Heures et Oroisons, 
tant en latin que en fran<;oys; et au commancement du second 
fueillet, apres la fin du kalendrier a escript -.par ceste viande; 
couvertes de drap de damas noir; lesquelles le roy de Sicile 
donna a Monseigneur, le xxiii^ jour d'octobre I'an mil CCCC 
et VII, et depuis y a fait faire mondit Seigneur deux fermouers 
d'or, esmaillez a ses armes, a une pipe de mesmes, garnie d'un 
balay pesant environ x caraz et deux perles, et par dessus une 
chemise de drap de damas violet, double de tiercelin noir; les- 
quielx fermouers et pipe ainsi garnie, avec ladicte chemise, ont 
couste de Baude de Guy iiii'"^ frans. 

Iste due partes [967-968] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum 
executoribus. Et ideo acquittatur hie. 
[S G, n° 1 1 2 1 ; prise cxxv liv. t.] 

969. Item, un livre appelle Terence (2), escript en latin, de 
lettre de fourme, tres bien historic et enlumine; et au comman- 
cement du second fueillet a escript : nempe; convert d'un drap de 
soye ouvre sur un champ violet, et par dessus une chemise de 
drap de soye vermeil, fermant a deux fermouers d'argent dorez, 
sanz tixus; lequel livre fu donne a mondit Seigneur, ou mois de 
Janvier I'an mil CCCC et VII, par monseigneur Martin Gouge, 
lors son tresorier general et a present evesque de Chartres. 

Ista pars, cum ii''"" partibus sequentibus [969-971], reddite fuerunt Pari- 
sius per dictum Robinetum, ut supra. 
[S G, n° 1 1 22 ; prise xxx liv. t.] 

970. Item, un livre des Croniques de France (3), escript en 
fran^oys, de lettre de court, tres bien historie en pluseurs lieux; 
et au commancement du second fueillet de la table dudit livre a 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 178 (n" 96). — Voy. Gazette des Beaux-Arts, 
article cite, n° 20. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 191 (n" 261). Bibl. Nat., fonds latin, n° 7907 A. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 239). 

17 



258 LIVRES DONNES AU DUG [fol. I 67] 

escript : comment Childerich ; couvert de veluiau noir, a deux 
fermouers de laton, et v boullons de mesmes sur chascune aiz; 
lequel livre Jehan de ia Barre, receveur general de toutes finan- 
ces en Languedoc et duchid de Guienne, donna a Monseigneur, 
ou mois d'avril apres Pasques Fan mil CCCC et huit. 
[S G, n" 5ii ; prise c liv. t.] 

971. Item, un tres bel Breviere (i), escript de bonne lettre de 
fourme, a I'usaige de Paris, qui fu du Roy, bien historic et enlu- 
mind, et au commancement du second fueillet, apres la fin du 
kalendrier, a escript : cognovit bos; couvert d'un drap de soye 
ouvre, et par dessus une chemise de drap de damas noir, double 
d'un tercelin vermeil, fermant a deux fermouers d'or en fa9on 
de chasteaulx, et n'y a point de pipe; lequel breviere Monsei- 
gneur a eu de feue madame d'Orleans, et avoit este de feu mon- 
seigneur d'Orleans, son mary, a qui mondit Seigneur I'avoit 
donnd. 

Ymo est una parva pipa auri cum 11'"" parvis ursis. 
[S 0,11° 5i2; prise 11= liv. t.] 

972. Item*, le Mirouer historial de Vincent (2), en trois volu- 
mes, escripz en fran^oys, de bonne lettre de fourme paraille, tres 
bien et richement historiez et enluminez; et au commancement 
du second fueillet du premier volume a escript : la voye; au com- 
mancement du second fueillet du second volume a escript : du 
prieur; et au commancement du second fueillet du tiers volume 
a escript : temps; et sont couvers de drap de soye vert use, chas- 
cun a deux fermouers d'argent dorez, rompus, esmaillez aux 
armes de Monseigneur; et faillent les esmaulx en aucuns desdiz 
fermouers; lequel livre fu de feu messire Jehan de Montagu, 
auquel Monseigneur le donna en son vivant ; et depuis, apres son 
trespassement, mondit Seigneur I'a recouvre, c'est assavoir les 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 176 (11° Sg). Bibl. Nat., foods latin, n° 4052. Sur 
ce manuscrit, qui provenait de la librairie du Louvre et qui fit retour a 
Charles Vil, voir I'article de M. Delisle dans la Ga:{ette des Beaux-Arts 
(1884, t. I, p. 285-287). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 187 (n° 201). 



I.IVRES DONNES AU DUG [fol. I Sj Y°] aSg 

deux derriers volumes de monseigneur de Guienne, et le premier 
volume du prevost de Paris, par don du Roy nostre sire. 

K. — Dictum Speculum historiale datum fuit domino duci Burgondie per 
mandatum Domini datum nona die februarii anno M° CCCC" XII°, hie red- 
ditum, serviens alibi pro aliis partibus; virtute cujus acquittatur hie dictus 
Robinetus de eodem. 

973. Item, un Breviere (i) en deux petis volumes, escript de 
menue lettre de fourme, et au commancement du second fueillet 
du psaultier d'un desdiz volumes a escript : mei et exaudi; et au 
commancement du second fueillet du psaultier de Tautre volume 
a escript : in cubilibus; et sont couvers de drap de soye bleu, et 
fermans chascun a deux fermouers d'or, esmaillez aux armes de 
Monseigneur, et ont chascun une chemise de veluiau noir, dou- 
ble de tercelin rouge; lequel breviere monseigneur de Guienne 
donna a Monseigneur, ou mois de novembre mil CCCC et IX; 
et, depuis, I'a mondit Seigneur fait relier, couvrir et garnir en la 
maniere dessusdicte; et cousterent les fermouers seulement de 
Jehan Tarenne, avec le tixu, xxx frans. 

974. Item, un livre de bien grosse lettre de fourme (2), ouquel 
sont pluseurs Oroisons en latin a Dieu et Nostre Dame, le Psaul- 
tier saint Jeroysme, les vii Pseaumes compilez par Fran^oys 
Petrarque, les Heures de la Croix et du Saint Esperit, et plu- 
seurs autres devocions et contemplacions a Dieu ; et au comman- 
cement du second fueillet a escript : ac sompnolencia ; convert de 
cuir rouge empraint, a un viez fermouer d'argent blanc, et fault 
I'autre fermouer; lequel livre maistre Philippe de Corbie (3), 
conseiller et maistre des requestes de I'ostel du Roy et de Mon- 
seigneur, donna a mondit Seigneur, le xvii« jour de novembre 
I'an mil CCCC et IX. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et sic 
idem Robinetus acquittatur hie. 
[S G, n° 5i3 ; prise lxxv sous t.] 

975. Item, un autre livre (4) ouquel est contenu tout le Psaul- 

(i) Cab. des man.,t. Ill, p. lyS (n° 53). — Voy. Gat^ette des Beaux-Arts, n" 12. 

(2) Cab. des wan., t. Ill, p. i8o(n° 1 12). — YoY.Ga:{ette des Beaux- Arts,n''l>6. 

(3) Sur Philippe de Corbie voyez ci-dessus la note i de la page 182. 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. lyS (n" 3i). 



26o LIVRES DONNES AU DUG [fol. I 58 V^] 

tier et pluseurs autres devocions parmy ledit psaultier; au com- 
mancement du second fueillet ouquel a escript •.faniim ( i ) offeres ; 
et est couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers d'ar- 
gent, esmaillez aux armes de feu messire Jehan de Montagu ; 
lequellivre fu dudit deffunct, et I'envoia querir mondit Seigneur, 
apres sa mort, chez Fremin de Revelle, escripvain demourant a 
Paris, le xxv^ jour d'octobre I'an mil CCCC et IX. 

[S G, n° 514; prise xxv liv. t.] 

976. Item, un livre en latin De Meditationibus editis ab An- 
selmo Cantnariensi archiepiscopo (2), ouquel a pluseurs belles 
oroisons, escript de lettre de fourme; et au commancement du 
second fueillet a escript : tes dicam; couvert de cuir rouge, a deux 
fermouers d'or, ou il a en chascun un escu esmaillie des armes de 
Monseigneur, et au bout des tirans a un bouton de perles, et a une 
chemise de drap de soye vermeil, double de cendal vert; lequel 
livre I'evesque de Saint- Flour donna a Monseigneur auxestrain- 

nes, le premier jour de Janvier I'an dessusdit mil CCCC et IX. 

Iste due partes [975-976] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinelum, 
ut supra. 

fS G, n" 1 123; prise xxv liv. t.] 

977. Item, un petit livre ou sont les sept Pseaumes (3), escripz 
de lettre de fourme, et entre chascun ver desdiz pseaumes a un 
autre ver fait sur la substance des vers d'iceulx vii Pseaulmes; 
bien historic au commancement et enlumine ; et au commance- 
ment du second fueillet a escript : jiiam injirmus ; couwert de cuir 
rouge empraint, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez d'une 
couronne d'espines, et escript dedens ladicte couronne Jliesus;ei 
y a une chemise d'un drap de soye noir, seme de fueillages vers, 
double de tiercelin noir; lequel livre Cristine de Pisan donna a 
mondit Seigneur aux estraines, le premier jour de Janvier I'an 
mil CCCC et IX. 

Iste parvus liber redditus fuit Parisius, ut supra. 
[S G, n° 1 124; prise c sous t.] 

(i) Ou « Saniim » Ms. S G. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 181 (n» i2 5). Saint Anselme successeur de 
Lanfranc sur le siege de Cantorbery en 1093, mort en i 109. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n- 129). 



LIVRES ACQUIS APRES 1 40 I [fol. I 60] 26 1 



AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU 
III'^ XLIIII« FUEILLET DUDIT LIVRE 

978. Item, une belle Bible (i), escripte en fran^oys, de lettre 
de fourme, bien historiee; et au commancement du second fueil- 
let a escript : des generacions Caym XVI ; couverte de veluiau 
vermeil ouvre, a deux fermouers d'argent dorez, esmaillez de 
Adam et Eve, et v boullons de cuivre dorez sur chascune aiz, et 
une pipe d'argent doree a pluseurs seignaulx de soye. 

Ista pulcra Biblia reddita fuit Parisius per dictum Robinetum executo- 
ribus. Et ideo acquittatur hie idem Robinetus. 
[S G, n° 1 125; prise 11° l liv. t.] 

979. Item, un petit volume, escript en fran^oys, de lettre cou- 
rant (2), ouquel a pluseurs livres, le premier du Gouvernement 
des roys et des princes, le second du Tresor de Sapience, et, 
apres, pluseurs autres livres; et au commancement du second 
fueillet dudit volume a escript: Phelipe qui translata ce livre; 
convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de laton et 
V petiz boullons de mesmes sur chascune aiz. 

980. Item, un livre de VIstoire de Lesignen (3), en latin, de 
lettre courant; et au commancement du second fueillet, apres la 
premiere histoire dudit livre, a escript : Ornatus stans super 
equm; couvert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de 
laton et v petis boullons de mesmes sur chascune aiz. 

[S G, n" 1 126; prise x liv. t.] 

98 1 . Item, un autre livre de VIstoire de Lesignen (4), escript en 
latin, de lettre de fourme, bien historic ;et au commancement du 
second fueillet apres la premiere histoire a escript : sola sed tan- 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 172 (n" 8). 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 184 (no i65). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 249). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 190 (n" 248). 



262 LIVRES ACQUIS APRES 14OI [fol. I 60 \°] 

turn; couvert de drap de damas rouge, fermant a deux fermouers 
de laton, at tixuz de soye. 
[S G, n° 5i5 ; prise x liv. t.] 

982. Item, un petit livre appelle Marc Pol, du Devisement dii 
monde (i), escript en fran9ois, de lettre de fourme; et au com- 
mancement du second fueillet, apres la premiere histoire, a 
escript \ fist retraire; couvert de cuir vermeil empraint, a deux 
fermouers de laton. 

[S G, n" 5i6; prise vi liv. v sous t.] 

983. Item, un livre du Mirouer des dames (2), escript en fran- 
9ois, de lettre de fourme; et au commancement du second fueillet 
a escript : ter et reposer; couvert de veluiau vermeil, a deux fer- 
mouers de laton hachiez, et v bouUons de niesmes sur chascune 

aiz, tous plains. 

[S G, n" 517; prise xx liv. t.] 

984. Item, un petit livre des Ymaiges du del et du monde (3), 
escript en frangoys, de lettre de fourme; et au commancement du 
second fueillet a escript : sont en la voye; couvert de cuir vert, et 
fermant a deux petis fermouers de cuivre. 

[S G, n" 5i8; prise lv sous t.] 

985. Item, un livre appelle le Livre de I'arbre des batailles (4), 
escript en fran^ois, de lettre de court, historic et enlumine; et au 
commancement du second fueillet, apres la premiere histoire, a 
escript : revient comment; couvert de cuir vermeil empraint, a 
deux fermouers de cuivre et v bouUons de mesmes sur chas- 
cune aiz. 

Iste tres partes accolate, cum iii>>"'' aliis partibus sequentibus [980-985], 
reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et ideo de 
eisdem acquittatur hie idem Robinetus. 

[S G, n° 619; prise vi liv. v sous t.] 



(i) Cab. desman., t. Ill, p. 186 (n° 197). Bibl.Nat., fonds fran^ais, n°563i. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 198 (n" 285). — C'est peut-etre le n» 9555 de la 
Bibliotheque de Bruxelles, ou le ms. add. 29986 de Londres. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. i85 (n° 173). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 193 (n" 294). — Au Musee Britannique, ms. 
Reg. 20 C VI II. 



LIVRES ACQUIS APRES 1 40 I [fol. 161 W°] 263 

986. Item, une bien grant mappamonde (i), bien historiee, 
enroollee dedens un grant et long estui de bois, laquelle maistre 
Gontier Col (2) donna a Monseigneur. 

[S G, n° 520; prise cxxv liv. t.] 

987. Item, une autre mappamonde (3) en uns tableaux de 
boiz longuez, fermans en maniere d'un livre. 

[S G, n° 1 127; prise c sous t.] 

988. Item, une autre mappamonde (4) en un roolle de parche- 
min, dedens un estui de cuir. 

Iste tres partes [986-988] redditc fuerunt Parisius per dictum Robinetum, 
ut supra. 

[S G, n° 1 1 28 ; prise l sous t.] 



AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU 
III*^ LXV« FUEILLET DUDIT LIVRE 

989. Item, un livre de V Informacion desroys et des princes (5), 
fait et compile par un maistre en theologie de I'Ordre de saint 
Dominique; et au commancement du second fueillet a escript : 
vivans; convert de cuir rouge empraint, a deux fermouers de cui- 
vre; lequel Monseigneur achata de maistre Regnault du Montet, 
libraire demourant a Paris, ou mois de fevrier I'an mil CCCC 

etIX. 

[S G, n° 521 ; prise vi liv. v sous t.] 

990. Item, un petit livre bien ancien, de la Vie des Peres (6), 
escript en Francois; et au commancement du second fueillet a es- 
cript : tost a perfection ; convert de cuir blanc, et sur chascune des 
aiz a V boullons de laton, fermant a deux fermouers de mesmes; 

(i) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n" 191). 

(2) Gontier Col etait notaire et conseiller du Roi (Voy. Journal de Nicolas 
de Baye, t. II, p. 74, et Paris et ses historiens, p. 129 et 419). On I'appelle, 
dans ce dernier ouvrage, Gautier; mais c'est par erreur. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n» igS). 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° 194). 

(5) Cab. des man., X. Ill, p. 184 (n°i67). Bibl.Nat., fonds fran^ais, n" 1210. 

(6) Cab. des man., t. Ill, p. 188 (n" 212 bis). 



264 LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 62] 

lequel Hvre mondit Seigneur achata dudit maistre Regnault du 
Montet, ou mois de mars mil CCCG et IX avant Pasques, pour 
le pris et somme de xii escus d'or. 

Iste due partes [989-990] reddite fuerunt, ut supra. 

[S G, n° 1 1 29; prise c sous t.] 



AUTRES LIVRES DECLAIREZ OU CHAPITRE COMMANCANT OU 
111= LXVI« FUEILLET ENSUIVANT 

991. Item, un petit livre en fran^oys, de lettre roonde, intitule 
Des bonnes meurs (i), lequel parle du remede qui est centre les 
VII pechiez mortels, et des trois estas; et au commancement du 
second fueillet a escript : et tons les siens ; historic en pluseurs 
lieux; convert de cuir vermeil empraint, a deux fermouers de 
laton dorez, hachiez des armes de monseigneur le Due, et sur 
chascune aiz v petis boullons de mesmes ; lequel livre fu donne 
a mondit Seigneur, le iiii= jour de mars mil CCCG et IX avant 
Pasques, par frere Jaques Legrant, Augustin (2). 

Iste liber redditus fuit Parisius per dictum Robinetum, ut supra. 
[S G, n" 522 ; prise vi liv. v sous t.] 

992. Item, un petit Messel (3) a I'usaige de Paris, escript de 
bonne lettre de fourme, et au commancement du second fueillet 
apres le kalendrier, a escript : bant et que sequebantur; convert 
de cuir rouge empraint, et pardessus a une chemise de drap de da- 

(1) Cab. des wa«.t. III,p. 182 (n° i34). Bibl. Nat.,fonds fran^ais, n" io2 3.Ce 
manuscrit porte une note de la main de Jean Flamel, secretaire du due de 
Berry, que M. Delisle a reproduite a la page 3ii du meme volume et dont 
il donne le fac-simile dans I'album paleographique annexe a son ouvrage 
(planche XLVII, n° i). Cette note declare que le manuscrit fut ofFert au due 
de Berry, comme il est dit ici, par Jacques Legrant, de I'ordre des ermites 
de Saint-Augustin, qui I'avait fait executer. 

(2) Jacques Legrant, religieux Augustin, etait un predicateur renomme 
pour la hardiesse de ses sermons et un fougeux adversaire du parti bour- 
guignon. Voyez I'anecdote rapportee dans Paris et ses liistorieiis (p. 405-406). 
Ses violences allerent jusqu'a le faire excommunier avec les principaux 
chefs des Armagnacs. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 177 (n" 77). 



LIVRES DONNES AU DUG [fol. 1 62 V^] 265 

mas rouge, doubld de tercelin vermeil, a deux fermouers d'or aux 
armesde Monseigneur; lequel messel I'arcevesque de Sens donna 
a mondit Seigneur, le vni= jour de novembre Pan mil CCCC et X, 
sans ladicte chemise et fermouers que mondit Seigneur y a de- 

puis fait faire. 

K. — Datum fuit presens missale domino archiepiscopo Bitturicensi per 
mandatum super ii*' parte clxv" folii hujus compoti redditum; virtute cujus 
dictus Robinetus acquittatur hie de eodem. 

993. Item, un livre de Jehan Bocace, des Cas des nobles 
hommes et femmes [i], translate de latin en fran^oys par Laurens 
de Premierfait, clerc, escript de lectre de fourme, bien enlumine 
et historic; et au commancement du second fueillet a escript : il 
ont plaisir; convert de drap de damas noir, et fermant a deux 
fermouers d'argent dorez, esquelz est escript le nom dudit livre; 
lequel monseigneur I'evesque de Chartres donna a Monseigneur 
aux estraines, le premier jour de Janvier mil CCCC et X. 

[S G, n" 523; prise c liv. t.] 

994. Item, un livre contrefait d'une piece de bois(2) paincte en 
semblance d'un livre, ou il n'a nuls fueillets ne riens escript; 
convert de veluiau blanc, a deux fermouers d'argent dorez, es- 
maillez aux armes de Monseigneur; lequel livre Pol de Lim- 
bourc et ses deux freres donnerent a mondit Seigneur ausdictes 
estrainnes mil CCCC etX. 

[S G, n» ii3o; prise l sous t.] 



(i) Cab. des man., t. Ill, p. 187 (n" 208). Les auteurs de Paris et ses histo- 
riens au xiv" et au xv- slides, ont fait reproduire en couleur (p. 414) une 
miniature representant Laurent de Premierfaict et Antoine d'Arezzo 
occupes a traduire le Decameron de Bocace, puis offrant leur traduction au 
due de Berry. On trouvera dans le meme volume (p. 412 et suiv.) des details 
sur le village de Premier-Faict, au diocese de Troyes, et sur la protection 
accordee a Laurent par Bureau de Dampmartin, originaire de Semoine, 
localite situee dans le voisinage de Premier-Faict. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 194 (n» 297). 



2 66 LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. I 63] 



AUTRES LIVRES QUI SONT AVENUZ A MONDIT SEIGNEUR LE DUG DE- 
PUIS LESDIZ COMPTES PRECEDENS ET NE SONT POINT DECLAIREZ 
OUDIT LIVRE. 

995. Item, le tiers livre de loys, en fran^ois, qui est appellez 
I'Enforciade (i), escript de lettre de fourme ; et au commance- 
ment du second fueillet a escript : il a empiriee ; couvert de cuir 
noir houssie, a deux fermouers de cuivre et v boullons de 
mesmes sur chascune aiz; lequel livre fu donne a Monseigneur 
par messire Guillaume de Tignonville (2), chevalier, ou moys de 

may I'an mil CCCC et XII. 

Iste tres partes [ggS-ggS] reddite fuerunt Parisius per dictum Robinetum 
executoribus. Et ideo acquittatur hie. 
[S G, n° ii3i; prise vii liv. x sous t.] 

996. Item, un autre livre de droit, en Francois, appelle<Z)f- 
geste vielle (3), escript de lettre de fourme; et au commancement 
du second fueillet a escript : lerent si escristrent ; couvert de cuir 
blanc, a deux fermouers de cuivre et v boullons de mesmes sur 
chascune aiz; lequel livre fu semblablement donne a mondit Sei- 
gneur par ledit de Tignonville, oudit mois de may mil CCCC 

etXII. 

Ista pars reddita fuit, ut supra. 

[S G, n° 1 1 32 ; prise xii liv. x sous t.] 

997. Item, unes i/ewre.y (4) esquelles sont les Heuresde Nostre 
Dame, les sept Pseaumes, Vigiles de mors, et, apres pluseurs 
oroisons, messes, le Psaultier saint Jeroyme et pluseurs autres 
devocions ; et au commancement sont les iiii Euvangiles et le 



(1) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (11° iSy). 

(2) Guillaume de Tignonville, prevot de Paris, est connu surtout pour sa 
rigueur envers deux ctudiants de I'Universite de Paris convaincus de plu- 
sieurs mefaits et qui furcnt executes. Le s' de Tignonville fut excommunie 
pour ce fait et remplace, le 5 mai 1408, par Pierre des Essarts, partisan 
devoue du due de Bourgogne. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 182 (n° 136). 

(4) Cab. desman., t. Ill, p. 179 (n" 106). 



LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. I 63 V^] 267 

kalendrier; et a escript au commancement du second fueillet 
desdictes Heures de Nostre Dame : stirpis; couvertes de veluiau 
vermeil, a deux fermouers d'or, ou sont les armes de Monsei- 
gneur, faictes de neelleure, et une petite pipe d'or, esmaillee 
desdictes armes, et, par dessus, une chemise de satin bleu, dou- 
ble de tercelin rouge; lesquelles Heures a prinses mondit Sei- 
gneur dudit Robinet d'Estampes en lieu d'unes autres Heures 
qui lui a donnees, dont mencion est faicte en la premiere partie 
du ii'^ XLni« fueillet du livre desdiz comptes precedens. 

Iste Ore date fuerunt episcopo Claromontensi (1), ejus consiliario, per lit- 
teras domini Ducis, datas viii^ januarii M CCCG XV, superius redditas. Et 
ideo idem Robinetus acquittatur hie de eisdem. 

998. Item, un Breviere en deux volumes (2), a Tusage de Paris, 
escript de lettre de fourme et historie en plusieurs lieux; convert 
de veluiau rouge, fermant a deux fermouers d'argent dorez, es- 
maillez aux armes de Navarre; et au commancement du second 
fueilet du premier volume a escript : Syon montem; et au com- 
mancement du second fueillet de I'autre volume a escript : dixit 
ad me; lequel breviere la femme de feu monseigneur Pierre de 
Navarre (3) donna a Monseigneur, ou mois de novembre I'an mil 
quatre cens et XH (4). 

Ista pars reddita fuit per dictum Robinetum Parisius executoribus. Et sic 
acquittatur hie. 

999. Item, un petit livre apelle Colletere (5), escript de lettre 
de fourme; et au commancement du second fueillet a escript : 
misericordia tua; convert de drap de soye, a deux fermouers 



(i) Martin Gouge, de Charpaignes, conseiller et chancelier du due de 
Berry, quitta, le i3 mai 141 5, le siege de Chartres (voy. ci-dessus, p. 175, 
note 2) pour celui de Clermont, ou il rempla^a Henri de la Tour. II devint 
chancelier de France en 1420 et mourut en 1444. 

(2) Cab. des man., t. Ill, p. 175 (n° 56). — Voy. aussi Gazette des Beaux- 
Arts, article cite, n" XV. 

(3) Sur Catherine d'Alen^on, qui perdit son premier mari, Pierre de 
Navarre en juin 1412, voyez ci-dessus la note i de la page 41. 

(4) Cet article et les suivants jusqu'au n" 1006, occupant quatre feuillets, 
ne sont pas de la meme ecriture que les precedents. On remarque aussi 
certaines differences d'orthographe. 

(5) Cab. des man., t. Ill, p. 177 (n" 85). 



268 LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. 1 64] 

d'argent dorez, esquielx a une Annunciacion; et est ledit livre 

garni d'une pipe d'or, a in perles, i saphir et i balaisseau; lequel 

livre fu semblablement donne a mondit Seigneur, oudit mois de 

novembre, par ladicte dame. 

Datus fuit per dominum Ducem thesaurario sue capelle Bitturicensis, per 
litteras suas, datas viii" die januarii M CCCC XV, superius redditas. Et sic 
idem Robinetus acquittatur hie de eodem. 

1000. Item, un livre en fran^ois, apelle \e Livre des Merveilles 
dii monde, de la Terre Saincte, du grant Kaam d'Ynde et de 
Tartaric (i), escript de lettre de fourme, historic au commance- 
ment et en pluseurs lieux; et au commancement du second fueil- 
let a escript : poys de bonnes cite-{ ; couvert de cuir vermeil em- 
praint, a deux fermouers de lacton et tixus de soye ; lequel livre, 
avec le messel cy apres escript, Monseigneur achata de maistre 
Regnault du Montet, libraire demourant a Paris, ou moys d'oc- 
tobre mil CCCC et XII, tous deux enssamble pour le pris et 
somme de cent escus d'or. 

K. — Datus fuit deffuncto domino Petro des Essars (2), nuper' preposito 
Parisius, per mandatum super vi'" parte lxx"" folii hujus compoti redditum; 
virtute cujus acquittatur hie dictus Robinetus de eodem. 

looi. Item, un Messel (3) a Tusaige de Paris, escript de lettre 
de fourme; et au commancement du second fueillet a escript : bit 
eum regnum;- couvert de cuir vermeil empraint, a deux fer- 
mouers d'argent dorez, esmaillez d'une Annunciacion, etpardes- 
sus a une chemise de drap de soye blanche ouvre, doublee d'un 
autre drap de soye bleu ; lequel messel, avec le livre devant es- 
cript, mondit Seigneur achata dudit maistre Regnauh du Montet, 
comme dit est, oudit mois d'octobre, tous deux enssemble pour 
ledit pris de c escus d'or. 

Ista pars reddita fuit Parisius per dictum Robinctum executioni domini 
Ducia. Et sic idem Robinetus acquittatur hie. 

(i) Cab. des man., t. Ill, p. i86 (n" 198). 

(2) Nomme prevot de Paris le 5 mai 1408, en remplaeement de Guil- 
laume de Tignonville, par I'influence du due de Bourgogne, Pierre des 
Essarts prit une part active au supplice de Jean de Montaigu, puis fut lui- 
meme condamne a mort et execute aux Halles le i" juillet I4i3 (Felibien, 
Histoire de Paris, t. II, p. 767, et Preuves t. 11, p. 554). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 177 (n- 76). 



LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. I 64 vo] 269 

1002. Item, unes petixes Heiires (i), esquelles sont les Heures 
de Nostre Dame, les sept Pseaumes, I'Office des mors, les Heures 
de la Passion Nostre Seigneur, la Vie saincte Marguerite, et plu- 
seursautres suffraiges et devocions, tres bien escriptes et enlumi- 
nees ; et au commancement du second fueillet des Heures de Nos- 
tre Dame a escript : sunt omnes fines ; et sont couvertes de deux 
ais d'argent dore, ou il a, d'un couste, un Crucifiement, et, de 
Tautre part, un Couronnement de Nostre Dame, fermans a deux 
fermouers de mesmes;lesquelles Heures mondit Seigneur achata 
dudit maistre Regnault du Montet, ou moys de Janvier I'an mil 
IHI^ et XII, pour le pris et somme de xxx escus d'or comptans. 

K. — Date fuerunt per dominum Ducem domino episcopo Carnotensi (2), 
[ut] constat per mandatum datum v'* die septembris anno M° CCCC° XIIII", 
hie traditum, serviens alibi pro aliis partibus; virtute cujus dictus Robi- 
netus acquittatur hie de eisdem. 

ioo3. Item, un Livre de medecine[2>) qui traicte de la vertu des 
herbes et des bestes, escript en latin, de lettre de fourme, ouquel 
sont lesdictes herbes et bestes contrefaictes de painture; et au 
commancement du second feueillet, apres la table dudit livre, a 
escript : quartus ex premissis ; convert de cuir rouge empraint, a 
deux fermouers de cuivre et petis boullons de mesmes sur les 
aiz; lequel livre maistre Simon Alligret (4) donna a mondit Sei- 
gneur aux estraines, le premier jour de Janvier I'an mil CCCG 

etXII. 

K. — Datus fuit per Dominum cappelle sue Bicturicensi per suum manda- 



(1) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n» 107). — Voy. Gazette des Beaux-Arts, 
article cite, n° 3i. 

(2) Martin Gouge de Charpaignes. (Voy. la note i de la p. 267). 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° i85). 

(4) Simon AUegret, medecin du due de Berry, chanoine de Notre-Dame 
de Paris, logeait au cloitre Notre-Dame ou il recevait parfois la visite 
du Due qui sejournait chez lui plusieurs jours (Felibien, Histoire de 
Paris, t. II, p. 768). II avait 100 liv. de gages annuels (Arch. Nat., KK 253 
n° 2, fol. 1 3). Le 1 3 novembre 141 3, le Due lui alloue mille ecus d'or « pour 
ses tres grans, bons et agreables services » (KK 2 5o, fol. 28 v°). II re?oit un 
mois apres, 60 ecus d'or pour acheter une mule, du velours noir pour faire 
un grand chapeau et 3oo martres, du prix de 168 fr. i5 s., pour fourrer une 
houppelande {Ibid., fol. 29 v% 5o v° et 56 V"). Simon AUegret mourut le 
22 octobre 141 5. 



270 LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. I 65] 

turn super 11** parte ci folii hujus compoti traditum; virtutc cujus dictus 
Robinetus acquittatur hie de eodem. 

1004. Item, ung Livi^e des fai:{ d' amies et de chevalerie (i), 

compose par une damoiselle apellee Cristine de Pizan, escript 

en fran^ois, de lettre de court, historic au commancement et en- 

lumine; et a escript au commancement du second feueillet, apres 

la table : le recite le poete ; convert de cuir rouge empraint, a 

deux fermouers de cuivre et gros bouUons de mesmes sur les 

aiz; lequel livre ladicte damoiselle donna a mondit Seigneur, 

ausdictes estrainnes mil IIII<^ et XII. 

K. — Datus fuit iste liber per Dominum Johanni de la Barre (2), per man- 
datum suum datum xxi" die marcii anno M° CCCC° XII""', hie redditum; 
virtute cujus dictus Robinetus acquittatur de eodem. 

ioo5. Item, un livre de Marc Paule, des Merveilles d'Aise 
la grant, et d'Inde la majoiir et mineur, et des diverses regions du 
monde (3j, escript en fran^ois, de bonne lettre de fourme, tres 
bien historic et cnlumine tout au long; et au commancement du 
second feueillet a escript : Tartars en leurs tantes ; convert de 
veluiau, ouvre et fermant a deux fermouers d'argent dorez, 
esmaillez aux armes de monscigncur dc Bourgoigne, et sur les 
aiz a gros boullons de cuivre, dorez et hachiez; lequel livrt 
mondit seigneur de Bourgoigne donna a mondit Seigneur, oudit 
mois de Janvier mil 1111= et XII. 

Iste liber redditus fuit Parisius per dictum Robinetum executoribus. Et 
ideo acquittatur hie idem Robinetus. 
[S G, n° 558; prise cxxv liv. t.] 

1006. Item, ung petit livret (4), ouquel a pluseurs Oroisons 
escriptes en latin, de bonne lettre de fourme, et les rubriches es- 

(i) Cab. des man., t. Ill, p. igS (n» 289). Voyez, dans le volume sur Paris 
et ses historiens au xiv" et au xv° siecles, la reproduction d'une miniature 
representant Christine de Pisan composant ses ouvrages (p. 428), et, dans le 
meme livre (p. 418), I'heliogravure d'une autre miniature montrant 
Christine ofFrant a Louis, due d'Orleans, la dedicace de son epitre d'Othea 
a Hector, dont il a ete question a I'article 949 ci-dessus. 

(2) Jean de la Barre, receveur general des finances de Languedoc et de 
Guienne, est cite ci-dessus pages i34 et 258. 

(3) Cab. des man., t. Ill, p. 186 (n° 196). Bibl. Nat., fonds fran^ais, n» 2810. 

(4) Cab. des man., t. Ill, p. 180 (n° 1 1 1). — Voy. Gazette des Beaux- Arts, 
art. cite, n" 35. 



LIVRES NOUVELLEMENT ACQUIS [fol. 1 65 V°] 2/1 

crlptes en Francois, tres bien ystorie et enlumine ; et au com- 
mancement du second feueillet a escript : tani quia peccavi; cou- 
vert de cuir rouge housse, sans fermouers; lequel monseigneur 
de Guienne donna a Monseigneur, ou mois de Juillet mil quatre 

cens et douze. 

Datus fuit regi Hyspanie (i) per dominum Ducem, ut constat per man- 
datum dicti domini Ducis datum vii" die julii anno M CCCC XV, superius 
redditum. Et sic idem Robinetus acquittatur hie de eodem. 

[S G, n° 1293 : donne, comme Ten dit, au roy de Castelle.] 



DRAPS DE SOYE, LINGE, 



ET AUTRES PARTIES RESTANS DE l'iNVENTOIRE FAIT DES CHOSES 
ESTANS EN l'oSTEL DE LA CHANCELLERIE DE BOURGES. 

1007. Item, una nappe de soye a rayes d'or et de soye ver- 
meille, et aux deux bouz d'icelle est litellee (2) de pluseurs ou- 
vraiges d'or et de soye ; contenant v aulnes et demie. 

[B, n° 1 193. — S G, n° 710; prise chascune aulne xx sous parisis, valent 
VI livres xii sous vi deniers t.] 

1008. Item, une touaille (3) ordonnee pour recevoir le corps 
Nostre Seigneur, armoieeaux deux bouz aux armes d'Estampes, 
de Castelle et de France, et y sont les quatre euvangelistes; con- 
tenant III aulnes et demie. 

Tradite fuerunt et reddite iste 11° partes acolate [1007-1008] dictis execu- 
toribus per dictum Robinetum, ut supra; ideo acquittatur hie de eisdem. 

[B, n° 1 194. — S G, no 453 ; non prise.] 



(i) Sur le roi d'Espagne ou de Castille, voyez ci-dessus la note 2 de la 
page 20. 

(2) Le terme liteau, qui a donne litelle, est encore en usage. II designe 
les raies, ordinairement colorees, placees vers les bouts des nappes ou ser- 
viettes de toile unie. 

(3) Les touailles sont des serviettes. Le Dictionnaire de V Academic men- 
tionne encore ce mot, un peu hors d'usage aujourd'hui, et lui donne le sens 
d'essuie-mains. 



272 DRAPS DE SOIE LINGE, ETC. [fol. 1 66] 

1009. Item, nil couvertures pour orilliers, de cendal (i) ter- 
celin vermeil. 

De istis iiii" cooperturis tradite fuerunt ii* ipsarum predictis executoribus 
per dictum Robinetum, prout supra. Ideo de ipsis 11''"' acquittatur hie. 

Et alie 11' cooperture date fuerunt per dominum Ducem comitisse (sic) 
Bitturicensi, uxori sue, prout certificatum est per Stephanum de Rodcs (2), 
quondam varletum camere dicti domini Ducis, per litteras sub signo duorum 
notariorum Castellati parisiensis, hie redditas. Et sic de eisdem acquittatur 
idem Robinetus. 

[B, n° 1201.] 

I o I o. Item, une touaille de coton, fait en maniere de tripe (3), 
en laquelie a liteaux de deux costez; contenant une aulne delong 
ou environ. 
[B, n° 1 2 14.] 

loi I. Item, un couvrechief d'orties, a baptisier enffans, frange 
de blanc et de vermeil. 
[B, n» i2o5. — S G, n° 1267; non prise.] 

I0I2. Item, trois pieces de flocars (4) a atourner dames, a la 
maniere d'Alemaigne. 
[B, n" 1206. — S G, n° 1268; non prisees]. 

ioi3. Item, une aulmuce (5) pour mectre par nuit, ordonnde 
pour cardinaulx, ouvree de fueilles de vigne et de roses. 

[B, n° 1207.] 



(i) Sur ce mot voyez la note 3 de la p. 19. 

(2) Thevenin de Rodes figure en tete des valets de chambre qui faisaient 
partie de la maison du due de Berry lors de son deces et qui re?urent une 
certaine somme pour leur deuil. D'apr^s I'etat dresse a I'occasion de ses 
obseques et funerailles (Invent. S G, fol. 188), le due de Berry n'avait pas 
moins de quinze valets de chambre. 

(3) La tripe etait une etoffe veloutee, a poils longs. Une touaille faite en 
maniere de tripe parait signifier un essuie-mains a longs poils, ofFrant 
quelque analogic avec nos serviettes eponges. 

(4) Le floquart etait le voile flottant qui enveloppait le hennin et tombait 
dans le dos. Ce terme se trouve dans I'inventaire du due d'Anjou (vers 
1 365); le floquart est, par consequent, bien anterieur a I'arrivee de la reine 
Isabeau de Baviere. 

(5) L'aumusse est une sorte de capuchon assez semblable a ces capes que 
mettent les paysannes de certains pays. Jusqu'au xiv° siecle, elle fut employee 
par les laiques des deux sexes aussi bien que par les clercs. Peu a peu elle 
devint I'attribut distinctif des chanoines, qui, apres s'en etre servi durant 
les offices pour se preserver du froid, prirent I'habitude de le porter sur le 
bras comme un insigne de leur dignite. L'appjication de ce vetement a un 
usage nocturne est a noter. 



DRAPS DF, SOIR, LINGR, ETC. [fol. 1 66 \°] l-jl 

1014. Item, VII cotiVez d'yvoire a vi pans, a ymaiges cslevez, 
marquctcz, fermans chascun a une clef. 

[B, n" 1208. — S G, ri" 1209; non prises.] 

10 1 5. Item, de deux autres petis coffrez d'yvoire, fermans 
comme les precedens, declairez en la premiere partie du cxix^ fueil- 
let du livre des comptes precedens, est descliargie et acquictie 
ledit Rohinet d'Estampes de I'un seulcment. Pour ce icy I'autre 
coffret. 

Tradite fucrunt iste vi partes acolate, cum vi aliis partibus immediate 
sequentibus [1010-1021] in prima pagina folii sequentis, dictis executori- 
bus'per dictum Robinctum, ut supra. Ideo acquittatur hie de eisdcm. 

[B, n° 12 1 1.'' — S G, n" 1270; non prises.] 

1016. Item, deux autres petis coffrez d'yvoire, fermans comme 
dessus. 

[B, n" 12 1 2. — S G, n" 1271 ; non prises.] 

1 01 7. Item, un autre coffret de boys, ouvre a Jour. 

[B, n° 12 i3. — S G, n" 1272; lequel est en I'ostel Thevenin de Bon Puis.] 

1 01 8. Item, deux tabliers (i) de cypres, marquetez, ploians, 
dont Tun est sanz charnieres; esquielx n'a aucuns tables ne 
eschaz. 

[B, u" 1 2 14. — S G, n" 1273 ; lesquelz messeigneurs de Groslee et de Lo- 
piat out, comme Ten dit.] 

1019. Item, un vaissel de cuivre fait en maniere d'un dra- 
gouer, ouquel a un couvercle, a mectre oisellez de Chippre. 

[B, n° 12 1 5. — S G, n" 1274; non prise.] 

1020. Item, iiii plaz de voirre, c'est assavoir : deux grans et 
deux petis, ouvrez de paincture (2), a pluseurs ouvraiges. 

[B, n° 121G. — S G, n° 1275; non prises.] 

1021. Item, VII escuelles de bois, que grans que petites, painc- 
tes a ouvraige de Damas. 

[B, n° 1217. — S G, n° 1276; non prisces.] 

1022. Item, deux grans draps de tres deliee et tres fine toille (3) 

(i) « Tableaux » dans I'inventaire B, n» 12 14. 

(2) Sans doute queique produit des fabriques de Murano qui se repandi- 
rent partout a la fin du xiv° siecle. L'inventaire B dit : « de peinture d'or. » 

(3) L'inventaire de Charles V constate deja la reputation des toiles fines 
de Reims. Les ouvriers de Laon et de Compiegne snnt les sen's qui entrent 



274 DRAPS DE SOIK, LINGE, ETC. [fol. I 67 vo] 

dc Reins, pour mettrc sur liz dc parement; chascun drap de six 
lez et VI aulncs dc long. 

De istis duobus magnis linteaniinihus traditum fuit unum dictis executo- 
ribus per dictum Robinetum, ut supra. Ideo acquittatur hie de eodem. 

Et aliud datum fuit per dominumDuccm domine ducisse,uxori sue, prout 
certificatum est per Stephauum de Rodes, varletum camcre domiiii Ducis, 
[ut] per litteras sub signis manualibus duorum notariorum Castclleti Pari- 
siensis, superius redditas, constat. 

[B, n" 1218.] 

1023. hem, unc piece estroicte de tres fine toilie de Reins, 
contenant xl aulnes a I'aune du drap. 

Dicta tele pecia reddita fuit et dictis executoribus tradita per dictum Ro- 
binetum, ut supra. Ideo acquittatur hie. 
|B, n» 1 2 19.] 

1024. Item, une autre piece de toilie fine de Reins, contenant 
XLiii aulnes a I'aune du drap. 

Ista pecia tele data fuit per dominum Duccm domine ducisse, uxori sue, 
prout certificatum est per Stephauum de Rodes, quondam varletum camere 
dicti Domini, per litteras factas sub signis manualibus duorum notariorum 
Castclleti Parisicnsis, superius redditas. Et ideo acquittatur idem Robinetus. 

[B, n° 1220.] 

1025. Item, XH touailles de Reins, tres fines, contenant chas- 
cune deux aulnes, et en Tune d'icelles a environ demic aulne de 
frange de pluseurs soyes, et ou milieu d'icelle frange a un es- 
cu^on de brodeure aux armes de Monseigncur. 

Ista xii"'" manutergia reddita fuerunt predictis executoribus per dictum 
Robinetum. Ideo exoncratur hie de eisdem. 
[B, n" 1 22 1.] 

1026. Item, une paire de linceulx de tres deliee toilie de Reins, 
supportez, chascun de vii lez et de v aulnes et demie de long. 

Data fuerunt per dominum Ducem domine ducisse, uxori sue, prout cer- 
tificatum est per Stephauum de Rodes, varletum camere